Comment obtenir un financement immobilier au Mexique quand on n’est pas Mexicain

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un bien au Mexique sans payer comptant est loin d’être impossible, même si plus de 90 % des achats résidentiels s’y font encore en cash. Pour un étranger, il existe aujourd’hui de vraies solutions : banques mexicaines, prêteurs « cross-border », courtiers spécialisés, programmes publics ou encore financements de promoteurs. Le marché est en plein essor, les outils sont de plus en plus digitaux, mais le cadre légal reste très spécifique.

Bon à savoir :

Cet article détaille les étapes, les conditions de marché, les contraintes juridiques, les exigences des prêteurs et les coûts à anticiper pour un projet d’achat immobilier au Mexique.

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Comprendre le contexte du financement immobilier au Mexique

Le marché immobilier mexicain est décrit comme dynamique et relativement abordable, en particulier pour les Américains et les Canadiens. Pourtant, une immense majorité des transactions se font sans crédit bancaire. Historiquement, les taux d’intérêt étaient élevés et les produits pour étrangers rares. Cela change nettement : le crédit destiné aux non‑résidents progresse, les fintechs se multiplient, et des prêteurs « cross‑border » se spécialisent sur la clientèle internationale.

11-12

En 2024, le taux moyen des prêts aux ménages au Mexique tournait autour de 11 à 12 % par an.

Pour un acheteur étranger, cela signifie deux choses : il existe désormais des produits spécifiquement conçus pour lui, mais il devra accepter un coût du crédit supérieur à celui de son pays d’origine et préparer un apport souvent plus important.

Cadre légal : zones restreintes, fideicomiso et types de propriété

Avant même de parler de financement, il faut comprendre ce que l’on peut légalement acheter en tant qu’étranger.

La Constitution mexicaine interdit la propriété directe par un non‑citoyen dans ce qu’on appelle la « zone restreinte » : 50 km à l’intérieur des côtes et 100 km le long des frontières terrestres. Pourtant, ce sont précisément les zones les plus recherchées par les étrangers (Playa del Carmen, Tulum, Riviera Maya, Baja California, etc.). La solution juridique prévue par la loi est le fideicomiso.

Bon à savoir :

Le fideicomiso est une fiducie bancaire mexicaine où un établissement détient le titre de propriété en tant que fiduciaire pour le compte de l’étranger, le bénéficiaire. Ce dernier conserve tous les droits essentiels : habiter, louer, rénover, revendre et transmettre le bien à ses héritiers. La durée initiale est de 50 ans, mais elle est renouvelable indéfiniment, ce qui se rapproche dans la pratique de la propriété pleine et entière.

En dehors des zones restreintes, un étranger peut détenir le titre directement à son nom. Dans tous les cas, le transfert doit être formalisé devant un Notario Público, figure centrale du droit immobilier mexicain, chargé de vérifier le titre, les impôts, l’identité des parties et d’enregistrer la transaction au Registre Public de la Propriété.

Un autre point crucial concerne la nature du titre : de nombreuses terres sont encore régies par le régime agraire (droit de possession, non titre plein et entier). Ces biens, souvent proposés à des prix attractifs, ne sont généralement pas hypothécables par les banques commerciales. Ils exigent donc un paiement comptant ou un financement privé (vendeur, investisseur, etc.). Si vous comptez emprunter, éviter ce type de propriété est souvent plus prudent.

Comment fonctionne un crédit immobilier au Mexique pour un étranger

Un prêt immobilier au Mexique reste, dans ses grandes lignes, similaire à ce que l’on connaît en Europe ou en Amérique du Nord : la banque finance un pourcentage de la valeur du bien, vous versez un apport, puis vous remboursez mensuellement capital et intérêts sur une durée qui peut aller jusqu’à 30 ans.

Les paramètres clés sont les suivants :

Financement immobilier au Mexique pour non-résidents

Principales caractéristiques des prêts hypothécaires disponibles pour les investisseurs étrangers, incluant le montant, la durée, les taux et la devise.

Montant financé (LTV)

La plupart des banques proposent 70 % à 80 % de la valeur estimée du bien. Certaines fintechs peuvent aller jusqu’à 90 % pour les meilleurs profils, tandis que des produits « cross-border » plafonnent souvent à 60–70 %.

Durée du prêt

Les échéances varient généralement de 5 à 30 ans, avec une concentration des offres autour de 15 à 20 ans pour de nombreux produits.

Taux d’intérêt

Sur le marché grand public en pesos, les taux tournent autour de 8 % à 12 % par an. Certains prêteurs en USD proposent des taux fixes autour de 5 % à 7 % pour les Américains, mais avec des apports initiaux plus élevés.

Choix de la devise

Possibilité d’emprunter en pesos (MXN) ou en dollars (USD) selon le prêteur. Il est recommandé d’aligner la devise du prêt sur celle de vos revenus pour limiter le risque de change.

Un élément très spécifique du système mexicain : la plupart des prêts intègrent d’office plusieurs assurances. Il s’agit généralement d’une assurance-vie couvrant le solde du prêt en cas de décès de l’emprunteur, d’une assurance chômage qui prend temporairement en charge les mensualités en cas de perte involontaire d’emploi, et d’une assurance dommages pour le bien (incendie, inondation, catastrophes naturelles). Résultat : les héritiers n’ont pas à reprendre la dette, le bien est transmis net de prêt.

Qui peut obtenir un financement immobilier au Mexique ?

Contrairement à une idée répandue, il n’est pas nécessaire d’être résident permanent pour financer un achat, mais cela facilite clairement les choses.

Globalement, les prêteurs vont regarder quatre blocs d’éléments : votre statut migratoire, vos revenus, votre historique de crédit et la qualité du bien financé.

Statut migratoire et profil

Trois grandes catégories de profils se dessinent :

Exemple :

L’accès à un prêt immobilier au Mexique varie considérablement selon le statut de résidence de l’emprunteur. Les résidents permanents peuvent solliciter un prêt auprès de tous les grands groupes bancaires, sous condition de remplir les autres critères (revenus, historique de crédit, apport personnel). Pour les résidents temporaires, l’accès est plus restreint, certaines banques traditionnelles exigeant le statut de résident permanent, mais des prêteurs spécialisés et des fintechs offrent plus de flexibilité. Enfin, pour les non-résidents ou touristes, très peu d’établissements bancaires mexicains proposent des prêts. Cependant, des institutions financières « cross-border », notamment pour les citoyens américains, ainsi que certaines fintechs spécialisées, constituent des alternatives possibles.

Être marié(e) à un Mexicain ne supprime pas les exigences, mais peut accélérer l’obtention d’une résidence et faciliter certaines démarches.

Revenus et crédit : ce que les banques vont exiger

Les exigences diffèrent selon les institutions, mais les grandes lignes sont les suivantes :

Revenu stable et vérifiable, idéalement depuis au moins deux ans.

Bon historique de crédit dans le pays d’origine (score autour de 700 pour certaines institutions, 720 ou plus pour les meilleures conditions).

– Taux d’endettement global (dettes existantes + nouvelle mensualité) autour de 30–40 % maximum du revenu net.

– Apport personnel d’au moins 15–30 % du prix du bien.

Les documents usuels comprennent :

Astuce :

Pour constituer un dossier complet, préparez les documents suivants : un passeport en cours de validité ; des justificatifs de revenus (fiches de paie, relevés bancaires, déclarations fiscales comme le W‑2 ou le 1040 pour les Américains) ; une preuve d’adresse ; un rapport de crédit du pays d’origine (Experian, Equifax, TransUnion, etc.). Selon votre situation, d’autres documents peuvent être requis : acte de naissance, certificat de mariage (à faire légaliser et traduire si nécessaire) ou un certificat médical pour une souscription d’assurance-vie.

Il faut y ajouter des pièces relatives au bien : contrat de vente, preuve des dépôts déjà effectués, titre de propriété, situation à jour des impôts fonciers.

Aperçu comparatif de quelques exigences clés

Voici un exemple simplifié, basé sur plusieurs acteurs spécialisés dans les étrangers :

Lender / type d’acteurApport minimumRevenu minimum estiméCrédit / Score requisVisa mexicain requisDevise du prêt
Banque mexicaine classique20–30 %Variable, selon banqueBon historique, score élevéSouvent Résident permanentMXN
Yave (fintech)15 %≈ 1 170 USD/moisBon crédit étrangerNon systématiqueMXN (100 % en ligne)
MoXi (USD, cross-border)≈ 35 %Revenu US vérifiableFICO ≥ 700Pas de visa exigéUSD (taux fixe)
SOC CAF (courtier)20 % (LTV 80 %)Revenu prouvéFICO ≥ 689Touriste acceptéMXN
Tu Casa Express30 % (LTV 70 %)Revenu souple (profilé)Pas d’historique mex. exigéNon obligatoire pour Nord‑AméricainsMXN, durée fixe 15 ans

Ces chiffres illustrent la diversité du marché : un même acquéreur pourra se voir proposer 80–90 % de financement par une fintech, 70 % par un courtier, ou se voir exiger 35–40 % d’apport pour un prêt en dollars.

Panorama des solutions de financement pour étrangers

Pour un non‑Mexicain, six grandes familles d’options coexistent, souvent combinables.

1. Paiement comptant

C’est la méthode la plus courante au Mexique. Payer cash permet d’aller vite, de négocier davantage et de se passer des contraintes bancaires. Mais cela immobilise un patrimoine important, et n’est pas toujours réaliste.

Beaucoup d’acheteurs optent pour une solution hybride : financement partiel au Mexique, et extraction de liquidités via un refinancement ou une ligne de crédit sur un bien détenu à l’étranger.

2. Crédit bancaire mexicain

Les grandes banques (BBVA, Banorte, Santander, HSBC, etc.) proposent des prêts hypothécaires classiques avec des durées pouvant aller jusqu’à 30 ans. Pour un étranger, les conditions sont plus strictes :

Taux généralement dans la fourchette 8–12 % en pesos.

– Apport élevé, souvent 25–30 %.

Résidence permanente presque toujours requise.

– Relevés et historique bancaires mexicains demandés.

Ce type de financement est adapté aux expatriés déjà installés, avec revenu et vie financière localisés au Mexique.

3. Prêteurs « cross-border » et fintechs spécialisées

C’est le segment qui se développe le plus vite pour les non‑résidents, notamment nord‑américains.

Certains acteurs typiques :

MoXi : prêteur USD pour citoyens américains, avec taux fixes de l’ordre de 5–7 % sur des durées jusqu’à 30 ans. Pas de ballon final ni frais cachés, et le prêt est entièrement libellé et servi en dollars, ce qui élimine le risque de change pour un emprunteur payé en USD. LTV autour de 65 %, ce qui implique un apport conséquent.

Mexico Mortgage Hub / MortgageHub : courtier présent sur tout le territoire, qui annonce des taux à partir de 7,75 % et des LTV pouvant atteindre 80 % suivant le profil de crédit. Il sert notamment de passerelle vers de multiples banques et Sofomes.

Yave, Kredi : fintechs mexicaines offrant un parcours 100 % digital, pré‑qualification en ligne, et des LTV jusqu’à 90 % pour les meilleurs profils. Taux fixes démarrant autour de 10–11 % par an. Kredi, par exemple, est supervisée par la CNBV, propose des durées jusqu’à 30 ans mais ne finance ni terrain nu ni travaux.

Bon à savoir :

Ces solutions de crédit sont spécialement conçues pour les personnes vivant et travaillant à l’étranger qui souhaitent acquérir une résidence secondaire ou un investissement locatif au Mexique.

4. Financement de promoteur et financement vendeur

Sur certains projets neufs, le promoteur propose ses propres plans de paiement, avec un échelonnement des versements calé sur l’avancement du chantier. L’avantage est souvent une entrée plus souple et une décision rapide ; l’inconvénient, des taux parfois supérieurs au marché bancaire et, dans certains cas, un paiement ballon à l’échéance (grosse somme due en fin de période).

Le financement vendeur est plus artisanal : le propriétaire accepte un paiement étalé, formalisé devant notaire. Les conditions sont très variables et dépendent surtout du rapport de force entre les parties. Là encore, c’est une option à manier avec un avocat expérimenté, notamment pour sécuriser les garanties.

5. Programmes publics mexicains (INFONAVIT, FOVISSSTE)

Pour les étrangers qui travaillent légalement au Mexique et sont affiliés à la sécurité sociale mexicaine (IMSS), les grands organismes publics peuvent constituer une source de crédit.

Attention :

L’INFONAVIT est le fonds national pour le logement des travailleurs du secteur privé, permettant aux employés formels d’accéder à des prêts via les contributions de leur employeur. Le FOVISSSTE est l’agence équivalente dédiée aux fonctionnaires fédéraux, offrant des crédits et un accompagnement pour la construction ou la rénovation.

Ces programmes sont très structurés, mais concernent surtout les travailleurs déjà intégrés au système mexicain, et rarement les non‑résidents.

6. Montage à partir de l’étranger : refinancement, HELOC, prêts personnels

Beaucoup d’acheteurs utilisent le patrimoine qu’ils possèdent ailleurs pour financer leur acquisition mexicaine :

Refinancement avec retrait de liquidités (cash‑out) sur une maison américaine ou canadienne.

HELOC (home equity line of credit) sur un bien existant.

Prêt personnel dans le pays de résidence.

Utilisation de l’épargne retraite (type 401k) dans certains cas.

Ces solutions échappent au droit mexicain mais doivent être analysées avec un conseiller financier, notamment pour les risques de sur‑endettement et les impacts fiscaux.

Taux, durée, apport : ce que coûtent réellement les prêts

Les données récentes de la Banque du Mexique montrent que les taux fixes moyens des hypothèques en pesos se situent autour de 11–12 % par an, avec un minimum observé d’environ 9,8 %. Historiquement, les taux étaient bien plus élevés (près de 14 % en 2005), ce qui rend la situation actuelle relativement favorable… dans le contexte mexicain.

Voici un tableau de repères issus de différentes sources :

IndicateurValeur typique / fourchette
Taux hypothécaires moyens (MXN)≈ 11–12 % annuels (fixes)
Taux minimum observé (ménages)≈ 9,8–10 % annuels
Taux prêts spécialisés (MoXi, USD)≈ 5–7 % annuels (taux fixes, amortissés)
LTV courant pour étrangers60–80 % (jusqu’à 90 % pour certaines fintechs)
Apport minimum usuel15–30 % (parfois 35–50 % en USD)
Durée des prêts5 à 30 ans (15–20 ans très fréquents)
Coûts de clôture5–10 % du prix du bien

Un point souvent sous‑estimé est le coût total des intérêts. Sur un prêt de 2 millions de pesos sur 20 ans à un taux proche de 11 %, le cumul des intérêts peut dépasser 4 à 6 millions de pesos. Cela choque parfois des acheteurs habitués à des taux plus bas. En contrepartie, dans un contexte inflationniste, des mensualités fixes en pesos voient leur poids réel diminuer avec le temps.

Bon à savoir :

Pour maintenir l’opération financière soutenable, il est généralement conseillé que la mensualité de remboursement ne dépasse pas environ 30 % de votre revenu net mensuel.

Processus d’obtention d’un crédit immobilier au Mexique

La procédure est assez standard, mais souvent plus lente que ce que connaissent les Nord‑Américains ou Européens. On peut la résumer ainsi.

Pré‑qualification et choix du prêteur

La première étape consiste à obtenir une pré‑qualification (ou pré‑approbation) : le prêteur examine vos revenus, vos dettes et votre historique de crédit et vous indique une capacité d’emprunt approximative. De nombreux acteurs (notamment Yave et des prêteurs cross‑border) proposent cette étape en ligne, avec une réponse en quelques jours, parfois moins de 72 heures.

Cette pré‑approbation vous sert de boussole pour cibler un budget réaliste et de signal fort vis‑à‑vis des vendeurs, qui constatent que vous êtes un acheteur sérieux.

C’est aussi à ce moment‑là que vous comparez plusieurs offres : taux, durée, LTV, pénalités de remboursement anticipé, frais divers, et surtout CAT (coût annuel total), qui agrège intérêts, frais et assurances.

Recherche de bien et offre d’achat

Une fois le budget défini, vous pouvez chercher activement un bien, idéalement avec un agent immobilier habitué à travailler avec des étrangers. Il vous aidera à filtrer les biens au bon budget et à vérifier les premiers éléments de titre.

Attention :

Après la négociation du prix et avant de signer le compromis de vente (convenio de compra/venta), il est essentiel d’éviter un contrat trop rigide tant que l’approbation définitive du prêt n’est pas obtenue. Il est vivement recommandé d’intégrer une clause suspensive conditionnant la vente à l’obtention du financement.

Dossier complet et évaluation du bien

Une fois le compromis signé, vous transmettez au prêteur un dossier complet :

Toutes vos pièces personnelles et financières.

Le compromis signé.

Les informations sur le bien.

Le prêteur mandate alors un évaluateur agréé pour établir une estimation officielle (avaluo bancario ou comercial). C’est cette valeur, plus que le prix négocié, qui servira de base au calcul du LTV.

Dans certaines régions, comme l’État de Quintana Roo, une évaluation certifiée est désormais obligatoire pour toute transaction, ce qui renforce la transparence mais ajoute un peu de délais.

Approbation finale, Notario Público et clôture

Une fois votre profil et le bien validés, la banque rend une décision finale. La préparation de l’acte se fait en coordination avec le Notario Público, qui vérifie :

Bon à savoir :

Lors de l’acquisition d’un bien au Mexique, il est essentiel de vérifier le titre de propriété, la situation fiscale (taxes foncières et droits d’acquisition), et l’existence d’éventuelles charges ou hypothèques. Pour les acheteurs étrangers, il faut prévoir la mise en place d’un fideicomiso (trust) et, selon l’État, l’obtention d’un permis spécifique d’acquisition.

Les fonds sont souvent déposés sur un compte séquestre (escrow) jusqu’à la signature définitive et la mise à jour du Registre Public. Le jour de la signature, vous réglez les frais de clôture (impôts, frais de notaire, droits d’enregistrement, frais de trust éventuels), l’apport, et la banque libère le montant du prêt au vendeur.

En rythme de croisière, l’ensemble du processus – de la première pré‑qualification à la signature chez le notaire – prend le plus souvent entre 60 et 90 jours, mais peut aller jusqu’à 4–6 mois dans les dossiers complexes ou en banque traditionnelle.

Coûts de clôture et frais annexes : ce qu’il faut anticiper

Beaucoup d’acheteurs étrangers sont surpris par le montant des frais annexes à l’achat. Ils dépendent de l’État, de la ville et du type de bien, mais on peut dresser un panorama approximatif.

Poste de coûtOrdre de grandeur habituel
Impôt sur l’acquisition (ISAI)2–5 % du prix, parfois jusqu’à 6,5 % selon l’État
Frais de notaire1–2 % (certains cas 4–7 % en incluant d’autres débours)
Droits d’enregistrement au Registre PublicEnviron 1–3 %
Frais de transfert / droits divers1–3 %
Frais de fideicomiso (zone restreinte)Création ≈ 1 000 USD + permis ≈ 1 000 USD + 1 000–2 000 USD/an
Frais d’évaluation du bienQuelques milliers de pesos selon la taille et la localisation
Assurances (vie, chômage, dommages)Intégrées dans la mensualité, à vérifier dans le CAT
Honoraires d’avocat (optionnels mais conseillés)Variable, souvent forfait ou pourcentage

Au total, il est raisonnable de prévoir entre 5 et 10 % du prix du bien pour couvrir ces frais de clôture. L’usage au Mexique veut que ce soit l’acheteur qui les assume.

Astuce :

Lors du transfert de fonds depuis l’étranger pour un apport personnel ou le paiement de frais, les banques traditionnelles appliquent souvent des marges importantes sur le taux de change, ce qui représente un coût supplémentaire. Pour réduire ce coût invisible, il est conseillé d’utiliser des services spécialisés comme Wise, qui appliquent le taux de change médian du marché, généralement plus avantageux.

Bien choisir son type de taux : fixe, variable ou mixte

Même si la majorité des prêts destinés aux étrangers sont proposés avec un taux fixe, il existe au Mexique les trois grandes formules :

Bon à savoir :

Pour un emprunteur étranger, trois formules principales existent : le taux fixe, qui garantit une mensualité stable et évite les mauvaises surprises, bien qu’il soit souvent initialement plus élevé ; le taux variable, révisé périodiquement (ex. tous les 6 ou 12 mois), dont la mensualité peut fluctuer à la hausse ou à la baisse selon les marchés, ce qui exige une tolérance au risque ; et le taux mixte, qui combine une période initiale à taux fixe (ex. 10 ans) suivie d’une période à taux variable.

Pour la plupart des acheteurs internationaux, surtout ceux qui ne vivent pas au Mexique au quotidien, la simplicité d’un taux fixe, notamment en dollars pour les Américains via des prêteurs comme MoXi, est souvent préférée pour la lisibilité du budget et la protection contre le risque de change.

Points de vigilance spécifiques aux étrangers

Au‑delà des dimensions financières, trois grandes familles de risques méritent une attention particulière.

1. Titre de propriété et nature du bien

Il est indispensable de vérifier, avec l’aide d’un avocat ou d’un notaire de confiance :

– Que le bien dispose d’un titre clair, correctement inscrit au Registre Public.

– Qu’il ne relève pas du régime agraire, sauf si vous acceptez d’acheter sans hypothèque.

– Que tous les impôts fonciers sont à jour.

– Que les constructions sont conformes aux permis délivrés.

Dans certaines zones touristiques, une loi récente impose des évaluations certifiées avant toute vente, justement pour réduire les fraudes et malfaçons.

2. Zone restreinte et fideicomiso

Pour toute propriété située dans la bande côtière ou frontalière, il faut anticiper :

Coûts et frais du Fideicomiso

Détail des principaux coûts et frais associés à la mise en place et à la gestion d’un fideicomiso au Mexique.

Création du trust

Frais initiaux pour l’établissement légal du contrat de fideicomiso.

Frais de gestion annuels

Coûts récurrents pour l’administration et la supervision du trust par l’institution fiduciaire.

Modifications du contrat

Frais applicables pour ajouter un bénéficiaire ou changer un héritier désigné.

Impact à la revente

Coûts liés à l’annulation ou au transfert du trust lors de la vente du bien immobilier.

Bien géré, ce mécanisme fonctionne très bien, mais c’est une couche de complexité où un mauvais conseil peut coûter cher.

3. Risque de change

Si vous gagnez votre revenu en dollars, euros ou dollars canadiens mais empruntez en pesos, l’évolution du taux de change USD/MXN ou EUR/MXN peut jouer fortement sur le coût réel du prêt. Une dépréciation du peso rendra votre dette moins lourde en devise forte, mais l’inverse est possible.

Les prêts en dollars évitent ce risque mais sont souvent assortis d’exigences d’apport plus élevées. L’arbitrage dépend de la structure de vos revenus et de votre tolérance au risque.

Rôle des intermédiaires : agents, courtiers, avocats

La réussite d’un achat financé au Mexique repose largement sur l’équipe qui vous entoure.

Professionnels clés pour un achat immobilier au Mexique

Pour un investissement en toute sécurité, s’entourer des bons experts est essentiel. Voici les quatre professionnels indispensables pour guider les étrangers dans leur projet.

Agent immobilier spécialisé

Privilégiez un professionnel habitué à travailler avec des étrangers, connaissant les pratiques bancaires locales et les prêteurs « cross-border ». Il filtre les biens incompatibles avec un financement (titre agraire, situation fiscale douteuse, etc.).

Courtier en crédit

Des structures spécialisées permettent de déposer un dossier unique auprès de plusieurs établissements simultanément. C’est un gain de temps qui augmente les chances de trouver le produit adapté à votre profil.

Avocat spécialisé

Un avocat maîtrisant le droit immobilier mexicain et les dossiers d’étrangers vérifie exclusivement vos intérêts : titre de propriété, clauses du contrat, mécanismes de garantie et structuration du fideicomiso.

Conseiller financier / fiscaliste

Indispensable pour les montages complexes (retrait d’épargne retraite, refinancement) ou pour anticiper l’impact fiscal dans les deux pays, notamment en cas de location saisonnière transfrontalière.

Stratégies pratiques pour augmenter vos chances d’obtenir un financement

Plusieurs bonnes pratiques ressortent de l’expérience des prêteurs et des courtiers spécialisés :

Astuce :

Pour maximiser vos chances d’obtenir un prêt immobilier aux États-Unis, notamment en tant que non-résident permanent, adoptez une approche proactive. Commencez par soigner votre dossier de crédit en payant toutes vos dettes à temps, en réduisant le nombre de comptes de crédit ouverts et en évitant tout nouvel emprunt important dans les mois précédant la demande. Stabilisez votre situation professionnelle ; un changement d’emploi ou de statut en cours de processus pourrait obliger la banque à tout réévaluer. Préparez vos documents administratifs (actes de naissance, de mariage) bien à l’avance, car leur apostille et traduction officielle prennent du temps. Ne vous limitez pas à une seule banque : passer par un courtier qui consulte plusieurs établissements augmente vos chances de trouver une offre adaptée. Enfin, anticipez les frais de clôture (généralement 5 à 10 % du prix d’achat) en prévoyant un coussin financier pour éviter toute pénurie de liquidités au moment de la signature.

Faut‑il vraiment financer ou attendre de pouvoir acheter comptant ?

Un débat fréquent chez les expatriés et investisseurs concerne le choix entre acheter à crédit maintenant ou attendre plusieurs années pour économiser et payer cash, tout en continuant à louer.

Exemple :

Des simulations sur un bien de 2,7 millions de pesos financé sur 20 ans démontrent qu’acheter tôt, malgré le coût des intérêts, est souvent plus avantageux à long terme que de rester locataire 10 ans en espérant une stagnation des prix. Ceci s’explique par la tendance historique à la hausse du marché immobilier mexicain, où les valeurs, notamment dans les zones urbaines ou touristiques en croissance, ont souvent doublé ou triplé sur des périodes de 15 à 20 ans.

Ce raisonnement doit toutefois être nuancé : il dépend de votre horizon de détention, de votre tolérance à la dette, de vos projets de résidence (principale ou secondaire) et des perspectives spécifiques du marché local (ville, quartier, type de bien). Un prêt immobilier reste un engagement lourd, avec un coût d’intérêt très conséquent, et ne convient pas à tous les profils.

En résumé

Obtenir un financement immobilier au Mexique lorsqu’on est étranger n’a plus rien d’exceptionnel. Le marché s’est structuré autour de plusieurs canaux : banques locales pour les résidents, fintechs et prêteurs « cross-border » pour les non‑résidents, programmes publics pour les travailleurs affiliés à la sécurité sociale mexicaine, financements de promoteurs et montages privés pour compléter ou contourner les circuits bancaires classiques.

Ce qui fait la différence, ce n’est pas seulement le taux annoncé, mais une combinaison de facteurs :

Bon à savoir :

Avant d’investir dans un bien immobilier à l’étranger, vérifiez plusieurs éléments cruciaux : la solidité juridique du bien (titre de propriété, situation en zone restreinte ou non, et législation agraire), la cohérence entre la devise du prêt et celle de vos revenus, le sérieux et la fiabilité de l’intermédiaire qui vous accompagne, ainsi que votre capacité financière à couvrir non seulement l’apport initial, mais aussi les frais annexes et les risques liés aux fluctuations des taux de change et des taux d’intérêt.

En prenant le temps de préparer votre dossier, de comparer les offres et de vous entourer des bons professionnels, le financement devient un outil puissant : il vous permet de profiter du dynamisme du marché immobilier mexicain sans immobiliser tout votre capital. Mais comme partout, c’est un levier à manier avec lucidité, en connaissant précisément les règles du jeu locales.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Mexique pour chercher du rendement locatif et une exposition au peso mexicain. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Riviera Maya, Mexico, Guadalajara), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison dans une zone touristique dynamique comme Playa del Carmen ou Tulum, combinant un rendement locatif brut cible de 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, réseau local (agent immobilier, avocat, notario, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe, fideicomiso pour zone côtière) et définition d’un plan de diversification dans le temps.

Ce type d’accompagnement permet de profiter des opportunités du marché mexicain tout en maîtrisant les risques (juridiques, fiscaux, locatifs) et en intégrant cet actif dans une stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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