La Barbade coche pratiquement toutes les cases du rêve immobilier caribéen : plages de carte postale, État de droit solide, devise arrimée au dollar américain, fiscalité clémente et marché locatif porté par un tourisme haut de gamme. Mais derrière l’image de carte postale se cache un marché sophistiqué, où se mêlent fiscalité spécifique, contrôle des changes, programmes de résidence pour investisseurs et arbitrages subtils entre littoral ou intérieur, villa ou condo, cash ou financement local.
Cet article fournit un guide complet en français pour les investisseurs envisageant l’achat d’un bien à la Barbade, couvrant les spécificités pour une résidence secondaire, un investissement locatif ou une acquisition en vue d’une installation future.
Un marché immobilier caribéen parmi les plus attractifs
La Barbade s’est imposée au fil des cinquante dernières années comme l’un des marchés immobiliers les plus recherchés des Caraïbes. L’île, anglophone, s’appuie sur une démocratie stable, un système judiciaire fondé sur la common law anglaise et des infrastructures avancées (routes, télécoms, santé, éducation) rarement égalées dans la région.
Le prix moyen des maisons individuelles a atteint 580 000 dollars en 2023, après une hausse constante depuis 2008.
Les statistiques récentes illustrent la vigueur actuelle du marché :
| Indicateur clé (début 2025) | Valeur ou évolution estimée |
|---|---|
| Hausse moyenne des prix (année sur année) | ≈ 6,9 % |
| Augmentation des biens vendus (2025 vs 2023) | +75 % |
| Progression moyenne du prix de vente (sur 1 an) | ≈ +25 % |
| Demande des acheteurs étrangers (2025 vs 2024) | ≈ +15 % |
| Croissance annuelle secteur luxe (West Coast) | ≈ +10 % |
Cette dynamique tient à plusieurs facteurs : retour en force du tourisme (les arrivées ont dépassé les niveaux record d’avant 2019), montée en puissance des télétravailleurs internationaux grâce au visa « Welcome Stamp », stratégies de réforme économique (programme BERT) et multiplication de grands projets hôteliers et résidentiels.
Barbade, résidence et citoyenneté : ce que l’immobilier permet… et ne permet pas
Contrairement à cinq États voisins de la Caraïbe orientale (Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie) qui proposent des programmes de citoyenneté par investissement, la Barbade a fait un choix politique clair : pas de citoyenneté vendue en échange d’un chèque.
La Première ministre Mia Amor Mottley l’a répété : la citoyenneté barbadienne « ne sera jamais une marchandise ». Les réformes en préparation privilégient notamment les personnes ayant des racines familiales barbadiennes et les ressortissants d’autres États de la CARICOM.
Pour un investisseur immobilier, cela ne signifie pas que l’achat est dépourvu d’avantages migratoires. La Barbade offre plusieurs statuts de séjour attractifs :
La Barbade propose plusieurs voies d’accès à la résidence et à la citoyenneté, adaptées aux télétravailleurs, investisseurs et résidents de longue durée.
Visa de 12 mois renouvelable pour télétravailleurs et entrepreneurs. Coût : 2 000 $ pour un individu, 3 000 $ pour une famille. Exempte de tout impôt local sur les revenus étrangers.
Résidence permanente indéterminée avec droit au travail. Conditions : investissement minimum de 2 millions de dollars dans l’économie barbadienne et patrimoine d’au moins 5 millions de dollars.
Permis de cinq ans renouvelable. Condition : achat d’un bien d’au moins 300 000 $ financé par des fonds étrangers. Particulièrement prisé des retraités ou résidents financiers sans activité locale.
Accès possible après plusieurs années de présence légale continue sur le territoire barbadien.
Possible après au moins sept ans de résidence légale. La Barbade accepte la double nationalité.
En clair : un achat immobilier peut servir de socle à un projet de résidence à long terme, mais pas à une citoyenneté instantanée comme dans certains pays voisins.
Un cadre ultra ouvert aux acheteurs étrangers
L’un des grands atouts de la Barbade est l’absence totale de restriction sur la propriété foncière pour les non-Barbadiens. Un étranger peut acheter un terrain ou une maison en pleine propriété (freehold) sans quota, licence spécifique ni obligation de résidence. Il peut aussi détenir des biens commerciaux ou certains terrains agricoles, sous réserve de quelques contraintes sur des parcelles à forte sensibilité culturelle ou agricole.
L’acheteur étranger jouit des mêmes droits qu’un citoyen pour la détention et la transmission du bien. Les formes de détention possibles incluent :
La propriété immobilière à la Barbade peut être structurée de plusieurs manières : directement au nom d’une personne physique, via une société locale, ou via une société offshore (comme des entités des Îles Vierges Britanniques, de Saint-Vincent ou de Sainte-Lucie) enregistrée comme entité externe. Elle peut également être détenue en indivision (tenancy in common) ou en tontine (joint tenancy). Enfin, pour une planification patrimoniale avancée, la détention peut passer par un trust.
La seule grande spécificité pour les non-résidents concerne le contrôle des changes. Toute somme importée pour financer un achat doit être enregistrée auprès de la Banque centrale de la Barbade. Cette formalité, gérée habituellement par l’avocat, conditionne la possibilité de rapatrier à l’avenir le produit de la vente, augmenté d’une « allowance » de plus-value autorisée.
Les transactions dites « domestiques » (vente directe du bien) et celles réalisées via la cession de parts d’une société offshore propriétaire du bien obéissent à des règles fiscales distinctes, sur lesquelles nous revenons plus loin.
Où investir : anatomie des principaux marchés de l’île
L’île de 166 miles carrés se découpe en marchés très différenciés. Les arbitrages se font entre prestige, rendement locatif, budget et tolérance au risque climatique (exposition littorale, salinisation, etc.).
West Coast, la « Platinum Coast » du luxe
La côte ouest concentre l’essentiel de l’offre ultra haut de gamme et attire l’essentiel des acheteurs venus du Royaume-Uni, du Canada et des États‑Unis. Les eaux sont calmes, les plages en croissant de lune (Sandy Lane, Paynes Bay, Mullins, Gibbs), la densité de golfs, marinas, restaurants étoffés et boutiques de luxe (Limegrove à Holetown) est, pour une petite île, exceptionnelle.
Quelques micro‑marchés emblématiques :
L’investissement immobilier de prestige à la Barbade se concentre sur des zones bien spécifiques de la côte ouest. Le **Sandy Lane Estate** est un symbole établi, en pleine rénovation de villas anciennes pour les moderniser, avec l’accès exclusif à son Beach Club et à ses courts de tennis. Les grands domaines golfiques sécurisés comme **Royal Westmoreland** et **Apes Hill** sont très prisés, offrant villas, appartements, lots et services hôteliers, avec une expansion continue (ex: +70 maisons prévues à Royal Westmoreland). **Holetown**, cœur cosmopolite, monte en gamme avec l’extension du centre Limegrove et de nouveaux projets hôteliers. Plus au nord, **Speightstown** se gentrifie avec des développements comme le Pendry Hotel et les complexes portuaires Port St Charles et Port Ferdinand, dédiés à la plaisance.
Sur cette côte, les villas et condos de luxe se négocient généralement entre 500 et 1 000 dollars US le pied carré, et les prix globaux courants s’échelonnent entre 1 million et plus de 20 millions de dollars pour les propriétés les plus emblématiques. La croissance annuelle des prix y est souvent à deux chiffres, autour de 10 % récemment.
South Coast : dynamisme, accessibilité et rendement
La côte sud, autour de Christ Church, Dover, Rockley, Hastings ou encore St. Lawrence Gap, combine plages animées, surf, bars, restaurants et accès rapide à l’aéroport international Grantley Adams. Les prix au mètre carré y sont en moyenne inférieurs à la West Coast, avec des budgets typiques entre 400 000 et 2 millions de dollars.
Les autorités observent une conversion croissante des visiteurs en résidents permanents, notamment parmi les détenteurs du visa Welcome Stamp séduits par le mode de vie, ce qui dynamise le marché immobilier local.
East Coast et nord : nature, tranquillité et potentiel d’eco‑tourisme
La côte est, tournée vers l’Atlantique, est plus sauvage, moins bâtie, avec des panoramas spectaculaires à Bathsheba ou Cattlewash. Les propriétés y sont moins nombreuses, plus exposées au sel et aux embruns, ce qui renchérit l’entretien, mais les prix de départ sont plus bas, entre 300 000 et 1,5 million de dollars.
C’est un terrain fertile pour des projets :
Le secteur se caractérise par le développement d’eco‑lodges et de petites structures hôtelières de charme, de résidences secondaires axées sur le calme et le paysage, ainsi que de villas architecturales intégrées au paysage. Cattlewash accueille par exemple une villa contemporaine vitrine dessinée par Doug Luke et un « day house » décoré par Robert Stern.
Développement touristique à Cattlewash
Au nord, autour de St. Lucy ou de la côte de falaises, la topographie offre des vues spectaculaires, avec un ticket d’entrée plus abordable qu’à l’ouest. Ces zones sont citées comme émergentes pour leur potentiel de développement.
Intérieur de l’île : espace, valeur et migration vers l’inland
Les paroisses intérieures comme St. George et St. Thomas enregistrent une hausse de la demande, portée par des Barbadien·ne·s désireux d’accéder à la propriété et des étrangers à la recherche d’espace et de prix plus contenus. On y trouve des terrains et maisons entre 200 000 et 1 million de dollars, souvent sur des lots plus grands, tout en restant à distance raisonnable des côtes.
Des quartiers comme Warrens et Welches se développent en pôles mixtes bureaux/commerces/résidentiel. Le complexe The W Plaza à Welches a déjà livré une première phase avec grand parking et prévoit un hôpital dernier cri, ce qui renforce l’attractivité locative des environs.
Quels types de biens tirent le mieux leur épingle du jeu ?
Le marché barbadien est très segmenté, mais quelques tendances lourdes se dégagent.
Villas et condos de luxe : l’étalon du marché
Le segment haut de gamme donne souvent le « la » au reste du marché. On y observe :
– une préférence marquée pour les biens clé en main, aux normes internationales, dans des communautés gérées ;
– un intérêt pour la flexibilité d’usage : propriété personnelle une partie de l’année, location saisonnière le reste du temps ;
– une pénurie relative sur les lignes de front de mer les plus recherchées, notamment sur la West Coast, ce qui soutient les prix.
Les résidences type Emerald Chateau (cinq étages, une unité par niveau d’environ 1 300 m² avec piscine privée) représentent le sommet de gamme, avec des prix « sur demande ».
Appartements, condos et vie urbaine
On constate une montée en puissance de la demande pour :
– des appartements de 2–3 chambres ;
– des condos avec services partagés (piscine, sécurité, gym, conciergerie) ;
– des complexes urbains ou péri‑urbains pensés pour la vie moderne (télétravail, connexion fibre, parkings, commerces au pied).
Le projet SpeedBird House à Bridgetown comprend 60 appartements répartis sur dix étages.
Marché du terrain : regain d’intérêt et arbitrage coût / temps
Les ventes de terrains sont à un plus haut de cinq ans. Acheter un lot à proximité de la mer revient généralement 15 à 20 % moins cher que l’acquisition d’une maison déjà construite, mais implique :
– un délai de 12 à 24 mois pour la construction ;
– des coûts supplémentaires (architecte, ingénierie, permis, travaux, imprévus) ;
– une gestion de projet plus lourde.
Pour des investisseurs de long terme, surtout s’ils résident sur place et peuvent superviser, les terrains proches de plages clés offrent toutefois un potentiel d’appréciation souvent supérieur.
Une fiscalité immobilière étonnamment clémente
La Barbade a structuré une fiscalité attractive pour les investisseurs, en particulier internationaux. Trois piliers la rendent particulièrement compétitive.
Pas de taxation des plus‑values ni de l’héritage
La revente d’un bien immobilier n’est pas soumise à un impôt sur les plus‑values. De même, il n’existe pas d’impôt sur la fortune ni de droits de succession propres à l’île sur la transmission de biens immobiliers, ce qui en fait un terrain favorable pour la planification patrimoniale, surtout lorsqu’il s’articule avec les conventions de non‑double imposition signées avec de nombreux pays (États‑Unis, Canada, etc.).
Taxe foncière modérée et décotes généreuses
La taxe foncière (land tax) est calculée sur la valeur « améliorée » (bâtie) du bien pour le résidentiel, selon un barème progressif :
| Tranche de valeur améliorée – résidence principale | Taux appliqué |
|---|---|
| Jusqu’à 150 000 BBD | 0 % |
| > 150 000 à 450 000 BBD | 0,10 % |
| > 450 000 à 850 000 BBD | 0,70 % |
| Au‑delà de 850 000 BBD | 1 % (plafonné à 100 000 BBD de taxe par an) |
Pour les biens non résidentiels, le taux est de 0,95 % de la valeur améliorée. Les terrains non bâtis sont taxés sur la valeur du site, à 0,8 % pour les lots de moins de 4 000 pieds carrés, 0,9 % puis 1 % au‑delà en fonction de la valeur.
Plusieurs concessions réduisent encore la facture :
– villas certifiées par l’office du tourisme : remise de 25 % ;
– hôtels : base imposable réduite de moitié ;
– retraités occupant leur propre résidence : imposition sur seulement 40 % de la taxe due ;
– producteurs d’énergie solaire : remise pouvant atteindre 50 % sous conditions.
Des remises pour paiement anticipé sont aussi prévues : 10 % si règlement dans les 30 jours suivant l’avis, 5 % dans les 60 jours.
Au regard des standards régionaux, la charge annuelle d’impôt foncier, généralement comprise entre 0,1 % et 1 % de la valeur, est considérée comme relativement basse.
Droits de mutation : seller‑paid mais à intégrer dans les prix
La cession d’un bien immobilier par voie de vente domestique génère deux prélèvements principaux, traditionnellement à la charge du vendeur :
Exonération des premiers 150 000 BBD de la Property Transfer Tax lorsqu’un bâtiment est inclus dans la transaction.
Exemple : pour un bien résidentiel vendu 350 000 BBD avec bâtiment, le vendeur paiera :
– transfert : 2,5 % sur 200 000 BBD (350 000 – 150 000) soit 5 000 BBD ;
– stamp duty : 1 % sur 350 000, soit 3 500 BBD.
Pour les achats via une société offshore détenant le bien, la transaction porte non pas sur le bien lui‑même mais sur les actions de la société, ce qui permet en pratique d’éviter ces 3,5 % (2,5 % + 1 %) au moment de la revente. En contrepartie, l’acquéreur doit supporter :
– les coûts de constitution de la structure (environ 5 000 dollars US) ;
– des frais annuels de maintien de l’ordre de 1 600 dollars US ;
– l’enregistrement de la société comme entité externe à la Barbade.
Ce montage est souvent réservé aux biens de valeur significative ou aux investisseurs multipropriétaires.
TVA, droits de douane et autres taxes à ne pas oublier
Au‑delà des droits de mutation, l’investisseur doit composer avec plusieurs taxes indirectes, notamment pour les travaux, l’ameublement ou l’exploitation locative.
La TVA standard s’élève à 17,5 % sur la plupart des biens et services, y compris les honoraires d’avocat, d’agent et certains travaux de construction ou de rénovation. Les services financiers, certaines opérations immobilières, l’éducation ou la santé sont partiellement ou totalement exonérés.
Dans le domaine touristique, un taux préférentiel de 10 % s’applique à la fourniture d’hébergement par des hôtels, maisons d’hôtes et locations de vacances éligibles, ainsi qu’à certains services touristiques.
S’ajoutent :
Les visiteurs doivent prendre en compte plusieurs taxes spécifiques : une Shared Economy Levy de 10 % sur les hébergements touristiques (incluant les locations de villas à courte durée), un Product Development Levy de 3,75 % sur une gamme de services touristiques, ainsi que des taxes de chambre (room rate levy) spécifiques à l’hôtellerie.
Les droits de douane, eux, frappent nombre de biens importés. La plupart des produits supportent des taux de 0 à 20 %, mais les articles dits de luxe (bijoux, certains spiritueux, etc.) peuvent être taxés à 60 %. Des exemptions existent pour les intrants agricoles ou industriels, ainsi que pour certains équipements informatiques.
Enfin, une taxe de 2 % sur les ventes de devises est due sur la plupart des opérations de change (virements, paiements par carte…), jusqu’à un plafond de 100 000 BBD par transaction.
L’impôt sur les loyers : un régime clair et prévisible
L’un des attraits principaux de l’immobilier barbadien réside dans la combinaison d’une forte demande locative et d’un régime fiscal relativement simple.
– Les revenus locatifs résidentiels sont imposés à un taux forfaitaire d’environ 15 %.
– Pour les non‑résidents, une retenue à la source de 25 % sur les loyers bruts peut s’appliquer, imputable sur l’impôt final.
– Des accords de non‑double imposition avec plusieurs pays permettent souvent d’éviter une imposition cumulée dans le pays de résidence du bailleur.
Les rendements bruts annuels typiques pour les locations de vacances, pouvant atteindre près de 10 % dans certaines zones.
Les loyers de longue durée sont plus modérés mais plus stables : à Christ Church, par exemple, des biens bien situés se louent entre 1 500 et 10 000 dollars US par mois, tandis qu’à St. Peter les fourchettes courantes se situent entre 2 000 et 12 000 dollars.
Le marché montre par ailleurs un glissement partiel de certains propriétaires du court terme vers le long terme, afin de lisser les revenus et réduire la dépendance aux saisons touristiques, notamment dans des paroisses comme Christ Church, St. James et St. Philip.
Financer son achat : cash, banque locale ou structure offshore ?
Beaucoup d’investisseurs étrangers achètent comptant, souvent en mobilisant des lignes de crédit ou des refinancements dans leur pays d’origine. D’autres optent pour des financements locaux ou régionaux.
Hypothèques locales : critères et conditions
Les banques barbadiennes (RBC, CIBC FirstCaribbean, Republic Bank, etc.) prêtent aussi aux non‑résidents, généralement :
– avec un loan‑to‑value de 60 à 70 % (50 % au‑delà de 2,5 millions de dollars), ce qui implique un apport de 30 à 40 % ;
– sur des durées de 5 à 25 ans pour les non‑résidents (jusqu’à 30–35 ans pour des résidents) ;
– à des taux d’intérêt variables selon la devise et le profil, fréquemment à partir de 4,5–6 % pour certaines offres en dollars US, parfois plus sur les produits plus risqués.
Pour constituer un dossier complet de demande de prêt, il faut fournir : des justificatifs de revenus, des relevés bancaires, un historique de crédit, une promesse de vente et un rapport de valuation. Les auto‑entrepreneurs doivent également joindre leurs documents comptables et d’enregistrement.
Structures offshore : arbitrage fiscal et contrôle des changes
L’achat via une société offshore, très courant sur le segment luxe, poursuit plusieurs objectifs :
– économie de droits lors d’une revente future (pas de 2,5 % de transfert ni de 1 % de stamp duty) ;
– contournement de certaines contraintes de contrôle des changes (pas d’enregistrement préalable des devises pour la revente d’actions) ;
– confidentialité accrue, même si les normes internationales de transparence (CRS, BEPS) ont réduit cet avantage ;
– souplesse en matière de succession (transmission des parts plutôt que du bien directement).
Mais cette sophistication a un coût et n’est pleinement intéressante que sur des montants élevés ou des portefeuilles multi‑biens. Dans bien des cas, pour un premier achat unique, la détention directe reste plus simple et économique.
Le processus d’achat, pas à pas
À la Barbade, le cheminement d’une acquisition est proche de ce que l’on connaît au Royaume‑Uni, avec un rôle central de l’avocat.
L’acquisition d’un bien immobilier à Malte suit un processus structuré. Il débute par la sélection du bien et une offre verbale à l’agent, suivie de son acceptation par le vendeur et de l’intervention des avocats. Un contrat de vente (Agreement for Sale) est signé, accompagné du versement d’un dépôt d’environ 10% sur le compte séquestre de l’avocat du vendeur. L’avocat de l’acheteur réalise ensuite une due diligence, vérifiant la chaîne de titre, les hypothèques, les servitudes, la conformité urbanistique et le statut des factures. L’acheteur doit obtenir les autorisations de contrôle des changes et enregistrer les fonds étrangers auprès de la Banque centrale. L’acte de transfert (conveyance) ou les documents de cession d’actions sont préparés et signés. Le solde (généralement 90%) est payé et la possession est délivrée. Enfin, l’acte est enregistré au Land Registry pour mettre à jour les registres fonciers.
Le calendrier typique prévoit un délai de 2 à 4 semaines entre l’offre et la signature du contrat, puis 3 à 6 mois jusqu’à la completion. Les signatures peuvent être réalisées à distance devant un notary public ou un commissioner of oaths dans le pays de résidence.
Il est fortement conseillé de souscrire une assurance habitation dès la signature de l’Agreement for Sale, car c’est souvent à ce stade que le risque sur le bien bascule contractuellement.
Coûts annexes : ce qu’il faut budgéter au‑delà du prix d’achat
Les frais d’acquisition et de détention, souvent sous‑estimés par les débutants, doivent être intégrés dès le montage de l’investissement.
Parmi les principaux postes :
| Poste de coût (achat) | Ordre de grandeur typique |
|---|---|
| Honoraires d’avocat (acheteur) | 1–2,5 % du prix + 17,5 % de TVA |
| Commission d’agence (vendeur) | 4–6 % du prix + TVA |
| Droit de timbre – conveyance (vendeur) | 1 % |
| Property Transfer Tax (vendeur) | 2,5 % au‑delà du seuil exonéré |
| Frais de banque (dossier hypothécaire) | ≈ 1–2 % du montant du prêt + TVA |
| Meubles / aménagement initial | 10 000 à 40 000 dollars US (selon standing du bien) |
En exploitation, il faut intégrer : l’ensemble des processus, des ressources humaines et matérielles, ainsi que la gestion des risques.
Forfait mensuel minimal pour la gestion locative d’une propriété, auquel s’ajoutent des commissions sur les locations.
Un environnement macroéconomique favorable, mais pas sans risques
Sur le plan macro, la Barbade affiche des fondamentaux solides mais pas exempts de défis.
– PIB d’environ 5,6–6,4 milliards de dollars, tiré principalement par le tourisme, les services aux entreprises, la construction et une industrie financière offshore bien développée ;
– croissance réelle d’environ 4 % en 2024, attendue autour de 2–3 % par an à moyen terme ;
– dette publique élevée mais en décrue, avec un objectif de 60 % du PIB à l’horizon 2035–2036 dans le cadre du programme BERT ;
– inflation maîtrisée aux alentours de 4–5 %, après les tensions globales sur l’énergie et l’alimentation ;
– chômage en recul (environ 7,1 % au troisième trimestre 2024).
Les risques identifiés ne sont pas négligeables :
Le secteur est confronté à une triple vulnérabilité : un choc climatique majeur (tempête centennale) pourrait réduire le PIB de plus de 7%, en particulier dans l’hôtellerie et le littoral ; il est exposé aux cycles touristiques mondiaux et aux chocs externes comme les pandémies ; et il subit le risque d’un durcissement des conditions financières internationales, augmentant le coût du crédit.
Ces éléments plaident pour une approche prudente : diversification géographique au sein de l’île (ne pas se cantonner uniquement à la première ligne de côte), choix de constructions robustes, attention aux normes de résilience climatique, assurance adéquate contre vents et inondations.
Résumer la proposition de valeur : pourquoi la Barbade séduit les investisseurs immobiliers
En croisant tous ces éléments, le cas barbadien se dessine clairement.
1. Sécurité juridique et politique Propriété privée bien protégée, justice indépendante, absence de restrictions sur la détention par des étrangers, ancrage démocratique stable.
2. Environnement fiscal pro‑investisseur Pas d’impôt sur les plus‑values immobilières ni sur la fortune, pas de droits de succession locaux sur les biens, taxe foncière modérée, régime claire sur les loyers, accords de non‑double imposition.
3. Dynamique de marché robuste Progression régulière des prix, forte demande étrangère en hausse de 15 % sur un an, explosion des volumes de ventes (+75 % entre 2023 et 2025), afflux de télétravailleurs et retour d’un tourisme record.
Découvrez notre large éventail d’opportunités d’investissement immobilier à Maurice, adaptées à chaque projet et profil.
Investissement dans des villas de prestige sur la Platinum Coast, synonyme de luxe et d’exclusivité.
Acquisition d’appartements modernes et entièrement équipés sur la dynamique South Coast.
Opportunités de terrains en zone intérieure, parfaits pour une construction personnalisée.
Investissement locatif ciblant les expatriés et professionnels pour un rendement régulier.
Portefeuille d’investissements dans des bureaux, commerces de détail (retail) et établissements hôteliers (hospitality).
5. Passerelles migratoires sans « passeport à vendre » Programmes de résidence pour investisseurs (SERP), visa Welcome Stamp pour télétravailleurs, voie de naturalisation à moyen terme, mais refus d’un modèle purement transactionnel de citoyenneté par investissement.
6. Risque mesuré mais bien identifié Dépendance au tourisme, vulnérabilité climatique, coûts de construction élevés et pénurie de foncier prime sont des contraintes réelles, qui poussent le marché vers plus de qualité et de long terme, plutôt que la pure spéculation.
Pour investir dans l’immobilier barbadien, il est recommandé de s’entourer d’un avocat local, d’un agent expérimenté et éventuellement d’un conseil fiscal international. Le marché offre plusieurs atouts : une économie caribéenne en croissance, une monnaie stable (le dollar barbadien est arrimé au dollar US), une fiscalité claire, des rendements locatifs solides et une excellente qualité de vie, en faisant à la fois un investissement et une destination de séjour agréable.
Dans un contexte où plusieurs programmes de citoyenneté par investissement des Caraïbes ont été scrutés de près par les États‑Unis et l’Union européenne, la stratégie de la Barbade – misant sur la résidence, l’investissement productif et la solidité institutionnelle, plutôt que sur le « passeport express » – pourrait bien renforcer encore, à long terme, l’attrait de son immobilier auprès d’une clientèle internationale à la recherche autant de sécurité que de soleil.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à la Barbade pour rechercher du rendement locatif saisonnier et une exposition au dollar barbadien, indexé sur le dollar américain. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs zones (côte ouest, sud de l’île, Bridgetown), la stratégie retenue a consisté à cibler une villa ou un appartement haut de gamme proche des plages, dans un secteur touristique dynamique comme Holetown ou Saint Lawrence Gap, combinant rendement locatif brut cible de 8 à 10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + ameublement + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification internationale en cohérence avec sa stratégie patrimoniale globale.
Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.