Comment réussir une location longue durée au Mexique

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Mexique pour plusieurs mois ou plusieurs années ne se résume pas à trouver un joli appartement sur Instagram. Le pays attire retraités, nomades numériques, familles en quête de meilleure qualité de vie… mais son marché locatif est à la fois attractif, complexe, très local et de plus en plus cher dans certaines zones. Comprendre les règles du jeu avant de signer un contrat de location longue durée peut faire la différence entre une belle opportunité et un mauvais plan coûteux.

Bon à savoir :

Ce guide fournit une vue d’ensemble pratique et chiffrée, spécifique au contexte mexicain, pour chercher, négocier et signer un contrat de location longue durée. Il vise à vous aider à vivre sereinement tout en évitant les principaux pièges.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le contexte : un pays abordable, un marché sous tension

Le premier élément qui pousse de nombreux étrangers à louer au Mexique, c’est le coût de la vie. En moyenne, vivre au Mexique revient environ 40 % moins cher qu’aux États‑Unis, et les dépenses de logement y sont près de 60 % plus basses. Pourtant, cette moyenne cache de fortes disparités selon les villes et les quartiers.

Pour donner un ordre de grandeur, les estimations de budget mensuel moyen sont les suivantes :

ProfilCoût de la vie hors loyer (USD/mois)Loyer moyen projeté (USD/mois)Total indicatif (USD/mois)
Personne seule~700~398~1 100
Famille de 4≥2 500~725≥3 200
Couple “confort” (voiture, assurance, employé·e de maison)~3 000

Le Mexique se classe autour de la 104ᵉ place mondiale en coût de la vie, loin derrière les grandes villes nord‑américaines. Pourtant, dans certains marchés comme Mexico City, Cancún, Puerto Vallarta ou San Miguel de Allende, la pression locative est intense : gentrification, déficit de logements, afflux de travailleurs à distance et retraités étrangers, et explosion des locations de courte durée.

800000

Le déficit estimé de logements à Mexico City, où les loyers augmentent d’environ 9 % par an.

Coûts de la vie quotidienne : des charges raisonnables, mais variables

Les loyers ne sont qu’une partie de l’équation. Les charges courantes restent attractives, surtout comparées à l’Amérique du Nord :

Coût de la vie mensuel

Aperçu des dépenses courantes mensuelles pour une personne ou une famille, incluant les services essentiels et le transport.

Services publics (électricité/eau/chauffage)

Environ 42 USD par mois pour une personne, 65 USD pour une famille.

Internet haut débit (50 Mbps+)

Autour de 28 USD par mois.

Gaz propane (cuisine & eau chaude)

Entre 20 et 30 USD mensuels.

Approvisionnement en eau

Souvent moins de 10 USD par mois.

Transport public

Moins de 40 USD par mois ; ticket simple : 0,50–0,60 USD.

Services de ménage

Environ 5 USD/heure (hisp.) ou 7–10 USD/heure (angl.).

En revanche, la climatisation fait exploser la facture d’électricité sur les côtes : 80 à 200 USD par mois ne sont pas rares dans les villes chaudes et humides, alors que dans les hauts plateaux (Mexico City, Guadalajara, Mérida centro historique), la note peut rester sous les 20 USD mensuels.

Où louer : panoramique des villes et des loyers

Choisir sa ville et son quartier est probablement la décision la plus structurante pour une location longue durée. Entre les grandes métropoles, les villes coloniales et les stations balnéaires, les écarts de prix et d’ambiance sont énormes.

Grandes villes et destinations prisées : ordre de grandeur des coûts

Les données suivantes donnent une idée du coût mensuel de la vie pour une personne seule, loyer compris, dans les principales villes mexicaines :

VilleCoût de vie total moyen personne seule (USD/mois)
León684
Morelia717
Aguascalientes796
Ecatepec de Morelos704
Ciudad Nezahualcóyotl814
Naucalpan800
Culiacán761
Hermosillo814
Chihuahua814
Saltillo892
Puebla981
Ciudad Juárez948
Mexicali913
Guadalajara1 017
Zapopan1 021
Tijuana1 047
Mérida1 085
Cancún1 132
Mexico City1 160
Monterrey1 277

Les villes les plus abordables parmi les grandes agglomérations sont León, Morelia et Culiacán, autour de 720 USD par mois pour une personne. À l’autre extrémité du spectre, Monterrey, Mexico City, Cancún ou Mérida dépassent largement les 1 000 USD pour un mode de vie standard.

Pour une approche plus fine, les loyers moyens nationaux projetés sont les suivants :

Type de logementLocalisationLoyer moyen mensuel (USD)
1 chambre (~40 m²)Centre‑ville~477
1 chambrePériphérie~303
3 chambres (~80 m²)Centre‑ville~911
3 chambresPériphérie~579

Ces valeurs sont des moyennes nationales : dans des marchés très tendus comme Mexico City, Cancún ou San Miguel de Allende, les loyers dépassent largement ces chiffres.

Focus Mexico City : un marché à part, sous tension

Mexico City concentre un nombre important d’expatriés, de jeunes actifs et d’étudiants. C’est aussi l’un des marchés où les chiffres sont les mieux documentés :

Type de bienLoyer moyen début 2026Fourchette (MXN/mois)Fourchette (USD/mois, approx.)
Studio~14 000 MXN9 000 – 22 000~515 – 1 260
1 chambre~17 500 MXN12 000 – 28 000~685 – 1 600
2 chambres~20 600 MXN14 000 – 35 000~800 – 2 000

Le loyer moyen d’un appartement vers la fin de 2025 est projeté autour de 21 000 MXN (environ 1 130 USD), avec une hausse de 12–15 % par rapport à 2024. Les hausses attendues pour 2026 se situent encore autour de 8–10 %.

Attention :

Les quartiers les plus recherchés affichent des loyers nettement supérieurs à la moyenne.

Quartier (Mexico City)Loyer moyen (MXN/mois)Loyer moyen approx. (USD)
Roma / Condesa (Cuauhtémoc)22 9111 336
Polanco (Miguel Hidalgo)21 3261 244
Del Valle / Nápoles (Benito Juárez)16 439959
Santa Fe15 641912
San Ángel15 302892

Les expatriés se concentrent surtout à Polanco, Roma Norte et Condesa, où les loyers d’un 2 pièces ou petit 3 pièces se situent facilement entre 18 000 et 45 000 MXN (1 030–2 570 USD) par mois. Les appartements 3 chambres en zone centrale se louent souvent entre 25 000 et 40 000 MXN (1 460–2 340 USD).

40000

Le loyer mensuel peut dépasser 40 000 MXN pour un appartement de 2 chambres dans les quartiers premium de Mexico.

Villes balnéaires et destinations d’expatriés : un autre visage du marché

Au‑delà des grandes métropoles, plusieurs destinations balnéaires ou coloniales concentrent une importante communauté étrangère : Puerto Vallarta, San Miguel de Allende, Mérida, Riviera Maya (Playa del Carmen, Tulum), Cancún, Progreso, Puerto Escondido, Cabo San Lucas…

Leur point commun : une offre importante de condos et maisons meublés, avec piscine, sécurité 24 h/24 et services partagés. Les ordres de grandeur suivants permettent de se situer :

DestinationType de bien & localisationLoyer type (USD/mois)
Puerto VallartaCondo 1 chambre meublé proche plage< 600
Puerto Vallarta3 chambres meublé, piscine, vue mer1 000 – 1 700 (selon quartier)
San Miguel de Allende2 chambres proche centre historique< 900 à plusieurs milliers
Mérida1–2 chambres meublé ou semi‑meublé< 600
Progreso & barrières littorales voisinesCondo en front de mer≤ 500
Riviera Maya (général)Condo à 5 minutes à pied de la plage~1 000 (entrée de gamme)
Cancún (centre)1 chambre centre‑ville (2026 projeté)600–800
Cancún (centre)2 chambres centre‑ville (2026)900–1 200
Playa del Carmen1 chambre meublé770–1 130

Ces villes pratiquent souvent un double marché : tarifs élevés pour les annonces en anglais et locations courte durée, tarifs plus “locaux” pour les annonces en espagnol, Facebook Marketplace ou les panneaux “Se Renta” sur place.

Comment chercher : penser comme un local, pas comme un touriste

La principale erreur des nouveaux arrivants au Mexique est de se limiter aux plates-formes qu’ils utilisent déjà dans leur pays. Or, une grande partie des meilleures offres ne figure ni sur Airbnb ni sur les sites anglophones.

Les bons outils : sites, réseaux sociaux, terrain

Pour une location longue durée, trois canaux principaux se complètent :

1. Les sites immobiliers mexicains Inmuebles24, Vivanuncios, MetrosCúbicos, Homie, Lamudi sont des références nationales. On y trouve surtout des annonces d’agences, souvent en espagnol, avec une approche plutôt “formelle” : contrats standards, exigence de garant (aval ou fiador), dépôt, parfois étude de solvabilité.

2. Facebook Marketplace et groupes locaux Facebook Marketplace est très utilisé par les propriétaires et petits intermédiaires qui s’adressent d’abord aux Mexicains, avec des loyers affichés en pesos. C’est là que l’on trouve souvent les meilleurs prix, mais aussi davantage de risques de confusion ou de scam, d’où l’importance de visiter les lieux avant de verser le moindre peso.

Chercher en espagnol avec des mots‑clés comme “departamento en renta”, “casa en renta”, “renta larga temporada” suivi du nom de la ville ou du quartier donne de bien meilleurs résultats qu’en anglais.

Astuce :

Dans de nombreuses régions, les propriétaires n’utilisent pas les sites internet ou les réseaux sociaux. Ils se contentent d’afficher un panneau ‘Se Renta’ avec un numéro de téléphone. Pour trouver un logement, il est donc très efficace de marcher dans les quartiers qui vous intéressent, de repérer ces panneaux et de contacter directement les numéros par WhatsApp ou par téléphone.

Le bouche‑à‑oreille joue aussi à plein : dire à son taxi, au serveur, au barman ou au réceptionniste d’hôtel que vous cherchez une location longue durée permet parfois de dégoter un logement avant même qu’il ne soit annoncé.

Stratégie recommandée : courte durée d’abord, longue ensuite

Pour éviter de se précipiter, une approche très efficace consiste à :

réserver d’abord un logement meublé pour un mois (via Airbnb, Vrbo ou agences locales) dans la ville ciblée ;

– utiliser ce mois comme base pour visiter physiquement quartiers et appartements, sentir l’ambiance à différents moments de la journée, tester le bruit, la sécurité, l’accès aux transports et services ;

– négocier ensuite un bail de 12 mois ou plus, de préférence en direct avec le propriétaire ou via un agent local.

Astuce :

Sur Airbnb, une stratégie efficace consiste à réserver d’abord quelques jours au tarif affiché. Ensuite, proposez directement au propriétaire un contrat de plusieurs mois en dehors de la plateforme, avec une réduction substantielle. Cette approche est souvent payante car les annonces sur Airbnb sont fréquemment surtaxées pour couvrir les commissions de la plateforme et cibler une clientèle étrangère.

Faire appel à un agent immobilier : quand et pourquoi

Au Mexique, la profession d’agent n’est pas réglementée de manière uniforme. Certaines régions (Mexico City, Jalisco, Nuevo León, Quintana Roo) exigent une licence ; ailleurs, tout le monde ou presque peut se dire “asesor inmobiliario”. Il existe néanmoins une association professionnelle, l’AMPI, qui délivre des formations et certifications.

Pour un étranger, surtout si son espagnol est limité, l’agent peut rendre de grands services :

accès à des listings non publiés ;

gain de temps (sélection selon votre budget, vos critères et votre calendrier) ;

– accompagnement aux visites, traduction, interface avec le propriétaire ;

– négociation des conditions (loyer, durée, ameublement, travaux éventuels) ;

– préparation ou relecture du contrat et explication des clauses ;

– support à plus long terme (conseils de quartier, résolution de petits litiges).

En location, c’est normalement le propriétaire qui paie la commission de l’agent, en général l’équivalent d’un mois de loyer. Un agent sérieux ne devrait donc pas vous réclamer d’honoraires pour simplement vous montrer des biens. Si c’est le cas, méfiance.

Budget, garanties et documents : ce qu’il faut vraiment prévoir

L’un des facteurs qui surprennent le plus les nouveaux venus est la quantité de garanties demandées, surtout dans les grandes villes.

Dépôt de garantie, loyers d’avance et “apartado”

Dans la grande majorité des cas, vous devrez verser :

un dépôt de garantie équivalent à un mois de loyer (parfois deux) ;

le premier mois de loyer à la signature.

Dans les zones très touristiques ou pour des biens haut de gamme, certains propriétaires exigent aussi le dernier mois de loyer d’avance, ou même plusieurs mois prépayés, en particulier si vous n’avez pas de garant mexicain. Au‑delà de trois mois de loyer exigés d’un coup, le signal devient franchement rouge.

Attention :

Un propriétaire peut demander un « apartado », une somme pour réserver le bien. S’il est correctement utilisé, il est déduit du dépôt de garantie ou du premier loyer. Cependant, il peut être détourné pour escroquer. Ne le payez jamais sans avoir visité le logement au préalable et sans un accord écrit et clair.

L’aval / fiador : le garant mexicain, nerf de la guerre

Surtout à Mexico City, Guadalajara, Querétaro, Mérida ou Oaxaca, beaucoup de propriétaires exigent un garant local, appelé aval ou fiador, qui doit :

être citoyen mexicain ;

posséder un bien immobilier dans la même ville ou l’État ;

– souvent, avoir ce bien totalement payé (sans hypothèque).

Ce garant s’engage légalement à couvrir vos impayés ou dommages. Pour un étranger récemment arrivé, trouver une telle personne est souvent impossible. D’où plusieurs solutions de contournement de plus en plus utilisées :

Exemple :

Pour sécuriser un logement au Mexique, un expatrié peut être amené à fournir plusieurs types de garanties. Celles-ci peuvent inclure : payer plusieurs mois de loyer d’avance (généralement 3 à 6 mois), verser un dépôt de garantie plus élevé que la norme, ou faire appel à une société de garantie privée (souvent appelée « póliza jurídica ») qui, contre des frais (équivalents à 30-50% d’un mois de loyer, parfois un mois entier), se porte garante. Une autre option consiste à demander à son employeur mexicain de signer le bail en tant que garant, sous la forme d’un bail d’entreprise.

Dans les villes balnéaires très tournées vers les expatriés, ces exigences peuvent être plus souples : beaucoup de propriétaires acceptent de renoncer à l’aval en échange de plusieurs mois d’avance.

Documents courants demandés aux locataires

Les dossiers à fournir varient fortement d’un propriétaire à l’autre, mais on retrouve fréquemment :

passeport en cours de validité ;

visa ou carte de résident temporaire/permanent pour une location supérieure à quelques mois ;

– preuves de revenus (relevés bancaires, fiches de paie, contrats de travail, déclarations fiscales) ;

– éventuellement, un numéro fiscal mexicain (RFC) pour certains contrats plus formels ;

– lettres de référence (anciens propriétaires, employeurs) ;

– historique d’adresses précédentes ;

– coordonnées bancaires et relevés montrant une solvabilité suffisante.

Si vous n’avez pas d’historique de crédit mexicain, le propriétaire peut renoncer à la vérification en échange d’un dépôt plus élevé ou d’un aval solide.

Le contrat de location : lire, comprendre, négocier

Au Mexique, le contrato de arrendamiento est systématiquement rédigé en espagnol, et c’est cette version qui fait foi devant les tribunaux, même si une traduction anglaise est jointe. Le droit étant largement favorable aux locataires, les propriétaires cherchent souvent à se protéger par des clauses robustes. Côté locataire, l’enjeu est de ne pas signer à l’aveugle.

Durée, renouvellement, augmentation

Pour une location longue durée, le standard est un bail d’un an minimum. On trouve parfois des baux de 6 mois, surtout dans les villes touristiques, mais sur le plan juridique, la référence reste les 12 mois. Rien n’empêche de signer un contrat de 2 ou 3 ans si les deux parties y trouvent un intérêt.

Sans clause contraire, un bail peut se prolonger de facto en contrat à durée indéterminée si le locataire reste dans les lieux après la date de fin sans opposition expresse du propriétaire. Dans ce cas, un simple préavis (souvent 30 jours) suffit ensuite pour y mettre fin.

Les augmentations de loyer obéissent à deux logiques :

liberté contractuelle : hors zones régulées, les hausses sont négociées d’un commun accord, souvent avec une référence à l’inflation (indice INPC) ou à un pourcentage (par exemple 5–10 % par an) ;

régulation locale : à Mexico City notamment, une réforme récente plafonne les hausses annuelles des baux résidentiels au niveau de l’inflation officielle de l’année précédente (Banque du Mexique). De plus, certains dispositifs anciens limitent l’augmentation à 10 % lors d’un renouvellement annuel.

Dans tous les cas, la bonne pratique consiste à exiger une clause écrite précisant clairement comment sera calculée l’augmentation annuelle, et à négocier ce point avant signature.

Clauses clés à vérifier avant de signer

Un contrat complet devrait préciser au minimum :

Bon à savoir :

Pour un bail complet et sécurisé au Mexique, assurez-vous qu’il inclut : l’identité et l’adresse complètes des deux parties, une description détaillée du bien (adresse, superficie, usage résidentiel), la durée du bail avec les dates d’entrée et de sortie, le montant du loyer en MXN et sa date de paiement, le mode de paiement précisé (virement, espèces avec reçu…), le montant et les conditions de restitution du dépôt de garantie (idéalement sous 15 à 30 jours), la liste des charges incluses ou non (eau, électricité, frais de copropriété…), la répartition des responsabilités d’entretien et réparations, la politique concernant les animaux de compagnie, les règles sur la sous-location ou la location de type Airbnb (généralement interdites sans accord écrit), les conditions de résiliation anticipée (préavis, pénalités), et un inventaire détaillé si le logement est meublé.

Si vous ne lisez pas suffisamment l’espagnol, il est fortement recommandé de faire relire le contrat par un avocat ou un agent bilingue. Et surtout, ne signez jamais un bail que vous n’avez pas vu physiquement appliqué au logement (photos, état des lieux, numéros de compte CFE, etc.).

Charges, services et coût réel du logement

Un loyer “tout compris” affiché sur un site peut sembler attractif, mais dans la plupart des locations longue durée “à la mexicaine”, les charges sont séparées du loyer. Pour éviter les mauvaises surprises, il faut clarifier poste par poste.

Électricité : le piège du tarif DAC

L’électricité est fournie par la CFE, unique opérateur national. Le système est basé sur des tranches subventionnées (tarif 1, 1A, 1B… 1F) et un tarif pénalisant DAC (Doméstica de Alto Consumo) qui s’applique quand la consommation dépasse environ 2 500 kWh sur une période de facturation. Une fois en DAC, plus aucune subvention : le kWh devient nettement plus cher.

Cet aspect est crucial pour les logements avec climatisation intensive (côtes, plaines chaudes). Plusieurs expatriés découvrent trop tard des factures de 80 à 200 USD par mois pendant la saison chaude, alors que dans les hauts plateaux sans climatisation, la note peut rester inférieure à 20 USD.

Il est donc essentiel de :

Astuce :

Avant de signer un bail, il est crucial de demander à consulter de vraies factures CFE récentes du logement pour évaluer le montant réel. Vérifiez également la présence et l’usage typique de la climatisation, car elle peut impacter significativement la consommation. Enfin, clarifiez à qui est le compte CFE (généralement au nom du propriétaire) et qui en assume le paiement (locataire ou propriétaire).

Eau, gaz, internet : qui paie quoi ?

L’eau est gérée par des compagnies publiques locales. Techniquement, le non‑paiement ne conduit pas toujours à une coupure (l’accès à l’eau est reconnu comme droit fondamental), ce qui explique que beaucoup de comptes restent aux noms d’anciens propriétaires. En pratique, la facture d’eau est souvent incluse dans le loyer dans les immeubles ou réglée par le propriétaire qui refacture ensuite.

Le gaz (propane/butane) est généralement livré en bonbonnes ou via un réservoir stationnaire sur le toit ; vous commandez au camion local, payez à la livraison et donnez un pourboire. Dans ce cas, c’est quasiment toujours le locataire qui paie sa consommation.

L’internet et la télévision par câble sont fournis par des entreprises privées (Telmex, Megacable, TotalPlay, Izzi, Starlink…). Un abonnement standard coûte autour de 25–30 USD par mois. Pour ouvrir un compte, il faut souvent :

un justificatif de domicile (facture CFE ou bail) ;

un document d’identité ;

– parfois un RFC.

Bon à savoir :

Dans certaines locations meublées, notamment en zones touristiques ou dans les résidences neuves, l’accès à internet peut être inclus dans le prix du loyer. Il est essentiel que cette inclusion soit explicitement mentionnée et détaillée dans le contrat de bail.

Frais de copropriété (HOA) et entretien

Dans les condominiums ou résidences fermées, des frais mensuels de maintenance sont facturés par l’administration de l’immeuble, souvent de l’ordre de 1 500 à 4 000 MXN par mois, ou 30–100 MXN/m². Ils couvrent la sécurité, la piscine, l’entretien des parties communes, parfois l’eau et le gaz de base.

En règle générale, ces frais sont à la charge du propriétaire, qui peut en tenir compte dans son loyer, mais pas toujours. Il arrive qu’ils soient refacturés au locataire, ou partagés. Là encore, c’est une ligne à clarifier dans le contrat.

S’ajoutent parfois des “assessments” spéciaux pour de gros travaux (toiture, façade, ascenseur), pouvant aller de 5 000 à 20 000 MXN par appartement : en principe, ils concernent uniquement le propriétaire, pas le locataire, mais il n’est pas rare qu’ils servent de prétexte à une hausse de loyer à la prochaine échéance.

Cadre légal : protections solides pour le locataire, lenteurs pour le propriétaire

Le Mexique est un État fédéral, avec 31 États et Mexico City, chacun doté de son propre code civil. Mais sur l’essentiel, la philosophie est claire : la loi est globalement pro‑locataire.

Droits fondamentaux du locataire

Parmi les protections les plus importantes :

le propriétaire doit délivrer un logement habitable, salubre et sûr ;

il doit assurer les réparations majeures (structure, grosses fuites, installations défectueuses) ;

– il ne peut pas vous expulser sans décision de justice : pas de changement de serrure unilatéral, pas de coupure de services en guise de pression ;

– si le bien est vendu, le nouveau propriétaire doit respecter le bail jusqu’à son terme (“la vente ne rompt pas le bail”) ;

– en cas de décès du locataire, les proches vivant déjà dans le logement (conjoint, concubin, enfants, autres membres du foyer) peuvent continuer à occuper les lieux aux mêmes conditions.

Bon à savoir :

L’expulsion d’un locataire, même pour impayés, est un processus judiciaire qui peut durer de quelques semaines à plus d’un an si le dossier est contesté. Elle nécessite une mise en demeure écrite et un délai de régularisation préalables. Cette lenteur explique pourquoi les propriétaires exigent souvent des garanties solides et privilégient les profils qu’ils estiment fiables.

Contrôles des loyers et réformes récentes

Historiquement, certains dispositifs de contrôle des loyers s’appliquent dans la capitale, avec par exemple une limitation des hausses annuelles à 85 % de la hausse du salaire minimum local pour certains baux. Plus récemment, Mexico City a adopté des réformes :

– plafonnant les augmentations annuelles au taux d’inflation de l’année précédente ;

– instaurant un registre numérique obligatoire des baux résidentiels, que les propriétaires doivent alimenter dans les 30 jours suivant la signature.

Bon à savoir :

Bien que l’application complète et les sanctions précises soient encore en cours de définition, la tendance est à une formalisation accrue des règles. L’objectif officiel est de mieux protéger les locataires contre les hausses de loyer abusives et d’améliorer le suivi du marché immobilier.

Impôts et charges côté propriétaire

Pour comprendre la marge de manœuvre lors d’une négociation, il est utile de savoir ce qui pèse sur le propriétaire :

l’impôt sur le revenu (ISR) sur les loyers, avec des taux progressifs pouvant aller jusqu’à 35 % ;

– la possibilité de déduire forfaitairement 35 % du loyer brut ou de déclarer frais réels (taxe foncière, travaux documentés, frais de gestion…) ;

– une taxe foncière annuelle (predial) souvent modeste : à Mexico City, entre 3 000 et 12 000 MXN par an pour beaucoup de logements (170–685 USD) ;

– les frais de copropriété déjà évoqués, 5–10 % du loyer pour une société de gestion si le bien est administré professionnellement.

Pour comparer, les rendements bruts locatifs à Mexico City tournent souvent autour de 5–8 % par an, et les rendements nets plutôt autour de 3–4 % pour des baux longue durée en centre‑ville. Les locations courte durée peuvent générer 8–14 % brut, mais avec plus de charges, de taxes (TVA 16 %, taxe d’hébergement 3–5 %) et de risques réglementaires.

Meublé ou non meublé : ce que “amueblado” veut vraiment dire

Au Mexique, les termes utilisés dans les annonces peuvent être trompeurs pour un regard nord‑américain ou européen.

“Amueblado” : meublé. Parfois complet (canapé, lit, table, chaises, électroménager, ustensiles de cuisine), parfois très minimaliste (un lit et une table).

“Semi‑amueblado” : partiellement meublé, le plus souvent avec un frigo, une cuisinière et éventuellement quelques meubles de base.

“Sin muebles” : sans meubles. Peut signifier un logement totalement vide, sans électroménager, sans lampes, sans tringle à rideaux, parfois même sans douchette.

Attention :

Dans les zones touristiques, les condos sont souvent bien équipés pour des séjours courts. En revanche, dans les quartiers populaires, louer un logement non meublé (‘sin muebles’) peut nécessiter un investissement initial important pour l’équiper complètement.

– de réclamer un inventaire détaillé écrit avant de signer ;

– de visiter le logement pour vérifier ce qui est réellement présent, y compris des éléments basiques comme un chauffe‑eau fonctionnel, des moustiquaires, une pression d’eau acceptable.

Les meublés se louent généralement 15–25 % plus cher que les logements équivalents non meublés, mais évitent d’avoir à acheter tout le mobilier, ce qui peut représenter plusieurs milliers de dollars.

Profils de locataires et attentes : se positionner intelligemment

À Mexico City, la demande locative se répartit, en gros, ainsi :

50–55 % de professionnels locaux ;

25–30 % d’étudiants et jeunes actifs ;

15–20 % d’expatriés et relocalisations d’entreprise.

Les jeunes actifs privilégient Roma Norte, Condesa, Narvarte, où ils paient volontiers 15 000 à 25 000 MXN par mois pour un 1–2 pièces moderne. Les familles recherchent plutôt Del Valle, Coyoacán ou San Ángel pour des 2–3 chambres à 22 000–40 000 MXN.

Bon à savoir :

Les expatriés se concentrent principalement dans les quartiers de Polanco, Roma et Condesa, ce qui tire les prix des loyers vers le haut. De nombreuses offres immobilières y sont adaptées à ce public, avec des appartements meublés, des services premium et des loyers en dollars ou en pesos alignés sur un pouvoir d’achat nord-américain.

Là où vous vous situez dans ce paysage influe fortement sur ce que l’on vous proposera et sur votre marge de négociation. Chercher des annonces en espagnol, ne pas dévoiler immédiatement un budget élevé, et éviter les agences qui ne travaillent que pour les étrangers sont des stratégies payantes pour ne pas subir la fameuse “gringo‑tax”.

Sécurité, arnaques et bon sens

L’explosion de la demande étrangère a mécaniquement attiré les escrocs. Les arnaques les plus courantes suivent toujours le même schéma :

annonce trop belle pour être vraie, photos parfaites, prix très inférieur au marché ;

– propriétaire “actuellement à l’étranger” qui demande un virement ou un dépôt PayPal/Western Union avant toute visite ;

pression pour décider très vite, “car il y a beaucoup de candidats”.

Pour s’en prémunir :

Astuce :

Pour éviter les arnaques lors de la recherche d’un logement à distance, il est crucial de ne jamais envoyer d’argent avant d’avoir visité physiquement le bien ou mandaté une personne de confiance sur place. Il faut également vérifier rigoureusement l’identité du propriétaire en exigeant des documents officiels (titre de propriété, facture CFE et pièce d’identité concordante). Privilégiez les canaux offrant une protection, comme Airbnb pour un premier séjour, les agences immobilières ou les avocats recommandés. Enfin, méfiez-vous systématiquement des annonces proposant des loyers anormalement bas, généralement inférieurs de 30 à 40 % aux prix du marché du quartier.

Construire un budget réaliste de location longue durée

Pour finir, assembler toutes ces données permet de construire un budget mensuel cohérent. Prenons, à titre d’illustration, deux scénarios réalistes.

Personne seule dans une grande ville (appartement 1 chambre confortable)

PosteMontant mensuel approx. (USD)
Loyer (1 chambre centre‑ville, marché moyen hors zones premium)450–700
Électricité (sans climatisation intensive)20–40
Eau5–10
Gaz20–30
Internet25–30
Transport public / Uber30–50
Courses200–250
Sorties & loisirs150–200
Divers / imprévus100–150

On arrive facilement à une fourchette de 1 000–1 400 USD par mois selon la ville, le quartier et votre style de vie. Avec climatisation forte sur la côte, il faudra rajouter 60–150 USD d’électricité selon l’usage.

Couple dans une ville moyenne ou balnéaire (2 chambres, niveau de vie confortable)

En croisant les exemples de budgets fournis par différents témoignages :

PosteMontant mensuel approx. (USD)
Loyer (2 chambres meublé, quartier agréable)700–900
Électricité (selon climat)35–150
Eau10–20
Gaz20–30
Internet25–30
Ménage (3 h/semaine)60–120
Transport (mix transports publics/voiture)80–170
Assurances santé de base120–150
Courses400–450
Restaurants et loisirs250–350
Divers / imprévus200–250

On se situe dans une fourchette de 2 000 à 2 800 USD par mois pour un couple, avec un bon niveau de confort et quelques extras. Pour une famille avec enfants, le budget grimpe, surtout si l’on intègre école privée, plus grande surface et déplacements plus fréquents.

En résumé : louer au Mexique, une bonne affaire à condition d’être préparé

Louer un bien immobilier à long terme au Mexique reste, pour beaucoup, une manière très efficace de réduire son coût de vie, d’améliorer sa qualité de vie ou de tester un projet d’expatriation avant d’acheter. Le pays offre un éventail impressionnant de possibilités : studio moderne à Mexico City, maison coloniale à Mérida, condo de plage à Puerto Vallarta, maison familiale en banlieue de Guadalajara…

Mais ce marché demande de :

Astuce :

Pour louer un appartement en Espagne, il est crucial de comprendre la logique locale, qui repose souvent sur l’aval (caution), les dépôts de garantie et le bouche-à-oreille. Il faut accepter que la protection juridique soit très favorable aux locataires, ce qui pousse les propriétaires à se protéger en amont. Prenez le temps de chercher comme un local, en utilisant l’espagnol et en prospectant sur le terrain. Ne signez jamais et ne payez rien sans une visite physique préalable et un contrat écrit. Enfin, lisez attentivement, faites traduire si nécessaire et n’hésitez pas à négocier le contrat de location avant de vous engager pour une durée de 12 mois ou plus.

Avec ces précautions et une vision réaliste des loyers, des charges et des démarches, louer à long terme au Mexique peut devenir une expérience à la fois économiquement avantageuse et profondément enrichissante.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie au Mexique
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Mexique pour chercher du rendement locatif et une exposition au peso mexicain. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Riviera Maya, Mexico City, Guadalajara), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison dans une zone touristique ou urbaine en croissance comme Tulum ou Polanco, combinant rendement locatif brut cible d’environ 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + aménagements légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notario, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe, fideicomiso) et définition d’un plan de diversification dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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