Guide pour acheter une propriété en bord de mer en Bolivie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter une propriété en bord de mer en Bolivie… l’idée fait rêver. Plage de sable fin, coucher de soleil sur l’océan Pacifique, cocktails sous les palmiers. Il y a toutefois un détail majeur : la Bolivie est un pays enclavé, sans accès à la mer. Juridiquement, géographiquement et économiquement, il n’existe pas de « bord de mer » au sens d’un littoral océanique en Bolivie.

Bon à savoir :

Malgré l’absence de littoral maritime, la Bolivie offre plusieurs options pour des propriétés proches de l’eau : des biens en bordure du lac Titicaca, au bord de rivières, ou au sein de grands projets immobiliers intégrant des lagunes artificielles et des plages de sable, conçus comme une alternative locale aux stations balnéaires étrangères.

Ce guide propose donc une lecture honnête et pragmatique : clarifier ce qui est possible et ce qui ne l’est pas en matière de propriété « en bord de mer » en Bolivie, expliquer le cadre légal pour les étrangers, présenter les principaux lieux d’intérêt au bord de l’eau, détailler le processus d’achat, les risques, les coûts et les perspectives d’investissement.

Sommaire de l'article masquer

Bolivie : un pays sans mer, mais pas sans « rivages »

La première information à intégrer avant d’aller plus loin est simple : la Bolivie n’a aucune façade maritime. Pourtant, le pays offre une multitude de paysages aquatiques où se développent des marchés immobiliers spécifiques : lac Titicaca, grands fleuves amazoniens, rivières, petites stations balnéaires d’eau douce, sans oublier les mégalagunes artificielles dans la région de Santa Cruz.

Comprendre le contexte géographique

La Bolivie couvre un peu plus de 1,09 million de km², avec une population d’environ 12 millions d’habitants. Sa densité est faible (environ 10 hab/km²), et ses paysages varient des sommets andins aux plaines amazoniennes. Côté eau, plusieurs réalités différentes coexistent :

Exemple :

Le continent sud-américain présente une grande diversité de milieux aquatiques. Au nord et à l’est, on trouve de vastes réseaux fluviaux et des zones humides majeures comme le Pantanal et le bassin amazonien. Sur l’Altiplano, des lacs et marais internes dominent le paysage, tels que le lac Titicaca, l’ancien lac Poopó et divers salars. Enfin, autour des grandes zones urbaines, se développent des projets d’aménagement privés incluant des lagunes artificielles et des plages.

Le lac Titicaca, partagé avec le Pérou, reste l’emblème absolu de la Bolivie « au bord de l’eau ». Sur la rive bolivienne, la petite ville de Copacabana est souvent décrite comme « ce qui ressemble le plus à une station balnéaire » dans le pays : plage de sable, pontons, bateaux de touristes, hôtels et restaurants tournés vers le lac.

L’illusion de la mer recréée : les lagunes artificielles de Santa Cruz

À Santa Cruz de la Sierra, capitale économique du pays, se développe un phénomène révélateur : de gigantesques projets résidentiels autour de lagunes artificielles à eau turquoise, bordées de sable blanc, vendues comme « la mer en ville ». Dans la zone d’Urubó, de l’autre côté du fleuve Piray, plusieurs projets phares illustrent cette tendance :

Puerto Esmeralda

Playa Turquesa

Mar Adentro

Ces ensembles, imaginés pour une clientèle aisée, sont conçus comme des substituts à la maison de plage au Brésil ou au Chili, avec clubs nautiques, îlots artificiels, restaurants sur pilotis, zones de plongée et longues bandes de sable.

Un exemple emblématique : Puerto Esmeralda, un projet de 40 millions de dollars sur 200 hectares, prévoit une lagune centrale d’environ 7 hectares, 20 000 m² de plage de sable, 1 400 lots et appartements dans des immeubles face à l’eau, ainsi qu’une île artificielle. Les premiers lots se sont vendus à partir d’environ 30 000 dollars pour un terrain nu, et 60 000 dollars pour un appartement, alors que le revenu annuel moyen en Bolivie tourne autour de 7 000 dollars.

Ce type de développement donne une idée concrète de ce que signifie, en Bolivie, une « propriété en bord d’eau » à la manière d’une station balnéaire, même s’il ne s’agit ni d’océan ni de littoral naturel.

Où chercher un bien « en bord de mer » en Bolivie ?

Dans un pays sans mer, la première étape consiste à redéfinir le périmètre : il faut raisonner en termes de propriétés en bord de lac, de rivière ou de lagune artificielle. Trois grandes catégories s’imposent.

1. Le lac Titicaca et la région de Copacabana

Le lac Titicaca est le plus grand lac d’Amérique du Sud par son volume et sa surface, situé à environ 3 812 mètres d’altitude. Sa rive est partagée entre le Pérou et la Bolivie, et c’est sur cette rive bolivienne que se trouve Copacabana, à environ 4 heures de route de La Paz.

Cette petite ville cumule plusieurs atouts pour un investissement immobilier lié à l’eau :

Astuce :

Située sur les rives du lac Titicaca, Copacabana est une ville touristique majeure de Bolivie, réputée pour sa plage de sable et ses nombreux bateaux de promenade. Elle sert principalement de point de départ pour les excursions vers les îles sacrées d’Isla del Sol et d’Isla de la Luna. Son environnement culturel et spirituel est profondément marqué, avec le sanctuaire de la Vierge de Copacabana et des traditions aymaras vivantes. Le marché immobilier local est principalement orienté vers l’hôtellerie, les petites pensions (hostales), les restaurants et quelques résidences privées bénéficiant d’une vue sur le lac.

Les prix des biens dans la région de Copacabana, selon les données disponibles, tournent autour de 500 à 800 USD/m² pour des propriétés touristiques, soit nettement moins que les grandes métropoles latino‑américaines, mais sensiblement au‑dessus de la moyenne bolivienne.

Copacabana est située à moins de 30 minutes de la frontière péruvienne. Cela a une conséquence juridique importante : la zone frontalière de 50 km est soumise à des restrictions pour les étrangers (nous y revenons plus loin). Ce point ne doit jamais être négligé si vous cherchez un terrain ou une maison en bord de lac dans cette région.

2. Lagunes artificielles et quartiers haut de gamme à Santa Cruz

Santa Cruz de la Sierra, avec 1,7 million d’habitants et une croissance annuelle d’environ 2 %, est la ville la plus dynamique du pays. Elle concentre environ un tiers du ciment utilisé en Bolivie et près de 35 % du PIB national.

C’est aussi là qu’on trouve les plus grands projets de « fausses mers » urbaines.

Dans la zone d’Urubó, à l’ouest de la ville :

Projets Immobiliers

Découvrez nos principaux projets de développement côtier, alliant résidences de prestige et intégration harmonieuse avec les lagunes naturelles.

Puerto Esmeralda

Projet local de 200 ha comprenant une lagune de 7 ha, offrant 1 400 lots et appartements, ainsi que 20 000 m² de plage privée.

Playa Turquesa

Se distingue par la plus grande lagune du pays, s’étendant sur 12 ha, au cœur d’un environnement résidentiel exclusif.

Mar Adentro

Projet plus compact mais fondé sur le même concept réussi d’intégration entre vie résidentielle et plans d’eau lagunaires.

Playa Turquesa et Mar Adentro sont réalisés par Crystal Lagoons, une entreprise chilienne qui revendique plus de 160 projets de ce type dans le monde, dont l’ancienne plus grande lagune artificielle du monde à San Alfonso del Mar (Chili) et un méga‑projet de 40 ha à Dubaï.

Tableau indicatif des ordres de grandeur dans la zone d’Urubó :

ProjetSuperficie de la lagunePlages de sable annoncéesNombre de lots/appartementsPrix d’entrée connus (USD)
Puerto Esmeralda~7 ha~20 000 m²~1 400Lots dès ~30 000, appartements dès ~60 000
Playa Turquesa~12 haNon préciséPlusieurs centainesNon précisé (marché haut de gamme)
Mar AdentroPlus petiteNon préciséNon préciséNon précisé (haut de gamme)

Ces projets sont clairement destinés à une clientèle aisée bolivienne et à certains acheteurs étrangers (États‑Unis, Suisse, etc.). Les prix restent très élevés à l’échelle du pays, dans un contexte où, à Santa Cruz, 72 % des familles ne peuvent pas se permettre d’acheter un logement.

3. Rivières, ports amazoniens et petites stations fluviales

Au‑delà des grands lacs et des lagunes privées, la Bolivie propose également un vaste réseau de rivières, en particulier dans la région amazonienne et le sud‑est :

Ports fluviaux de Bolivie

Principales villes portuaires boliviennes situées sur les rivières et lacs, jouant un rôle crucial pour le transport et le tourisme.

Camiri

Située sur les rives de la rivière Parapetí.

Riberalta

Se trouve à la confluence des rivières Beni et Madre de Dios.

Puerto Suárez

Porte d’entrée vers le Pantanal bolivien.

Puerto Villarroel

Port sur plusieurs rivières en Amazonie.

Guayaramerín

Principal port du nord du pays.

Santa Ana de Yacuma

Réputée pour la pêche sportive.

Bermejo

Ville frontière sur une rivière propice à la pêche.

Ces localités présentent souvent un contexte plus rural, moins structuré, avec des opportunités pour des lodges écotouristiques, des petites auberges au bord de l’eau ou des terrains en bord de rivière. Mais la plupart de ces zones se trouvent proches des frontières internationales, ce qui déclenche automatiquement les règles de la zone des 50 km où les étrangers sont restreints.

Par ailleurs, les étrangers sont interdits d’acheter des terres rurales (voir plus bas) : il faut distinguer clairement un bien urbain dans une petite ville fluviale (possible) d’un terrain rural en rives de fleuve (en principe interdit en achat direct par un individu étranger).

Ce que dit la loi bolivienne : un cadre favorable, mais très encadré

La Bolivie est souvent présentée comme ayant un cadre relativement ouvert à la propriété étrangère en milieu urbain. Mais pour un projet en bord de lac, de rivière ou près des frontières, il faut maîtriser trois piliers juridiques : la distinction urbain/rural, la zone de 50 km le long des frontières, et l’exigence de résidence pour les étrangers.

Droits de propriété des étrangers : l’essentiel à retenir

Le droit bolivien repose sur la Constitution de 2009 et le Code civil. Quelques principes structurent la question immobilière :

– les étrangers peuvent posséder et occuper des biens immobiliers urbains (maisons, appartements, locaux commerciaux, terrains en zone urbaine) ;

– ils doivent respecter exactement les mêmes procédures que les Boliviens, mais en utilisant un carnet d’étranger (CIEE) ;

– les touristes ne peuvent pas acheter de propriété : il faut au minimum une résidence temporaire ;

– les étrangers ne peuvent pas acheter de terres rurales, ni de terres de l’État ;

– les étrangers ne peuvent pas acheter de biens dans un rayon de 50 km des frontières dans certaines situations, notamment s’ils sont originaires des pays voisins.

Attention :

La Constitution reconnaît la propriété privée, mais insiste sur sa fonction sociale. Les droits des communautés indigènes, notamment sur leurs terres collectives, sont également fortement protégés.

Urbain vs rural : un point clé pour les propriétés « au bord de l’eau »

Le droit foncier bolivien distingue deux grandes catégories :

Terrain urbain : propriété située dans un périmètre officiellement défini comme urbain, dans une ville ou un bourg. Un lot urbain ne peut pas dépasser 10 000 m² (environ 1 ha). Les étrangers peuvent acheter ce type de bien, y compris en bord d’un lac ou d’une rivière, à condition de respecter les autres règles (frontière, résidence).

Terrain rural : propriété située en dehors des limites urbaines, à vocation agricole, forestière, etc. Les lots ruraux doivent avoir une superficie entre 123,5 et 12 355 acres. Les étrangers ne peuvent pas acheter directement de terrains ruraux, même avec un titre de séjour.

Pour acquérir de la terre rurale, un étranger ne dispose que de deux voies légales :

Bon à savoir :

Pour acquérir des terres en Bolivie, deux principales voies sont possibles : obtenir la nationalité bolivienne (par mariage, filiation, ou résidence et travail sur plusieurs années) ou créer une société bolivienne (de type SRL ou SA) ayant pour objet l’achat de terres à des fins productives comme l’agriculture, l’élevage ou l’exploitation forestière, dans le respect des limites de superficie maximales autorisées.

Pour un projet de maison au bord d’un lac de montagne isolé ou d’un grand fleuve en pleine jungle, ce verrou juridique est déterminant : la plupart des terrains y seront classés comme ruraux, donc inaccessibles en achat direct pour un particulier étranger.

La zone des 50 km le long des frontières

Autre élément clé pour un projet au bord de l’eau : la proximité des frontières internationales. L’article 262 de la Constitution interdit la propriété étrangère dans une bande de 50 km le long des frontières pour des raisons de sécurité nationale, avec une nuance importante :

– les étrangers originaires d’un pays voisin (Pérou, Brésil, Argentine, Chili, Paraguay) ne peuvent pas acheter de propriété dans cette bande en face de leur propre pays ;

– les étrangers originaires de pays non voisins (États‑Unis, Canada, pays européens, etc.) peuvent, en théorie, acheter de l’immobilier urbain dans la zone de 50 km, à condition d’avoir la résidence et de ne pas viser des terres rurales.

Bon à savoir :

Pour un Français ou un Canadien, l’achat d’une maison d’hôtes ou d’un petit hôtel à Copacabana est juridiquement possible sous certaines conditions, car il s’agit d’un bien urbain. En revanche, pour un Péruvien ou un Brésilien, l’acquisition dans cette même zone est en principe interdite.

Exigence de résidence : impossible d’acheter comme simple touriste

Autre contrainte majeure : il est impossible d’acheter un bien immobilier en Bolivie en étant simplement de passage avec un visa touristique. Il faut d’abord obtenir une résidence temporaire pour une durée d’un à trois ans, avec un motif valable (travail, études, raison familiale, visa investisseur, etc.), puis un carnet d’étranger. Ce n’est qu’après cette étape que l’achat devient légalement possible.

Quelques options types :

Visa investisseur : investissement minimum de 50 000 USD dans une entreprise bolivienne (y compris une société immobilière), visa d’un an renouvelable.

Visa de résidence pour « motif spécifique » : permet de rester jusqu’à deux ans pour un projet à visée économique, notamment immobilier.

Visa de retraite : nécessite un revenu mensuel prouvé (300–500 USD), dure trois ans, renouvelable, possession d’un bien immobilier appréciée mais non obligatoire.

La propriété en soi ne donne pas automatiquement droit à la résidence, mais renforce nettement un dossier de demande de résidence permanente à terme.

Marché immobilier : prix, tendances et spécificités

Pour juger de la pertinence d’un projet en bord de lac ou de lagune, il faut replacer cela dans le contexte global du marché immobilier bolivien.

Un marché émergent, en croissance mais très asymétrique

La Bolivie offre un marché décrit comme petit mais en croissance régulière, avec :

une décennie 2010–2019 marquée par une progression stable des prix, portée par une croissance démographique rapide et l’urbanisation ;

– un choc en 2020 (COVID) avec une baisse d’environ 10 % des prix de vente et 30 % des loyers ;

– un rebond dès 2021 et une stabilisation en 2022 ;

– un retour à une croissance proche de celle des années 2010 à partir de 2023.

50000

Le prix d’une maison ou d’un appartement d’une à deux chambres au Nicaragua, nettement inférieur à celui de nombreux autres pays d’Amérique latine.

Quelques ordres de grandeur par type de biens (tous contextes confondus) :

Type de bienNiveau de prix indicatif (USD)
Petit appartement 1–2 chambresSouvent < 50 000
Maison urbaine 3 chambresFréquent autour de 60 000
Grandes maisons en quartiers exclusifs300 000 à 3 000 000 selon ville/quartier
Appartements de standing à Cochabamba60 000 USD pour 2 chambres dans Cala Cala

Les rendements locatifs attendus pour des biens urbains résidentiels se situent souvent entre 6 et 8 %, et jusqu’à 8–12 % pour des biens très orientés tourisme, si la gestion est efficace.

Prix au mètre carré dans quelques zones clés

Les données rassemblées pour 2025 donnent les fourchettes suivantes :

Ville / zoneType de quartier/bienPrix estimé (USD/m²)
La Paz – Calacoto, San Miguel (Zona Sur)Appartements de luxe1 400–1 800
La Paz – Sopocachi, MirafloresAppartements milieu de gamme1 000–1 400
Santa Cruz – Equipetrol, NordMaisons/appartements haut de gamme1 500–2 000
Santa Cruz – UrubóMaisons résidentielles800–1 200
Cochabamba – Cala Cala, RecoletaAppartements milieu de gamme900–1 300
Sucre – centre historiqueBâtiments coloniaux800–1 200
Copacabana – lac TiticacaPropriétés touristiques500–800

Pour une propriété en bord de lac ou de lagune dans des zones touristiques, on se situera plutôt dans le haut de ces fourchettes, voire au‑delà pour les toutes premières lignes sur l’eau.

Coûts annexes, taxes et frais

Tout achat immobilier en Bolivie implique des coûts de transaction non négligeables, que les étrangers ont tendance à sous‑estimer.

Les principaux postes sont :

Poste de coûtOrdre de grandeur
Taxe de transfert (ITP)3 % de la valeur cadastrale
Frais de notaire0,5 à 1 % du prix de vente
Frais d’enregistrement (Derechos Reales)0,5 à 1 % du prix de vente
Honoraires d’avocat (acheteur)1 à 2 % du prix de vente
Commission d’agence (si utilisée, payée par le vendeur)3 à 5 %
Inspection professionnelle300 à 800 USD
Certificat cadastral + plan approuvéEnviron 30 USD chacun

Au total, un étranger peut s’attendre à des coûts d’acquisition entre 6 et 9 % du prix, en intégrant déplacements et séjours sur place (1 000 à 3 000 USD supplémentaires).

En outre :

– l’impôt foncier annuel sur les biens urbains varie en général entre 0,35 % et 1,5 % de la valeur cadastrale ;

– les revenus locatifs sont imposés (schémas usuels autour de 12,5 % effectifs sur les loyers bruts, ou régime transactionnel à 13 %, ou imposés via l’impôt sur les sociétés à 25 %) ;

– les plus‑values immobilières sont généralement taxées à 25 % des gains (avec parfois une base forfaitaire à 50 % du gain brut) ;

– la TVA (13 %) s’applique aux locations commerciales et à certains services.

Comment se déroule concrètement l’achat ?

Le processus d’achat d’une propriété au bord de l’eau en Bolivie suit les mêmes étapes que pour n’importe quel bien urbain, avec des précautions supplémentaires si l’on est proche d’une frontière, d’une zone rurale ou d’un territoire indigène.

Étapes principales

1. Obtenir un statut de résident temporaire et un carnet d’étranger. Sans cela, l’achat est illégal.

2. Rechercher des biens via les portails immobiliers locaux (Casas24, Infocasas, Boliviainmobiliaria), les panneaux « Se vende », les journaux, les agences (ReMax, Century 21) et surtout le bouche‑à‑oreille.

3. Sélectionner un avocat spécialisé en immobilier, idéalement recommandé par une grande banque ou une ambassade. Il est fortement conseillé de consulter au moins trois juristes indépendants pour recouper les avis.

Attention :

Avant tout achat immobilier, il est crucial de vérifier la situation juridique du bien. Cette démarche comprend la demande du Folio Real (titre de propriété) et de l’Informe Rápido (synthèse des informations) auprès de l’Office de Derechos Reales. Il faut également contrôler les impôts fonciers, le certificat cadastral, le plan approuvé, les dettes éventuelles de services publics, ainsi que l’absence de revendications communautaires ou indigènes et de contraintes liées aux zones protégées.

5. Négocier et signer une promesse de vente (Promesa de Compraventa), souvent avec un dépôt de 10 à 30 %.

6. Rédiger la Minuta de Transferencia (contrat détaillé) devant notaire, avec toutes les clauses sur le prix, ce qui est inclus (attention : en Bolivie, il est courant que le vendeur retire électroménagers, climatisation, luminaires s’ils ne sont pas explicitement mentionnés), les délais et les pénalités éventuelles.

7. Signer l’Escritura Pública (acte public) devant notaire, et ne payer le solde qu’au moment ou juste après cette signature, jamais avant.

8. Payer la taxe de transfert et les frais d’enregistrement, puis enregistrer le bien à l’Office de Derechos Reales au nom du nouvel acquéreur.

Astuce :

Après un déménagement, il est essentiel de mettre à jour votre inscription aux registres municipaux (état civil, listes électorales). Pensez également à transférer ou résilier vos contrats d’eau, d’électricité, de gaz et d’internet vers votre nouvelle adresse. Enfin, souscrivez ou adaptez votre assurance habitation pour couvrir votre nouveau logement.

La durée totale du processus varie en général de 30 à 90 jours, mais peut dépasser six mois en cas de complexité juridique ou administrative.

Financement : un marché essentiellement au comptant

Le crédit immobilier pour les étrangers non résidents est quasi inexistant en Bolivie. Même avec une résidence temporaire, les banques exigent souvent :

1 à 2 ans d’historique bancaire local ;

des revenus prouvés en Bolivie ;

d’importantes garanties.

Conséquence : les acquisitions par des étrangers se font très largement au comptant. De temps en temps, un vendeur consent à un financement direct, mais avec un apport initial de 30 à 50 %, des taux autour de 10–15 % et des durées courtes (2–5 ans).

Les grands projets de lagunes artificielles offrent parfois des plans de paiement progressifs pendant la construction avec un apport de 40–60 %. Pour un projet à Copacabana ou dans un bourg riverain, il faudra généralement disposer des fonds dès la signature de l’acte.

Risques, arnaques et précautions indispensables

Le marché immobilier bolivien est jugé particulièrement risqué en matière de fraudes. L’absence de système de type MLS, la faible régulation de la profession d’agent immobilier, l’importance des ventes directes par propriétaires et un historique de corruption dans les registres fonciers imposent une vigilance maximale.

Arnaques typiques

Parmi les situations fréquemment rapportées :

Attention :

Plusieurs pratiques frauduleuses sont observées : vente multiple d’un même terrain à différents acheteurs à l’aide de faux titres, occupations illégales suivies de l’obtention de titres frauduleux (notamment à Santa Cruz), constructions sans permis sur des terrains au statut incertain (urbain/rural, zone protégée, territoire indigène), et ventes de biens sans révéler les dettes fiscales ou de services publics.

En bord de lac ou de rivière, ces risques s’additionnent parfois à :

des problématiques environnementales (zones inondables, glissements de terrain, pollution des eaux) ;

des règles spécifiques liées aux zones Ramsar, parcs nationaux, berges protégées.

Stratégies pour réduire les risques

Quelques principes pratiques se dégagent des retours d’expérience :

Bon à savoir :

Pour un achat en toute sécurité, il est crucial d’être physiquement présent aux étapes clés ou d’évaluer les risques d’une procuration. Travaillez exclusivement avec des avocats recommandés par des institutions reconnues. Multipliez les vérifications légales (Folio Real, Informe Rápido, chaîne de propriété sur 10 à 30 ans). Utilisez les banques pour les paiements importants, idéalement par chèque de banque le jour de la signature. Envisagez les enchères de saisies bancaires pour plus de sécurité juridique et des rabais. Faites réaliser une inspection technique approfondie du bien. Après l’achat, formalisez par contrat toute occupation par un tiers pour prévenir les revendications par usucapion.

Acheter au bord du lac Titicaca, d’une rivière ou d’une lagune artificielle : faisabilité et stratégie

Revenons à la question centrale : comment structurer concrètement un projet de propriété en bord d’eau en Bolivie, que ce soit à Copacabana, autour d’une lagune à Santa Cruz ou dans un bourg fluvial amazonien ?

Scénario 1 : petite pension ou maison de vacances à Copacabana

Profil type : investisseur étranger non voisin (par exemple européen) ayant un projet de petite auberge ou de maison secondaire vue sur lac.

Points clés :

– statut de résidence temporaire impératif ;

– achat d’un bien urbain (maison, hôtel, petit immeuble) pour éviter la question des terres rurales ;

– vérification minutieuse de la conformité de la localisation par rapport à la zone des 50 km et aux restrictions spécifiques aux étrangers (surtout si l’acheteur est péruvien ou d’un pays voisin) ;

– étude de la demande touristique (haute saison, basse saison, accessibilité depuis La Paz, concurrence existante) ;

– anticipation des coûts de rénovation et d’isolation (climat froid, altitude, eau froide du lac).

8–12

Les rendements touristiques théoriques que ce type de projet peut atteindre avec une gestion professionnelle.

Scénario 2 : appartement ou maison face à une lagune artificielle à Santa Cruz

Profil type : expatrié salarié, entrepreneur ou investisseur cherchant un style de vie balnéaire sans quitter la Bolivie, ou investissement locatif haut de gamme.

Points clés :

budget d’entrée plus élevé (souvent 60 000 USD minimum pour un appartement, beaucoup plus pour une maison en première ligne) ;

– environnement urbain dynamique, forte croissance de Santa Cruz (PIB en hausse de 6,5 % par an, population en hausse de 25 % sur une décennie) ;

– vérifier la viabilité du projet : certains chantiers en Bolivie restent inachevés, les routes d’accès peuvent avoir du retard (la route de 14 km vers Puerto Esmeralda n’était pas encore construite lors de certains rapports) ;

– analyser les charges de copropriété, la gouvernance des complexes, la qualité de l’eau de la lagune, les coûts de maintenance des installations.

Bon à savoir :

Ce scénario privilégie le confort de vie (plage privée, vue sur l’eau, infrastructures modernes) plutôt qu’un rendement exceptionnel. Les loyers peuvent y être élevés, mais la revente dépendra fortement de la pérennité du projet et des tendances immobilières locales.

Scénario 3 : écolodge ou maison sur une rivière en Amazonie ou dans le Pantanal

Profil type : investisseur orienté écotourisme, avec un horizon long terme et une forte tolérance au risque.

Points clés :

– très souvent, les terrains convoités seront ruraux, donc légalement non achetables en direct par un étranger ; il faudra passer par une société bolivienne et un projet productif, ou un partenariat avec des Boliviens ;

– zones proches des frontières (Brasile, Pérou, etc.), donc soumises aux règles de la bande de 50 km ;

– complexité environnementale (zones protégées, exigences d’études d’impact, concessions, autorisations multiples) ;

– difficultés d’accès, infrastructures limitées (eau potable, électricité, internet) ;

– exposition aux risques climatiques (crues, inondations) et sanitaires (zones de maladies vectorielles).

Ce type de projet n’est pas impossible, mais il dépasse largement le cadre d’un simple achat de « résidence secondaire au bord de l’eau ». Il s’apparente davantage à une opération d’investissement touristique complexe, demandant une équipe juridique, environnementale et de gestion locale solide.

Faut‑il acheter via une société bolivienne ?

Pour une simple maison ou un appartement urbain au bord d’une lagune artificielle ou dans Copacabana, l’achat en nom propre est généralement suffisant, à condition d’avoir la résidence.

L’utilisation d’une société à responsabilité limitée (SRL) ou d’une SA devient intéressante si :

Bon à savoir :

Pour accéder à des terres rurales via un projet productif, une démarche spécifique est nécessaire, dépassant le cadre de ce guide. Si vous envisagez de développer un portefeuille de biens touristiques (hôtels, lodges, appartements), il est important de considérer une séparation patrimoniale ou une structuration fiscale adaptée à vos objectifs.

La création d’une société bolivienne coûte en général entre 1 000 et 2 000 USD, avec des délais d’environ 20 jours ouvrables depuis la réforme de 2023, et nécessite une gestion comptable et fiscale régulière.

Regard critique : est‑ce une bonne idée de chercher un « bord de mer » en Bolivie ?

D’un point de vue strictement géographique, chercher une propriété « en bord de mer » en Bolivie n’a pas de sens. Mais si l’on redéfinit cet objectif comme « une propriété en bord d’eau avec un esprit balnéaire », plusieurs pistes deviennent crédibles : une maison à Copacabana, un appartement en première ligne sur une lagune artificielle de Santa Cruz, une petite pension sur les rives d’une rivière touristique.

L’intérêt potentiel :

Bon à savoir :

L’investissement immobilier en Bolivie présente plusieurs atouts : les prix d’entrée sont souvent inférieurs à ceux d’autres pays andins ou côtiers de la région, et des rendements locatifs corrects sont possibles dans les zones touristiques bien choisies. Il offre également une opportunité de diversification géographique pour les investisseurs déjà exposés à d’autres marchés latino-américains. Enfin, la qualité de vie y est recherchée, tant par une classe moyenne bolivienne en croissance que par un petit nombre d’expatriés.

Les risques :

environnement juridique complexe, particulièrement pour les zones frontalières, rurales ou indigènes ;

taux élevé de fraudes et de litiges fonciers ;

financement local limité pour les étrangers, obligeant à mobiliser du capital propre ;

marché moins liquide que dans les grands centres côtiers d’Amérique latine.

Pour un investisseur déjà expérimenté en marchés émergents, capable de travailler avec des avocats de confiance, prêt à passer du temps sur place et à accepter une part d’incertitude, la Bolivie peut représenter un pari calculé. Pour un primo‑investisseur international cherchant une résidence balnéaire simple et sans surprise, d’autres destinations littorales plus classiques seront généralement plus adaptées.

En résumé

Il n’existe pas de propriété « en bord de mer » au sens strict en Bolivie, puisque le pays est enclavé. Mais il existe :

– des propriétés en bord de lac sur le lac Titicaca (Copacabana, Isla del Sol) ;

– des résidences avec lagunes artificielles et plages de sable dans la région de Santa Cruz (Urubó) ;

– des maisons et projets touristiques en bord de rivières amazoniennes ou du Pantanal.

Pour approcher au plus près l’image d’une maison en bord de mer en Bolivie, deux options ressortent comme les plus réalistes et sécurisables juridiquement pour un étranger :

Options d’investissement immobilier

Découvrez deux opportunités distinctes pour investir dans l’immobilier en Bolivie, chacune offrant un cadre de vie unique et des perspectives attractives.

Résidence lacustre à Copacabana

Une maison ou une pension dans une petite ville au bord du lac Titicaca, en zone urbaine, avec une vue directe et imprenable sur le lac.

Style balnéaire à Santa Cruz

Un appartement ou une maison dans un complexe moderne avec lagune artificielle, offrant une expérience de vie balnéaire au cœur d’une ville en pleine croissance.

Dans tous les cas, la clé d’un projet réussi reste la même : accepter la réalité juridique et géographique du pays, s’entourer d’experts locaux fiables, vérifier chaque document, et avancer lentement, étape par étape. C’est à ce prix qu’un rêve de maison « au bord de l’eau » en Bolivie pourra s’approcher le plus possible de votre idée de bord de mer.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Bolivie pour chercher du rendement locatif et une exposition en bolivianos. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (La Paz, Santa Cruz, Cochabamba), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans un quartier en croissance de Santa Cruz ou Cochabamba, combinant rendement locatif brut cible de 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.
Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de bénéficier des opportunités du marché bolivien tout en maîtrisant les risques (juridiques, fiscaux, locatifs) et en intégrant cet actif dans une stratégie patrimoniale globale.

Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :