Le marché des résidences secondaires au Nigéria : nouvelle frontière de l’investissement immobilier

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le Nigéria s’est imposé comme l’un des marchés immobiliers les plus dynamiques d’Afrique, et, au sein de ce vaste secteur, les résidences secondaires prennent une place de plus en plus visible. Dans un pays où la pénurie de logements dépasse 22 millions d’unités et où la majorité des ménages peine encore à accéder à une première habitation décente, on pourrait croire que la maison de vacances ou le « pied-à-terre » d’investissement reste marginal. En réalité, c’est l’inverse : la montée en puissance d’une élite locale, l’essor de la diaspora et l’explosion du marché des locations de courte durée transforment la résidence secondaire en véritable actif financier.

2000

Le marché immobilier nigérian pèse plus de 2 000 milliards de dollars en 2025.

Un marché général en pleine effervescence

Le point de départ pour comprendre le marché des résidences secondaires au Nigéria est l’ampleur du marché résidentiel lui‑même. Le pays compte plus de 200 millions d’habitants aujourd’hui et se dirige vers 260 millions à très court terme, avec un taux de croissance démographique d’environ 2,5 % par an. Plus de la moitié des Nigérians vivent déjà en ville, et la proportion urbaine devrait continuer de grimper dans les prochaines décennies.

Bon à savoir :

Le Nigeria connaît une forte pression démographique et un mouvement d’urbanisation rapide. Lagos, mégalopole d’environ 23 millions d’habitants, devrait voir sa population presque doubler d’ici 2050 selon les Nations unies. La capitale fédérale Abuja attire également des centaines de milliers de nouveaux arrivants chaque année. D’autres grandes villes comme Port Harcourt, Kano, Ibadan, Enugu et Calabar participent activement à cette métropolisation du pays.

Cette croissance se traduit directement dans les chiffres du secteur : le résidentiel contribue plusieurs points de PIB, et l’ensemble immobilier‑construction représente près de 17 % de l’économie nationale dans les données rebassées les plus récentes. Entre janvier et octobre 2025, les valeurs immobilières dans plusieurs centres urbains ont progressé de 15 à 20 %. À Lagos, les zones « mid‑market » ont gagné 8 à 12 % en six mois, tandis que les quartiers les plus luxueux affichaient encore 5 à 8 % de hausse.

Dans ce contexte de flambée des prix, la résidence secondaire n’est plus seulement un symbole de prestige pour quelques privilégiés : elle devient un outil de placement pour ceux qui disposent de ressources suffisantes, notamment la diaspora et une classe aisée urbaine en pleine structuration.

Résidences secondaires : un produit à la croisée de plusieurs tendances

Parler de « marché des résidences secondaires » au Nigéria, c’est en réalité évoquer trois usages qui se superposent :

des maisons de villégiature ou de retraite (à la mer, à la campagne ou dans des villes plus calmes) pour un public aisé ;

– des seconds logements en ville, utilisés comme base professionnelle, logement pour les enfants étudiants, ou mise en location classique ;

des biens purement d’investissement destinés à la location de courte durée (type Airbnb, serviced apartments, locations de vacances).

Exemple :

Les investisseurs, notamment ceux de la diaspora nigériane, recherchent des appartements d’une à trois chambres, faciles à louer en courte durée. Ces biens doivent être proches des axes de transport et dotés de services comme la sécurité 24h/24, des générateurs, un approvisionnement en eau et une gestion locative. Cette demande illustre la transformation des préférences vers des logements hybrides, connectés, économes en énergie et conçus pour des usages flexibles comme le télétravail, les séjours courts ou la colocation.

Les données montrent que les appartements représentent déjà plus de 40 % des recherches de biens, devant les maisons individuelles, et que les studios, une et deux chambres gagnent du terrain. Cette évolution profite directement aux résidences secondaires, qui s’insèrent parfaitement dans ce format compact, bien placé et rentable.

Le rôle moteur de la diaspora dans le boom des seconds logements

Impossible d’aborder ce sujet sans évoquer l’impact considérable des Nigérians vivant à l’étranger. En 2024, les envois de fonds de la diaspora ont atteint près de 20,93 milliards de dollars, en hausse de 8,9 % sur un an. Une part significative de ces capitaux est injectée dans l’immobilier, principalement à Lagos et Abuja.

Attention :

En août 2021, un rapport révélait que jusqu’à 70% des achats immobiliers à Lagos étaient effectués par la diaspora. Des témoignages récents de promoteurs confirment que les Nigérians résidant à l’étranger représentent souvent 55 à 65% de la demande solvable pour certains projets. Leur motivation principale n’est pas d’y habiter immédiatement, mais de sécuriser un patrimoine, préparer un retour au pays, loger leur famille ou générer des revenus locatifs.

Leur stratégie relève typiquement de la résidence secondaire ou du pur investissement locatif : un appartement à Lekki Phase 1 pour du short‑let, une maison à Abuja pour les séjours au pays, une villa à Enugu ou Uyo pour les vacances, ou encore un terrain en périphérie de Lagos (Epe, Ibeju‑Lekki) destiné à une future maison de week‑end ou à de la location saisonnière.

La diaspora est aussi un acteur qui professionnalise le marché : elle exige plus de transparence (titres vérifiés, séquestre, inspections indépendantes, simulateurs de rentabilité), pousse les développeurs à livrer des produits finis ou quasi terminés, et privilégie les promoteurs certifiés par des organismes comme REDAN, NIESV ou enregistrés au CAC.

Où se concentrent les résidences secondaires ?

Les résidences secondaires ne se répartissent pas uniformément sur le territoire. Elles se structurent autour de pôles économiques, de corridors d’infrastructures et de villes à fort attrait de loisirs ou de retraite. Certaines sont des marchés mûrs, d’autres émergent rapidement.

Lagos : capitale économique et épicentre des seconds logements

Lagos est, de loin, le principal terrain de jeu pour les résidences secondaires. C’est là que se combinent le plus fortement : tension démographique, flux diaspora, forte valeur locative, infrastructures de rang international.

Les quartiers les plus prisés pour un second logement sont :

Ikoyi, Victoria Island et Banana Island, pour les biens très haut de gamme ;

Lekki Phase 1, Ikate, Ajah et le corridor Lekki‑Epe pour une offre mêlant haut de gamme et milieu de gamme, très orientée vers le short‑let ;

Ikeja GRA ou certaines zones de Yaba et Maryland, recherchées comme pieds‑à‑terre professionnels ou logements étudiants.

750

Le prix en millions de nairas d’un appartement trois chambres à Banana Island, illustrant le haut de gamme du marché immobilier de Lagos.

Les locations de courte durée y constituent un pilier du modèle économique. Dans le secteur d’Ikate Elegushi, les taux d’occupation des short‑lets ont bondi de plus de 50 % en 2024. Les promoteurs indiquent que ce type de produit peut générer des rendements 100 à 150 % supérieurs aux locations annuelles classiques. Pour un investisseur, une résidence secondaire convertie en appartement meublé loué à la nuitée peut ainsi dégager un cash‑flow significatif, en particulier dans les zones proches des bureaux, des centres commerciaux et des plages.

Un tableau synthétique permet de visualiser la logique d’investissement dans quelques quartiers de Lagos très associés aux résidences secondaires et aux locations de vacances :

Zone de LagosUsage typique de résidence secondaireFourchette de prix indicative (résidentiel)Dynamique observée
Ikoyi / Banana IslandRésidence très haut de gamme, villégiature, pied-à-terre de luxeAppart. 3 ch. ≈ ₦750M, terrains > ₦1M/m²Appréciation 5–9 %/an, forte rareté
Victoria IslandSecond logement urbain, Airbnb affairesPrix au m² passés d’env. ₦273k à ₦516k (2021–2023)Demande locative corporate soutenue
Lekki Phase 1 / IkateAppartement de short‑let, résidence d’appoint≈ ₦800k–₦1,5M/m², forte demande d’1–3 ch.Taux d’occupation short‑let +50 % (Ikate)
Ajah, SangotedoDuplex familial secondaire, future retraitePrix en forte hausse, terrains doublés dans certaines zonesCroissance 15–18 % anticipée

Dans ce cadre, la résidence secondaire n’est pas qu’un luxe : elle se justifie aussi parce qu’elle se valorise rapidement et qu’elle bénéficie d’un marché locatif tendu.

Abuja : second logement institutionnel et retraite confortable

Abuja offre un profil différent. Ville planifiée, plus verte et plus calme, elle attire fonctionnaires fédéraux, diplomates, ONG, cadres d’entreprises et expatriés. Le niveau des prix y est réputé parmi les plus élevés du pays, particulièrement dans les quartiers de Maitama, Asokoro, Wuse II ou certaines parties de Gwarinpa.

Astuce :

Les résidences secondaires dans cette région se déclinent en plusieurs types : des duplex achetés par des hommes d’affaires dont la résidence principale est à Lagos ou à l’étranger, des appartements destinés à loger des enfants pendant leurs études, des maisons acquises en anticipation d’une future retraite, ou encore des biens immobiliers détenus pour répondre à une clientèle de location meublée haut de gamme.

Les données de prix illustrent la barre d’entrée : un duplex quatre chambres dans des secteurs comme Gwarinpa ou Lokogoma se situe facilement entre 100 et 180 millions de nairas. Des parcelles dans des quartiers bien situés oscillent entre 20 et 80 millions. Le marché global d’Abuja a progressé d’environ 10 à 15 % par an dans la période récente.

Dans les extensions urbaines – Katampe, Dakibiyu, Kaura, Lugbe, Kuje, Kurudu – le ticket d’entrée est plus accessible, ce qui en fait des cibles privilégiées pour des seconds logements davantage orientés rendement que prestige.

Zone d’AbujaProfil de résidence secondaireNiveau de prix citéPotentiel d’appréciation estimé
Maitama / AsokoroVilla de prestige, usage personnel + diplomatiqueMaisons luxe > ₦500M fréquemmentMarché mature, 6–10 %/an
Gwarinpa / LokogomaDuplex familial, résidence d’appoint4 ch. ≈ ₦100–₦180MBonne liquidité, marché actif
Katampe / KauraAppartements d’investissement, secondes résidences≈ ₦1,8M/m² (Katampe)13–18 % de hausse anticipée
Lugbe / Kuje / KuruduMaisons plus abordables, usage mixte résidence/locationDeux chambres ≈ ₦800k–₦1,5M/an de loyerForte demande locative

Abuja profite également des grands chantiers d’infrastructures : ouverture de nouvelles voies, extension de l’urbanisation vers les villes satellites, amélioration des équipements. Ces travaux créent des poches de valeur où les seconds logements peuvent être acquis à des prix encore raisonnables, avec un fort potentiel de revente ou de location.

Port Harcourt, Kano, Ibadan, Enugu, Calabar : la montée des villes secondaires

Si Lagos et Abuja concentrent l’essentiel des flux, les résidences secondaires se déploient désormais dans un chapelet de villes régionales. Chacune offre une combinaison spécifique de facteurs : activité économique, tourisme, coût de la vie, stabilité, calme relatif, accessibilité.

8 à 12

Les rendements locatifs annuels à Port Harcourt, portés par la demande du secteur pétrolier.

Ibadan, à proximité de Lagos mais bien plus abordable, attire des ménages cherchant une maison spacieuse pour les week‑ends ou la retraite, tout en pouvant la louer à des expatriés universitaires ou des cadres d’industries locales. Un duplex quatre chambres s’y achète entre environ 45 et 120 millions de nairas, avec des loyers annuels de 2 à 6 millions selon l’emplacement.

Enugu, Uyo, Calabar ou encore Abeokuta se positionnent comme destinations de villégiature ou de vie plus paisible, ce qui en fait des candidates naturelles pour la résidence secondaire : climat plus doux, trafic moins congestionné, coût du foncier plus bas, mais perspectives d’appréciation intéressantes dans les quartiers en développement. Les investisseurs y ciblent des terrains à bâtir ou des maisons clé en main, souvent dans des lotissements sécurisés.

Un tableau comparatif permet de situer quelques profils de villes propices aux résidences secondaires :

VilleAtout principal pour une résidence secondaireRendement locatif annuel estiméFourchette d’appréciation annuelle
LagosHub économique et de loisirs, short‑let massif6–10 %15–25 % (zones prime)
AbujaCapitale administrative, environnement planifié5–8 %10–20 %
Port HarcourtPôle pétrolier, clientèle corporate étrangère8–12 %10–18 %
IbadanProximité de Lagos, coût plus faible5–7 %12–18 %
EnuguVille calme, diaspora et retraités5–8 %10–15 %

Pour le propriétaire, posséder une maison secondaire dans ces villes, c’est cumuler plusieurs avantages : diversification géographique, exposition à des marchés moins saturés que Lagos, possibilité d’un usage mixte (personnel + locatif), tout en bénéficiant de dynamiques d’urbanisation et de montée en gamme.

L’essor des short‑lets : quand la résidence secondaire devient mini‑hôtel

Le trait le plus marquant du marché nigérian des résidences secondaires est sans doute le poids croissant des locations de courte durée. Les appartements une, deux ou trois chambres en « serviced residence » ou en meublé de tourisme affichent souvent des rendements supérieurs aux baux annuels de 100 à 150 %. Dans un contexte où les loyers résidentiels grimpent déjà plus vite que l’inflation, cet écart attire les investisseurs.

18

La demande de locations de courte durée a augmenté de 18 % sur une année, stimulée par le tourisme, les voyages d’affaires et la mobilité professionnelle.

En termes de stratégie, de nombreux propriétaires de résidences secondaires optent pour un modèle hybride : usage personnel sur quelques semaines par an, et exploitation en short-let le reste du temps. Les plateformes numériques – souvent d’origine nigériane – se multiplient pour gérer les réservations, le nettoyage, la maintenance et la relation client, réduisant les frictions pour les propriétaires éloignés ou résidents à l’étranger.

Bon à savoir :

La transformation d’une résidence secondaire en location touristique (« hôtelisation ») en fait un actif d’exploitation. À Lagos, un appartement de 4 chambres en location traditionnelle rapporte environ 5 000 $ par mois, avec un rendement brut de 4 à 6 %. En location courte durée, avec des nuitées facturées en dollars ou en naira indexé, la rentabilité nette peut dépasser ces chiffres, à condition d’assurer un taux d’occupation élevé.

Obstacles structurels et risques propres aux résidences secondaires

Malgré le potentiel évident, le marché nigérian des résidences secondaires reste semé d’embûches. Certaines difficultés sont communes à tout achat immobilier dans le pays, d’autres pèsent plus particulièrement sur les multi‑propriétaires ou les investisseurs à distance.

Coût du foncier, matériaux et construction

Le premier frein tient au coût du foncier dans les zones urbaines et périurbaines les plus recherchées. Dans les quartiers centraux de Lagos ou Abuja, la pression de la demande, la rareté des terrains bien situés, les frais administratifs élevés et les pratiques opaques contribuent à des niveaux de prix très élevés. Dans certains segments premium, le terrain représente une part démesurée du coût final.

La construction souffre également de coûts anormalement élevés : dépendance forte aux matériaux importés (tuiles, équipements, finitions), volatilité du naira face au dollar, inflation générale, accès difficile aux financements de long terme pour les promoteurs. Le prix du ciment et des barres d’acier a par exemple doublé sur certaines périodes récentes, ce qui renchérit fortement le coût de construction d’une maison secondaire.

Titres fonciers, litiges et fraude

Le Land Use Act confie la propriété foncière ultime aux gouverneurs des États. Dans les faits, la formalisation des droits (Certificate of Occupancy, consentement du gouverneur, enregistrement) peut prendre des mois, voire des années. Les procédures de mutation impliquent souvent 9 à 12 étapes, pour un coût global en frais publics qui peut représenter plus de 11 % de la valeur du bien. Le pays se classe parmi les derniers au monde pour ce qui concerne la facilité d’enregistrement des propriétés.

Attention :

Dans le marché immobilier nigérian, plusieurs fraudes sont courantes : vente multiple d’une même parcelle, vente de terrains déjà acquis par le gouvernement, extorsion par les ‘Omo Onile’ (chefs de terre informels), et opérations menées par de fausses agences ou promoteurs. Ces risques sont particulièrement élevés pour la diaspora, qui achète souvent à distance, entraînant des pertes financières significatives.

Financement : un marché quasi cash

Le marché nigérian des résidences secondaires est essentiellement un marché au comptant. Environ 70 à 80 % des transactions résidentielles se font sans recours à un crédit immobilier. Les raisons sont simples : taux d’intérêt souvent supérieurs à 18 % l’an (et parfois beaucoup plus pour les banques commerciales), durées de prêt courtes, critères d’éligibilité rigides.

1

Le stock de prêts hypothécaires représente moins de 1 % du PIB au Nigeria.

Fiscalité, incertitudes réglementaires et risques macroéconomiques

La fiscalité immobilière direct et indirecte peut peser lourd : droits de timbre, frais de consentement du gouverneur, enregistrement, taxes foncières récurrentes. Les réformes fiscales en préparation, qui visent notamment les transactions immobilières et certains revenus locatifs, inquiètent les professionnels qui y voient un risque de moindre attractivité.

Les investisseurs doivent également composer avec une inflation élevée, la dépréciation du naira, et des épisodes de volatilité macroéconomique. Pour un propriétaire étranger ou un membre de la diaspora, cela complique l’évaluation de la rentabilité réelle de sa résidence secondaire et la gestion des flux de revenus en différentes devises.

Un tableau synthétise quelques‑uns des principaux obstacles qui pèsent sur l’investissement dans des résidences secondaires au Nigéria :

Catégorie de risqueImpact sur la résidence secondaireConséquences possibles
Titres et administrationDélais longs, titres incertains, risque de double ventePertes financières, contentieux
Coût de constructionMatériaux importés, inflation, infrastructures à la charge du promoteurPrix final élevé, marge réduite
FinancementTaux >18 %, durée courte, faible offre hypothécaireMarché dominé par l’achat cash
Fiscalité et réglementTaxes multiples, réformes incertaines, lourdeur des procéduresRendement net moindre, insécurité
Sécurité et environnementOccupation illégale, vandalisme, risques de flood/érosionCoûts de protection, assurance

Pour les résidences secondaires – souvent acquises dans une logique de long terme – ces risques plaident en faveur d’une vigilance accrue à l’achat et d’une gestion patrimoniale active.

Réponses du marché et innovations au service des multi‑propriétaires

Face à ces contraintes, le marché nigérian n’est pas resté immobile. Plusieurs évolutions structurelles peuvent, à terme, rendre le marché des résidences secondaires plus transparent, plus liquide et plus accessible.

Réformes foncières et digitalisation

Plusieurs États, à commencer par Lagos, ont lancé des programmes de digitalisation des registres fonciers et de cadastre. Dans la capitale économique, plus de cinq millions de propriétés auraient été cartographiées dans un système géospatial numérique. L’objectif est de réduire la proportion de terres non titrées (estimée à environ 97 % au niveau national), de sécuriser les transactions et de limiter les possibilités de fraude.

Abuja dispose de son propre système (Abuja Geographic Information Systems – AGIS) pour vérifier la validité des titres et l’état des parcelles avant développement. Dans certains États comme Oyo, des mécanismes simplifiés ont été introduits pour délivrer des certificats d’occupation en des délais plus prévisibles.

Bon à savoir :

Pour un acheteur de résidence secondaire, la digitalisation du processus permet de vérifier à distance l’intégrité d’un titre de propriété, de suivre l’avancement des procédures et, à terme, de réduire le temps et le coût de la formalisation de l’acte.

Proptech, fractional ownership et nouveaux montages financiers

Le Nigéria s’affirme comme un champion africain de la « proptech ». Des plateformes utilisent désormais l’intelligence artificielle pour analyser les marchés, estimer les loyers, calculer les rendements attendus ou détecter des anomalies sur les titres. D’autres proposent des visites virtuelles, des paiements sécurisés, ou encore la gestion centralisée de portefeuilles de biens (avec suivi des réservations, collecte automatisée des loyers, maintenance).

L’innovation la plus intéressante, pour les résidences secondaires, reste sans doute la multiplication des solutions de « fractional ownership », qui permettent d’acheter une quote‑part d’un bien – parfois à partir de quelques centaines de dollars – et d’en recevoir une part proportionnelle des loyers et de la plus‑value. Ces produits, souvent positionnés comme des alternatives aux REITs classiques, s’adressent à des jeunes actifs et à des investisseurs de la diaspora qui souhaitent se constituer un portefeuille de petites participations plutôt qu’un unique bien très capitalistique.

Modèles de financement hybrides

Différentes approches innovantes combinant financement traditionnel et solutions numériques pour l’immobilier.

Crowdfunding immobilier

Financement participatif permettant d’investir collectivement dans des projets immobiliers.

Prêts entre particuliers

Mise en relation directe d’emprunteurs et de prêteurs pour des transactions immobilières.

Plans « save to own »

Solutions d’épargne progressive vers l’accession à la propriété, proposées par des sociétés proptech.

Partenariats public-privé

Collaborations entre promoteurs et institutions, comme la Family Homes Fund, pour construire des ensembles résidentiels accessibles.

Solutions techniques pour réduire les coûts

Sur le plan technique, des expérimentations visent à alléger les coûts de construction. Le ministère fédéral de l’Innovation, de la Science et de la Technologie et l’Institut nigérian du bâtiment et des routes poussent par exemple l’usage du bambou structuré pour réaliser des logements « smart » abordables. D’autres acteurs explorent l’impression 3D, la préfabrication industrielle des composants, ou la montée en puissance de filières locales de matériaux pour réduire la dépendance aux importations.

Si ces innovations ciblent d’abord le segment de l’accession sociale, elles finiront par irriguer tout le secteur, y compris les résidences secondaires, via une baisse progressive des coûts unitaires de construction, une meilleure performance énergétique et des délais de chantier plus courts.

Une demande qui ne faiblit pas malgré la crise de l’accessibilité

L’un des paradoxes les plus frappants du paysage nigérian est la coexistence de deux réalités : d’un côté, une crise aiguë de l’accessibilité qui exclut la majorité des ménages du marché formel ; de l’autre, une demande soutenue pour des résidences secondaires et des biens d’investissement hautement spéculatifs.

Les chiffres de l’accessibilité sont sans appel : seuls environ 10 % des ménages urbains peuvent se permettre d’acheter ou de construire leur logement en recourant aux circuits formels, et près de 70 % de la population ne peut pas accéder à un crédit immobilier aux taux actuels. Près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté national, et une proportion considérable des urbains habite dans des quartiers informels ou des logements précaires.

75

C’est le pourcentage de Nigérians qui considèrent l’immobilier comme le placement le plus sûr dans un environnement économique incertain.

Pour l’économie, ce segment n’est pas anodin. Les investissements dans des résidences secondaires alimentent la construction, soutiennent des emplois dans le BTP, l’architecture, la gestion immobilière, la sécurité privée, le nettoyage ou les services d’hospitalité. Ils contribuent à la modernisation de certains quartiers, voire à la requalification de friches urbaines transformées en complexes résidentiels mixtes.

Perspectives : vers un marché des résidences secondaires plus structuré ?

À horizon de quelques années, plusieurs scénarios plausibles se dessinent pour le marché des résidences secondaires au Nigéria.

D’un côté, les fondamentaux de la demande restent solides : démographie jeune, urbanisation rapide, croissance du nombre de ménages aisés, hausse projetée du nombre d’individus fortunés sur le continent, infrastructure en amélioration (routes, ponts, aéroports, ports, lignes de train, corridors industriels). Les grands projets – autoroute côtière Lagos‑Calabar, quatrième pont de Lagos, deuxième aéroport international autour de Lagos – sont autant de vecteurs de création de nouveaux hot‑spots où se logeront les résidences secondaires de demain.

Attention :

Plusieurs facteurs pourraient freiner ou reconfigurer le marché immobilier : l’émergence de nouvelles fiscalités sur la propriété et les loyers, les incertitudes politiques en période électorale, une possible sur-offre dans certains segments de luxe, ainsi que le renforcement des normes de construction et des contraintes environnementales (zones inondables, érosion côtière, etc.).

L’élément le plus susceptible de transformer profondément ce marché reste sans doute la façon dont le pays abordera la question de la titrisation foncière et de l’accès au financement à moyen terme. Si les réformes foncières se concrétisent (digitalisation, simplification des procédures, harmonisation des textes, adoption plus large de lois de saisie hypothécaire efficaces) et si les taux d’intérêt se rapprochent progressivement de chiffres à un seul chiffre pour des durées crédibles, le cadre deviendrait propice à une démocratisation relative de l’investissement dans des seconds logements. On verrait probablement apparaître davantage de ménages de classe moyenne ou moyenne supérieure capables d’acheter un petit appartement secondaire à Port Harcourt, un duplex de week‑end à Abeokuta ou une villa à Uyo, avec un financement structuré plutôt que 100 % en cash.

Bon à savoir :

Ce marché n’est plus un épiphénomène. Il est devenu un segment stratégique du secteur résidentiel, porté par la diaspora, le tourisme, les nouvelles technologies et la financiarisation de l’immobilier. Son avenir dépendra des politiques publiques (réformes foncières, infrastructures, régulation) et de la capacité des acteurs privés à offrir des produits plus sécurisés, transparents et adaptés à une demande d’investissement exigeante.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie au Nigéria
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Nigéria pour chercher du rendement locatif et une exposition au naira couplée au dollar via certains baux indexés. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Lagos, Abuja, Port Harcourt), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel ou une villa dans un quartier en croissance comme Lekki ou Victoria Island, combinant rendement locatif brut cible d’environ 10 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure (propriété directe ou société locale) et plan de diversification dans le temps, pour maîtriser les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :