À l’écart des projecteurs qui se braquent d’ordinaire sur l’Europe occidentale, la Serbie est en train de se tailler une place très sérieuse sur la carte des destinations d’investissement. Croissance solide, flux d’IDE record, fiscalité compétitive, accords de libre-échange qui ouvrent l’accès à plus de 1,3 milliard de consommateurs : le pays coche beaucoup de cases que regardent de près les entrepreneurs.
Plusieurs secteurs offrent des opportunités de réussite pour les entreprises en Serbie : l’agriculture, l’automobile, les technologies de l’information et de la communication (TIC), les énergies renouvelables, l’immobilier et le tourisme. Chacun de ces moteurs économiques présente sa propre dynamique, ses chiffres clés et ses enjeux spécifiques.
Cet article propose un tour d’horizon détaillé des secteurs les plus porteurs pour une entreprise en Serbie, en s’appuyant sur les données économiques et les tendances structurelles identifiées par les institutions serbes et internationales.
Un environnement économique qui attire les investisseurs
La Serbie est aujourd’hui l’économie la plus importante et la plus prospère des Balkans occidentaux. Le PIB atteint environ 89 milliards de dollars, avec un revenu par habitant de plus de 14 000 dollars. Après les chocs des années 1990 et de la crise financière, le pays s’est engagé sur une trajectoire de croissance soutenue, avec une progression cumulée du PIB d’environ 12 % entre 2020 et 2023.
L’industrie représente environ 31 % du PIB, illustrant la diversification économique du pays.
Les investisseurs étrangers ne s’y trompent pas : depuis 2007, la Serbie a attiré plus de 42–45 milliards d’euros d’IDE. Sur la seule période 2020–2024, les flux cumulés dépassent 15,9 milliards d’euros, avec 4,5 milliards d’euros en 2023, soit plus de 6 % du PIB. Signe de confiance, l’agence S&P a attribué à la Serbie une note « investment grade » (BBB‑) en 2024, et Fitch a amélioré sa perspective à positive.
Taux d’imposition sur les sociétés en Hongrie, pouvant descendre à 10 % pour certains investissements.
Enfin, la Serbie offre une combinaison rare d’accords commerciaux : libre‑échange avec l’UE, les pays de la CEFTA, la Turquie, l’AELE, la Russie et l’Union économique eurasiatique, la Chine et le Royaume‑Uni, auxquels s’ajoutent des régimes préférentiels avec les États‑Unis, l’Australie ou le Japon. Au total, plus de 1,3 milliard de consommateurs sont accessibles en franchise de droits pour une large gamme de produits.
C’est dans ce cadre que certains secteurs se détachent nettement comme porteurs pour une entreprise en Serbie.
Agriculture et agroalimentaire : le « vieux » secteur qui reste un pari gagnant
L’agriculture est le plus ancien pilier économique de la Serbie, mais loin d’être un secteur du passé. Elle demeure l’un des segments les plus robustes de l’économie et un marqueur identitaire du pays. Les chiffres parlent d’eux‑mêmes.
Des atouts naturels exceptionnels
La Serbie dispose de plus de 5,1 millions d’hectares de terres agricoles, dont environ 60 % sont cultivables. Sur ces terres arables, quelque 3,48 millions d’hectares sont effectivement exploités, soit un peu plus des deux tiers du potentiel total. Près de 90 % de ces surfaces sont aux mains du secteur privé, le reste appartenant à l’État.
La province de Voïvodine, qui repose sur la plaine pannonienne, concentre à elle seule 45 % des terres labourées et 84 % des terres cultivables. Les vallées du sud, le long de la Save, du Danube ou de la Grande Morava, complètent ce dispositif avec une production agricole significative. Le pays bénéficie d’un climat particulièrement adapté à une grande variété de fruits et légumes, y compris des variétés autochtones, et dispose de ressources en eau abondantes.
Paradoxalement, seulement 3 à 5 % des terres agricoles sont aujourd’hui irriguées, ce qui illustre à la fois une fragilité face au climat… et un énorme potentiel d’investissement pour qui veut moderniser la filière.
Un poids économique majeur
L’agriculture pèse lourd dans l’économie serbe :
| Indicateur (année de référence) | Valeur / Part |
|---|---|
| Part de l’agriculture dans le PIB (2016) | 11,9 % |
| Montant du PIB agricole (2017) | 2,416 Mds € |
| Part de l’agro dans les exportations (2016) | 19,4 % |
| Surplus commercial agroalimentaire (2016) | 1,4 Mds $ |
| Surplus agroalimentaire (2019) | 1,3 Mds € |
| Exportations de fruits (2019) | 568,2 M€ |
| Excédent de la balance agri‑alimentaire (janv.–oct. 2023) | 1,2 Mds $ |
Même dans des périodes de choc comme la pandémie de COVID‑19, le secteur a démontré une remarquable résilience, continuant d’afficher un excédent commercial.
En 2016, environ 680 000 personnes, soit 21% de la population active, travaillaient dans l’agriculture.
Des productions d’envergure mondiale
Sur certains segments, la Serbie joue dans la cour des grands :
– Fruits : la Serbie figure parmi les tout premiers producteurs mondiaux de framboises et de prunes. Elle est citée comme le premier producteur de framboises au monde, avec 127 011 tonnes en 2018, et environ 430 000 tonnes de prunes la même année. Près de 183 000 hectares sont dédiés aux vergers.
– Fruits rouges surgelés : la Serbie est le premier exportateur mondial de framboises, mûres, mûres blanches (mulberries) et loganberries congelées, avec 31,7 % des exportations mondiales de ce groupe de produits en 2019, soit 148 000 tonnes et plus de 250 millions de dollars. Entre 90 et 95 % de la production de framboises est destinée à l’export, le plus souvent en vrac surgelé.
– Céréales : près de 60 % des terres agricoles servent aux céréales. En 2018, la Serbie a produit plus de 6,15 millions de tonnes de maïs (32ᵉ rang mondial) et 2,1 millions de tonnes de blé (35ᵉ), ainsi que de l’orge, de l’avoine et du seigle. Les cultures céréalières couvrent environ 1,7 million d’hectares (plus des deux tiers des terres labourées).
– Plantes industrielles : la Serbie produit en quantités significatives des graines de tournesol (454 282 tonnes en 2018), du soja, de la betterave sucrière (plus de 2,29 millions de tonnes) et du colza, ce qui lui permet de couvrir sa demande intérieure et d’exporter.
– Légumes : grâce à son climat, le pays est le principal exportateur et fournisseur de légumes en Europe du Sud‑Est, notamment pour le paprika, le chou, la tomate et la pomme de terre.
– Vin : la Serbie occupe le 19ᵉ rang mondial des producteurs de vin, avec plus de 21 000 hectares de vignes (2018) et environ 198 000 tonnes de raisins produits, plus de 350 caves enregistrées et une capacité de 70 millions de litres.
Aperçu des effectifs des principaux animaux d’élevage et de la valeur de la production animale dans la région.
23 millions de têtes recensées en 2018.
3,3 millions de têtes recensées en 2018.
881 000 têtes recensées en 2018.
1,8 million de têtes recensées en 2018.
218 000 têtes recensées en 2018.
Représente 32,6% de la valeur agricole totale, soit 1,46 milliard d’euros en 2018.
De la production brute à l’agro‑industrie
L’un des grands enjeux – et des plus belles opportunités pour les entreprises – est le passage d’une logique d’exportation de matières premières à celle de transformation à haute valeur ajoutée.
Le secteur de transformation des aliments et boissons pèse lourd :
| Segment de l’industrie agroalimentaire (2019) | Nombre de producteurs | Emplois | Chiffre d’affaires | Exportations |
|---|---|---|---|---|
| Aliments & boissons (total) | 4 894 | 70 349 | 6,6 Mds € | 1,5 Md € |
| Viande | 506 | 11 723 | 922,7 M€ | 67,8 M€ |
| Fruits & légumes transformés | 1 140 | 10 757 | 911,2 M€ | 388,5 M€ |
| Produits laitiers | 260 | 6 342 | 683,4 M€ | 101 M€ |
| Boissons | 613 | 7 312 | 939,6 M€ | 142,6 M€ |
| Aliments pour animaux | 202 | 3 412 | 641 M€ | 166 M€ |
Plus de 20 000 entreprises alimentaires opèrent dans le pays, dont près de 90 % sont des PME. Au total, la filière agroalimentaire emploie plus de 120 000 personnes et représente environ un tiers de toute l’industrie de transformation serbe.
Pour un entrepreneur, les créneaux porteurs sont multiples : transformation de fruits (confitures, jus, surgelés conditionnés, snacks sains), produits laitiers à forte valeur ajoutée (fromages de niche, poudres de lait, produits fermentés), viande transformée (charcuteries, produits prêts‑à‑consommer), aliments pour animaux, produits dérivés du tournesol ou du soja, sans oublier les spécialités nationales (ajvar, confitures de prunes, rakija, charcuteries de montagne) susceptibles d’être protégées par des labels d’origine (IGP, AOP).
L’essor du bio et de l’agritech
Le pays interdit strictement la production et le commerce d’OGM, ce qui renforce l’attractivité de son offre bio. Plus de 6 300 opérateurs certifiés exploitent plus de 21 000 hectares en agriculture biologique, avec une spécialisation sur les céréales, fruits, légumes et plantes industrielles – blé, framboises et tournesol en tête. En 2019, les exportations de produits bio ont atteint près de 30 millions d’euros (dont 28,7 millions pour les fruits et produits fruitiers), presque exclusivement vers l’UE (Allemagne, Pays‑Bas, Italie, France, Pologne).
Entre 2015 et 2019, les exportations de produits biologiques roumains ont augmenté de 11 millions d’euros. Parallèlement, les élevages biologiques (volailles, abeilles, ovins, porcins) connaissent une forte croissance. Cette dynamique crée des opportunités pour développer des projets dans l’exploitation et la transformation bio, la distribution spécialisée et des marques « naturelles » ciblant les marchés européens.
En parallèle, la Serbie investit dans la recherche agronomique et le numérique agricole, avec seize instituts spécialisés et un institut de pointe, BioSense à Novi Sad, dédié à l’agriculture digitale (capteurs, télédétection, IA). Le croisement entre savoir‑faire agricole et technologies numérique fait naître un champ prometteur pour les agritechs locales ou étrangères : capteurs de sol, plateformes de gestion de ferme, systèmes d’irrigation intelligente, solutions de suivi des cultures, drones d’épandage.
Accès aux marchés et soutien public
Grâce à ses accords de libre‑échange, la Serbie est l’unique pays européen à pouvoir exporter des produits alimentaires sans droits de douane à la fois vers l’UE et vers l’Union douanière eurasiatique (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie, Kirghizistan). Elle est le plus gros exportateur de denrées alimentaires parmi les pays de la CEFTA et le seul exportateur net du groupe.
Les produits « Made in Serbia » se retrouvent aussi bien dans les rayons de Lidl, Tesco, Spar, Carrefour, Metro, Rewe ou Asda que dans des marchés plus lointains, du Japon aux États‑Unis. Les autorités complètent ce dispositif par un budget agricole conséquent (environ 4 % du budget de l’État en 2017), des subventions aux cultures, à la production laitière et animale, aux ruches, au stockage, au bio ou à la conservation des ressources génétiques, ainsi que par une politique active de soutien aux standards (HACCP obligatoire, certifications privées cofinancées).
Pour une entreprise, les opportunités vont bien au‑delà de la production agricole brute : consolidation foncière, infrastructures d’irrigation, logistique du froid, conditionnement, marques export, agritech, bio, spécialités sous label. C’est un secteur historique, mais loin d’être saturé.
Industrie automobile : un écosystème exportateur en mutation
L’automobile est l’autre grande « colonne vertébrale » industrielle de la Serbie. C’est le premier secteur exportateur du pays, un aimant à investissements étrangers et un formidable terrain de jeu pour les fournisseurs, équipementiers, sous‑traitants et prestataires de services techniques.
Un secteur clé pour l’économie
Les chiffres donnent une idée du poids de la filière :
| Indicateur | Valeur / Part approximative |
|---|---|
| Part de l’automobile dans la production industrielle | ~15 % |
| Part de l’automobile dans les exportations totales | ~18 % |
| Part dans le stock total d’IDE | ≈ 10–14 % |
| Nombre d’usines créées par des investisseurs étrangers | > 110 |
| Valeur totale des investissements étrangers | > 4 Mds € |
| Exports du secteur (2024) | ≈ 8 Mds € |
| Nombre de sociétés dans la filière | ~130 (assemblage & composants), >200 dans les pièces |
| Emplois directs | > 100 000 |
| Capacité annuelle de production de véhicules | ≈ 300 000 voitures |
Historiquement, l’industrie automobile serbe a démarré au début du XXᵉ siècle avec Zastava, qui produisait sous licence Fiat et exportait même des « Yugo » aux États‑Unis. Après le déclin des années 1990 et la fin de la marque Zastava, le relais a été pris par de grands investisseurs comme Fiat (aujourd’hui Stellantis) à Kragujevac.
Le site FCA Srbija – aujourd’hui dans l’orbite Stellantis – rénové grâce à un investissement de près de 940 millions d’euros, a été l’un des plus gros exportateurs du pays (714 millions d’euros d’exportations en 2018), avec une production de modèles comme la Fiat 500L. Depuis 2024, il se repositionne sur un modèle électrique, la Fiat Grande Panda, ce qui ancre encore davantage la Serbie dans la nouvelle ère du véhicule électrifié.
Un maillage dense de sous‑traitants
Au‑delà de l’assemblage final, la Serbie a développé un réseau dense de fabricants de composants : pneus (Michelin, Toyo, Linglong), faisceaux électriques (Leoni, Yura, Auto‑Kabel), systèmes d’essuie‑glace (Bosch), pièces de châssis, de suspension, composants moteur (fonderies, pièces forgées, arbres à cames, disques de frein, volants moteurs), éléments plastiques, sièges, isolants, câblages, électroniques.
Le secteur automobile serbe, centré sur les grands constructeurs européens et asiatiques, se structure en cluster, comme en témoigne le « supplier park » de Kragujevac. Il attire régulièrement de nouveaux investissements, notamment dans l’électrification (moteurs électriques, pièces de batteries) et les composants de pointe (turbocompresseurs, fonderies).
Pour un entrepreneur, il existe des créneaux à toutes les strates de la chaîne de valeur : sous‑traitance de mécanique de précision, plasturgie technique, électronique embarquée, câblage, services d’ingénierie, tests, logistique spécialisée, services de maintenance et d’automatisation d’usine.
Une filière en pleine transition technologique
La filière reste néanmoins soumise à des vents contraires : concurrence accrue de nouveaux acteurs (notamment chinois), moindre dynamisme de la demande automobile européenne, pression sur les marges, baisse de compétitivité de certains producteurs classiques (comme les fabricants de faisceaux dédiés à des marques allemandes traditionnelles). À cela s’ajoute la mutation structurelle vers l’électrique et l’hybride, les systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS) et la montée en puissance de l’électronique.
Cette transition est toutefois une source d’opportunités pour les entreprises positionnées sur :
– les composants pour moteurs électriques, onduleurs, convertisseurs ;
– les capteurs (radar, optique) et l’électronique embarquée ;
– les logiciels liés au véhicule connecté ;
– les pièces pour batteries et systèmes de stockage ;
– l’ingénierie et le test pour nouveaux systèmes de propulsion.
Le gouvernement serbe appuie cette transformation par des incitations ciblées, une politique agressive d’attraction d’IDE et un soutien à la formation via un système d’éducation technique dense (14 facultés techniques, 18 hautes écoles, 132 lycées techniques, plus de 7 000 ingénieurs formés chaque année).
La conjonction d’une main‑d’œuvre qualifiée, de coûts salariaux modérés, d’accords commerciaux avantageux et d’une chaîne de valeur déjà en place fait de l’automobile l’un des secteurs les plus structurés et les plus porteurs pour une entreprise en Serbie, en particulier pour les acteurs des composants et de l’ingénierie.
Technologies de l’information et de la communication : la star de la nouvelle économie serbe
Si l’agriculture et l’automobile incarnent la Serbie « industrielle », le véritable phénomène de ces dernières années reste sans doute le boom du secteur des TIC. Il s’agit de l’un des moteurs les plus dynamiques de l’économie, avec une croissance rapide des exportations, des startups qui lèvent des dizaines de millions et une montée en gamme technologique constante.
Un secteur en hypercroissance
En l’espace d’une décennie, le poids des TIC dans l’économie serbe a littéralement basculé : leur contribution au PIB est passée d’environ 4,5 % en 2018 à 6 % en 2021, et certaines sources estiment que l’écosystème numérique au sens large représente désormais jusqu’à 10 % du PIB, ce qui en fait l’un des quatre premiers secteurs exportateurs du pays.
Quelques repères chiffrés :
| Indicateur TIC | Valeur approximative |
|---|---|
| Valeur du marché TIC (2016) | 1,73 Md € |
| Valeur du marché TIC (sources récentes) | > 2 Mds € |
| Exportations de services TIC (2012) | 375 M€ |
| Exportations de services TIC (2017) | 900 M€ (+21,5 %/an) |
| Exportations de services TIC (2019) | 1,02 Md € (2,4 % du PIB) |
| Exportations de services TIC (2023) | 3,44 Mds € |
| Exportations TIC (T1 2024) | 917 M€ (+17 %/an) |
| Objectif export TIC 2024 | 4 Mds € |
| Objectif export TIC 2027 | 10 Mds € |
Le secteur enregistre une croissance annuelle proche de 20–25 %. Les exportations de logiciels et services informatiques dépassent désormais largement celles de nombreuses branches industrielles traditionnelles. Les programmateurs informatiques constituent l’un des principaux « produits d’exportation » : la seule programmation informatique représente près de 710 millions d’euros d’exportations.
Un réservoir de talents en pleine expansion
La Serbie dispose d’un vivier impressionnant de talents TIC. On recense aujourd’hui environ 110 000 professionnels des technologies (4,3 % de la main‑d’œuvre totale) et plus de 11 000 entreprises TIC. Le nombre de sociétés IT est passé de 2 300 en 2018 à plus de 3 500 en 2022, avec des estimations dépassant 4 000 startups technologiques ayant globalement levé plus de 1,3 milliard de dollars.
Le salaire mensuel moyen d’un ingénieur logiciel, bien supérieur à la moyenne nationale de 420 euros.
Le système éducatif suit le mouvement : plus de 1 500 étudiants obtiennent un diplôme IT chaque année dans 35 établissements d’enseignement supérieur, et ce chiffre est en croissance (1 200 diplômés en 2018, 1 800 en 2022). Le gouvernement a augmenté de 20 % les quotas dans les filières informatiques, introduit la programmation dès le primaire (« Monde numérique » en première année, informatique obligatoire à partir de la cinquième), connecté quasiment toutes les écoles au haut débit et lancé des programmes de reconversion vers l’IT pour plus de 2 200 adultes.
Les grands centres universitaires – Belgrade, Novi Sad, Niš – alimentent un écosystème local dynamique, complété par des parcs technologiques (NTP Belgrade, Niš, Novi Sad, Čačak), l’institut BioSense ou le campus BIO4 dédié aux biotechnologies et au numérique.
Un hub pour les multinationales… et les startups
La Serbie accueille un grand nombre de centres de développement ou de support régional de sociétés mondiales : Microsoft, Huawei, Intel, Dell, SAP, IBM, Siemens, Oracle, Cisco, Ericsson, Adobe, Google, mais aussi des éditeurs de jeux comme Playrix, Sperasoft ou Wargaming. Le centre de développement de Microsoft à Belgrade a été l’un des cinq premiers de ce type créés dans le monde.
Une constellation de startups locales qui rayonnent à l’international dans des secteurs variés.
Créateur de Top Eleven, racheté par Take‑Two, avec plus de 100 millions d’utilisateurs.
Startups innovantes dans le domaine de la santé et des soins à distance.
Solutions technologiques pour l’agriculture de précision et l’analyse des cultures.
Acteurs majeurs dans le domaine des cryptomonnaies et des infrastructures blockchain.
Plateforme technologique dédiée aux ressources humaines et à l’analyse organisationnelle.
Plateforme de vente en ligne parfois surnommée « eBay serbe ».
Innovation dans le domaine de l’énergie solaire urbaine et des bornes de recharge publiques.
Des acquisitions importantes (AskGamblers acquis 15 millions d’euros, entreprises de jeux rachetées par Epic Games, Playrix ou Take‑Two) montrent que l’écosystème n’est plus seulement une base d’outsourcing, mais commence à générer des actifs technologiques de premier plan.
L’infrastructure de soutien inclut des incubateurs et hubs (Startit, ICT Hub, Impact Hub, Business Incubator Novi Sad, Science Technology Park Belgrade), un Fonds pour l’innovation, un Fonds pour la science et des initiatives comme Digital Serbia Initiative. Le gouvernement a, en outre, adopté une stratégie nationale pour l’IA à horizon 2030, dotée d’environ 70 millions d’euros (dont 30 millions pour un supercalculateur) et a rejoint le partenariat international GPAI.
Un marché d’export plutôt que domestique
Il faut cependant noter que le marché intérieur reste en retrait : les entreprises serbes consacrent en moyenne seulement 0,7 % de leur chiffre d’affaires à l’IT, contre 3,5 % dans le monde, et l’emploi IT interne ne dépasse pas 2 % du total, contre plus de 5 % dans les économies avancées. Conséquence : près de 90 % des sociétés IT serbes travaillent principalement pour des clients étrangers, ce qui offre un ancrage international immédiat mais rend le secteur sensible à la conjoncture mondiale.
La Serbie possède un fort avantage concurrentiel pour les services IT à l’export, grâce à son orientation internationale et à son excellent niveau d’anglais (classée 18ᵉ mondiale). Cela bénéficie aux entrepreneurs souhaitant créer une structure ciblant l’Europe, l’Amérique du Nord ou le Moyen-Orient.
Les créneaux porteurs couvrent un large spectre : développement logiciel, mobile et web, jeux vidéo, cybersécurité, cloud, IA, blockchain, fintech, edtech, healthtech, martech, mais aussi agences de marketing digital, studios de création de contenus, services de support technique, externalisation de processus métiers, plateformes de freelances, etc.
Le cadre incitatif est lui aussi calibré : exonération d’impôt sur le revenu pendant trois ans pour les fondateurs de startups innovantes, réduction de charges jusqu’à 70 % pour l’embauche de rapatriés et d’étrangers qualifiés, régimes fiscaux avantageux pour la R&D (amortissement accéléré, déductions supplémentaires).
Énergies renouvelables : un futur marché géant déjà en chantier
Dans la décennie qui s’ouvre, les énergies renouvelables s’annoncent comme l’un des tout premiers secteurs porteurs pour une entreprise en Serbie. Non seulement le pays doit moderniser un système énergétique encore largement dominé par le charbon, mais il s’est engagé, dans le cadre de son rapprochement avec l’UE, à aligner sa trajectoire sur les objectifs climatiques européens.
Une stratégie énergétique en profond remaniement
La Serbie a adopté en 2021 une nouvelle loi sur les énergies renouvelables et une loi sur l’efficacité énergétique, dans le cadre de son processus d’adhésion à l’UE et en tant que membre de la Communauté de l’énergie. Elle a ratifié l’Accord de Paris et s’est engagée dans l’Agenda vert pour les Balkans occidentaux.
Le mix électrique totalise environ 8 223 MW de capacité installée, dont 35 % issus de sources renouvelables. Le détail est le suivant :
| Type d’installation | Part approximative dans la capacité totale |
|---|---|
| Centrales thermiques (charbon/gaz) | 50 % |
| Hydroélectricité | 38 % (dont ~30 % recensés comme ENR) |
| Cogénération thermique | 6 % |
| Éolien | 5 % |
| Solaire | 0,13 % |
| Biogaz & biomasse | 0,43 % |
Les énergies fossiles représentent encore 87 % de l’énergie primaire (2017), mais la part des renouvelables dans la consommation finale brute atteint déjà 26,3 % (au‑dessus de la moyenne UE à 22,1 %), principalement grâce à l’hydroélectricité et à la biomasse pour le chauffage.
Le gouvernement a lancé un plan d’investissement de l’ordre de 15 à 17 milliards d’euros dans l’électricité pour les années à venir. Les différents scénarios insistent sur la nécessité d’installer environ 5 000 GWh de nouvelle capacité renouvelable par an, ce qui implique au minimum 3 milliards d’euros d’investissements annuels.
Solaire : un potentiel largement inexploité
La Serbie possède un gisement solaire supérieur d’environ 30 % à celui de l’Allemagne. L’irradiation annuelle varie de 1 200 kWh/m² dans le nord‑ouest à 1 550 kWh/m² dans le sud‑est. Pourtant, la puissance solaire installée reste très modeste, de l’ordre de 11 MW répartis sur 135 centrales, en grande majorité de petites installations en toiture.
Les projets en cours et planifiés changent d’échelle, ce qui nécessite d’adapter les méthodes de gestion, les ressources allouées et la planification pour répondre aux nouvelles exigences et complexités.
– Des parcs solaires utilitaires ont été mis en service à Lapovo et Bač.
– Le programme « Solar District Heating » soutient des installations de grande taille pour alimenter en chaleur urbaine plusieurs villes, avec déjà la plus grande centrale solaire thermique des Balkans à Pančevo.
– Le projet Agrosolar Kula, annoncé comme le plus grand projet agro‑énergétique européen, combine agriculture et photovoltaïque sur une capacité prévue de 660 MW, pour un investissement d’environ 340 millions d’euros.
– Des projets privés majeurs (Kima Solar & Solarina) à Sjenica et Zaječar prévoient plus de 200 MW cumulés.
– L’État a lancé un appel pour trouver un partenaire stratégique en vue d’installer un parc PV d’1 GW avec au moins 200 MW de stockage.
À plus long terme, les plans d’investissement évoquent un potentiel économique d’environ 3,6 GW de solaire à l’horizon 2030 (et un potentiel technique proche de 6,9 GW). Les études de scénarios chiffrent à près de 20 milliards d’euros les investissements possibles en photovoltaïque (toitures, friches minières, agro‑PV, installations flottantes, etc.), avec une réduction de plus de 27 millions de tonnes de CO₂.
Pour les entreprises, les opportunités sont très larges : développement de parcs solaires, ingénierie, EPC, fabrication ou assemblage de structures et onduleurs, installation de systèmes résidentiels et commerciaux, services de maintenance, solutions de stockage par batteries, intégration à des projets d’agritourisme ou d’hôtellerie.
Éolien : une filière déjà visible, encore en expansion
L’éolien serbe est déjà mieux développé que le solaire, avec environ 8 à 9 parcs en service représentant près de 400–430 MW de capacité, dont le parc de Čibuk 1 (158 MW pour 270 millions d’euros d’investissement) qui alimente plus de 110 000 foyers. Toutefois, les études montrent que le potentiel est bien supérieur, avec une estimation de plus de 1,3 GW techniquement exploitable à court terme et un potentiel technique de près de 30 GW.
Les projets en cours ou annoncés incluent :
– Plusieurs parcs en construction totalisant environ 300 MW.
– Une douzaine de projets planifiés pour près de 1,7 GW supplémentaires, susceptibles d’alimenter 1,5 million de ménages et de réduire les émissions de 1,3 million de tonnes de CO₂.
– Le mégaprojet Maestrale Ring (678 MW, près de 800 millions d’euros) développé par Fintel Energija à Subotica.
– Un portefeuille de 1 GW en développement conjoint par Fintel et MK Group.
Les meilleures zones de vent sont le Banat du sud, certaines régions de l’est, le massif de Zlatibor et le plateau de Pešter. Des industriels comme Flender (ex‑Siemens) fabriquent déjà des composants d’éoliennes à Subotica.
Biomasse, biogaz, géothermie, déchets : des niches solides
Plus de la moitié du potentiel renouvelable serbe se situe dans la biomasse, grâce à 55 % de terres arables et 25 % de surfaces forestières. Pourtant, ce gisement est très peu valorisé : on compte à peine plus d’une centaine de centrales biogaz (en construction ou en service) pour environ 110 MW, et une seule centrale biomasse significative (2,4 MW électrique, 8,3 MW thermique).
Plusieurs programmes publics encouragent le basculement de réseaux de chaleur urbains au bois énergie ou au biogaz, comme à Priboj ou Mali Zvornik, ainsi que la mise en place de chaufferies biomasse pour les collectivités.
La France dispose de plus de 500 sources minérales exploitables pour la géothermie.
Enfin, le traitement des déchets et la valorisation énergétique (waste‑to‑energy) deviennent stratégiques. Le projet de Vinča, en périphérie de Belgrade, illustre cette tendance avec un partenariat public‑privé de 370 millions d’euros pour transformer les déchets en chaleur et électricité. Là aussi, ingénierie, exploitation, équipements, gestion de projet et services de consulting ouvrent des portes.
Stockage, réseaux intelligents et chaleur urbaine
À mesure que la part de renouvelables intermittentes augmente, les besoins en stockage et en modernisation du réseau électrique explosent. Les plans nationaux prévoient :
– le déploiement de systèmes de batteries pour l’équilibrage de charge et les réserves rapides ;
– le développement de stations de pompage‑turbinage (notamment Djerdap III et Bistrica, pour une capacité potentielle allant jusqu’à 2 400 MW) ;
– la digitalisation des postes, l’installation de systèmes de gestion avancés, de capteurs, de plates‑formes d’analytics et d’IA pour la prédiction de charge, l’intégration des prosumers et des micro‑réseaux.
Rien que pour les batteries et le stockage réseau, les projections parlent de 2,2 à 3,8 milliards d’euros d’investissements possibles entre 2026 et 2032. La modernisation des réseaux de chaleur (grandes pompes à chaleur, récupération de chaleur fatale, couplage avec solaire et biomasse) pourrait mobiliser de 1 à 2,5 milliards d’euros sur la même période.
Tous ces chiffres dessinent un champ d’opportunités gigantesque pour les développeurs de projets, bureaux d’études, fabricants d’équipements, intégrateurs systèmes, opérateurs de services énergétiques, fournisseurs de logiciels et solutions de pilotage (EMS, SCADA, VPP, etc.).
Immobilier, construction et logistique : un marché en reconfiguration rapide
Au‑delà de la production et des services, les secteurs de la construction, de l’immobilier et de la logistique vivent en Serbie une transformation d’ampleur, portée par la croissance, l’urbanisation, les investissements publics massifs et la préparation de l’Expo 2027.
Une vague d’infrastructures structurante
Autoroutes, voies ferrées, aéroports, ports fluviaux, réseaux d’énergie : la Serbie traverse une phase d’expansion sans précédent de ses infrastructures d’ici 2035. Parmi les chantiers structurants :
– autoroutes A2 vers le Monténégro, corridors Niš–Merdare (vers Pristina), Ruma–Šabac–Loznica, routes rapides Zrenjanin–Belgrade et Požega–Boljare ;
– lignes ferroviaires à grande vitesse entre Belgrade, Novi Sad, Subotica et Budapest, modernisation des corridors Niš–Dimitrovgrad et Niš–Preševo ;
– extension des aéroports de Belgrade, Niš et Kraljevo ;
– investissements dans les ports danubiens, la défense contre les crues et les systèmes d’irrigation ;
– renforcement des infrastructures électriques et de transport d’énergie.
Ces programmes maintiendront probablement le secteur du BTP à pleine capacité jusque dans les années 2030, même si la hausse des coûts des matériaux, les tensions sur la main‑d’œuvre et l’alignement des normes sur l’UE compliquent l’équation.
Résidentiel : une demande soutenue, mais segmentée
Avec un taux de propriétaires de l’ordre de 90 %, la Serbie demeure un pays de propriétaires occupants. Mais derrière ce chiffre se cachent des dynamiques contrastées : migration interne vers Belgrade et les grandes villes, arrivée de travailleurs étrangers (notamment russes, ukrainiens, israéliens depuis les dernières crises géopolitiques), retour de la diaspora, montée des jeunes actifs (25–35 ans) dans les métropoles, vieillissement de la population avec des besoins spécifiques en logements adaptés.
Plus de 17 000 logements ont été vendus à Belgrade en 2024, avec un prix moyen avoisinant 2 600 €/m².
La demande se déplace vers des unités plus petites, bien situées, éco‑efficientes, intégrant des commodités modernes (domotique, espaces partagés, services de proximité). Le marché locatif s’étoffe aussi, sous l’effet des étudiants (taux de scolarisation universitaire supérieur à 73 %), des jeunes actifs et des expatriés. Les logements « build‑to‑rent » et les résidences étudiantes spécialisés restent sous‑offerts, ce qui en fait un segment prometteur pour les investisseurs.
Bureaux, logistique, commerce : des marchés encore jeunes
Le marché des bureaux est encore concentré à Belgrade, avec environ 1,4 million de m² d’espaces de bureaux modernes, dominés par Novi Beograd. La demande provient principalement des entreprises IT, d’ingénierie, des services financiers et des sociétés multinationales. L’essor du télétravail et des modèles hybrides change la nature de la demande (espace flexible, coworking, surfaces modulables, bureaux à haute intensité technologique), mais la capitale reste loin des densités observées dans les grandes métropoles de l’UE, laissant une marge de croissance importante.
Le stock de plateformes logistiques modernes en Serbie, estimé à plus de 6 millions de m², est en forte croissance. Les projections anticipent un doublement, voire un triplement d’ici 2035. Les zones les plus dynamiques, situées le long des grands corridors autoroutiers (autour de Belgrade, Novi Sad, Niš, Čačak, Subotica), répondent à la demande croissante des secteurs manufacturier, du e‑commerce, de la distribution et du transport.
Les parcs de détail se multiplient dans les villes moyennes, devenant la forme dominante de commerce moderne hors des hypercentres. Les surfaces commerciales modernes à Belgrade atteignent plus de 575 000 m² (GLA), avec une extension continue dans les zones urbaines et périurbaines.
Pour une entreprise, ces évolutions créent des opportunités dans :
– le développement et la gestion de parcs logistiques ;
– la construction et l’exploitation de centres commerciaux de nouvelle génération ;
– les services de facility management, de maintenance technique, de sécurité ;
– les solutions de construction modulaire, préfabriquée et éco‑efficiente ;
– les bureaux flexibles et espaces de coworking.
Expo 2027 : catalyseur de projets
L’organisation de l’Expo 2027 à Belgrade est déclarée projet d’importance nationale. Le plan de développement « Saut vers l’avenir – Serbie 2027 » prévoit environ 17,8 milliards d’euros d’investissements publics et privés liés à cet événement : complexes d’exposition, stade national, logements, transports urbains et interurbains, hôpitaux, écoles, infrastructures digitales, etc.
On attend environ 3 millions de visiteurs pour l’Expo, avec un impact économique global estimé à 1,1 milliard d’euros. Pour les entreprises, qu’elles soient dans le BTP, l’immobilier, les services, la logistique, les technologies ou l’hospitalité, cette échéance crée un effet d’entraînement considérable.
Tourisme, santé et bien‑être : un secteur en forte montée
Alors que la Croatie ou la Grèce monopolisent souvent l’attention pour le tourisme régional, la Serbie rattrape discrètement son retard. Le nombre de visiteurs étrangers a doublé depuis 2013, et la croissance est à deux chiffres sur plusieurs années consécutives.
Des atouts encore sous‑exploités
Belgrade est devenue une destination urbaine reconnue pour les city‑breaks, les événements et la vie nocturne. Novi Sad s’est affirmée sur la carte grâce au festival de musique EXIT (plus de 200 000 visiteurs de 120 pays en 2023). Niš, Subotica, les villes danubiennes et les nombreuses stations thermales et de montagne (Kopaonik, Zlatibor, Tara, Stara Planina, Vrnjačka Banja, Sokobanja, etc.) complètent l’offre.
Pour autant, le pays manque encore d’hébergements aux standards internationaux dans plusieurs segments : les hôtels cinq étoiles sont rares, même à Belgrade, les resorts de montagne haut de gamme sont encore peu nombreux, et de nombreuses stations thermales nécessitent une modernisation lourde.
Croissance de l’hôtellerie et du bien‑être
L’hôtellerie à Belgrade compte environ 134 établissements, dont plus de la moitié en quatre étoiles. Le segment cinq étoiles reste sous‑développé, ce qui laisse de la place pour des marques internationales ou des concepts de boutique‑hôtels. Les taux d’occupation sont élevés en saison de congrès (printemps/automne), et la demande croît pour des produits mixant affaires, bien‑être et tourisme urbain.
Les régions montagneuses (Kopaonik, Zlatibor, Tara, Zlatar, Golija) attirent une clientèle croissante pour le ski, la randonnée et l’écotourisme. Pour saisir ce potentiel, il est crucial de développer une offre d’hébergement durable, notamment des chalets de standing, des glampings et des lodges écoresponsables, actuellement insuffisante. Parallèlement, les stations thermales à haute valeur thérapeutique (Vrnjačka Banja, Lukovska, Prolom, Koviljača) ont l’opportunité de se repositionner en proposant des séjours combinant soins médicaux et bien-être.
Dans ce contexte, les entreprises peuvent se positionner sur : les différents segments de marché et les attentes des consommateurs.
Découvrez les principaux secteurs d’intervention dans l’industrie du tourisme et de l’hospitalité.
Construction et exploitation d’hôtels et de resorts pour l’accueil et le séjour des voyageurs.
Gestion de centres de bien‑être, de spas et de cliniques thermales dédiés à la détente et à la santé.
Organisation d’activités de loisirs : sports de nature, parcs d’aventure et séjours thématiques.
Prestations pour opérateurs touristiques : agences réceptives, transport, guides, solutions digitales et plateformes de réservation.
Tourisme vert et énergie propre
La transition énergétique et l’essor du tourisme se croisent dans les projets d’« eco‑lodges », de stations de montagne ou de complexes thermaux alimentés en énergies renouvelables (solaire, biomasse, géothermie). Des programmes d’incitation soutiennent déjà les rénovations énergétiques dans le résidentiel, et des lignes de financement se mettent en place pour les projets touristiques « verts » (véhicules électriques, bornes de recharge, micro‑réseaux isolés, etc.).
Là encore, la combinaison d’un secteur touristique en rattrapage, d’incitations énergétiques et d’accords commerciaux régionaux (notamment avec le Monténégro, la Macédoine du Nord et l’Albanie via l’initiative Open Balkans) crée des perspectives intéressantes.
Services, éducation, économie numérique et creative industries
Au‑delà des « gros » secteurs que sont l’agriculture, l’industrie, les TIC, l’énergie et l’immobilier, la Serbie voit émerger une série de niches porteuses dans les services aux entreprises, l’éducation, la formation, la santé, la culture et la création numérique.
La Serbie compte plus de 260 000 étudiants à l’université, un taux de scolarisation dans le supérieur de plus de 73 %, mais l’offre d’enseignement privé international est encore limitée – un seul établissement de ce type à Novi Sad, par exemple. Les familles expatriées et une frange croissante de la classe moyenne locale recherchent des écoles internationales (IB, programmes britanniques, français, allemands, etc.), des centres de langues, des programmes de préparation à l’étranger et des solutions d’edtech.
Les entreprises du secteur de l’éducation peuvent répondre aux besoins du marché en développant des offres variées : création d’écoles et de campus internationaux, lancement de plateformes de formation en ligne, ou ouverture de centres de formation professionnelle dans des secteurs en tension comme la tech, le bâtiment, la santé et l’énergie.
Services aux entreprises et externalisation
Avec une économie dominée par les services et un tissu de plus de 240 000 entreprises, les besoins en services B2B explosent : comptabilité, conseil, marketing, gestion de la paie, externalisation de processus (BPO), design, développement web, gestion de contenu, traduction, support client, etc.
La Serbie a déjà fait ses preuves dans l’outsourcing, notamment pour les services IT et de support client, offrant une combinaison intéressante de coûts maîtrisés, bonne qualité linguistique (anglais, mais aussi allemand, français, italien, russe) et proximité culturelle avec l’Europe.
Industries créatives et contenus numériques
Les industries créatives représentent environ 7,4 % du PIB, emploient 127 000 personnes (dont plus de la moitié diplômées de l’université et âgées de 20 à 45 ans) et ont connu une croissance de plus de 60 % en six ans, avec une hausse cumulée des exportations de 51 %. Plus de 73 000 entreprises y sont actives.
Le chiffre d’affaires annuel du secteur du jeu vidéo en Serbie, en millions d’euros, avec une croissance de 20% par an.
Pour les créateurs, agences, studios et plateformes, la Serbie peut servir à la fois de base de production à coûts compétitifs et de marché de test pour de nouveaux produits culturels ou numériques.
Pourquoi la Serbie reste un pari attractif malgré les défis
Aucun pays n’est exempt de difficultés, et la Serbie ne fait pas exception. Les investisseurs et entrepreneurs doivent composer avec :
– une bureaucratie parfois lourde, des lenteurs administratives et des pratiques de commande publique perfectibles ;
– une justice perçue comme peu efficace, notamment dans la protection contractuelle ;
– des disparités régionales (forte concentration de l’activité à Belgrade et en Voïvodine) ;
– un « brain drain » persistant, notamment dans les métiers hautement qualifiés ;
– des défis climatiques pour l’agriculture (sécheresses, inondations, gel tardif) ;
– la nécessité d’une montée rapide en compétences dans l’énergie, la construction verte ou l’IA.
Mais ces faiblesses sont en partie compensées par :
Le pays présente une croissance solide et des fondamentaux macroéconomiques en amélioration (inflation en baisse, dette publique sous contrôle, réserves de change confortables). La politique publique est ouverte aux investisseurs, avec un arsenal d’incitations financières et fiscales bien structuré. La Serbie bénéficie d’un système d’accords de libre‑échange unique en Europe, permettant de produire pour l’UE, la CEFTA, la Turquie, la Russie, l’UEEA, la Chine et le Royaume‑Uni. La main‑d’œuvre est globalement bien formée, surtout dans les disciplines techniques, avec des coûts salariaux compétitifs. Une dynamique d’investissements directs étrangers soutenue alimente une montée en gamme industrielle (automobile, électronique, équipements, énergie), dans le cadre d’un agenda de transformation clair axé sur la décarbonation, la numérisation, la modernisation des infrastructures et la montée en gamme industrielle.
Pour une entreprise qui cherche un point d’ancrage en Europe centrale et orientale, la question n’est plus tant de savoir si la Serbie est intéressante, mais dans quel(s) secteur(s) elle l’est le plus.
Au vu des données disponibles, cinq grands ensembles se détachent nettement comme « secteurs porteurs » pour une entreprise en Serbie :
Panorama des principaux secteurs économiques porteurs, détaillant leurs domaines d’application et spécialités.
Production de fruits et légumes, transformation, produits de niche, bio et agritech.
Composants, sous‑traitance et ingénierie pour véhicules thermiques et électriques.
Services logiciels, produits numériques, gaming, IA, cybersécurité et BPO.
Solaire, éolien, biomasse, stockage, modernisation de réseaux et chaleur urbaine.
Parcs logistiques, résidences étudiantes, hôtellerie, resorts, services B2B, éducation, santé et industries créatives.
Chacun de ces ensembles repose sur des chiffres solides (croissance, exportations, IDE, emploi) et sur des stratégies publiques explicites (plans énergétiques, stratégies numériques, réformes agricoles, plan « Serbie 2027 », dossiers d’adhésion à l’UE). Pour un entrepreneur capable de naviguer le cadre réglementaire local – éventuellement avec l’appui d’un partenaire sur place – la Serbie offre aujourd’hui un terrain d’expansion rarement aussi ouvert au cœur du continent européen.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Serbie pour chercher du rendement locatif et une exposition au dinar serbe. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Belgrade, Novi Sad, Niš), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou un petit immeuble résidentiel dans un quartier en développement de Belgrade ou Novi Sad, combinant un rendement locatif brut cible proche de 8–10 % – en gardant en tête que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure d’investissement la plus adaptée et définition d’un plan de diversification dans le temps.
Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de bénéficier des opportunités du marché serbe tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.
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