Le processus d’achat immobilier pour les étrangers en Uruguay

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’Uruguay s’est imposé comme l’un des marchés immobiliers les plus ouverts et les plus sécurisés d’Amérique du Sud. Pour un acheteur étranger, le cadre légal est particulièrement accueillant : mêmes droits que les nationaux, aucune restriction de nationalité, pas de visa nécessaire pour acheter, procédures transparentes et système de registre foncier robuste. Mais “simple” ne veut pas dire “informel” : le processus est très structuré, fortement encadré par les escribanos (notaires publics), et suppose une vraie préparation, surtout en matière de preuves de fonds et de vérifications juridiques.

Bon à savoir :

L’achat immobilier en Uruguay pour un étranger suit un processus complet, de la recherche du bien à l’inscription au registre. Il est essentiel de comprendre les coûts associés, d’identifier les risques potentiels, de connaître le rôle des professionnels impliqués (notaire, agent immobilier) et de considérer les liens éventuels avec une demande de résidence.

Un marché ouvert et sécurisé pour les étrangers

L’un des atouts majeurs de l’Uruguay est l’égalité de traitement entre acheteurs étrangers et uruguayens. Un non-résident, personne physique ou société privée, peut acquérir un appartement en bord de mer, une maison à Montevideo, un terrain rural ou un local commercial dans les mêmes conditions qu’un citoyen local. Il n’existe ni quota, ni autorisation spéciale, ni seuil d’investissement pour accéder à la propriété.

Attention :

Pour les investisseurs privés étrangers, l’acquisition de terres, y compris rurales, côtières ou frontalières, est généralement permise. La principale restriction concerne les États étrangers et certains fonds souverains, à qui l’acquisition de grandes surfaces agricoles est interdite. Pour les particuliers, une seule limite s’applique : au-delà de 500 hectares de terres rurales, la propriété doit d’abord être proposée à l’Institut National de Colonisation, qui dispose d’un droit de préférence d’achat.

Cette ouverture s’appuie sur un environnement perçu comme très sûr : faible niveau de corruption comparé à la région, protection constitutionnelle du droit de propriété, système judiciaire indépendant, registre foncier centralisé. Les indices internationaux situent l’Uruguay parmi les pays les plus stables et transparents d’Amérique latine, avec un risque pays considéré comme le plus bas de la région et un cadre légal comparable à de nombreux pays développés.

Un marché libellé en dollars et en croissance

Autre trait distinctif : l’immobilier uruguayen est largement “dollarisé”. La quasi-totalité des annonces et transactions se fait en dollars américains. Les prix, les offres, les promesses de vente et les actes définitifs utilisent cette monnaie. Pour l’étranger, cela réduit le risque de change lié au peso uruguayen et simplifie le financement depuis l’étranger.

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La valeur projetée du marché immobilier uruguayen dépassera les 200 milliards de dollars dans les prochaines années, attirant des investissements internationaux grâce à la sécurité juridique et à la qualité de vie.

Les acteurs clés : notaire, agent, avocat et autres experts

Un achat immobilier en Uruguay ne se conçoit pas sans un Escribano Público : le notaire public est la pierre angulaire du système. À la différence de certains pays où le notaire se contente d’authentifier des signatures, l’escribano est responsable personnellement de la validité juridique de la transaction.

Astuce :

Le notaire a plusieurs missions essentielles lors d’une transaction immobilière. Il vérifie la chaîne des titres de propriété sur plusieurs décennies, s’assure de l’absence de dettes ou de charges sur le bien, et prépare tous les contrats nécessaires (réservation, promesse de vente, acte définitif). Il gère également l’encaissement du dépôt de garantie sur un compte séquestre sécurisé et procède à l’inscription officielle de l’acte au registre immobilier. Bien qu’il soit choisi et rémunéré par l’acheteur dans la pratique, il agit en tant qu’officier public neutre pour les deux parties.

Aux côtés du notaire, plusieurs autres professionnels peuvent intervenir.

Un agent immobilier local, idéalement bilingue, aide à repérer les biens, analyser les prix, négocier avec le vendeur et coordonner visites et démarches. La profession est réglementée, et il est recommandé de vérifier que l’agence est dûment enregistrée auprès de l’organisme professionnel compétent. De nombreuses agences, comme La Cité Real Estate ou Team Haverkate, se sont spécialisées dans l’accompagnement de clients étrangers.

Bon à savoir :

Pour des opérations immobilières complexes, comme un montage via une société, des questions de fiscalité internationale ou une structuration patrimoniale, le recours à un avocat indépendant est recommandé. Son expertise vient compléter les vérifications juridiques de base assurées par le notaire.

Pour les aspects techniques, il est fortement conseillé de solliciter un architecte ou un ingénieur pour une inspection physique détaillée (structure, étanchéité, installations), ainsi qu’un géomètre (agrimensor) pour confirmer les limites et la surface exacte d’un terrain, notamment en zone rurale. Enfin, un traducteur assermenté pourra produire les traductions officielles des documents étrangers (pouvoirs, actes d’état civil, etc.).

Le tableau ci‑dessous résume les principaux intervenants et leurs fonctions.

ProfessionnelRôle principalQui le choisit ?Coût typique (hors TVA)
Escribano Público (notaire)Due diligence juridique, rédaction des actes, enregistrement, séquestreGénéralement l’acheteur≈ 3 % du prix d’achat
Agent immobilierRecherche de biens, négociation, coordinationAcheteur et/ou vendeur≈ 3 % du prix (chacun)
AvocatConseil juridique complémentaire, structuration fiscale et patrimonialeAcheteurHonoraires au cas par cas
Architecte / ingénieurInspection technique de la propriétéAcheteurForfait selon type de bien
Agrimensor (géomètre)Vérification des limites et plans cadastrauxAcheteurForfait, surtout en zone rurale
Traducteur assermentéTraductions officielles en espagnolAcheteurAu mot ou à la page

Le déroulé du processus d’achat : de la visite au registre

Même si chaque dossier a ses particularités, le schéma type d’un achat immobilier en Uruguay pour un étranger suit cinq grandes étapes : recherche, accord préliminaire, due diligence, acte définitif, enregistrement.

1. Recherche et sélection du bien

Tout commence par la recherche, souvent via des portails en ligne (Infocasas, Mercado Libre, Gallito Luis) et des agences locales. La durée est très variable, mais on estime souvent entre une et quatre semaines pour identifier un bien et s’accorder sur un prix lorsqu’on a des critères clairs.

Les étrangers se concentrent principalement sur quelques zones phares : Montevideo (quartiers de Pocitos, Punta Carretas, Carrasco, Malvín), Punta del Este et ses environs (La Barra, José Ignacio, Manantiales, Punta Ballena), Colonia del Sacramento, ainsi que certaines stations balnéaires plus calmes comme Piriápolis ou La Paloma, et des régions rurales pour l’élevage ou les estancias.

Des exemples de niveaux de prix donnent une idée du marché :

Localisation / type de bienOrdre de grandeur de prix (USD)
Appartement 1 chambre front de mer, Punta del Este≈ 150 000 à 208 000
Appartement 1 chambre, Pocitos (Montevideo)≈ 147 000
Petit appart. urbain à Montevideo (entrée de gamme)À partir d’environ 100 000
Maison 3 chambres front de mer, Punta del Este≈ 200 000 à 1 000 000 selon emplacement et standing
Maison 3 chambres, quartiers résidentiels littoraux de Montevideo (Malvín, Punta Gorda)≈ 500 000 à 1 000 000
Terrain côtier “premium”≈ 4 USD/m²
Terrain résidentiel urbain, Montevideo≈ 2 000 à 6 000 USD/m²
Terre agricole moyenne≈ 4 000 à 5 000 USD/ha (plus pour cultures intensives)

Une fois un bien identifié et le prix négocié, l’acheteur choisit son notaire, si ce n’est pas déjà fait, pour prendre en main la suite.

2. Le Boleto de Reserva : la réservation avec dépôt

La première étape contractuelle est le Boleto de Reserva (ou réservation), parfois rapidement suivi d’une Promesa de Compraventa plus détaillée. Le Boleto consigne les éléments essentiels de l’accord : description du bien, prix, mode et calendrier de paiement, délais pour la suite (due diligence, signature de l’acte définitif), conditions suspensives éventuelles.

Exemple :

Lors de la réservation d’un bien, l’acheteur verse un dépôt, généralement entre 10 % et 20 % du prix. Ces fonds doivent impérativement être versés sur le compte séquestre du notaire, et non directement au vendeur. Cette procédure sécurise les deux parties : l’acheteur est assuré que son argent n’est libéré qu’en cas de transaction régulière, et le vendeur a la garantie de l’engagement financier de l’acheteur.

Ce dépôt est accompagné, côté vendeur, par le dépôt des titres originaux entre les mains du même notaire. En cas de rupture injustifiée par l’acheteur, le contrat prévoit généralement que ce dernier perde le montant versé. À l’inverse, si le vendeur se rétracte sans motif légitime, il doit restituer le double du dépôt.

Le délai entre la signature du Boleto et l’acte définitif varie souvent de 30 à 90 jours, ce qui laisse le temps à la due diligence notariale.

3. La due diligence : étude de titres et contrôles

La période de vérification juridique est le cœur du système uruguayen. Elle dure en pratique de deux à quatre semaines pour un appartement simple, mais peut s’étendre à cinq ou six semaines, voire plus pour des propriétés complexes (rurales, commerciales, héritées, etc.).

Le notaire mène plusieurs séries de contrôle.

Il réalise d’abord un estudio de títulos, une recherche approfondie de la chaîne de propriété sur au moins 30 ans. L’objectif est de vérifier que chaque transfert de propriété passé a été fait correctement, qu’il n’y a pas de rupture dans la chaîne, pas de litige successoral non résolu, pas de vente en contradiction avec une décision judiciaire.

En parallèle, il obtient des certificats de charges (certificado de gravámenes) et d’hypothèques pour s’assurer qu’aucun privilège, saisie ou jugement n’affecte le bien. Ces recherches se font à la fois au registre national de la propriété et auprès de la municipalité compétente (Intendencia).

Bon à savoir :

Lors d’une transaction immobilière, le notaire exige plusieurs attestations : certificats de la DGI et de la BPS, preuve du paiement à jour de la contribution immobilière municipale (Contribución Inmobiliaria) et de l’impôt primaire (Impuesto de Primaria), ainsi que l’absence d’arriérés de taxes municipales. Pour un appartement en copropriété, il vérifie également que les frais communs (gastos comunes) sont intégralement réglés.

Les caractéristiques physiques et administratives du bien sont confrontées aux documents officiels. Les plans cadastraux et municipaux (auprès de la Direction du Cadastre et de l’Intendencia) doivent correspondre à la réalité : une vérification importante pour éviter d’acheter une maison avec des extensions non déclarées ou une pergola construite en infraction avec la réglementation côtière. Sur le littoral, le respect de la frange côtière et d’éventuelles normes environnementales (DINAMA) est un point sensible.

Le vendeur, enfin, est vérifié : identité, capacité civile, situation matrimoniale (certains régimes demandent le consentement du conjoint), et, s’il s’agit d’une société, validité de la personne morale et pouvoirs de ses représentants.

Parallèlement aux contrôles du notaire, la responsabilité de l’acheteur est de diligenter, s’il le souhaite, une inspection technique, confiée à un architecte ou un ingénieur, ainsi qu’une expertise spécifique pour les terres rurales (productivité des sols via indice CONEAT, droits d’eau, analyses agronomiques).

4. La promesse de vente (facultative) et l’acte définitif

Dans certains cas, une Promesa de Compraventa publique est signée après la due diligence, avant l’acte définitif. C’est un engagement plus solennel, souvent enregistré, qui peut prévoir la remise de la possession du bien moyennant le paiement d’une part importante du prix (par exemple 50 %). Elle crée un droit réel au profit de l’acheteur, déjà opposable aux tiers.

Bon à savoir :

L’étape décisive de l’achat est la signature de l’acte de vente authentique (Escritura Definitiva) chez le notaire (escribano), en présence des parties ou de leurs représentants munis d’une procuration. Le solde du prix est payé à ce moment-là, généralement par virement sur le compte séquestre du notaire ou par lettre de change bancaire.

Pour les acheteurs étrangers ne pouvant être sur place, l’usage d’une procuration est courant. Le pouvoir doit être signé devant notaire dans le pays d’origine, légalisé (apostille de La Haye ou légalisation consulaire selon le cas), traduit en espagnol par un traducteur juré et “protocolisé” par un notaire uruguayen pour produire ses effets.

Dès la signature, l’acheteur devient propriétaire en droit. Toutefois, sa protection est pleinement assurée une fois l’acte inscrit au registre.

5. L’inscription au registre immobilier

Après la signature, le notaire se charge de déposer l’acte au Registro de la Propiedad Inmueble de la circonscription où se situe le bien. L’inscription formalise définitivement le transfert de propriété et rend le droit de l’acheteur opposable à tous. C’est aussi ce registre, basé sur le numéro de parcelle (Padrón), qui permet à tout tiers (y compris un futur acheteur) de vérifier l’état juridique du bien.

Le délai pour l’enregistrement est en général de une à trois semaines. En période estivale (décembre à février), les délais peuvent s’allonger en raison des vacances.

Une fois cette formalité accomplie, le notaire remet à l’acheteur une copie certifiée de l’acte enregistré. Il est recommandé de conserver cet original, ainsi que des copies, avec tous les certificats fiscaux et preuves de paiement liés à la transaction.

Le schéma ci‑dessous récapitule les étapes et leurs durées typiques.

ÉtapeContenu principalDurée habituelle
Recherche et sélection du bienVisites, négociation de prix1 à 4 semaines
Boleto de Reserva + dépôtAccord préliminaire, versement 10‑20 % en séquestre1 à 2 jours
Due diligence notarialeÉtude de titres, certificats fiscaux et municipaux2 à 4 semaines (plus si complexe)
Promesa de Compraventa (optionnelle)Engagement public intermédiaire1 semaine
Escritura de Compraventa (acte final)Signature, paiement du solde, remise de la possession1 jour
Enregistrement au Registro de la PropiedadDépôt de l’acte, inscription au registre1 à 3 semaines

Documents et exigences pour l’acheteur étranger

Pour un non-résident, les exigences documentaires tournent autour de trois axes : identification, conformité anti-blanchiment et pouvoirs de représentation.

Un passeport en cours de validité est la pièce d’identité de base. Les notaires demandent aussi souvent un justificatif d’adresse dans le pays d’origine (facture de services, relevé bancaire) et, si le bien est acquis en couple ou en famille, les actes d’état civil correspondants (acte de mariage, par exemple).

Attention :

Pour respecter les règles strictes de lutte contre le blanchiment, l’acheteur doit fournir des documents prouvant l’origine licite des fonds, tels que des relevés bancaires (6 à 12 mois), des déclarations d’impôts, des attestations d’employeur, des actes de vente ou des états de portefeuille. Les banques et notaires uruguayens peuvent refuser tout financement dont l’origine n’est pas clairement documentée.

Dans bien des cas, l’acheteur devra également obtenir un numéro d’identification fiscale uruguayen (RUT), surtout s’il prévoit de louer le bien ou d’ouvrir un compte bancaire local. Le notaire ou l’avocat peut s’occuper de cette formalité.

Pour ceux qui achètent à distance, la procuration est au centre du dispositif. Elle doit être rédigée avec précision, limitée aux pouvoirs nécessaires (achat, signature de contrats spécifiques, démarches auprès du registre), afin d’éviter tout risque d’abus. La légalisation (apostille) et la traduction certifiée en espagnol sont impératives pour sa validité en Uruguay.

Coûts, taxes et frais : combien coûte vraiment acheter ?

Un achat immobilier ne se limite pas au prix affiché. En Uruguay, la plupart des sources convergent vers une fourchette de 6 à 10 % du prix d’acquisition pour les coûts de transaction à la charge de l’acheteur, avec souvent 7 à 8 % comme moyenne réaliste. En ajoutant les frais liés à une future revente, le coût “aller-retour” complet (achat + vente) tourne autour de 11 %.

Répartition typique des coûts de transaction

On peut détailler ainsi les principaux postes.

Poste de coûtTaux / montant indicatifÀ la charge de…
Commission agence immobilière≈ 3 % du prix + 22 % de TVA (≈ 3,66 %)Acheteur (et ≈ 3 % pour le vendeur)
Honoraires de l’escribano (notaire)≈ 3 % du prix + 22 % de TVA (≈ 3,66 %)Acheteur
Impôt sur les transmissions patrimoniales (ITP)2 % de la valeur cadastrale (souvent partagée 1/1)1 % acheteur, 1 % vendeur (sauf accord différent)
Frais d’enregistrement, timbres, montepíos≈ 0,5 % à 1 % du prix + 0,55 % de timbre notarialAcheteur
Certificats, traductions, virements bancaires≈ 600 à 800 USD + 200 à 1 000 USD de frais bancairesAcheteur

La valeur cadastrale, base de calcul de l’ITP et de nombreuses taxes, est généralement inférieure au prix de marché, ce qui allège partiellement la facture fiscale.

Coûts récurrents pour le propriétaire

Une fois propriétaire, il faut tenir compte des charges annuelles et mensuelles.

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Pour un bien de cette valeur en USD, l’impôt foncier municipal au Costa Rica s’élève généralement entre 400 et 700 USD par an.

Pour un appartement ou une copropriété, les gastos comunes (charges communes) couvrent l’entretien, la sécurité, parfois la piscine et la salle de sport. Elles peuvent représenter quelques dizaines à plusieurs centaines de dollars par mois selon le standing de l’immeuble.

L’assurance bâtiment est relativement modérée, avec des primes annuelles souvent comprises entre 0,08 % et 0,20 % de la valeur assurée. À cela s’ajoutent les factures d’électricité, d’eau, de gaz et d’internet, qui, pour un couple, peuvent osciller globalement entre 150 et 300 USD mensuels selon la consommation et la saison.

Bon à savoir :

Les propriétaires non-résidents sont soumis à des impôts spécifiques lorsque leur bien immobilier génère des revenus locatifs.

Les loyers perçus sont soumis à un impôt sur les non-résidents (IRNR), prélevé à un taux d’environ 12 % sur le revenu locatif, souvent retenu à la source. En cas de revente, la plus-value des non-résidents est taxée à 12 %, en tenant compte de l’indexation (la différence entre prix d’achat et de vente corrigés de l’inflation).

Enfin, un impôt sur le patrimoine (Impuesto al Patrimonio) s’applique aux actifs détenus en Uruguay au‑delà d’un certain seuil pour les non-résidents, avec des taux progressifs entre 0,7 % et 1,5 %. Il ne faut pas le confondre avec la fiscalité sur les revenus, de type territorial : en Uruguay, les revenus de source étrangère ne sont en principe pas imposés, sauf cas particuliers de résidents fiscaux après la fin de régimes préférentiels.

Financer son achat : cash, crédit local ou financement externe ?

La plupart des acquisitions immobilières en Uruguay par des étrangers se font au comptant, via des virements internationaux en dollars vers le compte séquestre du notaire ou, parfois, vers un compte local de l’acheteur. L’absence de contrôle des changes et la dollarisation du marché simplifient ce schéma.

Les crédits hypothécaires locaux sont envisageables, mais restent plus difficiles à obtenir pour les non-résidents sans historique bancaire sur place. Plusieurs grandes banques, comme Banco República (BROU), Banco Hipotecario del Uruguay (BHU), Santander Uruguay, Itaú ou Scotiabank, proposent des produits hypothécaires, y compris à des étrangers, mais avec des critères plus stricts.

Bon à savoir :

Pour les étrangers, les banques proposent généralement des prêts couvrant 50 à 60 % de la valeur du bien, nécessitant un apport personnel de 40 à 50 %. Les taux d’intérêt pour un prêt en dollars sur 15 à 20 ans varient habituellement entre 6 % et 10 % par an. Il faut prévoir un délai supplémentaire de deux à trois mois pour l’obtention du crédit, lié aux analyses de solvabilité, aux expertises et à la mise en place des garanties.

Les banques exigent des preuves de revenus solides, souvent équivalents à deux ou trois fois la mensualité de crédit, des vérifications de crédit (y compris dans le pays d’origine) et parfois l’ouverture préalable d’un compte local. Certains prêts sont libellés en Unidades Indexadas (UI), une unité indexée sur l’inflation, avec des taux nominaux plus faibles, principalement pour les résidents.

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L’apport initial minimum pour un financement par le vendeur dans un programme neuf est souvent de 30%.

Beaucoup d’investisseurs internationaux financent leur achat par des emprunts contractés dans leur pays (par exemple une ligne de crédit hypothécaire sur leur résidence principale) afin d’acheter “cash” en Uruguay et de négocier plus efficacement.

Ouvrir un compte bancaire local : utilité et contraintes

Même si ce n’est pas une obligation pour acheter, disposer d’un compte bancaire uruguayen facilite grandement la gestion à long terme : paiement des impôts fonciers, prélèvements des factures de services, encaissement des loyers, règlement des charges de copropriété.

Astuce :

Le système bancaire uruguayen, très régulé par la Banque Centrale (BCU), impose un processus rigoureux de connaissance du client (KYC). Pour ouvrir un compte, l’étranger doit se présenter en personne dans une agence, l’ouverture par procuration n’étant en principe pas acceptée. Il doit fournir un passeport, des justificatifs d’adresse, des preuves de revenus et l’origine des fonds (déclarations fiscales, bulletins de salaire, lettres de banque, etc.). Le délai de validation varie généralement de deux semaines à un mois.

Les banques les plus utilisées par les expatriés sont BROU (banque publique), Itaú, Santander, Scotiabank, BBVA ou HSBC. Certaines peuvent demander un dépôt initial (5 000 à 10 000 USD) et facturer des frais mensuels non négligeables, parfois de l’ordre de 40 à 50 USD pour les non-résidents.

Il existe une forte dollarisation bancaire : un client ouvre souvent automatiquement un compte en pesos uruguayens et un autre en dollars. Les virements internationaux alimentent ensuite ces comptes, et l’acheteur retire une lettre de change le jour de la signature de l’acte pour régler le vendeur en toute sécurité.

Investir pour louer : rentabilité, gestion et risques

Au-delà de la résidence personnelle, beaucoup d’étrangers ciblent l’Uruguay comme marché d’investissement locatif. Les rendements bruts se situent en général entre 4 % et 8 % par an, avec des nuances selon la localisation et le type de location.

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Certains hôtes de Punta del Este peuvent générer environ 20 000 USD annuels grâce à la location saisonnière.

La gestion locative peut être confiée à des sociétés spécialisées, avec des frais généralement compris entre 5 et 10 % des loyers pour des locations longues durées, et 15 à 25 % pour des gestions “tout compris” de locations saisonnières (marketing, accueil, ménage, maintenance).

Attention :

Le droit locatif, protecteur des locataires, impose des durées minimales et encadre les loyers (indexation possible sur l’Unidad Reajustable de Alquiler). Les expulsions pour impayés sont des procédures longues. La demande et les prix peuvent être affectés par la conjoncture économique en Argentine et au Brésil, ainsi que par une liquidité limitée sur certains segments.

Une stratégie prudente consiste à se concentrer sur les fondamentaux uruguayens (demande locale réelle, quartiers établis, qualité d’emplacement), à privilégier les transactions en dollars, à bien étudier la saisonnalité et à recourir à une gestion professionnelle.

Lien entre achat immobilier et résidence en Uruguay

Acheter un bien en Uruguay ne confère pas automatiquement un statut de résident ni un passeport. Toutefois, la propriété immobilière constitue un élément important pour démontrer des “liens économiques” avec le pays, ce qui peut soutenir une demande de résidence.

Bon à savoir :

Plusieurs voies existent. Un achat d’environ 100 000 USD, combiné à des revenus stables (ex: 1 500 USD/mois pour un rentier), peut faciliter une demande de résidence standard ou ‘rentista’. Des parcours plus ambitieux, avec un investissement productif de plusieurs centaines de milliers de dollars ou dépassant 1,7 à 2 millions USD, peuvent donner accès à une résidence avec avantages fiscaux, comme une exonération temporaire sur les revenus étrangers.

Le processus de résidence ordinaire prend généralement de 8 à 12 mois pour aboutir à la résidence permanente, à condition de fournir les documents nécessaires (acte de naissance, extrait de casier judiciaire, preuves de revenus, certificat de santé, tous apostillés et traduits) et de séjourner un minimum sur le territoire. À plus long terme, une résidence bien ancrée peut ouvrir la voie à la citoyenneté après trois à cinq ans, pour peu que l’intéressé démontre sa présence effective, sa maîtrise de l’espagnol et son intégration.

Erreurs fréquentes des acheteurs étrangers et bonnes pratiques

Les statistiques et les retours de professionnels montrent qu’une très grande majorité d’investisseurs étrangers qui se trouvent en difficulté ont négligé la préparation ou fait confiance à des intermédiaires sans vérification suffisante. Quelques erreurs reviennent souvent.

Payer un acompte directement au vendeur, sans passer par le séquestre du notaire, expose à des risques majeurs en cas de problème de titre ou de refus ultérieur. Sauter ou précipiter la due diligence, en se fiant uniquement à l’agent immobilier, laisse la porte ouverte à la découverte tardive de dettes fiscales, d’irrégularités de construction ou de litiges anciens.

Attention :

Ne pas faire inspecter le bien peut entraîner des coûts imprévus de travaux. Retarder la preuve de l’origine des fonds bloque les procédures bancaires et notariales. Oublier ou mal vérifier l’inscription au registre complique les opérations futures.

Pour limiter ces risques, quelques réflexes s’imposent : choisir soi-même un escribano indépendant, vérifier les licences des agences et des professionnels, exiger que tout dépôt passe par le compte séquestre du notaire, ne rien signer sans traduction et explication complètes, prévoir un budget réaliste englobant non seulement le prix du bien mais aussi 8 à 10 % supplémentaires pour les frais, ainsi que les impôts et charges récurrents.

Conclusion : un processus balisé, à condition de le respecter

L’Uruguay offre aux étrangers un cadre exceptionnellement clair et protecteur pour l’achat immobilier : droits équivalents aux nationaux, marché libellé en dollars, registre foncier robuste, notaires responsables de la sécurité juridique, fiscalité raisonnable sur la détention et, pour certains, possibilité d’arrimer un projet résidentiel à un investissement immobilier.

Astuce :

Pour un achat immobilier sécurisé en Uruguay, l’acheteur non-résident doit s’engager dans un processus rigoureux. Cela implique de se soumettre à une due diligence notariale approfondie, de préparer des dossiers complets prouvant l’origine des fonds, et de budgéter des frais de transaction significatifs. Il est essentiel de se faire accompagner par des professionnels sérieux : notaire, agent immobilier, avocat et technicien. En respectant ces étapes et en évitant les raccourcis, l’acquisition peut être relativement simple et, surtout, durablement sécurisée, que l’objectif soit d’y vivre, de diversifier son patrimoine ou de générer des revenus locatifs.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie en Uruguay

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, disposant déjà d’un patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Uruguay pour rechercher du rendement locatif et une exposition au peso uruguayen / dollar. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit. Après analyse de plusieurs marchés (Montevideo, Punta del Este, Colonia del Sacramento), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans un quartier en développement de Montevideo ou proche des plages de Punta del Este, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 8–10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, notaire, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps. Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de bénéficier des opportunités du marché uruguayen tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs, et en intégrant cet actif dans une stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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