Les meilleurs quartiers pour investir au Mexique

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’intéresser aux meilleurs quartiers pour investir au Mexique, ce n’est plus seulement rêver de plage et de soleil. C’est toucher du doigt un marché immobilier qui cumule croissance économique, boom touristique, vague de télétravail, afflux d’expatriés… et des rendements très rarement visibles en Europe ou en Amérique du Nord.

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Hausse annuelle nationale des prix de l’immobilier au Mexique, confirmant la dynamique du marché.

Pour y voir clair, il ne suffit plus de raisonner par villes. Tout se joue à l’échelle des quartiers : une rue peut surperformer la suivante, une zone peut être blindée d’Airbnb quand le quartier voisin reste un bastion de familles mexicaines stables. Cet article propose un tour d’horizon des secteurs les plus porteurs, en articulant trois grands univers : les métropoles (CDMX, Guadalajara, Monterrey), la Riviera Maya, et les villes coloniales et côtières plus tranquilles.

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Un marché mexicain dopé par la demande internationale et le nearshoring

Avant de descendre au niveau des rues, il faut comprendre le décor général. Le marché résidentiel mexicain pèse près de 49 milliards de dollars et devrait monter vers 64 milliards d’ici 2031, avec une croissance annuelle estimée entre 4 et 6 %. Plusieurs moteurs se combinent.

Bon à savoir :

Le Mexique souffre d’un déficit structurel de logements, estimé entre 2,3 et plus de 4 millions d’unités, incluant les besoins futurs. Cette pénurie maintient une demande soutenue, même en période de ralentissement économique, portée par une classe moyenne en expansion et l’accès généralisé au crédit via des programmes publics comme INFONAVIT et CONAVI.

Deuxième moteur, le nearshoring. Plus de 450 entreprises étrangères ont délocalisé une partie de leurs chaînes de production vers le Mexique. Les régions industrielles — Monterrey, Querétaro, Bajío, frontière nord — voient à la fois exploser les loyers de locaux logistiques et grimper la demande de logements pour cadres et techniciens. Dans ces villes, les rendements locatifs dépassent facilement les 6 % bruts.

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Nombre de visiteurs internationaux accueillis chaque année par le Mexique, un pilier majeur de son économie touristique.

Enfin, le télétravail et l’“affordability arbitrage” jouent à plein. Vivre à Mexico, Mérida ou Playa del Carmen coûte nettement moins cher qu’à New York ou Vancouver, tout en offrant un niveau de confort élevé. Un million d’Américains résident déjà au Mexique et plus de 500 000 y possèdent un bien. Beaucoup paient comptant ou via de l’equity sur leur résidence principale au nord du Rio Grande.

Dans ce contexte, quels sont les quartiers qui concentrent le plus de potentiel ?

Mexico City : micro-marchés, forte tension locative et diversification de stratégies

La capitale concentre la plus grande valeur immobilière du pays. Les prix moyens y dépassent 56 000 MXN/m² (environ 3 000 USD/m²), avec des poches premium bien au‑delà. Mais CDMX n’est pas un marché homogène : ce sont des dizaines de micro‑marchés très distincts. Pour un investisseur, quelques colonias se détachent nettement.

Roma et Condesa : cœur battant des télétravailleurs et de l’Airbnb

Dans le trio Roma Norte, Roma Sur et La Condesa, on trouve un condensé de tout ce qui attire les investisseurs internationaux : quartiers ultra‑marchables, cafés à chaque coin de rue, restaurants, galeries, parcs, et surtout un flux continu de touristes et de nomades digitaux.

Les données montrent que les appartements modernes de ce secteur offrent des rendements bruts de 4 à 6 %, mais la vraie force vient de la demande locative. Les nuits en courte durée atteignent des taux d’occupation de 70 à 85 % en haute saison, avec des loyers mensuels typiques autour de 23 000 MXN pour un deux pièces bien placé. Sur le segment longue durée, deux chambres se louent volontiers à plus de 2 000 USD dans les immeubles récents les mieux équipés.

Roma Norte, très gentrifiée, a déjà absorbé une bonne partie de sa croissance. La valeur se joue davantage sur la sécurité patrimoniale et la stabilité de la demande. Roma Sur apparaît en revanche comme un marché de report très dynamique, avec des hausses de prix annuelles proches de 12 % récemment, tirées par les acheteurs exclus de Roma Norte. C’est un des rares coins de la capitale où l’on combine encore potentiel d’appréciation et demande locative solide.

Astuce :

À La Condesa, les appartements offrant une vue sur le Parque México ou le Parque España se vendent avec une prime de 15 à 20 % et se louent rapidement à des prix élevés à une clientèle d’expatriés, de jeunes familles et de cadres mexicains. La présence d’un parking privé, atout majeur dans ce quartier saturé, se monétise immédiatement et renforce l’attrait de l’investissement.

Polanco : la valeur refuge pour les capitaux élevés

Autre univers, Polanco. Ici, on parle d’un équivalent local de Beverly Hills : villas, boutiques de luxe sur l’avenue Masaryk, parcs impeccables, voisinage d’ambassades et de sièges de multinationales. Les prix du mètre carré grimpent à 6 000–10 000 USD/m² dans les résidences les plus cotées. Les rendements bruts y sont plus modestes — 3 à 5 % — mais la logique est différente.

Polanco sert avant tout de coffre‑fort immobilier. La demande vient de diplomates, de dirigeants et de familles fortunées, souvent via des baux d’entreprise en dollars, avec des contrats pluriannuels. Les charges mensuelles des copropriétés peuvent dépasser 300–600 USD, la sécurité 24/7 étant non négociable pour cette clientèle. On y recherche davantage la préservation du capital et des loyers “dollarisés” que l’explosion de valeur à court terme.

Juárez, San Rafael, Doctores : la frontière mouvante de la gentrification

À la périphérie de ce triangle d’or, plusieurs quartiers prennent rapidement de la valeur.

Exemple :

Le quartier de Colonia Juárez, situé entre le centre historique et l’axe d’affaires de Reforma, illustre un processus de gentrification. Ses maisons de style français se vendent encore 20 à 30 % moins cher que dans le quartier voisin de Condesa, malgré l’arrivée de restaurants, bars, espaces de coworking et une population jeune. La Zona Rosa, en son sein, est un pôle majeur de vie nocturne et de culture LGBTQ+, ce qui influence fortement le marché locatif, notamment via des plateformes comme Airbnb.

Plus au nord, San Rafael affiche des chiffres très parlants : hausse des prix d’environ 6 % sur un an, score de 97/100 sur AirDNA en sous‑marché de location courte durée, croissance de 19 % du taux d’occupation et de 27 % des revenus annuels. L’amélioration des infrastructures — notamment la reconfiguration du centre de transit de San Rafael — renforce son attractivité.

Doctores, longtemps délaissé, est devenu une surprise du marché. Les données pointent des hausses de prix avoisinant les 9–10 % récemment. Sa proximité du centre et des nouvelles salles de spectacle en fait un candidat sérieux pour des stratégies de “value‑add” (rénovation, repositionnement locatif).

Ces quartiers présentent un profil plus risqué que Roma ou Condesa, avec des rues encore “rugueuses”. Mais c’est précisément là que s’ouvrent encore des fenêtres d’entrée à prix abordable, alors que les zones déjà établies plafonnent.

Narvarte, Del Valle, Portales : sécuriser la rente sur la classe moyenne mexicaine

Si l’objectif est de sortir de la dépendance au tourisme et à la clientèle étrangère, le sud‑centre de la ville — autour de Narvarte, Del Valle, Mixcoac et Portales — mérite une attention particulière.

16000-18000

Le loyer mensuel moyen dans le borough de Benito Juárez se situe entre 16 000 et 18 000 MXN pour un appartement standard.

Narvarte, à l’est, attire de plus en plus les trentenaires qui ne peuvent plus s’offrir Roma. Son architecture mid‑century, ses rues accueillantes et son bon maillage de services créent un compromis idéal entre style de vie et budget. Del Valle est plus classique, mais incarne la stabilité locative : bons établissements scolaires, parcs, avenues arborées.

Plus au sud, Portales et Álamos se posent en marchés d’entrée de gamme pour qui veut miser sur le long terme. Les prix au mètre carré restent inférieurs à ceux du centre, tout en bénéficant de la desserte du métro (ligne 2) et d’un mouvement de rénovation urbain. Pour des colocations étudiantes, des studios pour jeunes professionnels ou des locations de moyenne durée, l’équation prix/loyer commence à devenir très intéressante.

En résumé : Mexico City, un terrain de jeu pour stratégies multiples

Entre les rendements de 6–8 % possibles en courte durée à Roma/Condesa, la préservation patrimoniale de Polanco, les paris sur la gentrification de Juárez ou San Rafael, et la rente tranquille de Narvarte/Del Valle, la capitale mexicaine permet de calibrer son risque au mètre près.

Les investisseurs doivent toutefois intégrer quelques contraintes : régulation croissante de l’Airbnb, acquisition tax (ISAI) pouvant atteindre presque 6 % sur les biens de luxe, difficulté à obtenir un crédit local à taux raisonnable, et nécessité de vérifier très précisément l’“uso de suelo” pour s’assurer que l’activité locative projetée est légale.

Guadalajara : Silicon Valley mexicaine et quartiers en pleine revalorisation

Deuxième métropole du pays, Guadalajara affiche un profil très différent, mais tout aussi attirant. Capitale du Jalisco, pôle techno surnommé “Silicon Valley mexicaine”, elle concentre des géants comme Oracle, Intel ou HP et affiche une croissance démographique d’environ 2 % par an. Les prix y sont en moyenne plus bas qu’à Mexico City — autour de 49 000 MXN/m² — mais ont augmenté de plus de 60 % en cinq ans.

Surtout, Guadalajara est une ville de colonias très marquées, chacune avec son ADN.

Colonia Americana et Lafayette : épicentre “cool” et machine à Airbnb

Difficile de passer à côté de Colonia Americana. En 2022, Time Out l’a sacré “quartier le plus cool du monde”. Historiquement, il s’agit d’une zone de grandes demeures bourgeoises du début du XXe siècle, mêlant façades Art déco et néoclassiques. Aujourd’hui, c’est le terrain de jeu des start‑ups, des designers, des cafés branchés, et des nomades digitaux.

La présence de l’Université de Guadalajara et du Museo de las Artes (MUSA), ainsi que l’animation permanente de l’avenue Chapultepec — bars, clubs, restaurants — en font un aimant à courte durée. Les logements y sont très recherchés sur les plateformes de location saisonnière, avec des taux d’occupation élevés et des rendements bruts estimés entre 8 et 11 %.

Les valeurs ont déjà bien bougé : le prix d’achat moyen pour un appartement tourne autour de 36 000 MXN/m² (nettement au‑dessus de la moyenne de la ville), et une maison autour de 22 000 MXN/m². Les nouveaux développements se négocient entre 55 000 et 70 000 MXN/m². Autrement dit, on est dans le haut du marché tapatío.

Attention :

Le revers de la médaille : beaucoup de bâtis sont protégés au titre du patrimoine, ce qui limite fortement les possibilités de rénovation lourde. Le bruit nocturne et la galère de stationnement sont aussi des freins pour une partie des résidents longue durée. Mais justement, une place de parking dédiée peut ajouter 15 à 20 % de valeur locative.

Le voisin Lafayette prolonge ce style de vie, avec un peu plus de calme… et souvent des prix encore plus élevés. Pour qui veut se positionner sur une clientèle internationale de courte durée, ce binôme Colonia Americana / Lafayette est aujourd’hui le spot numéro un de Guadalajara.

Providencia : valeur sûre pour familles et cadres

Autre planète, Providencia. C’est l’un des quartiers les plus aisés de la métropole, plein de rues bordées d’arbres, de villas élégantes, de restaurants et de centres commerciaux haut de gamme. Proche du Bosque Los Colomos — vaste parc aux jardins japonais, sentiers de course et lacs — et jouxtant le district financier sur l’avenue de las Américas, Providencia attire cadres supérieurs, professions libérales et familles.

L’investissement y est qualifié de “blue chip” : un actif qu’on garde pour le long terme, avec une décote faible en cas de retournement. Le marché locatif est très orienté vers les relocations d’entreprise et les ménages aisés locaux. Les loyers d’appartements commencent vers 10 000 MXN/mois, mais les résidences neuves avec sécurité 24/7 et équipements complets peuvent demander des frais de sécurité de plus de 5 000 MXN mensuels.

Bon à savoir :

Les règles de zonage à Providencia limitent la construction de nouvelles tours, stabilisant les prix. Les locations de courte durée (type Airbnb) sont souvent restreintes par les copropriétés. Le quartier convient donc mieux à une stratégie de location longue durée premium.

Chapalita : le juste milieu pour mixter courte et longue durée

Entre l’effervescence nocturne de Colonia Americana et la sophistication feutrée de Providencia, Chapalita offre un compromis intéressant. Issu d’un ancien ranch loti dans les années 1940, le quartier a été pensé sur un modèle de “cité‑jardin” : beaucoup de verdure, rues agréables à pied, ambiance familiale. L’architecture y oscille entre Art déco et modernisme des années 50–60.

Le centre de gravité, la Glorieta Chapalita, se transforme chaque dimanche en marché d’art en plein air. On y trouve des cafés, des restaurants, des ateliers, dans une ambiance résolument résidentielle. Le quartier chevauche les municipalités de Guadalajara et Zapopan, et il est réputé très “dog‑friendly”.

L’intérêt pour un investisseur tient dans son côté “ni trop, ni trop peu” : moins bruyant et festif que Colonia Americana, moins ostentatoire et réglementé que Providencia. Les hauteurs de bâtiments sont encadrées, ce qui évite la prolifération de tours et préserve le caractère du lieu. C’est un secteur qui se prête bien à la fois à des locations classiques pour familles et à des séjours de courte ou moyenne durée pour touristes ou nomades à la recherche de tranquillité.

Centro Histórico, Santa Tere, Zapopan : profils plus contrastés

Le Centro Histórico de Guadalajara offre un tout autre pari. On y trouve la cathédrale, le Hospicio Cabañas classé à l’UNESCO, le Teatro Degollado, et surtout le gigantesque Mercado San Juan de Dios, plus grand marché couvert d’Amérique latine. Le quartier reste surtout administratif et commercial, avec peu de résidents. La sécurité y est plus aléatoire la nuit, les règles de rénovation sont lourdes (surveillance de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire), et le stationnement quasi impossible.

Mais c’est aussi un terrain de gentrification potentiellement explosif : les prix y sont encore bas, l’État piétonnise des axes comme Paseo Alcalde, et les investisseurs les plus offensifs voient là un ‘high risk, high reward’. Pour un portefeuille équilibré, ce n’est pas le premier ticket à jouer, mais potentiellement un pari satellite.

Investisseur immobilier

Santa Tere (Santa Teresita), à l’inverse, est un quartier populaire, très vivant, articulé autour de son marché. Peu de jolies façades rénovées, beaucoup de béton fonctionnel, mais une vie de quartier intense et une restauration locale réputée. Sa proximité de Colonia Americana en fait aujourd’hui un épicentre des débats sur la gentrification. On y observe une montée des prix et des projets d’investissement, avec un profil de risque social et politique plus marqué.

Enfin, le vaste territoire de Zapopan — municipalié riche intégrée à la métropole, avec des secteurs particuliers comme Puerta de Hierro — propose des produits très haut de gamme. Puerta de Hierro aligne gratte‑ciels, centres commerciaux de luxe (Plaza Andares), universités privées, communautés fermées. Les prix y explosent : terrains à plus de 2 000 USD/m², appartements entre 300 000 et 15 millions de pesos, charges d’immeuble dépassant fréquemment 10 000 MXN/mois. L’enjeu, ici, n’est plus le cash‑flow, mais la plus‑value sur des actifs rares et ultra‑sécurisés.

Comparatif express : profils d’investissement à Guadalajara

Pour se repérer, on peut synthétiser quelques traits clés des principaux quartiers cités.

QuartierStratégie dominanteRendements / données utilesRisque perçu
Colonia AmericanaAirbnb / courte durée, digital nomads8–11 % brut ; prix nouveaux 55–70k MXN/m²Bruit, stationnement, contraintes patrimoniales
LafayetteCourt & moyen terme chicLégèrement plus cher qu’Americana, ambiance plus calmeModéré, marché déjà cher
ProvidenciaLongue durée premium, familles/cadresLoyers dès 10 000 MXN ; fortes charges dans toursFaible, “blue chip”
ChapalitaMix court/long terme, famillesHauteurs limitées ; bonne marche à piedModéré
Centro HistóricoPari gentrificationPrix bas ; procédures de rénovation lentesÉlevé
Santa TereGentrification populairePrix encore accessibles ; forte vie localeSocial/politique
Puerta de HierroLuxe, plus‑value capitalistiqueTerrains > 2 000 USD/m² ; charges > 10 000 MXNFaible sur la demande, élevé sur l’effort financier

Riviera Maya : Playa del Carmen, Tulum, Cancún, les locomotives touristiques

Impossible d’évoquer les meilleurs quartiers pour investir au Mexique sans plonger dans la Riviera Maya, bande côtière qui s’étire entre Cancún et Tulum, dans l’État de Quintana Roo. Le flux touristique est là tout au long de l’année : dizaines de millions de visiteurs dans le seul État, jusqu’à 18 millions concentrés sur la Riviera, des ports de croisière qui alignent plus de 6,1 millions de passagers sur une année.

L’impact sur l’immobilier est massif : propriétés qui prennent en moyenne 10 à 12 % de valeur par an, rendements locatifs pouvant grimper à 10–14 % nets sur les bons produits, et une hausse de 15 % des valeurs observée récemment sur certains segments.

Playa del Carmen : cash-flow et marché locatif mature

Au cœur du dispositif, Playa del Carmen s’est affirmée comme la championne de la location de vacances. On y trouve un parc très diversifié de condos et villas, une scène gastronomique et nocturne développée, et surtout une clientèle internationale fidèle — vacanciers, télétravailleurs, “snowbirds” nord‑américains.

70

Le taux d’occupation locative moyen dépasse 70% dans les zones centrales et à Playacar.

Les loyers à la nuitée s’envolent pendant ces pics, avec des stratégies tarifaires dynamiques permettant de maximiser le revenu annuel. Sur des condos de taille moyenne, les rendements bruts tournent fréquemment autour de 5–6 %, mais les projets les mieux positionnés en front de mer peuvent aller significativement au‑delà.

La contrepartie : le véritable front de mer est rare, et les “vue mer” garanties à long terme sont très difficiles à sécuriser. Les projets en retrait doivent compenser par des équipements (piscine sur le toit, coworking, spa, services hôteliers) pour rester compétitifs.

Tulum : capitaliser sur la montée en gamme… sans ignorer les risques

Plus au sud, Tulum a connu une trajectoire fulgurante. D’ancienne bourgade de routards, elle est passée en quelques années au statut de destination mondiale pour touristes “bohème chic”, amateurs de yoga, de wellness et d’architecture design enfouie dans la jungle. Les villas et condos y affichent des hausses de valeur de 8 à 10 % par an, avec une demande qui aurait augmenté de 15 % annuellement sur les cinq dernières années.

1200

Le prix maximum par nuit pour la location d’une grande villa de très haut de gamme en front de mer dans des baies comme Tankah ou Soliman.

L’ouverture de l’aéroport international de Tulum et la mise en service progressive du Train Maya renforcent encore l’accessibilité, promettant un afflux supplémentaire de touristes. L’étude Knight Frank sur les résidences secondaires de luxe anticipe d’ailleurs une appréciation annuelle moyenne de 8 % sur les prochaines années pour ce segment.

Mais Tulum concentre aussi plusieurs risques qu’il serait imprudent d’ignorer : infrastructures en retard sur la croissance (eau, électricité, routes), pressions écologiques, prolifération de projets en terrain ejidal (terre communale non privatisée, donc juridiquement risquée pour les étrangers), et signes de sur‑offre sur le segment des condos. L’investisseur doit donc redoubler de due diligence, vérifier les permis environnementaux et titrages, et se méfier des rendements promis trop généreux en pré‑commercialisation.

Cancún, Puerto Morelos, Akumal, Bacalar : ajuster le curseur rendement / sécurité

Cancún reste le poids lourd historique de la région : plus de 6 millions de visiteurs par an, un aéroport international connecté à plus de 114 villes dans le monde, une zone hôtelière très dense et des résidences de marque (Ritz‑Carlton, St. Regis, Waldorf Astoria). La zone hôtelière et Puerto Cancún attirent les capitaux pour des condos de luxe, avec des hausses de prix autour de 5–7 % par an et des rendements nets généralement compris entre 6 et 10 %.

6 à 8

Le taux d’appréciation annuel des biens résidentiels à Puerto Morelos.

Plus confidentiels, Akumal — littéralement “lieu des tortues” — et Bacalar, célèbre pour sa “lagune aux sept couleurs”, présentent des dynamiques d’émergence contrôlée. À Akumal, les maisons et condos, appréciés des familles et des amoureux de nature, gagnent 7 à 9 % de valeur annuellement. Bacalar, lui, grimpe plus vite encore, avec des taux d’appréciation annoncés entre 10 et 12 %, mais une base de marché encore étroite, donc plus volatile.

Pour mettre ces marchés en perspective, on peut résumer quelques données de rendement par destination de la Riviera Maya.

ZoneAppréciation annuelle typiqueRendement net estimé (fourchette)
Cancún5–7 %6–10 %
Playa del Carmen7–9 %7–12 %
Tulum8–10 % (jusqu’à 12 %)8–14 %
Puerto Morelos6–8 %6–9 %
Puerto Aventuras8–10 %8–12 %
Akumal7–9 %7–11 %
Cozumel5–7 %6–10 %
Bacalar10–12 %8–14 %

Ces chiffres illustrent une réalité : la Riviera Maya offre un couple rendement/risque rarement égalé, à condition de maîtriser la mécanique juridique des fideicomisos (trust bancaire obligatoire dans la zone côtière) et de bien choisir son opérateur de gestion locative.

Mérida, San Miguel de Allende, Puerto Vallarta : la force tranquille des villes coloniales et de la côte Pacifique

Tout n’est pas techno ou all inclusive. Une partie des meilleures opportunités se cache dans les villes à la fois culturelles, sûres et relativement abordables, prisées des retraités nord‑américains, d’expats et de télétravailleurs.

Mérida : combiner sécurité, rendement et coût de la vie

Capitale du Yucatán, Mérida s’est imposée comme l’une des villes les plus sûres d’Amérique latine, avec un indice de sécurité élevé et un taux d’homicide très bas. Le coût de la vie y est environ 30 % inférieur à celui de Mexico City, et le marché immobilier combine maisons coloniales du centre historique et lotissements fermés au nord de la ville.

Les prix moyens au mètre carré restent modérés — autour de 26 000 MXN/m² — mais ont bondi de plus de 36 % en deux ans, avec une tendance annuelle projetée de 7 à 10 % sur le moyen terme. Les rendements locatifs y sont attractifs : 8–12 % pour le résidentiel standard, jusqu’à 15 % sur certaines opérations courte durée centrées sur le tourisme culturel.

Bon à savoir :

Pour un investisseur, Mérida offre un marché moins saturé que la Riviera Maya, avec des taxes foncières très basses (exemple : environ 45 USD/an pour une maison de 3 chambres). La clientèle est mixte, composée de locaux de classe moyenne et d’expatriés, ce qui rend la demande moins dépendante des fluctuations de la haute saison touristique.

San Miguel de Allende : rareté patrimoniale et clientèle internationale

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, San Miguel de Allende est un cas particulier. Cette petite ville coloniale du Guanajuato, perchée dans les collines, a longtemps été un repaire d’artistes et d’étrangers fortunés. Aujourd’hui, elle reste un marché premium où la rareté du bâti historique — en particulier dans le Centro Histórico — se traduit par des prix élevés et une forte résilience.

Les rendements y sont généralement estimés entre 7 et 12 %, portés en bonne partie par des locations de courte ou moyenne durée auprès d’une clientèle nord‑américaine à fort pouvoir d’achat. Les hausses de prix récentes ont confirmé la robustesse de ce micro‑marché, où les cycles sont souvent déconnectés du reste du pays.

Astuce :

San Miguel ne convient pas à tous les investisseurs en raison de tickets d’entrée plus élevés, d’une liquidité moindre et d’une dépendance à une clientèle spécifique. Cependant, pour un investisseur patient visant une combinaison de plaisir d’usage et de plus-value à long terme, cette ville reste une référence.

Puerto Vallarta et Riviera Nayarit : Pacifico, long hiver de locations

Sur la côte Pacifique, Puerto Vallarta et la Riviera Nayarit (Sayulita, Punta de Mita, San Pancho…) forment un polygone très intéressant. Puerto Vallarta est un marché mature, populaire auprès de la communauté LGBTQ+ et des retraités canadiens et américains, avec une profondeur locative rarement égalée sur la côte ouest.

Les prix y augmentent d’environ 4,5 % par an en moyenne, et les rendements bruts sur les condos front de mer se situent autour de 5 à 7 %. La saison haute y est longue, en particulier pour les locations mensuelles d’hiver aux “snowbirds”. La Zona Romántica, quartier vivant et très recherché, concentre une grande part de la demande touristique.

Plus au nord, la Riviera Nayarit mise résolument sur l’ultra‑luxe. Punta de Mita et certaines enclaves privées accueillent des complexes cinq étoiles et des villas multimillionnaires. La logique d’investissement y rappelle celle de Puerta de Hierro ou Polanco : protection du capital dans des actifs rares, plutôt que recherche du rendement maximal.

Monterrey, Querétaro, Guadalajara techno : miser sur le résidentiel des corridors industriels

Dernier pan, moins glamour mais potentiellement très rentable : les grandes villes industrielles qui profitent à plein du nearshoring.

Monterrey : la championne des rendements urbains

Dans le Nuevo León, Monterrey est en tête du peloton. Les prix y ont augmenté de près de 10 % sur un an, jusqu’à une moyenne de plus de 70 000 MXN/m², ce qui en fait l’un des marchés résidentiels les plus chers du Mexique. Les rendements locatifs bruts y avoisinent 6,3–6,8 %, nettement au‑dessus de la moyenne nationale.

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Le taux de vacance résidentielle très faible dans les quartiers aisés de Monterrey, signe d’un marché sous tension.

Les risques résident surtout dans le niveau de prix déjà élevé, la dépendance aux cycles industriels nord‑américains, et l’éventuelle surconstruction dans le luxe. Mais pour qui cherche à s’exposer au thème du nearshoring via du résidentiel plutôt que par l’industriel pur, Monterrey est difficile à ignorer.

Querétaro et Bajío : croissance rapide à coût inférieur

Plus au centre, Querétaro — avec Santiago de Querétaro comme cœur urbain — affiche aussi des indicateurs impressionnants. Le marché y a connu une hausse de plus de 56 % en cinq ans, et les projections évoquent une croissance annuelle de plus de 6 % jusqu’en 2031. Le tout avec des prix moyens au mètre carré encore inférieurs à ceux de Mexico City, Monterrey ou Guadalajara (environ 24 500 MXN/m²).

8–11

Les rendements locatifs dans les quartiers résidentiels modernes et bien situés de Casablanca se situent dans cette fourchette de ROI, tirés par la demande des cadres et ingénieurs.

Guadalajara, déjà évoquée pour ses quartiers centraux, profite aussi à sa manière du nearshoring via son parc technologique. Certains secteurs proches des pôles IT affichent des rendements locatifs de 6–7 %, renforcés par les salaires d’ingénieurs et la présence de sociétés internationales.

Lecture transversale : quels profils d’investisseurs pour quels quartiers ?

À ce stade, un constat s’impose : il n’existe pas “un” meilleur quartier pour investir au Mexique, mais une mosaïque de zones à associer à des objectifs précis.

Profils d’investisseurs et types de quartiers

Quelques grands couples caractéristiques pour orienter vos choix d’investissement immobilier.

L’investisseur prudent

Privilégie les quartiers établis et demandés, avec une valorisation stable et des locataires solvables.

L’investisseur dynamique

Cible les quartiers en renouvellement ou en devenir, acceptant un risque modéré pour une plus-value potentielle.

L’investisseur opportuniste

Recherche les quartiers sous-évalués ou en début de gentrification, pour des rendements élevés avec un risque plus important.

Profil d’investisseurObjectif principalQuartiers / zones adaptés
Chasseur de cash‑flow (Airbnb, courte durée)Revenu locatif maximal, rotation élevéeColonia Americana, Roma/Condesa, Playa del Carmen Centro/Playacar, Tulum (Aldea Zama / La Veleta), Zona Romántica (PV)
Chercheur de stabilité premiumPréservation du capital, locataires solvablesPolanco, Providencia, Puerta de Hierro, Puerto Cancún, Punta de Mita, San Pedro Garza García
Parieur sur la gentrificationForte plus‑value potentielleJuárez, San Rafael, Santa Tere, Centro Histórico de Guadalajara, Portales/Álamos, certains secteurs de Tulum, Bacalar
Rentier “classe moyenne mexicaine”Revenus réguliers, risque touristique limitéNarvarte, Del Valle, Chapalita, quartiers nord de Mérida, zones résidentielles de Querétaro
Investisseur patrimonial “lifestyle”Usage personnel + valorisation longue duréeSan Miguel de Allende Centro, Mérida Centro, Chapalita, Puerto Vallarta front de mer, Akumal, Bacalar

La clé est donc moins de chercher un classement absolu que de clarifier, en amont, où se situe son propre curseur entre rendement, sécurité, plaisir d’usage et temps de gestion accepté.

Au‑delà des quartiers : quelques paramètres techniques à ne jamais négliger

La qualité d’un quartier ne fait pas tout. Pour un investisseur étranger, le Mexique impose aussi une grille de lecture juridique et fiscale spécifique.

500–700

Coût annuel en dollars américains pour le fideicomiso, le trust bancaire obligatoire pour acquérir un bien dans la zone restreinte du Mexique.

Les frais de clôture (notaire, taxe d’acquisition, honoraires juridiques) représentent généralement 6 à 10 % du prix. La taxe de mutation varie selon les villes — autour de 2–3 % à Guadalajara, jusqu’à 5 % dans d’autres municipalités. À la revente, le profit est soumis à l’impôt sur les plus‑values, avec un taux pouvant monter à 35 % du gain net ou 25 % du prix de vente brut pour les non‑résidents, sous réserve des montages et exonérations possibles.

Attention :

Avant tout achat, il est impératif de vérifier l’absence de charges, d’hypothèques ou de statut ejidal sur le terrain, notamment dans les zones en forte croissance comme Tulum. Cette vérification passe par l’obtention d’un Certificado de Libertad de Gravamen et la consultation systématique du registre public de la propriété via un notaire indépendant.

Enfin, la montée des réglementations sur les locations de courte durée, déjà très concrète à Mexico City et appelée à s’étendre, impose d’intégrer dans tout business plan la possibilité de basculer, si nécessaire, vers de la moyenne ou longue durée sans casser l’équilibre financier.

Conclusion : le Mexique, un marché d’opportunités à condition de jouer au scalpel

Les données convergent : le Mexique restera, dans les années qui viennent, l’un des marchés immobiliers les plus dynamiques de l’hémisphère occidental. Croissance des prix nationaux autour de 8–9 %, rendements locatifs souvent supérieurs à 6 %, déficit de logements, nearshoring, boom touristique… tous ces facteurs créent une pente naturelle favorable aux investisseurs.

Typologie des quartiers pour investissement locatif

Analyse des différents profils de quartiers au Mexique en fonction de leur rendement, risque et clientèle cible.

Rendements spectaculaires

Quartiers comme Colonia Americana, Roma/Condesa, Playa del Carmen et Tulum. Offrent des rendements élevés mais sont exposés à une plus grande volatilité réglementaire et touristique.

Stabilité et croissance linéaire

Quartiers comme Providencia, Narvarte, Mérida nord et San Miguel de Allende. Privilégient la stabilité, la qualité de vie et une clientèle solvable, avec une croissance plus régulière.

Appétit pour le risque requis

Quartiers comme Juárez, Santa Tere, Bacalar et le Centro Histórico de Guadalajara. Nécessitent une tolérance au risque élevée pour l’investisseur.

Investir intelligemment dans les meilleurs quartiers pour investir au Mexique, c’est finalement accepter de travailler au cas par cas, à l’échelle de la rue, de l’immeuble, du règlement de copropriété, bien plus qu’à celle de la seule ville ou de la région. Ceux qui le font avec méthode — en s’appuyant sur des chiffres, un bon avocat local, un notario indépendant, et une stratégie adaptée à chaque sous‑marché — peuvent, aujourd’hui encore, trouver au Mexique ce qui se fait de plus intéressant, en termes de couple rendement‑risque, sur la scène immobilière internationale.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Mexique pour rechercher du rendement locatif et une exposition au peso mexicain. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Riviera Maya, Mexico, Guadalajara), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison dans une zone touristique ou en forte croissance comme Playa del Carmen ou Mérida, combinant un rendement locatif brut cible de 10 % – en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + ameublement/travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notario, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe, fideicomiso ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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