Investir dans l’immobilier au Mexique n’est plus une idée exotique réservée à quelques aventuriers. C’est devenu une stratégie sérieuse de diversification patrimoniale, portée à la fois par la dynamique économique du pays, la montée en puissance du tourisme, le télétravail international et une rentabilité locative souvent supérieure à celle de nombreux marchés développés.
Le marché immobilier est en croissance constante et le pays est considéré comme l’une des destinations d’investissement les plus attractives au monde, avec des perspectives favorables au moins jusqu’en 2026. Cependant, cette attractivité s’accompagne de spécificités juridiques, fiscales et pratiques qu’il est essentiel de maîtriser avant de signer un compromis.
Cet article propose une vision d’ensemble, structurée et très concrète, pour comprendre pourquoi et comment investir dans l’immobilier au Mexique, où placer son argent et quels risques éviter.
Un marché dynamique : pourquoi le Mexique attire les investisseurs immobiliers
Le point de départ, c’est un marché en expansion. Les prix résidentiels au niveau national ont progressé d’environ 8,7 à 8,8 % sur un an récemment, avec des hausses encore plus marquées dans les États très touristiques comme Quintana Roo (Riviera Maya) ou Baja California Sur (Los Cabos, La Paz). L’indice national des prix de l’immobilier a également confirmé cette tendance haussière en 2025.
Plusieurs moteurs se combinent.
Malgré un ralentissement temporaire, le Mexique dispose d’un cadre macroéconomique solide, renforcé par le traité USMCA. Son industrie manufacturière est en croissance et bénéficie d’un puissant mouvement de nearshoring, avec des centaines d’entreprises relocalisant leurs chaînes de production d’Asie vers le Mexique. Cette dynamique crée des emplois industriels bien payés, consolide la classe moyenne et stimule la demande pour les logements, bureaux et entrepôts.
Ensuite, un tourisme massif et résilient. Le Mexique accueille plus de 40 millions de visiteurs par an, certains hubs comme Cancún atteignant plus de 20 millions de touristes annuels, avec des taux d’occupation hôtelière autour de 80 % dans la zone hôtelière. Riviera Maya, Puerto Vallarta, Los Cabos, Mazatlán ou encore Cozumel capitalisent sur cette manne. Résultat : explosion de la demande en hébergements de courte durée et, par ricochet, sur les condos et villas destinés à la location saisonnière.
Un condo de luxe en front de mer à Tulum coûte 60 à 70 % moins cher qu’un bien équivalent à Miami ou Vancouver.
Le tout sur fond de “super peso” : la monnaie mexicaine s’est montrée étonnamment robuste face au dollar, ce qui envoie un signal de stabilité macroéconomique à long terme. Pour un Américain ou un Canadien, acheter un actif au Mexique permet aussi de se couvrir contre les variations de leur propre devise.
Rendement et plus-value : à quoi s’attendre réellement
Investir dans l’immobilier au Mexique, ce n’est pas seulement acheter une maison de vacances au soleil. C’est, dans beaucoup de cas, une opération financièrement performante, à condition de choisir le bon segment et le bon emplacement.
Dans les grandes lignes, les prix au mètre carré restent inférieurs à ceux des marchés développés, avec un potentiel de plus-value réel, surtout dans les zones en forte croissance touristique ou industrielle.
Voici quelques ordres de grandeur sur les prix au m² (données moyennes récentes, converties approximativement en USD pour lisibilité) :
| Ville / Région | Prix moyen centre (USD/m²) | Prix hors centre (USD/m²) |
|---|---|---|
| Mexico City | ~3 000 | ~2 300 |
| Guadalajara | ~2 300–2 600 | ~2 000 |
| Monterrey | ~2 200–3 600 | ~2 000–2 200 |
| Puerto Vallarta | ~2 800 | ~2 200 |
| Riviera Maya (Playa/Tulum) | ~1 500–5 500 | – |
| Mérida | ~1 200–1 500 | – |
| Moyenne nationale | ~1 500 | – |
Les rendements locatifs, eux, sont l’autre pilier de l’équation. Les données agrégées indiquent des rendements locatifs bruts moyens autour de 5,7 à 6,1 % au niveau national pour des appartements, avec des villes comme Monterrey, Mérida ou Guadalajara dépassant les 6 %. Dans certaines zones touristiques, les locations de courte durée peuvent atteindre 8 à 15 % de rendement brut annuel.
La Riviera Maya présente des taux d’occupation élevés pour les locations saisonnières, entre 70 et 90 %, dépassant parfois 90 % en haute saison. Un couple californien a acheté un condo en front de mer à Playa del Carmen pour 250 000 USD. Ce bien génère 30 000 USD de revenus locatifs annuels, soit un rendement brut de 12 %, et a pris 20 % de plus-value en trois ans.
Autre exemple frappant : à Tulum, les terrains dans la zone appelée “Région 15” ont vu leurs prix doubler en environ cinq ans, tandis que certains terrains en bord de lagune à Bacalar ont triplé depuis 2020. C’est typiquement un profil d’investissement où la stratégie “acheter et attendre 5 à 10 ans” prend tout son sens.
Rendements locatifs : quelques comparaisons par ville
Le tableau suivant résume des rendements bruts moyens observés dans plusieurs grandes villes, tous types d’appartements confondus.
| Ville | Rendement brut moyen appartements |
|---|---|
| Monterrey | ~6,3 % |
| Mérida | ~6,1 % |
| Guadalajara | ~5,9 % |
| Mexico City | ~5,7 % |
| Cancún | ~4,4 % |
| Puebla | ~6,6 % |
| Acapulco | ~6,0 % |
| Moyenne nationale | ~5,7–6,1 % |
Dans les zones très touristiques comme Tulum, les villas de luxe destinées à la location saisonnière peuvent atteindre 8 à 15 % par an, pendant que des marchés plus matures comme Puerto Vallarta, Mérida ou Querétaro offrent un mix intéressant entre rendement locatif stable (5–8 %) et appréciation du capital à moyen terme.
Le contexte économique : nearshoring, infrastructures et “super peso”
Se limiter au prisme du tourisme serait une erreur. Une partie de la force du marché immobilier mexicain vient de son économie réelle.
Le phénomène de nearshoring provoque un afflux massif d’entreprises (prévisions d’au moins 450 installations) quittant l’Asie pour le Mexique. Cette ruée a doublé le parc d’entrepôts en dix ans, entraînant une hausse des loyers d’environ 10 % par an et des rendements immobiliers autour de 7,2 %.
Pour un investisseur résidentiel, l’impact est indirect mais réel : des milliers d’emplois bien payés créent une demande en logements pour cadres, techniciens, ingénieurs, donc des marchés locatifs solides dans des villes comme Monterrey, Querétaro, Guadalajara ou même Mérida.
L’État et le secteur privé investissent massivement dans des projets structurants comme le Tren Maya, qui reliera Cancún à Tulum, Bacalar et Campeche. Une fois opérationnel, il redistribuera les flux touristiques et ouvrira de nouveaux corridors à fort potentiel immobilier dans des zones émergentes. Parallèlement, les extensions d’aéroports (Tulum, Cancún, Mexico City, La Paz) améliorent l’accessibilité de nombreuses destinations.
La démographie joue également en faveur du marché : une population jeune et en croissance soutient la demande domestique en logements, alors qu’un déficit structurel estimé à plusieurs millions d’unités pousse les autorités à accélérer la construction.
Enfin, la devise. Le “super peso” – une monnaie étonnamment résistante face au dollar – renforce la confiance des investisseurs à long terme. La plupart des biens sont affichés en dollars américains dans les zones touristiques, ce qui rassure les étrangers sur la valeur de l’actif. En parallèle, les charges courantes (salaires, services, certains travaux) se paient en pesos, ce qui compresse les coûts opérationnels pour un investisseur qui encaisse ses loyers en dollars ou en euros.
Où investir : tour d’horizon des destinations phares
Investir dans l’immobilier au Mexique, c’est d’abord choisir un territoire. Chaque région a sa logique, ses atouts et ses risques.
Riviera Maya : le roi incontesté de l’investissement balnéaire
La Riviera Maya, qui s’étend de Cancún à Tulum en passant par Playa del Carmen, Puerto Morelos, Akumal, Puerto Aventuras ou encore Cozumel, concentre une part disproportionnée de l’investissement étranger. Ce corridor caribéen cumule tous les atouts classiques : plages de carte postale, infrastructures touristiques de niveau mondial, aéroports internationaux, et désormais le Tren Maya.
Tulum est l’exemple le plus emblématique de la montée en gamme. Ancien village bohème, il s’est transformé en destination eco-chic avec des projets haut de gamme, souvent axés sur la durabilité. Les biens vont des condos “jungle” aux villas de luxe en front de mer. Les prix moyens avoisinent 2 800 USD/m², avec une appréciation annuelle de l’ordre de 15 % sur plusieurs années. La ville attire plus de 2 millions de visiteurs par an, le parc hôtelier a dépassé les 12 000 chambres, et les locations de vacances affichent des taux d’occupation supérieurs à 70 %, avec un tarif journalier moyen autour de 245 USD et un RevPAR en hausse de 6 %.
Mais Tulum illustre aussi les risques du trop-plein. Le développement rapide a généré des tensions autour des titres fonciers, en particulier sur les terres ejido (terres communautaires agricoles). Sans due diligence sérieuse, un acheteur peut se retrouver sur un terrain dont la propriété est contestée. Dans ce contexte, la recommandation est claire : recourir à un avocat local, vérifier que le terrain est bien titré, éviter les développeurs non licenciés et se méfier des promesses de “pré-lancement” avec des rabais spectaculaires sans historique.
Playa del Carmen présente un profil mature et équilibré, combinant un centre animé (la Quinta Avenida), une forte présence d’expatriés et de télétravailleurs, et une base touristique solide. Les condos bien gérés en location courte durée offrent des rendements élevés, avec des taux d’occupation souvent supérieurs à 70% annuels. Bien que les prix commencent à se stabiliser, le cash-flow reste attractif, particulièrement dans les quartiers situés à quelques minutes à pied de la plage.
Cancún, de son côté, est un classique toujours performant. Plus de 20 millions de touristes y transitent chaque année. L’aéroport international, deuxième du pays, dessert plus de 120 destinations, avec plus de 25 millions de passagers par an. La zone hôtelière affiche un taux d’occupation moyen d’environ 80 %, et le tourisme pèse plus de 50 % du PIB local. C’est un marché idéal pour des condos et villas orientés vers la location courte durée, avec des volumes locatifs importants et un potentiel de valorisation soutenu par l’extension de l’aéroport et la connexion au Tren Maya.
Autour, des bourgs comme Puerto Morelos, Akumal, Mahahual ou Puerto Aventuras représentent des options plus intimistes. Puerto Morelos conserve un charme de village de pêcheurs, avec une demande solide en hébergements grâce à son récif coralien. Puerto Aventuras, communauté fermée avec marina, golf et plage, est l’exemple typique d’un micro-marché haut de gamme où un couple a pu acheter une maison en front de mer dont les loyers touristiques remboursent déjà une grande partie de l’investissement.
Enfin, Bacalar attire les investisseurs avant-gardistes. Sa “Lagune aux sept couleurs” est devenue un hotspot émergent, avec des prix en forte hausse, notamment pour les terrains en bord de lagune, et un flux touristique en croissance à deux chiffres, renforcé par l’arrivée du Tren Maya. Mais là aussi, prudence sur les titres et l’environnement fragile.
Côtes Pacifique et destinations balnéaires alternatives
Sur la côte pacifique, Puerto Vallarta est un marché 成熟 qui séduit depuis longtemps retraités nord-américains, communauté LGBTQ+ et vacanciers internationaux. La ville combine une scène touristique active, un centre historique vivant, et des quartiers comme la Zona Romántica qui concentrent restaurants, bars et locations de courte durée. Les taux d’occupation tournent autour de 49 % en moyenne, mais la saison locative est longue, ce qui permet de bons cash-flows. La valorisation y est jugée stable et prévisible, plutôt qu’explosive.
Les villas de luxe de la Riviera Nayarit peuvent valoir plusieurs millions de dollars.
Los Cabos (Cabo San Lucas et San José del Cabo) reste l’un des joyaux de l’immobilier mexicain. À la pointe sud de la Basse-Californie, la destination attire une clientèle fortunée, avec des villas de luxe, des condos panoramiques et des golfs de classe mondiale. Le marché est clairement positionné mid-high et luxe, avec des rendements importants en saison haute malgré un taux d’occupation moyen autour de 44 %. La demande américaine et canadienne y est très forte, ce qui en fait un terrain privilégié pour des projets en préconstruction dans des communautés fermées avec services hôteliers.
Mazatlán, longtemps moins médiatisée, est en pleine montée. Plus de 1,5 million de visiteurs y ont été enregistrés récemment, portés notamment par son carnaval parmi les plus importants d’Amérique du Nord et par un programme d’infrastructures (corridor Mazatlán–Matamoros, modernisation de l’aéroport). Les prix de front de mer restent souvent plus abordables que dans d’autres villes balnéaires et les loyers ont progressé d’environ 20 % sur un an, ce qui attire des investisseurs en quête de rendement et de potentiel de plus-value.
Sur la côte d’Oaxaca, Puerto Escondido illustre le stade “émergent”. Encore bien plus abordable que Cancún ou Tulum, avec un afflux croissant de touristes (les visiteurs annuels sont passés d’environ 245 000 à plus de 367 000 en quelques années), cette ville-surf s’impose peu à peu dans les radars des étrangers, notamment des Américains.
Grandes métropoles et villes coloniales : le pilier long terme
Au-delà des plages, plusieurs marchés urbains offrent une combinaison intéressante de stabilité, rendement et liquidité.
Le PIB local de Mexico City, en milliards de dollars, en fait le moteur économique du Mexique.
Mérida, capitale du Yucatán, a fait une ascension spectaculaire. Ville coloniale réputée pour sa sécurité, son patrimoine et sa qualité de vie, elle accueille une communauté expatriée estimée à plus de 10 000 personnes et plus de 2 millions de touristes par an. Les prix y restent relativement abordables (environ 1 200 USD/m² en moyenne), mais l’appréciation est l’une des plus rapides du pays : certains quartiers au nord de la ville ont vu leurs prix quadrupler en dix ans, avec des hausses annuelles de 8 à 12 %. C’est une destination de choix pour les investisseurs qui visent la préconstruction résidentielle ou les rénovations de maisons coloniales.
San Miguel de Allende, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, incarne le marché premium pour retraités et artistes nord-américains. Environ 10 % de la population serait composée d’expatriés. La ville est très stricte sur la préservation de son centre historique, ce qui limite l’offre nouvelle et soutient les prix. Les perspectives sont à une appreciation stable et élevée, portée par la rareté des biens de caractère.
Querétaro, Guadalajara, Monterrey ou encore Puebla représentent quant à elles des pôles industriels, universitaires et technologiques qui bénéficient du nearshoring et d’une croissance démographique forte. Querétaro a vu ses prix bondir de plus de 11 % en un an, Guadalajara se positionne comme un “Silicon Valley mexicain” avec un marché locatif dynamique, et Monterrey profite de la relocalisation industrielle avec un prix moyen autour de 1 800 USD/m² et des rendements locatifs supérieurs à 6 %.
Comprendre le cadre légal : restricted zone, fideicomiso et notaire
Pour un étranger, la première question est souvent : a‑t‑on le droit d’acheter au Mexique ? La réponse est oui, mais avec des modalités spécifiques, surtout près des côtes et des frontières.
La Constitution mexicaine, via son article 27, définit une “zone restreinte” : une bande de 50 km le long des côtes et de 100 km le long des frontières internationales. Dans cette zone, un étranger ne peut pas détenir directement le titre de propriété à son nom pour un usage résidentiel. Mais il existe une solution éprouvée : le fideicomiso.
Le fideicomiso : la clé de l’achat en zone côtière
Un fideicomiso est un trust bancaire. Concrètement, une banque mexicaine détient le titre de propriété, mais vous êtes le bénéficiaire unique du trust. En tant que bénéficiaire, vous conservez le contrôle total du bien : vous pouvez y vivre, le louer, le revendre, l’hypothéquer, le léguer à vos héritiers, etc. Le trust est établi pour une durée initiale de 50 ans, renouvelable indéfiniment.
Détail des différents coûts à prendre en compte pour une gestion financière complète
Frais initiaux liés à l’obtention d’un bien, d’un service ou d’un client, incluant souvent le marketing et les ventes.
Dépenses courantes nécessaires au fonctionnement quotidien d’une activité ou d’un service.
Frais engagés pour maintenir un actif en bon état de fonctionnement et prévenir les pannes.
Dépenses indirectes ou imprévues qui ne sont pas immédiatement visibles dans un budget initial.
– des frais de mise en place, souvent entre 1 000 et 3 000 USD selon la banque et la complexité ;
– un permis du ministère des Affaires étrangères (SRE) d’environ 1 000 USD ;
– des frais annuels de gestion généralement compris entre 500 et 1 200 USD.
Du point de vue de l’investisseur étranger, ce mécanisme est largement utilisé et considéré comme sécurisé, tant que le processus est supervisé par un notaire public et un avocat.
Société mexicaine : une alternative pour des projets commerciaux
Autre option : créer une société mexicaine (par exemple une S. de R.L.). Elle peut être détenue à 100 % par des étrangers et acquérir directement des biens dans la zone restreinte, à condition qu’il s’agisse d’un usage non résidentiel (commercial, industriel, développement immobilier, location commerciale, etc.). C’est une structure adaptée pour un investisseur qui veut opérer plusieurs biens locatifs, développer un projet ou gérer un portefeuille.
Le choix de cette structure juridique implique des obligations comptables et fiscales plus lourdes, notamment la tenue de livres, des déclarations régulières et le strict respect du droit des sociétés.
Le rôle crucial du notario público
Au Mexique, le notaire n’est pas un simple officier ministériel comme en France ou une formalité finale comme dans certains pays anglo-saxons. C’est un avocat de haut niveau nommé par l’État, responsable de la légalité et de l’enregistrement final des transactions immobilières.
Aucune vente immobilière sérieuse ne se fait sans notario público. Il doit :
– vérifier le titre de propriété ;
– s’assurer de l’absence de charges, hypothèques ou litiges ;
– confirmer le paiement des taxes dues ;
– rédiger et formaliser l’escritura pública, l’acte authentique ;
– enregistrer la transaction au registre public de la propriété.
Pour un étranger, travailler avec un notaire indépendant (non imposé par le vendeur) et un avocat spécialisé dans les transactions avec non-résidents est la meilleure protection contre les risques de fraude, de problème de titre ou de mauvaises surprises fiscales.
Processus d’achat : étapes, délais et coûts cachés
Le processus d’achat est relativement standardisé, même si les pratiques locales peuvent varier d’un État à l’autre.
Après avoir identifié un bien et fait une offre, un contrat préliminaire (offre d’achat ou promesse de vente) est signé, généralement avec un dépôt de 5 à 10 % du prix, souvent placé sur un compte séquestre. Une phase de due diligence s’ouvre : recherche de titre, vérification des dettes, confirmation de l’usage des sols, contrôle que le terrain n’est pas ejido, etc. Ensuite vient la rédaction du contrat de compraventa, la mise en place éventuelle du fideicomiso, puis la signature de l’escritura devant notaire. La transaction est ensuite enregistrée au registre public.
Les délais habituels pour une transaction immobilière au Mexique sont de 6 à 10 semaines.
Côté budget, il faut intégrer des frais de clôture (closing costs) souvent compris entre 6 et 10 % du prix du bien, selon les États et la structure choisie. Ils incluent généralement :
Le pourcentage de la taxe d’acquisition (ISAI/ISABI) lors de l’achat d’un bien, pouvant être plus élevé dans certains États.
Une fois propriétaire, la taxe foncière (predial) reste généralement très faible comparée à l’Amérique du Nord ou l’Europe, souvent entre 0,05 et 0,3 % de la valeur cadastrale, elle-même inférieure à la valeur de marché. Dans la plupart des cas, les propriétaires paient entre 100 et 500 USD de predial par an, avec des remises possibles en cas de paiement anticipé ou pour certaines catégories comme les seniors.
À cela s’ajoutent les charges de copropriété (HOA), souvent de 100 à 500 USD par mois pour les résidences en copropriété, les frais de fideicomiso annuels, et les charges de fonctionnement (électricité, eau, déchets, internet).
Fiscalité : loyers, plus-values et doubles impositions
L’un des points les plus sensibles pour un investisseur est la fiscalité. Le Mexique applique plusieurs taxes sur les loyers et les plus-values, mais il existe aussi des conventions fiscales qui évitent la double imposition avec de nombreux pays (États-Unis, Canada, plusieurs pays européens).
Revenus locatifs
Les non-résidents sont imposés sur leurs revenus de source mexicaine. Pour les loyers, un non-résident sans représentation fiscale locale est soumis à une retenue de 25 % sur le montant brut, sans possibilité de déduire les charges. Pour ceux qui nomment un représentant et s’enregistrent auprès du fisc mexicain (SAT) avec un numéro RFC, une imposition au barème progressif sur le revenu net est possible, avec déduction de nombreuses charges (gestion, entretien, amortissements, etc.).
Dans certains États touristiques comme Quintana Roo, une taxe d’hébergement (ISH) pouvant atteindre 6 % peut s’ajouter au prix, souvent collectée automatiquement par des plateformes comme Airbnb. De plus, la TVA (IVA) de 16 % s’applique généralement aux locations meublées qui incluent des services tels que le ménage ou le changement de linge.
Du côté du pays de résidence fiscale de l’investisseur, les loyers mexicains doivent être déclarés. Les impôts payés au Mexique peuvent en général être imputés sous forme de crédit d’impôt étranger dans le cadre des conventions fiscales, ce qui évite un double prélèvement sur le même revenu.
Plus-values immobilières
Lors de la revente, un non-résident est en principe soumis à une retenue de 25 % sur le prix brut de cession. Une alternative consiste à opter pour une imposition sur la plus-value nette à un taux de 30–35 % (la base étant le prix de vente ou la valeur de marché, moins le coût d’acquisition ajusté, les investissements documentés et certains frais de transaction). Pour un résident fiscal mexicain, il existe une exonération partielle pour la résidence principale, sous conditions (inscription fiscale, usage effectif, taille du terrain, plafond en UDIs).
Les calculs de plus-value en Argentine s’effectuent toujours en pesos. Par conséquent, les fluctuations du taux de change peuvent créer un écart entre le gain en monnaie locale et le gain réel dans la devise d’origine de l’investisseur. Par exemple, si le peso s’apprécie entre le moment de l’achat et celui de la vente d’un actif, cela peut mécaniquement augmenter le montant de la plus-value calculée en pesos, même si la valeur intrinsèque de l’actif n’a pas changé.
Coûts à la revente
Au moment de la revente, le vendeur supporte également :
– les honoraires d’agence immobilière (environ 5 à 8 % du prix de vente, plus 16 % d’IVA sur la commission) ;
– les frais de notaire pour la préparation des actes ;
– les éventuels frais de cancellation du fideicomiso (souvent 1 000 à 1 500 USD) ;
– la taxe de plus-value, qui est généralement prélevée directement par le notaire et reversée au Trésor mexicain.
Là encore, le revenu net et la plus-value doivent être déclarés dans le pays de résidence fiscale de l’investisseur.
Financement : un marché encore largement cash, mais des options
La grande majorité des achats d’étrangers au Mexique se fait comptant. Les estimations évoquent plus de 90 % des transactions résidentielles sans recours à un prêt local, et jusqu’à 99 % pour les étrangers. Mais progressivement, des formules de financement se développent.
Les banques mexicaines (BBVA, Santander, Banorte, HSBC, etc.) proposent des prêts hypothécaires, mais ils restent plus facilement accessibles aux résidents permanents mexicains qu’aux non-résidents. Pour un étranger, les conditions sont souvent plus strictes : apport de 30 à 40 %, taux d’intérêt autour de 9 à 12 % en pesos, exigences de solvabilité élevés, durée de 15 à 25 ans. De plus, ces prêts visent plutôt des biens existants bien titrés que des préconstructions.
Montant minimum en dollars des crédits proposés par les prêteurs spécialisés aux Américains et Canadiens pour des investissements au Mexique.
De nombreux investisseurs choisissent une autre voie : utiliser la valeur de leur résidence principale dans leur pays (crédit hypothécaire, refinancement, HELOC) pour devenir acheteurs “cash” au Mexique, ce qui simplifie la transaction et peut améliorer la capacité de négociation.
Les promoteurs jouent aussi un rôle : dans les projets en préconstruction, des plans de paiement étalés sont fréquents (par exemple 30 % comptant, 40 % pendant la construction, 30 % à la livraison ; ou 50/30/20). Les durées sont plus courtes qu’un crédit bancaire (souvent 12 à 24 mois pour la construction), avec des taux plus élevés que dans les pays développés, mais une documentation plus légère.
Préconstruction : stratégie rentable, à manier avec discernement
Investir sur plan ou en préconstruction est l’un des leviers les plus puissants pour générer de fortes plus-values au Mexique. Acheter tôt, dans un quartier bien identifié pour sa croissance, permet de profiter de prix de lancement inférieurs et de la revalorisation progressive à mesure que le projet avance et que la zone se développe.
Des villes comme Tulum, Mérida, Puerto Vallarta, Los Cabos ou Querétaro sont considérées comme des terrains de jeu majeurs pour ce type d’opérations. Les critères clés d’un bon investissement en préconstruction incluent :
Pour identifier un marché porteur, privilégiez les zones présentant : une croissance démographique ou touristique soutenue, un déficit d’offre de logements immédiatement habitables, des infrastructures en développement (réseaux routiers, aéroports, services), un historique de plus-values constatées sur les 5 à 10 dernières années, et la présence de promoteurs immobiliers reconnus et fiables.
Le revers de la médaille, c’est le risque. De nombreux scandales ont éclaté dans des zones comme Tulum ou Playa del Carmen : développeurs disparaissant avec les acomptes, permis de construire incomplets, constructions sur terres ejido, non-respect des règles environnementales. La clé, là encore, est la due diligence : vérifier la réputation du promoteur, exiger des preuves de propriété claire, consulter un avocat indépendant, contrôler les permis et la conformité au plan d’urbanisme.
Risques et pièges : ce qu’il faut absolument éviter
Investir dans l’immobilier au Mexique peut offrir des rendements élevés, mais le pays n’est pas sans risques. C’est même, pour certains analystes, un marché à rendement potentiellement très attractif (8 à 12 % annuels) mais classé “à risque élevé” comparé à des pays comme le Portugal ou l’Espagne.
Les principaux dangers identifiés sont :
– Les terres ejido : plus de la moitié du territoire mexicain est concerné par ce régime de propriété communautaire. Ces terres ne peuvent pas être vendues directement à des étrangers. Tout achat réalisé sans procédure de privatisation complète (et correctement enregistrée) expose l’acquéreur à une perte totale du bien sans recours.
Le système de registre est déclaratif et ne garantit pas automatiquement un titre de propriété absolu. Il existe des risques que des vendeurs cèdent des biens qu’ils ne possèdent pas légalement ou qui font l’objet de litiges.
– Les constructions irrégulières : certains biens ont été construits sans permis adéquats, en dehors des règles de zonage, voire dans des zones fédérales protégées (comme les 20 premiers mètres de littoral). Cela peut entraîner des refus de raccordement aux réseaux, voire des ordres de démolition.
– Les préconstructions risquées : le secteur de la prévente attire des opérateurs peu scrupuleux, notamment dans les spots touristiques en plein boom. Sans historique et sans garanties solides, ils peuvent laisser des acheteurs avec un chantier inachevé.
Un litige immobilier peut durer jusqu’à 5 ans, voire plus, immobilisant ainsi le capital.
– Le risque politique et social : dans certaines zones, la hausse des prix et la gentrification alimentent un sentiment anti-étranger, potentiellement source de tension. Cela ne signifie pas qu’il faille fuir, mais qu’il convient d’évaluer le contexte local.
Le meilleur rempart contre ces risques reste la préparation : travailler avec des professionnels fiables (avocat, notaire, agence sérieuse), éviter les “bonnes affaires” sans cohérence, refuser de signer des documents non traduits et ne jamais sous-déclarer la valeur dans les actes (même si cela est parfois suggéré pour “économiser des impôts”). En cas de litige, seul le prix déclaré fait foi.
Marché des locations de courte durée : opportunités et régulation croissante
La montée d’Airbnb et autres plateformes a transformé le paysage locatif mexicain. Dans les destinations touristiques majeures comme Cancún, Tulum, Playa del Carmen, Mexico City ou Puerto Vallarta, les locations saisonnières représentent une part importante du stock d’hébergements.
Les chiffres sont parlants : taux d’occupation pouvant atteindre 70 à 90 % dans certains quartiers, tarifs journaliers élevés, et rendements pouvant grimper jusqu’à 15 % brut pour des villas ou condos haut de gamme très bien gérés. De nombreux investisseurs ont bâti des stratégies entièrement orientées vers ce segment.
La ville de Mexico a réformé sa loi sur le tourisme pour mieux encadrer les locations de courte durée. Les hébergements touristiques et les plateformes doivent désormais s’enregistrer, respecter des règles de sécurité, de voisinage et de fiscalité. Des limitations sur le nombre de nuits de location par an pour certains biens sont envisagées. Les plateformes peuvent être tenues coresponsables du paiement des taxes d’hébergement.
Dans les zones balnéaires, on voit aussi arriver des exigences de licences, des taxes additionnelles et, parfois, des quotas de jours louables.
Pour l’investisseur, cela signifie que la phase du “Far West” des locations de courte durée touche à sa fin. Les projets les plus solides sont ceux qui intègrent dès le départ une gestion professionnelle, une conformité totale aux règles locales et une vision long terme qui ne repose pas uniquement sur une réglementation laxiste.
Immobilier durable : une tendance de fond à ne pas sous-estimer
Un autre mouvement majeur dans l’immobilier mexicain est la montée en puissance du “vert” : projets écologiques, certifications environnementales (LEED, EDGE, WELL, etc.), quartiers durables, énergies renouvelables. Le pays compte déjà plus de 9 millions de m² certifiés EDGE, ce qui le place parmi les leaders mondiaux, et des promoteurs comme Vinte, Vesta ou Fibra UNO multiplient les projets certifiés.
Prime de loyer moyenne dont bénéficient les bâtiments verts selon les études internationales.
Pour un investisseur particulier, miser sur un projet durable n’est pas seulement une affaire de conscience écologique. C’est aussi un pari rationnel sur la capacité du bien à rester désirable, à réduire ses coûts d’exploitation (énergie, eau) et à se distinguer dans un marché saturé. Dans des sites fragiles comme Tulum ou Bacalar, les projets qui démontrent un respect réel de l’environnement (préservation de la végétation, gestion de l’eau, matériaux locaux, énergie solaire) ont une meilleure légitimité à long terme.
Pour qui cela fait sens… et pour qui non
Investir dans l’immobilier au Mexique a du sens pour plusieurs profils :
L’immobilier mexicain attire principalement quatre profils d’investisseurs : les personnes souhaitant diversifier leur patrimoine à l’étranger avec un actif tangible ; les investisseurs recherchant des revenus locatifs, notamment via des biens de vacances dans des destinations très fréquentées ; les futurs retraités qui envisagent de s’installer ou de séjourner plusieurs mois par an sur place, tout en générant des loyers le reste du temps ; et les acheteurs sur le long terme qui misent sur la plus-value des terrains et le développement de villes en croissance comme Mérida, Querétaro ou certains secteurs de la Riviera Maya.
En revanche, ce n’est pas idéal pour ceux qui ont besoin d’une liquidité très rapide (la revente, même dans un bon marché, prend du temps), ou qui ne souhaitent absolument pas gérer – même via un prestataire – les aspects de maintenance, fiscalité, et administration à l’étranger.
Conclusion : investir au Mexique, oui, mais avec méthode
Le Mexique offre aujourd’hui un mélange rare de croissance, de rendement, d’accessibilité et de diversité de marchés. Entre les plages caribéennes de la Riviera Maya, les baies pacifiques de Los Cabos ou Mazatlán, les ruelles coloniales de Mérida ou San Miguel de Allende, et les métropoles comme Mexico City ou Monterrey, le spectre des stratégies possibles est large.
L’attractivité du marché immobilier mexicain s’accompagne de règles strictes : achat en zone restreinte via un fideicomiso, rôle central du notario público, vérification impérative des titres de propriété et de la nature des terres (éviter les ejidos non privatisés), obtention des permis de construire et respect du cadre fiscal. Dans un contexte de régulation accrue des locations saisonnières, l’improvisation est à proscrire.
Investir dans l’immobilier au Mexique peut être extrêmement rentable pour celui qui accepte d’aborder ce marché comme un projet professionnel : s’informer en profondeur, s’entourer de spécialistes locaux (avocat, notaire, agence expérimentée, conseiller fiscal), comparer les villes et les micro-marchés, intégrer d’emblée la fiscalité et les coûts cachés dans ses projections, et adopter une vision long terme.
En procédant ainsi, il est possible de transformer une simple envie de maison au soleil en un actif solide, générateur de revenus, adossé à une économie en mutation et à un pays qui, malgré ses complexités, continue d’attirer des centaines de milliers d’étrangers désireux d’y vivre, d’y travailler… ou d’y investir.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Mexique pour rechercher du rendement locatif et une exposition au peso mexicain. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Riviera Maya, région de Mexico, Bajío), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison dans une ville touristique ou en forte croissance comme Cancún, Playa del Carmen ou Querétaro, combinant un rendement locatif brut cible proche de 10 % – plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, notario, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société mexicaine / fideicomiso en zone côtière) et définition d’un plan de diversification dans le temps.
Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de bénéficier des opportunités du marché immobilier mexicain tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.
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