Obtenir un financement immobilier en Bolivie : règles, options et stratégies pour étrangers et résidents

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un bien en Bolivie avec un crédit n’a rien d’impossible, mais le terrain de jeu est très différent de celui de l’Europe ou de l’Amérique du Nord. Marché très “cash”, système bancaire fortement régulé, risques juridiques réels, programmes publics ciblés sur les revenus modestes : pour réussir, il faut comprendre à la fois le cadre légal, le fonctionnement des banques et les alternatives de financement possibles.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide pratique basé sur des rapports techniques (UN‑Habitat, banque centrale, supervision financière), la législation bolivienne et les règles bancaires locales. Il vise à expliquer concrètement comment un investisseur ou futur résident étranger peut structurer un financement pour un projet immobilier en Bolivie.

Sommaire de l'article masquer

Statut de l’étranger et droit de propriété : ce qu’il faut comprendre avant de parler crédit

Avant même d’aborder les banques, il faut clarifier un point clé : tous les étrangers ne peuvent pas acheter n’importe quoi, n’importe où, et encore moins avec un simple visa touristique.

Astuce :

En Bolivie, l’acquisition d’un bien immobilier urbain par un étranger est conditionnée à la détention d’une résidence temporaire et d’un carnet d’identité d’étranger (CIEE). Un simple visa touristique ne suffit pas, même avec les fonds nécessaires. De même, l’accès aux services bancaires (ouverture de compte, demande de crédit, obtention de carte, transferts internationaux) exige également un statut de résident et non un simple visa de court séjour.

Une fois la résidence obtenue, l’égalité de traitement est en principe la règle : un étranger résident dispose des mêmes droits qu’un citoyen bolivien pour acheter de l’immobilier urbain (résidentiel, commercial ou industriel). Mais la Constitution pose plusieurs limites importantes :

Attention :

Il est interdit aux étrangers d’acheter des terres appartenant à l’État. De plus, l’acquisition de tout bien est interdite dans une bande de 50 km le long des frontières internationales pour des raisons de sécurité nationale. Les personnes physiques étrangères ne peuvent pas acheter de terrains ruraux ou à vocation agraire, et les sociétés étrangères ne peuvent pas non plus acheter directement du foncier rural.

Une société de droit bolivien détenue par des étrangers peut toutefois acheter des terres rurales, à condition de les exploiter dans un but productif ou commercial, pas uniquement résidentiel. Enfin, un étranger naturalisé bolivien recouvre l’ensemble des droits de tout citoyen, y compris pour la propriété rurale.

Ce cadre juridique a une conséquence directe sur le financement : un crédit hypothécaire classique portera en pratique sur un bien urbain (maison, appartement, local commercial) situé en dehors de la frange frontalière de 50 km, sauf cas particuliers. Il est inutile de chercher un financement bancaire au nom d’une personne étrangère pour une ferme isolée ou une hacienda agricole : c’est juridiquement verrouillé.

Le paysage bancaire bolivien : un système réglementé et très encadré

Le système financier bolivien est largement régulé. L’autorité de supervision (ASFI) contrôle les banques commerciales, les fonds de microfinance, les coopératives de crédit et les caisses d’épargne et de prêts (mutuales). La Banque centrale de Bolivie se charge de la politique monétaire et de l’indicateur de référence des taux.

Le marché est dominé par une douzaine de grandes banques polyvalentes, auxquelles s’ajoutent des acteurs publics, des instituts de microfinance et des coopératives. Plusieurs établissements jouent un rôle central dans le crédit immobilier.

Principales banques offrant des crédits hypothécaires

Le tableau ci‑dessous présente quelques acteurs majeurs et leurs caractéristiques financières (données issues des rapports disponibles).

Institution financièreTypeActifs (approx.)Portefeuille de prêtsPositionnement principal
Banco Mercantil Santa Cruz (BMSC)Banque privée5,2 Mds USD3,48 Mds USDPremière banque du pays, réseau très étendu
Banco Nacional de Bolivia (BNB)Banque privée3,85 Mds USD2,65 Mds USDBanque historique, clientèle à revenus élevés
Banco UniónBanque publique4,18 Mds USD2,59 Mds USDDeuxième banque, forte présence fonctionnaires
Banco BISABanque privée3,30 Mds USD2,17 Mds USDTraditionnellement tournée vers l’industrie
Banco de Crédito de Bolivia (BCP)Filiale péruv.2,96 Mds USD2,13 Mds USDFortes capacités digitales
BancoSol, Banco FIE, Ecofuturo…MicrofinanceVariableOrienté petits prêtsCiblent ménages à faibles revenus et TPE

Ces banques proposent toutes des créditos hipotecarios (prêts hypothécaires), mais leurs critères d’octroi sont nettement plus stricts dès que le demandeur est étranger ou dont l’essentiel des revenus provient de l’étranger.

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Deux banques publiques, Banco Unión et la banque de développement productif, interviennent dans les programmes de logement social avec des conditions réglementées.

Quel environnement de taux pour un crédit immobilier ?

En Bolivie, le crédit est structurellement plus cher que dans de nombreux pays développés. Plusieurs indicateurs permettent de situer le coût moyen de l’argent.

Les statistiques disponibles montrent que : les tendances actuelles varient considérablement selon les régions et les secteurs.

Taux d’intérêt clés

Aperçu des principaux taux d’intérêt sur la dernière décennie, incluant les taux directeurs, les taux aux entreprises et les marges bancaires.

Taux directeur

Le taux directeur de la Banque centrale s’est souvent situé entre 2,5 % et 4 % sur la dernière décennie.

Taux aux entreprises

Le taux moyen facturé aux entreprises sur des crédits en monnaie locale oscillait autour de 8–9 % par an.

Taux moyen de prêt

Pour les prêts au secteur privé, le taux moyen s’établissait près de 8,6 % en 2023.

Marge bancaire historique

La marge entre le taux de prêt et le taux de dépôt se situe historiquement autour de 4 points.

En pratique, les crédits hypothécaires accordés sur le marché privé se positionnent généralement dans une fourchette de 8 % à 13 % l’an, selon le profil du client, la durée, la devise et le type d’organisme (banque classique ou coopérative).

Le tableau suivant synthétise les ordres de grandeur.

IndicateurValeur récente / moyenne approximative
Taux directeur Banque centrale (moy. 2013–2025)~2,6 %
Taux de prêt moyen au secteur privé (2023)8,6 %
Taux historique moyen (1990–2025)> 8 %
Taux réels (corrigés de l’inflation) – moyenne historique> 16 %
Taux hypothécaires usuels (marché privé)8–13 %

Avec un tel environnement, financer un logement en Bolivie coûte sensiblement plus cher qu’en zone euro ou au Canada. À titre d’exemple, l’achat d’une maison de 100 000 USD avec 20 % d’apport (montant emprunté : 80 000 USD) peut entraîner une mensualité de l’ordre de 600 à 800 USD, en fonction de la durée et du taux exact.

Qui peut obtenir un crédit immobilier en Bolivie ?

L’accès au crédit immobilier est loin d’être universel. Les rapports sur la finance du logement soulignent que la majorité des prêts hypothécaires profitent surtout aux classes moyennes et aisées. Les ménages à faible revenu restent souvent exclus des produits bancaires classiques, malgré le développement d’une microfinance très dynamique.

Conditions générales pour tout emprunteur

Les banques boliviennes examinent un trio classique : niveau et stabilité de revenu, historique de crédit, et situation d’emploi. Les critères typiques incluent :

Exemple :

Pour obtenir un prêt immobilier, les établissements financiers exigent généralement : des revenus déclarés suffisants pour couvrir les échéances (avec un ratio dette/revenu conservateur) ; un emploi stable, de préférence formel, justifié par des bulletins de salaire ou des déclarations fiscales ; des antécédents bancaires acceptables, sans incidents majeurs ; et la capacité à fournir un apport personnel, généralement autour de 20 % du prix du bien, hors frais supplémentaires.

La durée des prêts va en général de 5 à 25 ans, avec un choix entre taux fixe, variable (indexé sur une référence nationale) ou mixte.

Spécificités pour les étrangers résidents

Pour un étranger, l’accès au crédit est théoriquement possible : aucune loi n’interdit aux banques de prêter à une personne non bolivienne. Mais dans les faits, les exigences sont plus élevées. Les conditions les plus courantes sont :

disposer au minimum d’une résidence temporaire, idéalement permanente ;

posséder un carnet d’identité d’étranger (CIEE) ;

– avoir une ou deux années d’historique bancaire local (compte courant ou compte d’épargne) ;

– justifier de revenus réguliers en Bolivie (contrat de travail, activité indépendante formelle).

Pour un investisseur dont les revenus sont essentiellement à l’étranger, les banques peuvent demander des garanties supplémentaires ou tout simplement refuser le dossier. Certains établissements acceptent d’examiner des bulletins de salaire étrangers ou des relevés de comptes offshore, mais ce n’est pas la norme.

Touristes et non‑résidents : quasiment aucun accès au crédit local

Les touristes n’ont en pratique accès qu’aux distributeurs automatiques et aux services de transfert d’argent de type Western Union. Sans résidence, pas de compte bancaire local, et sans compte, pas de crédit hypothécaire. Pour ces profils, le marché immobilier bolivien fonctionne donc quasi exclusivement au comptant ou via un financement externe (pays d’origine) ou vendeur.

Les différentes formules de financement immobilier en Bolivie

Même si le prêt hypothécaire classique reste la référence, la réalité du marché bolivien est plus nuancée. Plusieurs modèles coexistent, et certains sont plus adaptés aux étrangers que d’autres.

Crédit hypothécaire classique auprès d’une banque

Le crédit hypothécaire standard permet de financer l’achat d’une maison, d’un appartement ou d’un terrain urbain, parfois l’autoconstruction ou la rénovation. Le bien acheté sert de garantie hypothécaire.

Les grandes lignes sont les suivantes :

montant : une partie importante de la valeur (avec un apport minimum d’environ 20 %) ;

durée : 5 à 25 ans ;

taux : fixe, variable ou hybride, souvent entre 8 % et 13 % ;

garantie : hypothèque de premier rang sur le bien ;

devise : souvent en Bolivianos, parfois en dollars selon la politique de la banque.

Dans beaucoup de cas, ces produits restent de facto réservés à des ménages dont le revenu est moyen ou élevé, et bien intégrés au système formel (salariat, entreprise déclarée, impôts à jour).

Programmes de logement social et crédits à taux régulé

Le gouvernement bolivien a mis en place un dispositif spécifique de “crédit de logement social” (crédito de vivienda social) reposant sur des décrets et réglementations sectorielles. L’idée : offrir un prêt immobilier à 100 %, avec taux plafonnés, à des ménages qui n’auraient pas accès au crédit classique.

Les grandes caractéristiques sont les suivantes :

Bon à savoir :

Le financement peut couvrir 100% du prix du logement, sans apport obligatoire, mais l’emprunteur doit prévoir environ 4% de frais annexes (impôts et notaire). Les taux d’intérêt sont fixes et inférieurs au marché : environ 5,5% pour les petits montants, 6% pour les montants intermédiaires et 6,5% pour les montants plus élevés. Les durées maximales de prêt varient selon le projet : jusqu’à 20 ans pour l’achat d’un logement, 10 ans pour l’achat d’un terrain, et 5 ans pour l’anticrédit, la rénovation ou l’extension.

Ce dispositif encadre aussi strictement l’usage du bien et cible des profils précis.

Conditions d’éligibilité

Les conditions d’accès typiques incluent :

ne pas être déjà propriétaire d’un logement au moment de la demande ;

ne pas avoir déjà bénéficié d’un crédit de logement social ;

– disposer d’un revenu mensuel d’au moins environ 4 000 Bolivianos, revenu qui peut être familial (incluant conjoint et, parfois, enfants) ;

– occuper le bien avec sa famille : la loi impose une “gelée” de 10 ans pendant laquelle il est interdit de vendre, louer, céder en anticrético ou utiliser le logement pour une activité productive.

Les plafonds de montant sont exprimés en “unités de logement” indexées, avec des équivalents approximatifs en monnaie locale :

Type de bien financéPlafond indicatif (Bolivianos)Durée maximale
Maison individuelle≈ 1 500 000 BOB20 ans
Appartement≈ 700 000 BOB20 ans
Terrain pour construction≈ 400 000 BOB10 ans
Rénovation / extensionMontant plus modeste5 ans

Ces valeurs peuvent évoluer avec le temps, mais donnent l’ordre de grandeur des logements visés : segments populaires ou intermédiaires, pas de luxe.

Un mécanisme de “perte de bénéfice” est prévu : si le propriétaire viole la finalité sociale (par exemple en louant le bien dans les dix premières années), l’État peut confisquer le logement et le transférer à un autre bénéficiaire, en ne restituant à l’ancien que le capital remboursé, sans les intérêts.

Pour un étranger résidant bénéficiant d’un statut comparable à celui d’un citoyen (et répondant aux mêmes critères de revenu et de non‑propriété), ce programme peut théoriquement être accessible, mais il vise d’abord les résidents boliviens aux revenus modestes. Il ne s’agit ni d’un produit d’investissement locatif, ni d’un instrument pour spéculer sur la plus‑value.

Programme de logement bolivien

Financement vendeur et plans des promoteurs

Le marché immobilier bolivien reste largement structuré autour des paiements comptant, mais deux formules de quasi‑crédit peuvent intéresser les acheteurs étrangers.

La première est le financement direct par le vendeur, pratique encore présente, surtout pour des maisons ou appartements individuels. On rencontre souvent des schémas avec :

– un apport initial de 30 % à 50 % du prix ;

– un solde échelonné sur 2 à 5 ans ;

– des taux d’intérêt de l’ordre de 10 % à 15 % par an.

Ces modalités restent contractuelles, sans cadre légal standardisé comparable à celui des banques. Il est donc crucial de faire rédiger et inscrire l’hypothèque ou la promesse par un notaire, avec l’assistance d’un avocat, pour éviter les mauvaises surprises.

La seconde formule est proposée par certains promoteurs : plans de paiement sur la durée de la construction, avec un apport initial de 40 à 60 % et le reste versé par tranches. Dans bien des cas, le promoteur ne recourt lui‑même à aucun crédit bancaire, mais finance son chantier avec l’apport des acheteurs.

Achat via enchère bancaire (foreclosure)

Face à un système peu protecteur et un marché à la fraude élevée, beaucoup de spécialistes recommandent aux étrangers de passer par les enchères de saisies bancaires pour acheter un bien. La logique est double :

Bon à savoir :

Avant d’accorder un prêt hypothécaire, la banque vérifie systématiquement le titre de propriété, les charges et la validité juridique du bien. Par ailleurs, lors des ventes aux enchères, la loi permet d’obtenir un rabais pouvant atteindre 20 % sur la valeur expertisée du bien, offrant ainsi la possibilité d’un achat en dessous du prix du marché.

Cette formule demande toutefois un élément crucial : l’intégralité des fonds disponibles à la date de l’adjudication, car les achats en enchère se payent comptant. Il ne s’agit donc pas d’un financement au sens strict, mais d’un arbitrage intéressant quand on a déjà obtenu un crédit dans son pays d’origine ou quand on dispose de liquidités.

Financement externe : utiliser un bien à l’étranger comme levier

Pour beaucoup d’acheteurs internationaux, notamment ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas justifier de revenus en Bolivie, le montage le plus réaliste consiste à se financer dans le pays d’origine (par exemple via une hypothèque sur un bien détenu en Europe ou en Amérique du Nord). Home equity loan, refinancement de résidence principale, ligne de crédit hypothécaire : ces outils restent plus accessibles, à des taux souvent inférieurs à 8–10 %, puis les fonds sont transférés en Bolivie pour l’achat comptant.

Il faut cependant tenir compte :

des taxes sur les opérations en dollars en Bolivie ;

des frais de change et du marché parallèle du dollar ;

des obligations déclaratives anti‑blanchiment dès que les montants dépassent certains seuils (par exemple 10 000 USD sur trois jours pour les transferts bancaires).

Ouvrir un compte et se bancariser : étape préalable indispensable

Pour demander un crédit, il faut déjà exister dans le système bancaire bolivien. L’ouverture d’un compte courant ou d’épargne n’est pas accessible au touriste. Elle suppose :

une résidence temporaire ou permanente en règle ;

un carnet d’identité d’étranger (CIEE) ;

un passeport valide ;

une preuve de domicile en Bolivie (contrat de location, facture de services) ;

un justificatif de revenus ou de contrat de travail.

500

Le dépôt minimum exigé par les banques boliviennes à l’ouverture d’un compte est souvent d’au moins 500 USD.

Construire un historique bancaire local sur un à deux ans (flux de salaires, épargne régulière, utilisation de carte) contribue fortement à la crédibilité d’un dossier de crédit immobilier.

Processus d’achat et de financement : de la promesse au registre foncier

L’acquisition d’un bien, avec ou sans financement, suit un cheminement assez standardisé, même si chaque mairie ou office de registres peut avoir ses particularités.

Étapes principales de la transaction

Les grandes étapes sont généralement les suivantes :

Astuce :

L’achat d’un bien immobilier en Espagne par un étranger suit une procédure structurée. Il faut d’abord obtenir un titre de séjour valide pour ouvrir un compte bancaire et pouvoir signer les actes. Ensuite, une phase cruciale de recherche et vérification du bien est nécessaire : analyse des titres de propriété, obtention du *folio real* (extrait du registre foncier) et des certificats cadastraux, et contrôle de l’absence de litiges, de dettes fiscales ou de charges de copropriété. Vient ensuite la négociation et la signature de la promesse de vente (*Promesa de Compraventa*), souvent accompagnée d’un dépôt de 10% à 30% du prix. Le montage du financement implique une demande de crédit bancaire, une évaluation du bien par un expert et une analyse de solvabilité. Une fois le crédit approuvé, l’acte notarié définitif (*escritura pública*) est rédigé et signé chez le notaire, incluant éventuellement l’acte de prêt hypothécaire. L’acheteur doit ensuite régler les taxes, principalement l’Impôt sur les Transferts (ITP) de 3% à la municipalité, ainsi que les droits d’enregistrement et de timbres. Enfin, le transfert de propriété ne devient effectif qu’après l’inscription de l’acte à l’Oficina de Derechos Reales (Registre des Droits Réels).

Le notaire joue un rôle central et neutre : il vérifie la cohérence documentaire, formalise les actes, s’assure du paiement des taxes. Mais il ne remplace pas l’avocat de l’acheteur, qui, lui, a pour mission de défendre exclusivement les intérêts de sa clientèle.

Coûts de transaction à prévoir

Les rapports et études convergent : les frais liés à un achat immobilier en Bolivie représentent généralement entre 4 % et 9 % du prix d’acquisition, selon la complexité du dossier et les honoraires choisis.

Principaux postes de coût pour l’acheteur

Récapitulatif des principaux éléments de dépense à prendre en compte lors d’un achat.

Prix d’achat initial

Le coût de base du bien ou du service, incluant la négociation et les éventuelles remises.

Frais d’installation et de mise en service

Les coûts associés à la livraison, l’installation, la configuration et la formation initiale.

Coûts de fonctionnement

Les dépenses récurrentes pour l’utilisation (énergie, consommables, licences logicielles, etc.).

Maintenance et réparations

Les frais pour l’entretien préventif, les réparations et les pièces de rechange.

Coût du financement

Les intérêts et frais associés si l’achat est financé par un crédit ou un leasing.

Coûts de fin de vie

Les dépenses pour le recyclage, la mise au rebut ou la revente de l’actif.

Poste de dépenseFourchette indicative
Impôt de transfert de propriété (ITP)3 % de la valeur cadastrale
Droits d’enregistrement (registro)0,5–1 % du prix d’achat
Frais de notaire0,5–1 % (souvent 50–100 USD minimum)
Honoraires d’avocat1–2 % du prix, ou forfait (50–200 USD)
Inspection technique du bien300–800 USD
Commission d’agence immobilière3–5 % (souvent à la charge du vendeur)

Il faut y ajouter les frais bancaires liés au crédit : commission de dossier, frais d’expertise, assurance, voire pénalités de remboursement anticipé selon la banque.

Fiscalité immobilière et revenus locatifs : un élément clé pour les investisseurs

Pour un candidat à l’investissement locatif financé par emprunt, l’architecture fiscale revêt une importance majeure. La Bolivie applique un régime territorial : en principe, seuls les revenus d’origine bolivienne sont imposables.

Impôts sur la propriété

Les propriétaires s’acquittent d’une taxe foncière annuelle basée sur la valeur cadastrale, avec des taux qui varient par municipalité et selon si le bien est urbain ou rural.

Les fourchettes typiques sont les suivantes :

Type de bienTaux annuel sur valeur cadastrale
Propriété urbaine0,4 % à 1,1 %
Propriété rurale0,3 % à 0,9 %

Dans certains exemples, l’impôt effectif peut être très modéré : pour une maison de 100 000 USD, la charge annuelle peut n’être que de quelques dizaines de dollars, selon l’évaluation officielle.

Revenus locatifs et plus‑values

Les revenus de location d’un bien peuvent être taxés de plusieurs manières :

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Taux d’imposition standard applicable aux loyers dans le cadre de la location immobilière.

Les plus‑values immobilières sont en général traitées comme un revenu ordinaire, taxé autour de 25 %. Des règles spécifiques peuvent s’appliquer selon la durée de détention et la nature de l’opération.

Pour un investisseur étranger résident, le fait que la Bolivie ne taxe en principe pas les revenus de source étrangère peut être un avantage, mais l’ensemble des flux locatifs locaux restent, eux, imposables dans le pays.

Risques juridiques et fraudes : pourquoi le financement ne fait pas tout

Les rapports sur l’immobilier bolivien insistent sur un point qui déborde le simple sujet du crédit : le risque juridique. Avant même de chercher un financement, il faut s’assurer que le bien existe juridiquement, n’est pas grevé de litiges et que le vendeur est réellement propriétaire.

Plusieurs facteurs de risque sont fréquemment mentionnés :

Attention :

Le marché immobilier bolivien présente plusieurs vulnérabilités majeures : une prolifération de lotissements illégaux (notamment à Santa Cruz) parfois munis de faux titres de propriété, des registres publics encore partiellement sur support papier et donc exposés aux erreurs, doublons ou falsifications, l’absence d’un système d’assurance-titre comme dans certains pays anglo-saxons, et la présence de nombreux acteurs informels, avec seulement une minorité d’agents immobiliers considérés comme de vrais professionnels.

Sur ce terrain, l’accompagnement par un avocat expérimenté, habitué aux litiges fonciers et à la vérification de folios reales, est considéré comme incontournable pour tout achat, et a fortiori pour un achat financé (où une erreur peut mener à une perte double : bien + dette).

Stratégies concrètes pour un étranger qui veut se financer en Bolivie

Au regard de tout ce qui précède, plusieurs scénarios se dessinent selon le profil de l’acheteur.

1. Étranger déjà résident, avec revenus locaux stables

C’est le profil qui aura le plus de chances d’obtenir un crédit hypothécaire classique :

constituer un historique bancaire sur 12 à 24 mois ;

documenter ses revenus (bulletins de salaire locaux, déclarations fiscales, attestations d’employeur) ;

– viser un apport d’au moins 20 %, plus 4–9 % de frais de transaction ;

comparer les offres des principaux établissements (taux fixe vs variable, exigences de garantie supplémentaires).

Si le revenu est modeste et que la personne n’est pas encore propriétaire, il peut valoir la peine d’étudier l’éligibilité à un crédit de logement social, à condition d’accepter les contraintes fortes (gel du bien, interdiction de louer, etc.).

2. Étranger avec revenus à l’étranger, sans activité locale

Dans ce cas, les banques boliviennes seront souvent réticentes à prêter. Les options les plus réalistes sont :

Bon à savoir :

Pour acquérir un bien immobilier à l’étranger, plusieurs solutions de financement existent. Vous pouvez financer l’achat via un crédit dans votre pays d’origine, par exemple par un refinancement ou un prêt hypothécaire sur un autre bien. L’achat comptant est une autre option ; il permet notamment de privilégier les acquisitions via des enchères bancaires, ce qui peut offrir une décote et une sécurité juridique accrue. Enfin, il est possible de négocier un financement par le vendeur, à condition qu’il soit clairement encadré par un notaire.

Le financement local pourra peut‑être s’envisager après quelques années de résidence et de revenus localement déclarés.

3. Investisseur souhaitant acheter du rural ou des terres agricoles

Pour un particulier étranger, le financement hypothécaire au nom d’une personne physique sera bloqué par les interdictions constitutionnelles. Deux voies restent possibles, chacune avec une complexité élevée :

Bon à savoir :

Pour acquérir un bien en Bolivie, un investisseur étranger a deux principales options. La première est d’obtenir la nationalité bolivienne, ce qui implique de respecter des délais et des exigences spécifiques. La seconde est de créer une société locale (de type S.R.L. ou S.A.), contrôlée par l’investisseur, qui achètera le bien à des fins productives. Dans ce cas, le financement est demandé au nom de la société, mais le processus bancaire est plus rigoureux : il nécessite des garanties supplémentaires, fait l’objet d’un examen minutieux et se traduit souvent par des taux d’intérêt plus élevés et des délais d’obtention plus longs.

4. Achat pour location : arbitrer entre crédit et cash

Avec des loyers bruts annuels généralement de l’ordre de 4 % à 8 % du prix du bien, et un coût du crédit de 8 % à 13 %, le levier bancaire fait rarement sens si l’objectif est uniquement la rentabilité locative pure. L’arbitrage dépendra :

de la croissance anticipée des prix (le marché a historiquement montré une tendance haussière relativement stable, avec une valorisation moyenne de 1,3 à 1,7 fois sur cinq ans dans certains cas urbains) ;

– du profil fiscal de l’investisseur ;

– de sa capacité à obtenir un taux plus faible via un financement externe.

Dans bien des situations, l’investissement cash, éventuellement financé par une hypothèque sur un bien dans un autre pays à taux plus bas, reste plus logique que le recours à un crédit local cher.

Documents typiquement demandés pour un crédit hypothécaire

Même si chaque banque a ses spécificités, les dossiers de crédit immobilier reposent sur un socle documentaire relativement homogène.

Pour la personne :

Exemple :

Pour constituer un dossier de demande de crédit auprès d’une institution financière en Bolivie, plusieurs documents sont nécessaires. Une pièce d’identité valide est obligatoire : une carte d’identité bolivienne pour les nationaux, ou un carnet d’identité d’étranger ou un passeport pour les étrangers. Il faut également fournir une preuve de domicile récente, comme une facture de service ou un contrat de location. Les justificatifs de revenus varient selon la situation professionnelle : bulletins de salaire et contrat de travail pour les salariés, ou états financiers et déclarations d’impôts pour les travailleurs indépendants. Des relevés bancaires récents sont exigés, et certaines institutions peuvent demander en complément une attestation de fonds de pension (AFP) ou une lettre de recommandation bancaire.

Pour le bien :

titre de propriété ou matrícula du registre des droits réels ;

– certificat cadastral mentionnant surface, localisation, zonage ;

rapport d’évaluation émis par un expert agréé par la banque ;

contrat de promesse de vente ou pré‑accord signé par les parties.

La banque procède ensuite à l’étude du dossier, à la vérification des antécédents de crédit (via les bureaux locaux) et à l’évaluation de la capacité de remboursement. En cas d’accord, elle émet une offre de prêt qui sera formalisée par acte notarié et inscrite au registre.

Conclusion : un financement possible, mais rarement “clé en main”

Obtenir un financement immobilier en Bolivie suppose de conjuguer trois dimensions : un statut migratoire solide (résidence + CIEE), une intégration progressive au système bancaire local et une approche extrêmement rigoureuse de la sécurité juridique des biens.

Pour un étranger, le crédit hypothécaire bolivien n’est pas le réflexe évident qu’il peut être en Europe. Les taux sont plus élevés, les banques plus méfiantes et le marché plus cash. Mais dans certaines configurations – résident rémunéré localement, achat de première résidence modeste via un crédit social, projet à long terme d’installation – il existe de vraies fenêtres d’opportunité.

À l’inverse, pour l’investisseur purement financier, surtout s’il vise la location, les options les plus rationnelles restent souvent :

un financement dans le pays d’origine, moins cher et plus prévisible ;

– un achat au comptant bien sécurisé juridiquement, parfois via enchères bancaires ;

– une sélection très rigoureuse des partenaires locaux (avocats, notaires, éventuellement grandes enseignes immobilières).

Dans tous les cas, la clé est de ne pas calquer ses réflexes de marché développé sur la réalité bolivienne. Ici, comprendre le droit foncier, la fiscalité, les contraintes aux frontières et les spécificités de la microfinance et du logement social est au moins aussi important que de savoir négocier un taux de crédit.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Bolivie pour rechercher du rendement locatif et une exposition à une monnaie et une économie émergente. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (La Paz, Santa Cruz de la Sierra, Cochabamba), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel ou un ensemble d’appartements dans un quartier en développement de Santa Cruz, combinant un rendement locatif brut cible de 10 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin d’intégrer cet actif dans une stratégie patrimoniale globale tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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