Le marché des résidences secondaires au Mexique : entre maison de vacances et actif financier

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché des résidences secondaires au Mexique est en pleine mutation. Ce qui, il y a quinze ou vingt ans, relevait surtout du rêve de retraite au soleil ou de la petite casa familiale à la plage est devenu un véritable segment d’investissement, porté par un boom touristique, des infrastructures en plein essor et une demande étrangère massive. Derrière les cartes postales de Tulum, de Los Cabos ou de Puerto Vallarta, on trouve aujourd’hui des chiffres très concrets : rendements locatifs, prix au mètre carré, coûts de maintenance, cadres juridiques et stratégies de financement.

Bon à savoir :

Cet article détaille les destinations prisées, les procédures d’achat pour étrangers, le potentiel de rendement locatif et l’impact des grands projets d’infrastructure. Il met également en garde contre les risques et les coûts cachés à évaluer avant tout engagement.

Un marché résidentiel en expansion, dopé par les résidences secondaires

Le marché immobilier résidentiel mexicain connaît une dynamique soutenue. Les projections évoquent une taille de 49,03 milliards de dollars US en 2026, pour atteindre environ 64,28 milliards en 2031, avec un taux de croissance annuel composé de plus de 5,5 % sur la période. L’ensemble de l’immobilier (tous segments confondus) est, lui, attendu autour de 183,7 milliards de dollars d’ici 2030.

Attention :

Le marché des maisons de vacances connaît une forte accélération, portée par le télétravail, les changements de mode de vie post-pandémie, les investissements étrangers et le développement de la location courte durée via des plateformes comme Airbnb.

Au niveau national, les prix résidentiels progressent régulièrement. L’indice des prix des logements financés par crédit a ainsi augmenté de 8,7 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2025. Fitch Ratings anticipe encore une hausse de 7 à 9 % des prix en 2025 et de 8 à 9 % en 2026, signe d’un marché qui reste orienté à la hausse, même si l’économie réelle ralentit.

Pour les résidences secondaires situées dans les zones touristiques, la pente est encore plus marquée. Dans de nombreuses destinations de bord de mer, les prix des villas ont bondi de 8 à 12 % en un an, et certaines micro‑zones de Los Cabos ont même enregistré des hausses spectaculaires de 25 à plus de 100 % entre 2024 et 2025.

Le rôle central des acheteurs étrangers

Le marché des résidences secondaires au Mexique est clairement tiré par la demande internationale. En 2024, on estime que les acheteurs étrangers représentaient environ 10 % de l’ensemble des transactions immobilières dans le pays, soit autour de 40 000 biens acquis. Près de 65 % de ces achats étrangers seraient le fait de citoyens américains, suivis par les Canadiens, puis des Européens (notamment Espagne, France, Allemagne).

Exemple :

Les acheteurs étrangers au Portugal se répartissent en plusieurs catégories : les retraités nord-américains recherchant un ensoleillement et un coût de la vie avantageux, les travailleurs à distance s’installant temporairement dans des villes bien connectées, les familles aisées acquérant une résidence secondaire à potentiel locatif, et les investisseurs comparant les opportunités entre différentes stations balnéaires mondiales.

L’attractivité du Mexique repose sur un faisceau de facteurs :

0.1–0.2

Le taux de l’impôt foncier annuel au Mexique, très modéré par rapport à de nombreuses autres destinations.

À cela s’ajoute la proximité géographique avec les États‑Unis et le Canada, grâce à de multiples liaisons aériennes directes et, pour certains marchés frontaliers, la possibilité de se déplacer en voiture. Résultat : plus d’un million d’Américains résident aujourd’hui au Mexique, et plus de 500 000 y possèdent une maison.

Des destinations très différenciées sur la côte et à l’intérieur

Le marché des résidences secondaires n’est pas homogène. Il se structure en plusieurs grands ensembles : les zones balnéaires caraïbes et pacifiques, les villes coloniales, les grandes métropoles, et une constellation de villages et petites villes rurales plus abordables.

Riviera Maya, Cancun, Playa del Carmen et Tulum

La Riviera Maya reste la locomotive du marché des résidences secondaires. Ce corridor caraïbe, qui va de Cancun à Tulum en passant par Playa del Carmen, Puerto Aventuras, Akumal ou Mahahual, concentre à la fois la plus forte fréquentation touristique du pays et une offre massive de condos et villas de vacances.

Les chiffres montrent clairement la montée en gamme et la pression sur les prix, en particulier à Tulum et Playa del Carmen.

ZonePrix typique / m² (USD)Gamme de prix fréquenteRendements locatifs (bruts)
Cancun – condos modernes2 500–3 000150 000–500 000+5–8 % (locations saisonnières)
Playa del Carmen~2 000–3 500120 000–450 0005–9 % (Airbnb)
Tulum (condos/villas)2 000–5 500250 000–1 000 000+6–10 %, jusqu’à 15 % sur le haut de gamme

À Tulum, une villa 2 chambres se négocie en moyenne autour de 590 000 dollars, une 3 chambres autour de 670 000, et une 4 chambres dépasse fréquemment 1,3 million, avec des projets de villas neuves allant de 320 000 à plus de 3 millions de dollars. L’écart est important entre des maisons « modestes » (200 000–350 000 dollars) et les projets éco‑luxe tournés vers une clientèle très aisée.

Sur l’ensemble de la Riviera Maya, les propriétés éco‑luxe se vendent en moyenne entre 3 500 et 5 000 dollars le mètre carré, tandis que les villas directement sur la plage peuvent atteindre 5 400 à 10 800 dollars/m².

Astuce :

Cancún se caractérise par un parc hôtelier très développé et une offre croissante d’appartements en résidence, particulièrement dans sa Zone Hôtelière. Le marché immobilier y est extrêmement varié : le prix d’une maison en bord de mer peut osciller entre 112 000 et 9 millions de dollars, en fonction de son emplacement et de son standing.

Los Cabos, La Paz et la côte pacifique nord

À l’extrémité de la péninsule de Basse‑Californie, Los Cabos joue dans une autre catégorie : celle de l’ultra‑luxe. Cabo San Lucas et San José del Cabo forment un marché de villas et résidences de très haut standing, fréquenté par une clientèle internationale fortunée.

En 2025, le prix moyen d’une maison de luxe à Cabo San Lucas tourne autour de 1,32 million de dollars, avec certaines zones Pacifique atteignant en moyenne 2,25 millions. Les villas d’entrée de gamme à l’intérieur des terres se négocient plutôt entre 700 000 et 900 000 dollars, mais les communautés ultra‑prestigieuses comme Chileno Bay, Four Seasons ou El Dorado affichent des ventes de 5 à 28 millions de dollars, avec plusieurs transactions au‑delà de 10 millions rien qu’au premier trimestre 2025.

Dynamique du marché immobilier à Los Cabos

Analyse des facteurs expliquant la pression extrême sur les prix de l’immobilier dans cette destination.

Explosion des prix

Certaines micro‑zones ont enregistré des hausses de prix comprises entre 25 % et 107 % sur une seule année.

Offre très limitée

Plus de 60 % des annonces concernent des biens terminés, avec très peu de stock disponible en phase de pré‑construction.

Afflux touristique haut de gamme

1,64 million de visiteurs entre janvier et mai 2024, générant une demande soutenue.

Rendements locatifs élevés

Les tarifs moyens de location de courte durée dépassent 580 $ la nuit, stimulant les investissements.

Segment luxe dominant

Les hôtels de luxe affichent des prix moyens avoisinant les 550 $ la nuit, reflétant le pouvoir d’achat de la clientèle.

À quelques heures de route, La Paz illustre un autre visage de la Basse‑Californie : une ville côtière plus accessible, où les prix de l’immobilier ont progressé d’environ 33 % depuis mi‑2020, mais restent largement inférieurs à ceux de marchés américains comparables sur le Pacifique.

Plus au sud, sur le littoral pacifique continental, Puerto Vallarta et la Riviera Nayarit constituent des marchés matures de résidences secondaires, très prisés des retraités nord‑américains et des communautés LGBTQ+. Les villas en centre‑ville de Puerto Vallarta se situent en général entre 400 000 et 600 000 dollars, avec des biens en front de mer à partir de 320 000 dollars. La plage de Sayulita, la péninsule de Punta de Mita ou encore des villages comme Bucerías ont vu se développer un marché de condominiums allant de 81 500 dollars pour les petites unités à 7,5 millions pour les grandes propriétés.

Villes coloniales, métropoles et villages ruraux

Toutes les résidences secondaires ne sont pas au bord de l’eau. Les villes coloniales comme San Miguel de Allende, Mérida ou Oaxaca, ainsi que certaines grandes métropoles, attirent une clientèle en quête de culture, gastronomie, sécurité et vie urbaine.

À Mérida, les prix moyens se situent entre 60 000 et 180 000 dollars, avec des maisons coloniales rénovées offrant des rendements locatifs bruts estimés entre 6 et 8 % grâce à un tourisme culturel et à une forte communauté d’expatriés. À Puebla, les valeurs oscillent entre 75 000 et 180 000 dollars, avec des rendements de l’ordre de 4,8 %. Oaxaca City affiche des prix relativement bas (50 000 à 130 000 dollars), avec des loyers permettant des rendements autour de 5 %.

Dans les grandes métropoles, les résidences secondaires prennent souvent la forme d’appartements haut de gamme utilisés pour de longs séjours ou pour la location meublée. À Mexico, les quartiers chics comme Polanco voient les prix monter entre 4 000 et 5 500 dollars/m², pour des logements résidentiels valorisés en moyenne autour de 203 000 dollars, avec des rendements locatifs proches de 5,7 %. À Guadalajara, le prix moyen en centre‑ville tourne autour de 2 600 dollars/m², pour des rendements de 6 à 7 % ; à Monterrey, environ 3 650 dollars/m², avec 6,3 à 6,8 % de rendement brut.

À l’autre bout du spectre, de nombreuses petites villes et villages ruraux offrent des opportunités de résidences secondaires à bas prix, surtout pour des Mexicains ou des étrangers déjà très familiarisés avec le pays. On trouve encore des maisons entre 30 000 et 80 000 dollars dans ces zones, voire 25 000 à 35 000 dollars dans certains villages de Michoacán, Puebla ou Chiapas.

Évolution des prix et écarts régionaux

Les hausses de prix liées au tourisme et à la demande étrangère se concentrent clairement dans quelques États côtiers. Au deuxième trimestre 2025, Quintana Roo (Cancun, Riviera Maya) enregistre ainsi une progression annuelle des prix de 14,7 %, Baja California Sur (Los Cabos, La Paz) 13,1 %, Nayarit 12,5 %, et Yucatán 10,7 %. Dans le détail, certains municipes touristiques s’envolent : Benito Juárez (Cancun) +12,8 % en un an et +92 % sur cinq ans, Solidaridad (Playa del Carmen) +11,1 % et +88 % sur cinq ans, Mérida +10,2 %.

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Les prix immobiliers à Veracruz sont en moyenne 37 % inférieurs à ceux des régions comparables du pays.

Cette hétérogénéité se retrouve aussi dans les rendements locatifs. D’après les données disponibles, les rendements bruts moyens des appartements tournent autour de 5,7 % à l’échelle nationale, mais varient fortement selon les villes et le type de produit.

Ville / RégionRendement locatif brut estimé
Mérida (colonial / résidentiel)~5,2–8 % selon le segment
Puebla~4,8–6,4 %
Puerto Vallarta (front de mer)~3,5–8 %
Oaxaca (intra‑muros)~5 %
Mexico (appartements)~5,7 %
Cancun / Riviera Maya (locations saisonnières)~5–12 %, parfois plus pour Tulum

Pour les villas de luxe dans les destinations très touristiques (Tulum, Los Cabos, certaines plages de la Riviera Maya), les rendements bruts annoncés peuvent grimper à 7–9 % par an, voire jusqu’à 15 % pour des opérations de location de courte durée très bien gérées. Mais ces chiffres masquent des coûts d’exploitation et de gestion importants, et une forte sensibilité à la saisonnalité.

La location de courte durée comme moteur du marché

Impossible de parler du marché des résidences secondaires au Mexique sans évoquer la location de courte durée, qui est devenue l’un des principaux moteurs de la demande.

Le segment des locations de vacances (toutes plateformes confondues) génère déjà plus de 19 milliards de dollars par an de revenus au Mexique, et des analyses sectorielles évoquent une trajectoire pouvant atteindre 7 milliards de dollars de revenus rien que pour les destinations touristiques majeures d’ici 2030, uniquement sur le segment des biens conçus pour la location.

Les grandes villes touristiques présentent des chiffres impressionnants en nombre d’annonces, niveau de remplissage et tarif moyen par nuit :

VilleAnnonces actives (Airbnb, environ)Occupation médianeTarif moyen (approx.)
Tulum> 8 60054–67 %250 USD/nuit et plus sur le segment haut
Playa del Carmen> 12 000~63–65 %80–150 USD/nuit (unités haut de gamme)
Cancun~6 700~65–70 %~65–200 USD/nuit selon le segment
Puerto Vallarta> 8 000~60–65 %> 100 USD/nuit en moyenne
Mérida~6 200~58 %~45–50 USD/nuit
Guadalajara~5 700~58 %~40–50 USD/nuit
Mexico~20 000~55–60 %~80 USD/nuit
Los Cabos~3 000~44–65 %~350 USD/nuit, beaucoup plus pour les villas

À Tulum et Cancun, plus de 80 % de l’offre se compose de logements entiers, souvent 1 ou 2 chambres, parfaitement calibrés pour les couples et petites familles. Le taux de remplissage médian tourne entre 50 et 70 % suivant la saison, avec des pics très marqués entre décembre et avril. Puerto Vallarta, Playa del Carmen et la Riviera Nayarit suivent une logique similaire, avec un hiver très fort, un été moyen, et des intersaisons plus calmes.

Cette dynamique de location courte durée modifie profondément l’économie des résidences secondaires :

Bon à savoir :

La location touristique permet aux propriétaires de couvrir une grande partie, voire la totalité, de leurs coûts (financement, taxes, maintenance). Elle a pour effet de renchérir les prix d’achat dans les destinations les plus rentables, notamment pour les petits appartements et villas très photogéniques. Enfin, elle attire une nouvelle catégorie d’acheteurs qui raisonnent en investisseurs, en analysant le rendement net, le taux d’occupation et le potentiel de plus-value.

Mais elle entraîne aussi une régulation croissante. Plusieurs États et villes ont mis en place des obligations d’enregistrement et de collecte de taxes spécifiques pour les hôtes de courte durée. Quintana Roo impose par exemple l’inscription au registre RETUR‑Q et la perception d’une taxe de séjour d’environ 3 %. Mexico exige un permis de location de courte durée pour chaque propriété. Et à l’échelle nationale, les revenus locatifs des non‑résidents sont soumis à une retenue à la source de 25 % sur les loyers bruts, sauf option pour des régimes permettant de déduire les charges.

Cadre juridique : fideicomiso, zones restreintes et précautions

Pour un acheteur étranger, posséder une résidence secondaire au Mexique suppose de se familiariser avec un cadre juridique spécifique, qui repose principalement sur la notion de « zone restreinte » et le mécanisme du fideicomiso.

La Constitution mexicaine interdit aux étrangers de détenir directement un titre de propriété dans une bande de 50 km le long des côtes et de 100 km le long des frontières. Or, ces zones correspondent précisément à la plupart des destinations de résidences secondaires en bord de mer.

Bon à savoir :

Pour permettre aux étrangers d’acquérir des biens dans les zones restreintes, la réforme de 1993 a instauré le fideicomiso. Il s’agit d’un trust bancaire de 50 ans, renouvelable indéfiniment, où une banque mexicaine détient légalement le titre de propriété, mais où l’acheteur étranger est le bénéficiaire. Ce dernier jouit de tous les droits d’usage : il peut occuper le bien, le louer, le revendre, le mettre en garantie ou le transmettre à ses héritiers, détenant ainsi tous les attributs économiques de la propriété.

Les coûts associés au fideicomiso ne sont pas négligeables. Comptez généralement :

des frais de constitution initiaux entre 2 000 et 5 000 dollars (selon la banque et la complexité du dossier) ;

des frais annuels de maintenance de l’ordre de 500 à 800 dollars.

À cela s’ajoutent les frais et taxes classiques de toute transaction :

Poste de coûtFourchette typique
Notaire (Notario Público)0,5–1,5 % du prix
Taxe de transfert / acquisition2–5 %
Frais juridiques (avocat)1–1,5 % ou 1 000–3 000 USD
Enregistrement, cadastre, divers~0,5–1,5 %
Mise en place du fideicomiso450–3 000 USD (une fois)
Commission d’agence (vendeur)3–6 % + TVA

Au total, il faut prévoir en général entre 5 et 10 % du prix d’achat en frais de clôture pour un étranger, hors ameublement et éventuelles rénovations.

Bon à savoir :

Hors des zones restreintes (comme de nombreuses villes de l’intérieur), un non-résident peut acheter un bien en son nom propre, sous réserve d’obtenir un permis spécifique du ministère des Affaires étrangères. Pour des projets commerciaux ou l’acquisition de plusieurs biens, y compris en zone restreinte, il est possible de créer une société mexicaine (S. de R.L. ou S.A.). Cette dernière option est plus complexe sur les plans fiscal et administratif et requiert un accompagnement juridique spécialisé.

Enfin, un point de vigilance récurrent concerne les terrains ejido, c’est‑à‑dire les terres agricoles collectives. Beaucoup de litiges et scandales d’« escroqueries à la jungle » à Tulum, Bacalar ou ailleurs viennent de tentatives d’acheter des parcelles ejidales non régularisées. Sans procédure complète de désaffectation et d’individualisation, ces transactions sont extrêmement risquées, voire nulles en droit.

Financer une résidence secondaire au Mexique quand on est étranger

Contrairement à ce qui se pratique dans de nombreux marchés occidentaux, la très grande majorité des achats résidentiels au Mexique — on parle de plus de 90 % des transactions — se font sans recours au crédit bancaire, en cash. Pour les étrangers, la proportion est encore plus élevée, avec des estimations autour de 99 % d’acquisitions financées sur fonds propres ou via des montages de type refinancement dans le pays d’origine.

Plusieurs options existent néanmoins pour ceux qui souhaitent recourir à l’endettement :

Exemple :

Pour acquérir un bien au Mexique, plusieurs solutions de financement existent. On peut : 1) Utiliser une ligne de crédit hypothécaire (HELOC) sur un bien dans son pays d’origine pour arriver en tant qu’acheteur cash. 2) Bénéficier du financement du promoteur, courant dans les programmes en pré-construction (Riviera Maya, Tulum), avec 30 à 80% d’apport, des paiements échelonnés sur la durée du chantier, des taux de 6 à 10% et des maturités de 5 à 10 ans. 3) Contracter un prêt hypothécaire « cross-border » en dollars via des acteurs spécialisés pour Nord-Américains, sur 5 à 30 ans, avec des taux de 5 à 9%, une paperasserie importante et des exigences strictes de score de crédit et de revenus. 4) Obtenir un crédit en pesos auprès d’une banque mexicaine (BBVA, Banorte, etc.), réservé en pratique aux étrangers ayant une résidence permanente et des revenus locaux, avec des taux nominaux >10%, des durées de 5 à 20 ans et un LTV plafonné à 70-80%. 5) Négocier un financement vendeur (paiement échelonné direct avec hypothèque notariée), solution rare et casuistique.

Dans tous les cas, il faut garder à l’esprit que les taux d’intérêt mexicains restent élevés (environ 11,6 % en moyenne pour un crédit hypothécaire à taux fixe à l’été 2025) et que les banques exigent des apports de 20 à 40 %. Pour un bien à vocation de résidence secondaire, beaucoup d’acheteurs jugent plus rationnel de mobiliser du capital ou de s’endetter dans leur pays d’origine.

Coûts récurrents : taxes, entretien, assurances et gestion

Au‑delà du prix d’achat, une résidence secondaire au Mexique entraîne une série de coûts récurrents qu’il faut intégrer dans le calcul de rentabilité et de trésorerie.

25

Taux de retenue à la source sur les revenus locatifs bruts perçus par un non-résident au Mexique.

Sur le plan opérationnel, plusieurs postes pèsent lourdement :

1000

Les charges de copropriété peuvent dépasser 1 000 dollars par mois dans les résidences de luxe offrant des services hôteliers.

Les spécialistes recommandent de constituer un fonds de réserve couvrant 10 à 15 % des recettes locatives pour faire face aux réparations imprévues (climatisation, toiture, électroménager, dégâts des eaux, etc.).

Infrastructures et perspectives : le cas de la Riviera Maya

Les grandes infrastructures en cours de réalisation jouent un rôle déterminant dans la valorisation des résidences secondaires. L’exemple le plus commenté est celui du Train Maya, ce réseau ferré destiné à relier Cancun, Playa del Carmen, Tulum et d’autres villes de la péninsule jusqu’à Campeche. Une fois pleinement opérationnel, il devrait réduire fortement les temps de trajet, fluidifier les mouvements de touristes et de travailleurs, et ouvrir de nouvelles poches de développement le long de la ligne.

14.7

Il s’agit de la hausse annuelle des prix immobiliers dans l’État de Quintana Roo, stimulée par les investissements en infrastructures comme les aéroports.

Sur la côte pacifique, des dynamiques similaires se développent autour de l’extension d’infrastructures touristiques et de transport à Los Cabos, dans la Riviera Nayarit ou autour d’aéroports comme Puerto Vallarta. De plus en plus, les investisseurs étrangers scrutent ces programmes pour identifier des « corridors de croissance » où acheter tôt une résidence secondaire promise à de fortes plus‑values.

Avantages et risques pour un acheteur de résidence secondaire

Face à ces chiffres, le Mexique apparaît comme l’un des meilleurs compromis mondiaux pour qui cherche une résidence secondaire à la plage ou dans une ville historique à un coût raisonnable. Les avantages sont nombreux : climat, culture, coût de la vie, fiscalité foncière douce, proximité avec l’Amérique du Nord, potentiel locatif saisonnier soutenu par un tourisme qui pèse déjà 8,6 % du PIB national et attire plus de 40 millions de visiteurs internationaux par an.

Pour autant, acheter une résidence secondaire au Mexique ne relève pas du « tout‑cuit » et comporte de vrais risques.

Parmi les points d’attention majeurs :

Attention :

L’investissement immobilier au Mexique présente plusieurs risques majeurs : la volatilité des micro-marchés spéculatifs comme Tulum ; un encadrement croissant des locations saisonnières pouvant affecter la rentabilité ; l’impérative nécessité d’une due diligence juridique rigoureuse sur les titres de propriété, notamment en zone côtière ; et une forte dépendance au tourisme international, exposant aux chocs externes.

Sur le plan pratique, la gestion à distance d’une résidence secondaire louée fréquemment peut vite se transformer en activité à part entière : communication avec les voyageurs, coordination des ménages, gestion des incidents, optimisation des tarifs. Beaucoup de propriétaires délèguent à des sociétés de gestion locales, qui facturent entre 20 et 40 % des revenus bruts pour un service complet, réduisant d’autant le rendement net mais apportant une vraie sérénité.

Vers un marché des résidences secondaires plus mature et plus réglementé

Toutes les données convergent vers un scénario de poursuite de la croissance du marché résidentiel mexicain jusqu’à la fin de la décennie, avec une part toujours importante consacrée aux résidences secondaires et aux maisons de vacances. La combinaison de facteurs structurels – déficit de logements estimé entre 2,3 et 9 millions d’unités, population jeune, urbanisation, nearshoring – et de facteurs exogènes – demande étrangère, télétravail, attrait touristique – laisse penser que le phénomène n’est pas qu’une bulle spéculative passagère.

Bon à savoir :

Pour les investisseurs étrangers, le contexte est favorable : le pouvoir d’achat en dollars ou en dollars canadiens reste élevé, le peso est stable, et de nombreuses zones du pays offrent un excellent rapport qualité-prix par rapport à d’autres destinations balnéaires internationales.

Mais le marché se professionnalise et se complexifie. Les autorités fédérales et locales encadrent davantage la location de courte durée, les notaires et banques modernisent leurs procédures (y compris via des pilotes de registre foncier sur blockchain à Tulum), les grands développeurs bâtissent des produits de plus en plus intégrés (résidences avec services hôteliers, espaces de coworking, panneaux solaires, dispositifs anti‑inondation).

Astuce :

Pour l’achat d’une résidence secondaire, il est crucial de dépasser le simple coup de cœur esthétique. Il faut maîtriser les fondamentaux du marché local, anticiper les charges et la réglementation, sécuriser la structure de détention (fideicomiso, société, propriété directe), et raisonner avec la rigueur d’un investisseur tout en profitant des avantages d’un vacancier.

Le potentiel demeure considérable, en particulier dans les nombreux « petits joyaux » encore relativement abordables des côtes mexicaines – de Mazatlán à Puerto Escondido, de Mahahual à Bacalar, de Progreso à Sisal – et dans les villes coloniales de l’intérieur. Mais dans ce Mexique des résidences secondaires, les meilleures opérations ne sont plus réservées à ceux qui arrivent les premiers : elles iront à ceux qui sauront lire les chiffres, les cartes et les lois avec autant d’attention que les brochures des agences de voyage.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Mexique pour rechercher du rendement locatif et une exposition en peso mexicain. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Riviera Maya, Mexico, Guadalajara), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison dans une zone touristique ou en forte croissance, comme Playa del Carmen ou un quartier dynamique de Mexico, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 8 à 10 %plus le rendement est grand, plus le risque est important — et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 500 000 dollars.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notario, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété en direct ou via société mexicaine/fideicomiso) et définition d’un plan de diversification internationale dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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