L’idée de créer une société en Serbie séduit de plus en plus d’entrepreneurs français et internationaux. Fiscalité modérée, capital social symbolique, enregistrement rapide et 100 % de propriété étrangère autorisée : sur le papier, le pays coche beaucoup de cases. Mais combien cela coûte-t-il vraiment de monter sa structure, puis de la faire tourner au quotidien ?
Les informations sur les coûts présentées proviennent de données officielles de l’Agence serbe des registres des affaires (APR/SBRA) et de plusieurs cabinets spécialisés. Elles offrent un panorama chiffré, détaillé et réaliste, couvrant à la fois les frais d’enregistrement initial et les charges annuelles à prévoir.
Pourquoi la Serbie attire autant d’entrepreneurs étrangers
La Serbie s’est positionnée comme une plate-forme régionale entre l’Union européenne, les Balkans, la Russie et même l’Union économique eurasiatique. Sans être membre de l’UE, elle dispose d’accords de libre-échange avec l’UE, la CEFTA, l’EAEU, la Russie, la Turquie, l’EFTA, et bénéficie de régimes préférentiels (GSP) avec plusieurs pays.
Les coûts d’exploitation en Serbie sont inférieurs de 30 à 50 % par rapport à ceux de l’Europe de l’Ouest.
Autre point clé : l’Agence des registres (APR), créée en 2005 avec le soutien de la Banque mondiale, de Microsoft et de l’USAID, fonctionne comme un guichet électronique centralisé. Les formalités sont largement dématérialisées, et l’ouverture d’une société peut être réalisée intégralement à distance via une procuration, sans que le fondateur ne se déplace en Serbie.
Quels types de sociétés et quel capital minimum ?
En Serbie, plusieurs formes juridiques sont possibles, mais la très grande majorité des investisseurs étrangers optent pour la société à responsabilité limitée – « društvo sa ograničenom odgovornošću », abrégée D.O.O. (équivalent d’une SARL/LLC).
Parmi les principales formes :
| Forme juridique | Sigle | Nombre d’associés | Capital minimum légal | Responsabilité des associés |
|---|---|---|---|---|
| Société à responsabilité limitée | D.O.O | 1 à 50 | 100 RSD (~1 €) | Limitée aux apports |
| Société par actions fermée | A.D. | 1 à 100 | 10 000 € | Limitée aux apports |
| Société par actions ouverte | A.D. | > 100 | 25 000–25 500 € | Limitée aux apports |
| Société en nom collectif | O.D. | ≥ 2 | Pas de minimum | Illimitée, sur le patrimoine personnel des associés |
| Société en commandite | K.D. | ≥ 2 (commandités + commanditaires) | Pas de minimum | Mixtes : illimitée pour les commandités, limitée pour les autres |
| Entrepreneur individuel | PR | 1 personne physique | Pas de minimum (mais impôt minimum) | Illimitée, confusion patrimoine pro/perso |
| Succursale de société étrangère | – | Dépend de la maison mère | Pas de capital en propre | Absence de personnalité juridique distincte |
La D.O.O. domine largement le paysage, et ce n’est pas un hasard :
– Capital légal symbolique : 100 dinars serbes, soit environ 1 €.
– Maximum 50 associés, personnes physiques ou morales, locales ou étrangères.
– Responsabilité limitée, structure simple à gérer, souple pour les PME et les startups.
Le capital minimum légal pour constituer une LLC en Serbie est de 100 RSD (dinars serbes), comme le confirment le texte de loi et la pratique administrative. Bien que certaines sources mentionnent 500 €, il s’agit d’une confusion. En pratique, de nombreux investisseurs optent pour un capital plus important pour renforcer leur crédibilité auprès des banques, mais cela reste facultatif et non une obligation légale.
Pour les sociétés par actions, les seuils sont plus classiques :
| Type de société par actions | Capital social minimum | Particularités principales |
|---|---|---|
| Joint-stock fermée (CJSC) | 10 000 € | Max. 100 actionnaires, non cotée |
| Joint-stock ouverte (OJSC) | 25 000–25 500 € | Cotation possible, plus de 100 actionnaires |
Les sociétés de personnes (O.D. et K.D.) n’imposent pas de capital minimum mais engagent illimitement les associés, ce qui les rend peu attractives pour des investisseurs étrangers souhaitant cloisonner leur risque.
Frais officiels d’immatriculation auprès de l’APR
L’inscription de la société dans le registre des entreprises se fait auprès de l’APR (ou SBRA en anglais). Cette agence fonctionne comme le registre du commerce serbe, avec une grille tarifaire très détaillée publiée au Journal officiel.
Pour l’immatriculation d’une société « classique » (D.O.O., A.D., coopérative, etc.), les frais sont aujourd’hui de l’ordre de quelques dizaines d’euros seulement.
Barème actuel (décision 131/22, avant 2026)
| Opération | Montant en RSD | Montant approximatif en €* | Modalité |
|---|---|---|---|
| Immatriculation société (papier) | 6 500–6 780 | ~58–60 € | Dossier papier |
| Immatriculation société (électronique) | 5 900–6 150 | ~52–55 € | En ligne |
| Immatriculation entrepreneur individuel | 1 600 | ~14 € | Papier |
| Immatriculation succursale de société locale (par succursale) | 3 100 | ~27 € | Papier |
| Réservation de dénomination sociale (sociétés) | 1 600 | ~14 € | Papier |
| Certificat d’immatriculation (extrait) | 1 900 | ~16–17 € | Papier |
Les montants en euros sont indicatifs, calculés à partir d’un taux moyen.
Les paiements doivent être effectués à l’avance sur le compte officiel de l’APR (numéro : 840‑29770845‑52, modèle 97). Il est impératif d’utiliser un « poziv na broj » (numéro de référence) spécifique, qui doit être généré via l’outil en ligne mis à disposition par l’agence.
À cela s’ajoutent des frais spécifiques pour certaines opérations (enregistrées dans la même décision officielle) : modification de données, radiation, changement de forme juridique, etc.
Barème à venir : hausse des frais au 1er janvier 2026
Une nouvelle décision tarifaire prévoit une augmentation générale des frais à partir du 1er janvier 2026. Pour un créateur d’entreprise, l’ordre de grandeur reste néanmoins modéré.
| Opération (à partir de 2026) | Montant en RSD | Commentaire |
|---|---|---|
| Immatriculation société (LLC, A.D., association, etc.) | 8 000 | Frais uniques d’établissement |
| Immatriculation entités « spéciales » (médias, agences…) | 4 000 | Inclut l’octroi/renouvellement de licence |
| Modification de données ou annotation (société) | 4 000 | + 3 000 RSD par changement supplémentaire |
| Immatriculation succursale (par succursale) | 4 000 | Idem pour modification ou suppression |
| Changement de forme juridique (ex. D.O.O. → A.D.) | 8 000 | Par société concernée |
| Radiation d’une société | 4 000 | 2 000 pour entités « spéciales » |
| Pénalité de dépôt tardif d’une modification | 6 260 | S’ajoute aux frais de modification |
| Réservation/renouvellement de dénomination sociale | 2 000 | 1 400 RSD pour entrepreneur individuel |
| Enregistrement de la propriété d’une part sociale | 500 | Par associé |
| Enregistrement ouverture de faillite | 12 000 | 6 000 pour micro-entreprises |
Même après cette hausse, le coût d’enregistrement pur reste l’un des plus faibles de la région.
Coût des services annexes : notaire, traductions, assistance juridique
Les frais APR ne sont qu’une composante du budget. Il faut y ajouter les dépenses liées à la préparation et à la légalisation des documents.
Passage chez le notaire
L’acte constitutif (statuts / acte de fondation) doit être authentifié par un notaire serbe. Les honoraires sont encadrés par un tarif officiel, mais varient selon la complexité du dossier et la valeur du capital.
Les fourchettes observées :
| Type de frais notariés | Montant indicatif |
|---|---|
| Vérification / certification de l’acte de fondation | ~30–50 € pour une D.O.O. classique |
| Fourchette globale notaire (constitution) | ~50–200 € |
| Coût unitaire de certification de signature | Quelques euros par signature |
Pour les sociétés par actions avec capital élevé ou opérations complexes, ces montants peuvent grimper, car le tarif peut tenir compte de la valeur de la transaction.
Traduction et légalisation de documents étrangers
Si un fondateur est une société étrangère, un extrait de registre de son pays d’origine est exigé, ainsi que la traduction officielle en serbe. Les documents d’identité des fondateurs personnes physiques peuvent aussi nécessiter une traduction, selon le cas.
Vue d’ensemble des dépenses courantes associées à la gestion d’un projet ou d’une activité.
Dépenses de démarrage pour l’acquisition d’équipement, de licences logicielles ou les frais d’installation.
Dépenses récurrentes comme les abonnements, la maintenance, les consommables et les services publics.
Salaires, charges sociales et frais liés aux ressources humaines internes ou externes.
Investissement pour le développement des compétences de l’équipe via des cours, séminaires ou certifications.
Budget alloué aux dépenses non planifiées ou aux ajustements nécessaires en cours de projet.
| Poste de dépense | Fourchette de prix |
|---|---|
| Traduction d’un extrait de registre étranger | ~50–100 € |
| Traductions diverses (passeports, docs juridiques) | ~50–300 € selon langue et volume |
| Apostille / légalisation | Variable selon le pays d’origine |
Les traductions doivent être réalisées par un traducteur assermenté en Serbie, puis souvent certifiées par un notaire.
Honoraires de conseil et d’intermédiation
La création peut être réalisée en direct, mais de nombreux investisseurs étrangers passent par un cabinet (avocats, conseils fiscaux, sociétés spécialisées) pour gérer l’ensemble de la chaîne : constitution, obtention de signature électronique, compte bancaire, domicile, parfois même permis de séjour.
Les honoraires se situent en général dans une large fourchette :
| Type de service | Coût typique |
|---|---|
| Assistance juridique simple à l’incorporation | ~250–600 € |
| Packages « tout compris » (création + banque + adresse + e-signature, etc.) | ~500–1 500 € ou plus (ex. 589 €, 1 899 €, 2 900 € selon le prestataire) |
Les prestataires comme STATT, HLB TM Consulting, Northbridge Strategy, CompanyFormationSerbia.com ou adriacom proposent ce type de prestation intégrée.
Signature électronique qualifiée : un poste souvent sous-estimé
En Serbie, la signature électronique qualifiée n’est pas une option : elle est obligatoire pour la plupart des démarches en ligne, y compris :
– immatriculation électronique de la société ;
– dépôt des comptes annuels et déclarations fiscales ;
– enregistrement des bénéficiaires effectifs ;
– nombreuses interactions avec les administrations.
Un certificat de signature électronique est délivré par une autorité de certification agréée. Pour l’obtenir, l’identité du demandeur, qui est généralement le directeur de la société, doit être vérifiée au préalable.
Les coûts moyens :
| Mode d’obtention | Coût approximatif | Délai indicatif |
|---|---|---|
| En présence physique du directeur | ~100 € | Jusqu’à ~15 jours ouvrables |
| À distance via procuration | ~500 € | Inclut les frais du mandataire/prestataire |
Ce poste pèse donc significativement dans le budget initial, surtout si le fondateur ne peut pas se déplacer en Serbie et doit déléguer.
Adresse de siège : bureau virtuel ou locaux physiques ?
Pour être immatriculée, une société doit disposer d’un siège social en Serbie. Dans la plupart des activités de services, il n’est pas nécessaire de louer un bureau complet : une simple adresse de domiciliation ou un bureau virtuel suffit.
Bureau virtuel : solution économique et légale
Le bureau virtuel est expressément admis comme adresse de siège par les autorités, à condition que l’activité ne nécessite pas de locaux ouverts au public (restaurants, commerces de détail, écoles, etc.).
Les services typiques :
L’adresse officielle fournit un point d’enregistrement et de correspondance, avec la réception, le stockage et la réexpédition du courrier (physique ou scanné). Elle inclut également un numéro de téléphone local (parfois un fax) et peut proposer, sur demande, des services complémentaires comme des salles de réunion, du secrétariat ou l’archivage de documents.
Les tarifs courants se situent autour de :
| Service de bureau virtuel | Coût indicatif |
|---|---|
| Forfait mensuel basique | ~50–100 €/mois |
| Forfait annuel « standard » | ~600 €/an (souvent annoncés comme 50 €/mois) |
| Offres promotionnelles (certains prestataires) | ~27–39 €/mois selon la durée d’engagement |
Plusieurs opérateurs (Relocation Serbia, NCR Lawyers, Davinci Virtual, etc.) proposent des adresses à Belgrade, Novi Sad ou Niš, avec des prix légèrement plus élevés pour les quartiers d’affaires prestigieux.
Location de bureaux physiques et coworking
Pour les activités nécessitant une présence physique ou une équipe sur place, il faut envisager la location de locaux.
– Bureaux privés à Belgrade (centre) : à partir de ~500 €/mois.
– Coworking : généralement entre 100 et 200 €/mois par poste.
– Rente au m² : autour de 8–20 €/m²/mois, avec des pics à 25 €/m² pour les emplacements prime.
Ces coûts restent bas par rapport à de nombreuses capitales de l’UE, mais représentent un saut significatif par rapport à un simple bureau virtuel à 50 €/mois.
Ouverture de compte bancaire : frais et délais
L’ouverture d’un compte bancaire professionnel est une étape obligatoire après l’immatriculation. Elle est effectuée auprès d’une banque opérant en Serbie (Intesa, Raiffeisen, OTP, NLB, etc.), souvent avec des comptes multidevises (RSD, EUR, USD, GBP, CHF).
Les banques demandent notamment :
– l’extrait d’immatriculation APR ;
– les statuts / acte fondateur ;
– les pièces d’identité du directeur et des bénéficiaires effectifs (UBO) ;
– parfois la documentation montrant la chaîne de propriété jusqu’aux personnes physiques.
Les coûts :
| Poste bancaire | Montant indicatif |
|---|---|
| Frais d’ouverture de compte | 0–300 € selon la banque |
| Frais de tenue de compte mensuels | Variables, généralement modestes |
| Éventuels frais sur dépôt de capital | Petit pourcentage du montant déposé |
Certaines banques exigent la présence physique du directeur ; d’autres acceptent un mandat via procuration. Les délais d’ouverture vont d’une semaine à un mois, en fonction de la politique KYC de la banque.
Combien coûte vraiment la création d’une D.O.O. ?
En agrégeant les différents postes, on peut estimer un budget réaliste pour une D.O.O. standard, créée à distance, avec domiciliation et comptabilité externalisée.
Budget indicatif de démarrage pour une petite société de services (D.O.O.)
| Poste de dépense | Fourchette réaliste |
|---|---|
| Frais APR d’immatriculation (en ligne) | ~50–60 € |
| Notaire (acte de fondation, signatures) | ~50–200 € |
| Traductions officielles | ~50–300 € |
| Signature électronique qualifiée | ~100–500 € (selon présence) |
| Assistance juridique / package d’incorporation | ~500–1 500 € |
| Bureau virtuel (année 1) | ~600 € |
| Ouverture de compte bancaire | 0–300 € |
| 1er mois de comptabilité | ~150–250 € |
En pratique, plusieurs sources convergent vers un budget total de l’ordre de :
– 1 350 à 2 150 € pour une création « propre » de petite société, incluant :
– constitution + aide juridique (500–1 500 €)
– e‑signature (100–500 €)
– bureau virtuel (~600 €/an)
– banque (0–300 €)
– premier mois de comptabilité (~150 €)
Outre les frais de constitution, il faut prévoir le capital social (même symbolique) et, si le fondateur se déplace pour signer, les frais de transport. Une procuration permet d’éviter ces derniers.
Coûts récurrents : ce que coûte une société chaque mois / chaque année
Créer une société est peu onéreux ; la vraie question est : combien coûte-t‑elle une fois en activité ?
Comptabilité, paie et conformité
Toutes les entreprises doivent tenir une comptabilité conforme aux normes IFRS/IAS et déposer chaque année :
– états financiers annuels ;
– déclaration d’impôt sur les sociétés ;
– éventuels rapports d’audit si certains seuils sont dépassés.
Dans la pratique, la quasi-totalité des sociétés externalisent leur comptabilité à un cabinet local.
| Service récurrent | Fourchette de coût |
|---|---|
| Comptabilité D.O.O. (TVA, opérations « normales ») | ~250–500 €/mois |
| Comptabilité entrepreneur individuel (PR) | ~150 €/mois (à partir de) |
| Gestion de la paie (par salarié) | ~15–30 €/mois |
| Audit annuel (si requis) | ~10 000–50 000 RSD ou plus (≈85–430 €) |
Certaines sources mentionnent des prix d’appel à partir de 30 €/mois, mais pour une société opérant réellement, avec TVA et salariés, il faut compter nettement plus.
Domiciliation et locaux
Les coûts de siège sont structurels :
| Poste | Coût indicatif |
|---|---|
| Bureau virtuel (adresse + courrier) | ~50–100 €/mois (600 €/an typiquement) |
| Coworking | ~100–200 €/mois par personne |
| Bureau privé (Belgrade centre) | À partir de ~500 €/mois |
Pour une micro‑société sans locaux physiques, le combo « bureau virtuel + comptabilité basique » représente un socle de charges récurrentes autour de 200–300 €/mois.
Autres coûts de fonctionnement
S’y ajoutent selon les cas :
– charges de personnel (salaires, charges sociales) ;
– abonnements logiciels (ERP, facturation, CRM, etc.) ;
– assurances professionnelles, responsabilité civile, multirisque ;
– consulting juridique / fiscal ponctuel ;
– frais bancaires et commissions de paiement.
Ces coûts varient fortement selon le secteur ; difficile de les chiffrer sans scénario précis, mais ils restent globalement plus faibles qu’en Europe occidentale, compte tenu du coût local du travail et des loyers.
Fiscalité : combien paiera votre société en impôts et charges ?
L’un des principaux atouts de la Serbie tient à sa fiscalité relativement simple et modérée.
Impôt sur les sociétés, TVA et retenues à la source
| Type d’impôt | Taux en Serbie |
|---|---|
| Impôt sur les sociétés (CIT) | 15 % taux unique |
| TVA standard | 20 % |
| TVA réduite | 10 % (aliments de base, utilités, journaux…) |
| Impôt sur le revenu des personnes | 10 % (taux proportionnel de base) |
| Impôt sur dividendes | 15 % (résidents et non‑résidents personnes physiques) |
| Retenue à la source (non-résidents) | 20 % sur dividendes, intérêts, redevances, gains, réduite par conventions de non‑double imposition |
| Retenue pour entités en paradis fiscal | 25 % (20 % pour dividendes) |
La TVA devient obligatoire dès lors que le chiffre d’affaires sur 12 mois dépasse environ 8 millions de RSD (soit 68 000–70 000 €). En dessous, l’immatriculation à la TVA reste possible sur option.
La Serbie dispose de conventions de non‑double imposition avec plus de 60 pays, ce qui permet de réduire sensiblement la retenue sur dividendes, intérêts ou redevances versés à l’étranger, selon la convention applicable.
Les charges sociales sont partagées entre employeur et salarié. Une synthèse indicative :
– contributions totales (employeur + salarié) autour de 31–35 % du salaire brut à la charge de l’employeur (coût global) ;
– pour un salaire brut d’environ 1 350 €, l’ensemble charges + impôt représente environ 65 % du net dans un exemple cité.
Dans le détail, les principaux taux de cotisations sont :
– retraite et invalidité : ~20,5 % ;
– assurance santé : ~14 % ;
– assurance chômage : ~1,5 %.
Pourcentage d’exonération de la taxe sur les salaires possible lors de l’embauche de chômeurs.
Régimes simplifiés et entrepreneurs individuels
Pour un entrepreneur individuel (preduzetnik), il existe un régime d’imposition au forfait (« lump-sum ») particulièrement attractif pour les freelances et petites activités, avec un impôt mensuel minimum autour de 80 € dans certains cas.
De plus, un entrepreneur peut être imposé sur base réelle ou au forfait, selon le régime choisi et le secteur. Les montants exacts dépendent du lieu, du type d’activité et des barèmes appliqués par l’administration fiscale.
Incitations fiscales et subventions à l’investissement
Au‑delà des taux standard, la Serbie a mis en place un arsenal impressionnant d’incitations pour attirer les investissements productifs et innovants.
Exonération totale d’impôt sur les sociétés sur 10 ans
Les entreprises qui :
– investissent plus de 8 millions d’euros dans des actifs fixes ;
– et créent plus de 100 emplois,
peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur les sociétés pendant 10 ans, à compter de l’année où elles deviennent bénéficiaires. C’est l’un des régimes les plus généreux de la région pour les projets industriels de grande ampleur.
Régime « IP Box » et R&D
Les revenus issus de la propriété intellectuelle (brevets, logiciels, etc.) peuvent bénéficier d’un régime d’« IP Box » :
– 80 % des revenus éligibles sont exclus de l’assiette imposable ;
– ce qui conduit à un taux effectif d’impôt sur les sociétés d’environ 3 % sur ces revenus.
En Serbie, les dépenses de recherche et développement (R&D) sont éligibles à une double déduction fiscale, permettant ainsi de réduire significativement la base imposable des entreprises.
Soutien aux startups et à l’innovation
Pour les investissements dans des startups innovantes serbes, un crédit d’impôt de 30 % du montant investi est prévu, plafonné à 100 millions de RSD (environ 850 000 €). Des exonérations de charges existent aussi pour les fondateurs‑employeurs de certaines jeunes entreprises, dans la limite de plafonds salariaux.
Subventions à l’emploi et à l’investissement
Le pays propose également des subventions directes pour les projets industriels et de services :
Les aides aux investisseurs en Serbie sont gérées par l’Agence de développement de Serbie (RAS). Elles prennent la forme d’un cofinancement d’une partie des coûts d’investissement (CAPEX) et des salaires bruts pendant deux ans. Les montants et les taux de subvention sont variables selon la région, les zones moins développées offrant des pourcentages plus élevés, pouvant parfois atteindre 40 % des coûts salariaux éligibles.
Pour les projets très intensifs en main‑d’œuvre (200 emplois et plus), des suppléments d’aides peuvent s’ajouter.
Zones franches et régimes spéciaux
Les entreprises situées dans l’une des zones franches serbes (Pirot, Subotica, Zrenjanin, Kragujevac, Belgrade, etc.) bénéficient d’un régime douanier et TVA favorable, notamment :
– exonérations de TVA sur certaines opérations commerciales ;
– facilités à l’import/export.
Ce type de dispositif est particulièrement intéressant pour les entreprises industrielles tournées vers l’export.
Démarches et délais : combien de temps entre l’idée et la société opérationnelle ?
Le délai d’immatriculation proprement dite est relativement court. Les sources convergent vers :
– 5 à 7 jours ouvrables pour l’inscription à l’APR, une fois le dossier complet ;
– 10 à 30 jours pour l’ensemble du processus (immatriculation + ouverture de compte bancaire + enregistrement des bénéficiaires effectifs + premières déclarations fiscales).
Une séquence typique, avec accompagnement professionnel, ressemble à :
Un exemple de calendrier pour la création d’une société en Roumanie, basé sur une procédure standard, pourrait être : Jour 1 : consultation initiale et décisions fondamentales (forme sociale, nom, code NACE de l’activité). Jours 2–3 : formalités juridiques incluant la rédaction et la notarisation des statuts, ainsi que la collecte et traduction des documents requis pour les associés étrangers. Jours 4–7 : dépôt électronique du dossier auprès de l’Agence des Registres (APR) pour obtenir le numéro d’enregistrement, le code statistique, et les certificats d’affiliation aux systèmes de retraite (PIO) et de santé. Jours 8–15 : finalisation avec l’ouverture du compte bancaire de la société, l’enregistrement à la TVA si applicable, l’obtention de la signature électronique et l’enregistrement des bénéficiaires effectifs au registre national.
La quasi‑totalité de ces étapes peut être gérée à distance avec une procuration, ce qui réduit drastiquement le coût en temps et déplacement pour un fondateur étranger.
Coût de création : comment se situe la Serbie dans la région ?
Comparée à ses voisins balkaniques, la Serbie affiche un coût d’entrée particulièrement bas, surtout pour les LLC.
Quelques repères régionaux fournis par des cabinets d’avocats :
| Pays / région | Capital minimum LLC | Coût administratif typique de création |
|---|---|---|
| Serbie | 100 RSD (~1 €) | ~50–60 € de frais APR + notaire modeste |
| Republika Srpska (Bosnie) | 0,5 € | ~100–250 € |
| Fédération de Bosnie-Herzégovine | 512 € | ~80–100 € |
| Macédoine du Nord | 5 000 € (1 € pour forme simplifiée) | ~100–200 € |
| Monténégro | Pas de minimum significatif | Frais réels bien plus élevés pour étrangers |
| Croatie | 2 500 € | >900 € (dont 455 € notaire + registre) |
| Slovénie | 7 500 € | ~700–2 500 € |
| Bulgarie (UE, comparaison) | 2 BGN (~1 €) | Frais modérés, IS 10 %, dividendes 5 % |
La Serbie se distingue donc par :
Le capital social légal pour créer une société en Serbie est symboliquement fixé à 100 dinars serbes (RSD).
Résidence et citoyenneté : coûts connexes si vous souhaitez vous installer
Un des avantages souvent mis en avant par les prestataires : la possibilité d’obtenir un permis de séjour en se nommant directeur de sa propre société serbe.
Les grandes lignes :
– aucun montant d’investissement minimum légalement exigé ;
– il faut créer une entité, se désigner comme directeur/manager et conclure un contrat de travail avec sa propre société ;
– un permis combinant séjour et travail peut être obtenu, généralement pour un an renouvelable.
Les coûts directs :
Les frais gouvernementaux pour une demande de résidence s’élèvent à environ 220 €. Les frais d’assistance juridique ou d’immigration varient selon les cabinets et sont souvent intégrés dans des forfaits. Il est obligatoire de disposer d’une assurance santé qui couvre la durée du séjour.
Le délai de traitement est généralement de 2 à 4 semaines. Après plusieurs années de résidence (3 ans de séjour temporaire, puis 3 ans de résidence permanente), un accès à la citoyenneté serbe est envisageable, mais ce processus relève d’une autre logique et de coûts administratifs supplémentaires.
Dépenses « invisibles » : ce qu’il ne faut pas oublier dans votre business plan
Au‑delà des frais évidents (APR, notaire, comptable, loyer), certains postes sont parfois négligés par les entrepreneurs au moment d’évaluer le coût total de leur projet :
Principales catégories de dépenses opérationnelles et d’investissements en services nécessaires au fonctionnement et au développement d’une entreprise.
Frais liés aux outils numériques : facturation, comptabilité, suites bureautiques, hébergement web et outils de marketing.
Couvertures essentielles : responsabilité civile professionnelle, assurance des locaux et assurance des équipements informatiques.
Investissements en capital humain : annonces, processus de sélection, intégration et développement des compétences des équipes.
Coûts des services financiers : commissions sur transactions, frais de cartes et services de passerelles de paiement en ligne.
Autorisations obligatoires pour certains secteurs (pharmacie, défense, tourisme, médias…), incluant coûts administratifs et de conformité.
Accompagnement continu : veille législative, structuration internationale, conventions de double imposition et prix de transfert.
Ces éléments n’annulent pas l’avantage compétitif de la Serbie, mais doivent être intégrés pour éviter les mauvaises surprises de trésorerie.
En résumé : une création peu coûteuse, une exploitation très compétitive
Pour un entrepreneur qui envisage une D.O.O. de services (consulting, IT, e‑commerce, etc.), l’ordre de grandeur est le suivant :
– Création : de l’ordre de 1 350 à 2 150 € tout compris (frais officiels, notaire, traductions, e‑signature, bureau virtuel, premier mois de compta, honoraires d’un cabinet).
– Fonctionnement minimal (sans salariés, bureau virtuel, activité limitée) : environ 200–300 €/mois pour l’adresse et la comptabilité de base.
– Fonctionnement avec employés et locaux : tout dépend du nombre de salariés et des m² loués, mais le coût du travail et des loyers reste nettement plus bas qu’en France ou en Allemagne.
La Serbie offre un cadre fiscal attractif avec un impôt sur les sociétés à 15 %, une TVA standard de 20 % (réduite à 10 % pour certains produits) et diverses incitations ciblées. Cela en fait un environnement compétitif en Europe pour les PME et les startups. Il est crucial d’anticiper tous les coûts, visibles et cachés, dès la phase de montage du projet.
Pour un porteur de projet francophone, l’étape suivante consiste généralement à : définir un plan d’action clair et détaillé afin de structurer le développement du projet et d’atteindre les objectifs fixés.
– définir précisément le modèle d’affaires et le besoin réel en structure (D.O.O., entrepreneur individuel, succursale) ;
– chiffrer le budget de création et de fonctionnement sur 12 à 24 mois ;
– puis comparer ce scénario, tous coûts inclus, avec d’autres juridictions possibles.
Sur ce terrain, la Serbie a aujourd’hui de solides arguments, notamment pour les activités digitales, technologiques et exportatrices qui peuvent profiter pleinement de ses avantages fiscaux et de ses coûts d’exploitation réduits.
Un chef d’entreprise français de 45 ans, expérimenté, avec un patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait diversifier ses activités en créant une société en Serbie pour optimiser sa fiscalité et développer une activité de holding ou de services numériques (IT/tourisme).
Budget alloué : 50 000 à 100 000 €, couvrant capital initial, frais de création et mise en place opérationnelle, sans recours au crédit. Après analyse de plusieurs juridictions européennes et voisines (Chypre, Estonie, Serbie), la stratégie retenue a consisté à opter pour une D.O.O. (société à responsabilité limitée), forme la plus courante et flexible pour les non‑résidents, avec un impôt sur les sociétés autour de 15% et un régime de dividendes avantageux selon les conventions, combinant souplesse et accès facilité au marché régional. La mission a inclus : sélection du secteur porteur (IT, immobilier ou tourisme), vérification du nom et rédaction des statuts en serbe, dépôt du capital en banque serbe, enregistrement au registre des sociétés en 7–15 jours, obtention du numéro de TVA, mise en relation avec un réseau local (avocat, comptable, domiciliation ~3000 €/an) et choix de la structure (gérant français ou serbe). Ce type d’accompagnement permet de profiter du faible coût de création, d’une main-d’œuvre qualifiée à coûts réduits, tout en maîtrisant les risques (barrière linguistique, conformité fiscale franco‑serbe via convention anti‑double imposition).
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