Acheter un bien au Mexique peut être une excellente opération… à condition de savoir négocier bien plus que le simple prix d’affichage. Entre la culture de la négociation, un cadre légal très spécifique, des coûts de clôture élevés et des règles particulières pour les étrangers, une bonne partie du succès se joue avant même de signer la première offre.
Pour une négociation efficace, il est essentiel de bien se préparer en amont. Il faut maîtriser les principaux leviers comme le prix, les délais, les concessions et les frais de clôture. Savoir quels professionnels mobiliser (agent immobilier, notaire) est également crucial. Enfin, l’article met en garde contre les erreurs classiques à éviter, qui peuvent avoir un coût significatif.
Comprendre le terrain de jeu avant de négocier
Avant de parler “rabais”, il faut comprendre dans quel environnement vous entrez. Le marché immobilier mexicain n’a pas grand-chose à voir avec celui des États‑Unis, de la France ou du Canada.
Le pays reste largement un marché de cash : plus de 90 % des achats résidentiels se font sans crédit. Les transactions sont donc souvent rapides, très personnalisées, et fortement influencées par la situation individuelle du vendeur. Parallèlement, le cadre légal est complexe, surtout pour les étrangers et, dans les zones touristiques, la pression de la demande (Mexicains + étrangers) pousse les prix à la hausse.
Progression annuelle moyenne des valeurs immobilières au niveau national au Mexique.
Exemple de niveaux de prix dans quelques zones clés
Les prix varient énormément selon la ville et le quartier. À titre indicatif, voici des ordres de grandeur (prix moyens au m² en zone centrale) :
| Ville / Zone | Prix moyen au m² (approx. USD) |
|---|---|
| Mexico City (centre) | ~3 000 – 3 300 |
| Guadalajara | ~2 600 |
| Monterrey | ~2 200 |
| Puerto Vallarta | ~2 800 |
| Playa del Carmen / Cancún | ~2 800 à 3 000 |
| Mérida | ~1 400 |
| Querétaro | ~1 300 |
Pour négocier avec sérieux, il est impératif de comparer le bien à des références locales, et non au prix de l’immobilier dans votre pays d’origine. Arriver avec la phrase “chez moi ça vaudrait le double” est le meilleur moyen de braquer un vendeur.
La culture de la négociation au Mexique : un atout si vous la comprenez
La négociation fait partie du quotidien mexicain : marchés, voitures, services, immobilier… On discute le prix partout, mais pas n’importe comment.
La culture est dite “à haut contexte” : une grande partie du message passe par le non-verbal, la relation personnelle, le ton, les sous-entendus. C’est aussi une culture de la relation avant le contrat : sans confiance (confianza), aucune vraie négociation n’avance.
Cela a un impact direct sur l’achat immobilier.
Privilégier la relation avant l’attaque frontale sur le prix
En arrivant avec une approche très technique, froide et uniquement centrée sur le prix, vous risquez d’être perçu comme agressif. Un vendeur mexicain sera plus enclin à faire un effort si une relation personnelle, même légère, s’est instaurée. Prendre le temps de discuter, de poser des questions sur l’histoire de la maison, sur la famille, sur le quartier n’est pas du “temps perdu” ; c’est souvent la condition pour qu’une vraie marge de négociation s’ouvre.
Dans les échanges, l’affrontement direct est mal perçu et un ‘non’ franc est rare. Il est souvent remplacé par des formules évasives telles que ‘on va voir’, ‘laissons-y réfléchir’, ou par un simple silence, qui équivaut généralement à un refus poli. Savoir interpréter correctement ces signaux est crucial.
Patience et flexibilité temporelle
Le temps est perçu de façon plus souple. Les négociations avancent rarement de manière linéaire. Un point déjà “acquis” peut revenir sur la table, un délai annoncé peut glisser sans que ce soit vécu comme un drame localement.
Imposer des ultimatums ou de fortes pressions temporelles (“j’ai besoin d’une réponse sous 24 h sinon je pars”) fonctionne mal. Le plus souvent, la menace de quitter la table sera prise au mot, et vous verrez le dossier se refermer… sans possibilité de retour.
Les règles du jeu : propriété, zone restreinte et structures juridiques
Pour un étranger, la façon de posséder le bien conditionne la négociation. Le Mexique distingue une “zone restreinte” : 50 km à partir de tout littoral et 100 km de toute frontière internationale. C’est précisément là que se situent la plupart des destinations les plus convoitées (Cancún, Playa del Carmen, Tulum, Los Cabos, Puerto Vallarta, Riviera Nayarit, etc.).
Dans cette zone, un particulier étranger ne peut pas détenir directement le titre foncier à son nom. Il doit passer par un mécanisme légal particulier.
Fideicomiso : la structure incontournable en zone côtière
Le fideicomiso est un trust bancaire : une banque mexicaine détient le titre en son nom, mais vous êtes le bénéficiaire économique, avec des droits quasi équivalents à la propriété (utiliser, louer, rénover, hypothéquer, vendre, transmettre).
Plusieurs éléments spécifiques ont un impact direct et mesurable sur le déroulement et le résultat de votre négociation. Il est essentiel de les identifier et de les prendre en compte pour préparer et adapter votre stratégie.
| Élément | Donnée typique (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Durée initiale du fideicomiso | 50 ans, renouvelable indéfiniment |
| Frais de mise en place | ~500 à 2 000 USD (parfois plus) |
| Frais annuels de gestion | ~300 à 900+ USD / an |
| Autorisation SRE (Affaires étrangères) | ~9 385 MXN, souvent autour de 1 200 USD tout compris |
Ces coûts n’apparaissent pas dans le prix demandé par le vendeur, mais ils pèsent sur votre enveloppe globale. Ils deviennent donc un levier de négociation : vous pouvez, par exemple, demander au vendeur de prendre en charge une partie des frais de création du trust ou d’offrir une réduction équivalente à une ou deux années de frais annuels.
En dehors de la zone restreinte, vous pouvez généralement acheter en direct à votre nom, ce qui réduit ces coûts, mais ne supprime pas les autres frais de clôture.
L’erreur fatale : ne négocier que le prix et oublier les “gastos de escrituración”
Au Mexique, les coûts de clôture (gastos de escrituración) sont nettement plus élevés qu’en Amérique du Nord ou en Europe et sont, sauf accord contraire, à la charge exclusive de l’acheteur. Ils viennent s’ajouter au prix négocié.
Typiquement, ils représentent entre 6 % et 10 % du prix du bien, parfois un peu moins, parfois plus, selon l’État, la valeur, la structure (fideicomiso ou non) et les options choisies (assurance‑titre, escrow, avocat indépendant, etc.).
Composition typique des frais de clôture
On y trouve notamment :
Découvrez les principaux coûts, taxes et démarches administratives à prévoir lors de l’acquisition d’une propriété au Mexique.
L’impôt sur l’acquisition (ISAI/ISABI), perçu par l’État, et les droits d’inscription au Registre public de la propriété.
Les honoraires du Notario Público et ses frais administratifs (gastos de gestoría), auxquels s’ajoute l’IVA (TVA de 16%).
Les frais d’expertise officielle (avalúo), désormais obligatoire, et éventuellement une assurance-titre et un service d’escrow.
Pour un étranger en zone restreinte : mise en place du fideicomiso, autorisations et enregistrement comme investissement étranger.
Un exemple concret aide à visualiser l’enjeu.
Exemple de calcul : appartement à Mexico City vs condo à Playa del Carmen
Deux cas tirés de simulations réelles :
| Scénario d’achat | Prix du bien | Lieu | % estimé de frais de clôture | Coût total approximatif |
|---|---|---|---|---|
| National mexicain, appart. en ville | 5 000 000 MXN | Mexico City | ~7,9 % | ~395 000 MXN |
| Étranger, condo en zone côtière | 4 000 000 MXN | Playa del Carmen | ~7,9 % | ~315 900 MXN |
Dans le deuxième cas, les 315 900 MXN incluent l’ISAI (3 % dans cet État), les honoraires notariaux, les frais de registre, l’IVA, la mise en place du fideicomiso, le permis SRE, les honoraires de l’avocat, une assurance‑titre, l’escrow et l’expertise.
Autrement dit : si vous pensez “négocier dur” 100 000 MXN sur le prix, mais que vous ignorez ces postes, vous pouvez facilement perdre davantage par manque d’anticipation.
Transformer les frais de clôture en levier de négociation
Une bonne négociation au Mexique ne consiste pas seulement à baisser le prix affiché. Vous disposez de plusieurs autres boutons à tourner, souvent plus puissants, surtout pour un étranger.
Faire financer indirectement vos frais de clôture par le vendeur
Plutôt que d’exiger 5 % de rabais sur le prix nominal, vous pouvez demander que le vendeur accorde une “contribution aux frais de clôture”. Dans la pratique, il s’agit d’un crédit vendeur à la clôture, qui vient réduire la somme en cash que vous devez sortir, sans obligatoirement modifier la valeur déclarée dans l’acte (ce point doit être géré proprement avec le notaire).
Pourquoi c’est intéressant pour vous :
Cette opération améliore votre position de trésorerie au moment crucial du closing. Elle peut également limiter le risque de ‘taxe de plus-value inversée’ (selon une nouvelle règle fédérale), notamment si la valeur d’expertise est significativement supérieure au prix d’achat.
Certaines pratiques de marché mentionnent des contributions pouvant aller jusqu’à 6 % des coûts de clôture, voire plus, lorsqu’un vendeur est réellement motivé à conclure ou que la propriété est surévaluée.
Attention à la nouvelle “taxe de plus‑value inversée”
Depuis 2025, une règle fédérale (règlement 2.7.1.44 du code fiscal) introduit un mécanisme original : si la valeur d’expertise commerciale officielle dépasse de plus de 10 % le prix d’achat déclaré, l’acheteur doit payer un impôt sur le revenu (ISR) de 20 % sur cette différence au moment de la clôture.
Lors de l’achat d’un bien, si un acheteur négocie un prix artificiellement bas pour obtenir une bonne affaire, mais que l’expertise officielle évalue le bien à un montant bien supérieur, il peut se retrouver à payer une taxe imprévue. Cette taxe supplémentaire peut annuler une partie du gain initial. C’est pourquoi il est souvent plus judicieux de privilégier des concessions du vendeur sur les frais de clôture plutôt qu’une sous-déclaration du prix de vente.
Jamais de sous‑déclaration de valeur
Écrire un montant inférieur dans l’acte pour “économiser des impôts” est non seulement risqué, mais désormais clairement sanctionné par les règles anti‑blanchiment et les nouvelles dispositions fiscales. Le notaire est personnellement responsable du respect de ces règles et refusera, en principe, ce type de montage.
Pour vous, sous‑déclarer signifie aussi payer davantage de taxe de plus‑value au moment de la revente, puisque le gain imposable sera calculé à partir de ce montant sous‑évalué.
Utiliser la structure des coûts par État comme argument de négociation
L’impôt d’acquisition (ISAI) varie selon les États et même les municipalités. Il se calcule généralement sur la valeur la plus élevée entre :
– Prix d’achat déclaré dans le contrat.
– Valeur cadastrale.
– Valeur d’expertise commerciale.
Quelques taux à titre d’illustration :
| Localisation | Taux ISAI approximatif |
|---|---|
| Los Cabos (Baja California Sur) | 3 % (après hausse) |
| Quintana Roo (Cancún, Playa) | ~3 % |
| Tulum (Quintana Roo) | ~4 % |
| Mexico City | ~5,25 % |
| Nayarit / Jalisco (exemple) | ~2 % |
Dans un État où l’ISAI est élevé, vous pouvez argumenter auprès du vendeur : “Mes coûts d’acquisition sont particulièrement lourds ici, je ne peux avancer que si nous trouvons un arrangement soit sur le prix, soit via une participation à ces taxes.” Présenté calmement, avec chiffres à l’appui, cela paraît raisonnable pour un vendeur qui souhaite conclure.
Bien choisir ses alliés : agent acheteur, avocat et notaire
Au Mexique, aucun organisme national ne structure le marché comme une MLS unique. La qualité des professionnels varie fortement. La négociation ne se mène pas seul : elle se prépare avec les bonnes personnes.
L’agent de l’acheteur : votre représentant sur le terrain
Un agent représentant les acheteurs peut :
– Filtrer les biens réellement au prix du marché.
– Vous signaler les annonces surévaluées ou obsolètes.
– Négocier à votre place, en tenant compte des codes culturels locaux.
– Vous alerter sur des signaux rouges (ejido, titres douteux, promesses floues, etc.).
– Coordonner visites, inspections, échanges avec le vendeur et les autres intervenants.
Son intérêt économique est généralement aligné avec le vôtre : sa commission est payée par le vendeur et partagée avec l’agent du vendeur. Dans un cas For Sale By Owner où le propriétaire refuse de payer une commission, le sujet doit être clarifié dès le départ (par exemple en la déduisant de votre offre).
L’avocat immobilier indépendant : non obligatoire, mais indispensable en pratique
Au Mexique, le Notario Público est un juriste d’élite, officier public, chargé de :
Le notaire est chargé de vérifier l’état légal du bien (titres, hypothèques, servitudes, dettes), de calculer et percevoir les impôts dus, de rédiger l’acte authentique (escritura), et d’en assurer l’enregistrement au registre public.
Mais sa mission est neutre : il ne défend pas vos seuls intérêts. Un avocat immobilier indépendant, lui, n’a qu’un client : vous.
Ses tâches typiques :
– Audit juridique complet du bien (titre, cadastrale, cohérence des surfaces, autorisations de construction, zonage, servitudes de passage, droit d’eau, etc.).
– Vérification que le terrain n’est pas de type ejido, ou que sa privatisation est clairement finalisée.
– Relecture critique des contrats (offre, promesse, fideicomiso, règlement de copropriété).
– Coordination avec le notaire pour éviter erreurs et délais inutiles.
– Conseils fiscaux de base (structure de détention, conséquences à la revente, location).
Les honoraires d’un cabinet pour un dossier standard sont souvent d’environ 30 000 MXN. Un rapport juridique précis constitue un atout majeur lors d’une négociation : il permet de justifier une baisse de prix en cas de risques ou irrégularités mineurs acceptés, ou, à l’inverse, de se retirer de l’achat sans perdre les arrhes versés.
Le notaire : autorité légale… que vous pouvez choisir
Beaucoup d’acheteurs pensent à tort que le vendeur choisit forcément le notaire. En réalité, la loi vous autorise à en désigner un. Vous pouvez, et devriez, demander plusieurs devis (presupuesto) détaillés avant de signer quoi que ce soit, y compris la promesse.
Les honoraires notariaux sont généralement exprimés en pourcentage du prix, avec un barème dégressif :
| Poste | Fourchette typique |
|---|---|
| Honoraires du notaire | ~0,5 % à 2 % du prix |
| Frais d’inscription registre | ~0,5 % à 1 % |
| Expertise officielle | ~0,1 % à 0,5 % |
| Assurance‑titre (optionnelle) | ~0,5 % à 1 % |
| Escrow (optionnel) | ~0,5 % à 1 % ou forfait |
En négociation, deux points sont clés :
1. Demander le détail de ces postes tôt dans le processus pour ne pas découvrir au dernier moment que vos “5 % de rabais” sont avalés par des frais mal anticipés. 2. Comparer au moins deux ou trois notaires pour obtenir le meilleur rapport sérieux/prix, sans chercher à “casser” leurs honoraires au point de les mettre mal à l’aise.
Construire votre stratégie d’offre : ancrage, marge et concessions
Dans la pratique, la plupart des transactions mexicaines débutent par un prix d’affichage ambitieux, qui laisse une marge de manœuvre. La question est : jusqu’où descendre sans sortir du raisonnable ?
Il n’existe pas de règle unique, mais quelques repères se dégagent dans un marché où les prix montent, mais où les vendeurs n’ont pas toujours d’urgence à vendre :
Dans un marché tendu, comme une zone très touristique avec peu d’offres comparables et une forte demande étrangère, il est pertinent de faire une première offre inférieure de 5 à 10 % au prix affiché. Dans un marché plus équilibré, ou pour un bien resté longtemps en vente, il est fréquent de démarrer la négociation avec une offre de 10 à 15 % en dessous du prix, à condition de justifier cette position par des comparables de marché, des travaux nécessaires ou des défauts objectifs du bien.
L’important est de présenter votre offre comme structurée, argumentée, et non comme un “coup de poker”.
Penser en “paquet” plutôt que point par point
La négociation mexicaine fonctionne souvent par “paquet global” : on ne tranche pas chaque clause indépendamment, on ajuste l’ensemble pour parvenir à un équilibre. Votre offre peut donc combiner plusieurs dimensions :
Points essentiels à négocier et à clarifier lors de l’acquisition d’un bien pour sécuriser le processus.
Le montant convenu pour l’acquisition du bien, base de la transaction.
Les échéances à respecter : due diligence, signature finale (closing) et emménagement.
Part des frais de clôture pouvant être prise en charge par le vendeur.
Liste des biens mobiliers et des équipements fournis avec le bien immobilier.
Petits travaux ou adaptations réglementaires à effectuer avant la livraison du bien.
Modalités de dépôt de garantie et d’utilisation d’un compte séquestre (escrow).
Par exemple, plutôt que d’exiger un rabais massif, vous pouvez proposer :
– Un prix légèrement inférieur au demandé.
– Un dépôt sérieux en escrow dès acceptation (pour rassurer le vendeur).
– Un calendrier de closing rapide si le vendeur a besoin de liquidités.
– Une clause précisant que si l’expertise officielle dépasse de plus de X % le prix, les parties se retrouvent pour ajuster, afin d’éviter la fameuse “taxe inversée”.
Gérer le dépôt et l’escrow : négocier la sécurité
Une des erreurs les plus graves consiste à verser un acompte directement au vendeur ou à un agent sans structure neutre. Dans un marché où les litiges existent (titres douteux, successions incomplètes, multiples héritiers, ejidos mal régularisés), sécuriser les flux financiers fait partie de la négociation.
Vous pouvez exiger que les fonds soient déposés sur un compte d’escrow géré par un tiers spécialisé, tel qu’une compagnie de titre, un cabinet d’avocats ou un notaire. Bien que ce service ait un coût, il est possible de l’intégrer dans votre offre pour renforcer la sécurité de la transaction.
– Soit en le partageant avec le vendeur.
– Soit en le faisant prendre en charge par celui-ci en échange d’une concession sur un autre point.
Le montant du dépôt initial (souvent autour de 5 000 USD ou 5 à 10 % du prix) peut également faire partie de la discussion. Un dépôt plus important, placé de manière sécurisée, est un signal de sérieux qui peut justifier une meilleure réduction de prix ou davantage de concessions du vendeur.
Anticiper les risques spécifiques : ejido, accès, droits d’eau, copropriété
Une partie de votre pouvoir de négociation vient de votre capacité à identifier les risques que le vendeur aimerait minimiser ou passer sous silence.
Parmi les pièges fréquents :
L’acquisition d’un bien immobilier au Mexique, notamment pour un projet de location touristique, nécessite une vigilance particulière sur plusieurs points de droit souvent problématiques : le statut de l’ejido jamais correctement privatisé, les servitudes de passage floues ou inexistantes en zone rurale, les droits d’eau non clarifiés (forage, concessions CONAGUA), les constructions non déclarées, et les règlements de copropriété qui peuvent limiter fortement la location de courte durée comme Airbnb.
Expert en droit foncier mexicain
Chaque risque avéré peut se traduire en trois options :
1. Refus pur et simple : vous quittez la négociation. 2. Demande de régularisation complète avant closing (aux frais et risques du vendeur). 3. Acceptation du risque contre une réduction substantielle du prix, éventuellement assortie d’une assurance‑titre.
La clé est de ne jamais laisser ces points hors de la table de négociation “pour aller plus vite”.
Maîtriser l’impact du financement et des taux de change sur votre marge de manœuvre
Même si plus de 90 % des achats se font au comptant, certaines solutions de financement émergent pour les étrangers (prêts en dollars via des acteurs spécialisés comme MoXi, ou crédit bancaire mexicain pour résidents).
Cela influence la négociation de plusieurs façons :
Un acheteur payant en cash a un pouvoir de persuasion plus fort, permettant une transaction plus rapide et moins aléatoire, ce qui peut justifier une remise significative. À l’inverse, un acheteur à crédit doit anticiper les délais d’approbation du prêt (souvent 60 à 90 jours), les frais annexes (expertises, assurances obligatoires) et le risque que le vendeur privilégie une offre cash, même plus basse, à une offre conditionnée à l’obtention d’un crédit.
Pour les étrangers payant en dollars ou en euros, les fluctuations de peso peuvent, à elles seules, représenter plusieurs points de “rabais” ou de surcoût. Sur plusieurs mois de négociation et de closing, une variation de change défavorable peut réduire la marge de manœuvre que vous pensiez avoir.
Sur le plan tactique, vous pouvez :
– Profiter d’un peso momentanément faible pour faire une offre rapide.
– Expliquer au vendeur que votre fenêtre de change avantageuse est limitée, ce qui peut l’inciter à accepter plus vite des conditions légèrement en dessous de ses attentes.
Garder une réserve de sécurité : ne pas tout jouer dans la négociation
Même en planifiant soigneusement, des imprévus surgissent : frais non anticipés, ajustements fiscaux, renouvellement de certains permis, hausse inattendue de certaines taxes locales. Les recommandations issues de la pratique suggèrent de conserver une réserve de l’ordre de 10 % au‑delà de vos frais de clôture estimés.
Concrètement, si vos calculs montrent :
– Prix négocié : 4 000 000 MXN
– Frais de clôture estimés : 8 % (320 000 MXN)
Le montant nécessaire en pesos mexicains pour l’acquisition, avec une marge de sécurité recommandée de 10 %.
Conclure sans se précipiter : l’art de dire “oui” au bon moment
Dans une culture qui valorise la flexibilité, vous serez parfois tenté, après plusieurs allers‑retours, d’accepter tout ce qu’on vous demande pour “en finir”. C’est précisément à ce stade qu’il faut garder la tête froide.
Quelques signaux indiquent qu’une proposition est réellement équilibrée :
Le prix final est cohérent avec le marché local, les risques juridiques sont minimes et documentés, et les frais de clôture sont détaillés. Le calendrier prévu est réaliste, incluant les délais administratifs. Tous les engagements verbaux importants ont été formalisés par écrit.
C’est seulement dans ce cadre que signer l’escritura devant le notaire publique prend tout son sens : vous ne vous contentez pas d’acheter un bien, vous validez un ensemble de compromis, de vérifications et de protections patiemment négociés.
En résumé : négocier au Mexique, c’est négocier un “écosystème”, pas seulement un prix
Réussir une négociation immobilière au Mexique ne se résume ni à “obtenir 10 % de remise”, ni à trouver “le bon plan avant tout le monde”. Il s’agit plutôt de mettre en cohérence :
– Un prix réaliste, soutenable à long terme.
– Une structure juridique adaptée (fideicomiso, détention directe, société mexicaine le cas échéant).
– Des frais de clôture bien anticipés, en partie partagés si possible.
– Un niveau de risque légal maîtrisé.
– Une relation de confiance avec le vendeur et avec vos propres professionnels.
En acceptant de jouer selon les codes locaux — patience, respect, importance de la relation, négociation globale par “paquet” — tout en appliquant une rigueur juridique et financière inspirée de votre culture d’origine, vous mettez toutes les chances de votre côté pour que l’achat de votre bien au Mexique soit à la fois une bonne affaire… et une bonne expérience.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Mexique pour rechercher du rendement locatif et une exposition au peso mexicain et au dollar. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Cancún–Riviera Maya, Mexico, Guadalajara), la stratégie retenue a été de cibler un appartement ou une maison dans une zone touristique ou en forte croissance urbaine, combinant un rendement locatif brut cible proche de 10 % – plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + éventuelles rénovations) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection de la ville et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notario, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe, fideicomiso pour la zone côtière, ou société locale) et plan de diversification patrimoniale dans le temps.
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