Comment négocier un achat immobilier en Colombie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’offrir un appartement à Medellín, une maison de ville à Bogotá ou un pied-à-terre à Cartagena fait rêver beaucoup d’étrangers. Les prix restent attractifs, la rentabilité locative est souvent supérieure à celle de l’Europe ou de l’Amérique du Nord et, juridiquement, les étrangers ont les mêmes droits que les Colombiens pour acheter et détenir un bien. Mais une chose surprend systématiquement les nouveaux acheteurs : en Colombie, la négociation n’est pas un détail, c’est le cœur du jeu.

Bon à savoir :

La négociation ne se limite pas à discuter le prix. Elle nécessite de comprendre les marges, la psychologie des vendeurs, la répartition des frais, la fiscalité et les codes sociaux locaux. Une bonne préparation permet d’économiser des sommes importantes, de sécuriser l’investissement et de bâtir une relation de confiance, tandis qu’une approche mal préparée peut entraîner des surcoûts ou des risques juridiques.

Comprendre le marché pour savoir jusqu’où négocier

Avant même de parler tactique, il faut savoir dans quelle fourchette de prix on se trouve. Impossible de négocier efficacement si l’on ne connaît pas l’ordre de grandeur des valeurs.

En moyenne, la médiane des prix de logement en Colombie tourne autour de 390 millions de pesos colombiens (environ 94 000 USD), avec un prix moyen plus élevé, autour de 504 millions COP. Le prix médian au mètre carré se situe aux alentours de 4,9 millions COP, l‘average autour de 5,4 millions COP. En pratique, près de 80 % des biens résidentiels mis en vente se situent entre 220 et 850 millions COP, soit grosso modo l’équivalent de 53 000 à 205 000 dollars.

12.9

Le prix au mètre carré peut atteindre 12,9 millions de pesos colombiens dans le quartier haut de gamme de La Cabrera à Bogotá.

On peut résumer quelques ordres de grandeur typiques dans le tableau ci‑dessous.

Ville / segmentFourchette typique de prixPrix indicatif au m² (COP)
Marché résidentiel national (médian)~390 M COP par logement~4,9 M COP/m² (médian)
Marché résidentiel national (moyen)~504 M COP par logement~5,4 M COP/m² (moyen)
Bogotá – quartiers haut de gammeJusqu’à ~12,9 M COP/m² (La Cabrera)10–13 M COP/m²
Medellín – El Poblado800 M – 2,2 Md COP par appart.Variable selon la tour
Périphérie Bogotá (Soacha, etc.)3–4,5 M COP/m²170–230 M COP pour 40–50 m²

Sur dix ans, les prix ont bondi d’environ 91 % en valeur nominale, mais corrigés de l’inflation, la hausse réelle n’est que de l’ordre de 12 %. Sur un an, la hausse nominale avoisine 6 %, contre à peine 1 % réel. Autrement dit, on est loin d’une bulle purement spéculative portée par le crédit : la Colombie est surtout un marché de cash, avec peu de levier bancaire, ce qui a des conséquences directes sur la négociation.

Marché de cash, emprunt cher : un contexte qui façonne la négociation

Les taux de crédit immobilier dépassent facilement 11–12 % par an, même pour les programmes de logement social (VIS). Les banques demandent souvent 30 à 40 % d’apport, et pour un étranger sans historique local, obtenir un prêt reste compliqué. Résultat : la plupart des transactions se font comptant.

Astuce :

Contrairement à une idée reçue, payer cash en France n’ouvre pas automatiquement droit à un rabais important, car c’est souvent la norme. La négociation doit plutôt porter sur d’autres aspects : le prix affiché (souvent gonflé), l’état du bien, les délais, et surtout la répartition des frais de transaction.

Marges de négociation : à quoi s’attendre vraiment ?

Les chiffres issus du marché de la revente sont clairs : sur un appartement ou une maison existante, les acheteurs obtiennent en moyenne un rabais d’environ 6 % sur le prix annoncé, avec une fourchette habituelle entre 3 et 8 %. Rien d’exceptionnel en apparence, mais il faut bien comprendre que les vendeurs anticipent cette négociation dès la mise en vente : ils listent leur bien au‑dessus du prix qu’ils espèrent réellement toucher.

Attention :

Dans l’immobilier neuf, les appartements vendus par des promoteurs se négocient peu, souvent au prix catalogue ou à proximité. Les marges de manœuvre sont réduites, mais il est parfois possible de discuter des modalités, comme l’échéancier de paiement, l’inclusion de places de parking ou la prise en charge d’une partie des frais.

Pour des biens plus anciens, nécessitant des travaux ou affichés à des prix visiblement surévalués, le rabais peut être plus important. Mais là encore, la culture locale surprend souvent les étrangers : évoquer les travaux nécessaires pour justifier une grosse baisse n’est pas forcément un argument reconnu par le vendeur. Ce que l’acheteur perçoit comme des défauts (cuisine datée, salle de bains à refaire, finitions vieillottes) est parfois considéré par le propriétaire comme du « charme » ou au contraire comme un détail négligeable. S’arc‑bouter sur ce levier peut braquer la discussion plutôt que de l’ouvrir.

Le facteur culturel : pourquoi la manière de négocier compte autant que les chiffres

Négocier un achat immobilier en Colombie repose autant sur la culture que sur les mathématiques. Le marchandage est attendu, parfois même apprécié, mais il obéit à des règles implicites.

Beaucoup de propriétaires préfèrent « attendre leur prix » plutôt que de baisser, surtout si le marché global est orienté à la hausse. Là où un Européen ou un Nord‑Américain pensera « mieux vaut laisser un peu de marge pour que ça parte », un Colombien se dira parfois qu’il sera patient jusqu’à trouver l’acheteur qui acceptera son chiffre, voire qu’il ajustera son prix vers le haut si les prix montent autour de lui.

Bon à savoir :

Il est recommandé d’adopter un état d’esprit ludique et sérieux, sans agressivité. Les échanges doivent rester cordiaux, agrémentés de small talk. Évitez absolument de vous montrer fâché, ironique ou méprisant, car cela risquerait de mettre fin à la discussion.

Deux éléments culturels sont souvent sous‑estimés par les étrangers :

Bon à savoir :

Pour éviter la ‘taxe gringo’, privilégiez l’espagnol ou un intermédiaire local lors des échanges. Maintenez une attitude factuelle et réservée face à un bien, car un enthousiasme trop marqué réduit votre marge de négociation.

Un autre point subtil : après plusieurs allers‑retours d’offres et contre‑offres, la culture locale considère souvent que les deux parties sont moralement engagées à aller au bout si un accord de principe se dessine. Rompre brutalement après trois ou quatre tours de négociation peut être vécu comme un affront personnel. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible de se retirer, mais qu’il est préférable d’avoir une stratégie claire dès le départ et d’éviter les marchandages interminables si l’on sait qu’on ne dépassera pas un certain montant.

Bien préparer sa cible : prix, budget global et scénario de retrait

Pour négocier sérieusement, il faut connaître son « prix cible » et, surtout, son plafond. En Colombie, on doit y ajouter les coûts annexes qui ne sont pas négligeables. Les frais de clôture (notaire, enregistrement, taxes, avocat) tournent autour de 2,5 à 4,5 % du prix, mais si l’on intègre les éventuels travaux, la facture réelle peut grimper de 10 à 20 % supplémentaires.

On peut schématiser les principaux postes pour un acheteur comme suit.

Poste de coût pour l’acheteurOrdre de grandeur typique
Frais de notaire~0,3–0,5 % du prix
Taxe d’enregistrement / registro~1,0–1,7 % du prix
Frais d’inscription de l’acte~0,2–0,5 % du prix
Honoraires avocat (due diligence, contrats)Forfait 1,5–6 M COP (~360–1 450 USD)
Commission d’agent côté acheteur0–3 % (souvent payée par le vendeur)
Travaux légers (peinture, petites rénovations)~5–10 % du prix du bien
Rénovation lourde (cuisine, salles de bains, etc.)~12–20 % du prix du bien

Pour un appartement de 500 millions COP, acheter 6 % sous le prix affiché représente 30 millions COP d’économies immédiates. Mais négliger 10 % de travaux potentiels, ou accepter sans discuter une répartition défavorable des frais, peut anéantir ce gain. Définir un budget intégrant ces paramètres permet d’entrer en négociation avec une vision nette : jusqu’où peut‑on monter, et à quel prix total (frais inclus) est‑on prêt à renoncer pour passer à un autre bien.

Structurer l’offre : au‑delà du prix affiché

En Colombie, la séquence classique d’un achat ressemble à ceci : offre verbale, accord de principe, discussion sur le prix qui figurera dans l’acte, sur le montant de l’acompte, sur la répartition de certains impôts locaux, puis signature d’une Promesa de Compraventa (promesse de vente) avec versement d’environ 10 % du prix. La date de signature de l’Escritura Pública (acte authentique) est ensuite fixée.

Exemple :

La promesse de vente est un contrat ferme qui engage les parties. Elle fixe définitivement des éléments essentiels comme le prix, les modalités de paiement, la répartition des commissions et des frais, ainsi que les proratisations. En cas de rupture unilatérale, les pénalités sont souvent très lourdes, pouvant représenter entre 10 % et 20 % de la valeur du bien. Cela en fait un levier crucial lors de la phase de négociation, car son engagement est difficile et coûteux à revenir.

Deux erreurs sont fréquentes chez les étrangers :

se concentrer uniquement sur le montant « gros chiffre » et négliger la répartition des frais de notaire, d’enregistrement, des taxes ou même du nouveau timbre fiscal pour les biens de luxe ;

– accepter que le prix déclaré à l’acte soit inférieur au prix réel, pour « économiser » des impôts, sans mesurer le risque juridique et fiscal pour l’avenir.

Or, précisément, jouer sur la structuration de l’offre et la répartition des coûts est un des leviers les plus efficaces pour améliorer sa position sans forcément exiger une baisse frontale du prix affiché.

Négocier en utilisant les frais de clôture à son avantage

Le paquet global des « gastos notariales » rassemble plusieurs lignes : honoraires du notaire, taxe départementale, taxe d’enregistrement, éventuellement droit de timbre sur les biens dépassant un certain seuil, sans compter la retenue à la source de 1 % à la charge du vendeur personne physique.

Le détail compte, car chaque poste obéit à des règles différentes.

Type de coûtQui paie en principe ?Taux ou base indicative
Honoraires notariés (0,3 % + TVA)Souvent 50/50 vendeur–acheteur0,3 % de la valeur de l’acte + 19 % de TVA
Taxe départementale (Rentas)En pratique souvent 50/50~0,5–1 % + petites estampillas
Taxe de registro (ville)100 % à la charge de l’acheteurTaux progressif, env. 0,9 % + 2 % de surtaxe
Retención en la Fuente (1 %)100 % à la charge du vendeur1 % du prix si vendeur = personne physique
Impuesto de Timbre (luxe)Négociable, souvent acheteur0–3 % selon tranches > ~941 M COP

Un acheteur informé peut transformer cette connaissance en argument de négociation. Deux scénarios typiques illustrent ce point.

Scénario 1 : le vendeur est une société

Si le bien est détenu par une entreprise (par exemple une SAS), la retenue à la source de 1 % ne s’applique pas. Les coûts de clôture supportés par le vendeur sont donc nettement plus faibles que pour un particulier. Dans un tel cas, un acheteur peut proposer un prix légèrement inférieur, mais offrir en contrepartie de prendre totalement à sa charge l’organisation et le paiement de tous les frais de clôture. Pour un vendeur pressé, ou une société qui valorise la simplicité administrative, cela peut être une source de motivation suffisante pour accepter une remise.

Scénario 2 : le vendeur est obsédé par un chiffre rond

Il n’est pas rare qu’un propriétaire se focalise sur un montant symbolique : par exemple, « pas moins de 800 millions COP ». L’acheteur, lui, vise plutôt 760 ou 770 millions, frais inclus. Une approche possible consiste à accepter le chiffre fétiche du vendeur, mais en demandant qu’il assume l’ensemble des frais habituellement partagés (notaire, rentas departamentales, voire une partie de la taxe d’enregistrement ou du timbre de luxe si applicable). Le prix brut reste élevé, mais le coût net pour l’acheteur se rapproche beaucoup plus de sa cible.

Attention :

Il est crucial d’inscrire noir sur blanc, dans la Promesa de Compraventa, la répartition exacte de chaque poste de frais. À défaut, la coutume de partage 50/50 risque de s’appliquer, ou certains vendeurs pourraient tenter de faire supporter à l’acheteur des frais qui ne lui reviennent pas.

Le piège du « faux prix » sur l’acte : un mauvais calcul pour la négociation

Un classique dans les transactions colombiennes consiste à proposer de déclarer un prix inférieur dans l’Escritura Pública afin de réduire les taxes calculées sur cette base : notaire, enregistrement, timbre, etc. Sur le moment, tout le monde semble gagnant. En réalité, l’acheteur s’expose à deux problèmes sérieux.

D’abord, c’est illégal. Les autorités fiscales renforcent les contrôles croisés entre cadastre, registres notariés et flux financiers. En cas de contrôle, les amendes peuvent être lourdes, et l’argument « c’est le vendeur qui a insisté » ne protège pas.

Bon à savoir :

Le prix déclaré dans l’acte de vente sert de base officielle pour calculer la plus-value lors de la revente. Si ce prix a été sous-déclaré, l’écart avec le prix de revente réel sera plus important, entraînant un impôt sur les gains en capital plus élevé (10% après 2 ans de détention, pouvant atteindre 39% de l’impôt sur le revenu en cas de revente rapide). Cette économie initiale sur les frais peut donc se transformer en perte financière significative, en plus d’un risque juridique.

Pour un acheteur, refuser poliment ce montage et insister pour que le prix réel soit déclaré est non seulement plus sûr, mais constitue aussi un levier de crédibilité dans la négociation : on montre qu’on entend faire les choses dans les règles, ce qui renforce la confiance du vendeur sérieux et met à distance les interlocuteurs douteux.

L’art de la négociation « à la colombienne »

Sur le fond, les principes de négociation immobilière restent universels : connaître le marché, ancrer le prix à son avantage, rester prêt à se retirer, chercher un terrain d’entente gagnant‑gagnant. Mais la forme compte énormément en Colombie.

Construire la relation avant de parler chiffres

Les premières rencontres sont souvent consacrées à autre chose qu’au prix : famille, parcours, raisons de l’installation dans le quartier ou dans le pays. La petite conversation (small talk) autour de la santé, des enfants, du football ou de la ville est plus qu’un préambule, c’est un outil pour créer un climat de confiance. Se précipiter sur les chiffres dès la première minute donne une impression de froideur, voire d’agressivité, surtout dans les villes à culture relationnelle forte comme Medellín.

Les Colombiens valorisent l’intégrité, la sincérité et un certain charisme. Être ponctuel, soigné dans sa présentation, respectueux des titres (Señor, Señora, Doctora, Ingeniero…), et montrer un intérêt sincère pour le pays comptent parfois autant que le pourcentage de remise demandé.

Choisir le bon moment et le bon ton

La négociation a aussi sa temporalité. Un bien sur le marché depuis quelques semaines peut être plus facilement négocié qu’un appartement tout juste listé. Un vendeur dont on sait, via le voisinage ou l’agent, qu’il doit partir vite pour un changement de travail acceptera plus volontiers des concessions sur le prix ou les délais.

Astuce :

À l’inverse, beaucoup de propriétaires préfèrent laisser leur bien plusieurs mois à un prix ambitieux plutôt que de se précipiter. Dans ce contexte, une offre très agressive d’emblée, sans justification claire (comparables, état du bien, délais courts, prise en charge des frais), risque d’être rejetée sèchement et de couper court aux échanges.

Le ton doit rester courtois, ferme sur les objectifs mais souple sur la forme : expliquer, écouter, parfois laisser passer quelques jours entre deux contre‑propositions pour ne pas donner l’impression de paniquer ou d’être obsédé par le bien.

Des tactiques concrètes adaptées au contexte colombien

Plusieurs techniques classiques de négociation fonctionnent bien si elles sont adaptées à la culture locale.

Bon à savoir :

Pour négocier efficacement, ancrez votre première offre raisonnablement, entre 3 et 8 % de remise, voire 10 % si justifié par des données. Humanisez votre démarche avec une lettre de présentation expliquant votre intérêt pour le quartier. Soyez flexible sur les délais de clôture pour répondre aux besoins du vendeur. Garantissez la clarté de votre financement (fonds disponibles ou crédit approuvé) pour renforcer votre crédibilité. Enfin, optimisez la transaction en proposant de prendre en charge certains frais (notaire, timbre, rentas départementales) pour un accord gagnant-gagnant.

Dans tous les cas, la règle d’or reste de ne jamais montrer qu’on n’a aucun plan B. Laisser entendre qu’on regarde aussi d’autres quartiers, voire d’autres villes comme Cali, Barranquilla ou Santa Marta, rappelle au vendeur que la Colombie offre de nombreux marchés alternatifs, certains avec des rendements locatifs tout aussi attractifs (8,25 % brut à Bogotá, 7,78 % à Medellín, 7,31 % à Cali selon certaines estimations).

L’avocat : allié stratégique de la négociation, pas seulement « paperasse »

Un point revient dans pratiquement tous les retours d’expérience : sous‑estimer le rôle de l’avocat spécialisé en immobilier est l’erreur n° 1 des étrangers. Son travail dépasse largement la simple relecture du contrat.

Bon à savoir :

Avant tout achat immobilier en Colombie, l’étude du Certificado de Tradición y Libertad par un notaire est essentielle. Ce document révèle l’historique légal du bien, incluant propriétaires, hypothèques, litiges ou servitudes. Beaucoup de propriétés présentent des anomalies (travaux non déclarés, successions en suspens, dettes). Découvrir ces problèmes avant la promesse de vente permet de renoncer à l’achat ou de renégocier le prix à la baisse pour couvrir les risques et coûts de régularisation, et d’éviter une éventuelle confiscation par l’État (extinción de dominio).

Ensuite, l’avocat peut utiliser les résultats de cette due diligence pour ajuster le contrat : clauses de pénalité en cas de découverte ultérieure de dettes, conditions suspensives en cas de régularisation administrationnelle, précision sur la remise des certificats de « paz y salvo » (absence d’arriérés de taxes, charges de copropriété, etc.). Ces clauses deviennent des outils de négociation : un vendeur sûr de la propreté de son bien les acceptera facilement, un vendeur réticent donnera un signal d’alerte.

Bon à savoir :

En Colombie, l’avocat bilingue et habitué aux expatriés joue un rôle crucial en traduisant les stratégies de négociation étrangères dans un contexte local, évitant ainsi les maladresses. Il sert également de médiateur pour les discussions sensibles (prix, frais, timbre de luxe, valeur déclarée), permettant de désamorcer les tensions personnelles en conduisant ces échanges entre professionnels.

Capitaliser sur le contexte d’investissement : pourquoi viser un bon prix sans se focaliser sur le court terme

La Colombie offre un environnement d’investissement structuré, mais exigeant : fiscalité spécifique, enregistrement obligatoire des flux de capitaux auprès de la banque centrale (formulaire F4 pour les investissements étrangers), absence de MLS national, peu d’assurance‑titre et d’escrow, importance de la gestion locale (property manager) pour les locations courte ou moyenne durée.

Du point de vue de la négociation, cela signifie que l’achat doit être pensé sur un horizon long :

Attention :

Les coûts de transaction (notaire, enregistrement, etc.) sont élevés et une revente rapide est rarement rentable, notamment en raison d’une fiscalité sur les plus-values très défavorable pour les détentions de moins de deux ans (jusqu’à 39%). De plus, les rendements locatifs, bien qu’attractifs, nécessitent une gestion rigoureuse et le respect strict des réglementations (enregistrement touristique, règles de copropriété).

Obtenir 5 à 8 % de remise à l’achat est évidemment intéressant, mais l’essentiel est de sécuriser un bien sain juridiquement, au bon endroit (emplacement, estrato, règlement de copropriété compatible avec le projet de location ou d’usage personnel), et à un prix compatible avec les loyers attendus. Sur ce point, la négociation du prix doit marcher main dans la main avec une évaluation lucide du potentiel locatif et des coûts récurrents (taxe foncière, charges, entretien, assurance, fiscalité sur les loyers).

Études de cas simplifiées : comment une bonne négociation change la donne

Pour illustrer de manière concrète la manière dont les leviers décrits se combinent, imaginons deux scénarios résumés.

Cas 1 : appartement de revente à Medellín, quartier recherché

Un acheteur étranger vise un appartement de 90 m² à El Poblado affiché à 900 millions COP. Le marché local se situe plutôt autour de 8,5 millions COP/m² pour ce type de bien, soit environ 765 millions COP théoriques. L’appartement nécessite en outre environ 60 millions COP de rafraîchissement (peinture, cuisine, deux salles de bains).

L’acheteur fait réaliser une étude de marché par son agent, et une estimation de travaux par un entrepreneur. Il découvre par l’avocat qu’il n’y a pas de dettes ou de litiges, mais que le vendeur est un particulier qui souhaite déménager dans une autre ville avant la rentrée scolaire.

Exemple :

Plutôt que de proposer abruptement 765 millions, il présente une offre structurée, détaillant les modalités de paiement, les conditions et les étapes de la transaction pour rendre la proposition plus claire et négociable.

810 millions COP comme prix, soit ~10 % en dessous du prix affiché, appuyés sur les comparables de l’immeuble et du quartier ;

– prise en charge par l’acheteur de 100 % des frais de notaire et de la taxe départementale, ce qui simplifie la vie du vendeur ;

– proposition d’une date de clôture rapprochée (six semaines) pour lui permettre de s’installer à temps ;

– dépôt de 10 % versé à la signature de la Promesa de Compraventa.

Exemple :

Lors d’une transaction, après des échanges où le vendeur a successivement proposé 850 puis 830 millions, un accord a été trouvé à 820 millions, avec les frais de transaction pris en charge par l’acheteur. L’acheteur a ainsi payé environ 9 % de moins que le prix initial, a obtenu un délai adapté à ses travaux et a optimisé ses coûts. Le vendeur, quant à lui, est satisfait d’avoir obtenu un prix proche de son objectif, sans avoir à gérer les aspects administratifs.

Cas 2 : appartement neuf en pré‑construction à Bogotá, quartier haut de gamme

Un investisseur s’intéresse à un projet neuf à Chapinero ou La Cabrera, vendu par un promoteur réputé. Les prix sont fermes, autour de 12 millions COP/m², avec peu d’espace pour la remise. L’intérêt se déplace donc sur d’autres éléments :

négociation d’un échéancier de paiement plus souple (plus de mensualités avant la livraison, solde plus tard) ;

demande de prise en charge par le développeur d’une partie des frais de notaire ou d’enregistrement ;

– éventuellement, inclusion d’un pack de finitions ou d’équipements (cuisine améliorée, électroménager) sans surcoût.

Ici, l’essentiel n’est pas le rabais sur le prix affiché – parfois impossible – mais la valeur ajoutée globale obtenue via la négociation, en gardant à l’esprit les rendements locatifs attendus dans un quartier prisé.

Conclusion : négocier en Colombie, un mélange de chiffres, de droit et d’humain

Négocier un achat immobilier en Colombie demande plus que de savoir « combien demander en moins ». Il faut intégrer trois dimensions indissociables.

Les piliers d’un investissement immobilier réussi en Espagne

Pour investir sereinement en Espagne, maîtrisez ces trois dimensions essentielles : les chiffres, le cadre juridique et technique, et l’aspect humain.

Les chiffres

Connaître les prix au m² par ville et quartier, mesurer l’impact des frais de clôture, des travaux et de la fiscalité sur le rendement, et comprendre la valeur réelle d’une remise de 3, 6 ou 8% dans le budget global.

Le droit et la technique

S’appuyer sur un avocat spécialisé pour sécuriser la chaîne de titres, maîtriser le rôle du notaire et les taxes (enregistrement, timbre, retenue à la source, plus-values), et éviter les montages risqués comme la sous-déclaration du prix.

L’humain et la culture

Respecter les codes relationnels, négocier en espagnol ou via un intermédiaire local, construire une relation de confiance avec le vendeur, et savoir quand insister, patienter ou se retirer avec élégance.

Bien préparée, cette alchimie permet d’entrer dans la négociation avec sérénité : non pas pour « écraser » l’autre partie, mais pour trouver un accord solide, équilibré, qui protège l’investissement sur le long terme. Dans un pays où les rendements locatifs sont attractifs, où la propriété peut servir de tremplin vers un visa d’investisseur, et où le marché repose sur des bases relativement saines (peu de surendettement, beaucoup de cash), cette approche fait toute la différence entre un achat simplement « correct » et une opération vraiment réussie.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Colombie pour chercher du rendement locatif et une exposition au peso colombien. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Bogotá, Medellín, Carthagène), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans un quartier sécurisé d’une ville en forte croissance comme Medellín ou Bogotá, combinant un rendement locatif brut cible de 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local structuré (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, intégré à sa stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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