Longtemps restée en marge des grands flux de capitaux internationaux, la Bolivie apparaît aujourd’hui comme un marché immobilier commercial atypique : encore peu saturé, porté par une urbanisation rapide, une classe moyenne en expansion et une transformation en cours de son économie. Pour les investisseurs capables d’accepter un environnement juridique et politique plus complexe que dans les marchés matures, le couple rendement/risque peut s’avérer particulièrement attractif, avec des loyers commerciaux souvent supérieurs à 7 % par an et des perspectives d’appréciation soutenues dans plusieurs grandes villes.
L’investissement en Bolivie s’appuie sur un contexte macroéconomique spécifique, avec des opportunités dans certaines villes et corridors. Les segments les plus dynamiques sont les bureaux, le retail, la logistique et l’hôtellerie. Il est crucial de maîtriser le cadre légal pour les étrangers, la fiscalité, les rendements attendus, les risques identifiés et les bonnes pratiques de due diligence avant tout engagement.
Un marché émergent encore loin de la saturation
La Bolivie reste un marché immobilier émergent, avec une économie de taille modeste (environ 43 à 49 milliards USD de PIB selon les années récentes) et une population de l’ordre de 12,1 à 12,3 millions d’habitants. Environ 70 % de cette population vit déjà en zone urbaine, avec une forte migration interne vers les grands pôles que sont Santa Cruz de la Sierra, La Paz–El Alto et Cochabamba.
L’indicateur clé pour un investisseur immobilier commercial, c’est la combinaison de cette urbanisation avec une croissance économique relativement stable. Entre 2002 et 2014, la croissance moyenne a approché 4,6 % par an ; elle est restée autour de 4 % jusqu’en 2019, avant le choc de la pandémie. Après une contraction de près de 7,8 % en 2020, l’économie est repartie sur un rythme projeté entre 3,5 % et 4,2 % par an jusqu’en 2027. L’inflation, autour de 3,1 %, demeure contenue par rapport à d’autres pays de la région, même si des tensions ponctuelles sont anticipées.
Dans ce contexte, la valeur des biens immobiliers urbains a montré une remarquable résilience. Les tendances de long terme indiquent :
– une appréciation moyenne de 8 à 12 % par an entre 2010 et 2014, période de boom économique et d’urbanisation rapide ;
– un ralentissement à 5–7 % par an entre 2015 et 2019, avec un début de diffusion des projets vers les villes secondaires ;
– un trou d’air pendant la pandémie, suivi d’une reprise modérée (1–3 % entre 2020 et 2022) ;
– depuis 2023, une reprise plus vigoureuse, autour de 5–8 % de hausse annuelle, portée par le rebond du tourisme et l’intérêt renouvelé pour des développements durables.
À cela s’ajoute un élément structurel clé : la rareté du foncier vraiment urbanisable dans les grandes villes (La Paz, Santa Cruz, Cochabamba), confrontée à une demande portée par une classe moyenne en croissance et un secteur tertiaire en expansion. Résultat : les prix montent régulièrement, mais restent globalement inférieurs à ceux de marchés latino-américains plus mûrs comme le Chili ou le Costa Rica, alors que les rendements locatifs y sont souvent plus élevés.
Un environnement macroéconomique contrasté mais encore porteur
La Bolivie est classée pays à revenu intermédiaire inférieur par la Banque mondiale, avec un indice de développement humain autour de 0,703. La réduction de la pauvreté a été significative sur le long terme (de plus de 63 % à environ 39 % entre 2002 et 2014, puis autour de 34,6 % en 2018), mais l’économie reste vulnérable aux cycles des matières premières, en particulier les hydrocarbures, les minerais et l’agriculture.
Taux de change historique maximal du boliviano par rapport au dollar américain, illustrant la stabilité de la parité fixe.
Pour un investisseur immobilier commercial, ce cocktail signifie : un environnement plus risqué que les économies avancées, mais avec un potentiel de rendement supérieur, dans un marché loin d’être saturé.
Où investir : les pôles urbains et les corridors de croissance
Le pays ne forme pas un marché homogène. Les opportunités en immobilier commercial se concentrent autour de quelques grands pôles et de corridors logistiques en développement.
Santa Cruz de la Sierra : moteur de l’expansion commerciale
Santa Cruz de la Sierra est le cœur de la croissance immobilière commerciale en Bolivie. Ce n’est pas la capitale politique, mais c’est clairement la capitale économique et démographique :
– département de plus de 3 millions d’habitants, avec une projection à près de 4,1 millions à l’horizon 2030 ;
– ville principale proche de 2 millions d’habitants, premier marché de consommation du pays ;
– croissance du PIB régional supérieure à la moyenne nationale, parfois qualifiée de « rythme asiatique » ;
– chômage inférieur à 5 % sur la dernière décennie.
L’économie locale s’est diversifiée : l’agro-industrie (soja, élevage), le commerce, la construction, les services financiers, la logistique et les services aux entreprises structurent désormais un tissu économique dynamique. Située à proximité du Brésil, du Paraguay et de l’Argentine, Santa Cruz joue aussi le rôle de hub logistique régional, particulièrement renforcé par le développement de l’aéroport international Viru Viru et les projets routiers et ferroviaires.
Pour l’investisseur, plusieurs sous-marchés se détachent :
À Santa Cruz de la Sierra, le marché immobilier se structure autour de trois pôles principaux. Le quartier d’Equipetrol s’est imposé comme le centre financier de la ville, très prisé pour ses bureaux de classe A, ses restaurants et boutiques haut de gamme, ainsi que ses hôtels. La zone centrale, autour du centre commercial principal, présente des prix de locaux commerciaux avoisinant 1 300 à 1 800 USD/m². Enfin, les quartiers mixtes en expansion, notamment le long des anneaux routiers (« anillos ») et des radiales, voient se multiplier centres commerciaux, bureaux et entrepôts urbains.
Le succès de centres commerciaux emblématiques illustre l’appétit du marché. Ventura Mall, premier grand mall du pays, a ouvert à Santa Cruz avec environ 50 000 m² de surface locative, 176 commerces, plus de 5,5 millions de visiteurs par an, plus de 100 millions USD de ventes annuelles, un taux de vacance inférieur à 2 % et une longue liste d’attente de locataires. Son modèle 100 % locatif (et non vente des boutiques en pleine propriété) a inspiré de nouveaux projets comme Ventura Sur, pensé dès l’origine comme composante d’un développement mixte (centre commercial, bureaux, logements).
D’autres projets témoignent du dynamisme du retail :
| Projet / Localisation | Type de projet | Investissement estimé | Particularités clés |
|---|---|---|---|
| Ventura Mall (Santa Cruz) | Shopping mall | n.d. | 50 000 m² GLA, 5,5 M visiteurs/an, vacance ~2 % |
| Ventura Sur (Santa Cruz) | Mall + mixte (bureaux / résidentiel) | n.d. | ≥ 60 000 m² GLA prévus, 2e phase tertiaire & logement |
| Ciudad Indana (Santa Cruz) | Centre commercial | 40 M USD | 4 niveaux, multiplex 9 salles, amphithéâtre 3 000 pers. |
| El Gigante Ciudad Comercio (Santa Cruz, est) | Complexe retail + bureaux | 20 M USD | 12 modules, ~1 620 locataires à terme |
| Grigotá Center (zone La Ramada) | Petit centre commercial + parking | n.d. | 32 boutiques, parking sur 7 étages |
Dans ces actifs, les loyers commerciaux sont tirés par :
– l’arrivée massive de franchises et de marques internationales (Adidas, Nike, Mango, Forever 21, P.F. Chang’s, etc.) ;
– une explosion de la consommation dans un département à démographie galopante ;
– le rôle social des malls, devenus lieux de loisirs, de restauration et d’événements, bien au-delà du simple centre d’achats.
C’est le rendement locatif brut annuel potentiel offert par les centres commerciaux bien positionnés dans les zones stratégiques de Santa Cruz.
La Paz et El Alto : administration, finance et tourisme
La Paz, siège du gouvernement, constitue le deuxième grand marché commercial du pays, avec une configuration beaucoup plus complexe que Santa Cruz. La topographie en canyon et en versants montagneux limite fortement l’extension horizontale et renchérit la construction, mais crée aussi une rareté foncière structurelle.
On distingue plusieurs sous-marchés :
– la Zona Sud (Calacoto, San Miguel), zone résidentielle et commerciale aisée, avec des appartements de standing à 1 400–1 800 USD/m² et une clientèle à fort pouvoir d’achat ;
– Sopocachi et Miraflores, plus mixtes, orientés vers le tertiaire supérieur et le résidentiel moyen-haut de gamme (1 000–1 400 USD/m²) ;
– le centre-ville, où les locaux commerciaux se négocient autour de 1 200–1 600 USD/m² et concentrent bureaux, commerces, services et administrations.
La Paz bénéficie d’un écosystème de services développés (banques, télécommunications, sièges d’entreprises, cabinets, ONG, organisations internationales). Le marché des bureaux, bien que plus restreint que celui de Santa Cruz, reste structurant pour les investisseurs intéressés par des immeubles mixtes bureaux/commerce ou par des opérations de rénovation d’immeubles existants en vue de les repositionner en bureaux modernes, espaces de coworking ou surfaces flexibles.
Située sur le plateau au-dessus de La Paz, El Alto a une fonction principalement industrielle, de transit et de commerce populaire. Les projets logistiques et d’entrepôts, liés à l’aéroport local, représentent un segment porteur à moyen terme pour la distribution vers l’ouest de la Bolivie.
Cochabamba, Sucre, Tarija et les marchés secondaires
D’autres villes affichent un potentiel commercial croissant, souvent à des prix d’entrée plus bas que Santa Cruz et La Paz.
– Cochabamba, au climat tempéré, est un pôle universitaire et de services où se développent des parcs de bureaux et de retail en périphérie, notamment près des échangeurs autoroutiers. Les appartements de gamme moyenne se négocient entre 900 et 1 300 USD/m² dans des quartiers comme Cala Cala et La Recoleta. Pour l’immobilier commercial, la demande est soutenue par les services, le commerce et les infrastructures de transport au centre du pays.
– Sucre, capitale constitutionnelle et ville coloniale classée au patrimoine mondial, offre des opportunités de transformation de bâtiments coloniaux (800–1 200 USD/m²) en hôtels-boutiques, espaces de coworking ou commerces de niche.
– Tarija, cœur viticole du pays, ouvre des perspectives pour des projets hôteliers, de loisirs et de retail orientés œnotourisme et gastronomie.
– Uyuni, Potosí, Copacabana (Lac Titicaca), Rurrenabaque, Samaipata : autant de destinations touristiques ou de retraite, où l’hôtellerie, les résidences touristiques et les commerces de proximité ciblant visiteurs et expatriés constituent un segment à fort potentiel, avec des rendements locatifs touristiques pouvant atteindre 8–12 % (saisonnier).
Dans ces marchés secondaires, le rapport prix d’achat / potentiel de rendement est souvent favorable, avec des entrées 30 à 50 % moins chères que dans les grandes métropoles, mais une volatilité plus forte et une liquidité moindre à la revente.
Quels segments commerciaux privilégier ?
L’immobilier commercial bolivien se décline en plusieurs grandes familles : bureaux, retail, logistique/industriel, hôtellerie, projets multi‑usage. Les rendements et profils de risque varient selon le segment.
Bureaux : une demande portée par les services et l’outsourcing
La montée des services (plus de 50 % du PIB) et la présence d’entreprises nationales et internationales dans des secteurs comme la finance, les télécoms, les services aux mines et hydrocarbures, l’éducation et la santé, alimentent un marché de bureaux encore relativement restreint mais en modernisation.
Les immeubles de bureaux de catégorie A se concentrent à :
– Santa Cruz (Equipetrol, zones nord et autour des anneaux) ;
– La Paz (Zona Sur, certains secteurs du centre) ;
– Cochabamba (périphérie nord, axes structurants).
Les loyers de ces immeubles bien situés s’intègrent souvent dans les rendements globaux de 7–10 % pour l’immobilier commercial, avec un risque spécifique : la dépendance vis-à-vis de quelques grands locataires (sociétés de services pétroliers, banques, groupes industriels). La due diligence sur la solvabilité des preneurs et la diversification du portefeuille de locataires prennent donc une importance particulière.
Retail moderne et centres commerciaux : la vitrine de la nouvelle classe moyenne
Le marché du commerce de détail est l’un des segments les plus dynamiques. Ses moteurs sont clairs :
Plusieurs tendances majeures transforment le paysage commercial. On observe une montée du pouvoir d’achat d’une partie de la population urbaine, accompagnée d’une formalisation progressive du commerce face à un secteur informel encore dominant (environ 70 % du commerce). Parallèlement, on assiste à l’arrivée massive de franchises internationales dans des secteurs comme la mode, la cosmétique, la restauration et le sport. Enfin, les centres commerciaux jouent un rôle social croissant en tant que lieux de loisir et de consommation.
En parallèle, l’e‑commerce progresse rapidement, sans pour autant supplanter le physique à court terme. Les ventes en ligne ne représentent encore qu’une fraction (5–10 %) du total, même si certains scénarios évoquent une participation pouvant atteindre 20–21 % à l’horizon 2024–2025. Ce mouvement crée des besoins simultanés en :
– surfaces commerciales pour les enseignes en quête de visibilité et d’expérience client ;
– micro-entrepôts urbains et hubs logistiques pour la livraison du dernier kilomètre.
Les malls et centres commerciaux de nouvelle génération se distinguent par :
– des surfaces importantes (50 000 m² et plus pour les grands projets) ;
– des mix de locataires combinant grandes enseignes, restauration, loisirs (cinémas, salles de spectacle), services ;
– un modèle majoritairement basé sur la location (et non la vente d’unités aux détaillants), offrant aux propriétaires un flux de revenus récurrent.
Le cas de Ventura Mall, avec un taux de vacance très bas et un rendement solide, ainsi que le développement de nouveaux projets comme Ciudad Indana et El Gigante Ciudad Comercio, démontrent la vitalité et les opportunités persistantes du marché des centres commerciaux à Santa Cruz.
Logistique et entrepôts : capter l’essor de l’e‑commerce et du commerce extérieur
Le marché logistique bolivien est en pleine recomposition. En dépit de handicaps lourds (pays enclavé, infrastructures parfois insuffisantes, coûts de transport élevés), plusieurs tendances ouvrent une fenêtre d’opportunités :
– croissance de l’e‑commerce, qui augmente les besoins en entrepôts, hubs de distribution et plateformes de cross-docking ;
– développement de corridors stratégiques comme la route interocéanique (reliant le Brésil au Chili via la Bolivie) ;
– projet de corridors bio-océaniques et d’axes comme Santa Bárbara–Caranavi–Quiquibey, qui débloquent de nouvelles zones pour des parcs logistiques ;
– renforcement des capacités de Viru Viru, qui stimule la demande en entrepôts à proximité de l’aéroport.
Les secteurs moteurs de la demande logistique sont nombreux : agro-industrie (notamment le soja, dominé par le département de Santa Cruz), IT et télécoms, aviation, médical, automobile, pétrole et gaz, mines, construction. Les multinationales de la logistique (DHL, FedEx, UPS) sont présentes et favorisent l’adoption de standards plus élevés, incluant :
– automatisation partielle des entrepôts ;
– systèmes de suivi en temps réel (IoT, tracking) ;
– solutions de gestion de stocks avancées.
Les parcs logistiques boliviens offrent des avantages stratégiques et financiers pour les investisseurs, notamment grâce à leur localisation et leurs infrastructures spécialisées.
Sites proches des axes interocéaniques et des grands pôles urbains (Santa Cruz, Cochabamba, El Alto), offrant des loyers compétitifs et un potentiel d’appréciation lié à l’amélioration des infrastructures.
Entrepôts avec le statut de bonded warehouse, particulièrement stratégiques pour les exportateurs du secteur agroalimentaire, permettant des procédures douanières optimisées.
Infrastructures avec connexion ferroviaire directe, renforçant l’efficacité logistique et l’attrait pour les activités d’import-export.
Hôtellerie et immobilier touristique : miser sur un tourisme en expansion
Le pays abrite des sites naturels et culturels à fort pouvoir d’attraction : Salar de Uyuni, Lac Titicaca, Madidi, villes coloniales comme Sucre et Potosí, régions Amazoniennes comme Rurrenabaque, vallées de Tarija, etc. La montée du tourisme, soutenue par des politiques de diversification économique, crée un marché hôtelier et para‑hôtelier en développement.
Les opportunités incluent :
– hôtels urbains de moyenne gamme dans les grandes villes ;
– hôtels-boutiques et lodges éco-touristiques dans les zones naturelles (Uyuni, Rurrenabaque, Samaipata) ;
– résidences de tourisme, appart‑hôtels et hostels dans les hubs touristiques ;
Les rendements bruts dans ce segment peuvent dépasser 8–12 % en haute saison, avec une forte variabilité saisonnière à gérer. Ce type d’actif est plus sensible aux chocs externes (pandémies, crises politiques), mais l’appréciation du capital est souvent soutenue dans les zones en pleine montée touristique.
Cadre légal et réglementaire pour les investisseurs étrangers
L’un des principaux points de vigilance en Bolivie concerne la compréhension du cadre légal de la propriété et des investissements. La bonne nouvelle est que la Constitution reconnaît clairement la propriété privée, y compris pour les étrangers, tout en insistant sur la « fonction sociale » de la propriété. La moins bonne est que le système juridique est perçu comme lent, parfois imprévisible, et que certains secteurs ou zones sont soumis à des restrictions.
Droits de propriété et limites pour les non‑résidents
Les principes essentiels à retenir sont les suivants :
– les étrangers (personnes physiques ou morales) peuvent acquérir et posséder des biens immobiliers urbains ;
– ils peuvent détenir des parts dans des sociétés qui possèdent des immeubles ;
– la Constitution interdit toutefois l’acquisition de terres de l’État par des étrangers, ainsi que la propriété de biens immobiliers dans une bande de 50 km le long des frontières internationales, pour des motifs de sécurité nationale ;
– des limitations existent pour les terres rurales et agricoles, avec des plafonds envisagés (2 000 hectares pour les étrangers contre 5 000 pour les nationaux) et une interdiction de facto dans de nombreux cas.
Les principales opportunités se situent en zone urbaine, où les investisseurs étrangers bénéficient des mêmes droits que les nationaux et n’ont pas de limite explicite au nombre de biens possédés. Pour effectuer des transactions et ouvrir un compte bancaire, l’obtention d’un statut de résident temporaire et d’un numéro d’identification fiscale (NIT) est généralement requise.
Structures de détention et enregistrement des titres
Plusieurs structures de détention sont reconnues :
– propriété directe individuelle (Propiedad Privada) ;
– propriété via une société locale (Propiedad Empresarial), typiquement une société anonyme (SA) ou une SARL (SRL) ;
– propriété horizontale (Propiedad Horizontal), équivalent des copropriétés.
Le transfert de propriété suit un processus codifié :
1. négociation et signature d’une promesse de vente (Promesa de Compraventa), souvent accompagnée d’un dépôt de 10 à 30 % ; 2. préparation de l’escritura pública (acte notarié) par un notaire ; 3. enregistrement de cet acte auprès de l’Oficina de Derechos Reales (registre des droits réels), qui confère la preuve légale de propriété.
Le registre est public, facilitant la vérification des titres mais limitant la confidentialité. Pour y remédier partiellement, il est possible d’utiliser une société locale comme véhicule de détention. Cependant, les règles de lutte contre le blanchiment d’argent imposent l’identification obligatoire des bénéficiaires effectifs.
Fiscalité applicable à l’immobilier commercial
La fiscalité immobilière bolivienne est globalement modérée, mais elle combine plusieurs niveaux d’imposition.
Au moment de l’acquisition :
| Poste de coût | Fourchette indicative |
|---|---|
| Taxe de transfert (ITP) | 3 % de la valeur fiscale officielle |
| Honoraires de notaire | 0,5–1 % du prix de transaction |
| Frais d’enregistrement | 0,5–1 % du prix |
| Honoraires de l’avocat de l’acheteur | 1–2 % |
| Inspection technique | 300–800 USD |
| Frais municipaux divers | 100–300 USD |
| Coût total de transaction | env. 5–8 % du prix (étrangers) |
Pendant la détention :
– un impôt foncier annuel, progressif, généralement entre 0,35 % et 1,5 % de la valeur fiscale (souvent inférieure à la valeur de marché) ;
– une TVA (IVA) à 13 % sur les loyers commerciaux et les services associés, récupérable pour les entités enregistrées ;
– un impôt sur les revenus locatifs, au choix entre :
– imposition au taux de 25 % sur le bénéfice net (régime corporate),
– ou un impôt transactionnel d’environ 13 % sur le chiffre d’affaires, avec des régimes simplifiés pour les petites opérations.
À la revente :
– une imposition des plus‑values généralement au taux de 25 %, qui s’applique sur la différence entre prix de vente et prix d’acquisition (selon les règles locales) ;
– les droits de transfert (3 %) à la charge de l’acquéreur, mais à prendre en compte dans la négociation globale.
La Bolivie applique un régime de territorialité : seuls les revenus de source bolivienne (comme les loyers et plus‑values immobilières) y sont imposables. Des conventions de non‑double imposition avec certains pays peuvent éviter qu’un même revenu soit taxé deux fois.
Accès au financement et contraintes bancaires
Pour un investisseur étranger, le point délicat est le financement local. Le marché hypothécaire reste peu développé pour les non‑résidents :
– les banques boliviennes exigent généralement résidence et preuve de revenus locaux ;
– la plupart des acquisitions par des étrangers se font au comptant ;
– le financement vendeur existe, mais reste ponctuel (30–50 % d’apport, taux d’intérêt de 10–15 %, maturités courtes de 2 à 5 ans) ;
– pour des projets de développement, des apports de 40–60 % sont souvent demandés.
En revanche, pour de grands projets structurés (bureaux de classe A, parcs logistiques, hôtels), il est possible de mobiliser :
– des crédits de banques boliviennes (loan‑to‑value jusqu’à 65 % pour des actifs « core » à La Paz et Santa Cruz, environ 50 % pour l’hôtellerie ou la logistique) ;
– des financements concessionnels ou cofinancements avec des institutions multilatérales comme la CAF ou la Banque interaméricaine de développement.
Les taux hypothécaires se situent dans une fourchette de 8–13 % pour les résidents, nettement plus élevés que dans les marchés développés, ce qui explique en partie la préférence pour le cash chez les investisseurs.
Quels rendements attendre ?
Selon les données du rapport de recherche, les rendements bruts attendus varient selon le type d’actif :
| Segment immobilier | Rendement locatif brut estimé |
|---|---|
| Appartements urbains (résidentiel) | 6–8 % |
| Villas / maisons de luxe | 4–6 % |
| Biens commerciaux (bureaux, retail) | 7–10 % |
| Biens touristiques (hôtels, lodges) | 8–12 % (saisonnier) |
| Résidences pour étudiants | 7–9 % |
| Projets de rénovation coloniale | 5–9 % après travaux |
Pour les districts commerciaux structurés, les projections d’appréciation du capital se situent dans une fourchette de 5–7 % par an à cinq ans, avec des valeurs plus élevées dans les zones premium de Santa Cruz (6–8 %) et dans certains quartiers émergents (8–12 %). En combinant rendement locatif et hausse de valeur, un investisseur bien positionné peut viser des rendements totaux à deux chiffres sur le moyen terme.
Rentabilité totale d’un appartement à La Paz, incluant une appréciation annuelle de 5%.
Risques spécifiques et moyens de les maîtriser
Investir en Bolivie, c’est accepter un niveau de risque sensiblement plus élevé qu’en Europe de l’Ouest ou en Amérique du Nord. Les principaux risques identifiés sont :
L’environnement d’investissement est caractérisé par une instabilité politique et des tensions sociales récurrentes (grèves, blocages, manifestations). Le cadre juridique est complexe, avec une justice lente et imprévisible, et une perception élevée de la corruption. La sécurité des titres de propriété, notamment fonciers, peut être incomplète ou irrégulière. Le marché est marqué par un important secteur informel (agents non licenciés, intermédiaires peu scrupuleux) et une liquidité limitée à la revente, surtout hors des grandes métropoles. L’économie dépend des matières premières, la rendant vulnérable aux chocs externes, et des risques d’infrastructures (eau, électricité, routes) persistent dans certaines zones.
La bonne nouvelle est que la plupart de ces risques sont gérables à condition d’appliquer une due diligence rigoureuse. Les bonnes pratiques incluent :
Pour un achat sécurisé au Chili, il est crucial de : travailler systématiquement avec un avocat local spécialisé en immobilier, mandaté via une procuration notariée ; réaliser une recherche complète des titres de propriété auprès de l’Oficina de Derechos Reales (folio real, historique des mutations, servitudes, hypothèques) ; vérifier la situation fiscale du bien (impôts fonciers, taxes municipales, éventuels arriérés) ; faire inspecter le bien par un professionnel (état structurel, conformité aux permis, raccordements aux réseaux) ; analyser soigneusement les baux existants (durée, indexation, clauses de co‑location, dépendance à un grand locataire) ; et se montrer particulièrement prudent dans les zones proches de territoires indigènes ou protégés, où des revendications peuvent surgir.
Le rapport souligne qu’en pratique, une fois la propriété acquise et correctement enregistrée, il est « exceptionnellement difficile » de la retirer au propriétaire si toutes les précautions légales ont été prises. C’est donc surtout lors de la phase d’acquisition et de structuration de la location que le risque est élevé, d’où l’importance de l’accompagnement professionnel.
Processus de transaction : délais et coûts à anticiper
Pour un investisseur étranger, il est essentiel d’intégrer dès le départ le timing et les coûts de transaction dans son modèle financier.
Délais typiques
Entre l’accord sur le prix et l’enregistrement définitif du bien, il faut compter en général 30 à 90 jours, selon :
– la réactivité des administrations municipales et du registre ;
– la complexité du dossier (droits de copropriété, servitudes, régularisation de constructions non déclarées) ;
– la fluidité de la relation avec le vendeur.
C’est la durée moyenne, en mois, nécessaire pour vendre un bien immobilier et finaliser la transaction.
Coûts récurrents et opérationnels
Outre les impôts et charges, l’investisseur devra tenir compte :
– des frais de gestion locative (5–8 % pour une gestion de base, 8–12 % pour une gestion complète) ;
– des services d’émission de factures et de conformité fiscale (« facturación ») pour les loyers commerciaux soumis à TVA ;
– des coûts de maintenance (notamment dans les villes d’altitude, où les cycles gel/dégel et les UV exigent des matériaux adaptés).
Ces coûts grèvent le rendement brut, mais restent raisonnables comparés à d’autres marchés, d’autant que la plupart des déplacements physiques peuvent être délégués à un gestionnaire de confiance.
Pourquoi la Bolivie reste intéressante malgré tout
Malgré les risques mentionnés, plusieurs éléments font de la Bolivie une destination à regarder de près pour un investisseur averti :
Principaux atouts identifiés pour les investisseurs immobiliers sur les marchés africains en croissance.
Rendements locatifs supérieurs à ceux de nombreux marchés latino‑américains plus matures.
Prix d’entrée encore relativement bas, avec des biens commerciaux urbains débutant autour de 200 000–250 000 USD, et des terrains en périphérie à partir de quelques milliers de dollars.
Potentiel porté par la démographie, l’urbanisation et l’essor des services dans les pôles de croissance.
Permet une diversification dans un portefeuille régional ou global, avec une corrélation limitée à certains marchés développés.
Cadre légal protecteur de la propriété privée, malgré certaines lourdeurs administratives.
Pour un investisseur long terme, disposant de capitaux propres suffisants (le levier bancaire étant limité), la Bolivie peut jouer le rôle d’une poche « rendement » au sein d’un portefeuille diversifié, à condition de limiter les montants engagés à une portion du patrimoine compatible avec un scénario de risque plus élevé.
Comment s’y prendre concrètement ?
Sans entrer dans le détail d’un plan d’action complet, quelques pistes se dégagent des données du rapport :
Pour un investissement sécurisé en Bolivie, ciblez en priorité les **zones urbaines établies** (Santa Cruz, La Paz, Cochabamba) et les corridors logistiques majeurs, plutôt que des zones frontalières ou rurales juridiquement sensibles. Privilégiez des **actifs commerciaux simples à comprendre** : petites galeries commerciales, bureaux multi‑locataires, entrepôts urbains, pieds d’immeubles dans des quartiers dynamiques. Évitez les montages complexes ou les investissements dans des projets non encore sécurisés (titres, permis, environnement). Travaillez avec des **acteurs immobiliers reconnus** (réseaux internationaux comme RE/MAX ou Century 21, agences locales expérimentées, plateformes spécialisées de bureaux) tout en gardant une distance critique. Intégrez dans les business plans des marges de sécurité : vacance moyenne, dépenses imprévues, coûts de mise à niveau réglementaire et technique. Recourez systématiquement à la **due diligence complète**, incluant le juridique, le technique, le financier et le fiscal.
En somme, l’immobilier commercial en Bolivie n’est pas un terrain pour les investisseurs pressés ou à la recherche de placements totalement passifs. C’est en revanche un marché où ceux qui acceptent de faire leurs devoirs – apprendre le cadre local, investir dans une bonne équipe juridique, visiter le terrain – peuvent encore trouver des opportunités que les grands fonds internationaux n’ont pas encore captées.
Le marché immobilier vietnamien présente un potentiel intéressant en raison de la transition économique du pays, du développement urbain, de l’expansion de la classe moyenne et d’un marché encore fragmenté. L’investissement doit être évalué en fonction du profil de risque et des objectifs de diversification de chaque investisseur.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, déjà doté d’un patrimoine financier structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Bolivie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au boliviano. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après étude de plusieurs marchés (La Paz, Santa Cruz de la Sierra, Cochabamba), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel de taille moyenne ou un ensemble de plusieurs appartements dans un quartier en forte croissance de Santa Cruz, combinant un rendement locatif brut cible de 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + remise aux normes) d’environ 500 000 dollars.
La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, notaire, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin de maîtriser risques juridiques, fiscaux et locatifs.
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