Comparaison des prix immobiliers entre les villes au Mexique

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché immobilier mexicain vit une phase de croissance soutenue, mais très contrastée selon les villes. Entre la capitale, les métropoles industrielles, les villes coloniales de l’intérieur et les stations balnéaires caribéennes ou pacifiques, les écarts de prix au mètre carré se creusent. Comprendre ces différences est devenu indispensable, autant pour un ménage mexicain qui cherche à acheter son logement que pour un investisseur étranger attiré par la Riviera Maya ou par le boom du nearshoring autour de Monterrey.

Bon à savoir :

Cet article compare les principaux marchés urbains du pays en se basant sur des données officielles. Les critères d’analyse comprennent les niveaux de prix, les rendements locatifs et les dynamiques de croissance, offrant une vue d’ensemble chiffrée et objective.

Sommaire de l'article masquer

Un marché national en hausse, mais de plus en plus segmenté

Le point de départ, ce sont les chiffres nationaux. Au deuxième trimestre 2025, l’indice des prix des logements financés par crédit hypothécaire a progressé de 8,7 % sur un an. Les maisons individuelles ont augmenté un peu plus vite (+9,09 %) que les copropriétés et appartements (+8,30 %), et le marché de l’ancien grimpe légèrement plus vite (+8,84 %) que le neuf (+8,52 %).

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Hausse en pourcentage de l’indice national des prix de l’immobilier en Argentine entre 2013 et juillet 2025, avant correction de l’inflation.

Les agences de notation comme Fitch Ratings anticipent encore une hausse des prix de l’ordre de 7 à 9 % en 2025 et d’environ 8 à 9 % en 2026, avec des prévisions de croissance annualisée à long terme (5-10 ans) autour de 4 à 6 % dans les marchés établis. En toile de fond, le déficit structurel de logements estimé à 2,3 millions d’unités, qui pourrait atteindre 4,8 millions en intégrant la demande naturelle, alimente une tension durable sur les grandes agglomérations.

Panorama rapide des niveaux de prix par grandes villes

Pour prendre la mesure des écarts, il suffit de comparer les prix moyens au mètre carré dans quelques marchés phares.

Prix moyens au m² dans plusieurs grandes villes

Ville / zonePrix moyen au m² (MXN)Équivalent approximatif (USD/m²)Source / période
Mexico City (moyenne)56 899~3 045Banorte – juillet 2025
Guadalajara49 200~2 633Banorte – juillet 2025
Monterrey (état, Q2 25)41 949~2 245Banorte – juillet 2025
Mérida26 267~1 406Banorte – juillet 2025
Santiago de Querétaro24 548~1 314Banorte – juillet 2025
Tijuana37 348~1 998Banorte – juillet 2025
Médiane nationale30 820~1 649National – juillet 2025

On voit immédiatement que Mexico City domine toujours en valeur absolue, mais que Guadalajara suit de près, talonné par Monterrey. Les marchés du sud-est comme Mérida ou Querétaro restent sensiblement en dessous de ces niveaux, même s’ils se renchérissent très vite.

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Le prix au mètre carré à Tláhuac, soit environ un tiers de celui des quartiers les plus chers de Mexico City.

Mexico City : la capitale, championne des prix mais pas forcément des rendements

Dans la comparaison entre villes mexicaines, Mexico City reste la référence. Le prix moyen des logements financés y dépassé 3,87 millions de pesos, largement au-dessus de la moyenne nationale. En termes de prix au mètre carré, la capitale tourne autour de 56 899 pesos selon l’indicateur INBAPREVI, avec des pointes bien plus élevées dans les zones premium.

Échelle des prix intra-muros

Arrondissement (Mexico City)Médiane prix au m² (MXN)Commentaire synthétique
Cuauhtémoc69 343Hyper-centre, forte demande, bureaux + résidentiel
Miguel Hidalgo66 757Quartiers d’affaires et résidentiels haut de gamme
Benito Juárez55 782Secteurs centraux prisés des classes moyennes supérieures
Tláhuac19 129Zone la plus abordable de la capitale

L’augmentation de l’indice des prix y est restée plus modérée que dans d’autres régions : +4,9 % sur un an au deuxième trimestre 2025. Sur deux ans, la hausse cumulée atteint 10,61 %, et 36,56 % sur cinq ans. Autrement dit, la capitale progresse, mais n’est plus forcément le marché le plus dynamique du pays en pourcentage de hausse.

Attention :

Les rendements bruts des appartements à Mexico City se situent entre 5,7% et 6,5%. Pour un investisseur, cette fourchette est correcte mais pas exceptionnelle, notamment face aux prix d’entrée élevés et aux taux hypothécaires dépassant souvent 10%.

Les loyers restent néanmoins nettement supérieurs à ceux de la plupart des autres grandes villes mexicaines. Un appartement d’une chambre au centre se loue en moyenne près de 19 000 pesos par mois, contre environ 12 900 à Guadalajara. Pour un trois chambres en centre-ville, on dépasse 40 000 pesos, soit un niveau qui commence à s’approcher de certains marchés sud-américains haut de gamme, tout en restant plus bas que dans les métropoles nord-américaines.

Monterrey : le boom industriel qui tire les prix vers le haut

Si Mexico City reste la référence en valeur absolue, Monterrey est souvent présenté comme le nouvel épicentre de la hausse immobilière. Les données de fin 2024 montrent un prix moyen d’environ 73 975 pesos par mètre carré pour le résidentiel, ce qui en fait purement et simplement le marché le plus cher du pays à cette date, avec un premium estimé entre 10 et 15 % par rapport à Mexico City et d’environ 40 % par rapport à Guadalajara, sur certaines séries de données.

Bon à savoir :

Il est important de différencier les prix annoncés sur les listings, souvent plus élevés, des valeurs réelles de transaction. L’indicateur INBAPREVI, plus représentatif des transactions réelles, situait le prix au m² à Monterrey à 41 949 pesos en juillet 2025.

Structure des prix par type de bien à Monterrey

SegmentPrix médian / moyen (MXN/m²)Observations principales
Appartement (moyen)~63 600 – 78 000Neuf plus cher que revente
Appartement neuf78 037Surcote liée aux projets récents haut de gamme
Appartement de revente64 429Décote vs neuf, mais dynamique
Maison individuelle~27 874 – 28 100Beaucoup moins cher au m² que l’appartement
Segment luxe~101 145Forte concentration d’investisseurs
Segment abordable~10 660Croissance de prix la plus rapide

Les hausses de prix sont impressionnantes : +9,9 % sur un an fin 2024, un doublement grosso modo depuis 2015, avec des prévisions de croissance de 5 à 10 % par an jusqu’en 2026. C’est dans les segments abordable et intermédiaire que la tension est la plus forte, avec des taux de progression annuels pouvant atteindre 12 %, signe d’un marché porté par la demande des classes moyennes et par le boom industriel lié au nearshoring.

Exemple :

La dynamique du marché immobilier de Monterrey est soutenue par plusieurs facteurs clés : un afflux massif d’investissements étrangers dans l’industrie, atteignant 11,4 milliards de dollars pour le seul État du Nuevo León en 2023 (soit 38% du total national), une croissance démographique soutenue de 26,4% entre 2010 et 2020, et un taux de chômage très bas, autour de 2,6-2,7%. Cette forte demande se traduit par un taux de vacance résidentielle d’environ 3%, indiquant une pénurie réelle de logements. Le seul segment présentant un risque de sur-offre émergent est celui de l’immobilier ultra-luxe.

Côté rendement locatif, Monterrey arrive en tête des grandes villes mexicaines, avec des rendements bruts autour de 6,3 à 6,4 % en moyenne, jusqu’à 6,5 % au centre-ville selon certaines estimations. Dans un contexte de taux hypothécaires dépassant souvent les 11 %, cela reste un marché où l’achat au comptant ou avec forte mise de fonds est privilégié par les investisseurs locaux et étrangers.

Guadalajara : un marché en pleine montée, moins cher que Monterrey mais très dynamique

Guadalajara occupe une position intermédiaire très intéressante. Sur les données nationales, le prix moyen des logements financés y tourne autour de 2 012 011 pesos, et le prix moyen au mètre carré atteint 49 200 pesos selon INBAPREVI en juillet 2025, ce qui place la ville juste derrière Mexico City en niveau de prix dans l’échantillon couvert.

Dans les comparaisons internationales, on retrouve des estimations autour de 2 000 à 2 500 dollars par mètre carré, avec un centre-ville plus cher que les périphéries. Les données de croissance sont parlantes : +11,36 % sur un an pour l’indice des prix de la municipalité au deuxième trimestre 2025, +22 % sur deux ans, +62,53 % sur cinq ans. Sur la dernière décennie, on parle d’une hausse nominale d’environ 115 % (55 % en termes réels).

Prix de vente estimés à Guadalajara en 2026

Les données spécifiques à 2026 donnent une idée fine de la structure des prix.

Indicateur (Guadalajara 2026)Valeur estimée (MXN)
Prix médian d’une maison4 500 000
Prix moyen d’une maison5 200 000
Fourchette de 80 % des biens résidentiels2 200 000 – 10 500 000
Entrée de gamme (1–2 pièces, quartiers Est)1 600 000 – 2 100 000
Luxe (Puerta de Hierro, Andares, Valle Real)15 000 000 – 45 000 000
Médiane prix au m² (début 2026)~58 800
Prix moyen au m² (début 2026)60 500

On retrouve un marché où les appartements et condos représentent environ 60 % des annonces, avec une prime d’environ 12 % au mètre carré pour le neuf par rapport à l’ancien. Les quartiers les plus chers – Puerta de Hierro, Andares, Valle Real à Zapopan – peuvent atteindre 90 000 à 130 000 pesos/m², tandis que les quartiers de l’est comme Oblatos ou Tetlán se situent plutôt entre 25 000 et 42 000 pesos/m².

5.9

C’est le rendement locatif brut moyen pour les appartements à Guadalajara, supérieur à celui de nombreuses grandes villes internationales.

Mérida, Querétaro, Tijuana : marchés secondaires devenus premiers de la classe

Au-delà du trio Mexico CityGuadalajaraMonterrey, plusieurs villes moyennes sont devenues des pôles majeurs du marché immobilier mexicain, chacune avec un profil distinct.

Mérida : prix encore maîtrisés, rendements très élevés

Mérida, capitale du Yucatán, combine un prix moyen d’environ 26 267 pesos/m² (juillet 2025) avec un prix moyen de logement voisin de 4 à 5,2 millions de pesos selon les estimations 2026. Surtout, la ville affiche des rendements locatifs nettement supérieurs à la moyenne mexicaine, souvent entre 8 et 15 % bruts selon les quartiers et le type de location (long terme ou courte durée).

Astuce :

Les quartiers centraux de Mérida, tels que le Centro Histórico et García Ginerés, ont vu la valeur des biens quasiment doubler en cinq ans, avec une hausse annuelle récente de l’ordre de 14 à 15 %. Malgré cette forte appréciation, le marché reste relativement accessible. Il est possible de trouver des biens d’entrée de gamme à partir de 1,6 million de pesos, tandis que les villas de luxe situées dans des lotissements fermés peuvent atteindre des prix compris entre 11,7 et 28,8 millions de pesos.

Querétaro : croissance régulière et rendement solide

Querétaro, au cœur du Bajío industriel, combine un prix moyen au mètre carré d’environ 24 548 pesos (Santiago de Querétaro) et une valeur moyenne de logement financé de 2 319 335 pesos. La hausse annuelle récente de l’indice des prix y est de 7,56 %, avec des gains de 35 à 40 % sur cinq ans pour les biens standards, et jusqu’à 50–70 % dans des zones premium comme Juriquilla.

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Les rendements locatifs bruts se situent autour de 8 % en moyenne à Querétaro.

Tijuana : effet frontière et industrialisation

Tijuana, en Basse-Californie, profite de sa position stratégique à la frontière avec les États-Unis. Le prix moyen y atteint 37 348 pesos/m², pour une hausse d’environ 10,77 % de l’indice des prix sur un an. En parallèle, la région se distingue aussi par un marché industriel en surchauffe (vacance quasi nulle, loyers industriels en forte hausse), ce qui se répercute sur le résidentiel, notamment via la demande de logements pour les travailleurs des usines d’exportation.

Riviera Maya et villes côtières : une autre logique de prix

Comparer Mexico City ou Monterrey à Tulum, Playa del Carmen ou Cabo San Lucas n’a pas beaucoup de sens si l’on ne précise pas la logique différente qui domine sur les littoraux touristiques. Là où les métropoles intérieures sont guidées par l’emploi et la démographie locale, les destinations balnéaires sont avant tout tirées par le tourisme international, la location saisonnière et la demande d’investisseurs étrangers.

Riviera Maya : plage, tourisme et forte dispersion des prix

La Riviera Maya est un agrégat de micro-marchés : Cancún, Playa del Carmen, Tulum, Puerto Morelos, Akumal ou encore Bacalar n’évoluent pas tous au même rythme. Globalement, les prix y ont progressé de 10 à 12 % par an sur la période 2020–2023, avec un bond d’environ 15 % en 2024. Sur cinq ans, la hausse moyenne annuelle est estimée à 12 % et les prévisions tablent encore sur 10 % par an dans les prochaines années.

4.6

Prix médian estimé des maisons pour l’ensemble de la Riviera Maya en 2026, en millions de pesos.

Zoom sur Playa del Carmen

Playa del Carmen illustre bien la montée en gamme du littoral caribéen mexicain. Sa population a été multipliée par six en un quart de siècle, et les prix au mètre carré sont passés d’environ 2 471 à 3 830 dollars entre 2015 et 2024, soit plus de 50 % de hausse. En janvier 2026, le prix médian d’un logement y était estimé à 5,1 millions de pesos, pour une moyenne de 6,4 millions.

Au mètre carré, la médiane se situait alors autour de 60 000 pesos, la moyenne à 70 000, avec de gros écarts selon les quartiers.

Exemples de fourchettes de prix par quartier à Playa del Carmen (2026)

Quartier / zoneFourchette prix total (MXN)Fourchette prix au m² (MXN)Positionnement
Playacar (gated luxe)12M – 40M80 000 – 120 000Haute de gamme, golf, plage
Coco Beach / Zazil-Ha6M – 20M70 000 – 115 000Bord de mer, lifestyle
Centro / Gonzalo Guerrero3,5M – 13M45 000 – 85 000Centre, très marchable
Colosio2,6M – 6,5M30 000 – 55 000En transition, valeur montante
Ejidal / Real Ibiza1,8M – 5,5M20 000 – 45 000Périphérie abordable

Là encore, les appartements dominent le marché (environ 70 % des annonces) et le neuf se paie une prime d’environ 15 %. La location saisonnière y est très développée, avec des taux d’occupation qui peuvent dépasser 80 % pour les biens bien situés, et des rendements nets autour de 4 à 6 % pour les locations longue durée, davantage pour les locations de vacances bien gérées.

Cancún : stabilité relative… à un niveau élevé

Cancún reste la porte d’entrée aérienne du Quintana Roo, avec un aéroport parmi les plus fréquentés du pays. Les prix y ont encore progressé d’environ 14 % en 2024, mais le marché se caractérise davantage par une stabilisation à haut niveau que par une explosion récente, en dehors de certains segments haut de gamme comme Puerto Cancún ou Isla Dorada, où les condos de front de mer démarrent autour de 250 000 dollars et montent bien au-delà du million pour les produits de luxe.

Tulum : la star très spéculative

Tulum, autrefois bourgade paisible, est devenue un symbole de marché bouillonnant, à la fois attractif et risqué. Les condos y commencent autour de 200 000 dollars, les villas de luxe dépassent largement le million, et les prix ont progressé d’environ 15 % par an en moyenne sur cinq ans, avec une envolée d’environ 18 % en 2024.

Attention :

Le marché montre des signes de surchauffe avec une sur-offre, des baisses de rendement, des développeurs fragilisés et une pression sur le segment ultra-luxe. Seules les propriétés aux atouts différenciants (emplacements premium, concept éco-cohérent, gestion locative performante) maintiennent des prix élevés.

Cabo San Lucas et les côtes pacifiques chics

Du côté du Pacifique, Cabo San Lucas et la région de Los Cabos s’affichent comme l’un des marchés les plus chers du pays, avec un prix moyen d’environ 13,1 millions de pesos pour une maison et 14,3 millions pour un condo. Les prix au mètre carré y dépassent très largement les moyennes nationales, avec des villas et résidences en front de mer qui se comparent davantage à certaines stations américaines haut de gamme qu’au reste du Mexique.

30 à 35

C’est la forte progression des prix immobiliers à Puerto Vallarta dans les deux ans suivant la pandémie de Covid-19.

Comparer les villes : prix au m², ticket d’entrée et rendements

Pour un investisseur ou un acheteur, la bonne comparaison ne se limite pas au prix au mètre carré. Il faut aussi regarder le ticket d’entrée moyen, les hausses de prix passées et anticipées, ainsi que les rendements locatifs.

Comparaison simplifiée de quelques marchés urbains

Ville / régionPrix moyen au m² (MXN)Prix moyen logement (MXN)Hausse annuelle récente (≈)Rendement locatif brut (≈)
Mexico City56 8993,87M+4,9 %5,7 – 6,5 %
Guadalajara (Jalisco)49 200~5,2M (maison, 2026)+11–12 %~5,9 %
Monterrey (Nuevo León)41 949 (INBAPREVI)1,96M (crédit)+9,9 % (prix listings 2024)6,3 – 6,4 % (leader grandes villes)
Mérida (Yucatán)26 267~4–5,2M+14–15 %8 – 15 % (selon segment)
Santiago de Querétaro24 5482,32M+7,6 %~8 %
Playa del Carmen~60 000 médiane6,4M (moyenne, 2026)+12–15 %4–6 % (LT), plus en saisonnier
Cancún55 000–60 000 (estim.)variable+14 % (2024)~4,4 % (appartements)

Cette grille met en lumière plusieurs réalités.

Bon à savoir :

Mexico City et Guadalajara sont les marchés les plus chers des grandes métropoles intérieures. Cependant, grâce à sa dynamique industrielle, Monterrey rattrape et dépasse parfois ces niveaux de prix dans certains segments spécifiques du marché immobilier.

Mérida et Querétaro apparaissent comme des compromis attractifs : prix au mètre carré inférieurs, mais hausses rapides et rendements supérieurs à la moyenne nationale. Du côté des stations touristiques, Playa del Carmen, Cancún ou Tulum se distinguent par des niveaux de prix parfois proches des métropoles, tirés par la demande internationale et la logique de location saisonnière.

Rôle des taux d’intérêt, de la fiscalité et des coûts annexes

Comparer des prix entre villes n’a de sens que si l’on intègre le coût réel d’un investissement dans chaque marché. Or, au Mexique, plusieurs facteurs jouent sur la rentabilité : taux hypothécaires, coûts de clôture, fiscalité locale et frais de gestion.

11.6

C’est le taux nominal moyen des crédits hypothécaires à taux fixe en juillet 2025, dépassant 10 % et rendant le recours au crédit coûteux pour de nombreux acheteurs.

Les frais de clôture représentent généralement 5 à 10 % du prix d’achat, intégrant les honoraires de notaire (0,5 à 2 %), les droits de mutation (2 à 4,5 % selon les États) et différents certificats et enregistrements. Dans les zones dites « restreintes » (50 km des côtes, 100 km des frontières), les acheteurs étrangers doivent recourir à un fideicomiso, un trust bancaire dont la mise en place coûte de l’ordre de 5 000 à 8 000 dollars et dont la gestion annuelle se situe entre 500 et 1 000 dollars.

1.2

Le taux moyen de la taxe foncière à Monterrey, plus élevé que dans d’autres villes mexicaines où elle varie généralement entre 0,05% et 1,2% de la valeur cadastrale.

Enfin, les charges de copropriété (HOA) et les frais de gestion varient fortement entre les villes. Dans les marchés touristiques (Riviera Maya, Cabo, Puerto Vallarta), ces coûts peuvent significativement entamer la rentabilité nette, même si les loyers saisonniers sont plus élevés.

Comment situer le Mexique dans le contexte latino-américain ?

Lorsque l’on compare les grandes villes mexicaines à d’autres capitales de la région, on constate que, malgré la hausse rapide, le pays reste globalement compétitif. Des capitales comme Bogotá, São Paulo, Santiago ou Buenos Aires ont vu leurs prix parfois reculer en termes réels sur cinq ans, alors que Mexico City, Guadalajara ou Monterrey affichent encore des hausses cumulées importantes (jusqu’à +48 % en cinq ans pour Guadalajara).

5.5-6.5

C’est le rendement locatif moyen attractif au Mexique, dépassant celui de nombreux marchés sud-américains saturés.

Vers une convergence ou une polarisation accrue entre villes ?

Les projections à moyen terme laissent penser que la différence de rythme entre les types de marchés devrait perdurer. Les métropoles industrielles liées au nearshoring – Monterrey, Querétaro, Guadalajara – devraient continuer d’afficher des hausses de prix soutenues, portées par l’arrivée d’entreprises étrangères, la création d’emplois qualifiés et des déficits d’offre.

Bon à savoir :

Les capitales régionales attractives pour les classes moyennes et les retraités, comme Mérida, Puebla ou certaines villes du Bajío, connaissent une progression rapide, particulièrement dans leurs quartiers bien desservis et sûrs.

Les marchés littoraux touristiques, eux, pourraient rester plus volatils, alternant phases de boom (comme à Tulum ou Playa del Carmen après la pandémie) et périodes de consolidation, voire de correction dans les segments sur-offerts ou trop spéculatifs.

Pour l’instant, les organismes comme la SHF ou Fitch Ratings considèrent que la hausse nationale reste adossée à des fondamentaux solides – déficit de logements, urbanisation, apport d’investissements étrangers – plutôt qu’à une bulle purement spéculative. Mais la segmentation croissante entre villes et entre quartiers impose une analyse fine marché par marché.

Ce que cela signifie concrètement pour un acheteur ou un investisseur

Du point de vue d’un ménage mexicain qui cherche à acheter sa résidence principale, les différences entre villes se traduisent par des compromis entre budget, surface et emplacement. À montant de crédit équivalent, une famille obtiendra une maison avec jardin à Querétaro ou Mérida, un appartement moyen en périphérie de Guadalajara ou Monterrey, et un logement plus petit dans un quartier modeste de Mexico City.

Pour un investisseur, tout dépend de la stratégie.

Astuce :

Pour un investissement axé sur le rendement, privilégiez des marchés comme Mérida, Querétaro, Monterrey ou certains segments de Guadalajara. Dans ces villes, les rendements bruts dépassent fréquemment 6 à 8 % et la demande locative est soutenue par des facteurs structurels stables, tels que la présence d’emplois, les migrations internes, les populations étudiantes et les expatriés.

Un profil « valorisation du capital » pourra viser des marchés en transformation urbaine rapide : quartiers en mutation de Guadalajara, périphéries en développement de Monterrey, nouveaux secteurs de la Riviera Maya connectés par le train Maya ou les nouvelles infrastructures. Avec, en contrepartie, un risque plus élevé de volatilité ou de retournement partiel.

Bon à savoir :

Pour un investissement axé sur l’usage personnel et le style de vie, privilégiez des villes comme Mexico City (quartiers centraux), Mérida (centre historique), San Miguel de Allende, Puerto Vallarta, Playa del Carmen ou Los Cabos. Cette approche implique généralement d’accepter des rendements locatifs plus modestes ou un coût d’entrée plus élevé sur le marché immobilier.

Dans tous les cas, la comparaison entre villes au Mexique ne se réduit plus à une simple hiérarchie linéaire de prix. Le pays fonctionne désormais comme un archipel de marchés immobiliers très différenciés, chacun avec sa propre combinaison de prix au mètre carré, de rendement, de risques et de perspectives. C’est cette mosaïque qui fait aujourd’hui de l’immobilier mexicain un terrain à la fois complexe et riche en opportunités, à condition d’y entrer armé de données précises et d’une lecture lucide des dynamiques locales.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Mexique pour chercher du rendement locatif et une exposition en pesos mexicains. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Riviera Maya, Guadalajara, Mexico City), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans un quartier en croissance touristique ou urbaine, combinant un rendement locatif brut cible proche de 10 % – en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + ameublement / travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure d’investissement (propriété via fideicomiso, société locale, etc.) et définition d’un plan de diversification dans le temps, en intégrant les risques juridiques, fiscaux et locatifs spécifiques au Mexique.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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