Pratiques religieuses au Venezuela : le guide essentiel pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Venezuela, c’est entrer dans un pays où la religion imprègne encore la vie sociale, la culture populaire et une bonne partie du calendrier des fêtes. Pourtant, la réalité est plus nuancée qu’un simple « pays catholique ». Entre catholicisme majoritaire, croissance des Égléliques, traditions afro‑vénézuéliennes, culte de María Lionza, présence juive, musulmane, bouddhiste ou hindoue, un expatrié est rapidement confronté à une mosaïque de croyances, de codes implicites et de rituels.

Bon à savoir :

Ce guide offre des clés pour comprendre le contexte religieux local, se déplacer avec respect, éviter les impairs et profiter pleinement de la richesse culturelle qui en découle.

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1. Un pays majoritairement chrétien mais religieusement pluriel

La première chose à retenir est simple : le Venezuela est largement chrétien, mais pas uniformément catholique, et l’appartenance religieuse ne dit pas tout des pratiques concrètes.

Un socle chrétien solide

Selon un sondage national de 2011 (GIS XXI), près de 88 % des habitants se déclaraient chrétiens. La catégorie « autres religions » ne représentait alors qu’environ 3 %, tandis que 8 % des personnes sondées affirmaient ne pas avoir de religion (2 % athées, 6 % agnostiques ou indifférents).

Attention :

Les études récentes sur l’affiliation religieuse au Brésil présentent des variations, certaines indiquant un déclin du catholicisme au profit des évangéliques et des non-affiliés, tandis que d’autres évoquent une stabilité globale du christianisme. Ces différences s’expliquent principalement par l’absence de statistiques officielles récentes.

On peut néanmoins résumer les ordres de grandeur ainsi :

Indicateur (sources diverses)Estimation basseEstimation haute
Part de la population chrétienne82 %88 %
Part des catholiques58 %82–84 %
Part des protestants / évangéliques10–12 %20 %
Sans religion (athées, agnostiques, indifférents)6–8 %10 % environ
Pratiquants de Santería ou syncrétismes afro1 %1,5–2 %

Pour un expatrié, le message important est double : la référence chrétienne reste dominante dans les discours, les fêtes et les symboles, mais l’intensité de la pratique varie fortement, et de nombreux Vénézuéliens mêlent plusieurs traditions (Catholicisme et Santería, catholicisme et culte de María Lionza, etc.).

Un État laïc, une société très croyante

Le Venezuela est juridiquement un État laïc. La Constitution garantit la liberté de religion, à condition que les pratiques ne portent pas atteinte à la moralité publique ou à l’ordre public. La loi de 2017 contre la haine pénalise l’incitation à la violence, y compris contre des groupes religieux, et le code pénal protège les cérémonies contre les perturbations.

Exemple :

Dans la société, la religion reste omniprésente dans le langage (ex. expressions), les rituels sociaux (ex. mariages, funérailles) et les fêtes calendaires (ex. fêtes religieuses célébrées collectivement). Cette réalité sociale persiste malgré l’existence d’un cadre légal séculier.

des références fréquentes à Dieu, à la Vierge ou aux saints dans le langage courant,

des processions et pèlerinages spectaculaires,

des lieux de culte qui servent à la fois d’espaces spirituels et de centres d’entraide.

Pour un expatrié, cela signifie : la liberté de conscience est globalement respectée, mais afficher un total mépris des symboles religieux serait très mal perçu.

2. Le catholicisme, colonne vertébrale culturelle

Même si le poids exact des catholiques fait débat, il reste clair que le catholicisme demeure la matrice culturelle principale du pays.

Organisation et implantation de l’Église

L’Église catholique au Venezuela est une institution ancienne, structurée et encore très influente. Elle s’organise en 37 juridictions : 9 archidiocèses, 25 diocèses, 3 vicariats apostoliques, un ordinariat militaire, plus deux juridictions orientales (melkite et syrienne). On estime qu’environ 31 millions d’habitants se revendiquent catholiques selon certaines sources.

Historiquement, le pays a vu naître l’un des premiers évêchés d’Amérique du Sud à Coro au XVIe siècle, puis le diocèse de Caracas, plus tard élevé au rang d’archidiocèse métropolitain. L’Église gère encore aujourd’hui des centaines d’écoles (environ 700), souvent en partenariat avec l’État via un concordat datant de 1964.

Pour un expatrié, cela se traduit par : l’adaptation à un nouveau contexte culturel, la gestion des différences linguistiques et l’établissement d’un réseau social dans un environnement inconnu.

Présence et influence catholique

Aperçu des principaux vecteurs de la visibilité et de l’action catholique dans la société.

Écoles catholiques

Une forte présence d’écoles catholiques, souvent perçues comme offrant une éducation de bonne qualité.

Paroisses actives

Des paroisses dynamiques qui jouent un rôle central dans la vie sociale et communautaire des quartiers.

Visibilité publique et actions caritatives

Une visibilité marquée dans les médias et les débats publics, ainsi qu’un engagement fort dans des actions caritatives comme Cáritas, les cuisines communautaires et le soutien nutritionnel.

Dévotions mariales et saints locaux

La vénération mariale est un marqueur puissant du catholicisme vénézuélien. Trois figures dominent particulièrement :

Figure mariale / sainteRégion principaleRôle symbolique
Notre‑Dame de Coromoto (Virgen de Coromoto)État de Portuguesa, patronne du paysSymbole d’unité nationale et de conversion des peuples autochtones
Virgen del ValleÉtat de Nueva Esparta (région insulaire)Protectrice des pêcheurs et des habitants des îles
Vierge du Rosaire de Chiquinquirá (« La Chinita »)Région de l’Ouest, notamment ZuliaIcône de Maracaibo et du lac, au cœur d’une grande foire religieuse

San Benito (Saint Benoît, dit « San Benito El Moro ») est quant à lui le saint patron du lac de Maracaibo, très fêté dans cette région avec des processions, des tambours et des défilés.

En pratique, un expatrié travaillant dans ces régions verra facilement des images de ces figures dans :

les bureaux,

les commerces,

les taxis et bus,

les foyers privés.

Une remarque respectueuse sur « la Chinita » à Maracaibo, ou sur la Virgen del Valle sur l’île de Margarita, peut immédiatement créer un lien avec des interlocuteurs.

Grandes fêtes catholiques et rythmes de vie

Le calendrier catholique structure le rythme de l’année. Parmi les moments clefs à connaître :

Bon à savoir :

Entre le dimanche des Rameaux et Pâques, les processions, retraites spirituelles et offices sont très suivis. Les Jeudi Saint et Vendredi Saint sont des jours fériés chômés. De nombreuses familles partant en vacances, certaines villes peuvent se vider partiellement pendant cette période.

Noël : plus qu’un simple réveillon, c’est un cycle de célébrations. Dès le 16 décembre commencent les messes de l’aube qui conduisent à la Misa de Gallo (messe de minuit) le 24. Le 24 au soir (Nochebuena) est la grande fête familiale avec des plats emblématiques comme les hallacas, le pan de jamón ou le dulce de lechoza. Les crèches (nacimientos ou pesebres) sont souvent plus importantes que les sapins. Les cadeaux sont traditionnellement apportés par le « Niño Jesús » plutôt que par le Père Noël.

Épiphanie (Reyes Magos) le 6 janvier marque la fin officielle de la saison de Noël, et les enfants peuvent encore recevoir des présents.

Pour un expatrié, cela implique: la nécessité de s’adapter à un nouvel environnement culturel et économique, les défis de la langue, et la gestion des démarches administratives.

prévoir des périodes de ralentissement administratif et commercial,

anticiper les fermetures, embouteillages liés aux processions, ou au contraire des villes étonnamment calmes,

saisir des occasions d’invitations familiales qui sont souvent de précieux moments d’intégration.

3. La montée des Évangéliques et la diversité protestante

Face au catholicisme, le courant protestant – principalement évangélique et pentecôtiste – connaît une croissance continue depuis plusieurs décennies.

Poids et diversité des Évangéliques

En 2011, environ 17 % de la population se déclarait protestante ou « autre chrétienne ». Le Conseil évangélique du Venezuela estime désormais cette proportion autour de 20 %. D’autres chercheurs parlent de 10–12 % d’Évangéliques. Malgré ces divergences, la tendance est clairement à la hausse.

Le monde évangélique est loin d’être monolithique. Une répartition approximative interne ressemble à ceci :

Branche évangélique (approx.)Part estimée au sein des protestants
Assemblées de Dieu et autres pentecôtistes~60 %
Églises baptistes~16 %
Plymouth Brethren~9 %
Adventistes du 7e jour~4 %
Église Évangélique Libre~2 %
Église Pentecôtiste Unie~1 %
Autres (Méthodistes, Mennonites, Nazaréens, etc.)Reste

Parmi les institutions notables, on peut citer l’Église presbytérienne « El Redentor » à Caracas, considérée comme la plus ancienne communauté protestante autochtone, ou encore des écoles évangéliques comme Christiansen Academy à Rubio ou le Colegio Americano de Caracas.

Style de culte et rôle social

Les Églises évangéliques, en particulier pentecôtistes, se distinguent par :

Astuce :

Les Églises évangéliques se distinguent par des cultes très expressifs incluant chants, guitare, percussions et prières spontanées. Elles accordent une place centrale au soutien communautaire, avec des actions concrètes comme l’aide alimentaire et l’accompagnement des personnes souhaitant quitter la criminalité ou les gangs. Enfin, elles mènent une activité missionnaire intense, notamment dans les quartiers populaires et les zones rurales.

Pour un expatrié issu d’un milieu protestant anglophone, il existe même des options en anglais, comme la United Christian Church à Caracas, une communauté interconfessionnelle fondée en 1940 qui propose cultes, école du dimanche et groupes de prière.

Relations avec le pouvoir politique

Le gouvernement a cherché à tisser des alliances avec certains secteurs évangéliques, via :

3

Trois initiatives majeures ont été mises en place pour renforcer les liens avec les communautés religieuses : une vice-présidence dédiée, deux programmes de subventions et une journée nationale.

D’autres organisations évangéliques, comme le Conseil évangélique du Venezuela, insistent au contraire sur la séparation de l’Église et de l’État et critiquent ces tentatives de cooptation.

Pour un expatrié, cela signifie qu’aborder la question des relations entre Églises et pouvoir peut vite devenir politique. La prudence est recommandée dans les conversations de travail ou avec des interlocuteurs que l’on connaît peu.

4. Minorités religieuses : discrètes mais structurées

Dans l’ombre du christianisme majoritaire, plusieurs minorités religieuses ont une présence bien organisée, surtout dans les grandes villes.

Islam, Druzes et monde arabe

La communauté musulmane est estimée entre 95 000 et 150 000 personnes, en grande majorité sunnites, avec une minorité chiite surtout sur l’île de Margarita. La plupart sont issus de familles libanaises, syriennes, palestiniennes ou nord‑africaines installées dans le commerce. Leurs principaux foyers se situent :

à Caracas et dans sa périphérie,

à Nueva Esparta (Margarita),

à Punto Fijo, Valencia et Maracaibo.

Plus surprenant pour beaucoup d’expatriés : le Venezuela abrite aussi la plus grande communauté druze en dehors du Moyen‑Orient, autour de 60 000 personnes, également d’origine libanaise et syrienne. Des figures Druzes ont occupé des postes politiques de premier plan.

Judaïsme

La communauté juive vénézuélienne, autrefois évaluée à près de 30 000 personnes à la fin des années 1990, a fortement diminué, en raison combinée de l’émigration économique et d’un climat parfois marqué par des déclarations antisémites dans certains médias officiels. Les estimations actuelles varient entre 6 000 et 13 000 membres, majoritairement concentrés à Caracas, organisés en communautés séfarades et ashkénazes sous l’égide de la CAIV (Confederación de Asociaciones Israelitas de Venezuela).

Bon à savoir :

Pour un expatrié juif, il existe généralement des synagogues, des écoles et un tissu communautaire fonctionnel. Il est toutefois important de se renseigner localement sur les mesures de sécurité spécifiques et de bien comprendre le contexte politique du pays d’accueil.

Bouddhisme, hindouisme et autres spiritualités asiatiques

Le bouddhisme compte plus de 50 000 pratiquants, pour la plupart d’ascendance chinoise, japonaise ou coréenne. Des centres existent à Caracas, Maracay, Mérida, Puerto Ordaz, San Felipe et Valencia. On y trouve des temples zen, mahayana ou liés à des mouvements comme Soka Gakkai.

Bon à savoir :

Bien que la communauté hindoue soit numériquement petite (quelques centaines de personnes, surtout dans les grandes villes et liées à la diaspora), l’influence culturelle indienne est significative. Des pratiques comme le yoga, la méditation, l’Ayurveda et des mouvements tels que l’Art of Living ou les centres Sai Baba sont populaires auprès de nombreux Vénézuéliens en dehors du cadre strictement religieux.

Pour un expatrié pratiquant ces religions, les ressources existent, mais elles sont concentrées dans les grandes villes, et les célébrations (Diwali, fêtes bouddhistes) ont une dimension communautaire plus qu’« nationale ».

5. Syncrétismes afro‑vénézuéliens : Santería, María Lionza et Espiritismo

Pour comprendre en profondeur le paysage religieux vénézuélien, il est impossible d’ignorer les traditions syncrétiques issues du croisement entre cultures africaines, autochtones et catholicisme.

Santería : entre orichas et saints catholiques

La Santería, née à Cuba de la rencontre entre les religions yoruba d’Afrique de l’Ouest, le catholicisme et le spiritisme, s’est implantée au Venezuela par vagues successives, notamment après la Révolution cubaine de 1959. On estime qu’environ 1 à 2 % de la population y adhèrent directement, mais l’influence symbolique dépasse ce chiffre.

Principes clés :

croyance en un dieu suprême (Olodumare) et en des esprits intermédiaires appelés orichas, souvent associés à des saints catholiques,

– notion d’aché, force spirituelle qui traverse le monde et que l’on cherche à équilibrer,

– culte centré sur des maisons‑temples (ilé) dirigées par des prêtres (santeros, santeras) ou des babalawos (spécialistes divinatoires).

Pratiques marquantes :

– rituels d’initiation complexes, avec période de retrait et codes vestimentaires,

offrandes de nourriture, d’alcool, de fleurs et parfois de sacrifices d’animaux (volailles, chèvres, etc.),

– séances de divination (systèmes obi, dilogún, Ifá),

– cérémonies de tambours (toque de santo) entraînant parfois la transe et la « descente » d’un oricha dans un fidèle.

Pour un expatrié, il est essentiel de ne pas regarder ces pratiques avec condescendance ou exotisme folklorique. Il est possible d’être invité à une cérémonie par des collègues ou amis. La bonne attitude consiste à :

demander clairement ce qui est attendu d’un invité (participation, tenue, photos, etc.),

respecter les règles fixées par les organisateurs (zones réservées, consentement pour les prises de vue),

éviter de juger publiquement les sacrifices ou les croyances, sujets très sensibles.

Le culte de María Lionza : spiritualité nationale et transe

Autre pilier de la religiosité populaire : le culte de María Lionza, souvent décrit comme la plus vénézuélienne des dévotions syncrétiques. Il associe :

des éléments autochtones (esprits indigènes, montagne sacrée),

– des couches africaines,

– des figures historiques et catholiques,

– et un fort courant de spiritisme à la Allan Kardec.

Elle est fréquemment représentée comme une femme indigène nue montant un tapir, image popularisée par la célèbre sculpture d’Alejandro Colina à Caracas. Elle forme avec le cacique Guaicaipuro et le héros noir Negro Felipe une triade symbolisant les trois grandes matrices ethniques du pays (européenne, indigène, africaine).

María Lionza, divinité syncrétique vénézuélienne

Le centre spirituel de ce culte est le mont Sorte, près de Chivacoa (État de Yaracuy). Chaque année, surtout autour du 12 octobre (jour désormais dédié à la « résistance indigène »), des dizaines voire centaines de milliers de fidèles se rassemblent pour :

des rituels de guérison,

des séances de transe et de possession,

des marches sur les braises,

des invocations aux différentes « cours » d’esprits (indienne, noire, médicale, des maîtres, etc.),

des offrandes de tabac, alcool, fleurs.

Une particularité importante : de nombreux Vénézuéliens se disent à la fois catholiques et « marialionceros ». Il ne s’agit pas d’une conversion exclusive, mais d’un cumul de références spirituelles.

Pour l’expatrié curieux, la participation comme observateur est parfois possible, mais il faut garder à l’esprit :

Bon à savoir :

Ces rituels ne sont pas de simples spectacles touristiques. La consommation de tabac ou de rhum y fait partie intégrante de la dynamique cérémonielle. Il est fortement recommandé d’être accompagné par un guide local de confiance, connaissant parfaitement les usages et les codes à respecter.

Espiritismo et pratiques magico‑religieuses

Au‑delà de la Santería et de María Lionza, l’espiritismo occupe une place importante. Il mélange :

spiritisme européen (communication avec les morts),

références catholiques (prières, saints, vierges),

magie populaire (bougies, encens, amulettes),

– parfois éléments afro ou indigènes.

Cartomancie, « mal de ojo » (mauvais œil), rituels de protection ou de « nettoyage » spirituel sont monnaie courante dans l’imaginaire collectif. Des voyants ou « brujos » peuvent être invités à la télévision, et certaines émissions consacrées à ces sujets ont un large public.

Pour un expatrié, il est utile de savoir que :

ces croyances se rencontrent à tous les niveaux sociaux, pas seulement dans les milieux pauvres,

certains collègues peuvent parler très naturellement de consultations chez un médium ou un guérisseur,

– critiquer frontalement ces pratiques peut être perçu comme une attaque contre des repères culturels profonds.

6. Festivals, fêtes et calendrier religieux : ce que l’expatrié doit savoir

Le calendrier des jours fériés et des grandes fêtes mêle dates civiles et religieuses. Pour un expatrié en entreprise, cela a des implications concrètes sur la planification des réunions, des congés et des déplacements.

Fêtes religieuses et jours nationaux

Voici un aperçu synthétique des principaux jours fériés à coloration religieuse ou culturelle :

Date (fixe)FêteNature
1er janvierJour de l’AnCivil, mais avec connotations religieuses familiales
14 janvierFête de la Divina Pastora (Lara)Fortement catholique, pèlerinage massif
2 févrierFête de la Candelaria (Virgin de Candelaria)Catholique, très vive à Mérida (Feria del Sol)
Lundi et mardi avant le Mercredi des CendresCarnavalFête populaire à racines chrétiennes, mais très séculière
Semaine Sainte (dates mobiles)Jeudi et Vendredi Saints fériésCatholique
3 maiFiesta de las Cruces / Velorio de la Cruz de MayoDévotion populaire avec chants et veillées
24 et 25 décembreNochebuena et NoëlCatholique, grande fête familiale
31 décembreNocheviejaCivil, mais souvent accompagné de rituels religieux domestiques

À cela s’ajoutent de nombreuses fêtes régionales à forte dimension religieuse, comme :

San Benito El Moro autour du lac de Maracaibo (du 24 décembre au 1er janvier),

Feria de la Chinita (17–19 novembre) à Maracaibo, dédiée à la Vierge de Chiquinquirá,

Velorio de la Cruz de Mayo particulièrement célébrée à Caracas.

Carnaval, Corpus Christi et traditions afro‑catholiques

Le carnaval au Venezuela, surtout dans des villes comme El Callao (État de Bolívar), est marqué par un mélange de costumes, de musiques caribéennes (calypso, influences trinidadiennes), de personnages de diables masqués et d’influences afro‑vénézuéliennes. À El Callao, le carnaval, célébré depuis le XIXe siècle, est emblématique de ce métissage culturel.

Attention :

Lors des célébrations de Corpus Christi, des confréries de danseurs masqués en diables, vêtus de costumes colorés, défilent dans plusieurs localités vénézuéliennes. Ce rituel spectaculaire, où ils se prosternent devant le Saint-Sacrement, symbolise la soumission du mal au sacré.

Pour un expatrié, assister à ces manifestations est un excellent moyen de comprendre la fusion entre catholicisme et héritages africains. Il convient simplement de :

Astuce :

Pour assister à une cérémonie religieuse dans les règles, il est essentiel de respecter les consignes des organisateurs, d’éviter de perturber les processions pour prendre des photos et d’adopter une tenue modeste, notamment si l’événement se déroule à l’intérieur ou aux abords d’une église.

Noël et fin d’année : plus qu’un simple break

L’ensemble décembre–début janvier est une période clé à maîtriser pour planifier missions, déplacements et échéances professionnelles. Plusieurs éléments à anticiper :

dès mi‑décembre, de nombreuses familles commencent les préparatifs et les messes de l’aube,

Nochebuena (24 décembre) est bien plus important que le 25 au matin ; la vie s’arrête quasiment,

– entre Noël et Nouvel An, beaucoup d’entreprises tournent au ralenti,

– le cycle se poursuit jusqu’au 6 janvier (Reyes Magos), jour où les enfants reçoivent parfois d’autres cadeaux.

Dans le milieu professionnel, programmer des deadlines majeures dans ces journées est généralement mal vu ou peu réaliste.

7. Comportements et codes dans les lieux de culte

Même si la culture vénézuélienne est chaleureuse et assez tolérante, certains gestes de base sont attendus dans les lieux de culte, quelle que soit la religion.

Tenue vestimentaire et attitude générale

Les principes de base, valables dans la plupart des églises, mosquées, temples et synagogues, peuvent se résumer ainsi :

Attention :

Pour une visite respectueuse, privilégiez une tenue modeste couvrant épaules et genoux, évitez les vêtements moulants, transparents ou déchirés, et proscrivez les messages politiques sur les T-shirts. Retirez chapeaux et lunettes de soleil à l’intérieur (sauf prescription religieuse). Parlez à voix basse, mettez votre téléphone en silencieux, et évitez de manger ou boire à l’intérieur sauf indication contraire.

Dans certaines traditions (bouddhistes, hindoues, musulmanes), il peut être requis d’enlever les chaussures ; porter des chaussures faciles à retirer est alors pratique.

Spécificités par type de culte

Même si les lieux de culte suivent leurs propres règles, certaines constantes sont observables :

Églises catholiques et temples évangéliques : Attitude sobre, respect pendant les lectures et l’homélie. La communion est en principe réservée aux baptisés de la confession, même si en pratique, personne ne réclame de preuve. Si vous n’êtes pas croyant, restez simplement assis ou à genoux sans vous avancer à l’autel.

Bon à savoir :

Dans une synagogue, les hommes doivent porter une kippa ou un couvre-chef, et les femmes un foulard ou autre couvre-chef dans les courants plus traditionnels. Il est également important de ne pas entrer ou sortir lorsque l’arche contenant les rouleaux de la Torah est ouverte.

Mosquées : Retrait des chaussures obligatoire. Les femmes sont invitées à couvrir leurs cheveux (un foulard simple suffit). On évite de marcher devant une personne en prière.

Temples bouddhistes ou hindous : Chaussures retirées, attitude très respectueuse devant les statues ou autels. Ne pas pointer du doigt les représentations sacrées, ni poser d’objets avec des images religieuses directement au sol.

Pour un expatrié, le meilleur réflexe reste d’observer les fidèles et/ou de demander conseil à un responsable sur place avant de faire quoi que ce soit de peu habituel (photos, participation à un rite, etc.).

8. Religion, politique et sécurité : sujets sensibles

La liberté de religion est protégée par la Constitution, mais le contexte politique et économique des dernières années a créé des tensions avec certaines institutions religieuses.

Dialogue difficile entre pouvoir et hiérarchies religieuses

L’Église catholique, via la Conférence épiscopale vénézuélienne, a régulièrement critiqué la dérive autoritaire et les atteintes aux droits humains. De même, le Conseil évangélique du Venezuela a dénoncé des lois ambiguës, comme la Loi contre la haine ou certains décrets visant les ONG et associations religieuses.

En retour, des responsables politiques ont parfois stigmatisé des prêtres ou pasteurs comme « ennemis de la nation », et des médias publics ont relayé des discours hostiles à certains leaders religieux.

Conséquences possibles pour un expatrié :

Adaptation culturelle : Difficultés à s’adapter aux différences culturelles.

Isolement social : Ressentir de la solitude loin de la famille et des amis.

Impact professionnel : Possibilités de carrière limitées ou nouvelles opportunités.

Questions financières : Coût de la vie plus élevé ou différences dans le système fiscal.

Santé mentale : Stress et anxiété liés à l’intégration dans un nouvel environnement.

Attention :

Certains thèmes, comme les relations Église-État, la situation des minorités ou l’influence politique des Évangéliques, sont très polarisants. De plus, dans les régions sous l’influence de groupes criminels ou guérilleros, des religieux engagés dans l’humanitaire ont été menacés, et l’ELN a imposé des « commandements » à certains d’entre eux.

Pour un étranger, il est prudent de :

Astuce :

Dans les régions où les tensions religieuses ou sécuritaires sont présentes, il est conseillé de rester neutre dans les débats tant que l’on ne maîtrise pas bien le contexte, d’éviter d’afficher publiquement des jugements tranchés sur les responsables religieux locaux, et de se renseigner systématiquement sur la situation sécuritaire avant de participer à des activités humanitaires dans des zones rurales contrôlées par des groupes armés.

Enregistrement des organisations religieuses et ONG

Autre point de contexte : pour être reconnues officiellement, les organisations religieuses doivent s’enregistrer auprès de la Direction de la Justice et de la Religion (au sein du ministère de l’Intérieur). Elles doivent fournir une série de documents (statuts, dirigeants, biens, activités sociales, lettre de soutien de conseils communaux proches du pouvoir, etc.).

Des normes récentes imposent également aux ONG et associations, y compris religieuses, de déclarer leurs financements, leurs bénéficiaires et membres, sous prétexte de lutte contre le terrorisme ou le blanchiment.

Pour un expatrié impliqué dans une organisation religieuse ou caritative, c’est un point à vérifier attentivement avec des avocats locaux : les obligations déclaratives peuvent être lourdes et sensibles.

9. S’intégrer au quotidien : comment la religion façonne les interactions

En dehors des rituels et lieux de culte, la religion transparaît dans la vie de tous les jours, souvent de manière informelle.

Codes sociaux marqués par le christianisme

Quelques exemples fréquents :

expressions comme « Si Dios quiere » (si Dieu le veut), « Que Dios te bendiga » (que Dieu te bénisse), utilisées même par des personnes peu pratiquantes,

– gestes de croix spontanés en passant devant une église ou en montant dans un bus,

– affiches religieuses dans les commerces, photos de saints sur les murs d’entreprise ou de taxis.

Pour un expatrié non croyant ou d’une autre foi, il est tout à fait accepté de ne pas reprendre ces formules, mais s’en offusquer ouvertement choquerait. Le plus simple est souvent de rester neutre et souriant.

Invitations, promesses et syncrétisme au travail

Il n’est pas rare que des collègues :

invitent à participer à une messe pour un collègue décédé,

parlent de promesses faites à un saint en cas de réussite à un examen ou d’obtention d’un poste,

– mentionnent un passage chez un guérisseur ou un rituel de María Lionza pour résoudre un problème familial.

Cette cohabitation de références catholiques et de pratiques syncrétiques reflète une religiosité très pragmatique, cherchant avant tout protection, guérison et espoir.

L’expatrié gagne beaucoup à :

écouter sans se moquer ni banaliser,

expliquer calmement, si on le lui demande, sa propre tradition ou son absence de religion,

éviter de se poser en donneur de leçons sur ce qui serait une « vraie » religion ou une « superstition ».

10. Conseils pratiques pour expatriés : naviguer sereinement

Pour conclure, quelques repères synthétiques pour composer avec la diversité religieuse du Venezuela dans la vie quotidienne.

Comprendre les sensibilités locales

Respecter les symboles catholiques : même si la pratique recule chez les jeunes, la Vierge, les saints et les processions gardent une forte charge affective.

Ne pas réduire les courants syncrétiques à du folklore : pour de nombreuses personnes, Santería, María Lionza ou l’espiritismo sont des réponses spirituelles aux crises et à la précarité.

Reconnaître la pluralité évangélique : toutes les Églises évangéliques ne soutiennent pas le pouvoir et leur position est loin d’être uniforme.

Adapter son comportement en entreprise

éviter de planifier des réunions cruciales ou des audits pendant la Semaine Sainte, les jours de grandes processions ou autour de Noël,

– tolérer les images religieuses discrètes sur les bureaux, sauf dispositions internes spécifiques de l’entreprise,

– adopter une politique claire et cohérente sur les demandes d’aménagement religieux (flexibilité pour les fêtes non catholiques, pauses de prière, port de symboles religieux), tout en se référant au droit local.

Tirer parti de la richesse culturelle

Pour un expatrié prêt à s’ouvrir, le paysage religieux du Venezuela est une porte d’entrée vers :

Exemple :

Le Venezuela illustre sa résilience face aux difficultés à travers des expressions culturelles et spirituelles variées. Cela inclut des festivals spectaculaires comme le Carnaval d’El Callao, les Diablos Danzantes et les Foires mariales ; des musiques et danses afro‑vénézuéliennes puissantes ; ainsi que des expériences de solidarité communautaire au sein de paroisses, de communautés évangéliques ou de centres bouddhistes. Ces éléments permettent une compréhension plus fine de la façon dont les Vénézuéliens affrontent les épreuves par la foi, la spiritualité et les traditions.

L’essentiel est de combiner curiosité, humilité et respect. Dans un pays où la croyance est à la fois ancrée dans l’histoire et en pleine mutation, cette attitude permet non seulement d’éviter les faux pas, mais surtout de nouer des relations plus profondes avec ceux qui vous entourent.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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