Les soins de santé pour les expatriés au Venezuela : réalité du terrain et stratégies pour se protéger

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Venezuela aujourd’hui, que ce soit pour travailler, investir ou rejoindre sa famille, implique de se confronter à un système de santé en crise profonde. Pour un expatrié, la question n’est pas seulement de trouver un bon hôpital à Caracas, mais de savoir si l’on pourra être soigné correctement en cas d’urgence, obtenir ses médicaments, ou encore assurer un suivi de grossesse sans prendre de risques inutiles.

Bon à savoir :

Cet article fournit une analyse concrète de l’état actuel du système de santé vénézuélien, détaille les options réellement accessibles pour les étrangers, et propose des stratégies pour limiter les risques, en s’appuyant sur des données récentes et l’évolution historique du secteur.

Un système de santé autrefois exemplaire, aujourd’hui en état d’effondrement

Pendant une bonne partie du XXᵉ siècle, le Venezuela faisait figure de modèle régional. L’Institut vénézuélien de sécurité sociale proposait des soins gratuits ou à faible coût, le pays avançait sur l’éradication du paludisme, et le réseau public hospitalier était l’un des plus développés d’Amérique latine. Dans les années 1970, on comptait environ 250 hôpitaux, dont plus de la moitié sous la responsabilité du ministère de la Santé et de l’Assistance sociale. La mortalité par maladies infectieuses reculait, et l’État investissait lourdement dans de nouvelles structures, des programmes de réhabilitation et la prise en charge des maladies cardiovasculaires, déjà première cause de décès.

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Nombre total de médecins au niveau national entre 1978 et 1980, un chiffre déjà insuffisant face à la demande.

Les réformes suivantes, dont le programme Barrio Adentro lancé en 2003 avec le soutien de dizaines de milliers de médecins cubains, ont d’abord amélioré l’accès aux soins gratuits dans les quartiers défavorisés. Mais faute d’investissements pérennes, de maintenance et de transparence, ces avancées se sont effondrées en même temps que l’économie. En 2017, on estime que 80 % des cliniques de Barrio Adentro étaient fermées ou abandonnées.

Une chute brutale des dépenses de santé

Au cœur du problème, on retrouve l’effondrement économique et la dépendance aux revenus pétroliers. Alors que les dépenses de santé représentaient encore 8,1 % du PIB en 2006, elles sont tombées sous les 1,2 % en 2017, bien en dessous du seuil de 5 % recommandé par l’OMS pour garantir un système « adéquat ». Dans le même temps, l’hyperinflation a explosé, atteignant des centaines de milliers de pourcents, puis jusqu’à 10 millions de pourcents en 2019, avant l’introduction du bolívar soberano et une dollarisation partielle de l’économie.

Attention :

Pour un expatrié, le système de santé public est exsangue, avec des hôpitaux fonctionnant bien en dessous de leurs capacités. Les soins privés impliquent des coûts difficilement prévisibles, souvent à régler en dollars et à l’avance.

L’état réel des hôpitaux et cliniques : un pays à deux vitesses

Le paysage sanitaire vénézuélien peut donner une impression contradictoire. Sur le papier, on trouve encore de grands hôpitaux publics universitaires, comme l’Hospital Universitario de Caracas, des maternités historiques, des hôpitaux spécialisés pour enfants, et une offre privée de haut niveau dans certaines grandes villes. Dans les faits, il existe un fossé immense entre ce que promet la structure et ce qu’elle peut réellement fournir à un moment donné.

Un secteur public au bord de la rupture

Les chiffres disponibles, malgré la censure statistique instaurée par le gouvernement depuis 2010, parlent d’eux‑mêmes. Des enquêtes menées entre 2014 et 2019 montrent :

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Nombre de lits de soins intensifs disponibles pour l’ensemble du pays, illustrant la crise extrême du système de santé.

Les médecins manquent de tout, jusqu’aux gants, aux seringues, et parfois aux draps. Les familles doivent apporter nourriture, eau, savon, seringues, scalpels, médicaments et assurer elles‑mêmes une partie des soins de base (toilette, alimentation, médicaments). De nombreuses opérations sont annulées faute de matériel ; à l’hôpital universitaire de Caracas, des chirurgiens ont cessé toute intervention pendant que près de 3 000 patients attendaient une opération.

Exemple :

Entre 2012 et 2017, environ 22 000 médecins ont quitté le Venezuela, une situation aggravée par une crise sanitaire qualifiée par 98 % d’entre eux comme la pire en trente ans en 2018. Les salaires dérisoires, souvent inférieurs à 10 dollars par mois pour un spécialiste, ont poussé des milliers de professionnels de santé à émigrer vers des pays comme la Colombie, le Brésil, le Chili ou des nations européennes.

Pour un expatrié, cela signifie qu’un recours au secteur public n’est envisageable, au mieux, que pour une urgence vitale immédiate lorsque l’on n’a aucune autre option, et en ayant conscience des conditions proches de celles d’une zone de guerre.

Un secteur privé de meilleure qualité, mais sous pression

Face à l’effondrement du public, le secteur privé est devenu le refuge de ceux qui peuvent payer – y compris des expatriés. Dans les grandes villes comme Caracas, Maracaibo et Valencia, plusieurs cliniques privées maintiennent un niveau de soins proche des standards internationaux pour de nombreuses spécialités : chirurgie, cardiologie, obstétrique, oncologie, traumatologie, imagerie.

Voici un aperçu comparatif simplifié de quelques établissements emblématiques, principalement à Caracas :

ÉtablissementStatutVilleLits estimésNombre approximatif de médecinsDomaines forts (exemples)
Hospital Universitario de CaracasPublicCaracas≈ 600> 500Cas complexes, chirurgie, médecine interne
Hospital de Niños J. M. de los RíosPublicCaracas203> 150Pédiatrie, oncologie pédiatrique
Hospital de Clínicas CaracasPrivéCaracas≈ 700> 400Chirurgie cardio, robotique, soins hautement spé.
Policlínica MetropolitanaPrivéCaracas≈ 700> 400Médecine polyvalente, urgences, normes int’les
Centro Médico Docente La TrinidadPrivéCaracas≈ 350> 200Chirurgie, imagerie, obstétrique

Dans ces structures, les salles opératoires fonctionnent, les blocs d’imagerie sont modernes (scanner, IRM, échographie de haute qualité), et l’on trouve plus facilement des médecins parlant anglais, en particulier dans les services recevant des patients internationaux. Certaines cliniques affichent des taux élevés de satisfaction, proposent un accompagnement bilingue, et collaborent avec des assureurs internationaux ou des services d’intermédiation comme MyHospitalNow (prise de rendez‑vous, transmission du dossier médical, soutien en anglais ou en espagnol).

Pour autant, ces établissements ne sont pas épargnés :

– Ils subissent eux aussi les pénuries de médicaments et de matériel, car environ 85 % des besoins pharmaceutiques du pays sont importés, tout comme la quasi‑totalité des équipements et pièces de rechange.

– Les contrôles de change et la faiblesse du bolívar ont longtemps rendu l’achat de fournitures presque impossible, ce qui a conduit de nombreuses entreprises pharmaceutiques locales à réduire ou cesser leurs importations.

– En période de tension (sanctions, blocages portuaires, suspension de vols), certains médicaments vitaux – anticancéreux, insuline, antirétroviraux – deviennent rares, voire introuvables, même dans les cliniques privées les plus réputées.

Cette tension permanente sur l’approvisionnement signifie qu’un expatrié soigné dans un excellent établissement peut se retrouver face à un manque soudain de médicaments ou de matériel, obligeant à envisager un transfert à l’étranger pour la suite de la prise en charge.

Pénurie de médicaments : le maillon le plus fragile

Pour toute personne vivant avec une maladie chroniquediabète, hypertension, cancer, VIH, épilepsie – le Venezuela est aujourd’hui un environnement extrêmement risqué. Le pays importe environ 85 % de ses médicaments, tandis que 90 % des matières premières nécessaires à leur production sont également importées. Or, cette chaîne d’approvisionnement a été brisée par les contrôles de change, la corruption, les dettes impayées aux fournisseurs, l’hyperinflation et les sanctions.

Les chiffres avancés par la Fédération pharmaceutique du Venezuela et d’autres sources font état :

D’environ 80 à 85 % de pénurie globale de médicaments.

De seulement 10 % des médicaments nécessaires pour soigner des pathologies chroniques comme le cancer disponibles.

– De près de 60 % de déficit dans les stocks des pharmacies.

– De ruptures majeures d’antirétroviraux pour au moins 50 000 personnes vivant avec le VIH au milieu des années 2010.

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C’est le prix moyen en dollars d’une boîte de médicaments, soit près du triple de la moyenne latino-américaine.

Un exemple concret : le cas du diabète

Le cas des personnes diabétiques illustre brutalement la situation :

Disparition du matériel de base : glucomètres, bandelettes, lancettes, seringues, aiguilles, glucagon.

– Insuline proposée souvent périmée ; les pompes à insuline ont même été interdites.

– Les patients se voient contraints de réutiliser la même seringue pendant deux ou trois jours.

– L’alimentation recommandée (riche en protéines, pauvre en sucres rapides, équilibrée) est devenue financièrement inaccessible pour l’essentiel des ménages.

Voici un tableau indicatif, basé sur des témoignages et estimations, montrant l’absurdité économique pour un résident payé au salaire local :

Produit (diabète)Prix moyen estimé (USD)Salaire mensuel moyen officiel (≈ 19 USD)
Stylo d’insuline (ex. Humalog)≈ 1,5≈ 8 % du salaire
Boîte de 25 lancettes≈ 2,5≈ 13 % du salaire
Glucomètre6 à 2530 à 130 % du salaire
Boîte de 25 bandelettes≈ 20≈ 105 % du salaire

Un expatrié qui perçoit son revenu en dollars ou en euros n’est pas dans cette détresse financière, mais reste exposé à la pénurie physique du produit, même en proposant de payer comptant.

Santé publique et retour de maladies « oubliées »

La pénurie de vaccins et d’antibiotiques, associée à la dégradation de l’eau potable et de l’assainissement, a entraîné le retour ou la flambée de maladies que le pays avait réussi à contrôler, voire à éradiquer :

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Le nombre de cas de paludisme est passé d’environ 106 000 en 2008 à plus de 1,3 million en 2018, illustrant une reprise spectaculaire de la maladie.

Ces données concernent la population générale, mais elles intéressent directement un expatrié : la probabilité de contracter une maladie infectieuse (paludisme, dengue, rougeole, tuberculose, hépatite A, etc.) est objectivement plus élevée au Venezuela que dans la plupart des autres pays de la région, surtout hors des grandes métropoles et dans certaines zones endémiques.

Accès aux soins pour les expatriés : ce qu’il faut vraiment attendre

Sur le plan juridique, le système public vénézuélien – le Sistema Público Nacional de Salud – est censé être accessible gratuitement ou à très faible coût pour tous, y compris les étrangers en situation régulière. Mais dans la pratique, la valeur de ce droit s’est effondrée avec la crise. Pour un expatrié, il est impératif d’aborder la question de la santé non pas comme un droit théorique, mais comme une gestion du risque.

Public : recours d’extrême nécessité seulement

Dans un hôpital public, un expatrié pourra théoriquement :

Être vu aux urgences.

Bénéficier d’une hospitalisation sommaire.

Recevoir quelques examens de base si l’équipement fonctionne.

Mais il devra très probablement :

Astuce :

Les voyageurs doivent anticiper de fournir eux-mêmes une grande partie des médicaments et du matériel consommable, d’accepter des conditions d’hygiène, de confort et de sécurité nettement inférieures aux standards européens ou nord-américains, de faire face à de longs délais d’attente même pour des pathologies sérieuses, et de se heurter à l’absence de statistiques fiables, ce qui crée une opacité sur les risques réels.

Des données internes faisaient état, fin 2015, d’un décès pour trois patients hospitalisés dans les hôpitaux publics, un niveau de mortalité qui reflète le caractère systémique de la crise.

Privé : la solution de référence, mais à préparer en amont

Pour toutes les situations non vitales et pour la plupart des expatriés, la réponse à la question « où me faire soigner ? » est simple : dans une clinique privée, dans une grande ville, avec un rendez‑vous préparé et une bonne assurance internationale.

Les points positifs pour un expatrié dans ces structures :

Avantages des soins médicaux à l’étranger

Principaux atouts des systèmes de santé dans certaines destinations internationales pour les patients en quête de qualité et d’efficacité.

Excellence médicale

Qualité des soins supérieure avec des médecins souvent formés aux États‑Unis ou en Europe, à jour des standards internationaux.

Accès direct aux spécialistes

Consultation rapide d’un cardiologue, neurologue ou gynécologue sans passer par un médecin généraliste.

Équipements modernes

Plateau technique avancé avec imagerie performante, laboratoires fiables et blocs opératoires bien équipés.

Communication facilitée

Personnel médical bilingue plus accessible, notamment dans les établissements accueillant des patients étrangers.

Planification des soins

Organisation d’interventions chirurgicales ou de suivi obstétrical avec des délais raisonnables.

Mais ces avantages ont des contreparties :

Coût élevé, souvent payable d’avance, et en devises.

Risque persistant de pénurie : certains médicaments, poches de sang, produits de contraste, implants ou consommables peuvent manquer.

Saturation possible : les cliniques de Caracas et des autres grandes villes sont très fréquentées par les élites locales et les étrangers, avec parfois peu de place pour de nouveaux patients.

Pour limiter les mauvaises surprises, un expatrié a tout intérêt à identifier, avant son arrivée, un ou deux établissements privés de référence dans sa ville de résidence, et à y chercher un médecin traitant (souvent un interniste ou un généraliste travaillant en clinique). De nombreux hôpitaux privés disposent d’un service international ou d’un secrétariat capable de répondre par courriel, au moins en espagnol, parfois en anglais.

Assurance santé et évacuation médicale : non négociables

Dans la plupart des pays, une bonne mutuelle est recommandée ; au Venezuela, une assurance internationale avec option d’évacuation médicale est indispensable. Non seulement parce que les coûts du privé sont élevés, mais surtout parce qu’en cas de problème grave – polytraumatisme, infarctus compliqué, accident vasculaire cérébral sévère, cancer nécessitant des traitements lourds – la meilleure option sera souvent de quitter le pays pour être soigné en Colombie, au Brésil, aux États‑Unis ou ailleurs.

Pourquoi l’évacuation médicale est cruciale

Les organisations internationales et les assureurs spécialisés rappellent qu’un rapatriement sanitaire peut coûter entre 25 000 et plus de 250 000 dollars, selon la distance, le type d’appareil (vol commercial médicalisé, avion sanitaire dédié), la gravité de l’état et l’accompagnement médical nécessaire. Dans certains cas extrêmes (soins intensifs, ventilation, longue distance), la facture peut dépasser ce plafond.

Bon à savoir :

Au Venezuela, les liaisons aériennes directes avec les États‑Unis sont suspendues et plusieurs grandes compagnies aériennes ont réduit ou cessé leurs vols. Le trafic maritime est également perturbé par des blocages et sanctions. Organiser une évacuation sanitaire, même pour un patient solvable, y est donc plus complexe et requiert des partenaires expérimentés.

Les principales recommandations des spécialistes pour un expatrié :

Souscrire une assurance santé internationale incluant au minimum 100 000 dollars de couverture pour l’évacuation médicale, et idéalement 250 000 dollars ou plus.

– Vérifier que le contrat couvre explicitement le Venezuela et ne l’exclut pas comme zone à risque.

– S’assurer que l’évacuation est prise en charge pour « nécessité médicale » (absence de traitement adéquat sur place) et pas seulement pour « confort ».

– Noter et garder sur soi les numéros d’assistance médicale 24/7 de l’assureur.

– Informer son entourage (famille, collègues) de la marche à suivre en cas d’urgence.

Assurance santé : que doit couvrir un expatrié au Venezuela ?

Une couverture adaptée devrait, au minimum, inclure :

Couverture Santé Recommandée au Venezuela

Pour une expatriation sereine au Venezuela, il est crucial de souscrire une assurance santé internationale couvrant les domaines suivants, en tenant compte du contexte local.

Accès aux établissements privés

Prise en charge directe (tiers payant) dans les cliniques et hôpitaux privés vénézuéliens.

Soins médicaux spécialisés

Consultations de spécialistes, examens de laboratoire et imagerie médicale.

Hospitalisation et chirurgie

Couverture complète des hospitalisations et des interventions chirurgicales.

Maternité et complications

Prise en charge de la grossesse, de l’accouchement et des éventuelles complications, si un projet de grossesse existe.

Santé mentale

Prise en charge des consultations et soins en psychologie ou psychiatrie, essentiels dans un contexte de crise permanente.

Soins dentaires

Couverture des soins dentaires, de base à complexes, dans les cliniques privées locales.

Évacuation ou soins à l’étranger

Possibilité de poursuivre les traitements (cancer, dialyse, chirurgie spécialisée) dans un pays voisin en cas d’indisponibilité locale.

Des assureurs internationaux comme Cigna Global, IMG, GeoBlue ou d’autres grands acteurs du marché sont souvent cités comme adaptés aux expatriés en Amérique latine, avec des options spécifiques pour l’évacuation et la prise en charge hors du pays de résidence. Des courtiers spécialisés en assurance expat, installés dans la région, peuvent également aider à décortiquer les exclusions (par exemple, certaines polices excluent d’emblée le Venezuela pour les nouveaux contrats).

Maternité, pédiatrie et santé des femmes : un point de vigilance majeur

Les données officielles publiées brièvement en 2017 par le ministère de la Santé, avant d’être retirées et de coûter son poste à la ministre Antonieta Caporale, donnent une idée cruelle des risques encourus dans le système public :

– Entre 2015 et 2016, la mortalité maternelle a augmenté de 65 %.

– Dans le même temps, la mortalité infantile (moins d’un an) a grimpé de 30 %.

– Les maladies infectieuses et le paludisme ont également explosé sur cette période.

Dans un pays où l’on estimait déjà que 17 % des enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aiguë en 2018, ces chiffres traduisent un effondrement de la protection materno‑infantile.

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Nombre de femmes vénézuéliennes prises en charge pour accouchement par un hôpital frontalier colombien au premier trimestre 2019

Pour une expatriée enceinte au Venezuela, plusieurs constats s’imposent :

Astuce :

Les maternités publiques ne peuvent plus être considérées comme des environnements sûrs, sauf en l’absence totale d’alternative. Les cliniques privées offrent des conditions nettement meilleures, mais peuvent elles aussi subir des pénuries ponctuelles (poches de sang, médicaments, matériel néonatal). Il est donc recommandé d’effectuer le suivi de grossesse dans le privé, tout en prévoyant un plan B explicite : un transfert programmé vers un pays voisin en cas de complications ou de rupture de stock.

Sur le plan légal, l’interruption volontaire de grossesse est autorisée seulement dans des circonstances limitées (notamment risque vital pour la mère), et l’accès pratique à ces services est restreint dans un contexte social largement influencé par des valeurs chrétiennes conservatrices. Pour des expatriées qui envisageraient une IVG pour raisons médicales, il est souvent plus simple et plus sûr de s’organiser pour être prise en charge à l’étranger.

Maladies infectieuses, environnement et prévention au quotidien

Au‑delà des infrastructures, vivre au Venezuela signifie aussi composer avec un environnement où la probabilité d’exposition à certaines maladies est renforcée. Le pays a connu, ces dernières années, une hausse marquée :

Attention :

La région présente un risque élevé de maladies vectorielles (paludisme, dengue, chikungunya, Zika, fièvre jaune). On observe également une forte augmentation des infections respiratoires et digestives (hausse de 35% des diarrhées et de 40% des bronchites aiguës entre 2014 et 2016), liée à la dégradation de l’eau et de l’assainissement. Enfin, la tuberculose, la diphtérie et la rougeole réapparaissent en raison de l’effondrement des campagnes de vaccination et des programmes de dépistage.

Dans ce contexte, les mesures de prévention individuelles prennent une importance décisive pour un expatrié :

Astuce :

Pour voyager en toute sécurité, il est essentiel de se faire vacciner avant le départ (hépatites A et B, fièvre jaune selon la zone, typhoïde, rougeole-oreillons-rubéole, diphtérie-tétanos-coqueluche, et éventuellement rage en cas d’exposition aux animaux). Dans les zones à risque, utilisez des répulsifs et des moustiquaires pour vous protéger du paludisme et de la dengue. Concernant l’alimentation et l’hydratation, évitez l’eau du robinet non traitée et privilégiez l’eau en bouteille scellée. Préférez les aliments bien cuits et évitez les crudités ou les produits de rue sans garantie d’hygiène. Enfin, prévoyez une trousse de premiers secours bien fournie (antalgiques, antiseptiques, matériel pour petites plaies, traitements contre la diarrhée, etc.), car les pharmacies locales peuvent être en rupture de stock.

Pour les expatriés envoyés dans des régions reculées – exploitation pétrolière, mines, projets agricoles – la combinaison manque d’infrastructures, maladies vectorielles, routes dangereuses et insécurité rend la présence d’un médecin ou infirmier expatrié sur place, avec un lien direct à un réseau international, presque indispensable.

Santé mentale et charge psychologique de l’expatriation en période de crise

La crise vénézuélienne ne touche pas seulement le corps, elle affecte aussi la santé mentale. Hausse du chômage, violence criminelle, pénuries et exil massif pèsent lourd sur la population : le taux de suicide a augmenté ces dernières années et des ONG locales signalent une forte progression des symptômes anxiodépressifs, y compris chez les enfants.

Bon à savoir :

Les expatriés, souvent isolés et confrontés à l’insécurité et aux difficultés logistiques, sont particulièrement vulnérables. Le système local de santé mentale, déjà fragile avant la crise (avec seulement 1,15 lit psychiatrique et 0,4 psychiatre pour 10 000 habitants au milieu des années 2000), est aujourd’hui dépassé et incapable de répondre à la demande croissante.

Pour se protéger, plusieurs leviers existent :

Astuce :

Pour maintenir un équilibre psychologique au Venezuela, il est conseillé d’intégrer la couverture santé mentale (consultations de psychologues ou psychiatres, en présentiel ou en téléconsultation) dès la souscription d’un contrat d’assurance. Il est également possible de recourir à des plateformes de thérapie en ligne desservant le pays, proposant des séances en espagnol, anglais ou français pour des tarifs généralement compris entre 30 et 60 dollars. S’appuyer sur les réseaux d’entraide, comme les communautés d’expatriés, les groupes animés par des ONG ou les forums en ligne, est une autre ressource précieuse. Enfin, l’adoption de routines de gestion du stress, incluant une activité physique régulière, des techniques de relaxation et l’établissement de limites claires entre vie professionnelle et personnelle, est fondamentale pour s’adapter au contexte local.

Les autorités vénézuéliennes ont mis en place des lignes d’écoute (numéro national de prévention du suicide, services pour les violences faites aux femmes), mais l’accès réel à des soins spécialisés reste très limité, d’où l’importance pour un expatrié de s’organiser en grande partie en dehors du système local.

Soins dentaires et ophtalmologiques : mieux vaut tout prévoir

Dans le domaine dentaire, le schéma est similaire au reste du système :

Le public propose théoriquement des soins, mais avec des pénuries très importantes de matériel et d’équipements.

Le privé offre, lui, des traitements de bonne à très bonne qualité, parfois à des prix attractifs pour un expatrié par rapport à l’Europe ou l’Amérique du Nord.

Bon à savoir :

Certaines cliniques, comme DENTAL VIP à Caracas, proposent des protocoles spécifiques pour les patients étrangers, incluant un diagnostic rapide, un plan de traitement condensé sur une ou deux semaines, des partenariats hôteliers et des transferts aéroport. Pour un expatrié, c’est une option à considérer pour des soins programmés, à condition de vérifier au préalable la disponibilité des matériaux nécessaires (implants, prothèses, produits de comblement osseux, etc.).

Pour l’ophtalmologie, l’offre locale étant devenue imprévisible, certains patients vénézuéliens se tournent vers l’étranger pour des interventions comme la cataracte ou la chirurgie réfractive. Des hôpitaux comme EyeMantra, en Inde, ciblent même explicitement cette clientèle en mettant en avant des coûts plus bas que ceux des cliniques privées vénézuéliennes. Un expatrié qui envisagerait une chirurgie lourde de ce type gagnera à comparer les conditions et la qualité in situ avec celles d’un centre international dans un autre pays.

Stratégies concrètes pour les expatriés au Venezuela

Au vu de tous ces éléments, la gestion de la santé pour un expatrié au Venezuela repose moins sur la recherche du « bon » hôpital que sur une stratégie globale, articulée autour de quelques axes clés.

1. Préparation médicale avant le départ

Avant même de prendre l’avion, il est essentiel de : préparer tous vos documents de voyage.

Mettre à jour toutes les vaccinations recommandées pour la région.

– Rassembler ses dossiers médicaux (compte‑rendus d’hospitalisation, résultats d’examens, liste des traitements), idéalement traduits en espagnol ou en anglais.

– Obtenir une réserve suffisante de médicaments pour plusieurs mois, voire plus, si l’on souffre d’une maladie chronique, en vérifiant les règles d’importation.

– Discuter avec son médecin traitant des risques spécifiques (grossesse, pathologies cardiaques, troubles immunitaires, etc.) dans le contexte vénézuélien.

2. Choix de l’assurance et des hôpitaux de référence

Une fois la décision d’expatriation actée :

Astuce :

Avant votre séjour, souscrivez une assurance internationale qui couvre explicitement le Venezuela, incluant l’évacuation médicale et un réseau de cliniques partenaires locales. Identifiez et notez les coordonnées d’au moins une clinique privée réputée et bien équipée près de votre lieu de résidence, comme le Hospital de Clínicas Caracas ou la Policlínica Metropolitana à Caracas. Prenez un rendez-vous préventif avec un médecin généraliste ou interniste sur place pour établir un premier contact et avoir un référent médical en cas de besoin.

3. Gestion du quotidien sur place

Au jour le jour, quelques réflexes simples réduisent les risques :

Astuce :

Pour un voyage en toute sécurité, notamment dans des régions isolées ou à risque, il est crucial d’éviter les déplacements en zones rurales isolées sans accompagnement médical approprié (médecin, infirmier, trousse d’urgence et moyen de communication fiable). Privilégiez une eau en bouteille de qualité et respectez les précautions alimentaires. Dans les zones concernées, protégez-vous activement contre les piqûres de moustiques. Ayez toujours sur vous une carte indiquant vos coordonnées d’assurance, des contacts d’urgence, ainsi que vos pathologies et traitements en cours. Enfin, restez informé des évolutions sécuritaires et sanitaires via les alertes des ambassades, des organisations internationales et des communautés d’expatriés.

4. Anticiper les soins programmés hors du pays

Pour certaines interventions planifiables (chirurgie lourde, traitements oncologiques complexes, accouchement à risque, prothèses majeures), il est souvent plus sûr de :

Programmer l’acte dans un pays voisin équipé (Colombie, Brésil, parfois États‑Unis ou Europe selon les moyens).

Utiliser le Venezuela uniquement comme base de vie, mais pas comme lieu de prise en charge de soins complexes.

– Vérifier avec l’assureur la couverture dans ces pays et les conditions de remboursement.

Conclusion : vivre au Venezuela sans fermer les yeux

Les soins de santé pour les expatriés au Venezuela ne peuvent plus être abordés comme dans un pays « normal ». Le système public ressemble à celui d’un pays en guerre : pénuries massives, infrastructures délabrées, données sanitaires censurées, exode massif de professionnels. Le secteur privé tient encore, avec des poches d’excellence médicale et technologique dans quelques grandes cliniques, mais sous la menace permanente des ruptures de stock et des coupures d’électricité.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, il est essentiel de construire une stratégie robuste comprenant : une assurance internationale solide avec évacuation médicale, une préparation médicale en amont, le repérage de cliniques fiables sur place, la constitution d’une réserve personnelle de médicaments, une prévention rigoureuse des maladies infectieuses et un plan clair pour se faire soigner à l’étranger si nécessaire.

Ce n’est qu’à ce prix que l’on peut envisager de vivre et de travailler au Venezuela en réduisant au maximum l’exposition à un système de santé en crise durable, tout en bénéficiant des îlots de compétence et de dévouement qui subsistent encore dans le secteur privé du pays.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Venezuela, Panama, Uruguay, Portugal), la stratégie retenue a consisté à cibler le Venezuela pour sa fiscalité relativement avantageuse sur certains revenus étrangers, la possibilité d’optimiser la taxation des retraites et placements via des montages conformes aux conventions internationales, ainsi qu’un coût de vie très inférieur à la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), choix d’une ville plus sécurisée et d’un quartier adapté, obtention de la résidence, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local francophone (avocat, immigration, gestion de patrimoine) et sécurisation de la transmission internationale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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