Pays de hauts plateaux andins, de jungle amazonienne et de villes coloniales, la Bolivie est en train de devenir un terrain de jeu très sérieux pour les locations saisonnières. Entre l’essor d’Airbnb, la croissance du tourisme et un marché immobilier encore abordable, les investisseurs comme les hôtes occasionnels disposent aujourd’hui d’un ensemble d’opportunités rarement réunies dans un même pays d’Amérique du Sud.
La location de courte durée s’est étendue au-delà des grandes villes boliviennes pour toucher des marchés émergents comme Rurrenabaque. La Paz, en tant que capitale administrative, concentre la majorité des données disponibles et sert de cas d’étude essentiel pour évaluer les implications d’un investissement dans ce secteur en Bolivie.
Un marché touristique en pleine montée et un immobilier encore abordable
La Bolivie a longtemps été un secret bien gardé des routards. Les chiffres montrent pourtant un basculement vers un tourisme de masse maîtrisé. En 2023, environ deux millions de visiteurs ont parcouru le pays, dont plus d’un million de touristes étrangers. L’Argentine, le Pérou, le Brésil, les États‑Unis, le Chili et l’Espagne constituent les principaux pays d’origine, mais la liste des marchés émetteurs est désormais mondiale, de la France à la Corée du Sud en passant par le Mexique ou la Chine.
Les recettes touristiques de la Bolivie sont passées d’environ 100 millions de dollars au début des années 2000 à plus de 580 millions une douzaine d’années plus tard.
Sur le plan macroéconomique, la situation est plutôt favorable à l’investissement immobilier. La Bolivie compte environ 12 millions d’habitants, à 70 % urbains, un PIB proche de 43 milliards de dollars, une inflation modérée autour de 3 % et une monnaie, le boliviano, dont le taux de change face au dollar est quasi fixe depuis des années. Les projections de croissance économique, entre 3,5 % et un peu plus de 4 % par an jusqu’en 2027, confortent ce tableau.
Le prix plancher pour acquérir un appartement d’une ou deux chambres dans cette région.
Cette conjonction d’un tourisme en expansion et d’un immobilier accessible crée un terrain favorable pour la location saisonnière, surtout dans les grandes villes et les destinations touristiques structurées.
Où investir : panorama des meilleurs marchés boliviens
Un rapport d’AirROI, fondé sur l’analyse de milliers d’annonces Airbnb, propose un classement des 11 meilleurs marchés boliviens pour la location de courte durée. L’approche repose sur des indicateurs classiques du secteur : nombre de propriétés, revenu mensuel moyen, tarif journalier moyen (ADR), taux d’occupation et degré de régulation locale.
Voici une synthèse des principaux marchés :
| Rang | Ville / Municipalité | Nb de biens | Revenu mensuel moyen (US$) | ADR moyen (US$) | Taux d’occupation (%) | Régulation |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Santa Cruz de la Sierra | 1 804 | 179,18 | 33,89 | 29,52 | Faible |
| 2 | La Paz | 1 012 | 232,60 | 31,56 | 34,65 | Faible |
| 3 | Cochabamba | 976 | 141,65 | 30,53 | 26,08 | Faible |
| 4 | Municipio Tarija | 283 | 150,71 | 36,30 | 23,65 | Faible |
| 5 | Municipio Sucre | 270 | 172,90 | 28,47 | 29,74 | Faible |
| 6 | Municipio Samaipata | 113 | 458,17 | 105,78 | 19,41 | Faible |
| 7 | Copacabana | 66 | 108,23 | 37,34 | 18,67 | Faible |
| 8 | Uyuni | 40 | 575,46 | 87,61 | 27,62 | Faible |
| 9 | Municipio Oruro | 37 | 170,25 | 49,67 | 20,87 | Faible |
| 10 | Potosí | 25 | 199,36 | 28,65 | 31,38 | Faible |
| 11 | Municipio Porongo (Ayacucho) | 24 | 330,08 | 110,34 | 21,05 | Faible |
Plusieurs points ressortent de ce tableau. D’abord, La Paz se classe systématiquement parmi les marchés les plus rentables, avec un revenu mensuel moyen supérieur à Santa Cruz de la Sierra, alors même que les tarifs à la nuitée y sont légèrement inférieurs. Le moteur, ici, est le taux d’occupation plus élevé.
Les destinations comme Uyuni et Samaipata génèrent des revenus moyens très élevés, mais sont caractérisées par une forte saisonnalité et une offre réduite. Leur succès repose sur des attractions spécifiques (Salar de Uyuni, forteresse de Samaipata, tourisme nature) et elles conviennent mieux à des stratégies ciblées qu’à un portefeuille d’activités large et dispersé.
La conclusion est claire : pour un investisseur qui veut démarrer avec un marché profond, doté d’une demande internationale, La Paz, Santa Cruz de la Sierra et Cochabamba sont les trois piliers. Pour un profil plus opportuniste, cherchant des rendements élevés sur des tickets d’entrée parfois plus faibles, des villes comme Uyuni, Samaipata ou Copacabana peuvent devenir des relais de croissance.
Focus sur La Paz : un laboratoire des locations saisonnières
Même si les opportunités existent dans tout le pays, La Paz concentre une part importante des recherches, des annonces et des données disponibles. Les principaux métamoteurs et plateformes donnent une idée de l’ampleur du parc de logements touristiques.
Likibu recense environ 410 locations de courte durée dans la ville, quand Airbnb en affiche jusqu’à 2 750. Les analyses de marché plus resserrées parlent de 1 021 à 1 061 annonces vraiment actives sur les 12 derniers mois, ce qui correspond davantage aux biens effectivement loués de façon régulière.
Les performances globales sont plutôt encourageantes pour un marché encore émergent.
| Indicateur clé (La Paz) | Valeur approximative |
|---|---|
| Annonces Airbnb actives | 1 021 – 1 061 |
| Tarif journalier moyen (Airbnb) | 31 US$ |
| ADR médian (AirROI) | 27 US$ |
| Revenu annuel moyen par annonce (Airbnb) | 2 673 US$ |
| Taux d’occupation moyen | 34,6 % |
| Taux d’occupation en haute saison | ≈ 41 % |
| Taux d’occupation en basse saison | ≈ 33 % |
| Note moyenne des voyageurs | 4,7 / 5 |
| Capacité moyenne par logement | 3 personnes |
| Surface moyenne | 55 m² |
Le revenu moyen par annonce – environ 2 700 dollars par an – peut sembler modeste si l’on raisonne en valeur absolue. Mais il faut le mettre en regard des coûts d’acquisition et du coût de la vie local. D’autant que ce chiffre englobe un grand nombre de petits studios et de logements peu optimisés, loin des meilleures performances.
Les biens les plus efficaces, ceux qui se classent dans le top 10 % du marché, atteignent des ADR d’au moins 49 dollars et des taux d’occupation supérieurs ou égaux à 77 %. On change alors complètement d’échelle de rentabilité, surtout si le prix d’achat a été négocié au bon niveau.
Typologie des biens et attentes des voyageurs à La Paz
Le marché paceño est très clairement dominé par les petits appartements urbains. Près de 90 % des annonces Airbnb sont des appartements ou des condos. Plus de 82 % des logements proposés sont des « entire home/apartment », c’est‑à‑dire des logements entiers, et non des chambres privées.
C’est le nombre moyen de personnes par logement proposé sur le marché, bien que la capacité la plus fréquente soit de deux voyageurs.
Du côté des équipements, la hiérarchie est sans surprise : le WiFi est omniprésent (2 580 locations en sont pourvues), souvent associé à une cuisine fonctionnelle. Les voyageurs recherchent aussi massivement la climatisation et l’accès à une piscine – même si seules une quarantaine de propriétés disposent réellement d’un bassin. Environ 12 % des logements acceptent les animaux de compagnie, ce qui constitue un segment encore sous‑exploité alors que, au niveau mondial, l’ouverture aux animaux est associée à un surcroît de revenu journalier.
La Paz se distingue enfin par une clientèle très internationale : environ 77 % des hôtes Airbnb sont des visiteurs étrangers, majoritairement anglophones et hispanophones. La moitié appartiennent à la génération post‑2000 (Gen Z / Alpha), ce qui influe sur les attentes : forte demande de connexion Internet stable, d’espaces de travail dédiés (déjà présents dans près de 1 440 propriétés) et de logements photogéniques, adaptés aux réseaux sociaux.
Quartiers stratégiques et exemples de biens performants
Plusieurs quartiers se démarquent pour l’investissement en location saisonnière.
Un exemple emblématique de logement dans ce quartier prisé est un penthouse avec vue sur l’Illimani, équipé d’un lit queen-size, d’une connexion Internet performante et d’une seconde chambre en option. Il est typiquement loué autour de 38 dollars la nuit pour la pièce principale, illustrant l’offre qui attire touristes et nomades numériques.
Le centre‑ville, autour de l’avenue 16 de Julio « El Prado » et des téléphériques Libertador ou San Jorge, concentre également une forte demande. Des appartements comme « Cosmopolitan 502 », noté 9,6/10, profitent de cette centralité, associée à des services appréciés des voyageurs (réception 24 h/24, transferts aéroport, WiFi, ascenseur).
Zona Sur et San Miguel constituent un autre pôle intéressant, plutôt haut de gamme, avec un climat légèrement plus doux et une clientèle locale aisée, mais aussi des expatriés et des touristes cherchant davantage de confort.
Parmi les annonces les plus populaires du centre, on retrouve des studios et appartements modernes comme « Elegant And Cozy In Downtown La Paz », noté 9,9/10, proposant une cuisine équipée, la climatisation et une très bonne localisation, pour un tarif d’environ 36 dollars la nuit.
Au-delà de ces exemples, les recommandations d’AirROI pour La Paz incluent aussi des zones comme Achumani, Obrajes, Cotahuma, San Pedro ou encore El Alto pour des stratégies davantage tournées vers des volumes et une clientèle mixte locaux/touristes.
Saisonnalité : quand et comment optimiser ses revenus à La Paz
Comme dans toute destination andine, la saisonalité joue un rôle important. Les données de différentes plateformes ne convergent pas toujours sur les mêmes mois, mais elles dessinent un paysage cohérent : une haute saison autour de la fin de l’été austral et des événements festifs, une basse saison plutôt en fin d’hiver et début de printemps.
Selon les données disponibles, les périodes de haute saison, où les tarifs et les taux d’occupation culminent, semblent se concentrer sur les mois de mars et de novembre, avec également juillet mentionné pour ses tarifs élevés. À l’inverse, les creux saisonniers, caractérisés par des prix plus bas, seraient typiques des mois d’août et de décembre. Ces fluctuations saisonnières entraînent des variations significatives des prix moyens.
| Mois / période | Tendance de prix à La Paz | Commentaire |
|---|---|---|
| Février | Baisse d’environ 8 %, ≈ 28 US$/nuit | Bonne fenêtre pour attirer le budget‑friendly |
| Juillet – août (été) | ≈ 237 US$ pour une semaine | Pic de demande touristique |
| Août | Hausse d’environ 12 %, ≈ 34 US$/nuit | Effet haute saison andine |
| Octobre | 42 % des logements encore libres | Mois intéressant pour les réservations tardives |
Les analyses nationales (toutes villes confondues) montrent aussi un écart prix important entre semaine et week‑end. Sur une période récente, le tarif moyen d’une nuit entre dimanche et jeudi tournait autour de 45 dollars, contre 38 dollars pour les nuits de week‑end. À La Paz, les jeux de données issus de KAYAK ou d’autres sources montrent un phénomène inverse ponctuel, avec des samedis qui deviennent parfois les plus chers, voire des jours intermédiaires (mercredi ou jeudi) qui concentrent les hausses en fonction de la demande.
Malgré ces divergences ponctuelles, deux recommandations se détachent. D’abord, la nécessité de recourir à des outils de tarification dynamique – ou au minimum d’ajuster manuellement ses tarifs en fonction des saisons locales (fêtes comme le Gran Poder, Carnaval, vacances régionales, etc.). Ensuite, l’importance de l’anticipation : pour La Paz, certaines plateformes recommandent de réserver ou de faire réserver 37 à 74 jours à l’avance pour bénéficier des meilleurs tarifs, alors que le délai de réservation moyen actuel est d’environ 13 jours. Autrement dit, il existe encore un décalage entre les pratiques des hôtes et le comportement des voyageurs, qui peut être exploité par ceux qui structurent mieux leurs calendriers.
Règles du jeu : régulation, fiscalité et cadre légal
La relative nouveauté de la location saisonnière en Bolivie fait qu’elle évolue encore dans un environnement réglementaire plutôt souple. Dans les principaux marchés analysés – La Paz, Santa Cruz de la Sierra, Cochabamba, Sucre, Tarija, Samaipata, Uyuni, Potosí ou encore Oruro – le climat est classé comme « low regulation ». À La Paz, moins de 1 % des annonces seraient aujourd’hui formellement licenciées, même si cette donnée doit être lue avec prudence.
Cette souplesse ne signifie pas vide juridique. Sur le plan locatif en général, les baux et contrats de location sont encadrés par le Code civil bolivien, notamment les articles 685 à 712. En matière de propriété, la Constitution de 2009 et le Code civil de 1975 définissent droits et restrictions, notamment pour les étrangers.
Les principaux points à retenir pour un investisseur ou un propriétaire qui envisage la location saisonnière sont les suivants.
Un étranger peut acheter des biens immobiliers urbains (résidentiels, commerciaux, industriels) s’il dispose d’une résidence temporaire et d’une carte d’identité bolivienne. L’achat doit être formalisé par un acte notarié (« escritura pública ») enregistré auprès de l’Office des Droits Réels. Les terrains ruraux sont exclus, sauf via une société bolivienne, et certaines zones frontalières dans un rayon de 50 km sont interdites aux ressortissants de pays limitrophes.
En matière de location, aucune durée minimale légale n’est imposée pour les locations saisonnières : un bien peut être loué pour une nuit seulement. Pour les baux classiques, une durée minimale de trois mois est évoquée, mais elle ne s’applique pas aux locations de type hôtelier ou assimilées. Les contrats sont généralement établis devant notaire lorsqu’il s’agit de locations de longue durée.
Les propriétaires sont soumis à trois taxes principales : une taxe de transfert à l’achat (~3% du prix officiel), un impôt foncier annuel basé sur la valeur cadastrale, et une taxe spécifique sur les revenus locatifs (~16% des loyers, combinant IVA ~13% et IT ~3%). Cette taxe locative est déclarée mensuellement en ligne auprès du Service des Impôts Nationaux (SIN) et payée à la banque ou par voie électronique.
Pour un investisseur étranger, cela suppose d’obtenir un numéro d’identification fiscale (NIT) et, le plus souvent, de mandater un comptable ou un avocat local pour gérer les déclarations. La législation fiscale s’applique de la même manière aux Boliviens et aux étrangers : aucune exonération particulière n’est réservée aux non‑résidents, mais le système repose sur la territorialité de l’impôt, ce qui simplifie la situation par rapport à certains pays.
Rendements et scénarios : que peut espérer un investisseur ?
Pour évaluer la rentabilité d’une location saisonnière en Bolivie, il faut combiner plusieurs niveaux d’analyse : le rendement locatif brut, la valorisation du bien et les coûts de détention.
À l’échelle nationale, les estimations de rendement brut sur les biens résidentiels oscillent entre 4 % et 8 % par an, selon la ville, le quartier et le type de bien. Les propriétés à vocation touristique – villas, appartements en zones très demandées, logements près du lac Titicaca ou du Salar – peuvent théoriquement atteindre des rendements de 8 % à 12 % en année pleine, si le taux d’occupation et la tarification sont bien gérés.
Le taux de valorisation annuel maximum projeté pour l’immobilier dans les destinations touristiques de Bolivie comme le lac Titicaca.
Les scénarios détaillés avancés par certaines études donnent un ordre de grandeur :
| Scénario type | Rendement total estimé sur 5 ans |
|---|---|
| Appartement de standing à Santa Cruz (zone premium) | 65 – 70 % |
| Appartement en Zona Sur à La Paz | 60 – 65 % |
| Immeuble colonial à Sucre (boutique‑hôtel) | 50 – 70 % |
| Maison résidentielle à Cochabamba | 55 – 60 % |
| Propriété touristique au bord du lac Titicaca | 85 – 95 % |
Ces chiffres agrègent valorisation du capital et revenus locatifs. Ils reposent sur des hypothèses prudentes de croissance économique, de stabilité politique relative et de développement continu du tourisme.
Les frais d’acquisition d’un bien immobilier au Portugal peuvent atteindre jusqu’à 9 % du prix d’achat.
Dans ce cadre, un appartement de l’ordre de 150 000 dollars à La Paz, loué mixte entre mensuel et saisonnier, peut générer plusieurs centaines de dollars de revenu net par mois après charges, selon un exemple de flux de trésorerie qui fait ressortir un revenu net mensuel autour de 375 dollars avant impôt, et un peu plus de 320 dollars après fiscalité.
Plateformes et pratiques : comment se louent les biens en Bolivie ?
Le paysage des plateformes reflète l’évolution du marché. Airbnb domine très largement la scène de la location saisonnière, avec près de 5 000 hôtes recensés dans l’ensemble du pays. Les annonces se concentrent dans les trois grandes villes – La Paz, Santa Cruz de la Sierra et Cochabamba – mais gagnent du terrain dans les destinations touristiques secondaires.
Des plateformes comme Booking.com, Vrbo, KAYAK et Likibu agrègent une partie de l’offre d’hébergement et fournissent des données sur les prix et la disponibilité. Des outils spécialisés comme HiChee permettent de comparer les tarifs sur plusieurs plateformes (Airbnb, Booking, Vrbo), aidant ainsi les voyageurs à optimiser leur budget et les hôtes à surveiller leur compétitivité sur le marché.
En parallèle, pour les séjours de longue durée ou les locations classiques, des agences internationales comme ReMax et Century 21, associées à des portails immobiliers locaux (Ultracasas, InfoCasas, etc.), jouent un rôle central. La location de trois à six mois ou à l’année, souvent non meublée, peut être 20 % à 40 % moins chère qu’un séjour équivalent via Airbnb, mais s’adresse à une tout autre clientèle.
C’est le coût moyen en dollars d’une semaine de location saisonnière en Bolivie, illustrant l’abordabilité du pays pour les voyageurs.
La Paz offre par exemple un tarif moyen autour de 30 dollars la nuit, 213 dollars pour une semaine type dans un appartement d’une chambre de 55 m², tandis que certains appartements haut de gamme montent à 80 dollars ou plus la nuitée.
Au‑delà de La Paz : autres foyers prometteurs
Si La Paz concentre l’attention des analyses, d’autres marchés boliviens présentent des profils prometteurs pour la location saisonnière.
Santa Cruz de la Sierra, plus grande ville du pays et moteur économique, combine une forte croissance démographique, de nombreux projets de construction (résidentiels, mixtes, hôteliers) et une demande croissante pour des logements meublés adaptés à une clientèle d’affaires et de loisirs. Des quartiers comme Equipetrol se sont spécialisés dans les studios design avec piscine, coworking et salle de sport, à destination des nomades digitaux et des voyageurs exigeants.
Cochabamba, surnommée la ville du « printemps éternel », offre un marché immobilier varié avec des appartements et maisons dans des quartiers comme le Prado ou Cala Cala. Les prix d’achat y sont généralement inférieurs à ceux de La Paz ou Santa Cruz. Le rendement locatif peut être intéressant, grâce à une clientèle mixte composée d’étudiants, de familles et de touristes en quête d’un séjour plus paisible.
Sucre, ville coloniale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’affirme comme un marché de choix pour de petites structures de type appart‑hôtel ou maisons d’hôtes de charme. Les données AirROI montrent un marché composé à près de 70 % de logements entiers, dominé par les appartements et les maisons, avec une clientèle à 84 % internationale et très jeune, majoritairement francophone et anglophone. Les meilleurs hôtes, gérant deux à huit propriétés, peuvent générer plusieurs dizaines de milliers de dollars de revenus annuels.
Tarija, capitale viticole du sud de la Bolivie, compte un parc locatif d’environ 160 biens pour des séjours touristiques.
Uyuni, porte d’entrée des salars, affiche enfin des chiffres impressionnants au regard de la taille de son marché : une quarantaine de propriétés, mais un revenu mensuel moyen d’environ 575 dollars et un ADR proche de 88 dollars. Le potentiel de niche est réel, à condition de bien gérer la saisonnalité et les problématiques logistiques liées au climat extrême.
Risques, limites et pistes de différenciation
Comme tout marché émergent, la location saisonnière en Bolivie n’est pas exempte de risques. La dimension politique et réglementaire reste un sujet de vigilance, même si les données actuelles qualifient la plupart des marchés de « faiblement régulés ». Les évolutions en Amérique latine, où plusieurs pays renforcent les règles autour d’Airbnb, montrent qu’un durcissement futur est possible.
Les principaux risques concrets sont l’insécurité juridique des titres de propriété, la multiplication des arnaques et la complexité administrative. Il est unanimement recommandé de travailler avec un avocat local expérimenté, d’obtenir un « Informe Rápido » pour vérifier le bien et son propriétaire, et d’éviter les transactions informelles ou les contrats privés non enregistrés.
Sur le plan économique, la principale limite tient au niveau absolu des loyers, qui reste modeste au regard des standards internationaux. L’effet de levier est donc moins spectaculaire que dans certaines métropoles mondiales, mais la stabilité des prix et la faiblesse de la fiscalité foncière compensent en partie ce point.
Pour répondre à la demande de la génération Z et des séjours en télétravail, il faut repenser la location saisonnière. Au-delà du logement basique, les voyageurs recherchent désormais une connexion WiFi fiable, un espace de travail confortable, et des équipements comme une salle de sport ou un accès à un espace de coworking. Ils privilégient également les expériences authentiques : proximité des marchés locaux, décoration inspirée des cultures locales (comme les cultures andines), et des activités intégrées telles que des visites guidées, des ateliers culinaires ou des découvertes musicales locales.
Les pistes de différenciation sont nombreuses. Proposer des logements réellement adaptés au télétravail, avec bureaux ergonomiques et connexion haut débit, peut attirer une clientèle de moyenne durée. Développer des offres orientées vers la gastronomie locale (dégustation de salteñas, découverte des cuisines à base de quinoa, truites du Titicaca) permet de se distinguer des hébergements standardisés. Miser sur l’éco‑tourisme – lodges en Amazonie, cabanes près des parcs nationaux, hébergements à faible impact environnemental – correspond à une tendance mondiale où plus de 40 % des voyageurs déclarent accorder de l’importance au caractère durable de leurs séjours.
Une fenêtre d’opportunité encore ouverte
La photographie actuelle du marché bolivien de la location saisonnière montre un secteur en croissance, mais loin d’être saturé. Les chiffres d’AirDNA indiquent une progression annuelle des annonces de l’ordre de 3 % seulement, des revenus en hausse de 4 %, un ADR en augmentation de 3 % et un taux d’occupation en amélioration de 6 %. Autrement dit, l’offre augmente, mais la demande suit, sans provoquer pour l’instant de surcapacité.
À La Paz, un taux d’occupation moyen d’environ 35 % indique une marge de progression significative, particulièrement pour les biens professionnels performants qui peuvent atteindre le niveau du top 10 % du marché. Parallèlement, dans des villes comme Sucre, Samaipata ou Uyuni, la rencontre entre une offre immobilière encore limitée et une demande touristique très ciblée crée des opportunités prometteuses pour des projets bien conçus et stratégiquement positionnés.
Le principal atout de la Bolivie, dans ce contexte, réside sans doute dans son positionnement hybride : un pays encore perçu comme « alternatif », offrant une immersion culturelle forte et des paysages spectaculaires, mais disposant d’une base d’infrastructures et de données suffisamment solide pour permettre une approche rationnelle de l’investissement locatif.
Pour les investisseurs prêts à accepter un environnement administratif plus complexe qu’en Europe ou en Amérique du Nord, à travailler de près avec des avocats et des gestionnaires locaux, et à développer des produits pensés pour les voyageurs d’aujourd’hui plutôt que pour ceux d’hier, la location saisonnière en Bolivie – et en particulier à La Paz – apparaît comme une opportunité à la fois accessible et porteuse de croissance à moyen terme.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Bolivie pour chercher du rendement locatif et une exposition à une économie émergente. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (La Paz, Santa Cruz de la Sierra, Cochabamba), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel de petite taille dans un quartier en forte urbanisation à Santa Cruz ou Cochabamba, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 10 % – en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + rafraîchissement) proche de 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, comptable-fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin d’intégrer cet actif dans une stratégie patrimoniale globale tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.
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