Les erreurs à éviter lors de la création d’entreprise en Serbie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’attrait de la Serbie pour les créateurs d’entreprise n’a jamais été aussi fort : position stratégique entre l’Est et l’Ouest, fiscalité modérée, coûts d’installation relativement bas et accès préférentiel à l’Union européenne. Pourtant, derrière cette image séduisante se cache un environnement juridique, fiscal et administratif nettement plus complexe qu’il n’y paraît. Beaucoup d’échecs ou de mauvaises surprises ne viennent pas d’un mauvais projet, mais d’erreurs de départ évitables.

Bon à savoir :

L’implantation d’une entreprise en Serbie nécessite de bien anticiper plusieurs aspects critiques : le choix de la forme juridique, l’obtention des licences réglementées, la fiscalité, la gestion des ressources humaines, les démarches bancaires et la protection de la propriété intellectuelle. Une méconnaissance de ces points peut entraîner des sanctions administratives ou fiscales.

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Mauvais choix de forme juridique : le premier faux pas

Le premier réflexe de nombreux fondateurs est de choisir la forme qui semble la plus simple ou la moins chère, sans mesurer les conséquences sur la responsabilité, la fiscalité, et l’évolution du projet. En Serbie, cette erreur est fréquente, notamment entre le statut d’Entrepreneur (Preduzetnik) et la société à responsabilité limitée (DOO).

Confondre simplicité administrative et sécurité patrimoniale

Le statut de Preduzetnik est attractif : procédure rapide, frais d’enregistrement faibles, obligations comptables allégées en cas de régime forfaitaire. Mais il cache un risque majeur : l’entrepreneur est une personne physique, sans séparation entre patrimoine privé et professionnel. Toutes les dettes de l’activité peuvent être poursuivies sur ses biens personnels.

Attention :

À l’inverse de l’entreprise individuelle, la DOO est une personne morale distincte. La responsabilité des associés est limitée à leurs apports, sauf en cas d’abus manifeste ou d’illégalité. Cette protection juridique a pour contrepartie des coûts de fonctionnement plus importants, incluant une comptabilité en partie double, des honoraires d’expert-comptable et des exigences de reporting plus strictes.

Ce dilemme se résume ainsi :

CritèreEntrepreneur (Preduzetnik)DOO (société à responsabilité limitée)
Nature juridiquePersonne physiquePersonne morale
ResponsabilitéIllimitée sur le patrimoine personnelLimitée aux apports (sauf abus)
Capital minimumAucun100 RSD (≈ 1 €), payable dans les 5 ans
ComptabilitéForfaitaire possible, ou tenue de livresObligatoire en partie double
Coût de créationTrès faiblePlus élevé (frais + juriste + comptable)
FermetureRapide et simpleProcédure de liquidation longue (4 à 7 mois)

Beaucoup de créateurs choisissent le statut de Preduzetnik pour « tester » le marché, sans anticiper la montée en puissance, les flux avec l’étranger, ou les partenariats avec des investisseurs. Or, la transformation ultérieure en DOO est possible mais implique des démarches juridiques et fiscales supplémentaires. Ne pas penser ce choix à trois ou cinq ans est une erreur classique.

Ignorer les autres options ou les contraintes sectorielles

Pour certains secteurs ou modes d’implantation, d’autres structures sont plus appropriées : succursale d’une société étrangère (branch), bureau de représentation (Representative Office), société par actions (AD) pour lever des capitaux importants, partenariats (OD, KD) si l’on accepte une responsabilité illimitée.

Astuce :

Avant de choisir la forme juridique de votre entreprise, il est crucial de vous renseigner sur les réglementations spécifiques à votre secteur d’activité. Un piège fréquent est de négliger cette étape. Certains secteurs, comme les services financiers ou d’investissement, peuvent imposer une structure juridique particulière, un capital social minimum élevé et l’obtention d’une licence auprès de l’autorité de régulation compétente. Vérifier ces contraintes en amont vous évitera des complications et des refus ultérieurs.

Sous-estimer la bureaucratie et le calendrier de création

Les textes laissent penser que tout est rapide et numérique : enregistrement auprès de l’Agence des registres des affaires (APR/BRA), certificat électronique, ouverture de compte, etc. En théorie, l’APR doit rendre sa décision d’immatriculation dans les cinq jours ouvrables suivant le dépôt d’un dossier complet. En pratique, l’ensemble du processus — rédaction des actes, légalisation, traductions, obtention du certificat électronique, enregistrement des bénéficiaires effectifs, première déclaration fiscale, ouverture du compte bancaire — prend plutôt entre 10 et 30 jours.

Attention :

Ignorer le délai global de création d’une société est risqué. Cela peut conduire à signer des contrats avant l’obtention de la personnalité morale, à procéder à des embauches prématurées, à engager des dépenses sans compte bancaire ouvert, ou à ne pas respecter les premières échéances fiscales.

Négliger les contraintes de forme sur les documents

Beaucoup de fondateurs étrangers tombent ici dans un piège très concret : oublier les formalités de légalisation et de traduction de leurs documents d’incorporation. Extraits de registre étranger, pouvoirs de représentation, statuts de la société mère doivent souvent être :

Notariés dans le pays d’origine,

Munis d’une apostille ou d’une légalisation consulaire (sauf accord bilatéral),

– Puis traduits en serbe par un traducteur assermenté.

Bon à savoir :

Un acte non apostillé, mal traduit ou déposé sans respecter les exigences formelles entraîne un rejet du dossier. Le processus repart alors de zéro, ce qui peut entraîner des semaines de retard.

Croire qu’un seul expert « généraliste » suffira

La tentation est grande de confier tout le processus à « un avocat qui s’occupe de tout ». Or, la pratique montre que compter sur un seul intervenant sans vérifier qu’il couvre bien le juridique, le fiscal, le social et le bancaire mène souvent à des angles morts : absence de conseil sur la forme juridique, oubli de l’enregistrement des bénéficiaires effectifs, ignorance des délais fiscaux, etc.

Les autorités serbes sanctionnent durement certaines omissions, notamment :

ObligationDélai après immatriculationSanction en cas de manquement
Déclaration fiscale initiale (société)15 joursAmende, majorations, risques de contrôle renforcé
Enregistrement des bénéficiaires effectifs (UBO)15 joursAmende de 500 000 à 2 000 000 RSD pour la personne morale
Dépôt des comptes annuels31 mars de l’année suivanteAmende, voire radiation en cas de récidive

Ne pas intégrer ces échéances dans votre rétroplanning, ou supposer qu’« on verra plus tard », revient à se placer d’entrée de jeu en situation de non-conformité.

Mal estimer les obligations fiscales et les seuils clés

Une autre source d’erreurs majeures tient à une vision trop simpliste de la fiscalité serbe : un taux d’impôt sur les sociétés de 15 % et un impôt sur le revenu de 10 % pour les entrepreneurs. En réalité, le système repose sur plusieurs seuils et régimes qu’il est crucial de surveiller dès le départ.

Faire un mauvais pari sur le régime fiscal de l’entrepreneur

Pour les Preduzetnik, deux grands régimes existent :

Le régime forfaitaire (paušalac), avec un montant d’impôt et de cotisations fixé à l’avance par l’administration, indépendant du chiffre d’affaires,

Le régime réel, avec tenue de comptabilité et imposition sur le bénéfice (recettes – dépenses).

6000000

Le régime forfaitaire est réservé aux entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 6 millions de dinars.

– L’entrepreneur doit basculer vers la comptabilité en partie double,

– Il doit gérer une transition qui peut s’avérer brutale, tant en termes de charges que d’obligations formelles.

Par ailleurs, dépasser le seuil de 8 millions de dinars de chiffre d’affaires sur une période mobile de 12 mois déclenche l’obligation d’immatriculation à la TVA, avec toutes les contraintes que cela implique (facturation, déclarations périodiques, gestion des crédits de TVA).

Confondre seuil forfaitaire et seuil de TVA

La confusion entre ces deux niveaux est un classique :

SeuilMontant (approx.)Conséquence principale
Forfait Preduzetnik6 000 000 RSDPassage obligatoire à la comptabilité réelle
Seuil de TVA8 000 000 RSDObligation de s’enregistrer comme assujetti TVA

Un entrepreneur peut très bien perdre le régime forfaitaire tout en restant, pour quelques mois, en dehors de la TVA, ce qui complique les projections. À l’inverse, une DOO n’a pas accès au forfait et doit d’emblée intégrer la gestion de la TVA si elle dépasse le seuil.

Attention :

Ne pas suivre en temps réel les seuils d’activité, notamment pour les entreprises en forte croissance, est une erreur qui peut entraîner des conséquences graves telles que des rappels massifs, des intérêts de retard et des pénalités lors d’un contrôle administratif.

Ignorer le test d’indépendance (Independent Contractor Test)

Un point peu connu mais lourd de conséquences est le test d’indépendance appliqué par l’administration fiscale aux entrepreneurs individuels, notamment ceux travaillant quasi exclusivement pour un seul client, souvent étranger.

Ce test repose sur neuf critères (dépendance économique, contrôle de l’organisation du travail), fourniture d’équipements par le donneur d’ordre, clauses de non-concurrence trop restrictives, etc. Si cinq critères ou plus sont remplis, l’administration peut requalifier les revenus en « autres revenus », taxés à 20 %, et exiger des cotisations de retraite et d’invalidité à 24 %.

Ne pas structurer ses contrats, sa facturation et sa relation commerciale en gardant ce test à l’esprit est une erreur critique pour les freelances et consultants étrangers utilisant un statut d’entrepreneur en Serbie.

Négliger les licences, permis et codes d’activité

L’un des pièges les plus subtils en Serbie vient de l’absence d’une liste unique et exhaustive des activités réglementées. Chaque domaine relève de sa loi, de son ministère, voire de son agence spécialisée. S’imaginer que l’enregistrement de l’activité auprès de l’APR suffit à « tout autoriser » est un contresens dangereux.

Choisir un mauvais code d’activité (NACE) ou ne pas vérifier les exigences spécifiques

Au moment de la création, chaque entreprise doit déclarer une activité principale à l’aide d’un code. Cette classification n’interdit pas de pratiquer d’autres activités, mais :

Exemple :

La nomenclature d’activité, comme la NAF en France, a plusieurs applications concrètes. Premièrement, elle sert de base à la catégorisation fiscale et statistique des entreprises. Deuxièmement, les banques peuvent l’utiliser pour filtrer et évaluer les risques sectoriels lors de l’octroi de crédits. Enfin, elle peut conditionner l’accès à des aides ou subventions publiques spécifiques à certains secteurs d’activité.

Surtout, de nombreuses activités exigent des licences ou autorisations préalables ou concomitantes. Par exemple : intermédiation en emploi, change de devises, activités bancaires, assurance, courtage immobilier, services de sécurité privée, pharmacie, jeux de hasard, certaines activités éducatives ou médicales, import-export de produits sensibles (armes, produits pharmaceutiques, tabac, etc.).

Ne pas vérifier, en amont, si votre activité :

Est autorisée sous la forme juridique envisagée (entrepreneur, DOO, succursale),

Nécessite une licence préalable ou ultérieure,

Implique des inspections obligatoires (locaux, matériels, personnel qualifié),

conduit à une situation où la société est juridiquement constituée… mais dans l’incapacité légale d’exercer son cœur de métier.

Sous-estimer la multiplicité des autorités compétentes

Les permis et licences peuvent relever de l’APR, du ministère de la Santé, de la Justice, de l’Intérieur, de l’Économie, de la Banque nationale de Serbie, de l’Administration des jeux de hasard, du ministère des Transports, ou encore des collectivités locales pour des activités comme le taxi ou la restauration.

Cette fragmentation génère :

Des démarches parallèles, chacune avec ses formulaires, redevances et délais,

Des contrôles croisés (inspection sanitaire, inspection du travail, douanes),

Une insécurité juridique si l’on ne sait pas précisément quel organisme saisir.

Entrer sur un marché réglementé sans cartographier l’ensemble de ces exigences est l’une des erreurs majeures des nouveaux entrants, notamment étrangers.

Sous-préparer la relation bancaire et le compte professionnel

Ouvrir un compte bancaire professionnel en Serbie est à la fois obligatoire et plus délicat qu’on ne le croit, surtout pour les entreprises contrôlées par des étrangers. Une grande partie des blocages intervient non pas à l’APR, mais au guichet des banques, à cause des exigences de conformité (KYC, lutte contre le blanchiment, sanctions internationales).

Minimiser le formalisme bancaire et les attentes de « substance »

Les banques serbes ont le droit de refuser l’ouverture d’un compte sans avoir à motiver leur décision. Les erreurs fréquentes sont :

Attention :

Le dossier est rejeté car il est incomplet (documents manquants sur l’ayant droit économique, statuts mal traduits, pièces d’identité non conformes) et présente un business plan approximatif ou inexistant, alors que la banque exige une description précise des activités, des flux, des partenaires et des pays. La structure est perçue comme une « coquille vide » sans locaux, salariés ou présence réelle en Serbie, et son activité est à risque (crypto, jeux d’argent, services financiers) sans explication claire du modèle de conformité.

Les banques examinent notamment le profil des bénéficiaires effectifs : une personne physique détenant directement ou indirectement au moins 25 % des parts ou des droits de vote, ou exerçant une influence dominante. L’absence de transparence sur cette chaîne de propriété est un motif fréquent de refus.

Sous-estimer la barrière linguistique

Un autre écueil tient à la langue. Si les conseillers en agence parlent assez souvent anglais, les départements de conformité et de risque travaillent quasi exclusivement en serbe. Des formulaires mal compris ou mal remplis, des réponses imprécises à des questions sur l’origine des fonds ou la nature des transactions peuvent suffire à bloquer votre dossier pendant des semaines.

Astuce :

Ne pas prévoir un interlocuteur local parlant serbe pour dialoguer avec la banque, clarifier les demandes de documents et répondre rapidement aux questions de conformité est une erreur stratégique. Cette absence peut entraîner des incompréhensions et des délais, ce qui est particulièrement critique lorsque les délais bancaires conditionnent directement le début de l’activité. Un tel relais est essentiel pour fluidifier les démarches et sécuriser le calendrier du projet.

Négliger les coûts bancaires et l’adéquation banque/modèle économique

Toutes les banques serbes ne se valent pas pour un entrepreneur étranger. Certaines sont très orientées vers la clientèle locale, d’autres plus ouvertes aux structures internationales et aux flux en devises. Mal choisir sa banque peut entraîner :

Des frais de tenue de compte et de virements internationaux élevés,

Des difficultés à utiliser certains services (e-banking en anglais, multi-devises, cartes corporate),

Des délais excessifs pour les transferts, voire des blocages répétés au titre de la conformité.

Or les écarts peuvent être significatifs :

Poste de coût bancaireFourchette indicative en Serbie
Frais mensuels de compte professionnel≈ 5 à 30 €
Virement domestique≈ 0,40 à 2,50 € par opération
Virement international≈ 15 à 35 € par opération
Change devises≈ 0,5 % à 1,5 % du montant

Ne pas intégrer ces coûts dans le business plan, surtout pour un modèle très transactionnel ou fortement internationalisé, peut peser sur la marge réelle.

Mal encadrer les relations de travail et les contrats de salariés

La Serbie dispose d’un droit du travail détaillé, inspiré en partie des normes de l’Organisation internationale du Travail. Penser que l’on peut « s’arranger » par un contrat type importé d’un autre pays est une erreur qui se paie cher lors d’un contrôle de l’inspection du travail ou d’un contentieux prud’homal.

Omettre des éléments obligatoires dans les contrats de travail

Un contrat de travail doit impérativement être écrit, signé avant le début de la prestation, et comporter des mentions obligatoires : identité et adresse de l’employeur, identité et domicile du salarié, intitulé de poste, description des tâches, lieu de travail, type et durée du contrat, date de début, horaire, salaire brut, etc.

Les erreurs fréquentes sont :

Bon à savoir :

Pour éviter les litiges, il est crucial de ne pas mentionner un salaire net au lieu du brut, de toujours préciser la durée et le motif d’un CDD (sous peine qu’il soit présumé CDI), et d’utiliser des références juridiques françaises et à jour pour garantir l’opérabilité des clauses.

Un salarié qui commence à travailler sans contrat écrit avant le premier jour est réputé lié par un contrat à durée indéterminée. Cette simple omission transforme un essai informel en embauche durable, avec toutes les protections que cela implique.

Détourner indûment les CDD ou les faux indépendants

Autre piège classique : multiplier les contrats à durée déterminée sans base légale, ou faire appel à des « freelances » qui, dans les faits, travaillent comme des salariés. Le droit serbe est très clair :

La durée maximale d’un CDD est en principe de 24 mois (avec quelques exceptions),

Un CDD qui se prolonge de 5 jours ouvrables au-delà de son terme, sans nouveau contrat, est automatiquement transformé en CDI,

– Un recours abusif aux indépendants pour occuper des postes permanents expose à une requalification et à des rappels de charges.

Attention :

Se focaliser sur l’économie de charges à court terme en requalifiant un emploi salarié en sous-traitance est une stratégie à haut risque, car les inspecteurs du travail ciblent spécifiquement ces montages.

Ignorer les règles sur le temps de travail et les heures supplémentaires

Le régime des horaires en Serbie est strict : 40 heures hebdomadaires standard, plafonds de 60 heures par semaine et 12 heures par jour (heures supplémentaires comprises), repos journalier d’au moins 12 heures consécutives, minimum légal de congés payés (20 jours ouvrés par an).

Les heures supplémentaires doivent être rémunérées avec une majoration d’au moins 26 %, et ne peuvent pas être « payées » exclusivement par du repos compensateur. Quant au travail de nuit ou les jours fériés, ils sont également assortis de primes minimales.

Ne pas consigner précisément ces données, ne pas respecter les limites et ne pas verser les majorations expose l’employeur à des amendes significatives, dans une fourchette qui peut atteindre plusieurs centaines de milliers de dinars pour une personne morale.

Se désintéresser de la propriété intellectuelle dès le lancement

Pour de nombreux créateurs, surtout dans le numérique, le conseil ou les technologies, l’essentiel de la valeur réside dans les actifs immatériels : marque, logiciel, savoir-faire, base de données, design, brevets, secrets d’affaires. Négliger ces aspects au démarrage est une erreur qui se paye souvent plusieurs années plus tard.

Ne pas déposer sa marque ni protéger ses actifs immatériels

En Serbie, la protection des marques, brevets, dessins et modèles relève de l’Office de la propriété intellectuelle. Le droit d’auteur naît automatiquement avec la création de l’œuvre, mais la marque et les brevets nécessitent un enregistrement.

Astuce :

Soyez vigilant face aux erreurs courantes et aux situations trompeuses qui peuvent survenir. Identifier et comprendre ces pièges habituels permet de les anticiper et de mieux les contourner pour progresser efficacement.

Exploiter un nom commercial sans déposer la marque, au risque de se voir devancé par un tiers plus rapide,

Ignorer que la protection d’un logiciel passe avant tout par le droit d’auteur et les contrats, et non par le brevet,

– Ne pas rédiger de clauses de cession de droits dans les contrats de travail ou de prestation, ce qui laisse les droits d’auteur entre les mains des individus et non de la société.

Bon à savoir :

Dans l’économie actuelle, la valeur des actifs immatériels (IP) constitue souvent la majeure partie de la capitalisation des entreprises. Il est donc crucial de structurer ces actifs dès le départ, sous peine de se priver d’un levier important pour la valorisation et le financement de l’entreprise.

Sous-estimer les formalités de mise à jour des registres

Pour les marques et brevets, les cessions et licences doivent être inscrites aux registres nationaux pour être opposables aux tiers. Ne pas enregistrer ces opérations n’annule pas le contrat entre les parties, mais complique les preuves à l’égard des concurrents, banques ou investisseurs.

De même, l’absence de politique interne de gestion des secrets d’affaires (contrôles d’accès, NDA, procédures informatiques) rend difficile toute action en justice ultérieure pour appropriation illicite ou concurrence déloyale.

Croire que « l’informel » est un mode de fonctionnement acceptable

La Serbie traîne une lourde tradition d’économie informelle. Il est tentant, pour certains nouveaux entrants, d’accepter certaines pratiques locales : contrats oraux, logiciels non licenciés, sous-déclaration partielle des salaires, facturations approximatives ou recours non déclaré à de la main-d’œuvre.

Minimiser les risques liés à l’économie souterraine

Même si l’informel représente encore une part significative de l’économie, les autorités serbes ont renforcé leur arsenal :

Attention :

Les autorités algériennes intensifient leurs contrôles, notamment sur l’utilisation de logiciels piratés (risque d’amendes jusqu’à 500 000 dinars) et l’obligation de déclarer les bénéficiaires effectifs. Cette rigueur, qui s’inscrit dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, s’accompagne d’un renforcement des capacités de l’inspection du travail et de l’administration fiscale pour une traçabilité accrue.

Une entreprise étrangère, surtout si elle vise des marchés internationaux ou des investisseurs institutionnels, ne peut pas se permettre de fonctionner dans la zone grise. Faire l’impasse sur les licences logicielles, sur les déclarations sociales ou sur la documentation comptable robuste compromet non seulement la conformité, mais aussi l’accès futur au financement et aux partenariats.

Négliger la dimension culturelle et relationnelle dans les affaires

Enfin, une erreur moins juridique mais tout aussi stratégique consiste à aborder le marché serbe comme un simple terrain d’exécution technique, sans tenir compte de ses codes culturels.

Sous-estimer l’importance de la relation de confiance

En Serbie, les affaires restent largement fondées sur la relation personnelle et la confiance, plus que sur les seules clauses contractuelles. Les décisions sont souvent concentrées au sommet de la hiérarchie et se prennent après plusieurs rencontres, souvent ponctuées de cafés, de repas ou d’échanges informels.

Astuce :

Ignorer la dimension relationnelle en adoptant un style trop distant, pressant ou technique peut bloquer des négociations prometteuses. À l’inverse, investir du temps dans le relationnel, respecter les usages locaux (ponctualité, titres, codes de politesse comme « molim » et « hvala ») et éviter les sujets sensibles (politique, histoire récente) facilite grandement l’intégration commerciale.

Négliger la langue serbe dans les documents clés

Même si l’anglais est courant dans les milieux d’affaires, le serbe reste la langue officielle pour les échanges avec l’administration et, très souvent, avec les banques et certains partenaires. Différer indéfiniment la traduction de vos contrats, CGV, documents RH, ou supports marketing est une source de malentendus et de litiges.

Pour les contrats majeurs (partenariats, licence IP, conditions de distribution), privilégier des versions bilingues à valeur égale permet de sécuriser l’interprétation et d’éviter qu’une version unilingue en anglais ne soit rejetée ou mal comprise par un juge ou une administration.

En conclusion : structurer plutôt que bricoler

Créer une entreprise en Serbie offre de réelles opportunités : fiscalité compétitive, accès à plusieurs marchés grâce aux accords commerciaux, coûts de main-d’œuvre et de fonctionnement inférieurs à ceux de l’Europe occidentale, écosystème IT et industriel en croissance.

Mais ces avantages se matérialisent seulement si l’on évite une série d’erreurs récurrentes :

Attention :

Plusieurs erreurs stratégiques peuvent compromettre la création et le développement d’une entreprise en Serbie. Il est crucial de ne pas choisir une forme juridique uniquement pour sa simplicité sans évaluer les risques de responsabilité, et de ne pas se fier à une vision théorique des délais sans intégrer les contraintes pratiques (traduction, légalisation, banque, fiscalité). Il faut également penser aux licences et permis sectoriels pour éviter tout blocage post-création, ne pas sous-estimer la complexité du système fiscal et ses nombreux seuils (surtout pour les entrepreneurs individuels), et ne pas négliger les aspects contractuels et sociaux (contrats de travail, droit du travail serbe). Protéger sa propriété intellectuelle dès le départ est essentiel, car elle constitue souvent l’essentiel de la valeur. Enfin, il est risqué de croire que des entorses au formalisme ou à la fiscalité resteront sans conséquences, et il ne faut pas ignorer le rôle central de la culture, de la langue et du relationnel pour réussir.

L’approche la plus sûre consiste à combiner trois leviers : une analyse préalable sérieuse (marché, réglementation, fiscalité), une équipe de conseil pluridisciplinaire (avocat, fiscaliste, comptable, parfois spécialiste en propriété intellectuelle), et une vraie curiosité pour le fonctionnement du pays, au-delà des seuls textes.

Bon à savoir :

La Serbie présente un environnement de transition, ouvert aux investisseurs mais exigeant en matière de conformité. Ce n’est ni un paradis administratif, ni un terrain impraticable. La clé du succès réside dans la compréhension et la structuration minutieuse du projet dès le départ, ce qui permet d’y développer une activité durable et rentable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français de 45 ans, expérimenté et doté d’un patrimoine financier structuré en Europe, souhaitait diversifier ses activités en créant une société en Serbie pour optimiser sa fiscalité et développer une activité de holding ou de services numériques (IT/tourisme).

Budget alloué : 50 000 à 100 000 €, couvrant capital initial, frais de création et mise en place opérationnelle, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs juridictions européennes (Chypre, Estonie, Serbie), la stratégie retenue a consisté à opter pour une DOO (société à responsabilité limitée), forme la plus courante et flexible pour les non-résidents, avec un impôt sur les sociétés à 15% et un régime de dividendes attractif, combinant coûts salariaux très compétitifs et accès facilité au marché régional. La mission a inclus : sélection du secteur porteur (IT, immobilier ou tourisme), rédaction bilingue des statuts, dépôt du capital en banque serbe, enregistrement au registre du commerce (environ 7–10 jours), obtention du numéro TVA, mise en relation avec un réseau local (avocat, comptable, domiciliation ~3000 €/an) et choix de la gouvernance (gérant français ou serbe).

Ce type d’accompagnement permet de bénéficier des opportunités serbes (coût de création ~2000 €, main-d’œuvre qualifiée low-cost) tout en maîtrisant les risques (barrière linguistique, conformité fiscale franco-serbe via convention anti-double imposition) et en intégrant cette entité dans une stratégie patrimoniale globale d’expatriation ou de diversification.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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