Les démarches administratives pour vivre au Venezuela

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Venezuela, ce n’est pas seulement prendre un billet d’avion et trouver un logement. Le pays repose sur un maillage serré d’organismes – SAIME, SAREN, CNE, SENIAT, INTT, INSAI, ministères – et sur une série de visas, permis, enregistrements et documents qui conditionnent le droit de séjour, de travailler, d’ouvrir un compte bancaire ou d’inscrire ses enfants à l’école. Dans un contexte économique et politique instable, bien maîtriser ces démarches administratives n’est pas un luxe, c’est une question de sécurité juridique… et souvent de survie pratique.

Bon à savoir :

Pour vivre au Venezuela, il est nécessaire d’anticiper plusieurs démarches administratives clés, notamment l’obtention d’un visa, les formalités d’état civil, l’accès au système de santé, les conditions pour conduire, l’ouverture d’un compte bancaire et l’inscription scolaire.

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Comprendre le cadre légal de l’immigration

Avant toute démarche individuelle, il faut avoir en tête l’architecture juridique générale. L’immigration au Venezuela est régie par la Loi organique d’Immigration et d’Étrangers. Ce texte encadre l’entrée, le séjour et la sortie des ressortissants étrangers, fixe les types de visas et de permis de résidence, et encadre aussi la déportation, l’asile et la naturalisation.

Attention :

L’autorité politique de référence est le ministère de l’Intérieur, de la Justice et de la Paix. Sur le terrain, l’acteur administratif principal est le SAIME (Servicio Administrativo de Identificación, Migración y Extranjería), qui gère la délivrance des visas, cartes d’identité, passeports et certificats. Pour un projet d’installation, il faut d’abord contacter les consulats vénézuéliens à l’étranger, puis le SAIME sur place.

À côté de SAIME, d’autres services interviennent: SAREN pour les registres civils et les actes notariés, le CNE pour la centralisation des registres, le SENIAT pour la fiscalité, l’INTT pour les permis de conduire, ou encore le ministère des Affaires étrangères pour les apostilles et légalisations de documents étrangers.

Choisir et obtenir le bon visa pour entrer et rester

Vivre au Venezuela débute presque toujours par l’obtention d’un visa. Aucun visa n’est délivré à l’arrivée: tout doit être préparé en amont auprès d’une ambassade ou d’un consulat vénézuélien, souvent situé dans un pays tiers lorsque les représentations locales sont fermées.

Les grandes catégories de visas

Le système distingue plusieurs grandes familles de visas, chacune avec ses contraintes et ses droits:

Visa de tourisme

Visa d’affaires (TR‑N)

Visa d’études

Visa de travail (TR‑L et variantes)

Visa d’investisseur

Visas de regroupement familial

Visas de résidence temporaire et permanente

Le visa touristique permet généralement de rester 90 jours, parfois renouvelables une fois auprès du SAIME, mais n’autorise aucune activité rémunérée. Pour travailler, étudier ou investir, des visas spécifiques sont exigés, avec des justificatifs détaillés.

On retrouve, par exemple, les caractéristiques suivantes pour les principaux visas de long séjour:

Type de visaDurée initiale typiqueRenouvelableDroit au travailConditions clés principales
Tourisme90 joursOui (90 j)NonPasseport, ressources, billet retour, hébergement
Étudiant1 anOuiLimité / encadréInscription dans un établissement, certificat de bonne conduite
Travail (TR‑L)Jusqu’à 1 anOuiOuiContrat de travail, permis de travail du ministère du Travail
Affaires (TR‑N)1 an (séjours 180 j max)OuiNon (visites)Lettre d’invitation d’une entreprise, casier judiciaire
Investisseur1 anOuiOuiPreuve d’investissement substantiel, casier judiciaire
Regroupement familialVariableOuiOuiPreuve de lien familial (acte apostillé), ressources de parrain
Résidence temporaire1 à 3 ansOuiSelon sous-typeJustificatifs travail, études, famille, revenu ou investissement

L’obtention d’une résidence temporaire puis permanente passe souvent par une première phase sous visa de travail, d’investisseur, de rentier ou de famille.

Conditions générales à l’obtention d’un visa de séjour

Quel que soit le type de visa de longue durée visé (travail, investisseur, famille, études), certaines pièces reviennent systématiquement:

Documents requis pour une demande de visa

Liste des pièces justificatives essentielles à fournir pour constituer un dossier de demande de visa complet et valide.

Passeport et formulaire

Passeport valide (au moins 6 mois après la date de sortie prévue) et formulaire de demande dûment complété.

Photos d’identité

Deux photos d’identité récentes et conformes aux normes photographiques officielles.

Certificats administratifs

Certificat de bonne conduite ou extrait de casier judiciaire du pays d’origine et des pays de résidence récents.

Santé et assurance

Certificat médical et, selon les cas, une preuve d’assurance santé valable.

Preuves financières

Justificatifs de moyens financiers : contrat de travail, relevés bancaires, pensions, lettre d’employeur, etc.

Objet du séjour

Document justifiant l’objet du séjour : contrat de travail, lettre d’admission universitaire, acte apostillé pour regroupement familial, etc.

Les délais de traitement sont très variables, de quelques semaines à plusieurs mois selon le type de visa, la charge de travail des consulats et l’environnement politique.

Demande de résidence: de l’entrée légale à la carte de résident

Pour déposer une demande de résidence au Venezuela, la règle de base est d’être entré légalement, avec un visa approprié, et de pouvoir démontrer:

Une situation financière stable (revenus réguliers, épargne, soutien familial ou d’entreprise).

Une adresse au Venezuela.

Un casier judiciaire vierge.

Bon à savoir :

La demande de passeport doit être déposée auprès d’un bureau du SAIME. Pour certaines catégories spécifiques, la demande doit être effectuée directement via le ministère de l’Intérieur, de la Justice et de la Paix.

Les dossiers de résidence exigent en pratique:

Passeport et visa en cours de validité.

Formulaire SAIME.

– Photos au format requis.

– Preuve de ressources et, le cas échéant, de contrat de travail ou d’investissement.

– Certificat de casier judiciaire.

– Certificat médical.

– Attestation d’assurance santé.

– Justificatif de domicile local.

– Paiement des frais de demande.

Après examen et approbation, le titulaire reçoit une carte de résidence, renouvelable. Certaines catégories (notamment travail TR‑L) ouvrent un chemin vers la résidence permanente après plusieurs années de renouvellements réguliers.

S’enregistrer et obtenir sa cédula de identidad

Une fois sur place avec un statut légal, la pièce maîtresse pour vivre au quotidien est la cédula de identidad. Sans elle, ouvrir un compte bancaire, signer un contrat de location ou parfois même acheter un téléphone mobile devient compliqué.

Rôle et caractéristiques de la cédula

La cédula de identidad, délivrée par SAIME, est la carte d’identité nationale. Elle est obligatoire pour les citoyens et disponible pour les étrangers ayant un visa de migrant temporaire (transeunte) ou de résident permanent. Pour les étrangers, la carte a un fond jaune et porte la mention « Extranjero ».

Ce document sert à: définir les objectifs et les attentes relatifs au projet en question.

Exemple :

La carte d’identité est un document essentiel pour de nombreuses démarches. Elle permet notamment de s’identifier auprès des administrations, des banques et de nombreux prestataires privés. Elle est également nécessaire pour voyager à l’intérieur du pays et, pour les Vénézuéliens, dans certains pays voisins. Enfin, elle est indispensable pour réaliser d’innombrables démarches quotidiennes comme l’ouverture d’une ligne mobile, l’inscription à l’école ou la réalisation de réservations.

Les cartes récentes (après 2012) intègrent des dispositifs de sécurité (plastification spéciale avec logo SAIME, filaments visibles à la lumière UV, sceau à la lumière noire au verso pour les plus récentes).

La durée de validité dépend du statut:

Statut du titulaireDurée de validité de la cédula
Migrant temporaire1 an
Résident permanent5 ans

Le coût officiel de la procédure est exprimé en unités fiscales (2 U.T.), mais dans la pratique, l’accès au service dépend aussi des contraintes techniques du système SAIME.

Procédure d’obtention ou de renouvellement

L’obtention ou le renouvellement de la cédula passe par une prise de rendez-vous en ligne sur le site de SAIME. Le système est réputé instable: pannes fréquentes, créneaux limités, difficulté à finaliser une demande. Beaucoup de résidents évoquent une procédure longue, épuisante, et parfois l’intervention d’intermédiaires informels facturant des montants élevés pour accélérer les choses.

Astuce :

Pour un étranger, les documents typiquement requis incluent : un passeport valide, un visa en cours de validité, un justificatif de ressources financières, une attestation d’assurance maladie, et parfois un certificat de logement ou un contrat de travail.

Passeport et visa de séjour valides.

Justificatif de résidence au Venezuela.

– Ancienne cédula (en cas de renouvellement).

– Acte d’état civil (mariage, divorce) en cas de changement de situation.

La loi organique d’Identification prévoit les cas permettant d’en demander la réédition: expiration, perte, vol, détérioration, changement d’état civil ou d’autres éléments d’identification.

Gérer ses documents d’état civil et les faire reconnaître

Vivre au Venezuela implique souvent de manipuler des actes d’état civil – naissance, mariage, divorce, décès, adoption – émis soit par des autorités vénézuéliennes, soit par le pays d’origine. Dans les deux cas, des démarches spécifiques sont nécessaires.

Registres civils, SAREN et CNE

Les naissances, mariages et décès sont enregistrés par le Registro Civil de la commune concernée, ou directement par le CNE (Consejo Nacional Electoral), qui centralise les registres. Les copies certifiées conformes sont délivrées soit au bureau local, soit via la plateforme SAREN.

Les mentions « es copia fiel del original » et le tampon + signature de l’officier sont essentiels pour l’authenticité. Pour chaque type d’acte, des règles de délais et de rectification existent:

DocumentDélai légal de déclarationObtention / rectification
Naissance90 jours (retard accepté)Registre civil ou CNE, rectifications via CNE
Mariage civilRegistre civil ou CNE; concubinato possible
Décès48 heures (pas de retard)Registre civil ou CNE, radiation automatique du vote
DivorceJugement du tribunal civil, copie via SAREN

En cas d’impossibilité de récupérer un acte de naissance, les ressortissants peuvent solliciter auprès de SAIME un document « Datos Filiatorios », qui reprend les informations d’identification issues de leurs bases de données.

Légalisation et apostille des documents étrangers

Pour que des documents étrangers soient recevables par les autorités vénézuéliennes (acte de naissance, certificat de mariage, casier judiciaire, diplômes, etc.), ils doivent être authentifiés. Deux voies existent:

Bon à savoir :

La procédure diffère selon que le pays d’origine du document est signataire ou non de la Convention de La Haye. Pour les pays membres, un simple cachet d’apostille apposé par l’autorité compétente du pays d’origine est suffisant et reconnu directement par le Venezuela. Pour les pays non-membres, le document doit d’abord être légalisé par les autorités nationales du pays d’origine, puis par l’ambassade ou le consulat du Venezuela.

Une fois au Venezuela, certains documents devront encore être traduits en espagnol par un traducteur assermenté, puis à nouveau légalisez ou apostillés, selon l’usage.

Particularités: mariages, concubinato, adoption

Le Venezuela ne reconnaît légalement que le mariage civil (le mariage religieux n’a pas d’effet juridique). Les unions de fait enregistrées, appelées concubinato, existent et confèrent certains droits, mais pas toujours l’intégralité des droits d’un mariage civil.

Attention :

En cas de séparation, seul un jugement de divorce émis par un tribunal civil de première instance fait foi. La simple « séparation de corps », qui est une procédure distincte, ne suffit pas pour mettre légalement fin à un mariage.

Pour l’adoption, la loi prévoit l’émission d’un nouvel acte de naissance où les parents adoptifs figurent comme parents biologiques, sans mention de l’adoption. Les étrangers souhaitant adopter doivent résider au Venezuela depuis plus d’un an.

Passeport, entrée et sortie du territoire

Le passeport reste la clé de voûte des déplacements internationaux et de nombreuses démarches administratives. Il est délivré par SAIME, sous forme de passeport biométrique avec puce RFID, conforme aux normes Mercosur.

Validité, coût et prorogation

Depuis 2021, les tarifs officiels sont exprimés en dollars ou en unités de référence fiscale (PTR), ce qui en fait l’un des passeports les plus coûteux au monde :

Type de passeportCoût indicatif officielValidité standard
Adulte200 USD / 3,6 PTR10 ans
Enfant 4–17 ans150 USD / 2,7 PTRDurée inférieure
Bébé 0–3 ans1,8 PTRDurée plus courte

Face aux difficultés d’obtention (pénuries matérielles, lenteurs administratives), un mécanisme de prorogation de deux ans a été introduit: un autocollant sécurisé est apposé sur une page vierge, prolongeant la validité. Cette prorogation est renouvelable tous les 24 mois, sous certaines conditions (passeport en bon état, au moins quatre pages vierges, expiration après 2015).

10

Nombre d’années supplémentaires de validité accordées aux passeports émis avant le 25 juin 2024 par décret de l’Assemblée nationale.

Règles pour les binationaux et les mineurs

Le droit vénézuélien est strict pour les doubles nationaux: toute personne ayant la nationalité vénézuélienne doit entrer et sortir du pays avec un passeport vénézuélien, même si elle possède un autre passeport.

Pour les mineurs, les règles de sortie sont particulièrement rigoureuses: un enfant voyageant seul, avec un seul parent ou avec un tiers doit disposer d’autorisations de voyage notariées, souvent établies via SAREN ou un consulat, et dûment légalisées. Les mineurs binationaux ne peuvent quitter le pays qu’accompagnés des deux parents ou munis d’une autorisation judiciaire signée par le parent absent.

Banques, fiscalité et statut de résident fiscal

Le volet financier est l’un des points les plus sensibles de l’installation au Venezuela. L’économie a subi une hyperinflation extrême, la monnaie a été dévaluée à plusieurs reprises, et le cadre réglementaire change fréquemment.

Ouvrir un compte bancaire: la cédula comme sésame

Le système bancaire vénézuélien compte des banques publiques et privées (Banco de Venezuela, Banesco, BBVA Provincial, Bancaribe, etc.), ainsi que des comptes en devises. Mais pour un étranger, l’ouverture d’un compte est rarement aisée.

Les banques demandent en général: des informations financières détaillées, des garanties, des preuves de revenus, et des antécédents de crédit.

Documents nécessaires pour les démarches au Venezuela

Liste des pièces justificatives essentielles à fournir, au-delà du passeport, pour diverses procédures administratives ou bancaires.

Cédula de identidad

La simple présentation du passeport est souvent insuffisante ; ce document d’identité national est requis.

Justificatif de domicile

Un document officiel attestant de votre adresse de résidence au Venezuela.

RIF (Registro de Información Fiscal)

Le numéro d’identification fiscale délivré par le SENIAT.

Preuve de revenus

Contrat de travail, fiches de paie ou lettres de référence attestant de vos ressources.

Lettres de référence

Lettres de référence bancaires ou commerciales, pouvant être demandées en complément.

Sans cédula, l’accès aux produits bancaires est très limité; certains étrangers exploitent alors des comptes hors du pays, voire des solutions d’offshore banking, mais cela ne remplace pas toujours un compte local pour les dépenses du quotidien.

Devenir résident fiscal: la règle des 183 jours

Indépendamment du titre de séjour, la loi fiscale vénézuélienne qualifie une personne de résidente fiscale si:

Elle séjourne plus de 183 jours au Venezuela pendant une année civile (ou l’année précédente), jours consécutifs ou non; ou

Elle y a établi son foyer ou sa résidence principale, sauf si elle peut prouver plus de 183 jours de présence et de résidence fiscale dans un autre pays.

Bon à savoir :

Une personne résidente fiscale est imposable sur l’ensemble de ses revenus mondiaux. Un non-résident n’est imposé que sur ses revenus de source vénézuélienne, à un taux forfaitaire de 34 %.

Les résidents fiscaux bénéficient d’un barème progressif en fonction de l’unité fiscale (Unidad Tributaria – TU):

SituationAssiette / portéeTaux ou mécanisme de calcul
Résident fiscalRevenus mondiauxBarème progressif 6 % à 34 %
Non‑résidentRevenus de source vénézuélienneTaux unique de 34 %
Déclaration obligatoire> 1 000 TU (net) ou 1 500 TU (brut)Dépôt dans les 3 premiers mois de l’année
Délai de paiement3 échéances (0, +20, +40 jours)Intérêts en cas de retard

Des crédits d’impôt (abattements personnels et pour personnes à charge) et des déductions (frais médicaux, intérêts de prêt immobilier, loyers, frais de scolarité, certaines assurances locales) existent pour les résidents. Les impôts payés à l’étranger peuvent, dans certains cas, être imputés sous forme de crédit d’impôt étranger, afin d’éviter une double imposition.

Le Venezuela dispose de conventions fiscales avec plusieurs pays (Royaume‑Uni, Espagne, Portugal, Allemagne, États‑Unis, Suisse, Émirats arabes unis, etc.), qui précisent les règles applicables aux résidents bi‑statutaires.

Travailler, étudier, créer une entreprise

Pour exercer une activité rémunérée au Venezuela, un visa touristique ne suffit jamais. Il faut disposer d’un titre de séjour adéquat et, pour l’emploi salarié, d’une autorisation de travail.

Droit au travail et visa TR‑L

La principale voie pour un expatrié salarié est le visa TR‑L, qui repose sur:

Un contrat de travail avec un employeur vénézuélien.

Une autorisation de travail délivrée par le ministère du Travail.

Des conditions de salaire minimal, révisées régulièrement.

90

C’est le pourcentage minimum d’employés vénézuéliens que doit respecter un employeur au Venezuela, selon la règle générale.

Le visa de travail est généralement accordé pour un an, avec possibilité de renouvellement, et peut ouvrir la voie à une résidence permanente après plusieurs années de séjour continu.

Étudier et scolariser ses enfants

Le ministère du Pouvoir populaire pour l’Éducation supervise l’enseignement public et privé. La qualité est très variable d’un établissement à l’autre, mais plusieurs écoles internationales existent, notamment à Caracas:

International School of Caracas (ISC), accréditée par la Middle States Association.

Colegio Internacional de Caracas (CIC) et Colegio Bilingüe Internacional de Caracas (CBIC), tous deux accrédités par l’International Baccalaureate Organization.

British International School Caracas.

Un visa étudiant exige une inscription dans un établissement reconnu, un casier judiciaire vierge et, souvent, la preuve de moyens de subsistance. La durée du visa est alignée sur celle du programme d’études, avec renouvellement annuel.

Pour les enfants, les familles peuvent choisir entre:

Types d’écoles au Venezuela

Panorama des principales options scolaires disponibles pour les familles au Venezuela, chacune présentant des caractéristiques et des coûts distincts.

Écoles publiques

Éducation gratuite, mais souvent confrontée à des défis liés au manque de ressources matérielles et humaines.

Écoles privées vénézuéliennes

Établissements payants proposant généralement un programme national, avec des conditions souvent plus stables que le secteur public.

Écoles internationales

Options souvent plus onéreuses offrant des programmes étrangers reconnus (comme le Baccalauréat International ou des curriculums nationaux d’autres pays), facilitant la mobilité académique.

Les inscriptions nécessitent en général les actes de naissance, de vaccination, et parfois les bulletins précédents, tous traduits et apostillés selon leur pays d’origine.

Créer une entreprise et investir

L’investissement est encadré par le visa d’investisseur, qui suppose la création d’une société locale ou l’acquisition d’une participation substantielle. Même si aucun seuil légal fixe n’est indiqué dans les textes de référence, les autorités attendent une démonstration concrète de viabilité (plans d’affaires, capital injecté, documentation comptable).

La fiscalité des entreprises inclut:

Impôt sur les bénéfices.

TVA (taux standard 16 %, taux réduits et taux de luxe possibles).

Taxes municipales sur les activités économiques.

Contributions obligatoires à la science, technologie et innovation, calculées sur le chiffre d’affaires.

Pour un étranger investisseur, l’accompagnement par un cabinet local (avocat, expert‑comptable) est presque indispensable, notamment pour articuler les obligations au Venezuela avec celles du pays de résidence.

Santé, assurance et accès aux soins

Le Venezuela ne dispose d’aucun accord de réciprocité en matière de santé avec la plupart des pays occidentaux. Les systèmes publics sont décrits comme très fragiles, avec des pénuries chroniques de médicaments et de matériel, tandis que les cliniques privées, mieux équipées, restent exposées à des ruptures de stock et exigent des paiements en espèces.

Pour un expatrié, il est donc essentiel de:

Astuce :

Souscrivez une assurance santé internationale couvrant le Venezuela, qui peut inclure le rapatriement sanitaire, car les évacuations directes vers certains pays sont parfois impossibles. Prévoyez également des réserves de liquidités pour faire face aux soins d’urgence. Enfin, consultez votre médecin traitant avant le départ pour anticiper les traitements de longue durée, car certains médicaments, notamment pour les maladies chroniques, peuvent être indisponibles sur place ou interdits à l’importation.

Le numéro d’urgence national est le 911, mais les services d’ambulance, surtout en zone rurale, sont réputés peu fiables. Les infrastructures médicales urbaines varient fortement selon les établissements.

Conduire, importer un véhicule, respecter le code de la route

Conduire au Venezuela implique de se conformer aux règles fixées par l’INTT (Instituto Nacional de Transporte Terrestre). Un permis étranger est valable pour une durée limitée, après quoi un permis vénézuélien est requis.

Bon à savoir :

Pour un titulaire d’un permis de conduire européen, celui-ci est généralement accepté pendant un an à partir de l’arrivée. Passé ce délai, il est indispensable d’obtenir un permis local. Cette démarche nécessite d’avoir une résidence légale et une cédula, et de suivre les procédures de l’INTT, qui incluent des tests et des examens médicaux.

Les automobilistes doivent porter en permanence:

Permis de conduire valide.

Document du véhicule.

Assurance automobile obligatoire.

Passeport et, le cas échéant, titre de séjour.

Les personnes titulaires de badges de stationnement pour handicapés délivrés à l’étranger (par exemple le « Blue Badge » britannique) doivent les retourner à l’autorité émettrice une fois installées de façon permanente au Venezuela, ces dispositifs n’ayant pas de valeur locale.

Propriété, logement et vie quotidienne

Sur le plan juridique, les étrangers peuvent acheter et posséder des biens immobiliers au Venezuela, sans restrictions de principe sur la propriété. Les taxes foncières sont calculées par les municipalités en fonction de la valeur cadastrale du bien.

Attention :

La vie quotidienne implique des coûts d’entretien importants (jardins, lutte anti‑nuisibles, climatisation, réparations, rénovations). De plus, certains services essentiels comme l’eau ou l’électricité peuvent être difficiles à obtenir en raison de pénuries ou de coupures.

Les paiements en devises étrangères se sont banalisés, même si le cadre légal exact peut évoluer. Les transferts internationaux sont, eux, très encadrés et souvent réservés aux citoyens et résidents, ce qui renforce l’importance d’un compte local correctement déclaré.

Prestations sociales, retraite et fiscalité internationale

Les expatriés provenant de pays disposant de régimes généreux de sécurité sociale doivent vérifier précisément les règles d’exportation des prestations. Le Royaume‑Uni, par exemple, ne verse pas certains avantages sous condition de ressources (Pension Credit, Housing Benefit…) au‑delà de quatre semaines à l’étranger. Le versement de la pension d’État britannique au Venezuela nécessite par ailleurs un compte bancaire international, les banques locales ne pouvant pas toujours recevoir des fonds étrangers.

Astuce :

Le Venezuela et le Royaume-Uni sont liés par une convention fiscale visant à éviter la double imposition. Cet accord permet aux contribuables (personnes physiques et morales) de ne pas payer d’impôt sur les mêmes revenus dans les deux pays. Pour en bénéficier en pratique, il est essentiel de se référer aux dispositions spécifiques de la convention et de déclarer ses revenus conformément à ses règles.

Vérifier dans chaque pays les obligations de déclaration (y compris pour les comptes bancaires étrangers).

Obtenir, si nécessaire, un certificat de résidence fiscale pour faire valoir les dispositions conventionnelles.

Consulter un fiscaliste sur place, la réglementation nationale évoluant rapidement.

Famille, état civil et situations sensibles

Au‑delà de l’état civil standard, vivre en famille au Venezuela soulève d’autres questions administratives: naissance, décès, mariage, importation d’animaux, situations d’urgence.

Bon à savoir :

Les naissances doivent être déclarées au registre civil vénézuélien dans un délai de 90 jours, et les décès dans les 48 heures, sans possibilité d’enregistrement tardif. Pour les ressortissants étrangers, il est souvent nécessaire d’enregistrer ensuite ces événements auprès des autorités de leur pays d’origine (par exemple via un consulat), ce qui peut requérir l’apostille et la traduction des actes vénézuéliens.

Les décès à l’étranger, les violences sexuelles ou les enlèvements parentaux sont encadrés par des procédures spécifiques, souvent décrites dans les conseils aux voyageurs de pays tiers, avec des interlocuteurs dédiés (sections d’assistance consulaire, organisations internationales, ONG).

Pour les animaux de compagnie, il faut se référer à l’INSAI (Instituto Nacional de Salud Agrícola Integral), qui fixe les règles d’importation, les certificats vétérinaires nécessaires et les éventuelles périodes de quarantaine.

Asile, réfugiés et protection internationale

Le Venezuela, signataire de la Convention de 1951 sur les réfugiés et de son protocole de 1967, dispose d’un dispositif d’asile et de statut de réfugié géré par la CONARE (Commission nationale pour les réfugiés). S’il n’est pas courant pour un expatrié occidental de demander l’asile au Venezuela, il est utile de savoir que:

Bon à savoir :

Pour obtenir le statut de réfugié, il faut prouver une crainte fondée de persécution liée à la race, la religion, la nationalité, l’appartenance à un groupe social ou des opinions politiques. La demande peut inclure les membres de la famille. Une fois reconnus, les réfugiés bénéficient de protections similaires à celles des citoyens, incluant l’accès au travail, à l’éducation et à certains services sociaux, conformément au droit international.

La procédure est longue, sans délai fixe, et son issue n’est pas garantie; l’assistance d’un avocat ou d’une ONG spécialisée est vivement recommandée.

Naturalisation et accès à la citoyenneté

Certaines personnes établissent avec le temps des liens durables avec le pays et envisagent la naturalisation. Trois grandes voies existent:

Par résidence (en règle générale, 10 ans de séjour légal continu).

– Par mariage (5 ans de mariage avec un Vénézuélien et résidence continue).

– Par accords spécifiques pour les ressortissants de pays latino‑américains et d’Espagne, pouvant réduire la durée minimale de résidence à environ 5 ans.

La procédure implique: l’analyse des besoins, la planification des étapes, la réalisation des actions et l’évaluation des résultats.

Un dossier complet auprès de SAIME: passeport, titre de séjour, acte de naissance, casier judiciaire, preuves de moyens de subsistance, documents familiaux.

– Une évaluation du niveau de langue espagnole et des connaissances de base en histoire, géographie et civisme vénézuéliens.

– Un serment d’allégeance et la remise d’un certificat de naturalisation en cas d’acceptation.

Le Venezuela tolère, dans certaines conditions, la double nationalité. Le citoyen naturalisé peut conserver sa nationalité d’origine, sous réserve de la législation de son pays et des accords bilatéraux. Toutefois, en cas de double nationalité, l’usage du passeport vénézuélien reste obligatoire à l’entrée et à la sortie du territoire.

Conseils pratiques pour naviguer la bureaucratie vénézuélienne

L’ensemble des démarches décrites repose sur des systèmes souvent surchargés, parfois instables techniquement, dans un environnement sécuritaire tendu. Quelques constantes se dégagent:

Attention :

Toujours vérifier les informations auprès des sources officielles les plus récentes (SAIME, SAREN, etc.) et anticiper largement les délais pour les renouvellements. Préparer de multiples copies certifiées, apostillées et traduites des documents sensibles. Se méfier des intermédiaires promettant des raccourcis illégaux et envisager un accompagnement juridique ou comptable pour les dossiers complexes.

Vivre au Venezuela, sur le plan administratif, revient à entretenir un dialogue permanent avec les institutions – SAIME, SAREN, CNE, SENIAT, INTT, INSAI, ministères sectoriels. C’est une contrainte, mais aussi le prix à payer pour sécuriser son séjour et profiter, autant que possible, d’un cadre légal clair dans un pays où l’imprévu fait partie du quotidien.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements internationaux, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Venezuela, Uruguay, Panama, Portugal), la stratégie retenue a consisté à cibler le Venezuela pour la combinaison d’un coût de vie très inférieur à la France, d’opportunités en dollar et en actifs réels (immobilier, énergie, matières premières) et d’une optimisation possible via les conventions fiscales et une structuration internationale adaptée. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence locale, sécurisation santé et protection sociale, ouverture et transfert de résidences bancaires multidevises, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, family office bilingue) et restructuration patrimoniale internationale. Cet accompagnement permet de réaliser des économies fiscales substantielles, tout en maîtrisant les risques (instabilité, contrôles français, double imposition) et en alignant cette mobilité sur une stratégie de diversification globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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