Acheter une maison au bord de l’eau fait rêver beaucoup d’Européens. Mais appliquer ce rêve à la Moldavie pose immédiatement une question de fond : ce pays n’a pas d’accès à la mer. C’est un État enclavé, coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, sans littoral marin. Pourtant, le marché immobilier moldave offre de vraies opportunités de « bord de l’eau » autour de lacs, de rivières comme le Dniestr et de zones de loisirs balnéaires locales.
En Moldavie, une propriété en bord de mer désigne en réalité un bien situé sur les rives de grands lacs, près de plages fluviales, dans des stations thermales touristiques comme Cahul, ou dans des villages de villégiature au bord du Dniestr. Ce guide fournit un mode d’emploi complet, basé sur les données récentes du marché, pour acheter sereinement ce type de bien.
Comprendre le contexte : un pays enclavé mais un marché en plein essor
Moldavie et mer ne vont pas ensemble sur la carte, mais Moldavie et opportunité immobilière commencent à faire bon ménage. Le pays compte environ 2,5 millions d’habitants, dont 43 % vivent en zone urbaine. L’économie reste modeste (PIB d’environ 14,4 milliards de dollars en 2024), mais elle se transforme : moins d’agriculture brute, davantage d’IT, de services et de petite industrie. Le pays bénéficie de flux d’investissements européens, d’un accord de libre-échange approfondi avec l’UE (DCFTA) et d’un statut de pays candidat à l’Union.
Sur le plan immobilier, on est clairement sur un marché émergent : prix encore bas à l’échelle européenne, rendements locatifs élevés, mais avec des risques politiques, géopolitiques et de qualité d’infrastructure plus marqués que dans l’Ouest.
L’évolution des prix immobiliers au niveau national montre une trajectoire haussière structurée :
| Période | Appréciation annuelle moyenne du marché immobilier moldave |
|---|---|
| 2010–2015 | +2 à +3 % |
| 2016–2019 | +4 à +6 % |
| 2020–2022 | +1 à +3 % |
| Depuis 2023 | +5 à +7 % |
L’obtention du statut de candidat à l’UE a servi de catalyseur : les prix se tendent, surtout à Chișinău, qui concentre environ 70 % des transactions du pays. Sur ce fond de marché haussier, les biens en bord de lac ou près des zones de loisirs fluviales suivent la tendance, avec un supplément de valeur lié à leur rareté.
Où se trouve réellement le « bord de mer » moldave ?
Dire la vérité est essentiel : la Moldavie n’a pas de mer. Lorsque des annonces parlent de « milieu balnéaire » ou de « plage », il s’agit :
– de rives du Dniestr, grande rivière qui traverse une partie du pays ;
– de grands lacs artificiels ou naturels, utilisés comme bases de loisirs ;
– de stations thermales ou de zones de détente avec plans d’eau, comme à Cahul ;
– de villages périurbains prisés pour leurs vues sur l’eau et leurs possibilités de baignade ou de pêche.
Des exemples concrets ressortent des données collectées :
Une maison dite « de luxe » à Ternovka est vendue en mettant en avant sa proximité avec le Dniestr, offrant plage, promenade, pêche et forêt à proximité, promouvant un style de vie de « bord de l’eau » en rivière. Parallèlement, dans le district de Ialoveni, deux cottages premium à Dănceni sont présentés comme étant en bordure du quatrième plus grand lac de Moldavie, au cœur d’un environnement qualifié « d’écologiquement propre ». Ces exemples illustrent comment l’immobilier haut de gamme en Moldavie valorise l’accès à des paysages naturels et à des loisirs en plein air.
Ces cas illustrent ce que signifie vraiment acheter une « propriété en bord de mer » dans ce pays : on parle de propriétés hydriques, mais lacustres ou fluviales, parfois adossées à des complexes de loisirs ou à de petites plages aménagées.
Focus sur Cahul : station thermale et opportunités au bord de l’eau
Parmi les villes qui combinent eau, tourisme et immobilier bon marché, Cahul mérite une attention particulière. Cette ville du sud, proche de la frontière roumaine, est connue pour ses sources thermales et ses centres de bien-être. Même si elle n’est pas située sur un littoral marin, son positionnement en tant que destination spa en fait une sorte de « mini-station balnéaire intérieure ».
Cahul est décrite comme :
– centre administratif et culturel de son district ;
– pôle de services pour un vaste arrière-pays rural ;
– zone de commerce transfrontalier vers la Roumanie ;
– marché immobilier sous-évalué comparé à Chișinău ou Bălți.
Découvrez la diversité des propriétés immobilières proposées, allant des logements classiques aux opportunités commerciales et terrains.
Appartements situés dans des blocs résidentiels de l’époque soviétique ou dans des immeubles récents de faible hauteur.
Maisons avec jardin, offrant espace et intimité pour les familles ou les particuliers.
Espaces dédiés aux activités commerciales, idéaux pour les entrepreneurs et investisseurs.
Parcelles à bâtir, notamment près des axes routiers vers la Roumanie ou des zones de détente en bord d’eau.
Les prix à Cahul : un « bord de l’eau » très accessible
Les chiffres disponibles sur Cahul sont parlants : même en prenant en compte l’attrait touristique lié aux spas, les prix restent extrêmement bas par rapport au reste de l’Europe.
| Type de bien à Cahul | Fourchette de prix |
|---|---|
| Appartement 1 chambre standard | 12 000 – 20 000 € |
| Appartement 2 chambres en centre-ville | 18 000 – 30 000 € |
| Maison individuelle rénovée | 25 000 – 60 000 € |
| Local commercial (40–60 m²) proche des artères centrales | 30 000 – 60 000 € |
| Terrain résidentiel (prix au m²) | 5 – 15 € |
Pour un investisseur cherchant une résidence près de structures thermales, de bassins et d’infrastructures de bien-être, il est possible d’acquérir une maison avec jardin pour le prix d’un petit studio à peine rénové sur la côte ouest-européenne. C’est précisément ce différentiel qui fait l’attrait d’une stratégie « bord de l’eau » en Moldavie.
Reste-t-il un vrai potentiel locatif ?
Les rendements bruts à Cahul sont estimés entre 8 et 12 %, ce qui est élevé pour de l’immobilier résidentiel. Les loyers typiques montrent aussi que la demande existe, portée par les étudiants de l’université de Cahul, les touristes des centres thermaux et les résidents locaux :
| Type de location à Cahul | Loyer moyen mensuel |
|---|---|
| Appartement 1 chambre | 120 – 180 € |
| Appartement 2 chambres | 180 – 250 € |
| Maison avec jardin bien entretenue | 250 – 400 € |
| Local commercial (par m²) | 8 – 15 €/m²/mois |
Pour un investisseur qui cible le bord de l’eau ou la proximité des installations thermales, ces loyers rendent intéressante la location à long terme, mais aussi le court séjour (tourisme médical, week-ends bien‑être, événements culturels).
Autres emplacements intéressants près de l’eau
En dehors de Cahul, d’autres zones combinent eau et attractivité immobilière :
Les berges du Dniestr, comme à Ternovka, offrent des maisons de vacances avec plage et ponton, idéales pour la pêche et les courts séjours. Près de Chișinău, le village de Dănceni, au bord d’un grand lac, voit se développer des cottages haut de gamme pour une clientèle aisée. Enfin, aux abords de la capitale, des stations de loisirs avec plages artificielles et clubs se sont implantées autour de réservoirs ou plans d’eau.
Les prix pour des maisons ou cottages proches de ces plans d’eau ne sont pas tous documentés dans le détail, mais la grille de prix territoriale donne une image générale des niveaux :
| Localisation | Type de bien | Prix moyen au m² (approx.) |
|---|---|---|
| Centre de Chișinău / Buiucani | Appartement moderne | 1 000 – 1 400 € |
| Rîșcani / Botanica (Chișinău) | Appartement soviétique rénové | 800 – 1 000 € |
| Chișinău (Telecentru / Ciocana) | Immeuble neuf | 900 – 1 200 € |
| Cahul (centre) | Appartement | 500 – 650 € |
| Orhei (centre) | Appartement / maison | 450 – 600 € |
| Régions viticoles (Cricova, Mileștii Mici) | Maison rurale / domaine | 300 – 500 € |
| Villages variés | Maison traditionnelle | 150 – 300 € |
Un bien en bord de lac proche de Chișinău sera plus cher au m² qu’une maison dans un village reculé, mais bien moins qu’une villa sur la mer Noire en Bulgarie ou au bord de la Méditerranée. C’est précisément cette combinaison prix bas + cadre naturel + proximité de la capitale qui attire une première vague d’investisseurs étrangers.
Ce que les étrangers ont le droit d’acheter (et ce qui est interdit)
Les règles de propriété pour les étrangers sont un point clé de tout projet d’achat.
Les grands principes sont les suivants :
– Les étrangers peuvent acheter librement des appartements, maisons, immeubles et locaux commerciaux en zone urbaine.
– Ils ne peuvent pas, en revanche, acquérir directement des terres agricoles ni des forêts.
– Les terrains appartenant au « fonds de l’eau » (certains rivages, digues, infrastructures hydrauliques) et certains terrains publics stratégiques sont également inaccessibles.
– En milieu urbain, il n’existe pas de limite au nombre ou à la valeur des biens qu’un étranger peut posséder.
– Les droits de propriété des étrangers bénéficient en théorie de la même protection que ceux des citoyens moldaves.
Pour acquérir des terres agricoles en Moldavie malgré l’interdiction aux étrangers, une pratique courante est de créer une société locale (SRL). Cependant, cette société ne doit pas avoir une majorité de capital étranger, ce qui rend complexe la mise en place d’une structure permettant à un investisseur étranger de conserver le contrôle.
Dans le cas des propriétés en bord de lac ou de rivière, la situation dépend de la qualification juridique du terrain : si la parcelle est classée comme résidentielle ou urbaine, l’étranger peut en être propriétaire ; si elle relève du foncier agricole ou de certaines catégories de terres du domaine public, il faudra recourir à des structures ou contrats spécifiques (baux de longue durée, servitudes, droits de superficie).
Étapes juridiques pour acheter une maison au bord de l’eau
Le processus d’achat est relativement standardisé et codifié. Il se déroule en plusieurs étapes :
1. Sélection du bien et négociation Le marché moldave fonctionne avec une marge de négociation assez large : une réduction de 5 à 15 % sur le prix affiché est fréquente, jusqu’à 15–20 % pour les biens anciens ou nécessitant des travaux. Pour un bien en bord d’eau, où la dimension émotionnelle rend le vendeur parfois plus ferme, disposer d’analyses comparatives de prix aide à négocier.
2. Vérifications préalables (due diligence) Il est crucial de :
Avant tout achat immobilier, il est crucial de mener plusieurs vérifications. Contrôlez le titre de propriété et la chaîne de propriété au Registre des biens immobiliers. Assurez-vous de l’absence d’hypothèques, de saisies, de servitudes gênantes ou de litiges. Examinez le « Passeport technique » (Pasaport Tehnic) qui décrit les caractéristiques et la configuration du bien. Comparez les plans officiels avec la réalité pour détecter d’éventuelles modifications non autorisées. Vérifiez la situation urbanistique (zonage, possibilités de construction), notamment dans les zones sensibles comme les rives. Enfin, demandez les certificats de non-dette pour les impôts locaux et les services publics.
3. Signature d’un avant-contrat Il est courant de signer un compromis ou pré‑contrat avec versement d’un acompte (souvent autour de 10 %). Ce document doit préciser clairement les conditions suspensives (obtention du financement, régularisation de certains documents, etc.).
4. Acte de vente définitif chez le notaire L’acte de vente (contrat de vente‑achat) doit obligatoirement être authentifié par un notaire moldave. Celui‑ci :
– vérifie l’identité des parties ;
– contrôle le titre du vendeur et les éventuelles charges ;
– s’assure de la conformité juridique du contrat ;
– informe les parties des conséquences légales de la transaction.
5. Paiement et transfert de propriété Le paiement s’effectue généralement par virement bancaire, parfois via un compte séquestre du notaire. Une fois les formalités notariales accomplies, la propriété n’est pleinement opposable aux tiers qu’après inscription au Cadastre (Registre immobilier) géré par l’Agence des services publics.
6. Inscription au registre Une des parties, souvent par l’intermédiaire du notaire, dépose la demande d’enregistrement de la nouvelle propriété. Le délai standard est d’environ 10 jours, pouvant aller jusqu’à 80 jours si des problèmes sont détectés. Tant que l’inscription n’est pas finalisée, le nouvel acquéreur ne peut pas revendre ou hypothéquer le bien.
Le délai global, de l’offre acceptée à l’enregistrement final, oscille en pratique entre deux et six semaines pour un acheteur bien préparé.
Combien coûtent les frais de transaction ?
L’acquisition d’une maison sur les rives du Dniestr ou d’un cottage en bord de lac s’accompagne de frais relativement modérés par rapport à beaucoup de pays européens.
Pour l’acheteur, on retrouve principalement : les informations essentielles concernant le produit, les conditions de vente, les garanties offertes, et les modalités de livraison.
| Poste de coût | Fourchette indicative |
|---|---|
| Taxe de transfert / droit d’enregistrement | 0,5 % du prix |
| Honoraires de notaire | 0,1 – 1,3 % du prix (plancher légal modeste) |
| Honoraires juridiques (avocat / conseil) | 0 – 1 % du prix ou forfait (~500–1 500 €) |
| Frais de cadastre / enregistrement | 260 – 1 300 MDL (≈ 13–65 €) |
| Traductions, apostilles, certificats | 200 – 500 € |
| Inspection, expertise technique | 150 – 300 € |
| Coûts de change (si paiement en € transféré en MDL) | 0,5 – 3 % de spread |
Au total, les coûts supportés par l’acheteur se situent généralement entre 0,6 et 2,8 % du prix du bien, si l’on met de côté les frais facultatifs de conseil plus poussés. En ajoutant la commission d’agent (habituellement 2–4 % payée par le vendeur), le coût « aller‑retour » d’une transaction (achat puis revente) reste dans une fourchette approximative de 2,6 à 6,8 %.
Pour les constructions neuves achetées directement au promoteur, une TVA de 20 % s’applique. Elle est généralement incluse dans le prix affiché, mais il est conseillé de vérifier cette information pour comparer correctement les offres.
Fiscalité après l’achat : impôt foncier, loyers et plus-values
L’environnement fiscal moldave fait partie des arguments en faveur de l’investissement, surtout en comparaison de certains marchés côtiers très taxés.
Impôt foncier annuel
Les impôts fonciers sont faibles à l’échelle européenne. Le taux varie selon les communes, mais en règle générale :
– entre 0,05 et 0,3 % de la valeur cadastrale du bien pour les résidences ;
– les collectivités fixent elles‑mêmes les taux à l’intérieur d’une fourchette encadrée par la loi.
L’impôt est dû annuellement et doit être payé avant une date spécifique. Pour les particuliers, l’échéance se situe généralement autour du milieu de l’année. Effectuer un paiement anticipé peut permettre de bénéficier d’une remise locale.
Revenus locatifs
Pour un bien à Cahul, au bord d’un lac ou du Dniestr, mis en location longue durée ou saisonnière, le régime d’imposition de base est simple : 12 % d’impôt sur le revenu net pour les particuliers, aussi bien résidents que non‑résidents. Des conventions fiscales, notamment avec les États‑Unis, le Canada ou Israël, visent à éviter la double imposition.
Taux uniforme d’impôt sur les sociétés appliqué sur les bénéfices.
Plus-values
La Moldavie applique un taux effectif de 12 % sur les gains immobiliers lorsque le bien est détenu moins de trois ans. Pour les résidences principales détenues et occupées depuis au moins trois ans, le gain peut être totalement exonéré, ce qui offre une porte de sortie fiscalement intéressante pour ceux qui s’installent réellement dans le pays.
Pour un investisseur étranger qui achète un bien de villégiature en bord de lac ou de rivière sans y résider en permanence, il faut compter cet impôt de 12 % sur la plus‑value en cas de revente rapide.
Peut-on se financer localement pour acheter au bord de l’eau ?
Le marché du crédit immobilier moldave s’est fortement développé, avec une baisse des taux après une période très inflationniste. Le taux moyen des nouveaux prêts immobiliers en monnaie locale est tombé à environ 6,9 % fin 2024, contre près de 13 % deux ans plus tôt. Le volume de nouveaux crédits immobiliers a plus que doublé entre 2023 et 2024, et le stock de prêts hypothécaires représente autour de 4,4 % du PIB.
Mais pour un non‑résident qui souhaite financer une maison de vacances, la réalité est plus restrictive :
Pour obtenir un crédit immobilier en Moldavie en tant qu’étranger, plusieurs conditions spécifiques s’appliquent. La résidence en Moldavie est souvent exigée par les banques. Un apport personnel conséquent, généralement compris entre 30 % et 50 % du prix du bien, est fréquemment demandé. Les taux d’intérêt pour les prêts en euros sont élevés, évoluant le plus souvent dans une fourchette de 7 % à 10 %. Enfin, les durées de remboursement accordées aux non-résidents sont généralement plus courtes que pour les résidents, limitées à des périodes de 10 à 15 ans.
Certaines options existent néanmoins :
– financement via un développeur pour un bien neuf, avec plan de paiement à long terme ;
– prêt hypothécaire via une banque roumaine pour les clients déjà bancarisés en Roumanie ;
– utilisation de la valeur nette d’un bien détenu dans le pays d’origine (prêt hypothécaire adossé, ligne de crédit, etc.) pour payer cash en Moldavie.
Pour un budget modeste – typiquement l’achat au comptant d’une maison aux abords de Cahul ou d’un chalet sur les rives du Dniestr – beaucoup d’investisseurs choisissent de se passer de financement local, évitant ainsi la complexité administrative et le risque de change.
Résidence, visas et citoyenneté : effets d’un achat immobilier
Acheter une propriété en bord de l’eau en Moldavie n’offre pas, à lui seul, une résidence automatique. Mais la loi prévoit plusieurs voies d’immigration économique où l’immobilier joue un rôle non négligeable :
Montant minimum de la contribution financière au fonds public pour obtenir la citoyenneté moldave par investissement.
Pour un investisseur cherchant surtout un pied‑à‑terre en bord de lac pour les vacances, ces options sont plutôt secondaires. En revanche, pour quelqu’un qui vise une présence plus durable – par exemple la gestion d’une pension thermale à Cahul ou d’un complexe touristique sur le Dniestr – ces statuts offrent une structuration plus stable du projet à moyen terme.
Quels risques pour un achat en bord de l’eau ?
L’image de la maison de vacances au bord d’un lac paisible est séduisante, mais elle s’accompagne de risques spécifiques au contexte moldave.
Risques politiques et géopolitiques
La Moldavie reste exposée à : une instabilité politique, des défis économiques, des tensions géopolitiques, et des risques de conflits armés dans la région.
– la proximité du conflit en Ukraine ;
– la présence de la région séparatiste de Transnistrie ;
– des tensions énergétiques et une dépendance à des importations parfois volatiles.
Ces facteurs peuvent influencer l’évolution des prix, surtout dans les zones frontalières et les marchés secondaires comme Cahul. Un choc externe pourrait ralentir la demande touristique, affectant la rentabilité d’un projet de location saisonnière.
Risques juridiques et cadastraux
Si le pays s’est doté d’un cadastre électronique et d’un registre immobilier public, il subsiste :
Plusieurs situations peuvent complexifier l’achat d’un bien : des titres de propriété imparfaits datant de l’ère soviétique, des parcelles mal enregistrées ou en cours de régularisation, ainsi que des agrandissements non déclarés. Ces extensions illégales, comme des pontons, terrasses ou annexes, sont fréquentes près des lacs et rivières.
Le recours à un avocat local expérimenté est indispensable, en particulier pour vérifier la nature juridique exacte du terrain en bord d’eau, les éventuelles servitudes de passage public, et les droits de l’État sur les berges.
Qualité de construction et infrastructure
En dehors de quelques projets haut de gamme près de la capitale, une bonne partie du parc de maisons de villégiature est auto‑construite, avec des standards de construction variables. Parmi les points d’attention :
Lors de l’évaluation d’une propriété en zone rurale, il est essentiel de vérifier plusieurs éléments critiques : l’isolation thermique et la qualité des matériaux de construction ; la conformité et la sécurité des installations électriques et de gaz ; la stabilité des berges à proximité et les risques potentiels d’inondation ou d’érosion ; ainsi que la fiabilité et la conformité des raccordements à l’eau potable et au système d’assainissement, ces derniers étant souvent incomplets ou problématiques en milieu rural.
À Cahul, l’infrastructure est jugée correcte pour une ville moyenne, avec eau, électricité, chauffage au gaz, internet 4G/5G, hôpital régional et université. Dans les villages au bord du Dniestr, la situation peut être plus contrastée.
Liquidité du marché
Dans des villes secondaires comme Cahul ou dans les zones rurales en bord de rivière, la liquidité reste faible : il peut falloir plus de temps pour revendre qu’à Chișinău. Ce point est important pour un investisseur à horizon court ou moyen terme.
Stratégies d’investissement adaptées au « bord de l’eau » moldave
Pour un étranger, trois grands positionnements se détachent lorsqu’il s’agit d’acheter en bord de lac ou de rivière :
1. Résidence secondaire pour usage personnel, avec location occasionnelle Le but principal est la jouissance du bien : week‑ends, vacances, télétravail. La location saisonnière ou ponctuelle vient amortir les frais. Cahul est typiquement adaptée à ce profil, avec ses infrastructures thermales, ses prix bas et un flux touristique régulier.
Le rendement brut maximum atteignable pour un investissement locatif orienté tourisme et bien-être dans la région de Cahul.
3. Stratégie de revente (buy‑to‑flip) sur marché émergent Elle consiste à acheter des propriétés sous‑évaluées en zone de loisirs (maisons anciennes en bord de rivière, cottages à moderniser près de Cahul), à les rénover, puis à les revendre sur un marché en hausse. Le territoire est toutefois plus risqué qu’un centre-ville de capitale : il faut bien maîtriser les coûts de travaux et la profondeur de la demande locale.
Dans tous les cas, la clé est de rester lucide : le « bord de mer » moldave n’est pas la Côte d’Azur ni la mer Noire bulgare, mais une combinaison unique de prix plancher, d’environnement rural ou thermal et de marché en transition.
Comment chercher concrètement son bien en bord d’eau ?
La recherche passe beaucoup par les portails locaux et les agences. Les principaux sites d’annonces généralistes comme 999.md, Makler.md, Imobil.md ou Fazenda.md permettent de filtrer par type de bien, surface, prix et localisation. Les mots‑clés liés à l’eau (« lac », « Dniestr », « plage », « vue sur l’eau », « zone de loisirs ») aident à repérer les biens de villégiature.
Plusieurs agences spécialisées dans l’accompagnement des étrangers pour leurs projets immobiliers en Moldavie.
Agence expérimentée dans les transactions avec une clientèle internationale.
Expertise reconnue pour guider les étrangers dans leurs démarches.
Spécialiste du marché immobilier pour les non-résidents.
Agence offrant un accompagnement personnalisé aux acheteurs étrangers.
Conseils et services adaptés aux besoins spécifiques des investisseurs internationaux.
– vérifier la cohérence des prix ;
– aider à identifier des secteurs porteurs (par exemple autour des complexes thermaux de Cahul, ou dans les villages de lacs proches de Chișinău) ;
– accompagner dans les démarches administratives.
Les recherches sur les réseaux sociaux (groupes Facebook locaux) restent aussi un canal très utilisé, même si la prudence s’impose plus que jamais sur ce type de marché informel.
Après l’achat : démarches pratiques et gestion du bien
Une fois le titre de propriété enregistré, plusieurs tâches restent à accomplir :
Après l’acquisition d’un bien immobilier, plusieurs démarches administratives sont essentielles : transférer à votre nom les contrats d’électricité, d’eau et de gaz ; vérifier votre inscription au rôle de l’impôt foncier ; si le bien est en copropriété, vous inscrire auprès de l’association des propriétaires ; souscrire une assurance habitation. Si vous mettez le bien en location, n’oubliez pas de déclarer ces revenus à l’administration fiscale, soumis à un taux forfaitaire de 12 %.
Pour ceux qui n’habitent pas en permanence en Moldavie, la gestion à distance est un enjeu. Des sociétés locales proposent des services de gestion locative, généralement entre 10 et 15 % du loyer mensuel pour une prise en charge complète (trouver les locataires, encaisser les loyers, gérer les problèmes courants). L’offre est plus riche à Chișinău qu’à Cahul ou dans les villages, ce qui peut pousser certains investisseurs à s’appuyer sur un gestionnaire de confiance, même informel, sur place.
Conclusion : un « bord de mer » intérieur, entre opportunité et prudence
Parler de « Guide pour acheter une propriété en bord de mer en Moldavie » impose une honnêteté fondamentale : ce pays n’a pas accès à la mer. Mais il possède autre chose : des rivières, des lacs, des stations thermales, un marché immobilier encore bon marché, et une trajectoire économique tirée par son rapprochement avec l’Union européenne.
Pour qui accepte cette réalité géographique et cherche un pied‑à‑terre en bord d’eau à coût très raisonnable, la Moldavie offre :
Le marché immobilier moldave présente plusieurs atouts : les prix des maisons et appartements sont incomparables avec ceux des marchés côtiers de l’UE, les rendements locatifs sont élevés (notamment dans les villes secondaires comme Cahul), la fiscalité sur le foncier, les loyers et les plus-values est modérée, et le cadre juridique, bien que perfectible, s’est structuré autour d’un cadastre électronique et d’un registre public des droits réels.
En contrepartie, l’investisseur doit accepter :
– des risques politiques et géopolitiques supérieurs à ceux d’une station balnéaire d’Europe occidentale ;
– une infrastructure parfois inégale ;
– une liquidité de marché limitée en dehors de la capitale ;
– des démarches juridiques plus complexes, qui rendent indispensable l’appui d’un avocat moldave.
Si l’on aborde ce marché sans illusions sur la « mer » mais avec une vision claire de ce qu’est un bord de lac ou de rivière en Moldavie, on peut y trouver un compromis rare en Europe : un véritable style de vie au bord de l’eau à un coût d’entrée extrêmement bas, avec un potentiel de valorisation réel à mesure que le pays se rapproche du standard européen.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Moldavie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au leu moldave. Budget alloué : 200 000 à 300 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Chișinău, Bălți, Orhei), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison dans un quartier en développement de Chișinău, combinant un rendement locatif brut cible proche de 9–10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels rafraîchissements) d’environ 250 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, intégrant les risques juridiques, fiscaux et locatifs spécifiques à la Moldavie.
Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.