Investir dans l’immobilier en Biélorussie : potentiel réel, risques bien concrets

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’immobilier en Biélorussie intrigue de plus en plus d’investisseurs étrangers. Prix nettement inférieurs à ceux de la Pologne voisine, rendements locatifs corrects, marché plutôt résilient malgré les sanctions et un environnement politique très particulier : le tableau est contrasté, mais loin d’être inintéressant. Pour autant, investir dans l’immobilier en Biélorussie ne s’improvise absolument pas. Entre restrictions sur la propriété foncière, risques géopolitiques, contrôle étroit de l’État et système bancaire fragilisé, chaque décision doit être pesée avec soin.

Bon à savoir :

Cet article fournit une analyse détaillée du marché immobilier, incluant les prix, les rendements, le cadre juridique et fiscal, les villes clés et les principales stratégies d’investissement, en se basant sur des données et études vérifiées.

Sommaire de l'article masquer

Un marché immobilier en hausse, dans une économie sous contraintes

L’économie biélorusse reste très encadrée par l’État, avec de grandes entreprises publiques dominantes et une forte dépendance à la Russie, notamment pour l’énergie. Le PIB du pays avoisine 81,5 milliards de dollars, pour une population d’environ 9,3 millions d’habitants dont près de 80 % vivent en zone urbaine. Les prévisions de croissance restent modestes, autour de 1,2 à 4,1 % selon les scénarios, tandis que l’inflation a accéléré à environ 6,5 % au printemps 2025 après une phase plus calme.

86,7

Hausse des prix réels des logements en Biélorussie sur les cinq dernières années.

Après le choc politique de 2020 et la vague de sanctions occidentales qui a fait chuter les transactions et les prix, le marché a repris des couleurs dès la fin 2021. En 2023-2024, les ventes ont de nouveau augmenté, avec par exemple une hausse d’environ 20 % des transactions d’appartements dans les villes régionales au début 2024 par rapport à l’année précédente.

Attention :

La prime de risque pays, très élevée autour de 25 % début 2024, une dépréciation du rouble biélorusse de 10 à 14 % sur cinq ans, et des sanctions persistantes compliquent l’accès au financement international et au système bancaire.

Minsk et les grandes villes : des prix encore attractifs à l’échelle régionale

Le marché biélorusse est très concentré : Minsk concentre à elle seule environ 60 % des volumes d’investissement, mais les villes régionales gagnent en importance, notamment Brest, Grodno, Gomel, Vitebsk et quelques centres industriels comme Orsha ou Zhlobin.

Niveaux de prix : Minsk versus régions

Les données de 2025-2026 montrent un écart net entre la capitale et le reste du pays. Minsk se rapproche des grandes villes russes hors Moscou, tout en restant très nettement moins chère que Varsovie ou Cracovie.

Voici un aperçu comparatif des prix moyens au mètre carré (tous segments confondus, approximations en dollars) :

Ville / ZonePrix moyen m² (USD)Commentaire principal
Minsk (moyenne)1 900 – 2 150Capitale, forte demande locative
Minsk centre1 960 – 3 600Premium, proche métro et services
Minsk périphérie1 500 – 2 500Nouveaux quartiers et complexes modernes
Brestenv. 1 000 – 1 150Ville frontalière, logistique et industrie
Grodno950 – 1 000Proche UE, attrait touristique et frontalier
Vitebsk800 – 900Ville culturelle, marché plus abordable
Baranovichi800 – 1 200Marché en développement industriel
Orsha800 – 1 000Nœud de transport en croissance

Dans certaines zones des villes régionales, les prix descendent encore plus bas, autour de 500 à 800 dollars le mètre carré, ce qui en fait l’un des marchés les plus accessibles aux frontières de l’Europe.

Exemple :

À Minsk, les nouvelles résidences haut de gamme se distinguent par des équipements comme des parkings souterrains, des espaces verts, des salles de sport ou des espaces de coworking. Cette valorisation se traduit par des hausses de prix supérieures à la moyenne. Par exemple, dans un complexe récemment livré en centre-ville, les prix ont débuté autour de 1 600 dollars le mètre carré pour atteindre finalement entre 2 300 et 4 000 dollars.

Le segment luxe est bien identifié : les appartements haut de gamme en centre de Minsk se négocient généralement entre 250 000 et 400 000 dollars, tandis que les villas et maisons de prestige en périphérie s’échangent plutôt entre 400 000 et 600 000 dollars.

Une dynamique de hausse marquée, mais probablement en phase de plateau

La dynamique récente à Minsk mérite d’être détaillée. Entre le début 2024 et octobre 2024, le prix moyen au mètre carré est passé d’une fourchette 1 200–1 500 dollars à environ 1 598 dollars, soit une hausse annuelle d’environ 14,4 %. De juin 2024 à juin 2025, une nouvelle poussée a fait grimper ce prix moyen jusqu’à environ 1 960 dollars, soit encore plus de 20 % d’augmentation sur huit mois. Sur douze mois glissants, Minsk a enregistré environ 14 % de croissance supplémentaire.

Astuce :

À l’automne 2025, plusieurs indicateurs suggèrent que le marché immobilier de Minsk atteint un plateau. De nombreux vendeurs sont contraints de baisser leurs prix affichés et des commentateurs relèvent un essoufflement des transactions. Les appartements de l’ancien se négocient autour de 1 700 dollars le mètre carré, tandis que les programmes neufs sont plutôt affichés vers 1 900 dollars le mètre carré.

Les projections convergent vers un scénario de stabilisation : pour 2025, la plupart des analystes anticipent un marché quasi plat ou en légère hausse, avec un éventuel gain de 3 à 7 % par rapport à 2024 au mieux. Pour 2026, les estimations de hausse tournent également autour de 3 à 7 %. À plus long terme, les prévisions évoquent une croissance moyenne d’environ 1,5 % par an entre 2027 et 2030, puis 2,5 % par an de 2030 à 2035, dans un scénario de lente appréciation.

Ce ralentissement relatif n’efface pas la hausse cumulée considérable déjà observée. Il signale plutôt que la fenêtre des plus fortes revalorisations rapides pourrait être en train de se refermer, au profit d’un marché davantage porté par le rendement locatif que par la spéculation sur les plus-values à court terme.

Rendements locatifs : un couple risque/rendement encore correct

Pour un investisseur, la question clé est la suivante : une fois le risque pays intégré, les loyers couvrent-ils convenablement l’investissement, et dans quelles villes ?

Les données disponibles indiquent des rendements bruts généralement compris entre 4,5 % et 7 % selon les villes et le type de location. Minsk, sans surprise, se situe dans le haut de la fourchette, surtout pour les locations de courte durée.

Rendements par ville : long terme et courte durée

Le tableau ci-dessous synthétise les rendements bruts moyens estimés pour 2025 :

VilleRendement brut locatif long termeRendement brut locatif courte durée
Minsk5 – 6,5 %6,5 – 9 %
Brest5 – 6 %6 – 8 %
Grodno4,5 – 6 %6 – 7,5 %
Gomel5 – 6 %6 – 7,5 %
Vitebsk4,5 – 5,5 %5,5 – 7 %

Dans certains marchés de niche, les rendements peuvent être plus élevés. Orsha, par exemple, a enregistré un rendement locatif moyen d’environ 8 % en 2023, soit nettement au-dessus de la moyenne nationale d’environ 6 %, grâce notamment à un dynamisme particulier dans la logistique ferroviaire et le fret.

Rendement locatif à Minsk

Exemples concrets de rendements bruts pour des appartements à Minsk, basés sur les prix d’achat et les loyers du marché.

Appartement standard

Un appartement de 60 m², d’une valeur d’environ 130 000 $, se loue autour de 600 $/mois, générant un rendement brut proche de 5,5 %.

Studio

Les studios plus modestes offrent souvent un rendement supérieur, avec une rotation de locataires plus importante, surtout dans les quartiers populaires auprès des étudiants et jeunes actifs.

Les loyers mensuels à Minsk pour les petites surfaces varient en pratique de 250 à 400 dollars dans les zones appréciées des étudiants, et plutôt 400–500 dollars pour des T1 bien situés, en bail longue durée. Dans certains quartiers, un petit studio en immeuble en panneaux de béton peut encore se louer autour de 200 dollars.

233000

Le nombre de visiteurs a augmenté pour dépasser 233 000 en un an, soutenant le segment de la location touristique à courte durée.

Un cadre juridique particulier pour les étrangers : acheter des murs sans acheter la terre

Investir dans l’immobilier en Biélorussie implique de bien maîtriser un point central : la distinction entre propriété du bâtiment et propriété du terrain. Le droit de propriété foncière des étrangers demeure strictement encadré.

Ce que les étrangers peuvent acheter… et ce qui reste interdit

Les investisseurs étrangers sont autorisés à acquérir et détenir en pleine propriété :

des appartements, quelle que soit la ville,

des maisons, cottages et autres bâtiments résidentiels,

des biens commerciaux (bureaux, entrepôts, locaux de production, commerces).

En revanche, le terrain est un autre sujet. De manière générale, les étrangers ne peuvent pas détenir directement de parcelles de terrain. Ils peuvent bénéficier de droits d’usage à long terme, notamment sous forme de bail, sur des terrains non agricoles, avec des durées allant jusqu’à 99 ans. Le schéma courant consiste à posséder le bâtiment et à disposer d’un droit de jouissance ou d’un bail sur le terrain support.

Des assouplissements existent depuis la réforme du Code foncier entrée en vigueur le 1er janvier 2023. Dans certains cas limitatifs, un étranger peut se voir reconnaître la propriété d’une parcelle :

via l’héritage,

en acquérant une quote-part de terrain conjointement à un bâtiment résidentiel ou une datcha édifiée dessus,

en indivision avec un conjoint biélorusse,

à la suite d’une décision judiciaire lors du partage d’un patrimoine commun.

En parallèle, plusieurs catégories de terrains restent totalement exclues de la propriété privée, y compris pour les locaux : terres agricoles, forêts, zones de protection environnementale, terrains d’infrastructure de transport, des espaces publics, ou encore parcelles situées dans des zones à contamination radioactive ou abritant des biens publics.

Un cas à part mérite d’être mentionné : le parc industriel “Great Stone”, une zone économique spéciale près de l’aéroport de Minsk, co-développée avec la Chine. Dans ce périmètre, des étrangers peuvent accéder à la pleine propriété foncière, avec à la clé des avantages fiscaux et administratifs significatifs. En contrepartie, l’investissement minimum requis est important, autour de 500 000 dollars pour des projets d’affaires.

Un processus d’achat très encadré, mais faisable

En pratique, la procédure d’achat d’un bien immobilier par un étranger ressemble assez à celle d’un résident, mais impose plusieurs précautions.

Les grandes étapes incluent :

Bon à savoir :

Pour un achat sécurisé, il est essentiel de vérifier les titres de propriété via l’extrait EGRNI/USRIP, d’analyser le passeport technique du bien, de signer un contrat de vente notarié, puis d’enregistrer la transaction auprès de l’Agence cadastrale nationale.

Les délais d’enregistrement sont relativement courts : cinq à sept jours ouvrables dans la procédure standard, deux à trois jours en mode accéléré. En théorie, aucune autorisation gouvernementale spécifique n’est nécessaire pour acheter un bien, sauf si l’on touche à de l’immobilier d’État au-delà de seuils élevés (autour de 150 000 dollars), où une approbation présidentielle peut être exigée.

Il est fortement recommandé de se faire accompagner par un avocat ou, au minimum, par un notaire expérimenté dans les dossiers d’acheteurs étrangers. Le système juridique, de type romano-germanique, est réputé peu transparent pour les non-initiés, et les litiges longs et coûteux sont fréquents en cas de propriété partagée ou d’héritages mal réglés.

Des obligations spécifiques selon la nationalité : la notion d’“États inamicaux”

Un élément sensible à prendre en compte est le traitement réservé aux ressortissants ou entités de pays considérés comme “inamicaux” par les autorités biélorusses, catégorie dans laquelle entrent typiquement les États membres de l’Union européenne, les États-Unis ou le Canada.

Attention :

Depuis janvier 2024, les investisseurs originaires de certains États dits ‘inamicaux’ doivent obtenir une autorisation locale spéciale pour vendre un bien. Cette vente est soumise à une contribution obligatoire d’au moins 25 % de sa valeur marchande. De plus, des textes permettent, dans certains cas, la saisie de biens détenus par des personnes ou entités associées à ces États.

Ces règles ne s’appliquent pas, en revanche, aux acheteurs venant de Russie ou d’autres pays de la CEI, qui ont même tendance à dominer aujourd’hui le flux d’investissements étrangers. Les Russes, à eux seuls, ont acheté plus de 4 000 appartements en Biélorussie en 2024, soit environ 20 % de plus que l’année précédente.

Pour un investisseur d’Europe de l’Ouest, d’Amérique du Nord ou d’Asie développée, ce cadre réglementaire constitue un risque majeur : il affecte directement la capacité à sortir de l’investissement dans de bonnes conditions, et doit donc être intégré dès la réflexion de départ.

Fiscalité immobilière : modérée sur le papier, mais à replacer dans l’ensemble

La fiscalité directe pesant sur l’immobilier est faible en Biélorussie, ce qui renforce l’attrait apparent du marché. Le coût global d’entrée et de détention reste raisonnable si on le compare à de nombreux pays européens.

Les grands postes fiscaux et parafiscaux liés à un investissement immobilier sont les suivants.

Impôts récurrents et fiscalité des revenus locatifs

L’impôt foncier annuel sur les particuliers est faible. Il repose sur la valeur cadastrale (et non sur la valeur de marché) et correspond généralement à environ 0,1 % de cette base. En pratique, pour un appartement standard à Minsk, la facture annuelle se situe autour de 60 à 120 euros. Les entreprises supportent un taux plus élevé, de l’ordre de 1 à 2 %.

Les revenus locatifs, eux, sont soumis à l’impôt sur le revenu :

13 % pour les résidents fiscaux,

entre 15 et 20 % pour les non-résidents, selon le régime et le type de revenu.

Bon à savoir :

Certaines locations peuvent fonctionner avec un système forfaitaire, notamment pour les petits bailleurs. Le montant est fixe et calculé en fonction de la localisation du logement et du nombre de pièces, et non sur la base du loyer réel perçu.

Fiscalité des plus-values et autres frais

Il n’existe pas de taxe de mutation pour les personnes physiques : l’acquéreur n’a pas à verser de droit de transfert du type “stamp duty” pratiqué ailleurs. La plus-value immobilière n’est pas taxée via un impôt spécifique autonome, mais intégrée à l’impôt sur le revenu. En règle générale, un résident paye 13 % sur la plus-value nette réalisée (prix de vente moins prix d’acquisition), sauf exonération possible pour une cession réalisée moins d’une fois tous les cinq ans.

Bon à savoir :

Pour un investisseur non-résident, la taxation des plus-values en Biélorussie est modérée comparée aux standards occidentaux. Il est essentiel de prendre en compte la fiscalité de son propre pays de résidence et de vérifier l’existence d’une convention de non double imposition avec la Biélorussie pour éviter une double imposition.

À l’achat, il faut intégrer : l’évaluation du budget, les besoins spécifiques et les frais cachés liés à l’achat.

des honoraires de notaire compris entre 0,5 et 1 % de la valeur de la transaction,

des frais de registre (droit d’enregistrement) généralement de 1 à 3 % selon la région,

– une éventuelle commission d’agence immobilière, comprise en pratique entre 2 et 5 % du prix, le plus souvent à la charge du vendeur mais pouvant influer sur le prix global,

– des frais annexes de traduction, d’interprétariat et de conseil légal.

Au total, l’ensemble des coûts de transaction aller-retour (achat puis revente), y compris taxes et commissions, est estimé autour de 5 à 10 % de la valeur du bien. Sur un appartement de 130 000 dollars, il faut compter quelque chose entre 6 500 et 13 000 dollars selon les intermédiaires mobilisés.

Financement : un marché quasi “cash” pour les étrangers

Si le niveau des prix reste modéré, l’accès au crédit en Biélorussie est tout sauf simple pour un investisseur étranger. Les taux d’intérêt sont très élevés, et l’environnement bancaire est directement impacté par les sanctions internationales.

Les taux hypothécaires tournent autour de 14,5 à plus de 18 % l’an pour les Biélorusses, et souvent plus encore pour les étrangers, avec des plafonds qui peuvent dépasser 20 % pour les prêts à long terme (20 ans). De plus, les banques exigent des critères stricts : mise de fonds initiale d’au moins 40 %, preuve de revenus stables, résidence temporaire ou permanente, salaire versé sur un compte local…

Attention :

Les banques comme Priorbank, Belarusbank ou BPS-Sberbank peuvent théoriquement financer des étrangers, mais cela reste très rare en pratique, sauf pour ceux déjà intégrés (résidence, emploi local). Pour les ressortissants d’États considérés comme ‘inamicaux’, l’ouverture d’un compte peut même constituer un obstacle majeur.

Résultat : la quasi-totalité des investissements étrangers se font comptant, avec des fonds apportés de l’extérieur, puis convertis en roubles biélorusses pour finaliser la transaction. Les coûts de change et la non-convertibilité internationale du BYN ajoutent une couche de complexité supplémentaire.

Certains investisseurs explorent des montages alternatifs (emprunt dans leur pays d’origine, partenariat avec un local, structures d’entreprise en zone économique spéciale), mais ceux-ci demandent un accompagnement juridique renforcé et n’effacent pas le risque géopolitique.

Démographie, demande et profils d’acheteurs : une capitale aimantée, des régions sous pression

Sur le plan démographique, la Biélorussie fait face à des tendances préoccupantes : taux de fécondité en dessous du seuil de renouvellement, décroissance de la population, vieillissement très marqué (la part des plus de 60 ans devrait passer d’environ 22 % à 29 % d’ici 2038), baisse de l’immigration nette, particulièrement sensible depuis 2022-2023.

Cette démographie globalement négative pourrait, à terme, peser sur la demande de logements, surtout dans les régions les moins dynamiques. Déjà, certaines villes comme Vitebsk voient leur population diminuer et des taux de chômage plus élevés apparaître.

40

En 2025, les acheteurs de moins de 40 ans représentaient environ 40 % des acquéreurs de logements à Minsk.

Dans les villes régionales, la situation est contrastée. Brest et Grodno profitent de leur proximité avec la frontière de l’Union européenne et de leur rôle croissant en logistique et en industrie. Orsha bénéficie d’un positionnement central sur les axes ferroviaires, avec une hausse notable du trafic de fret et des transactions immobilières. Zhlobin, grâce à sa sidérurgie, et Pinsk, par son secteur agricole, soutiennent une demande locale de logements liée à l’emploi.

Villes et quartiers : où regarder quand on veut investir ?

Investir dans l’immobilier en Biélorussie, ce n’est pas seulement choisir une ville, c’est aussi cibler des micro-marchés où la demande locative est solide, la vacance limitée et la liquidité à la revente raisonnable.

Minsk : métro, complexes modernes et quartiers “marques”

La stratégie jugée la plus pertinente à Minsk par de nombreux observateurs consiste à se concentrer sur : l’établissement d’un dialogue constructif entre les différentes parties prenantes, la promotion de la confiance et la recherche de solutions pacifiques aux conflits.

des appartements dans des quartiers desservis par le métro,

des complexes résidentiels récents ou reconnus, avec une bonne gestion et une image positive,

un horizon de détention de cinq à sept ans minimum, en misant sur les loyers.

Les micro-marchés les plus dynamiques incluent :

Secteurs immobiliers dynamiques à Minsk

Présentation des zones résidentielles de la capitale biélorusse présentant une forte demande locative ou un potentiel de développement.

Le centre (Tsentralny)

Caractérisé par un déficit structurel de biens et un taux de vacance très faible, garantissant une forte demande.

Secteurs de Pervomaysky

Secteurs bien connectés au métro et proches des pôles de bureaux ou du secteur IT, très prisés.

Grands projets intégrés

Comme Minsk-Mir ou Mayak Minska, offrant des complexes résidentiels modernes et complets.

Quartiers en expansion

Tels que Novaya Borovaya, particulièrement ciblés par les jeunes familles et les employés du secteur technologique.

Dans ces zones, la demande locative reste forte, et les annonces bien positionnées trouvent preneur en quelques jours. Les loyers y sont plus élevés, mais la faible vacance compense généralement la prime de prix à l’achat.

Villes régionales : Brest, Grodno, Vitebsk, Gomel, Orsha…

En dehors de Minsk, le choix doit être beaucoup plus sélectif. Brest et Grodno bénéficient de leur proximité avec la frontière européenne, d’une croissance de l’activité industrielle et logistique, et d’un développement touristique progressif (Grodno notamment, avec la rénovation de sites historiques). Les rendements y sont proches de ceux de Minsk, avec des prix plus bas, ce qui donne un ticket d’entrée plus accessible.

Bon à savoir :

Vitebsk bénéficie d’une forte identité culturelle avec ses festivals et sa scène artistique, attirant un public spécifique. Cependant, la ville présente une démographie moins favorable. Les rendements locatifs y sont légèrement inférieurs à ceux des deux villes frontalières, mais les prix d’acquisition bas peuvent intéresser les investisseurs très focalisés sur le rendement.

Gomel et Mogilev, pôles industriels, offrent des opportunités sur des logements destinés aux travailleurs, là encore à condition de bien connaître le tissu économique local.

Orsha fait figure d’outsider intéressant. Sa situation stratégique sur les corridors ferroviaires russes et européens a dopé le trafic de marchandises et la demande de logements, ainsi que les prix (+10 % en 2023). Les rendements y ont été supérieurs à la moyenne nationale, mais le marché reste de taille relativement modeste.

Technologies, nouvelles tendances et politiques publiques

Le marché biélorusse ne reste pas figé. Plusieurs tendances de fond le transforment progressivement.

Les autorités ont lancé un vaste “programme d’État pour la construction de logements” visant à augmenter la surface habitable moyenne par personne à environ 32 m² d’ici la fin de la décennie (elle est déjà à plus de 30 m²). Cela se traduit par un volume annuel important de constructions neuves, avec plus de 4 millions de m² prévus certaines années, et un accent mis de plus en plus sur le parc locatif, avec des centaines de milliers de mètres carrés dédiés à ce segment.

Bon à savoir :

Les nouvelles réglementations environnementales favorisent les bâtiments sobres et éco-efficients. Les acquéreurs privilégient donc les logements neufs ou rénovés, car la mise à niveau énergétique d’un immeuble ancien est coûteuse. Cela explique et soutient la prime de prix des constructions récentes par rapport aux immeubles de l’ère soviétique.

Sur le plan technologique, la visite virtuelle s’impose rapidement comme un standard. Dans les études disponibles, environ deux tiers des acheteurs potentiels préfèrent les annonces incluant une visite virtuelle, et les jeunes adultes (18–34 ans) se montrent plus de deux fois plus enclins à réserver une visite quand un tour virtuel est proposé. Les promoteurs et les grandes agences biélorusses s’emparent de ces outils, qui réduisent fortement le nombre de visites “inutiles”.

Enfin, l’État multiplie les mesures d’incitation ciblées : crédits bonifiés pour primo-accédants, programmes de soutien à la construction de logements locatifs et au vieillissement actif (“Dignified Longevity – 2030”, feuille de route onusienne sur le vieillissement).

Profil de risque : pourquoi ce marché n’est pas pour tous les investisseurs

La Biélorussie cumule plusieurs risques que peu de marchés européens présentent à un tel niveau.

D’abord, le risque politique et géopolitique. Le pays est dirigé par un régime autoritaire, fortement contesté, étroitement lié à la Russie et impliqué dans le conflit en Ukraine. Les sanctions occidentales sont massives et peuvent être renforcées. Elles affectent la finance, le commerce, certains secteurs industriels et, indirectement, la sécurité juridique des investisseurs, en particulier ceux originaires des pays sanctionneurs.

Bon à savoir :

Le cadre juridique pour les investisseurs étrangers, notamment des pays dits ‘inamicaux’, est instable et peut évoluer rapidement. Il existe des textes autorisant la saisie de leurs biens. De plus, les conditions de vente pour ces investisseurs impliquent une surtaxe très lourde d’au moins 25% de la valeur du bien, avec un recours juridique limité et difficile pour un non-résident.

Troisième facteur, le risque monétaire. Le rouble biélorusse n’est pas librement convertible et a perdu entre 10 et 14 % de sa valeur en cinq ans. Pour un investisseur en euros ou en dollars, la plus-value nominale en devise locale peut être largement effacée par l’effet de change. Les restrictions sur les flux financiers internationaux, combinées à la déconnexion d’un certain nombre de banques du système SWIFT, compliquent encore plus la gestion des flux de loyers et la sortie de capital.

Bon à savoir :

En Biélorussie, si le marché immobilier de Minsk reste actif, de nombreux marchés locaux sont peu profonds. En période de tension politique ou économique, la revente d’un bien peut être longue et nécessiter d’importantes réductions de prix, particulièrement pour les vendeurs étrangers.

Ces éléments n’annulent pas l’intérêt du marché, mais impliquent qu’il s’adresse à des profils très spécifiques : investisseurs capables de supporter un risque politique et de change élevé, avec un horizon de placement long, prêts à accepter la possibilité d’une sortie compliquée ou coûteuse.

Stratégies d’investissement typiques : comment s’y prendre si l’on décide d’y aller

Pour un investisseur qui, malgré ces risques, souhaite se positionner sur l’immobilier en Biélorussie, quelques stratégies ressortent de l’analyse des données et des pratiques locales.

Bon à savoir :

Cette stratégie consiste à acquérir un appartement T1 ou T2 dans un quartier bien desservi par le métro et au sein d’un complexe moderne réputé. Le bien est ensuite loué à des jeunes actifs ou des familles. L’objectif est de générer un rendement locatif net stable, généralement autour de 4 à 5 % après impôts et frais, plutôt que de rechercher une plus-value rapide. Les petites surfaces sont privilégiées pour leur liquidité à la revente et leur facilité de location.

Une variante consiste à cibler la location meublée de courte durée dans le centre de Minsk ou dans les villes touristiques comme Grodno, en visant des rendements bruts supérieurs (6,5–9 %). Cette option implique une gestion plus active et une attention particulière au cadre réglementaire, notamment en matière de déclaration de revenus, de permis éventuels et d’usage touristique des immeubles.

Bon à savoir :

Une approche opportuniste consiste à cibler des villes comme Brest, Grodno, Orsha ou certains quartiers de Vitebsk. Cette stratégie offre des prix d’entrée bas et des rendements locatifs potentiels supérieurs à 6–7 %. Elle nécessite cependant une excellente connaissance du terrain, des moteurs économiques locaux (usines, logistique, zones industrielles) et une évaluation du risque de vacance en cas de ralentissement économique.

Enfin, certains investisseurs plus institutionnels ou entrepreneurs envisagent l’entrée dans des zones économiques spéciales comme Great Stone ou le High-Tech Park, via des structures de société. Dans ces cas, l’immobilier n’est qu’une composante d’un projet économique plus large (industrie, logistique, IT), susceptible d’ouvrir la voie à un permis de séjour ou à certains avantages fiscaux. Les tickets d’entrée y sont très élevés (au moins 150 000 à 200 000 euros d’investissement pour une résidence permanente dans le cadre de certains programmes, 500 000 dollars pour Great Stone).

Conclusion : un marché de niche, loin d’être “grand public”

Investir dans l’immobilier en Biélorussie, c’est entrer dans un marché paradoxal. D’un côté, des prix encore nettement inférieurs à ceux de la Pologne ou de la Lituanie, des rendements locatifs honorables, une capitale dynamique et une offre neuve de plus en plus qualitative. De l’autre, un environnement politique fragile, un risque réglementaire élevé, des sanctions lourdes, une monnaie peu liquide et un système bancaire sous pression.

Bon à savoir :

Pour un investisseur local ou originaire d’un pays régional peu exposé aux sanctions, le marché immobilier biélorusse, notamment à Minsk ou dans certaines villes industrielles en développement, peut présenter un intérêt pour des stratégies de rendement à long terme. En revanche, pour un investisseur d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord ou d’un pays considéré comme ‘inamical’, l’investissement est beaucoup plus risqué en raison des obstacles à la sortie des capitaux, des risques de saisie et des contraintes bancaires, même si le rendement nominal peut être supérieur à la moyenne.

En résumé, l’immobilier biélorusse n’est pas un terrain pour débutants ni pour investisseurs à la recherche d’une diversification tranquille. C’est un marché de niche, où la moindre décision doit être précédée d’une étude juridique et fiscale approfondie, d’une analyse fine du contexte géopolitique, et d’un accompagnement local de très haut niveau. Ceux qui acceptent ce niveau de complexité peuvent y trouver des opportunités réelles ; ceux qui cherchent la simplicité et la sécurité juridique auront intérêt à regarder ailleurs sur la carte de l’Europe.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Biélorussie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au rouble biélorusse. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Minsk, Brest, Gomel), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans un quartier en développement de Minsk, combinant un rendement locatif brut cible proche de 10 % – plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 500 000 dollars.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.
Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de profiter des opportunités du marché biélorusse tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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