La sécurité au Venezuela : conseils pour une expatriation réellement sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’expatrier au Venezuela, et plus particulièrement à Caracas, ne ressemble pas à un projet classique en Amérique latine. Le pays combine paysages spectaculaires, culture chaleureuse et coût de la vie en dollars relativement abordable, mais aussi l’un des environnements sécuritaires les plus risqués du continent. Homicides parmi les plus élevés au monde, crise humanitaire, effondrement des services publics, risques d’enlèvement et d’arrestation arbitraire : tout candidat à l’expatriation doit aborder ce projet avec une lucidité totale.

Bon à savoir :

Cet article s’adresse spécifiquement aux personnes envisageant une installation à l’étranger pour des raisons professionnelles, familiales ou humanitaires. Son but n’est pas d’encourager le départ à tout prix, mais de fournir une analyse précise des risques, des marges de manœuvre et des précautions indispensables pour sécuriser au maximum cette expatriation.

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Comprendre le contexte : un pays en crise profonde

Avant même de parler de sécurité personnelle, il faut mesurer l’ampleur de la crise que traverse le pays. Depuis 2015, le Venezuela vit un effondrement économique et humanitaire sans précédent. L’économie a perdu près de 60 % de sa taille en une décennie, l’inflation a atteint des niveaux hyperinflationnistes et environ 7,7 millions de Vénézuéliens – plus de 20 % de la population – ont quitté le pays. Près de 80 % des habitants vivent désormais sous le seuil de pauvreté.

Attention :

Caracas, la capitale au climat tropical tempéré agréable, est frappée par des coupures quotidiennes d’électricité, des pénuries d’eau, de carburant, de médicaments et de produits de base, ainsi qu’un système de santé public en crise.

Plusieurs États – États‑Unis, Canada, Royaume‑Uni, Australie, Nouvelle‑Zélande, entre autres – recommandent désormais d’éviter tout voyage au Venezuela. Certains vont plus loin en conseillant à leurs ressortissants déjà sur place de quitter le pays dès que possible. Cette unanimité diplomatique reflète la réalité du terrain : le risque n’est pas seulement élevé, il est structurel.

Un environnement politique et sécuritaire instable

La vie politique est marquée par des élections contestées, des accusations de fraude massive, une répression documentée par des missions d’enquête des Nations unies et de nombreuses ONG, ainsi que par une succession de manifestations réprimées avec violence. Des centaines de personnes ont été arrêtées pour des motifs politiques, des milliers depuis 2014, et des cas de torture ont été rapportés.

Astuce :

Pour un expatrié, les risques sont doubles : celui d’être pris dans une manifestation ou une répression, même en tant qu’observateur, et celui d’une arrestation arbitraire, particulièrement pour certains profils (journalistes, humanitaires, militants, binationaux, personnels d’ONG). Plusieurs gouvernements mentionnent désormais explicitement la possibilité de « détention injustifiée » et de procédures judiciaires sans garanties minimales.

Criminalité : un risque omniprésent dans la vie quotidienne

Venezuela fait partie des pays avec les taux d’homicides les plus élevés au monde. Caracas est régulièrement classée parmi les villes les plus dangereuses de la planète, avec un indice de criminalité supérieur à 80/100. La criminalité violente n’est pas un phénomène marginal : elle structure la vie quotidienne, influence les choix de logement, de transport, de loisirs et les habitudes les plus simples.

Les formes de délinquance et de criminalité rencontrées sont nombreuses.

Violences graves et enlèvements

Les crimes violents les plus répandus sont les homicides, les braquages à main armée, les home‑jackings, les car‑jackings et les enlèvements contre rançon. Les « enlèvements express » sont particulièrement fréquents : la victime est enlevée pour quelques heures seulement, contrainte de vider ses comptes bancaires ou de faire retirer de l’argent à un distributeur avant d’être relâchée.

Les étrangers et les Vénézuéliens disposant de revenus en devises sont des cibles de choix, notamment dans les zones frontalières avec la Colombie (Táchira, Zulia), mais aussi à Caracas et dans les États voisins (Miranda, Carabobo, Aragua). Des gangs très structurés, parfois liés à des groupes armés colombiens, opèrent à partir de quartiers à très forte criminalité comme Cota 905, El Valle, La Vega ou El Cementerio.

Dans certains secteurs, les enlèvements s’additionnent à l’extorsion systématique : commerçants, entrepreneurs ou propriétaires sont contraints de payer une « protection » à des groupes criminels sous peine de représailles.

Criminalité de rue et escroqueries

Les délits de rue plus classiques sont omniprésents : vols à l’arraché, pickpocketing, snatching de sacs à main et de téléphones, agressions à moto contre des piétons ou des automobilistes. Les bus urbains, les gares routières et les stations de métro sont des lieux particulièrement propices aux vols.

À cela s’ajoutent une multitude d’arnaques :

Exemple :

Parmi les fraudes fréquemment rencontrées, on peut citer : la diffusion de faux sondages visant à récolter des informations personnelles, les tentatives d’« enlèvement virtuel » où un appel téléphonique annonce l’enlèvement d’un proche pour exiger une rançon, la surfacturation de taxes aéroportuaires, ainsi que l’utilisation de notes de police ou d’immigration truquées pour soutirer de l’argent.

Même certains représentants de l’autorité – policiers, militaires, agents d’immigration – ont été accusés de harcèlement et d’extorsion à l’égard de voyageurs ou d’expatriés.

Infrastructures policières et judiciaires déficientes

Le système de sécurité publique et judiciaire est particulièrement défaillant. Les temps de réponse de la police sont souvent extrêmement longs, voire inexistants, et la plupart des crimes signalés ne donnent lieu à aucune poursuite. La corruption est largement répandue, y compris au sein des forces de l’ordre, et l’usage abusif de la force par des unités spéciales a été documenté.

Pour un expatrié, cela signifie qu’il ne faut pas compter sur l’appareil d’État pour assurer sa protection courante ni pour obtenir justice en cas d’agression. La logique dominante devient la prévention : éviter de se retrouver en situation de vulnérabilité, s’appuyer sur des dispositifs de sécurité privés, et élaborer des plans de crise en amont.

Où vivre à Caracas : cartographie des zones à privilégier ou à éviter

Caracas est une ville très contrastée, où des quartiers aisés fortement sécurisés côtoient des « barrios » densément peuplés, contrôlés en partie par des gangs et notoirement dangereux.

Quartiers à haut risque

Les autorités et les spécialistes de la sécurité recommandent unanimement d’éviter les barrios, c’est‑à‑dire les grands bidonvilles ou quartiers informels souvent accrochés aux pentes des collines. Parmi les secteurs explicitement cités comme très dangereux figurent :

Petare

23 de Enero (January 23)

La Cota 905

Catia

El Valle

La Vega

Antímano

Bon à savoir :

Outre le centre historique, certains quartiers populaires de l’ouest et du sud de la ville, ainsi que des parties de Sabana Grande, présentent des risques accrus, surtout la nuit. Ces secteurs sont marqués par la présence de réseaux criminels, un contrôle limité des autorités et des violences armées récurrentes.

Zones relativement plus sûres pour un expatrié

À l’inverse, l’est de Caracas est généralement considéré comme le secteur le plus adapté à une installation expatriée. On y trouve des quartiers planifiés, une meilleure infrastructure, plus de présence de services privés (sécurité, écoles, cliniques) et une forte concentration d’ambassades, d’ONG et d’entreprises internationales.

Les municipalités et barrios suivants sont régulièrement cités comme « relativement » plus sûrs :

Zone / QuartierCaractéristiques principales
AltamiraQuartier résidentiel et d’affaires, présence d’ambassades, place centrale très connue
La CastellanaUrbanisme planifié, immeubles sécurisés, proximité de bureaux et d’ambassades
El RosalQuartier d’affaires, organisations internationales, hôtels haut de gamme
Las MercedesZone commerciale et de loisirs, restaurants et centres commerciaux, clientèle aisée
ChacaoMunicipalité centrale‑est, administration efficace, police municipale plus visible
El HatilloSecteur plus excentré, ambiance village colonial, résidentiel sécurisé
La Boyera, ChuaoQuartiers résidentiels de l’est, nombreux immeubles avec gardiennage

Il est important de rester lucide : « plus sûr » ne signifie pas « sans risque ». Même dans ces zones, les expatriés se déplacent peu à pied, surtout une fois la nuit tombée, et s’appuient largement sur des véhicules privés ou des chauffeurs de confiance.

Hébergement : miser sur la sécurité avant tout

Les expatriés privilégiant Caracas optent en général pour des immeubles d’appartements dotés d’un ensemble de dispositifs de sécurité :

gardiennage 24h/24 ;

contrôle d’accès strict ;

caméras de surveillance ;

générateur électrique de secours ;

réservoirs d’eau de grande capacité.

800-1500

Le loyer mensuel d’un appartement de 2-3 chambres dans les beaux quartiers de l’est de Caracas se situe couramment entre 800 et 1500 dollars.

Le tableau ci‑dessous synthétise quelques repères financiers utiles à un projet d’expatriation :

Poste de dépenseMontant indicatif (USD)
Coût de la vie mensuel pour un expatrié seul≈ 912
Coût de la vie pour une famille≈ 1 673
Budget nomade haut de gamme≈ 4 365
Loyer studio centre‑ville≈ 361 / mois
Nuitée d’hôtel médiane≈ 199 (≈ 4 249 / mois)
Bureau nomade en coworking (Impact Hub)≈ 394 / mois
Dîner simple au restaurant≈ 7
Course de taxi (3 km)≈ 5
Scolarité annuelle école internationale≈ 5 633

Pour les séjours plus courts ou une phase exploratoire, une dizaine d’hôtels de bon niveau sont fréquemment recommandés, principalement situés dans les quartiers d’Altamira, Chacao, El Rosal ou près de l’aéroport (Eurobuilding Express Maiquetía notamment).

Se déplacer en sécurité : routes, taxis, métro, aéroports

La mobilité est l’un des points les plus sensibles pour un expatrié au Venezuela. Les risques combinent agressions, car‑jackings, braquages sur les routes, vols dans les transports publics et accidents de la circulation dans un environnement routier souvent chaotique.

Conduire soi‑même : un choix à peser avec soin

Les routes sont décrites comme extrêmement dangereuses : chaussées dégradées, nids‑de‑poule non signalés, éclairage insuffisant, conduite agressive et alcoolisée fréquente. Sur les axes interurbains, des bandits armés installent parfois des barrages illégaux pour dépouiller les automobilistes.

Dans ce contexte, plusieurs recommandations ressortent :

éviter de conduire de nuit, y compris sur les routes principales ;

verrouiller systématiquement portes et fenêtres, même en circulation urbaine ;

– jamais s’arrêter en rase campagne, sauf obligation absolue ;

– rester particulièrement vigilant en cas de crevaison suspecte ou de choc avec un objet jeté sur la route (technique parfois utilisée pour forcer un arrêt) ;

– se conformer aux contrôles policiers et militaires, en sachant qu’ils peuvent parfois être le lieu de tentatives de corruption.

Bon à savoir :

Pour les expatriés, il est recommandé d’utiliser un traceur GPS et d’adapter ses trajets pour éviter les zones dangereuses. Bien qu’un permis national puisse être obtenu à plus long terme, la détention d’un permis de conduire international est conseillée.

Taxis, VTC et transports publics

L’usage des transports en commun classiques (bus urbains, « camionetas », bus interurbains) est fortement déconseillé aux expatriés. Ces véhicules sont surchargés, mal entretenus et les vols y sont fréquents, surtout de nuit.

Pour les taxis, plusieurs règles permettent de réduire le risque :

privilégier les taxis « de radio » ou de stations officielles, réservés par téléphone ou via l’hôtel ;

éviter absolument de héler un taxi dans la rue, en particulier la nuit ;

– ne pas utiliser de moto‑taxis, considérés comme particulièrement dangereux.

Dans Caracas, certains services numériques locaux de type VTC apportent une sécurité relative en permettant de suivre le trajet et d’identifier le chauffeur à l’avance. Le coût des déplacements en taxi reste modéré (environ 5 dollars pour 3 kilomètres), ce qui incite nombre d’expatriés à renoncer totalement à la marche après la tombée de la nuit.

Attention :

Bien que pratique et économique, le métro de Caracas présente des risques de vol à la tire, particulièrement aux heures d’affluence. Il est conseillé de ne l’emprunter qu’en journée, en se limitant aux tronçons centraux (stations comme Altamira, Parque del Este, Chacao, Sabana Grande, Plaza Venezuela, Capitolio, Bellas Artes, El Silencio, Parque Central), et de l’éviter complètement après la tombée de la nuit.

Aéroport de Maiquetía : un passage critique

Le principal point d’entrée internationale, l’aéroport Simón Bolívar de Maiquetía, à une vingtaine de kilomètres de Caracas, est lui‑même considéré comme une zone à haut risque. Des enlèvements, braquages et vols ciblant des étrangers y ont été documentés, parfois commis par des individus arborant des uniformes ou des badges officiels.

Pour limiter les dangers entre l’aéroport et la ville, la plupart des experts recommandent :

de programmer les arrivées et départs exclusivement de jour ;

– d’éviter tout taxi pris à la sortie de l’aéroport ;

de recourir à un transfert pré‑réservé via un hôtel réputé, une société de sécurité ou un chauffeur recommandé par une organisation fiable ;

– de refuser tout service de change informel dans ou autour de l’aéroport.

Par ailleurs, les liaisons aériennes internationales restent limitées : plusieurs compagnies ont réduit ou suspendu leurs vols, et la fermeture temporaire de l’espace aérien n’est pas à exclure en cas de nouvelle crise politique ou militaire.

Santé, environnement et risques sanitaires

Une expatriation « sereine » suppose de pouvoir compter sur un système de santé fonctionnel. Au Venezuela, la réalité est tout autre : le système hospitalier public est en quasi‑effondrement, les cliniques privées manquent de matériel, et les pénuries de médicaments atteignent parfois 80 à 95 % des références.

Un système de santé exsangue

Plus de la moitié des hôpitaux publics ne disposent pas d’eau courante de façon régulière. Les listes d’attente explosent, les infrastructures se dégradent et le personnel médical qualifié a massivement émigré. Les cliniques privées offrent un niveau de soins nettement supérieur, mais elles restent coûteuses et elles aussi touchées par les ruptures de stock.

Attention :

La plupart des établissements de santé exigent un paiement intégral avant tout traitement, même en urgence. En cas de dépassement des capacités locales, une évacuation sanitaire internationale peut s’avérer nécessaire, mais son organisation est complexe et parfois impossible selon les liaisons aériennes, les sanctions en vigueur et les garanties financières disponibles.

Pour un expatrié, la règle est donc claire : une assurance santé internationale avec couverture d’évacuation médicale n’est pas un luxe, c’est une condition de base.

Risques sanitaires spécifiques

Outre les pathologies courantes, le pays est exposé à de nombreuses maladies infectieuses :

paludisme dans certaines régions rurales ;

dengue, chikungunya et Zika, transmis par les moustiques ;

– hépatites A et B ;

– typhoïde, schistosomiase, trypanosomiase américaine (maladie de Chagas) ;

– Oropouche virus, encore peu connu mais en expansion ;

– rage, notamment à cause des chiens errants et des chauves‑souris.

Bon à savoir :

Le vaccin contre la fièvre jaune est recommandé, voire exigé pour transiter par certains pays voisins. Il est indispensable de mettre à jour les vaccinations courantes (diphtérie, tétanos, poliomyélite, rougeole, hépatites) et de consulter un spécialiste en médecine des voyages avant le départ.

L’eau du robinet n’est pas potable et l’approvisionnement en eau de qualité est irrégulier : il faut prévoir un stock de bouteilles, des filtres ou des pastilles de purification, et limiter autant que possible la consommation d’aliments crus d’origine incertaine.

Climat, environnement et catastrophes naturelles

Le pays est soumis à plusieurs aléas naturels : inondations durant la saison des pluies (mai à novembre), risques sismiques sur la cordillère côtière, épisodes liés à la saison des ouragans en mer des Caraïbes. À Caracas, la qualité de l’air moyenne (indice autour de 129) est jugée « malsaine », ce qui peut poser problème aux personnes souffrant d’affections respiratoires.

Les coupures électriques fréquentes compliquent encore la donne : réfrigération des aliments et des médicaments, fonctionnement des systèmes de sécurité, pompage de l’eau… Lorsque ces pannes s’éternisent, des épisodes de pillage et de troubles peuvent survenir.

Argent, vie quotidienne et double économie bolívar / dollar

La monnaie officielle est le bolívar souverain, mais une « dollarisation de fait » s’est imposée dans la vie courante. La plupart des loyers, services pour expatriés, scolarités et achats importants sont réglés en dollars américains, souvent en espèces.

Une économie à deux vitesses

Pour comprendre l’environnement financier d’un expatrié, il faut distinguer plusieurs réalités :

la majorité de la population survit avec des salaires en bolívars équivalents à quelques dizaines de dollars par mois ;

les expatriés et la minorité aisée vivent dans une économie parallèle en devises fortes, avec accès à des biens et services inaccessibles au reste de la population ;

– les banques locales fonctionnent mal : plafonds ridiculement bas pour les retraits, hyperinflation, contrôles de change, systèmes en panne fréquente.

Bon à savoir :

Les cartes bancaires étrangères ne sont acceptées que dans certains distributeurs spécifiques (Banco Provincial, Mercantil) et de nombreux DAB manquent de liquidités ou refusent ces cartes. Les transferts d’argent internationaux sont peu fiables, et les services en ligne comme PayPal ou TransferWise ne fonctionnent pas de manière fiable avec le pays. Enfin, le change de devises au marché noir, bien que pratiqué, reste illégal et risqué.

Dans ce contexte, les expatriés misent sur :

des réserves en dollars en espèces, idéalement en petites coupures ;

des paiements par carte dans les établissements qui les acceptent (hôtels, grandes surfaces, stations‑service premium) ;

des solutions alternatives comme les cryptomonnaies pour certains, malgré leur propre lot de risques.

Budget et coûts cachés

Le coût de la vie en dollars peut sembler attractif, mais plusieurs postes spécifiques renchérissent rapidement la note globale d’une expatriation « sécurisée » :

Services Essentiels pour Expatriés

Une sélection de services fondamentaux pour assurer sécurité, confort et continuité dans un cadre de vie à l’étranger.

Sécurité

Solutions complètes incluant gardiennage, installation de systèmes d’alarme et, le cas échéant, mise à disposition de véhicule blindé.

Alimentation Électrique

Fourniture et maintenance d’un générateur électrique, avec le carburant nécessaire pour garantir une autonomie énergétique.

Approvisionnement en Eau

Solutions de stockage d’eau et équipement avec des appareils de purification pour une eau potable sûre.

Couverture Santé

Souscription à une assurance santé internationale haut de gamme pour une prise en charge optimale partout dans le monde.

Éducation

Accès à une scolarité de qualité au sein d’un réseau d’écoles internationales pour la continuité du parcours des enfants.

Ces coûts de sécurité et de résilience peuvent représenter 20 à 30 % du budget global d’un expatrié. Pour une personne seule bénéficiant d’un package d’entreprise, un budget mensuel réaliste, incluant logement sécurisé, assurance, transport privé, alimentation en dollars et marge pour les imprévus, dépasse facilement les 1 500 dollars. Pour une famille avec deux enfants scolarisés dans le privé international, la facture grimpe beaucoup plus haut.

Démarches d’entrée, visas et contraintes légales

La plupart des étrangers ont besoin d’un visa pour entrer au Venezuela, que ce soit pour le tourisme, le travail, les études ou une mission humanitaire. Les visas ne sont pas délivrés à l’arrivée : il faut impérativement les obtenir avant le départ, auprès d’une ambassade ou d’un consulat vénézuélien encore opérationnel (souvent dans un pays tiers).

Exigences d’entrée principales

Les autorités exigent généralement :

Documents requis pour l’entrée sur le territoire

Pour un séjour réussi, assurez-vous de présenter les documents suivants, essentiels pour le contrôle aux frontières.

Passeport valide

Doit être valide au moins six mois après la date d’entrée prévue.

Visa approprié

Un visa en cours de validité, correspondant au motif de votre séjour (tourisme, travail, etc.).

Preuve de ressources

Justificatif de ressources financières suffisantes pour la durée du séjour.

Preuve d’hébergement

Réservation d’hôtel ou lettre d’invitation officielle d’un résident.

Billet de retour ou de sortie

Billet d’avion ou de transport attestant de votre départ du territoire.

À l’arrivée, il est indispensable de s’assurer que le tampon d’entrée est bien apposé dans le passeport. L’absence de visa valable ou d’entrée enregistrée peut mener à des sanctions sévères, allant de la détention à l’expulsion.

Les doubles nationaux (par exemple franco‑vénézuéliens, canado‑vénézuéliens) sont tenus, en droit vénézuélien, d’entrer et sortir du pays avec leur passeport vénézuélien. Or, l’obtention ou le renouvellement de ce document à l’intérieur du pays est extrêmement difficile, ce qui complique la situation de nombreux binationaux.

Restrictions et risques légaux

Plusieurs points de droit peuvent avoir des conséquences lourdes en cas de méconnaissance :

Attention :

La détention, l’usage et le trafic de stupéfiants sont sévèrement punis (8 à 15 ans de prison). Il est interdit de photographier les installations sensibles (palais, sites militaires, aéroports). Les échanges de devises hors structures agréées sont prohibés. Porter plus de 10 000 $ en espèces à l’entrée ou à la sortie du pays nécessite une déclaration obligatoire aux douanes.

Il est également obligatoire de pouvoir présenter une pièce d’identité à tout moment ; pour les étrangers, une copie du passeport avec le tampon d’entrée est souvent la solution la plus pragmatique.

Groupes vulnérables : femmes, familles, communauté LGBTQ+

L’environnement sécuritaire au Venezuela est particulièrement rude pour les personnes considérées comme vulnérables.

Femmes et enfants

Pour les femmes, en particulier lorsqu’elles se déplacent seules, le contexte est jugé peu favorable. Les autorités et observateurs recommandent d’éviter de marcher seule, surtout après la tombée de la nuit, et de limiter les déplacements à des trajets en véhicule connu. Le phénomène des violences de genre, des agressions sexuelles et des féminicides est préoccupant, avec des statistiques partielles indiquant des dizaines de cas documentés sur quelques mois, alors même que l’État ne publie plus de données officielles depuis plusieurs années.

L’environnement n’est pas considéré comme « family‑friendly ». Les contraintes sécuritaires (ne pas se promener le soir, vigilance constante, impossibilité de laisser des adolescents circuler librement), les pénuries récurrentes et l’état du système scolaire public rendent la vie familiale éprouvante. Pour les enfants d’expatriés, la seule voie réaliste est celle des écoles internationales, facturées plusieurs milliers de dollars par an, payables en devises.

Familles d’expatriés

Personnes LGBTQ+

Le cadre légal ne criminalise pas les relations entre personnes de même sexe, mais ne reconnaît pas non plus les unions, et l’environnement social est décrit comme hostile. Les démonstrations d’affection en public peuvent susciter des réactions négatives, voire agressives, surtout en dehors des quartiers aisés de Caracas. Pour un expatrié LGBTQ+, la discrétion et la prudence sont de mise, en gardant à l’esprit l’absence de mécanismes de protection efficaces contre les discriminations et violences.

S’installer malgré tout : pour qui, et à quelles conditions ?

Au vu de l’ensemble de ces éléments, les experts s’accordent : une expatriation volontaire, hors cas très particuliers, n’est pas recommandée. Quand elle a lieu, elle concerne essentiellement trois profils :

des professionnels envoyés par leur employeur avec un package d’expatriation complet (sécurité, logement sécurisé, rémunération en devises, assurance santé internationale avec évacuation) ;

des personnels d’organisations internationales ou ONG humanitaires bénéficiant de structures de soutien et de protocoles lourds de sécurité ;

– des personnes ayant des attaches familiales fortes sur place, qui acceptent de vivre au quotidien avec un niveau de risque et de contrainte élevé.

Pour ces personnes, quelques lignes directrices permettent de réduire – sans jamais les supprimer – les dangers.

Préparation avant le départ

Une préparation sérieuse inclut :

Astuce :

Pour un séjour à l’étranger en toute sécurité, il est essentiel de suivre plusieurs étapes clés. Tout d’abord, participez à un briefing sécurité détaillé sur le pays, mené par un spécialiste. Ensuite, souscrivez une assurance santé internationale couvrant l’évacuation médicale et un éventuel rapatriement. Prévoyez également une réserve de médicaments personnels pour au moins six mois, incluant les traitements chroniques. Préparez un kit d’urgence contenant de l’eau, de la nourriture non périssable, des lampes, des batteries, de l’argent liquide en petites coupures et des copies de vos documents importants. Enfin, n’oubliez pas de vous enregistrer auprès du service d’inscription des ressortissants à l’étranger de votre pays (ou son équivalent).

Il est aussi conseillé d’identifier à l’avance les cliniques privées les plus fiables de sa zone, les numéros d’urgence pertinents, et les contacts éventuels (entreprise de sécurité, chauffeur, voisins de confiance, collègues).

Règles de sécurité au quotidien

Au Venezuela, la sécurité au quotidien repose plus sur la discipline personnelle que sur l’intervention des autorités. Parmi les réflexes à intérioriser :

Astuce :

Pour assurer votre sécurité dans des environnements à risque, adoptez une apparence discrète en évitant bijoux voyants et l’exhibition d’objets de valeur. Limitez les déplacements à pied, surtout le soir, en privilégiant les véhicules ou taxis réservés à l’avance. Variez vos itinéraires et horaires pour briser toute routine prévisible. Utilisez les distributeurs automatiques uniquement dans des lieux sécurisés et fréquentés. Refusez toute nourriture, boisson ou chewing-gum offerts par des inconnus pour éviter un éventuel empoisonnement ou administration de drogue à votre insu. Évitez strictement les manifestations et rassemblements politiques, et abstenez-vous de tout commentaire politique en public. En cas d’agression armée, ne résistez pas et privilégiez toujours votre vie à la protection de vos biens.

Préserver sa santé mentale

La vie dans un environnement à forte insécurité, avec pénuries chroniques et liberté de mouvement limitée, peut engendrer stress, anxiété et sentiment d’isolement. De nombreux expatriés au long cours mettent en place des stratégies de résilience :

planifier des séjours réguliers dans des pays voisins plus stables pour « décompresser » ;

garder des liens sociaux solides, en présentiel autant qu’en ligne, avec d’autres expatriés et ses proches à l’étranger ;

– cultiver des routines positives à domicile (sport, lecture, projets personnels) pour contrebalancer la restriction des sorties ;

– recourir, si nécessaire, à un soutien psychologique à distance.

Entre attractivité et risques majeurs : un équilibre fragile

Le paradoxe du Venezuela tient à ce qu’il combine une richesse culturelle, humaine et naturelle unique avec l’un des contextes sécuritaires les plus dégradés du continent. Caracas offre de grands parcs, un accès privilégié à la montagne de l’Ávila par téléphérique, des musées, des centres culturels, une scène artistique dynamique et une gastronomie portée par des plats emblématiques comme les arepas. Des centres commerciaux modernes, des coworkings comme Impact Hub et des quartiers branchés comme Las Mercedes témoignent d’une vitalité économique résiduelle.

Bon à savoir :

Pour bénéficier des avantages d’une expatriation, il faut accepter un mode de vie très encadré, souvent dans une bulle sécurisée et isolée de la réalité locale. Il est également essentiel de comprendre que les conditions sur place peuvent évoluer, en bien ou en mal, en fonction des changements politiques, économiques et géopolitiques à moyen terme.

En définitive, parler de « sérénité » pour une expatriation au Venezuela n’est possible qu’à condition de lui donner un sens particulier : non pas l’insouciance, mais la préparation minutieuse, la lucidité sur les risques, la capacité à renoncer si les garanties minimales (package d’expatriation solide, réseau de soutien, ressources financières, assurance adaptée) ne sont pas réunies, et la vigilance quotidienne pour que chaque choix – logement, déplacement, soins, scolarité, vie sociale – soit pensé sous l’angle de la sécurité.

Dans un tel environnement, la décision de partir ne peut être que personnelle, pleinement informée et assumée. Le rôle de l’information n’est pas de rassurer à tout prix, mais de permettre à chacun de peser, en conscience, ce que représente vraiment la vie au Venezuela aujourd’hui.

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Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Venezuela, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Venezuela, pour profiter d’une fiscalité personnelle encore favorable pour les revenus extérieurs, d’un coût de la vie très inférieur à la France, et d’opportunités d’investissement immobilier et en devises fortes dans un contexte de reconversion économique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat d’un bien principal dans une zone sécurisée, structuration des flux financiers en euros/USD, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), réseau local (avocat, immigration, sécurité) et ingénierie patrimoniale internationale pour limiter les risques de double imposition et sécuriser la transmission.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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