Entre mer des Caraïbes, cordillère des Andes et immensités des Llanos, le Venezuela est un pays où le sport se vit autant dans la rue que dans les stades. Pour un voyageur actif, c’est un terrain de jeu presque inépuisable, avec un contraste saisissant entre les grandes disciplines de compétition – baseball, football, basket – et une foule d’activités de plein air, en particulier sur les côtes et les plages. Pratiquer un sport au Venezuela, c’est entrer en contact direct avec la culture locale, mais aussi avec des paysages spectaculaires, des eaux chaudes du littoral caraïbe jusqu’aux sommets andins couverts de neige.
Avec plus de 2800 km de côtes tropicales, une eau à 27-28°C et des archipels protégés, le littoral est idéal pour les sports nautiques. L’intérieur, avec ses 43 parcs nationaux, la cordillère de Mérida, les tepuis et les plaines de l’Orénoque, attire les adeptes de randonnée, d’escalade, de cyclisme et de kayak.
Dans ce paysage foisonnant, certains sports se détachent par leur popularité ou parce qu’ils incarnent une facette particulière de la culture vénézuélienne. Loin de proposer un simple catalogue, il s’agit ici de comprendre comment ces pratiques s’enracinent dans le territoire et comment un voyageur peut les expérimenter.
Le royaume des sports de plage et de mer
Le littoral vénézuélien est le fil conducteur de nombreux sports populaires, surtout pour les voyageurs. Le pays cumule deux atouts rares : une eau chaude toute l’année et une grande diversité de plans d’eau, des beach breaks de l’île de Margarita aux lagunes ultra protégées de Los Roques.
Surf : une destination encore confidentielle mais très prometteuse
Le surf est en plein essor au Venezuela. Le pays est souvent décrit comme une destination émergente et tendance, encore loin de la fréquentation de spots voisins plus médiatisés, ce qui en fait un terrain de jeu attrayant pour les surfeurs en quête de vagues de qualité sans la foule.
La saison de houle la plus favorable s’étend globalement de novembre à mars, quand les dépressions de l’Atlantique Nord envoient des séries régulières vers la côte caribéenne. Pendant cette période de saison sèche, les alizés de nord-est génèrent presque en continu des « windswells » de 3 à 6 pieds. Les matinées sont souvent les plus propices, avant que le vent ne se renforce. L’été, les houles sont plus modestes, dans les 2 à 4 pieds, mais certaines dépressions tropicales ou houles de cyclone peuvent apporter des vagues de 8 à 10 pieds, avec parfois peu de vent.
L’ensemble du littoral abrite des dizaines de spots : les guides spécialisés recensent au moins 25 sites majeurs. Parmi eux, plusieurs zones se détachent clairement.
Sur l’île de Margarita, trois plages structurent la scène surf locale. Playa el Agua est une longue bande de sable de 4 kilomètres, avec un beach break offrant droites et gauches sur fond de sable, qui fonctionne à toutes les marées. La puissance des vagues y est jugée « ordinaire », ce qui en fait un bon spot pour se mettre à l’aise, d’autant que la plage, bordée de palmiers, est animée et bien équipée (kayak, jet-ski, parachute ascensionnel). À quelques kilomètres, Parguito, plus compacte avec environ un kilomètre de front de mer, propose des vagues nettement plus puissantes. C’est un beach break qui marche particulièrement bien à mi-marée sur marée montante. Ce n’est pas un hasard si la plage a accueilli les Jeux panaméricains de surf en 2002 et plusieurs championnats nationaux, ni si on y trouve aussi du beach-volley et des cours de yoga : c’est l’un des cœurs battants de la culture surf vénézuélienne. Plus discret, Guacuco est lui aussi un beach break sablonneux, plutôt adapté aux shortboards. On y trouve une école locale, la Escuela de Surf Guacuco Roots, qui donne des cours et facilite l’accès aux débutants.
La côte accessible depuis Caracas et Maracay concentre plusieurs spots réputés. Cuyagua, à deux heures de Maracay, est un beach break puissant et tubulaire, optimal de mi-marée à marée haute. Plus près de Caracas, Los Caracas (à 1h30) est un reef break exigeant sur dalle rocheuse, et Punta Care (à 1h) est un pointbreak mixte performant à mi et pleine mer. D’autres spots comme Mamo, Tanaguarena, El Playón ou Anare permettent d’adapter la session aux conditions.
À l’est, l’État de Sucre abrite un autre joyau surfistique : Pui Pui. Cette plage combine fond de sable et une impressionnante série de 13 à 15 pics surfables, accessibles via l’aéroport de Cumaná ou une route depuis Carúpano. Plus au large, du côté de Los Roques, des vagues se brisent sur les récifs coralliens. Punto La Gillette, près de Gran Roque, est un reef break puissant accessible uniquement en avion ou en bateau puis à pied. Le décor de lagon turquoise et de sable blanc contraste avec le caractère exigeant de la vague.
D’autres noms circulent parmi les initiés : Patanemo avec ses vagues sur récif corallien coupant, Playa Los Cocos et ses bancs de sable rapides sur fond mixte sable-rocher, Cumboto au meilleur de mi-marée montante, ou encore des spots plus confidentiels comme Chaguaramas de Sotillo, accessible par une piste conseillée aux 4×4, qui propose droites et gauches sur fond sableux et rocheux.
Le surf au Venezuela s’adresse clairement à plusieurs publics. Les débutants trouvent des conditions rassurantes sur des plages comme El Agua ou certains jours à Guacuco. Les surfeurs intermédiaires peuvent progresser sur des beach breaks de puissance moyenne avant d’oser Cuyagua ou Parguito dans de bonnes conditions. Les locaux, souvent très techniques, rappellent toutefois que ce littoral n’est pas exempt de dangers : récifs tranchants à Patanemo ou Los Caracas, blocs rocheux immergés, fort courant selon la configuration, sans oublier des routes parfois dégradées et des risques de vol dans certains secteurs isolés. La recommandation locale est claire : venir avec son propre matériel et du spare (ailerons, leash, dérives), surveiller les prévisions de houle, ne pas surfer seul sur un spot inconnu et prévoir une trousse de premiers secours basique (désinfectant, pansements, gouttes pour les yeux et les oreilles).
Kitesurf et windsurf : le paradis du vent plat
Si le surf se développe, le Venezuela est déjà une destination majeure pour le kitesurf et le windsurf. Les conditions de vent, notamment de janvier à juin, y sont réputées fiables, avec un véritable « paradis d’eau plate » sur plusieurs sites.
Le village d’El Yaque, sur l’île de Margarita, est une destination mondialement reconnue pour la planche à voile et le kitesurf. Ses vents forts et réguliers de janvier à mai, sur une eau peu agitée, ainsi qu’un écosystème complet dédié (posadas, écoles spécialisées, restaurants de plage) en font un spot idéal, avec une scène freestyle très active pour les pratiquants confirmés.
À quelques encablures, l’île de Coche pousse encore plus loin la logique du spot de vent parfait. Playa Coche est une longue plage de sable, aux eaux calmes et peu profondes, balayées par des vents réguliers. C’est un terrain de jeu idéal pour l’apprentissage ou le perfectionnement en kitesurf et windsurf. Des hôtels-clubs comme Coche Paradise ou Sunsol Punta Blanca proposent hébergement, restauration (buffets, formules tout compris) et accès direct à la plage, ce qui facilite une pratique intensive. Un itinéraire populaire est le downwinder en kite reliant El Yaque à Coche : une longue glisse en vent arrière qui permet de traverser ce bras de mer dans un cadre de carte postale.
Plus au nord-ouest, la péninsule de Paraguaná, et en particulier Adícora, est une autre Mecque du vent. Située dans l’État de Falcón, cette zone combine eaux peu profondes, alizés puissants et grandes étendues dégagées. Les pratiquants parlent d’un spot idéal à la fois pour le freeride et le freestyle. Sur d’autres secteurs de la même région, comme Morrocoy ou les cayos alentours, la navigation est plus axée balade que performance, avec exploration de lagunes, de récifs et de bancs de sable isolés.
L’archipel de Los Roques, enfin, représente un fantasme pour beaucoup de kitesurfeurs. Ce parc marin, formé d’environ 350 îlots et cayes, offre des lagunes turquoise et des bancs de sable immaculés battus par les alizés. Le vent y est régulier, l’eau d’une clarté exceptionnelle et la fréquentation encore relativement limitée. Le cadre est cependant plus technique à organiser : accès par avion depuis Caracas, hébergements en posadas comme Posada Cayo Luna ou Aquarena, et nécessité de coordonner bateaux et sorties avec les opérateurs locaux pour respecter les zones protégées.
Sur ces différents spots, la période la plus favorable s’étend en général de janvier à juin, avec des vents constants. Pour un pratiquant qui veut enchaîner les sessions, une combinaison El Yaque – Coche – Adícora – Los Roques représente probablement l’un des meilleurs rapports qualité/prix en termes de vent et de variété de paysages.
Plongée, snorkeling et exploration des récifs
Au-delà du surf et du vent, le Venezuela est aussi un terrain de jeu privilégié pour la plongée et le snorkeling. Les récifs coralliens y sont particulièrement bien développés dans certains parcs marins, notamment Los Roques et Morrocoy, mais aussi autour de diverses îles et cayes.
Le lagon de Los Roques s’étend sur une superficie de plus de 400 km², formé il y a environ 130 millions d’années.
Morrocoy, sur la côte de Falcón, est un autre sanctuaire. Ses dizaines de cayos (Cayo Sombrero, Playa El Faro, Playa Puy Puy, entre autres) mêlent plages de sable blanc, lagons cristallins et récifs accessibles facilement depuis la surface. La plongée bouteille permet d’explorer davantage les tombants et jardins de corail, tandis que le snorkeling se pratique quasi partout. Des restaurants et posadas comme La Ardileña ou Posada Luz Del Faro complètent l’offre, de même que des sorties en bateau à la journée organisées depuis Tucacas ou Chichiriviche.
D’autres sites complètent ce panorama. Playa Varadero est connue pour la transparence de son eau et l’abondance de la vie marine. Playa Caribe, dans l’État de Miranda, offre des fonds riches en faune autour des récifs. Sur Margarita, Playa Caribe et Playa Puerto Cruz se prêtent aussi bien à la baignade qu’à la plongée en apnée.
Pour les voyageurs, ces activités sont souvent combinées avec de simples plaisirs de plage : natation, kayak, balades en bateau, et même collecte de coquillages, très répandue sur des sites comme Cayo de Agua, La Francésa, Playa Medina, Playa Colorada, Playa Coche ou Playa Manzanillo.
Beach-volley, yoga, jeux de plage : la vie sportive côté sable
Sur les grandes plages touristiques, les sports de sable tiennent une place de choix. Le beach-volley est omniprésent, notamment à Playa Parguito, où des tournois sont organisés, et d’où sont issues les équipes nationales de volley de plage qui ont participé à la Coupe Continentale CSV 2018–2020. L’ambiance y est celle d’un club de plage à ciel ouvert : filets installés en permanence, matchs improvisés en fin de journée, mélange de locaux et de visiteurs.
D’autres sports de plage cités dans les programmes de compétitions régionales, comme les Jeux sud-américains de plage ou les Jeux bolivariens de plage, témoignent de la variété potentielle : beach soccer, beach tennis, beach rugby, frescobol, footvolley, ultimate frisbee de plage ou même sandboard. Si tous ne sont pas pratiqués partout au quotidien, ils montrent que les plages vénézuéliennes servent aussi de théâtre à des événements multi-sports d’envergure.
Dans certains lieux, les activités physiques se font plus douces. À Parguito, par exemple, des cours de yoga sont proposés sur le sable, souvent au lever ou au coucher du soleil, aux côtés des surfeurs qui s’échauffent. À Playa El Agua, on trouve aussi du kayak, du jet-ski, du parachute ascensionnel et des balades en bateau le long de la côte, autant de déclinaisons ludiques de la relation très forte que les Vénézuéliens entretiennent avec la mer.
Les grands sports nationaux à vivre de l’intérieur
Au-delà du littoral, le Venezuela est surtout un pays de grands sports collectifs de stade : baseball, football et basket. Même si le voyageur ne participe pas directement à ces disciplines au haut niveau, s’y intéresser, assister à un match ou jouer de manière informelle dans un parc ou sur une plage, c’est toucher au cœur de la culture sportive locale.
Baseball : le sport-roi, des terrains de quartier aux grandes ligues
Le baseball est la passion sportive numéro un au Venezuela. On estime à environ 200 000 le nombre de pratiquants, mais l’influence de ce sport dépasse largement ces chiffres : plus de 350 Vénézuéliens ont évolué en Ligue majeure nord-américaine depuis 1939, et des noms comme Luis Aparicio, Miguel Cabrera, Johan Santana ou Ronald Acuña Jr. ont acquis une stature quasi mythique.
L’implantation du baseball remonte au début du XXᵉ siècle, portée par la présence des compagnies pétrolières américaines. Le tournant symbolique est la victoire retentissante de la sélection nationale contre Cuba lors de la IVe Série mondiale amateur, à La Havane, le 22 octobre 1941. Ce triomphe inattendu a déclenché une liesse nationale, au point que des dizaines de milliers de personnes ont accueilli l’équipe sur les routes entre La Guaira et Caracas et que le président Isaías Medina Angarita a décrété la date jour férié. Des décennies plus tard, des journalistes sportifs qualifieront encore cet exploit de plus grand événement sportif vénézuélien du XXᵉ siècle.
La Ligue vénézuélienne de baseball professionnel (LVBP), fondée en 1945, est la ligue hivernale phare du pays. Elle compte huit équipes emblématiques : Leones del Caracas, Navegantes del Magallanes, Tigres de Aragua, Cardenales de Lara, Águilas del Zulia, Caribes de Anzoátegui, Bravos de Margarita et Tiburones de La Guaira. Sa saison, très populaire, culmine par des playoffs. Le champion représente ensuite le Venezuela à la Série des Caraïbes, où les clubs nationaux ont connu de nombreux succès.
L’implantation de ces clubs structure l’urbanisme sportif du pays, avec de grands stades répartis sur tout le territoire.
| Stade de baseball | Ville | Capacité | Club résident principal |
|---|---|---|---|
| Estadio Monumental de Caracas Simón Bolívar | Caracas | 40 000 | Leones del Caracas |
| Estadio La Ceiba | Ciudad Guayana | 30 000 | – |
| Estadio Luis Aparicio « El Grande » | Maracaibo | 23 900 | Águilas del Zulia |
| Estadio Antonio Herrera Gutiérrez | Barquisimeto | 22 000 | Cardenales de Lara |
| Estadio Universitario | Caracas | 20 723 | – |
| Stadium Nueva Esparta | Porlamar | 18 000 | Bravos de Margarita |
| Estadio Alfonso Chico Carrasquel | Puerto La Cruz | 18 000 | Caribes de Anzoátegui |
| Estadio José Bernardo Pérez | Valencia | 16 000 | Navegantes del Magallanes |
| Estadio Fórum La Guaira | Macuto | 14 300 | Tiburones de La Guaira |
| Estadio José Pérez Colmenares | Maracay | 12 647 | Tigres de Aragua |
Pour un visiteur, assister à un match de LVBP est une expérience en soi : ambiance très familiale, musique dans les tribunes, vendeurs ambulants, commentaires passionnés. Mais la pratique du baseball ne se limite pas aux stades : dans les quartiers, les terrains vagues se transforment en diamants improvisés, et des versions plus simples comme la pelotica de goma (balle en caoutchouc, parfois sans gants ni équipement complet) permettent à presque tout le monde de jouer, faute de moyens.
Cette tradition est prolongée par une intense activité de formation. Une ligue estivale affiliée aux MLB (Venezuelan Summer League) a longtemps servi de vivier pour les franchises américaines, complétée par une Liga Paralela en hiver. La création en 2004 du Prix Luis Aparicio, qui récompense chaque année le meilleur Vénézuélien en MLB, montre combien le pays suit de près la trajectoire de ses stars à l’étranger.
Pour un voyageur souhaitant pratiquer, l’approche la plus réaliste consiste à rejoindre des matchs informels dans les parcs ou terrains de quartier, surtout le week-end, ou à participer à des clinics ou académies privées dans certaines grandes villes. Sur les plages, il n’est pas rare non plus de voir des groupes improviser des parties avec un simple bâton et une balle.
Football : la montée en puissance de « La Vinotinto »
Pendant longtemps, le football a souffert de la domination du baseball. Aujourd’hui, il est pourtant l’un des sports les plus pratiqués du pays : on estime à environ 500 000 le nombre de joueurs, du foot de rue aux ligues amateur, et la sélection nationale, surnommée « La Vinotinto » en référence à la couleur bordeaux de son maillot, a conquis une large partie du public.
Organisation pyramidale et historique des compétitions nationales, sous l’égide de la Fédération vénézuélienne de football.
Fondée en 1926, elle encadre structurellement le football dans le pays.
Existe depuis 1921, professionnalisé en 1957. Souvent appelée Liga FUTVE.
Comprend une Première Division (~18 clubs), une Deuxième Division fournie, et des 3ème et 4ème niveaux via les associations régionales.
La liste des grands stades de football donne une idée de l’importance de cette infrastructure.
| Stade de football | Ville | Capacité | Club principal |
|---|---|---|---|
| Estadio Monumental de Maturín | Maturín | 52 000 | Monagas SC |
| Estadio Metropolitano de Fútbol de Lara | Barquisimeto | 47 913 | Unión Lara |
| Estadio Metropolitano de Mérida | Mérida | 42 200 | Estudiantes de Mérida FC |
| Polideportivo Cachamay | Ciudad Guayana | 41 600 | Mineros de Guayana |
| Estadio José Pachencho Romero | Maracaibo | 40 800 | clubs de Maracaibo |
| Estadio Polideportivo de Pueblo Nuevo | San Cristóbal | 38 755 | Deportivo Táchira Fútbol Club |
| Estadio José Antonio Anzoátegui | Puerto la Cruz | 37 485 | Deportivo Anzoátegui |
Pour un joueur amateur ou un voyageur, le football se pratique surtout en mode informel : terrains urbains, plages, parcs, tournois d’entreprise ou de quartier. Mais la montée en gamme de la sélection nationale a clairement renforcé l’attrait du sport. Même si le pays reste le seul membre de la CONMEBOL à n’avoir jamais disputé de Coupe du monde, la progression depuis les années 2000 est notable. Sous l’impulsion de coachs comme Richard Páez ou César Farías, l’équipe est passée du statut de « victime désignée » à celui d’adversaire respecté, avec des victoires historiques, comme le premier succès contre l’Uruguay ou un match gagné face au Brésil en amical.
Les compétitions de jeunes illustrent cette progression. L’équipe U20 a participé au Mondial U20 de la FIFA dès 2009, avant de décrocher une finale en 2017, ce qui constitue l’un des plus grands exploits du football vénézuélien. Pour les passionnés de ballon rond, il est possible de suivre des matchs de championnat dans des stades comme l’Olímpico de l’UCV à Caracas ou Pueblo Nuevo à San Cristóbal, mais aussi de croiser la culture foot partout sur les murs, dans les cafés ou les bus décorés aux couleurs de « La Vinotinto ».
Basket-ball : une autre grande passion collective
Le basket-ball occupe une place particulière dans le paysage sportif vénézuélien. Traditionnellement considéré comme le deuxième sport le plus populaire derrière le baseball, il combine une solide tradition de pratique de rue (terrains en béton dans les quartiers, playgrounds publics) et un championnat professionnel structuré.
La Fédération vénézuélienne de basket (FVB) encadre la pratique, avec une élite organisée aujourd’hui en Superliga Profesional de Baloncesto (SPB). Cette ligue, héritière de la Liga Profesional de Baloncesto, compte une vingtaine d’équipes réparties en conférences, avec un format saison régulière + playoffs et un All-Star Game. Des clubs comme Marinos de Anzoátegui, Trotamundos de Carabobo, Guaiqueríes de Margarita, Cocodrilos de Caracas ou Guaros de Lara sont bien connus du grand public.
Deux enceintes symbolisent le basket de haut niveau.
| Salle de basket | Ville | Capacité | Club / usage principal |
|---|---|---|---|
| Domo Bolivariano | Barquisimeto | 10 000 | Guaros de Lara |
| Forum de Valencia | Valencia | 10 000 | clubs de Liga Pro de basket |
La sélection nationale masculine s’est imposée comme l’une des meilleures d’Amérique du Sud, avec notamment un titre de champion des Amériques (FIBA AmeriCup) en 2015. Le pays a aussi accueilli d’importants tournois internationaux, comme le tournoi de qualification olympique FIBA 2012 et le Championnat des Amériques 2013, confirmant son poids sur la scène continentale.
Pour les voyageurs aimant le basket, il est assez facile de trouver des parties informelles en soirée, sur des terrains extérieurs dans les grandes villes et les bourgs. La culture du panier de rue y est bien ancrée, portée par des figures locales et inspirée par les parcours de joueurs devenus professionnels, comme Greivis Vásquez, Carl Herrera, Óscar Torres ou Richard Lugo.
Volley et beach-volley : du parquet au sable
Le volley-ball est lui aussi bien ancré au Venezuela. La Fédération vénézuélienne de volley a été fondée dès 1937 et le pays dispose d’une Super Ligue de volley depuis 2011. L’équipe masculine a marqué les esprits en décrochant l’or aux Jeux panaméricains de 2003, avant de qualifier les équipes masculines et féminines pour les Jeux de Pékin 2008.
Côté plage, la discipline se confond avec le beach-volley. Les équipes nationales ont participé récemment à la Coupe Continentale CSV 2018–2020, et les scènes de beach-volley improvisé sur des spots comme Parguito, El Agua ou certaines plages de Morrocoy montrent combien ce sport est associé à la sociabilité littorale. Pour qui souhaite pratiquer, il suffit souvent d’apporter un ballon : un filet est déjà planté, et des adversaires se trouvent en quelques minutes.
Sports de nature et aventures en plein air
La pratique sportive au Venezuela ne se limite pas aux sports institutionnels. Une partie croissante de l’attrait du pays pour les voyageurs sportifs vient de ses grands espaces : trekking dans la Gran Sabana, alpinisme dans les Andes, kayak dans le delta de l’Orénoque, sorties en VTT, etc.
Randonnée, trekking et alpinisme : des tepuis aux Andes
Avec 43 parcs nationaux et 21 monuments naturels, le Venezuela est un immense terrain de randonnée. Canaima, au sud, est sans doute le plus emblématique. Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, ce parc de trois millions d’hectares rassemble jungles, rivières, savanes et tepuis, ces montagnes-tabliers aux falaises verticales vieilles de 1,5 à 2 milliards d’années. C’est là que se jette Salto Ángel, la plus haute chute d’eau ininterrompue du monde (979 m de hauteur), que l’on observe au terme de treks et de remontées en pirogue.
Ce trek classique mène à un plateau de 31 km², culminant à la frontière du Venezuela, du Brésil et du Guyana, entouré de falaises de 400 mètres. L’ascension, répartie sur plusieurs jours, est exigeante mais reste accessible aux randonneurs en bonne condition physique. Elle est considérée comme l’une des expériences sportives les plus marquantes du pays.
Dans les Andes vénézuéliennes, autour de Mérida, le registre est plus alpin. Le téléphérique de Mérida, le plus long et le plus haut du monde, emmène les visiteurs de la ville (environ 1 500 m d’altitude) jusqu’à près de 4 360 m, à Pico Espejo, en traversant plusieurs stations. De là, des randonnées à pied ou à dos de mule mènent vers des villages de montagne comme Los Nevados. Les plus aguerris s’attaquent à des sommets comme le Pico Bolívar, point culminant du pays à 4 981 m. On trouve également, sur la cordillère de Mérida, des infrastructures de ski de haute altitude, unique dans le pays.
Kayak, rafting et sports d’eau vive
La diversité des cours d’eau offre de nombreuses possibilités de sports d’eau vive. Les affluents de l’Orénoque, en particulier, attirent les kayakistes et rafteurs avides de rapides tropicaux. Des agences spécialisées, comme Osprey Expeditions, organisent des descentes combinant progression sportive, observation de la faune et immersion dans les cultures indigènes, notamment chez les Warao dans le delta de l’Orénoque.
Dans le vaste delta du fleuve, qui s’étend sur plus de 30 000 km² de marais et de canaux, le kayak et le canoë sont les moyens d’exploration privilégiés. La pratique se concrétise par des itinéraires de plusieurs heures ou de plusieurs jours, ponctués de rencontres avec la faune locale comme les dauphins d’eau douce, les singes hurleurs, les caïmans et de nombreux oiseaux tropicaux.
Cyclisme, VTT et routes de montagne
Le cyclisme est un sport très présent au Venezuela, à la fois au niveau amateur et en compétition. Des courses comme la Vuelta a Venezuela ou la Vuelta al Táchira, intégrées au calendrier UCI America Tour, témoignent d’une culture cycliste bien établie. Des coureurs comme José Rujano, troisième du Giro d’Italia 2005, illustrent ce potentiel.
Pour un pratiquant, les options vont de la route de montagne dans les Andes à la randonnée VTT dans les Llanos ou aux abords des parcs nationaux. La cordillère de Mérida, en particulier, propose de longues ascensions, routes panoramiques et pistes non goudronnées, idéales pour le gravel ou le VTT. Les plaines des Llanos se prêtent davantage au vélo de randonnée, avec des lignes droites immenses et la possibilité d’observer une faune variée.
Sports traditionnels et ancrage culturel
Certains sports vénézuéliens ne se comprennent que dans leur contexte culturel. Ils occupent parfois moins d’espace médiatique qu’un match de baseball, mais ils disent beaucoup de l’identité du pays.
Coleo et Toros Coleados : les sports des Llanos
Le coleo, ou toros coleados, est une forme de rodéo typique de l’est et du sud du Venezuela, surtout dans les Llanos. Des cavaliers, les llaneros, poursuivent un taureau sur une piste d’environ 100 yards de long. L’objectif : saisir l’animal par la queue et le renverser au sol, parfois plusieurs fois en quelques minutes. Quatre ou cinq cavaliers s’affrontent ainsi, et le vainqueur est celui qui parvient à faire tomber le taureau le plus de fois.
Le coleo est une pratique équestre traditionnelle, dangereuse mais populaire dans certaines régions, où elle est liée à l’identité des cow-boys. Elle se déroule dans des arènes dédiées, avec des compétitions et des fêtes. Pour les voyageurs, il est recommandé d’assister à un tournoi en tant que spectateur plutôt que d’y participer, car la discipline exige une grande expérience équestre et une connaissance précise des règles locales.
Bolas Criollas : la pétanque à la vénézuélienne
Les Bolas Criollas sont un autre sport traditionnel très répandu, surtout dans les zones rurales et les Llanos. Inspiré des jeux de boules européens, le principe rappelle la pétanque ou la bocce : deux équipes lancent des boules lourdes en visant une petite bille métallique, le mingo. Les parties se jouent sur un terrain en terre battue de 20 à 30 mètres de long.
Fondée en 1956, elle organise chaque année un championnat national, témoignant de l’enracinement du jeu dans la culture populaire. Pour les voyageurs, il est facile d’observer des parties dans les villages, sur des terrains sommaires près des bars ou des places. Avec un peu de curiosité, les habitants invitent volontiers les étrangers à essayer, car le jeu repose davantage sur la convivialité que sur la performance athlétique.
Fédération vénézuélienne de Bolas Criollas
Corrida, arts martiaux et autres pratiques
La corrida, héritée de la colonisation espagnole, est présentée dans le pays davantage comme un art spectaculaire que comme un sport. On compte plus de 55 arènes et une vingtaine d’élevages de taureaux de combat, avec des ferias importantes comme celles de San Cristóbal ou de Mérida. La pratique reste cependant controversée sur le plan éthique, et sa popularité n’est pas comparable à celle des grands sports collectifs.
D’autres disciplines plus discrètes existent aussi, comme El Juego del Garrote (ou Garrote Larense), une forme d’art martial traditionnel impliquant bâtons, machettes et couteaux, souvent associé à des fêtes religieuses comme le Tamunangue. Dans les villes, des arts martiaux plus internationaux, judo ou taekwondo, sont bien implantés, portés par des champions comme Naomi Soazo (première médaillée d’or paralympique du pays) ou Elvismar Rodríguez.
Conseils pratiques pour les voyageurs sportifs
Que l’on vienne pour surfer, faire du kite, randonner ou simplement jouer au foot sur la plage, quelques repères pratiques facilitent grandement la pratique sportive au Venezuela.
Le climat tropical impose de prendre au sérieux l’hydratation, l’usage répété de crème solaire et de répulsif anti-moustiques, surtout en zones humides (delta, Amazonie, Llanos). Sur la côte, l’eau de mer tourne autour de 27–28 °C, ce qui permet de pratiquer la plupart des sports nautiques en maillot ou lycra sans combinaison, mais le soleil peut être violent, même sous les nuages.
Les déplacements peuvent être longs. Le bus est le moyen le plus économique, les taxis sont abondants mais souvent sans compteur, et le métro de Caracas est pratique en ville. Les véhicules de location sont peu nombreux et souvent en mauvais état. Il est déconseillé d’utiliser les transports publics la nuit. Pour accéder à des spots isolés (comme Chaguaramas de Sotillo pour le surf, certaines plages de la côte centrale ou les pistes des Llanos), un 4×4 avec un chauffeur local expérimenté est vivement recommandé.
Dans l’eau, une vigilance particulière est de mise sur les récifs coralliens (Patanemo, Los Roques, Morrocoy), qui peuvent être très coupants. Le port de chaussons peut éviter bien des blessures. En surf, plusieurs spots comportent des dalles rocheuses ou des blocs inaperçus à marée haute. Il est donc préférable de se renseigner auprès des surfeurs locaux avant de se jeter à l’eau, et d’éviter de surfer seul sur un spot inconnu.
Avant votre départ, il est conseillé de mettre à jour vos vaccins courants. Pour les séjours prolongés dans les zones tropicales intérieures, des vaccinations spécifiques contre l’hépatite A et B, la fièvre jaune ou la typhoïde peuvent être nécessaires. En complément, certains voyageurs optent pour une assurance de type « voyage/sport » afin d’être couverts lors d’activités comme la glisse ou la randonnée en montagne.
Enfin, même si le coût de la vie est relativement bas pour un visiteur (repas simples à partir de 1 USD, restauration moyenne vers 3 USD), la situation économique et sociale du pays implique de rester attentif à la sécurité, de privilégier les zones touristiques structurées et de se tenir informé des conseils officiels de voyage.
Un pays façonné par le sport
Quand on observe l’ensemble des sports populaires à pratiquer au Venezuela, une trame se dessine. Les disciplines dominantes – baseball, football, basket – reflètent l’influence nord-américaine et mondiale, mais ont été réinterprétées localement, jusqu’à devenir des marqueurs identitaires forts. Les sports de plage et de mer exploitent la géographie exceptionnelle du littoral, de la houle d’Atlantique aux alizés constants des archipels coralliens. Les sports de nature – randonnée, kayak, cyclisme – prolongent cette relation au territoire, vers les tepuis et les Andes. Enfin, les pratiques traditionnelles comme le coleo ou les Bolas Criollas rappellent que le sport est aussi une affaire de mémoire et de sociabilité, pas seulement de performance.
Le Venezuela permet d’enchaîner diverses activités sportives en une journée ou un voyage. Par exemple, surfez le matin à Parguito, jouez au beach-volley au coucher du soleil à Playa El Agua, puis assistez à un match des Leones del Caracas. Pour les aventures plus longues, combinez un trek de plusieurs jours sur le mont Roraima avec une exploration en kayak du delta de l’Orénoque. Des activités locales spontanées, comme une partie de Bolas Criollas ou un match de foot improvisé sur la plage, complètent cette offre.
Au fond, ce qui unit tous ces sports au Venezuela, c’est une énergie collective très forte, une manière de vivre le jeu comme prolongement naturel du quotidien. Qu’on soit spectateur ou pratiquant, amateur de grands stades ou d’espaces sauvages, ce pays offre une multitude de façons de bouger, de se dépasser, et de comprendre, par le sport, une partie de son âme.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Venezuela, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Venezuela pour la combinaison d’un coût de vie très bas, d’opportunités de rendement élevées (immobilier et devises) et d’une fiscalité locale avantageuse sur les revenus de source étrangère, sous réserve d’une structuration adaptée. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale dans une zone sécurisée, couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire et ouverture de comptes multidevises, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseillers bilingues) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire) pour maîtriser les risques politiques, monétaires et de double imposition.
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