Les opportunités de location saisonnière au Nigéria

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

La location saisonnière est en train de changer en profondeur le visage de l’immobilier et du tourisme au Nigéria. Loin d’être un simple “revenu Airbnb”, le court séjour est devenu un vrai secteur d’activité, avec ses chiffres, ses règles du jeu, ses gagnants… et ses pièges. Entre Lagos, Abuja, Port Harcourt ou Ibadan, les opportunités sont multiples, à condition d’aborder ce marché comme un business structuré et non comme un hobby immobilier.

Bon à savoir :

L’analyse des données des observatoires AirDNA, Airbtics, AirROI, ainsi que des études académiques et rapports sectoriels, permet d’identifier les meilleures opportunités de location, d’évaluer les rendements réalistes et de comprendre comment équilibrer le potentiel avec les risques spécifiques au marché nigérian.

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Un marché en pleine accélération

Le marché nigérian de la location de vacances – qui regroupe les maisons de vacances privées, appartements meublés, chambres et logements entiers loués à court terme sur des plateformes comme Airbnb ou Booking – connaît une croissance rapide. Les projections estiment que ce segment pourrait générer environ 595,6 millions de dollars de revenus d’ici quelques années, avec une croissance annuelle tournant autour de 10 % et un volume potentiel de près de 883 millions de dollars à l’horizon 2029.

17000000

Nombre d’utilisateurs d’hébergements locatifs saisonniers attendu au Nigéria d’ici la fin de la décennie.

L’explosion du court séjour ne doit rien au hasard. Plusieurs facteurs se combinent :

Bon à savoir :

Le marché est marqué par une urbanisation rapide et une forte demande dans les grandes villes. La population, très jeune (âge médian < 19 ans), recherche des expériences flexibles et digitales, ainsi que des séjours plus authentiques que l'hôtel standardisé. La diaspora, dont le retour massif lors des périodes festives (Detty December, été, fêtes religieuses) pèse lourd, privilégie souvent la location d'appartements ou de maisons entières. L'essor des plateformes numériques (Airbnb, hostel.ng, Booking.com, etc.) a grandement simplifié la mise en location.

Les chiffres nationaux de rendement confirment l’attrait du secteur : bien gérées, les locations saisonnières peuvent générer entre 10 % et 15 % de rendement annuel net, là où les locations longue durée dépassent rarement 5 % à 7 %. Un exemple très parlant issu des études : une maison louée 1,5 million de nairas par an en bail classique peut rapporter entre 4 et 5 millions de nairas si elle est exploitée en court séjour.

Les champions nigérians de la location saisonnière

Au niveau national, plusieurs villes et quartiers se détachent très nettement. Selon des données AirROI, le podium des marchés de location courte durée au Nigéria est dominé par Lagos, Abuja et Ikeja.

Panorama des marchés

Un aperçu simplifié des principaux marchés classés par AirROI, basé sur des données agrégées.

Marché de l’Aviation Commerciale

Le segment principal du transport aérien de passagers et de fret, incluant les compagnies aériennes et les services associés.

Marché de l’Aviation d’Affaires

Le secteur du transport aérien privé et des jets d’affaires pour les voyages professionnels et personnels.

Marché de l’Aviation Générale

Regroupe toutes les activités aériennes civiles hors transport commercial régulier, comme l’aviation légère, le travail aérien et la formation.

Marché de la Défense et de la Sécurité

Le secteur aéronautique dédié aux applications militaires, de surveillance et de sécurité nationale.

Rang nationalVille / ZoneNombre de biensRevenu mensuel moyen (USD)ADR moyen (USD)Taux d’occupation (%)Régulation
1Lagos428412,4079,6332,26Faible
2Abuja315254,5561,0127,43Faible
3Ikeja195460,0477,1430,95Faible
4Moban.d.n.d.n.d.n.d.Faible
5Iladon.d.n.d.n.d.n.d.Faible
Autres (Lekki…)Faible

À ce classement territorial s’ajoutent d’autres indicateurs. D’un point de vue macro, la location saisonnière se concentre largement sur des logements entiers (segment “Entire home”), souvent sous forme d’appartements 1 à 3 chambres, abondamment présents à Lagos et Abuja.

Lagos : locomotive, laboratoire… et marché sous pression

Lagos reste de loin le marché phare de la location saisonnière au Nigéria. C’est la ville où le court séjour est le plus structuré, avec une offre abondante, une clientèle internationale bien établie et un écosystème très développé (gestionnaires professionnels, prestataires de nettoyage, conciergeries, proptech, etc.).

Les chiffres clés de Lagos

Les données Airbtics sur la période novembre 2024 – octobre 2025 livrent une photographie précise du marché lagosien :

IndicateurValeur observée à Lagos
Nuits réservées par an (typique)164 nuits
Taux d’occupation médian45 %
ADR (prix moyen nuit)65 USD
Revenu annuel moyen par annonce10 000 USD
Revenu mensuel moyen estimé871 USD
Variation annuelle du revenu+5,56 %
Nombre d’annonces actives Airbnb1 316 (déc. 2025)
Note d’“investabilité” de marchéD+
Saison la plus rentableDécembre
Part des voyageurs internationaux~80,7 %

Les chiffres AirROI, collectés à une autre période, présentent des niveaux légèrement différents (ADR d’environ 73,7 dollars, revenu mensuel autour de 391 dollars), ce qui illustre bien la disparité des méthodologies. Mais tous les jeux de données convergent sur trois constats :

1. La demande est réelle et croissante : +263 % de croissance du marché des “short-lets” entre 2022 et 2025, et +189 % de hausse des réservations selon AirDNA. 2. Le revenu annuel moyen autour de 10 000 dollars par logement est atteignable pour un opérateur correctement positionné. 3. Le marché est déjà compétitif : la note d’investabilité D+ traduit une concurrence forte, une saisonnalité marquée et une pression sur les taux d’occupation.

Un boom qui a renchéri le foncier et bouscule la location classique

L’essor des locations saisonnières a eu un impact massif sur la valeur des biens immobiliers à Lagos. Les prix des propriétés adaptées au court séjour auraient augmenté d’environ 200 % entre 2021 et 2025, avec des hausses spectaculaires dans certains quartiers haut de gamme : Ikoyi aurait vu ses prix progresser d’environ 60 % depuis 2020.

10000

Revenu brut annuel typique en location courte durée pour un bien immobilier de luxe à Lagos.

Un exemple de cas d’école issu du marché Lagos/Yaba-Ikoyi : un appartement 1 chambre ensuite, après un investissement de départ d’environ 850 000 nairas pour l’ameublement et la mise en état, peut générer un bénéfice net d’environ 498 000 nairas par mois, si l’exploitation est bien calibrée. Sur ces mêmes axes, la moyenne mensuelle se situe autour de 412 000 nairas pour les unités d’une chambre, les meilleurs opérateurs franchissant régulièrement 780 000 nairas mensuels.

Une clientèle très internationale et orientée business

Lagos se distingue par une clientèles très tournée vers l’étranger. Près de 81 % des voyageurs Airbnb y sont des visiteurs internationaux, souvent issus des diasporas nigérianes en Europe et en Amérique du Nord. Sur l’ensemble des hôtes, on estime que :

Profil des voyageurs

Répartition des types de voyageurs fréquentant nos établissements

Voyageurs d’affaires

Environ 68 % de notre clientèle est constituée de professionnels en déplacement.

Diaspora nigériane

Près de 24 % sont des Nigérians de la diaspora venus en visite dans leur pays d’origine.

Clients en ‘staycation’

Les 8 % restants correspondent à des clients locaux profitant d’un séjour dans leur propre ville.

Ce profil explique la surreprésentation des appartements 1 à 3 chambres proches des quartiers d’affaires (Ikeja, Victoria Island, Lekki, Yaba), bien connectés aux aéroports et aux hubs économiques. Ce sont aussi ces publics qui recherchent des logements techniquement fiables (internet haut débit, générateur/inverter, sécurité renforcée) et valorisent les prestations de type “serviced apartment”.

Un marché à la fois porteur et risqué

Malgré la croissance du chiffre d’affaires global (environ 264 milliards de nairas générés en 2024, avec une projection à 300 milliards de nairas l’année suivante), tout n’est pas rose pour les propriétaires. Plusieurs signaux invitent à la prudence :

Les taux d’occupation ont reculé : certaines sources évoquent une baisse de 78 % à environ 64 % entre 2021 et 2023.

– La concurrence s’intensifie : plus de 1 300 annonces actives, présence de grands gestionnaires professionnels (Travelnest, The Ninety, ARO Apartments, Fairview…).

– Les coûts d’exploitation montent, surtout l’énergie : générateurs, carburant, travaux d’entretien dans un contexte d’inflation.

Dans ce contexte, les opérateurs les plus performants sont ceux qui professionnalisent leur activité : suivi de leurs KPIs (occupation, ADR, RevPAR), ajustement des prix à la demande, automatisation de la communication, et maîtrise des obligations réglementaires de Lagos (licences tourisme, taxes spécifiques, enregistrement éventuel au registre Homestay, SCUML pour structures corporate, etc.).

Abuja : le second pôle stratégique, entre politique, business et tourisme

Capitale fédérale, Abuja se positionne comme l’autre grand terrain de jeu pour la location saisonnière. Le marché y est différent de Lagos : plus policé, plus institutionnel, mais en croissance régulière et encore loin de la saturation totale, en particulier dans certains districts.

Structure du marché abujéen

Les estimations d’AirROI relevaient environ 292 annonces Airbnb entre novembre 2024 et octobre 2025. D’autres sources, comme AirDNA, parlent plutôt de 1 700 logements de court séjour actifs au premier semestre 2026, signe d’une expansion rapide.

La structure de l’offre est très marquée :

Près de 85,6 % des annonces sont des logements entiers.

Plus de 80 % sont des appartements/condos.

– Les 1 chambre représentent environ 42,5 % du marché, et 1 + 2 chambres à elles seules 67,2 %.

– La capacité moyenne d’accueil tourne autour de 3,4 personnes.

Côté demande, la durée minimale de séjour est souvent très flexible : environ 2 annonces sur 3 acceptent des séjours d’une nuit, et une part significative du marché (12 %) vise les séjours prolongés de 30 nuits et plus. La clientèle est très internationale (environ 82 % de visiteurs étrangers) et jeune : la moitié des voyageurs appartient aux générations post-2000 (Gen Z / Alpha). Les Britanniques et Américains représentent un bloc important, autour de 36 % des visiteurs.

Performance et saisonnalité à Abuja

Les chiffres de performance financière à Abuja sont particulièrement instructifs car ils détaillent plusieurs segments de marché :

Segment de performanceRevenu mensuel (USD)Occupation (%)ADR (USD)
Top 10 % (meilleurs biens)> 1 263> 63 %> 125
Top 25 %≥ 762≥ 45 %≥ 86
Médiane (biens typiques)~ 373~ 23 %~ 52
Bottom 25 % (entrée de gamme)~ 147~ 10 %~ 32

Ces données dolarisées se recoupent avec d’autres estimations en nairas : la plupart des hôtes d’Abuja se situent dans une fourchette réaliste de 2,4 à 3,2 millions de nairas de revenu mensuel moyen par annonce, avec des pics pouvant monter jusqu’à 5 à 7 millions de nairas pour les meilleurs produits. De cette enveloppe, entre 450 000 et 2,4 millions de nairas partent chaque mois en charges d’exploitation (dont 150 000 à 600 000 nairas pour l’énergie seule), ce qui laisse des bénéfices nets de l’ordre de 900 000 à 2,2 millions de nairas par mois pour les biens efficacement exploités.

La saisonnalité suit le calendrier politique et événementiel :

Basse saison : juin à août, puis janvier-février.

Haute saison : grands congrès et conférences (centre international de conférence), Foire internationale d’Abuja en novembre, période festive de fin d’année.

Dans le détail, pendant la haute saison (avril, mai, décembre), les revenus moyens montent autour de 687 dollars par mois, avec une occupation à environ 33 % et un ADR proche de 68 dollars. Le mois de pic absolu peut atteindre 782 dollars de revenu mensuel, 36 % d’occupation et un ADR voisin de 69 dollars. À l’inverse, les creux (souvent septembre-octobre) tournent autour de 427 dollars par mois, 23,5 % d’occupation et un ADR d’un peu plus de 60 dollars.

72000

Le prix médian d’une nuit d’hébergement en monnaie locale est de 72 000 nairas.

Ce grand écart offre un double terrain d’opportunité :

Haut de gamme (110 000 – 160 000 nairas / nuit) : clientèle diplomatique, corporate, délégations internationales, qui exige un très haut niveau de service.

– Segments “value” (35 000 – 55 000 nairas / nuit) : pour capter une demande plus budget, notamment des voyageurs domestiques ou des séjours longs.

Géo-stratégie : saturation et poches encore libres

Le marché d’Abuja n’est pas uniforme. Des quartiers comme Wuse 2, Jabi, Utako, Gwarinpa et Maitama sont déjà très garnis en offres de court séjour. À l’inverse, d’autres secteurs restent relativement peu exploités et donc prometteurs pour qui veut se positionner tôt :

DistrictNiveau de saturationOpportunité principale
Wuse 2, Jabi, UtakoFortement saturésJouer la différenciation (design, services, luxe)
MaitamaSaturation + règlesTrès haut de gamme, mais contraintes d’estates
GwarinpaSaturéVolume mais concurrence élevée
Wuye, ApoSous-exploitésCroissance résidentielle, accès centre-ville
Katampe ExtensionSous-exploitéUrbanisation rapide, clientèle middle / upper
Lugbe (corridor aéroport)Sous-exploitéProximité aéroport, séjours professionnels
Guzape (certaines zones)Sous-exploitéQuartiers résidentiels premium en formation

Pour un investisseur, le message est clair : à Abuja, viser le centre historique du court séjour (Wuse 2, Jabi) sans avantage compétitif sérieux (standing, emplacement exceptionnel, services hors normes) risque d’aboutir à des taux d’occupation décevants. L’avenir se joue sans doute davantage dans les zones en croissance mais encore peu chargées en offres, en particulier Wuye, Apo et le corridor de Lugbe vers l’aéroport.

Un cadre réglementaire permissif, mais pas sans règles

Contrairement à certaines capitales occidentales qui ont encadré très strictement les locations saisonnières, Abuja fonctionne pour l’instant sur un mode “autorisé sous conditions”. Les points essentiels :

Bon à savoir :

La ville n’exige pas de licence spécifique pour la location courte durée et n’impose pas de limite officielle sur le nombre de biens gérés par un même opérateur. Il n’y a pas de durée minimale ou maximale de séjour fixée au niveau du territoire. Les non-résidents et les propriétaires secondaires, y compris étrangers, peuvent légalement exploiter des logements en location de courte durée.

En contrepartie, l’administration pousse très fortement vers la formalisation : enregistrement de l’activité auprès de la Corporate Affairs Commission (CAC), obtention des identifiants fiscaux, respect des règles de tourisme, et paiement des taxes. La CAC facture l’enregistrement du nom commercial entre 10 000 et 25 000 nairas dans la plupart des cas.

En pratique, la condition la plus critique reste l’accord du propriétaire du bien et le respect des règlements de l’immeuble ou de l’estate. Certains ensembles résidentiels premium à Maitama, Asokoro, Guzape ou Katampe Extension appliquent leurs propres limitations voire des interdictions de court séjour, notamment pour des raisons de tranquillité et de sécurité.

Au-delà de Lagos et Abuja : autres villes, autres niches

Même si Lagos et Abuja captent l’essentiel de l’attention, d’autres villes nigérianes offrent des opportunités intéressantes, souvent avec des tickets d’entrée plus modérés.

Port Harcourt, par exemple, présente des rendements résidentiels de l’ordre de 8 % à 12 % dans des secteurs comme GRA, Peter Odili Road et Trans-Amadi. La location saisonnière y profite de la présence d’une clientèle pétrolière et corporate, et d’un déficit relatif d’hébergement hôtelier de qualité dans certains segments.

Ibadan, plus abordable en termes de prix d’achat, attire progressivement les investisseurs dans des quartiers comme Bodija, Agodi GRA, Ring Road ou Jericho, où la combinaison “coût d’acquisition bas + demande émergente” peut donner de très bons rendements.

Exemple :

Les villes de Calabar et Enugu présentent un potentiel touristique marqué par une forte saisonnalité, liée aux grands événements et fêtes culturelles. Par exemple, près de 77 % des visiteurs du site de Nike Lake, près d’Enugu, se déplacent pendant la saison sèche, principalement pour des vacances ou des événements comme le Carnaval de Calabar ou des festivals régionaux, plutôt que pour un simple hébergement.

Ces villes “secondaires” ont deux avantages majeurs pour les investisseurs :

– Une concurrence nettement plus faible que dans les mégapoles.

– Des prix d’acquisition souvent divisés par deux ou trois par rapport à Lagos pour des surfaces comparables.

Le revers de la médaille : une dépendance plus grande à quelques pics saisonniers, et un risque plus élevé en cas de crise locale (sécurité, instabilité politique, réduction des événements).

Comment se construit la rentabilité d’une location saisonnière au Nigéria ?

Les chiffres de rendement affichés – 8 % à 15 % par an, voire plus sur certains montages – ne tombent pas du ciel. Ils dépendent d’un cocktail de facteurs financiers, opérationnels et marketing.

Trois KPI à surveiller comme le lait sur le feu

Les professionnels du secteur s’accordent sur trois indicateurs-clés :

Le taux d’occupation : nombre de nuits louées / nombre de nuits disponibles.

L’ADR (Average Daily Rate) : revenu moyen par nuit vendue.

Le RevPAR ou Revenu par logement disponible : synthèse incluant occupation et ADR.

Sur un marché comme Lagos, viser un taux d’occupation supérieur à 40 % avec un ADR au-dessus de 60 dollars constitue généralement une base solide. À Abuja, un opérateur bien géré peut raisonnablement se fixer un objectif de 26 % à 28 % d’occupation au minimum, avec un potentiel de 40 % à 55 % pour les “top performers”.

Un exemple de structure de revenu type à Abuja, en monnaie locale, permet de comprendre la mécanique :

Niveau de performanceOccupation typiqueRevenu mensuel brut estimé (₦)Charges mensuelles (₦)Profit net estimé (₦)
Entrée de gamme / fragile10–20 %1,5 M – 2,0 M0,45 M – 1,0 M0,6 M – 1,0 M
Moyen / typique25–30 %2,4 M – 3,2 M0,8 M – 1,8 M0,9 M – 1,4 M
Haut de gamme / pro40–55 %5,0 M – 7,0 M2,0 M – 2,4 M2,0 M – 2,2 M

Le point de break-even (seuil de rentabilité) est souvent atteint autour de 15 % à 20 % d’occupation, soit 5 à 6 nuits réservées par mois. Ce seuil relativement bas explique pourquoi les locations saisonnières restent attrayantes malgré des charges parfois lourdes, notamment l’énergie.

Pourquoi le court séjour bat (souvent) la location longue durée

La clé tient en trois éléments :

Astuce :

La tarification dynamique permet d’augmenter l’ADR de 50 % ou plus lors des pics de demande (fêtes de fin d’année, conférences, événements sportifs, festivals). Elle offre une grande flexibilité en permettant d’ajuster les prix quasi en temps réel, de gérer la disponibilité du calendrier et d’expérimenter avec différents segments de clientèle (séjours professionnels, vacances, locations mensuelles). De plus, elle contribue à diversifier le risque locatif en évitant la dépendance à un seul locataire sur une longue période, réduisant ainsi les risques d’impayés importants ou de litiges prolongés.

Une étude citée compare de manière explicite une maison générant 1,5 million de nairas par an en location classique, face à la même maison exploitée en court séjour sur l’année entière. Cette dernière peut engranger jusqu’à 4 à 5 millions de nairas de revenus bruts, soit entre deux et trois fois plus, à condition d’être bien commercialisée et entretenue.

Le rôle du design, des équipements et de l’expérience

La rentabilité n’est pas qu’une affaire d’algorithmes de prix. Au Nigéria, comme ailleurs, les voyageurs notent, comparent, trient et paient selon la perception de la valeur. Plusieurs constats remontent des études de marché et recherches académiques :

Les logements disposant de plus de 20 avis enregistrent des tarifs environ 57 % plus élevés que ceux quasi neufs.

– Les annonces proposant des visites virtuelles raccourcissent le délai entre la demande d’information et la réservation de près des deux tiers.

– Les appartements de 2 à 3 chambres obtiennent en moyenne de meilleures évaluations que les studios, en particulier pour les groupes familiaux ou d’amis.

Exemple :

Une étude menée auprès de propriétaires de maisons haut de gamme dans l’État de Kano illustre la spécificité de la demande nigériane en matière d’aménagement, caractérisée par une recherche de « luxe fonctionnel ». Cette étude met en lumière les attentes et les besoins concrets de cette clientèle.

– L’immense majorité (plus de 95 %) souhaite au moins 4 chambres, et très souvent deux salons séparés, pour répondre aux besoins culturels de séparation des espaces de réception.

100 % des répondants exigent une buanderie.

– Plus d’un tiers veut un espace bureau ou étude.

– Côté extérieurs, la piscine arrive en tête des équipements souhaités, suivie des jardins, terrains de basket et de tennis, ou aires de jeux.

Transposé à la location saisonnière, cela signifie que les voyageurs – en particulier les groupes et les familles – valorisent beaucoup :

L’espace : salons spacieux, plusieurs chambres, salles de bains en nombre suffisant.

– Les extensions extérieures : balcon, jardin, patio, piscine ou, à défaut, accès facile à des espaces de détente.

– La praticité : cuisine équipée (four, micro-ondes, réfrigérateur généreux, lave-vaisselle), buanderie, bon débit internet, climatisation performante.

Dans les segments haut de gamme (Ikoyi, Victoria Island, Maitama…), la liste s’allonge : domotique (contrôle à la voix, automatisation), sécurité renforcée (CCTV, gardiennage 24/7, clôtures), matériaux premium (marbre, bois nobles), salles de sport privées, home-cinéma, voire chef privé et chauffeur sur demande.

Cadre légal, fiscal et réglementaire : un passage obligé

L’un des pièges les plus fréquents pour les investisseurs novices au Nigéria est de sous-estimer la complexité réglementaire. Il n’existe pas encore de loi fédérale unique et claire sur les locations saisonnières, mais un enchevêtrement de textes, d’obligations fiscales et de règles locales.

Les incontournables au niveau fédéral

En pratique, un exploitant sérieux devra passer par plusieurs étapes :

Attention :

Pour opérer légalement une activité de location de véhicules au Nigéria, il est impératif de s’enregistrer auprès de la Corporate Affairs Commission (CAC) et d’obtenir un Numéro d’Identification Fiscale (TIN). L’activité doit se conformer à la TVA (7,5%), appliquer un prélèvement à la source de 10% sur certaines transactions B2B, et respecter la réglementation locale sur la protection des données (NDPR). Les investisseurs étrangers doivent en outre s’enregistrer auprès de la NIPC, obtenir un certificat d’importation de capital et se conformer aux règles sur les secteurs d’investissement et le rapatriement des fonds.

À cela s’ajoutent les obligations de base en matière de sécurité – extincteurs, détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone, issues de secours clairement indiquées – et une responsabilité accrue en cas de dommage ou d’accident. Les tribunaux nigérians peuvent tenir les propriétaires pour responsables s’il est démontré que des négligences ont contribué à un sinistre.

Spécificités de Lagos

Lagos, en tant que capitale économique, possède un cadre plus structuré :

Astuce :

Pour exploiter légalement un hébergement temporaire, plusieurs autorisations sont requises. Une licence du ministère du Tourisme, des Arts et de la Culture est imposée par la loi sur les licences hôtelières. De plus, la loi sur l’occupation hôtelière et la consommation dans les restaurants oblige à un enregistrement auprès de l’autorité de licensing et au paiement de taxes spécifiques. Selon la localité, des permis supplémentaires des collectivités locales (LGAs) peuvent être exigés pour les propriétés listées sur des plateformes de court séjour. Enfin, selon le projet, des autorisations de la Lagos State Building Control Agency (LASBCA) peuvent également être nécessaires.

Si le marché lagosien paraît pour le moment “peu régulé” en pratique (une proportion quasi nulle d’annonces formellement licenciées a été relevée dans certains relevés de données), les observateurs anticipent un durcissement du cadre : renforcement de la fiscalité, contrôle plus strict des normes de sécurité, éventuellement limitations dans certains quartiers très denses.

Abuja : un modèle “permis mais encadré”

Nous l’avons vu, la capitale permet l’exploitation de locations saisonnières sans licence spécifique, mais en exigeant une conformité stricte aux règles :

Enregistrement business (CAC).

Enrôlement fiscal et déclarations régulières.

Respect des règles de tourisme en vigueur au niveau du FCT.

Accord formel du propriétaire, et observance des règlements d’estate ou de copropriété.

Certaines estates de haut standing ont déjà imposé des restrictions importantes, voire des interdictions de court séjour, notamment à Maitama, Asokoro, Guzape ou Katampe Extension. Un investisseur devra donc intégrer ce paramètre dès l’achat de la propriété.

Défis, risques et effets pervers du boom des “short-lets”

Si la location saisonnière est aujourd’hui un canal d’investissement particulièrement juteux, elle n’est pas sans conséquences sociales et économiques.

Les principales critiques adressées au secteur concernent :

Attention :

La conversion de logements permanents en locations touristiques aggrave la crise du logement et fait grimper les loyers. Elle entraîne aussi des risques de sur-tourisme, une volatilité de l’occupation due aux saisons et à la conjoncture, un écart croissant entre prix et qualité de service, ainsi qu’un flou réglementaire, notamment à Lagos où un encadrement plus strict est à l’étude.

Sur le plan opérationnel, les charges progressent aussi : inflation, coûts de l’énergie et du carburant, maintenance des équipements, salaires des personnels d’entretien, achat et renouvellement du mobilier. Sans suivi rigoureux des dépenses (idéalement par des outils logiciels ou un gestionnaire sérieux), il est facile de voir son rendement réel fondre malgré une bonne performance “à la nuit”.

Comment capter les meilleures opportunités au Nigéria ?

Face à ce paysage contrasté – potentiel élevé mais complexité croissante – plusieurs principes se dégagent pour les investisseurs, qu’ils soient basés au pays ou membres de la diaspora.

Choisir le bon emplacement… et le bon segment

Les données disponibles convergent sur certaines “zones d’or” pour le court séjour :

– À Lagos : Lekki (Phase 1 et Peninsula II), Ikoyi, Victoria Island, Yaba, Ikeja, Gbagada, Surulere, Ajah, certaines parties de Magodo.

– À Abuja : Wuse 2, Gwarinpa, Jabi, Utako pour la masse, mais surtout Wuye, Apo, Katampe Extension et le corridor aéroportuaire de Lugbe pour ceux qui veulent anticiper la prochaine vague.

– Dans les autres villes : GRA et quartiers d’affaires à Port Harcourt, Bodija/Agodi GRA/Ring Road/Jericho à Ibadan, zones proches des grands sites touristiques à Calabar et Enugu.

La clé n’est pas seulement le quartier, mais l’alignement entre :

Le type de logement (1 chambre, 2-3 chambres, duplex, villa).

Le profil de clientèle ciblée (voyageurs d’affaires, familles, groupes d’amis, touristes culturels, étudiants).

L’intensité de la concurrence locale (zones saturées vs poches encore peu exploitées).

Travailler l’expérience client, pas seulement la “brique”

Les études insistent sur une réalité : les voyageurs d’aujourd’hui ne cherchent pas uniquement un lit, mais une expérience. Un bon investisseur travaillera donc plusieurs dimensions :

Éléments Clés d’une Location de Vacances Réussie

Pour garantir une expérience mémorable, une location de vacances doit exceller dans quatre domaines essentiels.

Design Intérieur & Ambiance

Mobilier robuste et de qualité, ambiance cohérente (urbaine chic, bord de mer, traditionnelle revisitée), valorisation de la lumière naturelle et bonne circulation dans les pièces.

Équipements & Confort

Internet fiable, climatisation efficace, générateur ou inverter, cuisine bien équipée, literie confortable, linge de qualité et dispositifs de sécurité visibles et fonctionnels.

Services & Assistance

Ménage régulier, conciergerie (réservations, recommandations, visites guidées) et, pour le haut de gamme, services de chef privé ou chauffeur.

Information & Accueil

Guide d’accueil clair (papier ou digital), consignes de sécurité, numéros d’urgence, suggestions d’itinéraires touristiques et conseils pratiques sur le quartier.

Les opérateurs qui externalisent la gestion à des sociétés professionnelles spécialisées (comme LRbnb, Marvel Homes, JMJ à Abuja, ou d’autres gestionnaires cités dans les bases de données) gagnent souvent en cohérence de service et donc en notes, ce qui se traduit ensuite par une meilleure capacité à augmenter l’ADR.

Professionnaliser la gestion grâce aux outils numériques

Le temps des tableaux Excel bricolés touche à sa fin. La complexité croissante des marchés urbains nigérians pousse de plus en plus d’hôtes vers des systèmes de gestion intégrée :

Outils Numériques pour la Gestion Immobilière

Une sélection d’outils et de plateformes clés pour optimiser la gestion, la tarification et la commercialisation de biens immobiliers, notamment dans le contexte africain et nigérian.

Systèmes de Gestion de Propriétés (PMS)

Solutions pour centraliser les réservations, le calendrier, la communication, le ménage et les finances. Exemples : Guesty, Hostfully, Hostaway, Lodgify, ou des outils locaux comme PlistBooking conçus pour l’Afrique.

Outils de Tarification Dynamique

Plateformes pour ajuster automatiquement les tarifs en fonction des événements locaux, de l’occupation des concurrents et de la saison. Exemples : Smart Pricing d’Airbnb, PriceLabs, Beyond Pricing.

Plateformes Proptech Nigérianes

Sites et applications pour analyser la demande, vérifier les tendances de prix, sécuriser les transactions ou gérer les paiements de loyers. Exemples : PropertyPro.ng, Nigeria Property Centre, Rentiful, Spleet, Muster.

Les chiffres rapportés dans certains témoignages sont parlants : des hôtes passant de 5 à 500 propriétés en trois ans grâce à ces outils, des gains de temps de plus de 60 heures par mois par l’automatisation, des hausses de revenus de 300 % en deux ans, et des augmentations de 40 % des tarifs journaliers pour les biens correctement stylés et gérés via des plateformes spécialisées.

Gérer le risque : sécurité, conformité, sortie de secours

À côté des opportunités, une partie du travail de l’investisseur consiste à anticiper et gérer les risques :

Astuce :

Pour sécuriser un investissement locatif, notamment en Afrique, il est crucial de couvrir plusieurs catégories de risques. Face aux risques de sécurité physique (criminalité, incendies, instabilité politique), adoptez une sélection minutieuse des quartiers, des dispositifs de sécurité modernes, des protocoles d’urgence et une assurance adaptée. Pour les risques réglementaires, maintenez une veille active sur les évolutions législatives (particulièrement à Lagos) et documentez scrupuleusement toutes les démarches (licences, enregistrements fiscaux, contrats). Concernant les risques financiers (explosion des coûts d’énergie, inflation des matériaux, fluctuations du naira), certains opérateurs recommandent des montages de paiement en monnaies fortes ou via des comptes séquestres pour sécuriser une partie des revenus. Enfin, pour les risques de marché (sur-offre locale, baisse de la fréquentation touristique), prévoyez une stratégie de « plan B », comme la reconversion du bien en location longue durée si le marché du court séjour devient moins viable.

Vers où va la location saisonnière au Nigéria ?

Toutes les données pointent vers une poursuite de la croissance dans les années à venir. Le nombre d’utilisateurs va augmenter, une part toujours plus grande des réservations se fera en ligne, et le volume de revenus généré par les locations de vacances continuera de croître au-delà de la barre des centaines de millions de dollars.

Les tendances lourdes à surveiller sont multiples :

Bon à savoir :

Le marché se développe au-delà des grandes villes comme Lagos et Abuja, avec une structuration progressive dans des villes secondaires (Port Harcourt, Ibadan…) et des destinations naturelles. On observe l’émergence de réseaux d’appartements meublés standardisés (« serviced apartments ») gérés comme des hôtels. Le cadre réglementaire se renforce avec l’instauration de licences, de registres et d’une fiscalité adaptée. De nouveaux modèles d’investissement fractionné permettent aux particuliers d’acheter des parts de biens. Enfin, l’automatisation s’accélère via des solutions de check-in sans contact, de serrures connectées et de gestion des prix par IA.

Pour les investisseurs qui savent lire les chiffres, se conformer aux règles et travailler sérieusement l’expérience client, les locations saisonnières au Nigéria constituent aujourd’hui l’un des leviers les plus puissants pour générer des rendements immobiliers supérieurs à la moyenne, tout en surfant sur une vague structurelle : l’aspiration croissante à des séjours plus libres, plus personnalisés et plus intégrés à la vie locale que ne peut l’offrir un hôtel standard.

Bon à savoir :

Le marché du jeu vidéo n’est plus à considérer comme un simple secteur d’opportunité, mais comme une industrie à part entière, caractérisée par son exigence et sa forte concurrence. Il est promis à une transformation encore plus profonde dans les années à venir, nécessitant une approche stratégique adaptée à sa maturité.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie au Nigéria
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Nigéria pour chercher du rendement locatif et une exposition à la naira et au dynamisme démographique africain. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Lagos, Abuja, Port Harcourt), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison en zone résidentielle sécurisée dans une ville en forte croissance comme Lagos (Lekki, Victoria Island), combinant un rendement locatif brut cible proche de 10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation lié à l’urbanisation, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers + sécurisation) d’environ 500 000 dollars.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, notaire, fiscaliste), vérification du cadastre et des titres fonciers, choix de la structure (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification progressive.

Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de bénéficier des opportunités du marché nigérian tout en maîtrisant les risques (juridiques, fonciers, fiscaux, locatifs, sécuritaires) et en intégrant cet actif dans une stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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