Acheter un bien immobilier en tant qu’étranger en République tchèque : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer, investir ou simplement diversifier son patrimoine en République tchèque attire de plus en plus d’étrangers. Marché dynamique, prix encore compétitifs par rapport à l’Ouest, fiscalité plutôt douce sur la pierre : le pays coche beaucoup de cases. Mais le cadre juridique, les usages et les démarches n’ont rien à voir avec la France ou la Belgique. Mieux vaut donc connaître le terrain avant de signer une réservation.

Bon à savoir :

Ce guide détaille toutes les étapes de l’achat immobilier à Prague, du repérage du bien à l’inscription au cadastre, en incluant le financement, la fiscalité, les risques courants et les spécificités du marché local. Les informations sont sourcées du droit tchèque et européen.

Un cadre légal largement ouvert aux étrangers

La première bonne nouvelle pour un investisseur étranger : l’accès à la propriété n’est pas réservé aux nationaux. La législation tchèque a beaucoup évolué depuis l’adhésion à l’Union européenne.

Concrètement, tout individu – quel que soit son passeport ou son lieu de résidence – peut acheter un appartement, une maison, un terrain constructible, des terres agricoles ou même des forêts. Les étrangers bénéficient des mêmes droits de propriété que les citoyens tchèques, avec une protection constitutionnelle de leur bien.

Attention :

Les restrictions historiques sur l’acquisition de terres agricoles et de forêts par les non-Tchèques, y compris une période transitoire pour les citoyens européens, ont été levées le 1er mai 2011. Une réforme a ensuite aligné les conditions d’acquisition entre Tchèques et autres Européens.

Aujourd’hui, les limitations sont marginales et concernent surtout les biens publics ou des actifs sensibles (par exemple dans l’énergie ou la défense, mais là on parle plutôt de prise de contrôle d’entreprises que d’achat d’un appartement à Prague).

En revanche, il est essentiel de bien distinguer propriété et droit au séjour. Posséder un logement en République tchèque ne donne pas automatiquement droit à un visa, ni à une carte de séjour. Les règles migratoires restent celles applicables à votre nationalité : Schengen, visa long séjour, permis de résidence temporaire ou permanente selon les cas. L’investissement immobilier peut faciliter certaines démarches (notamment pour des visas investisseurs), mais ce n’est ni suffisant ni automatique.

Contexte économique et attractivité du marché

Le pays coche plusieurs critères qui rassurent les investisseurs : membre de l’UE, monnaie convertible (couronne tchèque – CZK), banque centrale indépendante, économie très ouverte et fortement intégrée au reste du continent.

Les flux d’investissements directs étrangers restent importants : le stock total d’IDE dépassait 200 milliards de dollars récemment, avec une forte concentration dans la finance, l’industrie, l’immobilier et les services. Les États de l’UE sont les principaux investisseurs, avec en tête les Pays‑Bas, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Autriche et la France.

Le marché immobilier lui‑même se caractérise par plusieurs tendances fortes :

Indicateur cléSituation récente
Hausse moyenne du prix des appartements neufs+9 % en un an (environ)
Prix moyen au m² (appartements neufs, pays entier)≈ 3 300 à 4 100 € / m²
Prix moyen au m² à Prague≈ 5 000 € / m²
Durée nécessaire pour acheter 70 m² (revenu brut)≈ 13,3 années (13,5 à Prague)
Rendement locatif brut à Prague≈ 3–4 % / an
Croissance des coûts de construction (2015–2018)+80 %

La République tchèque reste moins chère que Paris, Munich ou Amsterdam, mais elle fait partie des marchés devenus difficiles d’accès pour les ménages locaux : il faut en moyenne plus de 13 ans de salaire brut pour se payer 70 m², ce qui place Prague parmi les villes les moins abordables d’Europe, juste derrière Amsterdam.

Astuce :

Pour un investisseur étranger, la tension sur le marché immobilier génère deux dynamiques favorables : une pression haussière durable sur les prix des biens et une demande locative soutenue. Cette demande est portée par plusieurs segments : les étudiants, les expatriés, les touristes (malgré le cadre réglementaire qui se renforce pour les locations de courte durée) et une classe moyenne urbaine qui rencontre des difficultés à accéder à la propriété.

Où acheter ? Focus sur Prague et les grandes villes

Prague concentre près de la moitié des transactions immobilières du pays, avec un marché très segmenté selon les quartiers. Les données disponibles pour 2024 donnent un aperçu du niveau de prix dans les différents districts :

District de PraguePrix moyen estimé (€/m²)
Prague 1≈ 6 300 € (ancien)
Prague 2≈ 5 040 €
Prague 3≈ 4 033 €
Prague 4≈ 3 500 €
Prague 5≈ 3 700 €
Prague 6≈ 4 200 €
Prague 7≈ 3 900 €
Prague 8≈ 3 600 €
Prague 9≈ 3 410 €

Les segments hyper‑centraux, comme Prague 1, ont même connu un léger reflux après la crise sanitaire, sans pour autant revenir à leurs niveaux d’il y a dix ans. Dans les quartiers résidentiels bien desservis – Vinohrady, Dejvice, Karlín, Smíchov –, les valeurs restent élevées, mais l’offre y est plus variée et les rendements locatifs plus intéressants.

40

Les niveaux de prix à Brno et Ostrava sont inférieurs de 40 % à ceux de Prague.

Ville / zonePrix moyen (€/m², ancien)
Brno – centre≈ 3 100 €
Brno – périphérie≈ 2 500 €
Ostrava – fourchette générale≈ 200–900 € (selon quartier et état du bien)

Ces marchés secondaires profitent de la montée en gamme de l’économie tchèque, de la présence universitaire, des pôles industriels et R&D, avec des perspectives intéressantes en termes de plus‑value à moyen terme.

En zone rurale, le ticket d’entrée est beaucoup plus faible, parfois un tiers des prix pragois. On y trouve des opportunités pour des projets de tourisme vert, de maisons de vacances ou d’exploitation agricole, mais la liquidité et la profondeur du marché restent sans commune mesure avec les grandes agglomérations.

Étapes du processus d’achat pour un étranger

Au‑delà des particularités locales, la structure du processus est assez classique : repérage, due diligence, réservation, avant‑contrat, financement, acte définitif, inscription au cadastre. La durée totale, entre la première signature et l’inscription au registre foncier, se situe généralement entre trois et quatre mois.

Repérer et sélectionner le bien

La recherche commence souvent en ligne, via les portails tchèques Sreality.cz, Bezrealitky.cz ou Reality.cz, mais aussi via des plateformes internationales listant des biens en République tchèque. De nombreux propriétaires préfèrent toutefois passer par des agences locales plutôt que d’exposer leur bien à tout l’internet.

Pour un étranger, la barrière de la langue est réelle : la plupart des annonces sont uniquement en tchèque, et les documents juridiques (titre de propriété, règlement de copropriété, procès‑verbaux d’assemblée) ne sont pas fournis spontanément en anglais ou en français. Travailler avec un agent bilingue ou un chasseur d’appartements spécialisé auprès d’expatriés permet souvent d’accéder à plus d’offres et d’éviter les malentendus.

Due diligence : un passage fortement recommandé

La loi tchèque ne rend pas la due diligence obligatoire, mais les avocats locaux insistent sur son caractère essentiel, surtout pour les étrangers. Elle vise à vérifier :

la situation juridique du bien : propriétaire réel, hypothèques, servitudes, saisies, droits de préemption éventuels, via le Cadastre de l’immobilier (Katastr nemovitostí),

les règles d’urbanisme et les projets de développement local qui pourraient impacter la valeur ou l’usage (plans d’urbanisme, zones protégées, statut historique),

– l’absence d’arriérés de charges de copropriété, d’impôts locaux ou de factures de services,

– l’état technique de l’immeuble et du logement : structure, toiture, réseaux, humidité, présence d’amiante, etc.,

– l’environnement : nuisances sonores, circulation, projets de construction à proximité.

Sur les biens anciens, et particulièrement dans les centres historiques, l’historique de propriété peut être complexe (restitutions post‑communistes, litiges de succession). Depuis 1993, les inscriptions au cadastre sont présumées fiables, mais les avocats recommandent d’examiner aussi les actes conservés dans la « collection des titres » pour les biens plus anciens.

Exemple :

Cette phase, qui peut durer de quelques semaines à plusieurs mois pour des actifs complexes, implique des coûts tels que les honoraires d’avocats, d’ingénieurs ou d’experts techniques. Elle est cependant cruciale pour identifier et éviter des problèmes futurs comme des travaux structurels lourds, d’anciens litiges ou des restrictions inattendues.

Réservation et dépôt

Une fois un bien ciblé et une première vérification effectuée, il est courant de signer un contrat de réservation. Ce document retire le bien du marché pour une durée de deux à quatre semaines, le temps de finaliser la due diligence et de négocier le contrat de vente.

Ce contrat s’accompagne d’un dépôt, qui tourne fréquemment autour de 5 % du prix. Pour des biens plus chers, ou lorsque le vendeur veut se prémunir contre les désistements, ce dépôt peut être plus élevé, mais il est recommandé de ne pas dépasser 30 % tant que le contrat définitif n’est pas prêt.

Le montant versé au titre de la réservation viendra ensuite en déduction du prix total lors de la signature de l’avant‑contrat ou de l’acte définitif, selon la structure choisie.

Avant‑contrat de vente : 10 à 30 % du prix

La pratique dominante consiste à signer un avant‑contrat (promesse ou compromis de vente), qui précise le prix, les délais, les conditions suspensives (obtention du prêt, par exemple) et les modalités de versement des fonds.

À ce stade, l’usage est de verser entre 10 % et 30 % du prix de vente, somme qui est en principe bloquée sur un compte séquestre (notaire, avocat ou agence) pour sécuriser les deux parties. Ce dépôt prouve la solvabilité de l’acheteur et l’engagement du vendeur à ne pas se rétracter sans motif valable.

Dans certains cas, notamment lors d’achats sur plan (VEFA), les paiements sont échelonnés en fonction de l’avancement des travaux, avec un paiement final d’environ 5 % lors de la livraison après inspection de conformité.

Financement : entre cash et hypothèque locale

Deux profils dominent côté étrangers : les acheteurs comptant, et ceux qui sollicitent un crédit immobilier auprès d’une banque tchèque (occasionnellement via une société locale de type s.r.o.). Les textes indiquent qu’en pratique, une grande partie des investissements est encore réalisée sans recours au crédit, mais le marché hypothécaire se développe rapidement.

Les banques tchèques peuvent financer jusqu’à 80 à 90 % de la valeur du bien, sous réserve de respecter plusieurs ratios prudentiels définis par la Banque nationale tchèque :

Critère de financementRègle indicative récente
Quotité maximale (LTV)Jusqu’à 90 % pour résidence principale, 80–85 % pour investissement
Taux d’effort (part du revenu net consacrée aux remboursements)≤ 50 %
Multiplicateur de revenu (DTI)Jusqu’à 9,5 fois le revenu annuel pour les moins de 36 ans, 8,5 fois pour les autres
Apport minimumGénéralement 10–20 % du prix, plus souvent 20–30 % pour un étranger

Les intérêts ont beaucoup bougé ces dernières années. Les taux moyens sur les nouveaux prêts ont dépassé 6 % entre 2021 et 2023, avant un reflux sous les 5 % plus récemment. Les prêts se remboursent le plus souvent sur 20 ans, avec des périodes de taux fixe de 3 à 10 ans.

Pour déposer un dossier de crédit, un étranger doit fournir :

un passeport ou une pièce d’identité,

des justificatifs de revenus (contrats de travail, fiches de paie, relevés bancaires),

– un historique de dettes et crédits en cours,

– un titre de séjour ou un visa long séjour dans de nombreux cas,

– une évaluation bancaire du bien proposé en garantie.

Les banques examinent de près la stabilité de l’emploi, la régularité des revenus, le niveau d’endettement et l’historique de crédit. Aucune inscription récente dans des fichiers de débiteurs n’est tolérée. Les candidats de plus de 67–70 ans rencontrent davantage de limitations en durée et en montant de prêt.

Faire appel à un courtier en hypothèques (mortgage broker) facilite souvent l’exercice. Des intermédiaires comme Czechia Brokers ou des plateformes spécialisées pour expatriés comparent les offres, négocient les taux, aident à franchir la barrière linguistique et connaissent les règles internes des principaux établissements (Česká spořitelna, Komerční banka, Fio banka, etc.). Certains courtiers obtiennent des conditions bonifiées, comme des réductions de taux pour les bons profils ou des frais de dossier réduits.

Notaire, avocat et inscription au cadastre

Une différence notable avec la France : en République tchèque, le notaire n’est pas l’unique pivot de la transaction. C’est souvent l’avocat qui rédige et négocie le contrat de vente, tandis que le notaire intervient pour authentifier les signatures et, surtout, pour assurer le dépôt et la publication de l’acte au registre foncier.

La séquence type se déroule ainsi :

Bon à savoir :

Après la signature de l’acte de vente, le solde et les frais sont versés sur un compte séquestre. Une demande d’inscription au cadastre (Katastr) est déposée avec l’acte authentifié, un processus administratif qui peut prendre jusqu’à 60 jours. Les fonds sont libérés au vendeur une fois l’inscription effectuée. Enfin, les clés sont remises à l’acheteur pour prise de possession.

Pendant toute la durée du traitement cadastral, le bien est « gelé » juridiquement, ce qui évite la revente multiple ou la constitution de nouvelles charges à l’insu de l’acheteur.

L’acheteur reçoit ensuite un extrait officiel du cadastre attestant de son statut de nouveau propriétaire, document indispensable pour toutes les démarches administratives (assurances, abonnement aux services, scolarisation des enfants, etc.).

Transfert des clés et occupations anticipées ou différées

Le transfert des clés coïncide généralement avec la signature de l’acte authentique et le dépôt de la demande d’inscription. C’est le moment symbolique où la jouissance matérielle du logement passe au nouvel acquéreur.

Dans certains cas, les parties conviennent d’une remise anticipée des clés avant la signature définitive, par exemple pour permettre à l’acheteur de commencer des travaux ou d’emménager plus tôt. Cette pratique est possible, mais elle comporte des risques sérieux : si la vente échoue (refus de prêt, litige de dernière minute), l’occupant devient un « sans titre » qu’il faudra faire partir, les investissements qu’il a réalisés ne sont pas nécessairement remboursés, et toute dégradation reste à la charge du vendeur.

Pour encadrer ce type de situation, les professionnels recommandent de signer une convention d’occupation précaire devant notaire, qui fixe :

la durée autorisée d’occupation avant vente,

les obligations d’assurance,

– un état des lieux et des relevés de compteurs,

– les conséquences en cas de non‑réalisation de la vente,

– un dépôt de garantie,

– d’éventuelles pénalités journalières si l’occupant reste au‑delà du terme prévu.

À l’inverse, il peut arriver que le vendeur demande à rester dans les lieux quelque temps après la vente (relogement en attente, travaux dans le nouveau logement, fin d’année scolaire des enfants). Dans ce cas, les risques se déplacent du côté de l’acheteur, qui devient propriétaire sans jouissance immédiate. Le contrat peut prévoir une indemnité d’occupation, un séquestre d’une partie du prix jusqu’à libération effective du logement, et une clause explicite permettant l’engagement d’une procédure d’expulsion en cas de dépassement.

Coûts d’acquisition : au‑delà du prix affiché

Acheter un bien en République tchèque ne se limite pas à payer le prix indiqué sur l’annonce. Divers frais et taxes viennent s’ajouter, même si le pays a supprimé l’ancienne taxe d’acquisition (4 % du prix) en 2020, ce qui représente un avantage compétitif par rapport à plusieurs voisins.

Les principaux postes à prévoir sont les suivants :

Poste de coûtOrdre de grandeur / règles
Honoraires d’agence immobilièreEnviron 2,5 à 5 % du prix (le plus souvent à la charge du vendeur, mais parfois intégrés pour l’acheteur)
Honoraires de notaire≈ 1 % du prix (plutôt à la charge de l’acheteur)
Frais d’inscription au cadastre≈ 0,02 % de la valeur du bien (+ frais administratifs fixes autour de 40 €)
Honoraires d’avocatVariables (forfait ou pourcentage), souvent quelques milliers d’euros pour une transaction standard
Frais de dossier bancaire (si hypothèque)Fixes ou proportionnels, dépend de la banque
Coût d’une due diligence technique/juridiqueSelon la complexité du bien (inspection, rapports, recherches historiques)

La taxe de mutation classique pesant sur l’acquisition a disparu. Un droit de transfert de 3 à 4 % peut subsister dans certains montages, généralement à la charge du vendeur, l’acheteur étant caution en cas de défaut, mais la tendance générale est à l’allègement de cette fiscalité d’entrée.

Bon à savoir :

Les paiements doivent être effectués en couronnes tchèques (CZK). Si vous payez en euros ou en dollars, la conversion se fera au taux de change en vigueur. Les virements internationaux vers des comptes séquestres (notaire, avocat, promoteur) sont autorisés. Cependant, pour simplifier vos transactions, il est recommandé d’ouvrir un compte bancaire local.

Fiscalité pendant la détention et à la revente

La fiscalité immobilière tchèque est considérée comme modérée à l’échelle européenne, notamment en matière de taxe foncière et d’impôt sur la plus‑value. Elle se décompose en quatre grands volets : taxe foncière annuelle, TVA, impôt sur les revenus locatifs, impôt sur les plus‑values.

Taxe foncière : une charge très modérée

La taxe foncière (taxe immobilière) est due chaque année par le propriétaire inscrit au 1er janvier de l’année d’imposition. Elle comporte deux composantes : une sur le terrain, l’autre sur le bâtiment.

Le montant dépend de la surface, du type de bien, de son usage et de la commune. Les municipalités peuvent appliquer des coefficients multiplicateurs, parfois jusqu’à cinq fois la base, ce qui renchérit la facture dans les grandes villes comme Prague ou Brno.

Malgré cela, le niveau reste très bas : pour un appartement de 80 à 100 m², la facture annuelle tourne autour de 50 € en moyenne, ce qui place la République tchèque parmi les pays les plus légers de l’UE sur ce point.

Attention :

Une déclaration doit être déposée auprès du fisc local l’année suivant l’acquisition ou toute modification significative du bien. Le paiement de la taxe est généralement exigible avant le 31 mai, avec une possibilité de paiement en deux échéances si le montant dépasse un certain seuil.

TVA : cas particuliers sur les biens neufs

La TVA intervient essentiellement lorsque le vendeur est assujetti (promoteur, société) et que l’on est dans les premières années suivant la construction ou la rénovation lourde.

Deux taux s’appliquent :

Type d’opérationTaux de TVA
Vente de logement (appartement ≤ 120 m², maison ≤ 350 m²) par un vendeur assujetti, dans le délai ouvrant droit à TVATaux réduit de 15 %
Vente d’autres biens immobiliers ou terrains (hors logements sociaux) dans la même configurationTaux normal de 21 %
Vente d’un bien après un délai de 3 ans suivant sa première mise en service ou acquisitionExonération de TVA (sauf option du vendeur pour la taxation)

Pour un investisseur qui achète à un promoteur, cette TVA est en général incluse dans le prix, mais il est important de vérifier qui la supporte contractuellement. Les particuliers non assujettis qui revendent un bien ne facturent pas de TVA.

Revenus locatifs : un impôt proportionnel raisonnable

Les loyers perçus par un particulier, résident ou non‑résident, sont soumis à l’impôt sur le revenu tchèque. Le système est mixte : à la fois proportionnel (15 %) jusqu’à un certain niveau, puis à 23 % au‑delà d’un seuil de revenu élevé.

Tranche de revenus (base imposable annuelle)Taux d’imposition
Jusqu’à 36 fois le salaire moyen annuel (seuil de l’ordre de 1,6–1,7 million CZK)15 %
Au‑delà de ce seuil23 %

Pour le calcul du revenu net, deux régimes de déduction des charges coexistent :

– soit la déduction des dépenses réelles (intérêts d’emprunt, charges de copropriété non récupérables, travaux, assurances, honoraires de gestion),

– soit un forfait de 30 % des loyers encaissés, plafonné à 600 000 CZK de déduction.

1,3

Seuil en millions d’euros de patrimoine immobilier mondial au-delà duquel les résidents fiscaux français sont soumis à l’IFI, y compris pour leurs biens situés en République tchèque.

Les sociétés, qu’elles soient tchèques ou étrangères mais imposables localement, voient leurs revenus locatifs intégrés dans leur résultat d’exploitation, taxé au taux standard de 19–21 % selon la période et la source.

Plus‑values immobilières : exonérations possibles

En cas de revente avec profit, la plus‑value (prix de vente moins coût d’acquisition, frais inclus) est, en principe, imposable chez les particuliers. Là encore, des exonérations existent :

– si le bien a constitué la résidence principale du vendeur pendant au moins deux ans immédiatement avant la vente,

– ou si le vendeur a détenu le bien depuis au moins cinq ans, même s’il n’y habitait pas,

– ou, sous conditions, s’il réemploie le produit de la vente pour acheter un nouveau logement dans un certain délai.

À défaut d’exonération, la plus‑value est intégrée au revenu taxable selon les mêmes taux que les loyers (15 % puis 23 % au‑delà du seuil). Pour les sociétés, la plus‑value est intégrée au résultat taxable (19–21 %).

Ouverture de compte, paiements et formalités bancaires

Même pour un achat comptant, ouvrir un compte bancaire en République tchèque simplifie énormément la transaction. La plupart des banques demandent :

un passeport valide,

une autre pièce d’identité (permis de conduire, carte de séjour, acte de naissance),

un dépôt initial, généralement compris entre 200 et 2 000 CZK.

Bon à savoir :

Les virements internationaux sont possibles, mais la devise de référence pour les comptes reste la couronne tchèque (CZK). La majorité des services bancaires courants, comme l’utilisation de cartes, les retraits ou les virements, sont soumis à des frais. Toutefois, la concurrence entre les établissements bancaires contribue à modérer ces tarifs.

Pour les investisseurs étrangers recourant à une société s.r.o., le compte bancaire au nom de la société est un préalable pour recevoir les loyers, payer les charges, rembourser le crédit et s’acquitter des impôts.

Droits, garanties et risques spécifiques pour les étrangers

Sur le papier, un étranger bénéficie des mêmes droits qu’un citoyen local. Dans la pratique, la distance, la langue et la méconnaissance du système créent des vulnérabilités supplémentaires.

Garanties juridiques et obligations du vendeur

Le droit tchèque impose au vendeur de révéler les défauts connus du bien, qu’ils soient matériels (problèmes structurels, infiltrations, désordres) ou juridiques (hypothèque, servitude, litige). En cas de dissimulation, l’acheteur peut demander une réduction de prix, des dommages‑intérêts, voire la résolution du contrat. Les actions pour défauts cachés se prescrivent en général dans un délai de cinq ans.

Des droits de préemption peuvent exister dans certains cas particuliers : biens à valeur culturelle, parcelles agricoles spécifiques, zones protégées, copropriétés particulières, etc. Il appartient à l’avocat de vérifier l’existence de tels droits au cadastre et dans les lois spéciales.

Attention :

Lors de l’achat d’un bien en copropriété, l’acquéreur doit examiner attentivement la situation de la copropriété (SVJ), notamment l’état du fonds de réserve, les dettes éventuelles, les projets de travaux et les contentieux. Une attention particulière doit être portée au règlement des charges, car des arriérés laissés par l’ancien propriétaire peuvent entraîner des conflits avec la copropriété si leur partage n’est pas clairement acté lors de la vente.

Risques classiques : langue, historique, pratiques contractuelles

Trois risques ressortent particulièrement pour les étrangers :

Bon à savoir :

Plusieurs risques spécifiques doivent être anticipés : le risque linguistique, car tous les documents officiels (cadastre, contrats) sont en tchèque et une erreur de traduction peut entraîner des litiges coûteux, estimés en moyenne à 25 000 €. Le risque historique, lié aux nationalisations et restitutions du XXe siècle, nécessite de vérifier la chaîne des titres de propriété. Enfin, le risque contractuel implique de ne pas présumer que les protections légales françaises (périodes de rétractation, garanties décennales) s’appliquent localement. Il est conseillé d’investir dans une traduction juridique professionnelle et de faire vérifier l’historique du bien.

Assurance, contentieux et sécurité juridique

L’assurance habitation n’est pas légalement obligatoire, mais fortement conseillée, en particulier pour les immeubles anciens. Les polices couvrent classiquement l’incendie, le vol, les dégâts des eaux, certains événements naturels et, parfois, des défauts structurels.

En cas de litige, les recours passent par la négociation, la médiation ou, en dernier ressort, les tribunaux civils du lieu de situation de l’immeuble. Il est possible, au stade du contrat, de prévoir des clauses de juridiction ou d’arbitrage, mais la localisation de l’immeuble justifie souvent la compétence des juridictions tchèques.

Certaines compagnies, souvent étrangères, proposent aussi des produits d’assurance‑titre, qui protègent contre des risques juridiques extrêmes (défaut de titre, servitude inconnue, fraude).

Achat via une société tchèque : quand et pourquoi ?

Beaucoup d’investisseurs non européens choisissent de passer par une société immatriculée sur place, en particulier une s.r.o. (société à responsabilité limitée), pour acheter leur bien. Cette structure permet parfois d’optimiser la fiscalité, de faciliter la gestion locative, de clarifier la succession ou de contourner des blocages bancaires sur les personnes physiques.

Bon à savoir :

Les entreprises tchèques, même entièrement détenues par des étrangers, peuvent acquérir tout type de bien immobilier, y compris terrains agricoles et forêts, sous réserve des lois sectorielles applicables. Elles sont soumises à l’impôt sur les sociétés (taux de 19% à 21% sur les bénéfices) et à des obligations comptables, telles que le dépôt des comptes annuels.

La création d’une société implique deux temps :

la constitution (rédaction des statuts, dépôt du capital, nomination des gérants),

l’immatriculation au registre du commerce (Commercial Register), seule étape qui confère la personnalité juridique et le droit de conclure un acte d’achat.

Pour des patrimoines modestes, cette solution n’est pas toujours pertinente ; elle devient intéressante pour des portefeuilles locatifs de taille significative, des projets de développement ou des montages impliquant plusieurs actionnaires.

Spécificités des achats sur plan (VEFA)

Les ventes en l’état futur d’achèvement se multiplient dans les grandes villes, où les programmes neufs répondent partiellement à la pénurie de logements.

Le schéma est proche de ce que l’on connaît en France, avec quelques nuances :

Astuce :

Le prix d’un bien en VEFA (Vente en l’État Futur d’Achèvement) est payé progressivement, au fur et à mesure des étapes de construction. Le solde, représentant environ 5% du prix total, est versé à la livraison, après un contrôle de conformité. La remise des clés intervient finalement après la signature d’un procès-verbal de réception. Lors de cette signature, l’acheteur a la possibilité de consigner des réserves concernant les finitions, les équipements ou les parties communes.

Pour un étranger, la vigilance doit porter sur la solidité du promoteur, le calendrier des appels de fonds, la protection des acomptes et les garanties en cas de défaillance. Un avocat local habitué à ce type de produit est indispensable pour décortiquer le contrat de réservation et le contrat de vente.

Comment maximiser ses chances de réussite ?

L’expérience des cabinets d’avocats et des agences spécialisées auprès d’investisseurs étrangers montre que les dossiers qui se déroulent le mieux ont plusieurs points communs :

Conseils pour un investissement immobilier réussi en République tchèque

Un guide des étapes essentielles pour sécuriser votre projet d’acquisition, de la préparation à la sortie.

Préparation minutieuse

Analyse du budget global (prix, frais, fiscalité, travaux), définition de la stratégie (résidence, pied-à-terre ou investissement locatif) et choix du montage juridique (personne physique ou société).

Entourage professionnel

Recours systématique à un avocat tchèque, à un agent immobilier local expérimenté et, si besoin, à un courtier en hypothèques pour le financement.

Prudence contractuelle

Refus de signer tout document non traduit ou non compris, exigence d’un séquestre des fonds et vérification exhaustive des données cadastrales et des charges de copropriété.

Réalisme financier

Intégration de tous les coûts annexes dans le calcul de rentabilité : taxe foncière, entretien, charges, impôt sur le revenu, frais de gestion et assurances.

Anticipation de la sortie

Réflexion préalable sur la durée de détention, l’exonération de plus-value après cinq ans, et les options de revente (à un occupant ou à un investisseur).

Le marché tchèque de l’immobilier, et en particulier celui de Prague, reste attractif pour les étrangers : environnement macro‑économique stable, demande locative soutenue, fiscalité modérée sur la détention et la plus‑value, et procédures de plus en plus sécurisées (cadastre modernisé, paiements exclusivement scripturaux, contrôle accru des crédits). En contrepartie, la hausse rapide des prix, la complexité de certains historiques de propriété et la différence de culture juridique imposent de ne jamais avancer seul.

Bon à savoir :

L’achat immobilier par un étranger en République tchèque peut être très sécurisé, à condition de respecter un processus rigoureux. Ce processus comprend des étapes clés comme la due diligence et la vérification cadastrale. Il est également essentiel de bien intégrer les spécificités locales, notamment en matière de financement et de fiscalité. Une fois ces conditions remplies, le niveau de sécurité peut être comparable, voire supérieur, à celui de nombreux autres pays européens.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en République tchèque pour chercher du rendement locatif et une exposition à la couronne tchèque. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Prague, Brno, Ostrava), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou petit immeuble résidentiel dans un quartier en développement de Prague ou de Brno, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 6–7 % – en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + rafraîchissement léger) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, comptable/fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société tchèque) et définition d’un plan de diversification dans le temps, permettant d’intégrer cet actif dans une stratégie patrimoniale globale tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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