Les opportunités d’investissement dans l’immobilier commercial en Slovaquie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’immobilier commercial en Slovaquie attire de plus en plus de capitaux européens, portés par une économie en croissance modérée mais stable, une monnaie forte (l’euro), une fiscalité relativement clémente et des rendements encore supérieurs à ceux de nombreux marchés d’Europe occidentale. Entre entrepôts logistiques, parcs de retail, bureaux prime à Bratislava ou encore fonds immobiliers locaux, le pays offre aujourd’hui un éventail d’options qui intéresse aussi bien les investisseurs institutionnels que les particuliers avertis.

Bon à savoir :

Bratislava concentre l’essentiel du marché, mais des régions secondaires comme Košice, Nitra ou Banská Bystrica gagnent en importance, notamment pour la logistique et le commerce. Cette croissance est portée par la baisse des taux d’intérêt de la BCE, la désinflation, la hausse des salaires réels et des politiques publiques favorables aux investissements dans les régions moins développées.

Un marché slovaque en phase d’expansion maîtrisée

L’économie slovaque reste l’une des plus industrialisées d’Europe, avec une forte spécialisation dans l’automobile et l’électronique. Le pays héberge des usines de Volkswagen, Kia, Jaguar Land Rover ou PSA Peugeot Citroën, ce qui explique l’importance du secteur manufacturier et, par ricochet, de la logistique et des entrepôts.

Le produit intérieur brut progresse dans une fourchette d’environ 2 à 3 % par an, avec une croissance attendue autour de 2,3 % en 2025. L’inflation est retombée sous les 3 % après un pic au-dessus de 10 %, et la Banque centrale européenne a abaissé son principal taux d’environ 135 points de base sur un an, jusqu’à 3,15 %. Cette détente monétaire améliore les conditions de financement, un élément clé pour l’investissement immobilier.

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C’est l’augmentation en pourcentage des salaires réels depuis 2020, stimulant le pouvoir d’achat et la demande immobilière.

Du point de vue des prix immobiliers, la Slovaquie a connu une hausse marquée : les prix résidentiels ont bondi d’un peu plus de 54 % en cinq ans selon Eurostat. Dans les grandes villes, les valeurs continuent de progresser à un rythme annuel d’environ 7 à 8 % pour les segments porteurs. Cette poussée des prix résidentiels, combinée à des rendements locatifs souvent plus faibles que dans le commercial, pousse une partie des investisseurs à se tourner vers l’immobilier d’entreprise, perçu comme plus rentable.

Un cadre juridique ouvert aux étrangers et fiscalement attractif

La Slovaquie se distingue par un régime de propriété largement ouvert aux non-résidents. Les ressortissants de l’Union européenne bénéficient des mêmes droits que les citoyens slovaques pour l’acquisition de biens immobiliers, sans quota ni plafond de détention. Les investisseurs non-européens peuvent acheter la plupart des biens, avec des restrictions surtout pour les terres agricoles et forestières. Pour les acquisitions, il suffit d’obtenir un numéro d’identification fiscale slovaque, ce qui reste une formalité administrative.

Attention :

Le droit de propriété est protégé par la Constitution et le Code civil. Pour être effectif juridiquement, tout transfert de propriété doit être inscrit au cadastre public (Real Estate Cadastre), dont les informations sont présumées exactes mais contestables en justice. L’enregistrement standard coûte 100 euros et prend jusqu’à 30 jours, tandis qu’une procédure accélérée (15 jours) est facturée 300 euros.

Pour l’investisseur, la fiscalité de la transaction est plutôt favorable : il n’existe pas de taxe de transfert immobilier type “droits de mutation”. La TVA s’applique surtout aux promoteurs et transactions dans le cadre d’une activité économique, à 20 %, mais la vente par un particulier de son bien n’est pas soumise à TVA. Les plus-values sont intégrées à l’impôt sur le revenu (taux de 19 à 25 %), avec une exonération après cinq ans de détention ou cinq ans après l’arrêt de l’usage professionnel, ce qui peut rendre attractif un investissement moyen-long terme.

Bon à savoir :

La fiscalité courante est raisonnable. La taxe foncière (IBI), fixée par les municipalités, coûte généralement entre 0,20 € et 1 € par m², soit quelques dizaines à quelques centaines d’euros par an pour un bien standard. Les revenus locatifs sont imposés à 19 %, avec possibilité de déduire les charges réelles ou d’opter pour un forfait de dépenses de 60 % (plafonné à 20 000 €). Ce régime est simple et évite la double imposition, car les loyers ne sont taxés qu’au niveau du propriétaire, ce qui favorise l’investissement direct.

La Slovaquie a par ailleurs mis fin à certaines formes de double imposition pour attirer les capitaux étrangers. On ne dispose pas encore d’un régime REIT national pleinement comparable à ceux de la France ou des Pays-Bas, mais des fonds immobiliers locaux, comme le Slovak Real Estate Fund ou des véhicules tels que GOLDSIDE Real Estate Fund, jouent un rôle similaire pour les épargnants qui souhaitent une exposition indirecte au marché.

Une montée en puissance des volumes d’investissement

Les volumes investis dans l’immobilier commercial slovaque témoignent de la montée en puissance du pays sur la carte des investisseurs européens. En 2025, la Slovaquie représente environ 10 % de l’investissement régional en Europe centrale et orientale au premier semestre, pour un montant d’environ 536 millions d’euros. Sur les neuf premiers mois de l’année 2025, le volume cumulé atteint 806 millions d’euros, soit le plus haut niveau depuis 2022, avec une perspective de clôture annuelle comprise entre 800 millions et 1 milliard d’euros.

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Montant investi en millions d’euros au premier semestre 2025, en hausse de 170 % par rapport à l’année précédente.

L’origine des capitaux illustre un équilibre intéressant entre épargne locale et flux transfrontaliers. Environ 47 % des montants investis au premier semestre 2025 proviennent de capital étranger, notamment de Tchéquie, de Hongrie, de Suisse ou du Royaume-Uni. Le reste (53 %) est issu d’investisseurs d’Europe centrale et orientale, dont une part importante de fonds slovaques.

Exemple :

Un tableau synthétise la répartition approximative des investisseurs selon leur origine géographique pour la première moitié de l’année 2025. Ces données sont issues de la consolidation de plusieurs rapports.

Origine des investisseursPart approximative du volume investi (H1 2025)
Slovaquie25 %
République tchèque20 %
Hongrie20 %
Suisse17 %
Royaume-Uni9 %
Allemagne5 %
Singapour (Asie)4 %

Cette combinaison de capitaux domestiques et régionaux donne au marché une certaine résilience : même si des investisseurs institutionnels d’Europe de l’Ouest se montrent parfois hésitants face au contexte géopolitique (proximité de la guerre en Ukraine, dépendance à l’économie allemande), les acteurs locaux et tchèques ou hongrois maintiennent une activité soutenue.

Les segments porteurs : logistique, retail et bureaux prime

L’immobilier commercial slovaque n’est pas homogène : les opportunités varient fortement selon les segments. Trois piliers dominent aujourd’hui le paysage : les entrepôts et plates-formes logistiques, les commerces – avec une place croissante des retail parks – et les bureaux, concentrés à Bratislava. À cela s’ajoutent des niches comme l’hôtellerie ou les actifs mixtes.

Logistique et industriel : le moteur du marché

Le segment industriel et logistique est le véritable moteur des flux d’investissement. Sur la première moitié de 2025, il représente jusqu’à 58 % de l’investissement commercial national dans certaines analyses, et près de 42 % dans d’autres séries de données couvrant le même semestre. Au troisième trimestre 2025, la logistique arrive encore en deuxième position, avec 39 % des transactions derrière le retail.

Le parc d’entrepôts modernes a dépassé 4,6 millions de mètres carrés début 2026, tandis qu’environ 311 000 m² supplémentaires sont en construction. Les nouveaux développements sont particulièrement concentrés le long des grands axes – notamment le corridor de la D1 entre Bratislava et Trnava – et dans la périphérie des grandes villes, avec un fort intérêt pour les projets certifiés ESG et techniquement avancés.

Les loyers logistiques restent compétitifs à l’échelle européenne : les valeurs prime se situent généralement entre 5,40 et 5,80 euros par mètre carré et par mois, avec un pic autour de 5,80 €/m² au troisième trimestre 2025. Dans certaines sources, le loyer prime en 2024 est même estimé à 5,75 €/m². En parallèle, loyer moyen et loyer prime tendent à se stabiliser après une phase de hausse rapide : loyer moyen autour de 4,65–4,90 €/m², en hausse d’environ 5 % sur un an mais quasiment stable trimestre après trimestre.

Les taux de vacance donnent une image nuancée. Après une pénurie de surfaces neuves en 2021–2022, avec des taux inférieurs à 3 % dans la région de Bratislava, la vacance industrielle a progressivement remonté au-delà de 5 % fin 2024, puis autour de 6 à 8 % en 2025 selon les trimestres et les zones. Au troisième trimestre 2025, la vacance nationale atteint près de 8 %, avec un pic supérieur à 10 % en Slovaquie occidentale. Cette remontée est en grande partie liée aux projets spéculatifs livrés sans pré-location intégrale, mais environ 58 à 79 % des surfaces en construction sont déjà sécurisées par des contrats.

Astuce :

Pour l’investisseur, l’élément clé est la prime de rendement. Les entrepôts prime en Slovaquie offrent un rendement d’environ 6 %, avec des estimations pouvant atteindre 6,25 % pour certains sous-marchés. Dans un contexte de taux en baisse, cet écart par rapport aux obligations d’État ou aux marchés core d’Europe occidentale est significatif. Ce rendement est soutenu par des facteurs structurels solides dans le secteur logistique : l’explosion du e‑commerce, la localisation centrale du pays dans le réseau européen et la croissance continue des besoins en surfaces d’entreposage.

Pour illustrer l’attractivité relative du segment, on peut rapprocher loyers et rendement prime :

Indicateur clé (logistique)Valeur indicatif (2024–2025)
Stock d’entrepôts modernes~4,6–4,67 millions m²
Loyer prime5,40–5,80 €/m²/mois
Loyer moyen~4,65–4,90 €/m²/mois
Rendement prime~6,00–6,25 %
Taux de vacance fin 2024~5,2 %
Taux de vacance Q3 2025~7,7–8 %

Malgré la récente baisse de la demande après deux années de boom, la logistique reste considérée comme le segment à plus fort potentiel de croissance à moyen terme. L’arrivée d’un futur site Volvo près de Košice à l’horizon 2027, ou encore des investissements dans les batteries (plus d’un milliard d’euros annoncés), laissent présager de nouveaux besoins en plateformes industrielles et logistiques, en particulier dans l’est du pays.

Retail : l’essor des retail parks et la consolidation des centres commerciaux

Le second segment porteur est le commerce. Longtemps marqué par la domination des grands centres commerciaux à Bratislava et Košice, le marché slovaque voit désormais une montée en puissance rapide des retail parks en régions. Ceux-ci associent généralement un hypermarché ou un supermarché à une galerie d’enseignes de taille moyenne, avec des loyers plus modérés mais des coûts d’exploitation réduits.

En termes de volumes, le retail représente environ 44 à 49 % de l’investissement commercial selon les périodes (premier semestre et troisième trimestre 2025). De grandes transactions ont marqué le marché récent, notamment l’acquisition de Bory Mall par le fonds tchèque ZFP Investments, mais aussi la vente du centre Cassovia et de différents parcs TESCO, VIVO! ou Petržalka Gallery, souvent orchestrées par des brokers comme CBRE.

Sur le plan locatif, les loyers prime dans les centres commerciaux de Bratislava se situent autour de 65 à 70 euros par mètre carré et par mois pour les meilleurs emplacements, avec certaines sources évoquant même 100 €/m² comme valeur de prime pour des unités de référence. Dans les retail parks, les loyers prime tournent davantage autour de 11,50 à 15 €/m² selon la localisation et le niveau de saturation commerciale. L’augmentation des charges d’exploitation – de l’ordre de 30 à 50 % – a toutefois freiné la progression des loyers faciaux dans certains actifs, les bailleurs préférant parfois stabiliser les redevances pour ne pas fragiliser les enseignes.

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Taux de rendement affiché par les actifs de rue prime et les meilleurs retail parks en Slovaquie.

On peut schématiser la situation comme suit :

Sous-segment retailLoyer prime (€/m²/mois)Rendement prime approximatif
Centres commerciaux (BA)65–70 (jusqu’à 100)~6,50 %
High street régionales15–16~6,75 %
Retail parks régionaux11,50–15~6,75 % (en baisse)

La dynamique est soutenue par des ventes au détail en hausse (plus de 4 % de croissance en 2022 comme en 2024) et un retour de la fréquentation dans les malls après la période Covid. Les salaires réels en progrès et l’arrivée de nouvelles enseignes internationales (Butlers, Smyk, Woolworth, MG Motor, Hebe, etc.) contribuent à renforcer le positionnement de la Slovaquie comme marché de consommation attractif en Europe centrale.

En parallèle, le e‑commerce continue sa montée en puissance, même si la Slovaquie reste en retard sur la moyenne européenne avec un taux de pénétration des achats en ligne d’environ 10 %, contre 16 % à l’échelle de l’UE. Or, chaque point de pénétration supplémentaire en Europe génère environ 2 millions de m² de demande d’entrepôts. Pour la Slovaquie, cela signifie à la fois des besoins en surfaces logistiques et une reconfiguration de certaines centralités commerciales, d’où l’intérêt des parcs de retail adossés à une offre de drive ou de click & collect.

Bureaux : un marché prime resserré à Bratislava

Le marché des bureaux en Slovaquie est très concentré sur Bratislava, qui regroupe plus de 2 millions de mètres carrés de bureaux de classes A, A+ et B. La capitale est un hub financier et de services en pleine croissance, porté par les secteurs des technologies de l’information, des services professionnels et de la finance, ainsi que par la présence d’administrations centrales.

Les loyers prime dans le quartier des affaires central (CBD) atteignent aujourd’hui 20 à 21 euros par mètre carré et par mois, un chiffre en hausse d’environ 8 % sur un an. Le rendement prime pour les meilleurs immeubles de bureaux est estimé à 6,25 %, ce qui, là encore, maintient un spread intéressant par rapport à des villes comme Vienne ou Munich, où les rendements ont été davantage compressés.

Bon à savoir :

Le taux de vacance global des bureaux à Bratislava est de 12 à 14 %. Cependant, les espaces les plus recherchés (classe A/A+, bien situés et dotés de certifications environnementales comme BREEAM ou LEED) sont nettement plus rares. Bien que 55% du parc soit de classe A/A+, seulement 41% est certifié vert, et ce sont ces immeubles qui concentrent l’essentiel de la demande.

L’offre neuve est extrêmement limitée. En 2024, seuls 7 000 m² de bureaux supplémentaires ont été livrés, l’un des plus faibles volumes des dernières années. Trois projets majeurs – Dunaj, Ganz House et Chalupkova Offices – sont en construction, pour un total de moins de 40 000 m², et ne devraient pas être livrés avant 2025–2026. Résultat : 2025 est annoncé comme une année historiquement faible en termes de livraisons, ce qui pourrait pousser encore un peu les loyers prime à la hausse, avant un léger desserrement en 2026 avec environ 40 000 m² supplémentaires attendus.

Les chiffres clés du marché des bureaux de Bratislava peuvent être synthétisés ainsi :

Indicateur bureaux BratislavaValeur indicative (2024–2025)
Stock total~2,0–2,08 millions m²
Part des immeubles A/A+~55 %
Taux de vacance global~12–14 %
Loyer prime CBD19,5–21 €/m²/mois
Rendement prime bureaux~6,25 %
Part des surfaces certifiées vert~41 %
Nouvelles livraisons 2024~7 000 m²
Pipeline identifié (2025–2026)~38–40 000 m²

La demande est tirée à la fois par les nouvelles implantations (notamment IT et services partagés) et par des renégociations de baux, ces dernières représentant parfois plus de 60 % des transactions trimestrielles. Dans un contexte où le télétravail demeure mais sous une forme hybride, les entreprises privilégient des surfaces plus qualitatives, mieux situées, dotées d’espaces flexibles et d’une excellente connectivité numérique plutôt qu’une simple extension de surface brute.

Un phénomène intéressant pour l’investisseur est la reconversion de bureaux obsolètes en logements, notamment pour des bâtiments en périphérie ou dans des zones où la demande résidentielle est forte. Cette tendance limite le risque d’excès d’offre sur le segment B et ouvre des perspectives en matière de projets value-add pour des acteurs capables de repositionner des actifs vieillissants.

Hôtellerie et segments de niche

Les hôtels ne représentent qu’une part limitée du volume d’investissement global, mais ils commencent à apparaître dans davantage de portefeuilles. Les rendements varient sensiblement selon la localisation et le type d’établissement, mais se situent souvent entre 5,75 et 7,75 % pour des hôtels boutiques ou d’affaires de bonne qualité. L’intérêt est surtout marqué dans les grandes villes – Bratislava et Košice – et dans les régions touristiques de montagne comme les Hautes Tatras ou Liptov.

Pour les investisseurs possédant une expertise opérationnelle en hôtellerie, ces actifs peuvent constituer une diversification intéressante, notamment dans une optique de montée en gamme et de développement de produits durables (stations de montagne quatre saisons, hôtels balnéaires avec offre bien-être, etc.). Le potentiel reste toutefois plus limité que dans la logistique ou le retail.

Fonds immobiliers, REITs et investissement indirect

Pour les investisseurs ne souhaitant pas acquérir directement un immeuble à Bratislava ou un entrepôt en périphérie, la Slovaquie offre un marché de fonds immobiliers en développement.

Plusieurs fonds locaux illustrent le profil rendement/risque typique des véhicules slovaques :

Fonds immobilier slovaquePerformance annuelle depuis création (approx.)Indicateur de risque (SRI 1–7)Horizon recommandé
GOLDSIDE Real Estate Fund~5,22 %/an (2019–2022)3≥ 3 ans
Korunový realitný fond~4,94 %/an depuis la création25 ans
Prvý realitný fond~5,61 %/an depuis la création25 ans

Le GOLDSIDE Real Estate Fund, par exemple, est un fonds immobilier ouvert de type “public spécial”, géré par RIB SLOVAKIA. Son premier investissement a porté sur une halle de production-logistique à Solčany, d’environ 13 750 m² de surface louable. Au 31 août 2022, le fonds affichait un actif net proche de 9,7 millions d’euros et un prix de part légèrement supérieur à 0,11 euro, avec une performance annualisée de l’ordre de 5,2 % depuis son lancement. Les frais d’entrée, de sortie et de gestion restent modérés (2 % maximum à l’entrée, 1 % à la sortie, 1 % de gestion, plus 20 % de commission de performance), et le ticket minimum est accessible à partir de 20 euros.

Bon à savoir :

Pour les investisseurs étrangers, ces fonds permettent de mutualiser les risques, de bénéficier d’une gestion locale et d’accéder à un portefeuille diversifié (entrepôts, bureaux, commerces, projets mixtes), sans avoir à gérer directement les relations locataires ou les aspects réglementaires.

Parallèlement, au niveau international, les REITs – créés aux États‑Unis en 1960 et désormais présents dans de nombreux pays comme la France, les Pays-Bas, l’Australie ou le Japon – restent une voie privilégiée pour s’exposer à l’immobilier commercial de façon liquide. Même si la Slovaquie ne dispose pas encore d’un cadre REIT aussi abouti, les investisseurs européens peuvent cibler des REITs ou foncières cotées actives en Europe centrale, voire des ETFs ou fonds de fonds spécialisés.

Aides publiques et incitations : un levier pour les projets immobiliers

Au-delà de la simple dynamique de marché, la Slovaquie s’est dotée d’un arsenal d’aides à l’investissement qui impacte directement la demande en immobilier commercial. Le cadre principal est la loi sur l’aide régionale à l’investissement, en vigueur depuis 2018, qui permet d’accorder des subventions et exonérations fiscales aux entreprises industrielles, centres technologiques et centres de services partagés.

Aides à l’investissement en Slovaquie

Panorama des principales formes de soutien financier et des intensités d’aide disponibles pour les projets d’investissement, variant selon la région et la taille de l’entreprise.

Subventions à l’investissement

Aides pour l’achat de terrains, de bâtiments ou d’équipements.

Allègements fiscaux

Réductions de l’impôt sur les sociétés.

Aides à la création d’emplois

Subventions liées à l’embauche.

Avantages fonciers

Cession ou location de foncier à un prix inférieur au marché.

Intensités régionales

Jusqu’à 40% des coûts en Slovaquie occidentale/centrale et 50% en Slovaquie orientale, avec majorations pour les PME.

Zones prioritaires

Conditions encore plus attractives dans les districts les moins développés et les zones du Fonds de transition juste de l’UE.

Pour l’immobilier commercial, l’impact est double. D’une part, ces aides incitent des industriels ou prestataires de services à s’implanter dans certains parcs industriels, créant une demande sécurisée pour les entrepôts, ateliers et bureaux associés. D’autre part, les programmes d’aménagement de parcs industriels cofinancés par l’État et l’Union européenne (via des opérateurs comme MH Invest ou l’agence SARIO) débouchent sur la création de sites prêts à l’emploi, avec infrastructures en place, ce qui réduit les risques de développement pour les promoteurs privés.

Risques et défis à intégrer dans la stratégie

Comme tout marché émergent ou en transition, la Slovaquie présente aussi son lot de risques qu’un investisseur doit intégrer dans son analyse.

Sur le plan macroéconomique, la forte dépendance au secteur automobile, lui-même tributaire de la conjoncture allemande, constitue une vulnérabilité. Un ralentissement prolongé de l’industrie automobile pourrait peser sur certains marchés logistiques, en particulier dans les régions très spécialisées. De plus, la Slovaquie a connu des tensions sur les coûts de l’énergie et du travail, ainsi qu’une certaine pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans certains bassins, qui peuvent affecter la demande locative industrielle.

Bon à savoir :

Depuis 2023, un mécanisme de filtrage des investissements étrangers s’applique dans les secteurs critiques (énergie, santé, chimie, IT, défense, médias). Il concerne les investisseurs non européens ou contrôlés depuis des pays tiers. Le processus, géré par le ministère de l’Économie, dure généralement entre 60 et 95 jours. Bien que les cas de blocage soient rares, cette étape peut rallonger les délais de finalisation et ajoute une incertitude réglementaire.

On peut aussi citer la fragmentation régionale : certains territoires attirent peu les investissements, ce qui creuse les écarts de développement. Les investisseurs qui se positionnent dans des villes secondaires doivent donc accepter un risque de liquidité plus élevé et éventuellement des délais plus longs pour la revente d’actifs.

Attention :

L’investissement immobilier présente plusieurs risques opérationnels : complexité des titres de propriété, nécessité d’une due diligence approfondie au cadastre, rareté des gestionnaires éprouvés hors des grandes villes, et risque de surévaluation par des vendeurs face à des acheteurs étrangers mal informés.

Enfin, les marchés immobiliers restent sensibles aux mouvements de taux. Si la baisse actuelle des taux directeurs renforce la valeur des actifs et facilite le financement, un retournement ultérieur pèserait sur les valorisations, en particulier pour des actifs secondaires ou trop faiblement indexés.

Comment se positionner : pistes stratégiques pour les investisseurs

Face à ce paysage contrasté mais prometteur, plusieurs approches se dessinent pour les différents profils d’investisseurs.

Astuce :

Pour les investisseurs institutionnels ou les family offices, la Slovaquie est propice aux stratégies ‘core plus’ ou ‘value-add’ dans les secteurs de la logistique et des retail parks. La stratégie consiste à cibler des actifs bien situés, notamment le long des grands axes autoroutiers et dans les couronnes des grandes villes (Bratislava, Košice, Nitra, Žilina), loués à des locataires solides comme des prestataires logistiques (3PL), des e‑commerçants ou des industriels. Le potentiel de valorisation repose sur la croissance des loyers via la mise aux normes ESG, la densification ou l’extension des sites. Pour le retail, l’acquisition de parcs commerciaux récents ou en développement, en partenariat avec des développeurs locaux experts, peut générer des rendements nets supérieurs à 6,5 %, soutenus par la demande des enseignes discount, de bricolage ou d’équipement de la maison.

Pour un investisseur institutionnel cherchant de la diversification, les bureaux prime de Bratislava restent une option intéressante, à condition de se concentrer sur le haut du panier : immeubles A/A+ certifiés, en CBD ou quartiers centraux bien desservis, avec une base locative solide (banques, administrations, IT). Le faible pipeline jusqu’en 2026 limite le risque de sur-offre, et la tendance à la conversion des immeubles obsolètes en logement allège progressivement le stock B, ce qui peut soutenir la valorisation des meilleurs actifs.

Bon à savoir :

Pour les particuliers, l’investissement direct dans des actifs commerciaux importants (immeubles de bureaux, retail parks) est souvent inaccessible. Deux alternatives existent : 1) Investir via des fonds immobiliers slovaques, à partir de quelques centaines ou milliers d’euros, pour une exposition diversifiée avec des rendements historiques non garantis de 4,5% à 6% par an. 2) Acheter un petit local commercial ou un bureau individuel (ex. à Bratislava) et déléguer la gestion à un administrateur local, en prenant en compte les frais de gestion (généralement 6% à 10% des loyers) et la fiscalité spécifique.

Enfin, pour les investisseurs très spécialisés, l’hôtellerie, les data centers ou les parcs business intégrant bureaux flexibles et petites unités de production peuvent constituer des créneaux de niche, à condition d’avoir une bonne expertise opérationnelle et une vision long terme.

Conclusion : un marché à la fois de rendement et de croissance

L’immobilier commercial en Slovaquie se trouve à un moment charnière : les volumes d’investissement redémarrent, les rendements restent significatifs, la macroéconomie se stabilise et les besoins structurels en logistique, retail moderne et bureaux de qualité continuent de croître. Bratislava joue naturellement le rôle de locomotive, mais les régions – en particulier les corridors industriels et les villes secondaires bien connectées – offrent aussi des opportunités de rendement et de diversification.

Astuce :

Pour tirer parti du marché immobilier commercial slovaque, privilégiez les actifs modernes et durables, appuyez-vous sur des partenaires locaux pour la due diligence et la gestion, intégrez les incitations publiques dans votre stratégie de localisation, et acceptez une liquidité plus limitée qu’en Europe occidentale. En contrepartie, la Slovaquie offre des rendements attractifs, l’appartenance à la zone euro, un environnement juridique stable et une croissance potentielle, ce qui en fait l’un des marchés les plus intéressants d’Europe centrale.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Slovaquie pour chercher du rendement locatif et une exposition à une économie d’Europe centrale en croissance. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Bratislava, Košice, Trnava), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison individuelle dans un quartier en développement de Bratislava, combinant rendement locatif brut cible d’environ 7–8 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société slovaque) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin de maîtriser les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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