Ouvrir un compte bancaire d’entreprise en Serbie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’ouverture d’un compte bancaire d’entreprise en Serbie est devenue un levier stratégique pour de nombreux entrepreneurs européens et extra‑européens. Le pays combine un système bancaire stable, des coûts relativement bas, une fiscalité attractive et un cadre réglementaire de plus en plus aligné sur l’Union européenne, tout en restant en dehors de certaines contraintes comme l’échange automatique d’informations fiscales. Mais derrière cette image séduisante se cache une réalité très encadrée, marquée par des procédures KYC/AML strictes, des exigences documentaires lourdes et des différences importantes entre comptes résidents et non‑résidents.

Ce guide propose une lecture complète, pratique et argumentée de ce que signifie vraiment ouvrir un compte bancaire d’entreprise en Serbie, que vous soyez en train de créer une société serbe, d’implanter une succursale ou de chercher un compte corporate non‑résident.

Comprendre le paysage bancaire serbe avant d’ouvrir un compte

Avant même de choisir une banque, il est essentiel de comprendre l’environnement financier dans lequel votre entreprise va évoluer. La Serbie est un marché bancaire relativement petit à l’échelle européenne, mais très dense et fortement régulé.

Bon à savoir :

La Banque nationale de Serbie (NBS) supervise le secteur financier en tant que banque centrale et régulateur prudentiel. Elle applique les principes de Bâle III et régit le secteur par plusieurs lois spécifiques, notamment sur les banques, les services de paiement, les opérations de change, la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, la protection des consommateurs de services financiers, ainsi que sur les actifs numériques.

Le système bancaire serbe se caractérise par une forte présence de groupes étrangers et par une solvabilité confortable. Le ratio de solvabilité du secteur a été rapporté autour de 20 % en 2023, bien au‑dessus des exigences minimales internationales, et le niveau de créances douteuses se situe dans le bas de la fourchette à un chiffre. Les dépôts des clients sont couverts par une agence de garantie des dépôts qui assure jusqu’à 50 000 euros par déposant et par banque.

20 à 30

Il s’agit du nombre estimé de banques commerciales en activité dans le paysage bancaire décrit.

Voici un aperçu simplifié du marché :

Indicateur cléValeur indicative
Nombre de banques commerciales (dernières données)20 à 29
Part majoritaire étrangère parmi les banques> 70 % (environ 21 banques à capital majoritairement étranger)
Ratio de solvabilité sectoriel (2023)~ 20,3 %
Garantie des dépôts50 000 € / banque / déposant
Volume total des prêts (2024)~ 32 Mds €
Croissance des crédits aux particuliers (2024)~ 8,4 %

Sur le plan international, la Serbie est sortie de la « grey list » du GAFI (FATF) en 2019, après un renforcement de son dispositif anti‑blanchiment. Elle a adhéré au système CRS pour l’échange automatique d’informations, mais n’a pas encore, selon les sources, engagé de flux d’échanges réguliers. Pour les entreprises étrangères, cet environnement combine donc une conformité renforcée avec une confidentialité bancaire encore significative.

Pourquoi ouvrir un compte bancaire d’entreprise en Serbie ?

L’ouverture d’un compte d’entreprise en Serbie répond à plusieurs logiques stratégiques, qui vont bien au‑delà de la simple gestion d’un RIB local.

Sur le plan opérationnel, toute société immatriculée en Serbie doit disposer d’un compte bancaire professionnel pour exercer ses activités : paiement des salaires, règlement des fournisseurs, versement des impôts et contributions sociales, dépôt éventuel de capital social pour certains types de sociétés. Pour une filiale ou une succursale, ce compte est aussi la porte d’entrée vers le marché local.

Bon à savoir :

La Serbie est présentée comme une plateforme stratégique pour accéder aux marchés européens et internationaux. Elle dispose d’un réseau commercial étendu avec l’UE, la Russie, la Chine, les États-Unis et le Moyen-Orient, et bénéficie de nombreux accords de libre-échange (UE, AELE, CEFTA, Turquie, Royaume-Uni, Chine). L’ouverture d’un compte local simplifie les transactions via SWIFT et permet, dans certains cas, des paiements de type SEPA en euros.

Le pays offre également un avantage‑coût apprécié. Les frais bancaires sont souvent inférieurs à ceux pratiqués dans certains pays de l’UE, qu’il s’agisse des frais de tenue de compte, des virements ou de la facturation des cartes. Les coûts d’exploitation — loyers, salaires — sont aussi plus bas que dans la plupart des capitales européennes, ce qui rend l’implantation d’une structure avec « substance » relativement abordable.

Bon à savoir :

Le taux standard de l’impôt sur les sociétés est de 15 %, l’un des plus bas d’Europe. Des dispositifs d’incitation importants existent : crédits d’impôt pour les investissements massifs, double déduction pour certains coûts de R&D, régime favorable pour les revenus de propriété intellectuelle et avantages pour l’investissement dans des start-ups innovantes. Pour une société étrangère, cela permet de localiser des fonctions dans un environnement fiscal compétitif, tout en bénéficiant d’un cadre juridique aligné sur les normes internationales.

Enfin, la Serbie n’est pas encore engagée pleinement dans l’échange automatique d’informations bancaires via le CRS, ce qui renforce la confidentialité des comptes, sous réserve du respect des lois locales et des obligations déclaratives dans le pays de résidence fiscale des bénéficiaires.

Banques et types de services accessibles aux entreprises

Pour ouvrir un compte bancaire d’entreprise en Serbie, il faut d’abord choisir un établissement. Le site de la Banque nationale de Serbie recense l’ensemble des banques autorisées. Le choix se fait en fonction du profil de l’entreprise, de sa structure actionnariale, de son secteur d’activité, du volume de transactions prévu et du besoin en services internationaux.

Parmi les banques commerciales les plus fréquemment citées dans les études :

Principales banques en Serbie

Panorama des principales institutions bancaires opérant en Serbie, incluant des filiales de groupes internationaux et des banques domestiques.

Banca Intesa

Filiale du groupe italien Intesa Sanpaolo, leader de marché en Serbie.

OTP Banka Srbija

Contrôlée par le groupe bancaire hongrois OTP.

UniCredit Bank Srbija

Établissement lié au groupe italien UniCredit.

Raiffeisen Banka

Filiale du groupe autrichien Raiffeisen Bank International.

Erste Bank

Banque d’origine autrichienne, membre du groupe Erste Group.

NLB Komercijalna banka

Rattachée au groupe bancaire slovène NLB.

Banka Poštanska Štedionica

Banque d’épargne postale serbe à capitaux publics.

AIK Banka

Banque serbe orientée vers les PME et le secteur agricole.

Eurobank Direktna

Reliée au groupe grec Eurobank Ergasias.

Bank of China Srbija

Branche serbe du groupe chinois, très orientée vers la clientèle corporate.

Mirabank

Banque domestique serbe offrant un service personnalisé.

Mobi Banka

Banque positionnée comme étant quasi intégralement digitale.

Ces acteurs offrent globalement des produits similaires : comptes courants en dinars et devises, comptes multi‑devises, services de banque en ligne et mobile, cartes de débit ou crédit (Visa, Mastercard, et carte locale DINA), solutions d’acquiring, lettres de crédit et garanties, financement de trésorerie, produits de change, voire gestion d’actifs et fonds d’investissement pour certaines.

Astuce :

Les comptes d’entreprise en Serbie peuvent être ouverts en dinars serbes (RSD) et dans un large éventail de devises internationales, notamment l’euro (EUR), le dollar américain (USD), la livre sterling (GBP), le franc suisse (CHF), le rouble russe (RUB), la livre turque (TRY), le dollar canadien (CAD), la couronne danoise (DKK), le yen japonais (JPY), la couronne suédoise (SEK) et parfois le yuan chinois (CNY). Les banques fournissent des coordonnées IBAN et SWIFT pour ces comptes et prennent en charge les virements internationaux, principalement via le réseau SWIFT. De plus, certaines banques proposent des opérations compatibles SEPA pour faciliter les paiements en euros vers l’Europe, bien que la Serbie ne soit pas membre de l’espace SEPA.

Les services numériques sont bien développés : e‑banking, m‑banking, notifications par SMS ou e‑mail, tokens USB ou codes d’accès pour sécuriser les connexions, voire API et intégration avec des logiciels de comptabilité pour quelques établissements.

Types de structures : société, succursale ou compte non‑résident

Ouvrir un compte bancaire d’entreprise en Serbie n’a pas la même physionomie selon que l’on crée une entité locale ou qu’on se contente d’un compte non‑résident pour une société étrangère.

Société serbe (DOO, AD, etc.)

La forme la plus courante est la société à responsabilité limitée (d.o.o.), qui peut être constituée avec un capital minimum symbolique de 100 dinars (moins d’un euro). Une fois la société immatriculée au registre des entreprises (Serbian Business Registers Agency, SBRA), elle obtient un numéro d’enregistrement et un numéro d’identification fiscale (PIB/TIN). À partir de là, l’ouverture du compte bancaire est quasiment automatique, dès lors que le dossier est complet et que l’activité ne présente pas de risque particulier au regard de l’AML.

99

Pour une société serbe, le taux de succès d’ouverture de compte bancaire avoisine les 99 %.

Succursale de société étrangère

L’autre option est de créer une succursale (branch) d’une société étrangère. Juridiquement, il ne s’agit pas d’une entité distincte, mais d’une extension locale de la maison mère. Fiscalement, la succursale est traitée comme un résident pour ses activités en Serbie, avec imposition de ses bénéfices serbes à 15 %. L’ouverture de compte est ici aussi très bien acceptée par les banques : les sources évoquent un taux de succès comparable à celui des sociétés locales, proche de 99 %.

Exemple :

Une société basée dans une juridiction offshore peut faciliter son accès au système bancaire serbe en créant une succursale locale dotée d’une adresse physique, d’une comptabilité locale et de coûts réels (substance). Cette structure permet de répondre aux exigences des banques tout en maintenant la responsabilité juridique principale au siège social offshore.

Compte corporate non‑résident

Enfin, certaines banques permettent à une société étrangère d’ouvrir un compte corporate non‑résident sans créer de structure en Serbie. La pratique est nettement plus contraignante. Les comptes non‑résidents sont considérés comme plus risqués d’un point de vue conformité, surtout pour des sociétés immatriculées dans des juridictions à faible transparence fiscale. Les contrôles KYC/AML sont renforcés, les documents exigés plus nombreux, les frais plus élevés, et les taux de refus significativement plus importants.

Dans ce cas, l’obtention d’un compte peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et dépend largement du profil de l’entreprise, de sa structure d’actionnariat, du secteur dans lequel elle opère et de la réputation de sa juridiction d’origine.

Comparatif synthétique

CritèreSociété locale (DOO)Succursale en SerbieCompte non‑résident pur
Statut fiscalRésident (IS 15 %)Résident pour la brancheNon‑résident
Taux de succès d’ouvertureTrès élevé (~99 %)Très élevé (~99 %)Faible à moyen
Complexité KYC/AMLStandardStandard à renforcéeRenforcée
Frais bancairesLes plus basIntermédiairesSignificativement plus élevés
Lettres de crédit / garantiesGénéralement disponiblesParfois limitéesSouvent indisponibles
Nécessité d’adresse localesOuiOuiNon
Délais typiques10–15 jours10–15 joursÀ partir de 2 mois

Conditions générales et présence personnelle

Dans la pratique, la plupart des banques serbes exigent la présence physique du représentant légal ou des signataires autorisés pour finaliser l’ouverture d’un compte d’entreprise. Il ne suffit pas, en règle générale, de signer chez un notaire étranger ou dans une ambassade : la personne figurant sur la carte de signatures doit être présente en Serbie pour parapher les formulaires, déposer sa signature et signer les contrats de compte. C’est une conséquence directe des obligations de vérification d’identité prévues par la loi sur la prévention du blanchiment.

Bon à savoir :

Certaines banques autorisent une première analyse du dossier à distance, mais requièrent une présence physique pour la signature finale. D’autres, plus rares, permettent un processus entièrement à distance via une procuration notariée et apostillée (Power of Attorney), où un mandataire local (avocat ou prestataire) agit au nom de la société pour soumettre les documents, assister aux entretiens et signer.

La procédure se déroule en plusieurs étapes relativement standardisées : prise de contact avec la banque, préparation des pièces, dépôt du dossier, contrôles KYC/AML, éventuelles demandes complémentaires, décision d’acceptation ou de refus, puis signature des contrats et activation des services (comptes dinar et devises, e‑banking, cartes, etc.).

Attention :

Les délais varient de quelques jours à trois semaines pour une société locale bien documentée, et peuvent s’étendre sur plusieurs semaines pour un compte non-résident, particulièrement si la société appartient à une structure complexe ou évolue dans un secteur sensible (jeux en ligne, cryptoactifs, services financiers non réglementés).

Documents exigés pour un compte d’entreprise

Les banques serbes disposent toutes de leurs propres check‑lists, mais les exigences convergent largement. Pour une société déjà immatriculée en Serbie, les pièces de base incluent la décision d’enregistrement de la société, l’extrait du registre des entreprises, le certificat de numéro fiscal (PIB/TIN), le formulaire de spécimen de signatures (souvent appelé OP form) dûment notarié si nécessaire, un formulaire d’ouverture de compte signé et diverses déclarations internes liées au KYC.

Pour une société étrangère qui ouvre un compte en tant que non‑résident ou via une succursale, le corpus documentaire est plus lourd. Les établissements demandent généralement :

Documents requis pour l’ouverture d’un compte bancaire en Serbie

Pour ouvrir un compte bancaire d’entreprise en Serbie, vous devrez fournir un ensemble complet de documents juridiques, financiers et d’identification. Voici la liste des éléments essentiels demandés par les établissements bancaires.

Documents juridiques de la société

Certificat d’immatriculation ou de constitution, statuts ou équivalent (Articles of Association), et un extrait récent du registre du commerce attestant que la société est active (souvent âgé de moins de 30 à 90 jours).

Structure de propriété et UBO

Liste actuelle des actionnaires et organigramme d’actionnariat, avec indication claire des bénéficiaires effectifs (UBO).

Pièces d’identité des personnes impliquées

Passeports du ou des directeurs, des actionnaires principaux et des personnes autorisées à signer sur le compte (signataires).

Justificatifs de domicile

Justificatif d’adresse pour la société (bail, facture) et pour les dirigeants / propriétaires (facture récente, relevé bancaire).

Informations sur l’activité et les finances

Plan d’affaires détaillé (activités, clients, fournisseurs), informations sur l’origine des fonds et de la richesse, et volumes de transactions prévus.

Documents fiscaux et formulaires bancaires

Numéro d’identification fiscale de la société, formulaire « Know Your Client », formulaires de signature, et déclarations sur le statut PEP ou FATCA.

Pour les sociétés étrangères, la règle est que les documents doivent être traduits en serbe par un traducteur assermenté lorsqu’ils ne sont pas déjà en serbe ou en anglais. Ils doivent souvent être notariés, voire porter l’apostille de la Convention de La Haye si le pays d’origine en est membre. Les banques insistent aussi sur l’actualité des extraits et attestations : un extrait de registre vieux de plus de trois mois risque d’être rejeté.

Exemple de jeu de documents courants pour une société étrangère

CatégorieExemples de documents attendus
Existence légaleCertificat d’immatriculation, extrait de registre récent
Gouvernance & capitalStatuts, liste des actionnaires, organigramme UBO
Identité des personnes clésPasseports des directeurs, signataires, actionnaires principaux
AdressesFacture d’électricité / bail (société), facture récente (dirigeants)
FiscalitéTIN étranger, éventuel TIN serbe, formulaires FATCA le cas échéant
Business & flux financiersPlan d’affaires, description activité, origine des fonds
SignatureCarte de signatures, procuration apostillée si mandataire
Conformité AML/KYCDéclaration UBO, formulaires KYC, statut PEP

Dans le cas d’une société serbe nouvellement créée, le travail de traduction et d’apostille concerne essentiellement les documents de la maison mère si l’actionnariat est étranger. Pour une structure purement locale, la documentation est plus simple, car elle émane d’organismes serbes (registre des entreprises, administration fiscale) et ne requiert ni traduction ni apostille.

Exigences spécifiques liées à la conformité AML/KYC

La Serbie applique un dispositif anti‑blanchiment très détaillé. Les banques sont tenues d’identifier avec précision leurs clients, de vérifier l’identité de toute personne agissant pour le compte d’une entreprise, d’identifier les bénéficiaires effectifs et de surveiller les transactions sur la durée.

Bon à savoir :

Est considérée comme bénéficiaire effectif toute personne physique détenant ou contrôlant, directement ou indirectement, au moins 25 % du capital ou des droits de vote d’une entité, ou y exerçant une influence dominante. Les banques exigent une transparence complète sur toute la chaîne de détention, notamment lorsque l’actionnaire direct est une société holding ou une entité basée dans un paradis fiscal.

Elles doivent également vérifier si les dirigeants, les actionnaires ou les UBO sont des personnes politiquement exposées (PEP) et appliquer des diligences renforcées lorsque c’est le cas. Toute transaction jugée suspecte, ou dépassant le seuil de 15 000 euros, doit être notifiée à l’Administration pour la prévention du blanchiment d’argent.

Les établissements sont légalement autorisés à refuser l’ouverture d’un compte ou à fermer un compte existant lorsque le profil du client, de son pays d’origine ou de son secteur d’activité est jugé trop risqué. Les entreprises actives dans les jeux d’argent, certaines niches liées aux cryptoactifs ou en lien avec des juridictions placées sur des listes de haut risque peuvent se heurter à des refus systématiques.

Déroulement concret : de la demande à l’activation du compte

La mise en place d’un compte bancaire d’entreprise suit un parcours assez standard, même si chaque banque a ses nuances.

Dans un premier temps, l’entreprise choisit un établissement, éventuellement avec l’aide d’un avocat ou d’un cabinet spécialisé. Ce choix doit tenir compte de la tolérance au risque de la banque, de sa pratique vis‑à‑vis des sociétés étrangères, des tarifs, des canaux numériques, et des papiers exigés. Certaines banques sont connues pour être plus ouvertes aux clients internationaux, d’autres privilégient un profil plus domestique.

Bon à savoir :

La constitution du dossier implique de rassembler, certifier, traduire et apostiller les documents d’entreprise, puis de remplir des questionnaires détaillés sur l’activité, les flux et la structure de propriété. À cette étape, de nombreux cabinets proposent une pré-analyse pour éviter un rejet formel de la demande.

Le dossier est remis à la banque, souvent en version électronique et papier. Le service conformité (AML) procède à une première revue, qui peut prendre plusieurs jours. Des informations complémentaires sont parfois demandées : contrats clients, lettres de référence bancaire, preuves supplémentaires de l’origine des fonds, CV des dirigeants, etc. Une fois la revue positive, la banque convoque le représentant légal ou son mandataire pour la signature des contrats de compte, des conditions générales et des formulaires techniques (e‑banking, cartes).

Bon à savoir :

La dernière étape consiste à ouvrir les sous-comptes obligatoires (un en dinars et un en devises), à activer les accès en ligne et, si besoin, à commander les cartes de paiement. La livraison de ces cartes prend généralement entre 3 et 7 jours ouvrables.

Pour les entreprises serbes, le numéro de compte doit ensuite être communiqué à l’administration fiscale dans un délai d’environ quinze jours après l’ouverture, afin que les autorités puissent suivre les mouvements liés aux obligations fiscales et sociales.

Coûts, frais et conditions financières

Les frais d’ouverture et de gestion d’un compte d’entreprise en Serbie restent attractifs par rapport à de nombreuses juridictions européennes, mais avec des fortes variations selon le statut résident ou non‑résident.

100 à 500

Les frais d’ouverture d’un compte corporate varient généralement de 100 à 500 euros dans la plupart des banques.

Les frais de tenue de compte se situent fréquemment entre 5 et 50 euros par mois, avec une fourchette basse pour les entreprises résidentes et des montants supérieurs pour les structures non‑résidentes. Les comptes en devises sont parfois exemptés de frais de tenue, tandis que le compte en dinars supporte une commission mensuelle.

15-35

Les frais fixes pour un virement international via SWIFT se situent souvent entre 15 et 35 euros par opération.

Les comptes d’entreprise n’exigent pas toujours de dépôt initial, mais plusieurs banques demandent un solde minimum au démarrage, typiquement entre 500 et 1 000 euros pour les structures corporate étrangères. Les commissions de change sur les conversions de devises gravitent autour de 0,5 à 1,5 % selon les pratiques.

Les retraits d’espèces sur le compte d’entreprise sont autorisés mais doivent être justifiés par l’activité, et peuvent être regardés de près par le service conformité, surtout si les montants sont élevés ou fréquents.

Synthèse indicative des principaux frais

Type de fraisFourchette habituelle (indicative)
Ouverture de compte corporate100 – 500 € (plus pour non‑résidents à risque)
Tenue de compte mensuelle5 – 50 €
Dépôt initial (le cas échéant)500 – 1 000 €
Virement international sortant~ 0,2–0,4 % ou 15 – 35 €
Virement national en RSDFrais unitaires faibles, parfois forfaitisés
Cartes de débit/créditFrais d’émission et de renouvellement variables
E‑banking / m‑bankingGénéralement modiques, parfois inclus

Cadre légal, secret bancaire et protection des données

Le secret bancaire est encadré par la loi serbe. Il couvre les données personnelles du client, sa situation financière, les détails de ses transactions et les soldes de ses comptes. En principe, les banques ne peuvent communiquer ces informations qu’avec le consentement de l’intéressé ou lorsque la loi les y oblige, notamment à la demande des tribunaux, de la police, de l’administration fiscale ou des autorités chargées de la lutte contre le blanchiment.

Bon à savoir :

La Serbie a adopté une loi sur la protection des données inspirée du RGPD européen, imposant un cadre strict pour le traitement des données personnelles par les institutions financières. La conservation des données clients et des transactions est obligatoire pour une durée pouvant atteindre dix ans, notamment dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent.

Parallèlement, des dispositifs transversaux tels que la loi sur les services de paiement, la loi sur les opérations de change et la loi sur les marchés de capitaux encadrent les flux financiers et l’accès aux services de paiement, avec une tendance à l’harmonisation progressive avec les règles de l’UE, notamment la directive PSD2 et l’open banking.

Défis spécifiques pour les entreprises étrangères et non‑résidentes

Même si la Serbie apparaît comme une destination accueillante, l’ouverture d’un compte bancaire d’entreprise pour une société étrangère non résidente reste loin d’être un long fleuve tranquille.

Attention :

Les banques serbes filtrent les clients non-résidents, rejetant souvent les sociétés basées dans des juridictions offshore ou à faible fiscalité sans substance économique, ainsi que les entreprises de secteurs risqués comme les cryptoactifs non régulés ou les jeux en ligne.

La barrière linguistique s’ajoute à ces difficultés. La langue de travail dans les agences est le serbe, et si les grandes banques disposent de personnel anglophone dans les grandes villes comme Belgrade ou Novi Sad, ce n’est pas systématique dans toutes les agences ni pour tous les documents.

Attention :

Les procédures de conformité bancaire sont très intrusives, exigeant la divulgation de la structure d’actionnariat, des bénéficiaires effectifs (UBO), du modèle économique, des principaux flux, et parfois de contrats ou factures. Les établissements n’hésitent pas à poser des questions complémentaires et peuvent geler temporairement un compte en cas de réponse tardive ou d’opération suspecte.

Enfin, un refus d’ouverture peut être lourd de conséquences : certains établissements consignent les rejets et peuvent refuser toute demande ultérieure, ce qui complique la recherche d’une autre banque dans le pays. D’où l’importance d’une préparation méticuleuse en amont.

Rôle des prestataires spécialisés et assistance locale

Face à ce niveau d’exigence, de nombreux entrepreneurs étrangers font appel à des prestataires implantés localement : avocats, cabinets de conseil, sociétés de domiciliation ou spécialistes de la création de sociétés. Ces acteurs proposent un accompagnement complet, depuis le choix de la forme juridique (société, succursale, bureau de représentation) jusqu’à l’ouverture du compte et à la mise en place de la comptabilité.

Leur intervention est particulièrement utile pour :

Services d’accompagnement bancaire et administratif en Serbie

Nos services spécialisés facilitent l’établissement bancaire et la conformité réglementaire pour les entreprises en Serbie, en surmontant les défis linguistiques et administratifs.

Préparation et ciblage bancaire

Identification des banques les plus susceptibles d’accepter votre dossier selon votre profil d’entreprise et adaptation du plan d’affaires aux exigences de conformité.

Gestion documentaire et traduction

Prise en charge des traductions assermentées, des apostilles, des certifications et de toute la documentation nécessaire.

Représentation et communication

Représentation de votre entreprise par procuration auprès des banques et autorités, avec communication en serbe et gestion des demandes de compléments.

Conformité et déclarations légales

Organisation de la déclaration des bénéficiaires effectifs au registre ad hoc et mise en place des services de comptabilité et d’adresse enregistrée (registered office).

Le coût de ces prestations varie fortement selon l’étendue du mandat : certains facturent quelques centaines d’euros pour une assistance ciblée à l’ouverture de compte, d’autres commercialisent des « packages » clés en main (société + compte + adresse + comptabilité) chiffrés en plusieurs milliers d’euros. Pour une implantation sérieuse, il faut aussi prévoir des frais récurrents liés à l’adresse légale et à la tenue comptable, qui peuvent commencer autour de 200 euros par mois, soit environ 1 200 euros par an au minimum.

Tendances du marché bancaire et impact pour les entreprises

Le secteur bancaire serbe est en pleine mutation. La consolidation du marché se poursuit, avec des fusions et acquisitions régulières entre établissements, souvent impulsées par des groupes étrangers désireux de renforcer leur présence régionale. Cette consolidation s’accompagne d’une digitalisation rapide : généralisation de la banque en ligne, développement du m‑banking, paiements par QR code, etc.

Bon à savoir :

La transposition de la norme européenne PSD2 ouvre progressivement la voie à l’open banking, avec un cadre qui deviendra pleinement opérationnel après les délais de mise en œuvre. Des outils comme le « regulatory sandbox » émergent pour tester les services de paiement innovants. Par ailleurs, une loi spécifique encadre désormais l’écosystème des crypto-actifs, sous la supervision de la Banque nationale de Serbie pour certains acteurs.

Les banques sont également soumises à la pression des critères ESG, avec une sensibilité croissante aux risques liés au climat, à la gouvernance et aux enjeux sociaux. Pour les entreprises clientes, cela peut se traduire par une attention accrue portée à la conformité, au profil d’impact environnemental et à la transparence de leurs opérations.

Du côté des risques macroéconomiques, la Serbie n’échappe pas aux tensions inflationnistes et aux hausses de taux d’intérêt, ce qui pèse sur le coût du crédit et peut entraîner à terme une hausse des créances douteuses. Les entreprises qui s’implantent en Serbie doivent donc intégrer cette dimension dans leur gestion de trésorerie et de financement.

Gérer un compte d’entreprise en Serbie : pratiques et vigilance

Une fois le compte ouvert, la relation avec la banque doit être gérée de manière proactive pour éviter les mauvaises surprises. Les entreprises doivent veiller à maintenir leurs informations à jour : changement d’actionnariat, modification du siège, élargissement à de nouveaux marchés ou produits, nomination d’un nouveau directeur. Toute évolution significative dans le profil de risque doit être signalée à la banque.

Attention :

Les flux de trésorerie doivent correspondre au plan d’affaires initial. Des mouvements massifs non documentés, des transactions fréquentes avec des juridictions à risque ou des paiements incohérents avec l’objet social peuvent déclencher des alertes de conformité, entraînant le gel des opérations ou la fermeture du compte bancaire.

L’usage de l’e‑banking et des cartes doit également tenir compte des particularités locales. Certaines fonctionnalités — comme les transferts instantanés ou les plafonds de paiement — dépendent du statut de résident et de la durée de présence sur le territoire. Les entreprises étrangères doivent tester progressivement les outils pour s’assurer de leur adéquation avec leurs besoins, notamment si elles opèrent à distance.

Pour optimiser les coûts de change et de transferts internationaux, nombre d’acteurs combinent le compte serbe avec des solutions de paiement en ligne comme Wise, Revolut ou PayPal, ou utilisent des fournisseurs spécialisés en transferts à faible coût, surtout pour les flux récurrents. Ces solutions ne remplacent toutefois pas le compte local, indispensable au fonctionnement quotidien de la structure en Serbie.

Conclusion : une opportunité réelle, à condition d’accepter la rigueur

Ouvrir un compte bancaire d’entreprise en Serbie peut être un véritable atout pour une société tournée vers l’international. Le pays cumule des frais bancaires compétitifs, une fiscalité avantageuse, une bonne stabilité du système financier, une large ouverture aux capitaux étrangers et une situation géographique stratégique entre l’Union européenne et les Balkans.

Attention :

Les procédures bancaires en Serbie sont strictes, exigeant une transparence totale sur les bénéficiaires effectifs et l’origine des fonds. Les banques ferment leurs portes aux structures opaques, aux juridictions à risque ou aux secteurs sensibles. L’idée d’un ‘paradis bancaire’ sans contrôles est erronée.

L’expérience montre que les entreprises qui réussissent leur implantation bancaire sont celles qui préparent longuement leur dossier, acceptent de jouer le jeu de la conformité, choisissent avec soin leur banque et, bien souvent, s’appuient sur des conseils locaux pour franchir les obstacles administratifs et linguistiques. Dans ce cadre, un compte bancaire d’entreprise en Serbie n’est pas seulement un IBAN de plus dans un portefeuille international : c’est un véritable outil de développement, de crédibilité et de diversification géographique.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français de 45 ans, expérimenté, disposant d’un patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait diversifier ses activités en créant une société en Serbie pour optimiser sa fiscalité et développer une activité de holding ou de services numériques (IT/tourisme).

Budget alloué : 50 000 à 100 000 €, couvrant capital initial, frais de création et mise en place opérationnelle, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs juridictions européennes (Chypre, Estonie, Serbie), la stratégie retenue a été d’opter pour une DOO (société à responsabilité limitée, forme la plus courante et flexible), avec un impôt sur les sociétés de 15% et une fiscalité attractive sur les dividendes, combinant coûts salariaux très compétitifs et accès facilité au marché régional Balkans/UE. La mission a inclus : choix du secteur porteur (IT, immobilier, tourisme), rédaction des statuts en serbe, dépôt du capital minimum en banque serbe, enregistrement au registre des sociétés (environ 5–10 jours), obtention du numéro TVA local, mise en relation avec un réseau (avocat, comptable, domiciliation ~2500–3000 €/an) et choix de la structure de direction (gérant français ou serbe), en conformité avec la convention fiscale franco-serbe.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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