Les avantages fiscaux pour les investisseurs immobiliers en Bolivie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

La fiscalité est souvent le facteur qui fait basculer un projet immobilier de « bonne idée » à « véritable opportunité ». Dans le cas de la Bolivie, le cadre fiscal réserve plusieurs atouts pour les investisseurs – locaux comme étrangers – à condition de bien comprendre comment les principaux impôts s’articulent entre eux et quelles niches peuvent être exploitées dans une stratégie patrimoniale ou d’investissement locatif.

Bon à savoir :

La Bolivie applique un système d’imposition territorial, avec une fiscalité modérée sur les loyers perçus par les non-résidents et un traitement relativement léger des plus-values. Le pays propose également divers dispositifs d’incitation à l’investissement productif, pouvant bénéficier, directement ou indirectement, aux projets immobiliers. Pour en tirer pleinement parti, l’investisseur doit structurer avec soin son acquisition et l’usage futur de son bien.

Un cadre fiscal territorial propice aux stratégies internationales

Le premier pilier à comprendre est le principe même du système fiscal bolivien : la Bolivie applique un régime territorial. Concrètement, seule la richesse dont la source se trouve sur le territoire bolivien est imposable localement. Les revenus tirés d’investissements à l’étranger – loyers, intérêts, dividendes, plus‑values – ne sont en principe pas taxés en Bolivie, même pour un résident.

Astuce :

Pour un investisseur international s’installant en Bolivie, le système fiscal local permet de ne taxer que les revenus générés dans le pays, sans imposer le reste du patrimoine détenu à l’étranger. Pour un non-résident, la Bolivie n’impose que les gains liés à l’immobilier local, évitant ainsi une double imposition sur les autres revenus mondiaux.

Ce principe territorial est d’autant plus intéressant que la Bolivie ne dispose pas, à ce jour, ni de règles CFC (Controlled Foreign Corporation), ni de convention de type FATCA, ni d’accords d’échange automatique d’informations façon CRS. Le pays s’est toutefois engagé dans la voie de la transparence en rejoignant le Forum mondial de l’OCDE, ce qui signifie que le contexte peut évoluer, mais aujourd’hui, le contrôle se concentre avant tout sur les revenus boliviens et sur la lutte contre le blanchiment.

L’impôt sur les loyers : un régime particulièrement attractif pour les non‑résidents

Pour les investisseurs immobiliers, la fiscalité des loyers est un point clé. En Bolivie, le traitement réservé aux non‑résidents est l’un des aspects les plus favorables du système.

Le principe est simple : la loi présume que la moitié du loyer brut correspond à des charges. La base imposable est donc fixée à 50 % du montant encaissé, sans que le propriétaire ait besoin de détailler ses dépenses réelles. Cette base est ensuite imposée au taux de l’impôt sur les bénéfices applicable aux sociétés, soit 25 %.

Autrement dit, le taux effectif sur le loyer brut est de 12,5 % pour un non‑résident, retenu à la source par le locataire. Le mécanisme se présente ainsi :

ÉlémentValeur / principe
Loyer brut encaissé100 %
Revenu net présumé50 % du loyer brut
Taux d’imposition appliqué25 % (taux « société » pour non‑résident)
Taux effectif sur loyer brut12,5 %
Mode de paiementRetenue à la source par le locataire (impôt final)

Cette structure offre deux avantages immédiats pour l’investisseur étranger. D’abord, le taux effectif de 12,5 % sur le brut est modéré au regard de nombreux marchés émergents où les loyers sont davantage ponctionnés. Ensuite, la présomption de charges à 50 % évite une comptabilité lourde : même si, dans les faits, les dépenses d’entretien, de gestion, d’assurance sont inférieures à ce niveau, l’investisseur reste imposé comme si elles étaient élevées.

Attention :

La retenue à la source pour le non-résident est un impôt définitif. Elle évite une régularisation fiscale annuelle complexe : le locataire reverse directement l’impôt aux autorités et le propriétaire perçoit le solde. Cette simplicité administrative est un atout majeur pour la gestion à distance d’un patrimoine immobilier.

L’impact de la TVA et de la taxe sur les transactions sur les loyers

Les revenus locatifs ne sont pas uniquement concernés par l’impôt sur le revenu. En Bolivie, la location d’immeubles est soumise à la TVA (IVA) au taux de 13 %, et à la taxe sur les transactions (Impuesto a las Transacciones – IT) au taux de 3 %.

Bon à savoir :

Pour les loyers, la TVA ne s’applique pas sur le montant brut mais sur une base nette présumée à 50 % du loyer. En revanche, la taxe sur les transactions s’applique directement sur le montant brut encaissé.

Impôt / taxeBase de calculTaux nominalTaux effectif sur loyer brut
Impôt sur revenu des non‑résidents50 % du loyer brut25 %12,5 %
TVA (IVA) sur la location50 % du loyer brut13 %6,5 %
Taxe sur les transactions (IT)100 % du loyer brut3 %3 %

Dans la pratique, des guides fiscaux locaux estiment qu’environ 16 % du loyer mensuel part en TVA et IT combinées. L’impact final dépend de la manière dont les contrats de location sont rédigés : certains bailleurs répercutent tout ou partie de ces taxes sur les locataires, via une majoration du loyer ou des clauses spécifiques. D’un point de vue économique, l’investisseur doit intégrer cette couche fiscale additionnelle dans son calcul de rendement net, tout en gardant en tête que l’impôt sur le revenu n’ajoute « que » 12,5 % sur le brut pour un non‑résident.

Plus‑values immobilières : un traitement relativement doux

Autre volet important pour tout investisseur : la sortie. En Bolivie, la fiscalité applicable aux plus‑values réalisées par les non‑résidents lors de la revente d’un bien immobilier reproduit quasiment le schéma des loyers.

Là encore, le gain imposable est présumé égal à 50 % de la plus‑value brute. Cette base est taxée au taux de 25 %, soit un taux effectif de 12,5 % sur la plus‑value brute. Cela signifie que, pour un investisseur étranger, le surcroît de valeur réalisé au moment de la cession est globalement imposé à hauteur de 12,5 %, sans distinction entre détention longue ou courte.

Bon à savoir :

Pour les résidents personnes physiques, il n’existe pas d’impôt spécifique sur les plus-values. Les gains peuvent être intégrés au revenu imposable et taxés au taux de 13% s’ils sont de source bolivienne. Cependant, en pratique, les plus-values privées ne sont pas systématiquement imposées, ce qui renforce l’attrait d’une détention à titre personnel, sous réserve d’une structuration appropriée.

Pour les sociétés boliviennes, en revanche, la plus‑value est un élément de résultat ordinaire, soumis au taux standard de l’impôt sur les bénéfices (IUE) de 25 %. C’est l’un des éléments à prendre en compte lorsqu’on arbitre entre détention en nom propre et détention via une société, notamment si le projet consiste à acheter pour revendre régulièrement.

L’impôt foncier : charge maîtrisable et possibilités d’optimisation

La détention d’un bien immobilier en Bolivie déclenche un impôt annuel sur la propriété, appelé IPBI (Impuesto sobre Bienes Inmuebles ou Real Estate Property Tax). Cet impôt est municipal : chaque ville définit les bandes de valeurs cadastrales et les taux applicables. Dans l’ensemble, la charge reste modérée.

Les ordres de grandeur, selon les territoires et les sources, sont les suivants :

Type de bienBase de calculFourchette de taux courants
Propriété urbaineValeur cadastraleEnviron 0,4 % à 1,1 % (parfois jusqu’à 1,5 %)
Propriété ruraleValeur cadastraleEnviron 0,3 % à 0,9 %
Estimation alternativeValeur de marchéDans certains cas, 0,01 % à 0,1 %

La variabilité s’explique par la méthode de valorisation municipale et par les bandes de valeur. Dans certaines villes, des remises importantes – de l’ordre de 20 à 30 % – sont offertes aux propriétaires qui règlent leur impôt en début d’année, tandis que les retardataires s’exposent à des pénalités. La simple discipline de payer tôt se transforme donc en avantage fiscal direct.

Bon à savoir :

Bien que le propriétaire reste le redevable légal de l’IPBI, il est possible d’intégrer une clause contractuelle dans certains baux (notamment commerciaux ou industriels) prévoyant le remboursement de cet impôt par le locataire. Cette structuration permet au bailleur de préserver son rendement net.

Dans certains dispositifs d’incitation régionale, l’impôt foncier lui‑même peut être exonéré pour des constructions neuves affectées à des activités productives ou touristiques, comme on le verra plus loin.

Coût d’acquisition : taxation raisonnable et visibilité sur les frais

À l’achat, l’investisseur immobilier en Bolivie est soumis à un impôt de mutation appelé ITP ou IMT, taxé à 3 % de la valeur du bien. Ce prélèvement est généralement à la charge de l’acquéreur et doit être réglé dans les dix jours suivant la signature de la minute de contrat de vente. Il s’agit d’un impôt municipal, dont le produit revient à la ville où se situe l’immeuble.

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Les coûts de transaction pour l’achat d’un bien immobilier au Panama peuvent atteindre jusqu’à 5 % du prix d’achat.

Le panorama des coûts à l’acquisition peut être synthétisé ainsi :

Poste de dépenseOrdre de grandeur / règle
Impôt de transfert (ITP / IMT)3 % de la valeur du bien
Honoraires de notaireEnviron 0,5 % à 1 % du prix
Droits de registre foncierEnviron 0,5 % à 1 %
Honoraires juridiques diversVariable selon complexité
Coût total d’acquisitionEnviron 4 % à 5 % du prix (hors financement)

Ce niveau de frais, relativement contenu par rapport à d’autres marchés, améliore mécaniquement le rendement global de l’investissement, en particulier pour les stratégies à moyenne durée de détention où les coûts d’entrée sortent du calcul économique plus rapidement.

Dépréciation et amortissement : un avantage pour l’investissement via société

Si l’on choisit d’investir via une société bolivienne – SRL ou autre – la fiscalité des actifs immobiliers obéit à des règles précises de dépréciation qui, bien utilisées, peuvent alléger fortement la base imposable à l’impôt sur les bénéfices (IUE).

Les actifs immobiliers affectés à l’activité (par exemple : immeuble de bureaux loué par une société, hôtel, entrepôt) sont amortissables en ligne droite selon des durées fixées par un décret fiscal. Pour les bâtiments, la durée d’usage fiscale est de 40 ans, soit un taux d’amortissement annuel de 2,5 %. Certains actifs liés au bâtiment (silos, entrepôts, logements de personnel) sont amortis sur 20 ans à 5 % par an.

Bon à savoir :

La base de calcul de l’amortissement inclut le prix d’achat, les frais d’installation et les dépenses annexes. Le premier amortissement est compté pour le mois complet de la mise en service du bien. Il est important de noter que les réévaluations techniques, qui augmentent la valeur du bien, ne sont pas admises fiscalement et ne peuvent donc pas servir à augmenter la base amortissable.

Ce mécanisme permet, pour une société patrimoniale, de faire « descendre » dans les charges une partie significative du coût de l’immeuble, venant réduire le bénéfice imposable au taux de 25 %. Dans le cas d’un projet générant des recettes locatives régulières, l’amortissement peut neutraliser une partie de l’impôt, surtout au démarrage.

Les autres catégories d’actifs utiles à un projet immobilier (mobilier, équipements, véhicules de service, informatique) disposent aussi de taux d’amortissement fiscal officiels, souvent plus rapides, ce qui permet de lisser le coût d’investissement sur des durées courte à moyenne.

Structuration des charges et déductions : optimiser la base imposable

Pour les investisseurs qui logent leurs biens immobiliers dans une société, la Bolivie offre un cadre de déductibilité relativement classique, mais avec plusieurs subtilités qui peuvent se transformer en avantage lorsqu’elles sont maîtrisées.

Attention :

Pour être déductibles de l’impôt sur les bénéfices en Bolivie, les dépenses doivent être nécessaires à la génération de revenus locaux et dûment documentées. Pour tout montant égal ou supérieur à 50 000 bolivianos, la loi exige un paiement traçable via un établissement financier supervisé par l’ASFI. Le non-respect de cette règle entraîne la non-déductibilité de la dépense et l’impossibilité de récupérer la TVA correspondante, ce qui constitue un enjeu fiscal concret pour l’investisseur.

Les frais d’entretien et de réparations sont déductibles tant qu’ils ne dépassent pas 20 % de la valeur de l’actif. Au‑delà, l’administration les considère comme des améliorations (qui prolongent la durée de vie de l’actif) et impose de les capitaliser, pour les amortir sur la durée restante de l’immeuble. Cette règle évite les abus mais permet, dans des limites raisonnables, de passer en charges de nombreux travaux.

Bon à savoir :

Plusieurs éléments sont déductibles du bénéfice imposable : les provisions pour indemnités de licenciement et pour créances douteuses (selon une méthode encadrée), ainsi que certains frais de démarrage (déductibles immédiatement ou amortissables sur 4 ans, limités à 10 % du capital libéré). Les taxes autres que l’impôt sur les bénéfices et la taxe sur les transactions financières, comme l’impôt foncier ou la taxe sur les transactions liée à la location ou la vente, sont également déductibles.

À l’inverse, les amendes, les pénalités fiscales (hors intérêts et ajustement inflationniste), les dépenses personnelles des associés, les retraits privés et les charges non prévues par la loi ne sont pas déductibles. Cette frontière claire entre dépenses d’entreprise et dépenses privées incite à bien séparer comptes professionnels et patrimoine personnel.

Portage via société ou en direct : arbitrer en fonction de sa stratégie

La question de la structuration – détenir les biens en direct en tant que personne physique ou via une société – se pose de façon récurrente en Bolivie, comme ailleurs. Fiscalement, les deux options ont chacune leurs atouts.

Pour un non‑résident qui souhaite simplement percevoir des loyers sur un ou deux biens, la détention directe est souvent la plus simple : l’impôt de 12,5 % sur les loyers bruts est prélevé à la source, sans besoin de comptabilité sophistiquée, et la plus‑value à la revente est taxée au même taux effectif. Dans cette configuration, l’administration considère l’investisseur comme un bénéficiaire de revenus de source bolivienne sans lui demander de structurer une présence permanente.

Bon à savoir :

Pour les projets d’envergure (parc immobilier diversifié, hôtels, résidences touristiques, locaux industriels), créer une société en Bolivie offre des avantages fiscaux et opérationnels. Cela permet d’utiliser pleinement les amortissements, déductions de charges, reports de déficits (jusqu’à 3 ans, voire 5 pour certains projets), et d’accéder aux régimes incitatifs. Cette structure facilite également l’entrée de nouveaux associés, la transmission de parts et l’obtention de financement bancaire.

Le coût et la lourdeur de création d’une société restent raisonnables : la constitution d’une SRL, forme souvent choisie pour l’immobilier, coûte de l’ordre de 1 000 à 2 000 USD et se réalise en une vingtaine de jours ouvrés selon les procédures récentes de simplification.

Incitations régionales : quand l’immobilier croise l’investissement productif

L’un des volets les plus méconnus, mais potentiellement les plus puissants pour certains projets immobiliers en Bolivie, tient aux régimes d’incitation régionale ou sectorielle. Bien que la Bolivie n’offre pas d’avantages fiscaux spécialement conçus pour les simples acheteurs étrangers de logements, plusieurs dispositifs visent à attirer des investissements productifs – et l’immobilier peut en être le socle.

El Alto : exonérations d’impôts et allègements fonciers

La municipalité d’El Alto, ville stratégique du département de La Paz, prévoit un ensemble d’avantages pour les nouveaux investissements (hors commerce et services purs) qui sont approuvés par les autorités locales et maintiennent leurs actifs sur place jusqu’à vingt ans.

Exemple :

À El Alto, les nouvelles constructions destinées à des activités industrielles ou hôtelières bénéficient d’une exonération de l’impôt foncier (IPBI) pour une durée allant jusqu’à trois ans. Cette mesure est conditionnée au démarrage de l’activité dans l’année. Par exemple, un investisseur construisant un hôtel, un entrepôt ou une unité de production peut ainsi éviter le paiement de cet impôt pendant plusieurs années, tout en bénéficiant de la plus-value du bien immobilier.

S’ajoutent à cela des exonérations de droits de douane et de TVA sur l’importation de machines non produites localement pendant deux ans, un paiement unique de 3 % via la zone franche ZOFRACENTRO pour certains intrants, ainsi qu’une exonération d’impôt sur les bénéfices (IUE) pouvant aller jusqu’à dix ans, sous réserve de réinvestir les montants exonérés dans de nouveaux équipements ou dans la création d’emplois. Pour un projet immobilier industriel ou hôtelier, ce mélange d’allègement d’impôt foncier et d’exonération de bénéfices peut transformer radicalement la rentabilité.

Oruro et Potosí : soutien massif aux nouvelles industries

Les départements d’Oruro et de Potosí, historiquement marqués par l’industrie minière, offrent eux aussi un package d’incitations destiné aux nouveaux investissements manufacturiers. Là encore, l’immobilier est au cœur du dispositif, avec une exonération d’impôt foncier sur les constructions liées à l’activité pendant une période pouvant atteindre trois ans à compter du lancement de la production.

Avantages Fiscaux et Douaniers

Mesures incitatives pour les investissements industriels, incluant des exonérations sur une période déterminée.

Exonération Douanière

Exonération de droits de douane et de TVA sur les machines importées pour l’installation industrielle jusqu’au démarrage.

Exonération sur les Intrants

Exonération de droits sur les intrants importés pendant une période de dix ans.

Suppression de la Taxe sur les Transactions

Suppression de la taxe sur les transactions (IT) pendant une décennie.

Exonération d’Impôt sur les Bénéfices

Exonération d’impôt sur les bénéfices (IUE) pendant dix ans, sous condition de réinvestissement dans les immobilisations.

Pour un investisseur immobilier capable de s’associer à un exploitant industriel, ou qui développe lui‑même une activité de transformation, cette combinaison peut gommer une bonne partie de la fiscalité classique et offrir une fenêtre de dix ans de quasi‑neutralité fiscale sur les résultats.

Incitations générales à la réinvestition et à l’investissement productif

Au‑delà des programmes régionaux, la Bolivie a mis en place des mesures fiscales visant à encourager le réinvestissement des profits dans l’économie locale. Celles‑ci ne sont pas spécifiques à l’immobilier, mais un véhicule qui détient des biens immobiliers et d’autres actifs peut en bénéficier.

La loi 1613 prévoit un système de réduction des retenues à la source sur les dividendes et bénéfices rapatriés à l’étranger à condition que ces montants soient réinvestis en Bolivie. Plus la part réinvestie est importante, plus le taux de retenue est faible :

Part de bénéfice réinvestie en BolivieTaux de retenue à la source (dividendes)
75 % ou plus3,125 %
De 50 % à 74,99 %6,25 %
De 25 % à 49,99 %11,25 %
Moins de 25 % (régime général)12,5 %

Pour un investisseur immobilier qui utilise une société bolivienne, ce mécanisme permet de limiter le coût fiscal de la remontée de dividendes à condition de réinjecter une partie significative des profits dans de nouveaux projets, qu’il s’agisse de constructions, de rénovations ou d’acquisition de nouveaux biens.

Astuce :

Des dispositifs temporaires permettent, sur une période donnée, de pratiquer une dépréciation accélérée des immobilisations acquises, en divisant par deux la durée d’amortissement fiscale. Les entreprises investissant dans des machines et équipements entre des dates prédéfinies peuvent ainsi augmenter les charges d’amortissement sur les premières années, réduisant d’autant l’impôt sur les bénéfices. Bien que les extracteurs miniers et hydrocarbures soient exclus, certains projets immobiliers intégrant des activités productives ou touristiques peuvent en bénéficier.

Rôle des conventions fiscales et absence de crédit d’impôt étranger

La Bolivie a conclu des conventions fiscales avec plusieurs pays, dont l’Argentine, la France, l’Allemagne, l’Espagne, la Suède, le Royaume‑Uni et les membres de la Communauté andine (Colombie, Équateur, Pérou). Ces accords, en matière de revenus immobiliers, confirment en général le principe classique selon lequel les revenus tirés de biens immobiliers sont imposables dans l’État où ces biens sont situés.

Bon à savoir :

Pour un investisseur résidant dans un pays ayant une convention fiscale avec la Bolivie, les loyers et plus-values réalisés en Bolivie sont d’abord imposés localement selon les règles boliviennes. L’investisseur doit ensuite déclarer ces revenus dans son pays de résidence, mais peut généralement éviter une double imposition grâce aux mécanismes prévus par la convention (comme un crédit d’impôt ou une exemption).

Point important : la législation bolivienne ne prévoit pas, elle‑même, de crédit d’impôt pour des taxes payées à l’étranger. Pour les investisseurs qui résident en Bolivie et conservent des biens immobiliers hors du pays, la double imposition ne se pose, en principe, pas puisqu’un revenu de source étrangère n’est pas taxé localement. En revanche, pour un résident d’un autre pays qui investit en Bolivie, l’efficacité de l’investissement dépendra aussi du régime fiscal de son pays et de l’existence (ou non) d’une convention avec la Bolivie.

La question de l’Impôt sur les Grandes Fortunes pour les gros patrimoines

Au‑delà d’un certain niveau de richesse, l’investisseur immobilier doit intégrer un impôt spécifique : l’Impôt sur les Grandes Fortunes (IGF). Ce prélèvement concerne les personnes physiques – résidentes ou non – dont le patrimoine net dépasse 30 millions de bolivianos. Les taux sont progressifs, allant de 1,4 % à 2,4 % selon la tranche de fortune.

Bon à savoir :

Pour les résidents boliviens, l’impôt sur la fortune (IGF) s’applique à l’ensemble de leurs biens, nationaux et internationaux. Pour les non-résidents, seuls les actifs situés en Bolivie sont concernés. L’impôt ne devient effectif qu’au-delà d’un seuil élevé, équivalent à plusieurs millions de dollars de patrimoine net. Pour les investisseurs institutionnels ou les particuliers fortunés détenant un portefeuille immobilier important dans le pays, l’IGF est un paramètre fiscal structurant, pouvant influencer les décisions de diversification géographique ou de détention via des entités spécifiques.

Risques, contraintes et bonnes pratiques

Si la Bolivie offre de réels avantages fiscaux pour les investisseurs immobiliers – surtout non‑résidents –, le tableau ne serait pas complet sans évoquer les contraintes et risques à prendre en compte.

Le cadre réglementaire impose une transparence accrue sur les transactions, avec une unité de renseignement financier (UIF) chargée de surveiller le blanchiment. Les notaires, les banques et même certaines entreprises non financières ont l’obligation de signaler les opérations suspectes, notamment dans l’immobilier. Pour l’investisseur sérieux, ce n’est pas un obstacle, mais cela signifie qu’il faut accepter de jouer le jeu de la traçabilité (origine des fonds, identité du bénéficiaire effectif, etc.).

Bon à savoir :

Le registre foncier est public, limitant la confidentialité des propriétaires. Bien que des montages via sociétés puissent offrir une certaine discrétion, l’administration peut identifier les bénéficiaires effectifs dans le cadre de la lutte anti-blanchiment.

À cela s’ajoutent des éléments plus macro : volatilité politique et économique, système judiciaire parfois lent et imprévisible, risque de changement de règles fiscales, notamment à mesure que la Bolivie renforce ses engagements internationaux en matière de transparence. Ces éléments ne remettent pas en cause les avantages actuels, mais plaident pour une approche prudente, bien conseillée et flexible.

Conclusion : transformer un cadre « neutre » en véritable avantage

En apparence, la Bolivie n’a pas créé de régime de faveur spectaculaire destiné spécifiquement aux acheteurs immobiliers étrangers. Il n’existe ni passeport doré, ni exonération massive pour les simples acquisitions de logement. Pourtant, si l’on regarde finement, plusieurs éléments transforment le pays en terre fertile pour des investissements immobiliers bien structurés :

Bon à savoir :

Pour les investisseurs non-résidents, l’imposition des loyers est de 12,5 % du brut, avec retenue à la source. Les plus-values sont aussi taxées à environ 12,5 %. L’impôt foncier est raisonnable, avec des réductions pour paiement anticipé. Les frais de transaction à l’acquisition sont d’environ 4 % à 5 %. Via une société, l’amortissement et la déduction des charges réduisent fortement la base imposable. Des régimes régionaux (El Alto, Oruro, Potosí) peuvent offrir des exonérations fiscales de longue durée pour certains projets. Le système territorial évite la double imposition : les résidents ne sont pas taxés sur les revenus immobiliers à l’étranger, et les non-résidents uniquement sur leurs revenus boliviens.

L’investisseur qui souhaite profiter pleinement de ces avantages doit, en contrepartie, accepter le formalisme local (facturation, paiements via banques, déclarations) et composer avec un environnement réglementaire en évolution. En combinant ces paramètres avec une bonne connaissance des marchés locaux – La Paz, Santa Cruz, Cochabamba, Tarija ou encore les villes industrielles – il est possible de bâtir une stratégie immobilière en Bolivie qui ne soit pas seulement rentable en brut, mais optimisée en net après impôts.

Bon à savoir :

Dans un contexte mondial de fiscalité immobilière souvent lourde, le système bolivien, notamment pour les non-résidents, présente une alternative intéressante. Le marché, encore peu saturé, offre un fort potentiel de croissance pour les investisseurs prêts à s’y implanter.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Bolivie pour chercher du rendement locatif et une exposition au boliviano. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (La Paz, Santa Cruz de la Sierra, Cochabamba), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel ou un petit ensemble de logements dans un quartier en développement de Santa Cruz, combinant un rendement locatif brut cible de 10 %plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un fort potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.

Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de bénéficier des opportunités du marché bolivien tout en maîtrisant les risques (juridiques, fiscaux, locatifs) et en intégrant cet actif dans une stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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