Les erreurs courantes lors de l’achat de biens immobiliers en Colombie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un appartement à Medellín, une maison à Bogotá ou un pied-à-terre à Cartagena fait rêver de plus en plus d’étrangers. Les prix restent inférieurs à ceux de nombreuses métropoles occidentales, le pays garantit aux étrangers les mêmes droits de propriété que les Colombiens, et il est même possible d’obtenir un visa d’investisseur grâce à un achat immobilier. Mais derrière cette vitrine séduisante, le marché colombien regorge de pièges spécifiques. Une bonne partie des problèmes que rencontrent les acheteurs – locaux comme étrangers – ne viennent pas d’arnaques spectaculaires, mais d’erreurs de base : manque de vérifications, confiance aveugle dans les intermédiaires, incompréhension des règles fiscales ou de zonage, négligence sur la paperasse.

Bon à savoir :

Comprendre les erreurs fréquentes et savoir comment les éviter est essentiel pour faire de l’achat d’un bien en Colombie une opportunité réussie, plutôt qu’un cauchemar juridique et financier.

Oublier que la Colombie est un pays de droit civil, pas de “common law”

La première erreur, plus subtile qu’il n’y paraît, consiste à penser que l’achat immobilier en Colombie fonctionne comme aux États‑Unis, au Canada ou dans de nombreux pays européens. Le droit colombien est un droit civil, très codifié, où ce qui n’est pas écrit, vérifié et enregistré n’existe tout simplement pas.

Attention :

En Colombie, l’identification juridique d’un bien immobilier est définie par son numéro unique de Folio de Matrícula Inmobiliaria dans le registre central, et non par son adresse physique. Ce cadre légal s’appuie sur le Code civil, la loi 388 sur l’urbanisme, les Plans d’Ordonnancement Territorial (POT) et est géré par la Superintendencia de Notariado y Registro.

Beaucoup d’acheteurs étrangers supposent que l’agent immobilier, le notaire ou même la banque “s’occupera” naturellement de vérifier titres, charges et autorisations. En Colombie, ce n’est pas prévu comme ça : la responsabilité de vérifier la situation juridique incombe au vendeur… et surtout à l’acheteur et à son avocat. Ne pas intégrer cette logique de droit civil, c’est la porte ouverte à toutes les mauvaises surprises.

Négliger le document clé : le Certificado de Tradición y Libertad

Parmi toutes les erreurs recensées, une revient systématiquement : acheter sans avoir analysé en profondeur le Certificado de Tradición y Libertad, la “carte d’identité juridique” du bien, délivrée par la Superintendencia de Notariado y Registro.

Ce certificat liste l’historique complet de la propriété : chaîne de propriétaires sur 10, 20 ans ou plus, hypothèques, saisies (embargos), servitudes, litiges de succession, décisions judiciaires, ou encore annotations liées à des enquêtes pénales. Il est accessible en ligne, pour un coût modeste, et il est recommandé de l’obtenir dans une version datant de moins de 30 jours, car c’est le seul moyen fiable de savoir où en est réellement le dossier au moment de l’achat.

Attention :

Ignorer ou survoler ce document expose à des risques concrets.

découvrir après coup qu’une hypothèque n’a jamais été levée

hériter d’un litige d’héritiers qui se disputent la maison

– voir le bien saisi à cause d’une procédure judiciaire engagée contre un ancien propriétaire

– être frappé par une procédure d’extinción de dominio si le bien est lié au passé criminel d’un ancien propriétaire, même si l’acheteur actuel est de parfaite bonne foi

Les avocats spécialisés recommandent un Estudio de Títulos poussé, remontant au moins 20 ans. Pourtant, nombre d’acheteurs acceptent de signer une promesse de vente simplement parce que ‘tout est en ordre selon l’agent’. C’est exactement le type de négligence qui transforme un investissement prometteur en gouffre juridique.

Avocats spécialisés en immobilier

À quoi sert vraiment ce certificat ?

Le Certificado de Tradición y Libertad permet notamment de vérifier :

l’identité exacte du propriétaire inscrit (qui doit correspondre au vendeur)

les charges financières : hypothèques, crédits non soldés, saisies

– les servitudes : droit de passage, accès à une route, etc.

– les annotations d’ordre judiciaire ou administratif

– l’origine du titre et la cohérence de la chaîne de transmissions (ventes, donations, successions)

Ce document n’est pas une formalité administrative ; c’est la base de tout l’exercice de due diligence. Ne pas le traiter comme tel est l’une des erreurs les plus graves que l’on puisse commettre.

Se contenter du notaire et de l’agent immobilier, sans avocat indépendant

Autre erreur répandue : croire que le notaire “garantit” l’opération et remplace l’avocat. En Colombie, le notaire est un officier public qui authentifie les actes et encaisse certains impôts et droits. Il vérifie des éléments formels (identité des parties, cohérence basique des documents), mais il n’est ni tenu ni mandaté pour mener une enquête approfondie sur la légalité complète de la transaction.

De nombreux acheteurs arrivent chez le notaire sans avoir fait vérifier la promesse de vente ni le titre. Certains se fient à des conseils informels de commis de notaria, qui affirment parfois que l’avocat est « inutile », surtout si on leur laisse un pourboire. C’est un raccourci dangereux.

Bon à savoir :

La plupart des agents immobiliers représentent le vendeur, et il est rare de trouver des agents exclusivement mandatés par l’acheteur. De plus, il n’existe pas de système de licence obligatoire pour les agents ni de service de listes multiples (MLS) standardisé. Par conséquent, le titre de propriété n’est pas systématiquement vérifié par un tiers indépendant avant la mise en vente.

D’où une règle simple : s’entourer d’un avocat privé, idéalement bilingue, dont la mission est clairement de protéger l’acheteur, pas de “faciliter” la transaction pour tout le monde.

Rôle comparé des principaux acteurs

ActeurRôle principalLimites pour l’acheteur
Notaire (Notario)Formaliser l’Escritura Pública, percevoir taxes, vérifier identitésNe fait pas d’étude de titres exhaustive, n’est pas votre conseil
Agent immobilier classiqueCommercialiser le bien, accompagner visites, négocier pour le vendeurN’est pas tenu de défendre l’intérêt de l’acheteur, pas de licence obligatoire
Avocat privé de l’acheteurVérifier les titres, contrats, fonds, fiscalité, visasCoût supplémentaire, mais essentiel pour limiter les risques

Ne pas prévoir d’honoraire d’avocat (généralement entre 0,1 % et 1 % du prix) dans le budget global de l’opération est une économie de court terme qui peut coûter très cher.

Signer une promesse de vente floue ou déséquilibrée

En Colombie, la Promesa de Compraventa n’est pas un simple “gentlemen’s agreement” : c’est un contrat juridiquement contraignant. Elle fixe le prix, le calendrier de paiements, les pénalités, la répartition des frais et les conditions de résolution en cas de problème. La plupart des litiges naissent non pas au moment de la signature définitive, mais à cette étape intermédiaire.

Les erreurs classiques sont nombreuses :

Astuce :

Lors de l’achat d’un bien en Espagne, il est crucial de lire attentivement le compromis de vente (contrato privado de compraventa) et de s’assurer qu’il ne contient pas de clauses abusives ou imprécises. Méfiez-vous notamment : des clauses vagues sur les délais de paiement ou de remise des clés ; de l’absence d’une liste détaillée des éléments inclus dans la vente (électroménager, mobilier encastré, places de parking, débarras) ; de l’absence de condition suspensive en cas de découverte de problèmes juridiques ou techniques lors des vérifications d’usage ; de pénalités disproportionnées (pouvant atteindre 10 à 20 % du prix) en cas de retard mineur de l’acheteur. Insistez pour obtenir une traduction ou une explication claire si le texte est uniquement en espagnol et que vous ne le lisez pas couramment.

Dans ce pays, rater un délai contractuel de paiement peut suffire pour perdre le dépôt, voire se voir réclamer une indemnisation. Or, le transfert de fonds depuis l’étranger peut facilement prendre deux à six semaines, avec des blocages bancaires ou des contrôles anti‑blanchiment. Si le calendrier de la promesse n’en tient pas compte, le risque de rupture est réel.

Signer une Promesa de Compraventa type, fournie par l’agent ou le vendeur, sans la faire adapter par un avocat qui maîtrise les pratiques locales et la situation concrète du bien, est donc une faute de base.

Croire que l’on devient propriétaire en signant un simple contrat

Beaucoup d’étrangers pensent qu’ils “possèdent” leur bien dès la signature de la promesse ou d’un contrat privé. En Colombie, la propriété n’est juridiquement transférée que lorsqu’une Escritura Pública est signée devant notaire, puis dûment inscrite à l’Oficina de Registro de Instrumentos Públicos.

Ce processus comporte plusieurs étapes :

Exemple :

L’acquisition d’un bien immobilier en Espagne suit un processus notarial et administratif précis. Il débute par la rédaction de l’Escritura Pública par le notaire, document qui consigne toutes les données essentielles : identité des parties, description cadastrale, prix de vente et répartition des impôts. Ensuite, l’acte est signé, soit en personne par les parties, soit par l’intermédiaire d’un pouvoir (poder). Vient alors le paiement des taxes dues au registre et des honoraires du notaire. Enfin, la procédure s’achève par le dépôt de l’acte à l’Oficina de Registro pour son enregistrement officiel, ce qui confère la publicité et l’opposabilité légale de la transaction.

Tant que l’enregistrement n’est pas effectué, la vente n’a pas d’effet opposable aux tiers. Or, certains acheteurs payent l’intégralité du prix avant que l’Escritura ne soit prête, ou ne suivent pas le dossier de registre après la signature, laissant pendant des semaines ou des mois le bien au nom de l’ancien propriétaire.

Cette confusion juridique peut être fatale en cas de saisie, décès du vendeur, ou nouvelle vente frauduleuse à un tiers. L’enregistrement au registre n’est pas un oubli administratif ; c’est le cœur de la sécurité juridique.

Sous‑estimer la complexité des titres ruraux et des limitations de propriété

Le rêve de nombreux étrangers ne se limite pas aux appartements de ville : beaucoup s’intéressent aux fincas, terrains agricoles, maisons de campagne ou parcelles costa en bord de mer. Or, c’est là que les risques explosent.

60

Jusqu’à 60 % des terres rurales en Colombie souffrent d’un enregistrement foncier incomplet ou inexistant.

Viennent s’ajouter les cicatrices du conflit armé : des millions de personnes ont été déplacées, environ 6,8 millions d’hectares ont été abandonnés ou spoliés, et la loi de restitution des terres (Loi 1448) permet aux victimes de réclamer leurs terres, parfois des années après une vente. Au moment de la rédaction des études, seule une minorité des demandes avait été définitivement tranchée.

Attention :

L’achat d’un terrain rural nécessite une double vérification, juridique et socio-historique. Au-delà de la chaîne de titres, il faut s’assurer que le terrain n’est pas concerné par une restitution, qu’il n’est pas issu d’un accaparement de baldíos dépassant la taille autorisée (UAF), et qu’il ne se situe pas dans une zone environnementale protégée ou soumise à de fortes contraintes.

Rural vs urbain : risques comparés

Type de bienAvantages principauxRisques fréquents
Urbain (appartement)Titre généralement plus clair, services présentsRègles PH, zonage, charges cachées
Maison de villePlus d’espace, jardin éventuelConstructions non licenciées, litiges de voisinage
Rural / fincaPrix au m² bas, potentiel agricole ou touristiqueTitres irréguliers, baldíos, restitution, accès
Terrain côtierPotentiel touristique élevéZonage environnemental, inconstructibilité, érosion

Se fier uniquement aux photos de rêve et au discours d’un vendeur local, sans analyse réglementaire ni vérifications auprès des autorités (POT, autorités environnementales, Agencia Nacional de Tierras), est un raccourci dangereux.

Ignorer le zonage, l’usage du sol et les règles de copropriété

Beaucoup d’acheteurs pensent qu’une fois propriétaires, ils pourront “en faire ce qu’ils veulent” : transformer un appartement en Airbnb, convertir une maison en bureaux, bâtir un immeuble sur un terrain vague, etc. Or, la Colombie applique des règles strictes de zonage via les Plans d’Ordonnancement Territorial (POT) et impose un régime détaillé de propriété horizontale (propiedad horizontal) pour les copropriétés.

Les erreurs typiques sont les suivantes :

Astuce :

Avant tout investissement immobilier, notamment pour de la location touristique, il est crucial de vérifier plusieurs points réglementaires pour éviter des interdictions ou des sanctions. Premièrement, consultez le règlement de copropriété de l’immeuble, car il peut interdire les locations de courte durée (moins de 30 jours). Deuxièmement, obtenez le Certificado de Uso de Suelo pour confirmer que votre activité projetée (commerciale, touristique, etc.) est autorisée sur le bien. Troisièmement, n’oubliez pas de vous inscrire au Registro Nacional de Turismo (RNT), obligatoire et gratuit pour louer à des touristes. Enfin, pour un terrain, vérifiez les règles du Plan d’Ordonnancement Territorial (POT) concernant la densité de construction, car il peut limiter ou interdire la réalisation de plusieurs unités.

Dans certaines villes balnéaires comme Cartagena, ces règles sont prises très au sérieux : des investisseurs qui n’avaient pas vérifié ces aspects se sont retrouvés avec des appartements impossibles à exploiter sur Airbnb, ou sous la menace d’amendes et de fermetures administratives.

Se faire piéger par le système des “estratos” et par les charges récurrentes

Autre particularité colombienne, souvent mal comprise : le système des estratos, une classification socio‑économique des logements de 1 (le plus bas) à 6 (le plus élevé), qui sert de base à la tarification de l’eau, de l’électricité, du gaz et parfois de certains services.

Bon à savoir :

La classification en estrato (1 à 6) détermine les tarifs des services publics. Les logements en estrato 1, 2 ou 3 bénéficient de subventions, tandis que ceux en estrato 5 ou 6 paient un surcoût qui finance ces aides. Cette classification est basée uniquement sur l’apparence extérieure des bâtiments et du quartier, et non sur le revenu réel des occupants. Ainsi, des propriétés de grande valeur dans des centres historiques peuvent être classées en estrato 1, ce qui peut créer des distorsions.

Beaucoup d’étrangers se concentrent uniquement sur le prix d’achat, sans intégrer :

les charges mensuelles de copropriété (administración / HOA), souvent élevées dans les immeubles avec piscine, gym, sécurité 24/7

l’estrato du quartier, qui influe directement sur les factures

l’Impuesto Predial (taxe foncière annuelle), calculée sur la valeur cadastrale, et qui peut évoluer

Exemples de coûts récurrents

Poste de dépenseOrdre de grandeur courant
Impuesto Predial (annuel)~0,1 % à 1,6 % de la valeur cadastrale (souvent < 0,6 % du prix de marché)
Charges de copropriété (mensuel)En ville : ~230 000 à 500 000 COP et plus, selon services
Assurance habitation (annuel)~0,1 % à 0,3 % de la valeur assurée
Services publics (mensuel)Variable selon estrato et consommation

Sous‑estimer ces coûts récurrents conduit à des budgets irréalistes. Certains investisseurs se retrouvent avec un rendement net bien inférieur aux projections séduisantes des agents, car ils n’avaient pas intégré ni l’estrato ni les charges de copropriété ni la fiscalité locale et nationale sur les loyers.

Sous‑estimer la fiscalité et les coûts de clôture

De nombreux acheteurs se focalisent sur le prix affiché au mètre carré et oublient que l’addition finale inclut taxes de registre, timbres, frais de notaire, honoraires d’avocat, et parfois droits supplémentaires selon le département ou la ville.

Les éléments les plus courants à la charge de l’acheteur sont notamment :

2 à 3,5

Le coût total de clôture pour l’acheteur d’un bien immobilier en Espagne, exprimé en pourcentage du prix d’achat.

Certains vendeurs proposent de “déclarer un prix plus bas” à la notaría pour réduire les taxes. Outre le caractère illégal de la pratique, c’est une erreur majeure pour l’acheteur : en cas de revente future, le calcul de la plus‑value (et donc de l’impôt) se fera sur la base de ce prix sous‑déclaré, ce qui peut augmenter fortement la note fiscale. Sans parler des risques en cas de contrôle fiscal ou de litige.

Exemple :

Ne pas anticiper la fiscalité sur les loyers ou sur la plus-value peut faire dérailler un business plan. Par exemple, un investisseur qui prévoit de revendre un bien immobilier dans 5 ans doit intégrer dès le départ le calcul de la plus-value imposable dans sa prévision financière. Omettre cette charge future peut rendre le projet non rentable une fois l’impôt payé.

– les non‑résidents sont taxés à 35 % sur les revenus de location de source colombienne

– la plus‑value sur un bien détenu plus de deux ans est en principe imposée à un taux préférentiel (autour de 10 %), mais peut monter à 35 % si la cession intervient rapidement ou selon le statut fiscal

Un échange préalable avec un fiscaliste local, voire dans le pays d’origine (pour les Américains, la question de la double imposition et des déclarations FBAR/IRS est cruciale), évite bien des mauvaises surprises.

Ne pas respecter les règles de change et de déclaration de l’investissement

La Colombie n’est pas un paradis fiscal opaque. Les flux de capitaux sont surveillés et doivent transiter par le marché de change officiel. L’une des erreurs les plus destructrices consiste à envoyer des fonds directement à un particulier, sur un compte non habilité, ou à ne pas faire enregistrer l’investissement auprès de la Banque de la République.

Or, l’enregistrement de l’investissement étranger est vital pour deux raisons :

il garantit le droit de rapatrier le capital et les bénéfices dans le futur

il conditionne la possibilité de demander un visa d’investisseur immobilier

Attention :

Ne pas enregistrer correctement l’origine des fonds investis ou le faire hors des délais légaux (généralement 12 mois) expose à des amendes pouvant atteindre 200% de la valeur investie et bloque tout futur rapatriement légal. De plus, les banques locales peuvent suspendre un virement international en l’absence de justificatifs, risquant de retarder le paiement final et de mettre l’acheteur en défaut vis-à-vis d’une promesse de vente.

Pour limiter ces risques, on conseille de : prévoir des mesures de sécurité adéquates, former le personnel aux pratiques sûres, effectuer des audits réguliers et impliquer les parties prenantes dans la gestion des risques.

passer par une banque ou une société de bourse habilitée comme IMC (Intermediario del Mercado Cambiario)

coordonner le calendrier des transferts avec les délais contractuels

conserver soigneusement tous les justificatifs et extraits attestant de l’enregistrement de l’investissement

Faire l’économie de cet encadrement, ou céder à la pression d’un vendeur qui exige un virement sur un compte personnel pour “aller plus vite”, est un drapeau rouge évident.

S’enthousiasmer pour une affaire “trop belle pour être vraie”

La Colombie attire aussi des vendeurs et intermédiaires peu scrupuleux, prêts à exploiter la naïveté d’acheteurs séduits par des prix “imbattables”. Les scénarios insistants suivent souvent le même schéma :

prix au mètre carré anormalement bas pour le marché

grande urgence pour conclure (“il y a un autre acheteur étranger très intéressé”)

– refus d’utiliser un compte fiduciaire (fiducia) ou un service d’entiercement régulé

– demande de paiement d’un gros acompte sur un compte personnel

– promesse de “s’arranger” sur certaines formalités (notaire, déclaration, taxes)

Bon à savoir :

En Colombie, il n’existe pas d’équivalent national d’un système comme le MLS ou de compagnies de titres pour standardiser les vérifications immobilières. Cette situation peut favoriser des pratiques frauduleuses, telles que la vente multiple d’un même terrain, l’existence de secondes hypothèques non déclarées, ou la commercialisation de propriétés situées sur des zones inconstructibles ou protégées.

Face à une “trop bonne affaire”, la meilleure protection n’est pas de renoncer à tout investissement, mais de renforcer le filtre : avocat plus aguerri, vérification croisée auprès de plusieurs sources (cadastre, registre, mairie, autorités environnementales), recours à des plateformes qui vérifient systématiquement les titres ou offrent des mécanismes d’entiercement.

Mal gérer la dimension temporelle : délais administratifs et visas

Une autre source classique d’erreurs vient d’une mauvaise gestion du temps :

sous‑estimation des délais pour obtenir un NIT auprès de la DIAN

sous‑estimation du temps nécessaire pour légaliser et enregistrer les fonds arrivant de l’étranger

– ignorance des délais habituels pour obtenir les certificats nécessaires (paz y salvo d’impôts locaux, certificat cadastral, etc.)

– confusion entre durée totale de la transaction (souvent 4 à 8 semaines pour un bien en revente simple) et durées maximales prévues dans le contrat

Astuce :

La Colombie permet d’acheter un bien immobilier avec un simple passeport et un visa de touriste, sans visa spécifique requis. Cependant, les investisseurs qui comptent sur un visa d’investisseur immobilier commettent fréquemment deux erreurs qu’il est crucial d’éviter.

acheter un bien juste au niveau du seuil minimum requis pour le visa (indexé sur le salaire minimum), puis se retrouver en difficulté pour le renouvellement si la valeur cadastrale ou le salaire minimum augmentent plus vite que le marché

devenir résident fiscal avant d’avoir structuré correctement l’investissement, ce qui complique la planification fiscale internationale

Là encore, anticiper avec un avocat spécialisé en immigration et un fiscaliste évite d’être pris de court au moment d’une demande ou d’un renouvellement de visa.

Oublier l’inspection physique et les risques environnementaux

Fascinés par les vues sur la mer ou sur les montagnes, certains acheteurs signent sans avoir fait réaliser une inspection technique sérieuse. C’est pourtant une étape aussi critique que l’étude de titres. Le pays est exposé aux séismes, glissements de terrain, inondations, et certaines constructions plus anciennes ne respectent pas forcément les normes parasismiques actuelles (NSR-10).

Les erreurs les plus fréquentes :

Attention :

Lors de l’acquisition d’une propriété rurale, il est crucial de ne pas négliger plusieurs vérifications essentielles. Celles-ci incluent : la stabilité du sol pour une finca en pente, les risques d’inondation en zone de plaine ou côtière, les diagnostics structurels, électriques et sanitaires, la confirmation d’un accès légal à la voie publique via une servitude de passage, et la disponibilité effective des réseaux d’eau potable, d’électricité et d’internet.

Pour un terrain ou une maison individuelle, faire intervenir un ingénieur, un architecte ou un inspecteur indépendant permet de chiffrer les travaux nécessaires et d’identifier les risques majeurs. Certains investisseurs ont acheté des maisons “pas chères” qui se sont révélées inhabitables sans très lourdes rénovations, annihilant tout rendement attendu.

Sous‑estimer la gestion locative et le risque opérationnel

Pour beaucoup d’étrangers, l’achat immobilier en Colombie est avant tout un investissement locatif : location longue durée à des résidents locaux, ou location courte durée à des touristes et nomades digitaux.

Les rendements bruts annoncés dans certaines villes sont séduisants (7–9 % à Medellín, 4–7 % à Bogotá, 5–6 % à Cartagena, selon les sources citées), et peuvent monter en double chiffre pour les locations de vacances bien gérées. Mais de nombreux acheteurs commettent les mêmes erreurs :

Attention :

Il est crucial d’éviter d’extrapoler des taux d’occupation optimistes sans considérer la saisonnalité, notamment sur la côte. Il ne faut pas ignorer la lenteur potentielle des procédures d’expulsion en cas d’impayés, ni sous-estimer les coûts d’une gestion professionnelle (agence, conciergerie, ménage, maintenance). Omettre d’utiliser des garanties locatives (póliza de arrendamiento, co-signataire) augmente le risque d’impayé. Enfin, il est risqué de mal intégrer le risque de vacance locative, surtout sur les marchés moins liquides ou très concurrencés.

Dans le cas des locations touristiques, s’ajoutent des obligations spécifiques : enregistrement RNT, déclaration des clients via la Tarjeta de Registro de Alojamiento, respect des règles de voisinage et de propriété horizontale. Ce n’est pas parce que l’appartement est bien placé qu’il sera rentable sans un vrai travail opérationnel.

Vouloir tout faire soi‑même, à distance et sans réseau local

Enfin, un trait qui revient souvent dans les récits d’échecs : la tentation de gérer tout le processus depuis l’étranger, avec une confiance excessive dans quelques intermédiaires trouvés en ligne. La Colombie permet d’acheter à distance via un pouvoir (poder) apostillé ; c’est pratique, mais risqué si la personne sur place n’est pas parfaitement digne de confiance et bien encadrée.

Les erreurs typiques :

Attention :

Accorder un pouvoir trop large à un intermédiaire peu connu, ne pas exiger de rapports réguliers et de copies de tous les documents, se passer totalement de visites physiques ou d’inspections indépendantes, et signer des documents en espagnol sans traduction ni explication claire constituent des pratiques à haut risque.

Le marché colombien n’est pas plus dangereux qu’un autre, mais il repose beaucoup sur la qualité des personnes avec qui l’on travaille. Un réseau composé d’un avocat spécialisé, d’un agent avec références vérifiables, d’un comptable ou fiscaliste, d’un gestionnaire de biens et, si besoin, d’un courtier en change sérieux, fait toute la différence entre un investissement maîtrisé et une aventure hasardeuse.

Conclusion : transformer les pièges en simple check‑list

L’immobilier colombien a de solides atouts : même droits de propriété pour les étrangers et les nationaux, absence de quotas de propriété étrangère, marché encore abordable, potentiel locatif réel dans plusieurs villes, visa d’investisseur possible à partir d’un certain seuil. Mais ces avantages ne compensent pas les erreurs de base.

Bon à savoir :

Les principales difficultés ne proviennent pas d’une hostilité du système envers les étrangers, mais de spécificités à bien comprendre. Il est crucial de se concentrer sur l’obtention d’un Certificado de Tradición y Libertad et d’un Estudio de Títulos rigoureux. Il faut également tenir compte du rôle limité du notaire, de la complexité des titres de propriété ruraux, des règles de zonage et de copropriété, d’une fiscalité multiforme, des obligations de change et d’enregistrement de l’investissement, ainsi que de l’impact des « estratos » (système de stratification socio-économique) et des charges récurrentes.

La bonne approche consiste à considérer chaque “risque” comme un point de la check‑list :

titre et historique propres

conformité urbanistique et environnementale

conditions contractuelles équilibrées

flux de fonds 100 % légalisés et enregistrés

architecture fiscale cohérente

faisabilité de la stratégie locative

équipe locale compétente et loyale

Avec ce cadre, l’achat d’un bien immobilier en Colombie ne se résume plus à éviter les catastrophes : il devient un projet d’investissement structuré, tirant parti de la dynamique d’un marché émergent tout en minimisant les angles morts. L’enjeu n’est pas de trouver un pays “sans risque”, mais d’apprendre à naviguer intelligemment dans celui‑ci.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Colombie pour chercher du rendement locatif et une exposition en pesos colombiens. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Bogotá, Medellín, Carthagène), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement haut de gamme dans un quartier en forte croissance comme El Poblado (Medellín) ou Chico (Bogotá), combinant un rendement locatif brut cible de 10 %plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + ameublement + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.

Ce type d’accompagnement permet de profiter des opportunités du marché colombien tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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