Le marché des résidences secondaires en Colombie : eldorado immobilier ou mirage tropical ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché des résidences secondaires en Colombie sort progressivement de la confidentialité pour devenir un véritable segment à part entière, porté par le boom touristique, l’essor des locations de courte durée et l’arrivée de capitaux étrangers. Entre appartement avec vue sur la mer des Caraïbes, finca dans les collines caféières et loft urbain à Medellín, l’offre est aussi variée que le pays lui‑même.

Bon à savoir :

Le marché du deuxième logement en Colombie présente des opportunités (prix au m² bas, rendements locatifs élevés, cadre légal favorable aux étrangers) mais aussi des défis (crédit coûteux, déficit de logements et forte pression sur les métropoles).

Un contexte immobilier porteur pour les résidences secondaires

Avant de parler maisons de vacances et appartements pour Airbnb, il faut comprendre le socle du marché résidentiel colombien. Depuis le milieu des années 2000, les prix ont connu une hausse spectaculaire : entre 2005 et 2024, les maisons existantes ont pris environ 375 % en valeur nominale, soit près de 93 % une fois l’inflation déduite. Après un coup d’arrêt pendant la pandémie, la dynamique a repris.

152000

Nombre de logements neufs vendus en France sur l’ensemble de l’année 2024.

Ce mouvement s’inscrit dans un environnement macroéconomique relativement solide. L’économie a crû de 1,7 % en 2024 puis de 2,7 % en rythme annuel au premier trimestre 2025 ; le FMI et la Banque mondiale tablent sur une progression autour de 2,4 % pour 2025 et une trajectoire de croissance modérée mais positive vers 2030. L’inflation, après un pic à plus de 11 % en 2023, retombe autour de 4‑5 %, ce qui allège un peu la pression sur les ménages… mais laisse les taux d’intérêt à des niveaux élevés.

Un pays encore « bon marché » à l’échelle internationale

L’un des grands moteurs du marché des résidences secondaires en Colombie tient à un fait simple : le pays reste nettement moins cher que la plupart des destinations concurrentes en Amérique du Nord ou en Europe, et même que plusieurs marchés balnéaires d’Amérique latine.

À l’échelle nationale, le prix moyen d’un appartement autour de 3,45 millions de pesos colombiens par mètre carré se traduit, selon les taux de change, par une fourchette approximative allant de 800 à 2 000 dollars US le mètre carré. Les maisons tournent en moyenne autour de 3,18 millions de pesos le mètre carré. Les médianes de mise en vente, plus parlant pour l’acheteur, montent néanmoins plus haut : plus de 5,5 millions de pesos par mètre carré pour les appartements et un peu plus de 4 millions pour les maisons.

40 à 60

Un appartement de front de mer à Cartagena peut coûter 40 à 60 % de moins que sur des côtes équivalentes au Costa Rica ou au Mexique.

Les ordres de grandeur par grande ville

Les investisseurs intéressés par une résidence secondaire ont tendance à se concentrer sur quelques aires urbaines ou touristiques. Les chiffres moyens par mètre carré donnent une idée claire des écarts :

VillePrix moyen appartement (COP/m²)Approx. USD/m² indiqué dans les sourcesProfil de marché
Bogotá≈ 7 130 0001 500 – 2 000Capitale, marché le plus cher
Medellín≈ 6 073 0001 400 – 1 900Ville de plus en plus internationale
Cartagena4 800 000 – 6 500 000800 – 1 200Marché balnéaire et patrimonial
Cali≈ 4 556 000950 – 1 150Métropole régionale dynamique
Barranquilla≈ 4 200 000700 – 1 000Ville côtière en plein essor

Dans les faits, ces moyennes recouvrent une forte dispersion : un studio dans un quartier traditionnel de Medellín ne se négocie pas au même prix qu’un penthouse à El Poblado, tout comme un petit appartement à Santa Marta n’a rien à voir avec un colonial rénové à Cartagena intra-muros.

Résidences secondaires urbaines, rurales ou en bord de mer

Pour la clientèle « deuxième résidence », trois grands mondes coexistent.

Exemple :

En zone urbaine, le prix d’entrée se situe souvent entre 1 000 et 2 000 dollars le mètre carré pour les secteurs recherchés. Par exemple, à Bogotá, un appartement de 80 m² dans un quartier central de bon standing se négocie typiquement entre 135 000 et 160 000 dollars. À Medellín, un appartement de 50 m² bien placé dans le quartier d’El Poblado se trouve encore entre 66 000 et 83 000 dollars.

Sur le littoral, la prime « mer » est réelle. Les biens en front de mer s’affichent en général entre 1 000 et 2 500 dollars le mètre carré, avec une surcote de 20 à 50 % par rapport à l’intérieur des terres ; elle grimpe parfois à 50‑100 % à Cartagena sur les positions les plus recherchées. Un appartement de 90 m² en première ligne de plage à Cartagena se vend typiquement entre 140 000 et 255 000 dollars.

Enfin, le monde rural attire une clientèle aisée locale et quelques étrangers en quête de tranquillité : une finca peut encore se trouver entre 41 000 et 60 000 dollars, et les terrains agricoles partent parfois à partir de 200 000 pesos le mètre carré, voire en-dessous, surtout loin des grands axes. Dans certains cas, une maison individuelle simple à la campagne revient à 30 000–50 000 dollars.

Tourisme, location courte durée et explosion de la demande saisonnière

Si la Colombie voit se multiplier les résidences secondaires, c’est d’abord parce qu’elle s’est imposée comme destination touristique majeure. Les arrivées de visiteurs non résidents ont bondi à 6,2 millions en 2024, après un record déjà atteint l’année précédente. Entre 2006 et 2019, le pays est passé d’environ 800 000 visiteurs annuels à environ 3 millions, avant le trou d’air de 2020 puis un rebond spectaculaire.

Les visiteurs se répartissent de manière assez concentrée : environ un tiers à Bogotá, un quart vers Medellín et Antioquia, plus d’un cinquième à Cartagena et dans le département de Bolívar, et des parts plus modestes mais en croissance pour Cali, Santa Marta et l’archipel de San Andrés.

Cette montée en puissance a deux effets clés sur les résidences secondaires :

Astuce :

Cette approche justifie l’achat d’une résidence secondaire en la proposant à la location touristique pendant les périodes d’inoccupation. Elle permet ainsi de générer des revenus complémentaires et s’inscrit dans le soutien au marché économique très lucratif de la location saisonnière à court terme.

Le pays est aujourd’hui le troisième marché d’Amérique latine en revenus Airbnb et assimilés, avec près de 85 000 logements touristiques recensés et un chiffre d’affaires estimé autour de 436 millions de dollars en 2023, en hausse de près de 20 % sur un an. La demande de locations saisonnières devrait encore croître à plus de 6 % par an.

Des rendements nettement supérieurs en location saisonnière

Les résidences secondaires mises en location courte durée surperforment en général les locations classiques de longue durée. Les données agrégées montrent des rendements bruts de l’ordre de 8 à 12 % par an sur les meilleurs emplacements, pour des rendements nets compris entre 6 et 9 % une fois les charges, la gestion et les plateformes déduites. Dans les grandes villes touristiques, des cas dépassant 8 à 10 % nets sont documentés.

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Les rendements bruts moyens sur le marché locatif classique au deuxième trimestre 2025 tournaient autour de 7 % à l’échelle nationale.

VilleRendement locatif brut moyen (Q2 2025)
Bogotá≈ 8,25 %
Medellín≈ 7,78 %
Cali≈ 7,31 %
Barranquilla≈ 7,00 %
Cartagena≈ 5,71 %
Pereira≈ 7,27 %
Santa Marta≈ 5,90 %
Bello≈ 6,99 %

Les locations saisonnières bien gérées peuvent afficher des primes de 50 à 150 % par rapport aux loyers traditionnels. Un appartement de deux chambres à Cartagena, par exemple, peut générer entre 1 700 et 2 600 dollars de revenu brut mensuel en haute saison, avec des tarifs nuitées pouvant monter de 200 à 800 dollars selon le segment.

En face, les coûts ne sont pas négligeables : commissions de plateforme qui tournent autour de 15 %, gestion professionnelle facturée souvent 20 à 30 % des revenus à Cartagena, nettoyage, maintenance, charges de copropriété. En pratique, entre 30 et 45 % du chiffre d’affaires brut partent en dépenses d’exploitation.

Où achète‑t‑on sa résidence secondaire en Colombie ?

La photographie des achats de résidences secondaires fait apparaître trois grands types de destinations.

Les métropoles : Medellín et Bogotá en tête

Medellín domine le discours des investisseurs étrangers. Surnommée « ville de l’éternel printemps », elle cumule climat tempéré, urbanisme en transformation, scène culturelle dynamique et statut de hub pour nomades digitaux et retraités. Les quartiers d’El Poblado et Laureles concentrent l’essentiel des achats de résidences secondaires orientées location saisonnière ou séjour prolongé.

Les prix au mètre carré y sont élevés à l’échelle colombienne, mais restent attractifs pour un acheteur en dollars ou en euros. El Poblado affiche par exemple un prix moyen d’environ 6,07 millions de pesos le mètre carré, soit une fourchette d’environ 1 500 dollars. Un deux‑pièces moderne peut se trouver dans une plage de 120 000 à 350 000 dollars selon la surface, la vue et les services de l’immeuble. Laureles, plus résidentiel et « authentique », offre des prix plus contenus et un meilleur ratio prix‑loyer.

Attention :

À Bogotá, le marché des résidences secondaires est solide et concerne principalement des appartements haut de gamme dans les quartiers du nord et du centre (Usaquén, Chapinero, Chicó, Santa Bárbara, Rosales). Ces biens servent de pied-à-terre urbain et d’actif locatif pour une clientèle corporate, diplomatique ou expatriée. L’enjeu principal est la liquidité et la valorisation progressive, avec des prix ayant augmenté en moyenne d’environ 5 % par an sur cinq ans et des progressions récentes autour de 6 à 7 % annuels, plutôt qu’une recherche de rentabilité explosive.

Les villes côtières : Cartagena, Santa Marta, Barranquilla

Sur la côte Caraïbe, trois villes concentrent les achats de résidences secondaires : Cartagena, Santa Marta et Barranquilla.

Cartagena est le joyau le plus médiatisé. Son centre historique fortifié, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, abrite un micro‑marché d’immeubles coloniaux et républicains où les prix s’étendent entre un et dix millions de dollars pour des propriétés de très haut standing. Autour, les quartiers de Bocagrande, El Laguito, Castillogrande ou Manga offrent une alternative moderne : grandes tours en front de mer, condos avec piscine, sécurité, salles de sport. Les prix y vont typiquement de 800 à 1 200 dollars le mètre carré pour des produits standard, et bien plus sur les emplacements premium.

Le marché immobilier côtier

Analyse des tendances et des rendements sur le littoral, où la valeur patrimoniale et la demande touristique compensent des rendements locatifs bruts plus modérés.

Rendements locatifs

Les rendements locatifs bruts moyens sont d’environ 5,7%, inférieurs à ceux de l’intérieur des terres en raison des prix élevés et des charges importantes.

Valeur et demande

La valeur patrimoniale et la demande touristique sont écrasantes, constituant des atouts majeurs pour ce marché.

Dynamique des prix

Un flux croissant d’acheteurs nord-américains tire les prix vers le haut, avec des projections de hausse de 15% sur cinq ans pour certains segments.

Santa Marta joue la carte de la station balnéaire plus détendue, à proximité du parc Tayrona et de la Sierra Nevada. Les zones de Rodadero et Bello Horizonte ont vu se développer des ensembles d’appartements en front de mer, moins onéreux que Cartagena et avec des rendements potentiels intéressants (environ 6 % bruts sur les meilleurs biens). Cette configuration en fait une destination crédible pour un second logement à usage mixte (personnel et locatif).

Barranquilla, grande métropole portuaire, attire de plus en plus d’investisseurs pour des résidences avec vue mer ou fleuve, avec une demande pour les vues océaniques qui aurait progressé d’environ 15 %. Les quartiers d’Alto Prado et Villa Santos concentrent les copropriétés neuves et de haut de gamme.

Régions de nature : Eje Cafetero, Guatapé et campagnes

La troisième grande catégorie concerne les résidences secondaires « de campagne », souvent prisées par la bourgeoisie colombienne, mais aussi par certains étrangers en quête d’un cadre de vie plus paisible.

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Rendement locatif brut potentiel d’un appartement à Pereira dans l’Eje Cafetero, région classée par l’UNESCO.

Guatapé, au bord du grand réservoir artificiel à l’est de Medellín, est emblématique du marché des maisons de vacances lacustres. Les propriétés en bord de lac s’échangent souvent entre 80 000 et 150 000 dollars. Des exemples concrets montrent des revenus annuels bruts de l’ordre de 24 000 dollars, grâce à une forte demande de week‑ends et séjours courts des habitants de Medellín.

Dans la périphérie de grandes villes comme Cali (Pance, Ciudad Jardín, lac Calima) ou autour de Bogotá, de nombreuses familles aisées acquièrent des maisons de campagne ou des chalets pour les week‑ends, parfois équipées de panneaux solaires ou d’aménagements écologiques. On observe aussi un basculement partiel des très hauts revenus de Bogotá et Medellín vers des résidences secondaires rurales de prestige, ce qui freine la progression des prix de l’ultra‑luxe en centre‑ville.

Qui achète ? Entre Colombiens aisés, expatriés et nomades digitaux

Le profil de l’acheteur de résidence secondaire en Colombie est plus diversifié qu’il n’y paraît.

Du côté des Colombiens, l’essor d’une classe moyenne et supérieure urbaine stimule la demande pour des fincas de week‑end, des appartements de plage ou des logements pour les enfants étudiants dans une autre ville. La pression sur le marché locatif (on compte désormais plus de ménages locataires que propriétaires, 7,3 millions contre 7,1) renforce l’idée de la pierre comme valeur refuge.

35-40

Pourcentage estimé des transactions immobilières réalisées par des étrangers à Cartagena, illustrant leur poids significatif sur les marchés touristiques.

Plusieurs éléments expliquent cet intérêt :

un taux de change historiquement favorable : le peso colombien s’est déprécié face au dollar depuis une quinzaine d’années, donnant un pouvoir d’achat accru aux détenteurs de monnaies fortes ;

– un coût de la vie relativement bas et des services (y compris santé) abordables ;

– l’attrait de visas dédiés aux investisseurs immobiliers et aux nomades digitaux.

La mise en place d’un visa de nomade digital permettant de séjourner jusqu’à deux ans a clairement dopé certains segments, en particulier à Medellín. Ces nouveaux résidents temporaires cherchent des logements bien connectés, sécurisés, avec internet performant et espaces de coworking à proximité, ce qui profite aux quartiers centraux des grandes villes, mais aussi à quelques destinations de nature proches.

Un cadre légal étonnamment ouvert pour les étrangers

L’un des grands atouts du marché colombien tient au statut des investisseurs non résidents. Le droit colombien accorde aux étrangers les mêmes droits de propriété qu’aux citoyens. Il n’est pas nécessaire d’être résident ni de disposer d’un visa spécifique pour acheter et détenir un bien (à condition qu’il ne s’agisse pas de terres étatiques non titrées ou de territoires collectifs indigènes ou afro‑descendants).

La procédure d’acquisition repose sur quelques étapes clés :

Astuce :

L’achat d’un bien immobilier en Colombie suit un processus structuré. Il faut d’abord obtenir un numéro d’identification fiscale (NIT ou RUT). Ensuite, il est crucial de vérifier le titre de propriété via le Certificado de Tradición y Libertad pour s’assurer de l’absence d’hypothèque ou de litige. Une promesse de vente (Promesa de Compraventa) doit ensuite être signée pour encadrer prix, délais et conditions. L’acte définitif (escritura pública) est signé devant notaire, puis l’acte doit être enregistré à l’Oficina de Registro de Instrumentos Públicos.

Les coûts de transaction demeurent relativement contenus. En pratique, l’ensemble notaire, taxes de transfert, frais d’enregistrement et honoraires juridiques représente souvent entre 2 et 5 % du prix pour l’acheteur, tandis que le vendeur assume surtout la commission d’agent immobilier (3 à 4 % plus TVA). Le « round‑trip » achat puis revente est généralement estimé entre 4,15 et 6,15 %.

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Le taux d’imposition maximal sur les revenus locatifs d’une résidence secondaire en Colombie

Financement : un marché du crédit encore peu développé

C’est l’un des paradoxes du marché : alors que la Colombie attire de plus en plus d’acheteurs étrangers, son système hypothécaire reste peu profond et coûteux.

Les chiffres sont parlants : seuls environ 3 % des adultes possèdent un crédit immobilier, et l’encours total de prêts ne pèse qu’un peu plus de 8 % du PIB. Dans le même temps, le taux directeur de la banque centrale se situe encore autour de 9 %, et les taux moyens des crédits logement dépassent les 11 %, avec des fourchettes de 12 à 14 % évoquées pour 2025.

En pratique, cela signifie que : les actions entreprises doivent être claires et accessibles à tous.

Attention :

Pour obtenir un crédit immobilier en Colombie, les banques exigent généralement un apport personnel élevé (30 à 50% du prix), surtout pour les non-résidents. La durée du prêt est limitée, ne dépassant généralement pas 20 ans. L’accès au crédit est conditionné à la détention d’un titre de séjour valide, à la justification de revenus locaux ou à un historique de crédit établi en Colombie.

Résultat : la plupart des achats de résidences secondaires par des étrangers se font comptant ou via des montages de financement dans le pays d’origine (réhypothèque de la résidence principale, par exemple). Certains promoteurs proposent des financements directs ou des plans de paiement échelonnés, mais sur des durées plus courtes et avec des taux souvent supérieurs au marché bancaire.

Cette contrainte joue paradoxalement en faveur de la stabilité : la faible dépendance au crédit limite le risque de bulle explosive liée aux taux, mais elle restreint l’accès à la propriété pour une large partie des ménages, contribuant à un déficit de logement encore élevé (près de 26,8 % des foyers seraient concernés).

Visas d’investissement : transformer sa résidence secondaire en porte d’entrée migratoire

La Colombie a fait de l’investissement immobilier l’un des piliers de sa politique migratoire à destination des étrangers. Le pays propose un visa de type M (Migrant) pour les investisseurs qui acquièrent un bien d’une valeur équivalente à 350 fois le salaire minimum mensuel légal. Au niveau de rémunération fixé pour 2025, cela représente un investissement d’environ 498 millions de pesos, soit un peu plus de 100 000 dollars.

650

Nombre de salaires minimums à investir dans l’immobilier pour obtenir directement un visa de résident (R) en Colombie.

Dans le cadre d’une stratégie de résidence secondaire, ces seuils sont loin d’être inaccessibles : un seul appartement de bon niveau à Bogotá, Medellín ou Cartagena permet souvent de les franchir. L’exigence clé est l’enregistrement de l’investissement en tant qu’apport étranger auprès de la banque centrale, afin de sécuriser les droits de sortie de capitaux et la preuve à produire pour l’obtention du visa.

Régulation des locations de courte durée : un cadre qui se durcit

L’essor des résidences secondaires destinées à la location touristique ne s’est pas fait sans débat. Comme ailleurs, la montée en puissance des plateformes type Airbnb a suscité des interrogations sur le logement des habitants, le bruit, la sécurité et la concurrence avec l’hôtellerie.

La Colombie a donc commencé à encadrer plus strictement le secteur. Plusieurs obligations pèsent désormais sur les propriétaires qui louent en courte durée :

Bon à savoir :

Pour louer un logement à des séjours touristiques, une inscription au Registre national du tourisme (RNT) est obligatoire et doit être renouvelée chaque année. Le propriétaire doit tenir un registre des clients (Tarjeta de Registro de Alojamiento) et le transmettre aux autorités. Dans les copropriétés, les locations de moins de 30 jours doivent être explicitement autorisées par le règlement ou l’acte de propriété, sous peine d’interdiction par l’assemblée générale. Enfin, une assurance spécifique pour les hôtes peut être requise dans certains cas.

Les municipalités travaillent en parallèle à des règles locales plus détaillées : limitation du nombre de nuitées, autorisation par zones, exigences de sécurité. D’ici 2026, les observateurs s’attendent à un cadre plus harmonisé, avec des obligations accrues en matière de licence, de collecte de taxes et de respect de quotas dans certains quartiers.

Pour le propriétaire de résidence secondaire, cela signifie deux choses : une hausse de la complexité administrative, mais aussi une forme de légitimation du modèle, susceptible d’attirer des capitaux plus institutionnels et de professionnaliser la gestion.

Risques et limites : tout n’est pas rose sous le soleil tropical

Malgré ses atouts, le marché des résidences secondaires en Colombie n’est pas dénué de zones grises.

Sur le plan sécuritaire et politique, le pays reste soumis à des tensions. La situation en matière de violence s’est à nouveau dégradée dans certains territoires, avec hausse des enlèvements, de l’extorsion et des homicides en dépit des programmes de « paix totale ». La popularité du gouvernement est en berne, et l’horizon électoral à venir entretient une certaine incertitude sur les politiques fiscales et réglementaires.

Le risque de change est également important : le peso colombien est volatil. Une forte dépréciation peut rendre l’achat très attractif mais rogner les revenus locatifs convertis en devises fortes ; une appréciation inverse peut réduire la rentabilité à court terme mais doper la valeur du patrimoine.

Attention :

Le marché immobilier colombien est marqué par un déficit de logements et une offre neuve limitée, en raison du coût élevé des matériaux et du ralentissement des programmes sociaux (suspension de « Mi Casa Ya », baisse de 24 % des permis de construire résidentiels en 2024). Cette pénurie pousse les prix à la hausse, créant des tensions d’accessibilité, notamment à Bogotá et Medellín où les ratios prix-revenus deviennent très élevés.

Enfin, la qualité du cadastre et des titres reste hétérogène. Dans les grandes villes, le registre est bien tenu ; dans les zones rurales, des cas de titres incomplets ou contestés subsistent. D’où l’importance de recourir systématiquement à un avocat spécialisé pour mener un estudio de títulos approfondi.

Durabilité, technologie et nouvelles attentes des acheteurs

Les résidences secondaires ne sont pas à l’écart des grandes tendances de fond qui transforment le marché colombien.

La première est la transition écologique. Près de 300 000 nouveaux logements ont déjà obtenu une certification de durabilité, et les projections évoquent la possibilité que la moitié des nouvelles constructions soient « vertes » d’ici 2030. Les maisons de campagne ou de bord de mer équipées de panneaux solaires se multiplient ; le marché des propriétés alimentées par l’énergie solaire devrait tripler en quelques années seulement.

Bon à savoir :

La technologie transforme le marché de la résidence secondaire. En 2023, 14 % des foyers possédaient des objets connectés, une proportion qui devrait dépasser 20 % rapidement. Cela génère une demande pour des logements « intelligents » équipés de domotique, de contrôle à distance, de capteurs de sécurité et de clés numériques. Par ailleurs, le développement de la PropTech (plateformes d’achat en ligne, visites virtuelles, tokenisation) facilite l’accès au marché à distance, permettant même à des acheteurs d’acquérir un bien sans s’être rendus sur place.

Enfin, les nouveaux modes de vie, entre travail hybride et nomadisme digital, brouillent la frontière entre résidence principale et secondaire. De plus en plus de biens achetés comme « maisons de vacances » finissent par être occupés plusieurs mois par an, notamment par des télétravailleurs qui alternent entre leur pays d’origine et la Colombie.

Vers un marché des résidences secondaires plus mûr et plus sélectif

Tout indique que le marché colombien des résidences secondaires se dirige vers une phase de croissance plus maîtrisée. Les analystes anticipent une appréciation des prix de l’ordre de 4 à 6 % par an à l’échelle du pays dans les prochaines années, avec des pointes à 8‑12 % sur les actifs prime des pôles touristiques comme Medellín ou Cartagena, en termes de rendement global (combinaison de loyers et de plus‑values).

Bon à savoir :

Dans les quartiers les plus recherchés, les prévisions sur cinq ans indiquent des gains potentiels de 40 à 50 %, voire plus, notamment dans les zones desservies par de nouvelles infrastructures de transport. À l’inverse, le marché devrait rester équilibré ou légèrement favorable aux acheteurs dans les segments moins tendus ou pour certains programmes neufs haut de gamme, où le pouvoir d’achat local est sous pression.

Pour les candidats à la résidence secondaire, cela impose une approche plus fine : choix du bon micro‑emplacement (proximité transports, sécurité, services), compréhension des réglementations locales de location, analyse minutieuse des charges de copropriété et des coûts de gestion sur les produits orientés courte durée.

Au‑delà des chiffres, un point demeure : la Colombie, avec sa combinaison rare de prix encore accessibles, de diversité de paysages, de rendement locatif attractif et de droits de propriété ouverts aux étrangers, conserve un avantage compétitif évident sur le segment des résidences secondaires. Reste à savoir si les investisseurs sauront naviguer ses complexités, de la fiscalité à la régulation des locations touristiques, pour transformer le rêve de maison au soleil en stratégie patrimoniale réellement pérenne.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Colombie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au peso colombien. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Bogotá, Medellín, Carthagène), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement haut de gamme ou une petite maison individuelle dans un quartier en développement de Medellín ou de la zone métropolitaine de Bogotá, combinant un rendement locatif brut cible proche de 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un bon potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.

Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de profiter des opportunités du marché colombien tout en maîtrisant les risques (juridiques, fiscaux, locatifs) et en intégrant cet actif dans une stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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