Créer son Entreprise à l’Étranger quand on est Expatrié : le Cas du Venezuela

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’idée de lancer une entreprise à l’étranger séduit de plus en plus d’expatriés. Dans cette logique, le Venezuela intrigue : marché encore largement inexploité, ressources naturelles colossales, coûts salariaux bas, mais aussi instabilité politique, hyperinflation récente, infrastructures dégradées et risque sécuritaire élevé. Ce pays est à la fois l’un des environnements les plus difficiles au monde pour faire des affaires… et l’un de ceux où le potentiel de rendement peut être spectaculaire pour un entrepreneur bien préparé.

Bon à savoir :

Cet article détaille les étapes essentielles pour les expatriés souhaitant entreprendre au Venezuela : choix de la structure juridique, démarches administratives, coûts, fiscalité, obtention du visa investisseur, environnement bancaire, codes culturels à connaître, opportunités par secteur et principaux risques à anticiper.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le Terrain : une Économie à Haut Risque, Haut Rendement

Le Venezuela reste avant tout une puissance pétrolière. Il dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde et d’importantes réserves de gaz, d’or, de fer, de bauxite ou encore de diamants. Historiquement, plus de 80 % des exportations venaient du pétrole, avec un PIB qui dépassait 460 milliards de dollars au début des années 2010.

75

Pourcentage de chute du PIB vénézuélien lors de l’une des plus fortes contractions économiques modernes.

Pourtant, depuis quelques années, des signaux de stabilisation apparaissent. Les contrôles les plus rigides ont été assouplis, la dollarisation de fait facilite les transactions, certains secteurs non pétroliers ont renoué avec la croissance, notamment le commerce et les services. En 2024, l’activité non pétrolière aurait progressé d’environ 3,9 %, et la production industrielle privée de près de 17 %.

Attention :

Le pays présente un contexte contrasté, avec d’un côté une population appauvrie, un exode des talents, des infrastructures dégradées, de la corruption et des sanctions, et de l’autre un marché de 25 à 30 millions d’habitants, une classe moyenne aux revenus dollarisés, un écosystème tech dynamique et un gouvernement cherchant à diversifier l’économie et attirer les investissements.

Pour un expatrié entrepreneur, cela signifie un contexte réservé aux profils capables d’assumer un niveau de risque très élevé, avec un horizon long terme, un ancrage local solide… et une tolérance à la volatilité politique et monétaire.

Choisir sa Structure Juridique : SA, SRL, Succursale ou Bureau de Représentation ?

Le Code de commerce vénézuélien prévoit plusieurs formes juridiques. Le choix dépendra de votre secteur, de la taille du projet, du besoin de partenaires locaux et de votre appétence au risque.

Les formes commerciales principales

Les deux véhicules les plus utilisés par les investisseurs étrangers sont la Société Anonyme (S.A. ou C.A.) et la Société à Responsabilité Limitée (S.R.L.).

FormeCaractéristiques principalesCapital indicatif*Actionnariat / Responsabilité
Sociedad Anónima (S.A. / C.A.)Société par actions, la plus courante pour les projets significatifsEn pratique souvent très faible (env. 20 000 VES ~ 60 USD), mais les registres peuvent exiger plusMinimum 2 actionnaires, responsabilité limitée aux apports
Sociedad de Responsabilidad Limitada (S.R.L.)Société à quotas, adaptée aux petites et moyennes entreprisesEn pratique autour de 10 000 VES (~ 30 USD), parfois plus selon le registreQuotas détenus par les associés, cession souvent soumise à accord unanime
Société en nom collectifSociété de personnesVariableResponsabilité illimitée et solidaire des associés
Société en commandite simpleCommandité/commanditaireVariableAssociés commandités à responsabilité illimitée, commanditaires limités à leurs apports

*Les montants en bolivars sont très volatils, les autorités de registre exigent souvent un capital en pratique beaucoup plus élevé, parfois chiffré en dollars pour certains secteurs (plusieurs milliers USD).

Astuce :

Pour un expatrié en Belgique, le choix de la forme juridique est crucial. La Société Anonyme (SA) est généralement privilégiée pour des projets de taille moyenne ou importante, car elle offre plus de flexibilité pour intégrer des investisseurs et structurer la gouvernance. La Société à Responsabilité Limitée (SRL) est, quant à elle, mieux adaptée aux petites structures familiales ou de services, où l’on souhaite garder un contrôle serré sur l’entrée de nouveaux associés.

Succursale, filiale ou bureau de représentation ?

Un groupe étranger peut aussi opter pour une implantation sans créer une filiale classique :

– La succursale est une extension de la société mère. Juridiquement, ce n’est pas une entité séparée : la maison mère reste directement responsable des dettes de la succursale. Elle doit néanmoins être inscrite au registre du commerce vénézuélien.

– Le bureau de représentation est limité à des activités non lucratives (prospection, promotion, veille, coordination). Il ne peut pas facturer ni encaisser de revenus locaux. C’est un outil de test de marché.

– La filiale reste la solution la plus “propre” pour opérer pleinement, signer des contrats, embaucher et lever des financements locaux.

Bon à savoir :

De plus en plus d’entreprises étrangères utilisent un Employer of Record (EOR) pour entrer sur le marché. Ce prestataire local emploie légalement le personnel pour le compte de l’entreprise sans nécessiter la création d’une entité locale. Cette solution, qui permet de tester un marché de services ou un recrutement IT rapidement et à moindre coût, n’est cependant pas adaptée à tous les secteurs, comme l’industrie, la grande distribution ou l’extraction.

Statut “étranger”, “mixte” ou “national”

Le droit vénézuélien distingue les sociétés selon la proportion de capital étranger :

CatégoriePart détenue par des non-résidentsConséquences principales
Société étrangère> 49 % du capitalConsidérée comme investissement étranger, soumise à enregistrement spécifique
Société mixteEntre 20 % et 49 %Statut intermédiaire, certaines politiques publiques peuvent être différenciées
Société nationale< 20 %Traitées comme locales, même si la gouvernance est de fait étrangère

Ce classement a des implications pour l’accès à certains régimes ou pour la perception politique du projet. En pratique, de nombreux expatriés choisissent de s’associer à des partenaires locaux de confiance pour se positionner comme entreprise “mixte” ou “nationale”, tout en encadrant très finement les droits de vote et les pactes d’actionnaires.

Démarches d’Implantation : de la Réservation de Nom à l’Inscription Fiscale

Créer une société au Venezuela implique de jongler avec plusieurs administrations : registres, notaires, fisc, sécurité sociale, municipalités. La procédure peut sembler lourde, mais elle reste balisée.

Le parcours type de constitution

Même si les délais réels varient selon la ville, le secteur et la charge des registres, le schéma classique comprend les étapes suivantes :

1. Choix de la forme et des actionnaires Détermination du type de société, du capital social, de la répartition des parts et de la gouvernance (directeurs, commissaires aux comptes, pouvoirs de signature).

2. Réservation de la dénomination sociale auprès du SAREN L’Autonomous Service of Registries and Notaries (SAREN) contrôle l’unicité du nom. La réservation coûte en général entre 10 et 30 USD.

3. Rédaction des statuts et acte constitutif Un avocat local prépare les statuts (objet social, siège, capital, règles de gestion) et l’acte constitutif. Les honoraires pour cette phase se situent souvent entre 500 et 1 500 USD, et jusqu’à plusieurs milliers de dollars pour des structures complexes.

Attention :

Le capital social doit être déposé sur un compte bancaire temporaire ouvert auprès d’une banque locale avant l’enregistrement définitif de la société. Cette étape peut s’avérer complexe pour un entrepreneur étranger sans historique bancaire dans le pays.

5. Enregistrement au Registre du Commerce (Registro Mercantil) L’inscription officielle de la société s’effectue auprès du registre compétent. Les frais d’inscription varient autour de 100 à 300 USD. À cette étape, on enregistre également les livres comptables obligatoires (journal, grand livre, inventaires).

6. Publication dans un journal légal Un avis de constitution doit être publié dans une gazette commerciale ou un journal spécialisé pendant plusieurs jours consécutifs.

7. Immatriculation fiscale (RIF) auprès du SENIAT Le Servicio Nacional Integrado de Administración Aduanera y Tributaria délivre le numéro d’identification fiscale (RIF). La procédure prend en général entre un et trois jours.

8. Licences municipales et conformité d’usage La municipalité délivre la licence d’activité économique, après vérification de la conformité d’usage (zoning) des locaux. Les frais annuels de licence varient souvent entre 500 et 3 000 USD.

Bon à savoir :

Les entreprises doivent s’inscrire à la Sécurité sociale (IVSS), à l’institut de formation professionnelle (INCES) et au fonds logement (BANAVIH). Cette obligation est particulièrement impérative pour les entreprises employant plus de cinq salariés.

10. Permis sectoriels spécifiques Selon le secteur (santé, agroalimentaire, finance, mines, énergie…), des autorisations supplémentaires sont requises (ministères de la Santé, de l’Agriculture, de l’Industrie, de l’Environnement, etc.).

Dans la pratique, certaines sources évoquent un délai global de 1 à 2 semaines pour la simple constitution au registre, tandis que d’autres estiment qu’une implantation complète avec toutes les licences peut prendre 4 à 6 mois. Pour un expatrié, il est indispensable de prévoir de la marge dans la planification de trésorerie.

Coûts typiques de lancement

Si l’on additionne les différents postes (honoraires juridiques, notaire, taxes, licences, location de bureaux, comptabilité), la facture initiale peut être conséquente pour un expatrié qui veut s’implanter sérieusement.

Poste de dépenseFourchette indicative (USD)
Honoraires d’avocat & conseil pour la constitution2 000 – 7 000
Frais de notaire et enregistrements100 – 500
Honoraires d’accompagnement fiscal (RIF, TVA)500 – 2 000
Licences et permis sectoriels5 000 – 15 000
Location de bureau (Caracas, par mois)à partir de 350–1 500, jusqu’à 25 000 pour du prime
Mise en place comptable, audit initial1 000 – 5 000
Coût global de mise en place d’une entité (estimation)10 000 – 25 000, voire plus pour les secteurs réglementés

Certaines études avancent des chiffres beaucoup plus élevés pour des montages sophistiqués (plus de 40 000 USD dans certains cas). Il est donc prudent de budgéter large, surtout si l’on doit financer des études d’impact environnemental, des mises aux normes industrielles ou des négociations de baux longues.

S’Orienter dans la Fiscalité : Taux, TVA, Dividendes, Charges Sociales

Le système fiscal vénézuélien repose sur plusieurs étages : impôts nationaux sur le revenu et la valeur ajoutée, taxes municipales sur l’activité économique, contributions parafiscales pour la science, le sport ou la lutte antidrogue, ainsi qu’un impôt sur la grande fortune.

Impôt sur les sociétés

Les sociétés résidentes (constituées ou domiciliées au Venezuela) sont imposées sur leurs revenus mondiaux. Les non-résidentes ne sont taxées qu’à hauteur de leurs revenus de source vénézuélienne, avec des règles spécifiques pour les établissements stables.

Le barème de base est progressif et exprimé en Unités Fiscales (Tax Units, TU) :

Tranche de bénéfice imposableTaux
Jusqu’à 2 000 TU15 %
2 001 – 3 000 TU22 %
Au-delà de 3 000 TU34 %

Des taux spécifiques, plus élevés, s’appliquent à certains secteurs :

40 % pour les banques, établissements financiers, compagnies d’assurance et de réassurance.

50 % pour les activités pétrolières (exploitation, raffinage, transport, achat pour exportation).

60 % pour les revenus miniers liés aux redevances.

Les entreprises doivent déposer une déclaration annuelle dans les trois mois qui suivent la clôture de l’exercice. Les grands contribuables désignés comme “spéciaux” par le fisc ont en outre des obligations d’acomptes mensuels.

TVA et autres prélèvements

La TVA vénézuélienne est fixée à 16 % pour le taux standard, avec un taux réduit de 8 % pour certains biens et services, et un taux de 0 % pour les exportations. Un supplément de 15 % s’applique sur des biens et services de luxe, portant alors le taux total à 27 %.

À cela s’ajoutent :

des droits de douane (5 à 35 % en général) et 1 % de taxe d’importation ;

– une taxe municipale sur l’activité économique (en pourcentage du chiffre d’affaires) ;

– une contribution obligatoire à la science, technologie et innovation (0,5 à 2 % du chiffre d’affaires brut) ;

– une contribution au développement du sport (1 % du bénéfice net) et au Fonds national antidrogue (environ 1 % du résultat d’exploitation) ;

– un impôt sur la fortune de 0,25 % pour les personnes physiques et morales dépassant un seuil de patrimoine très élevé.

Dividendes et plus-values

Les dividendes distribués par une société vénézuélienne sont soumis à un régime particulier. Le taux applicable dépend du secteur d’activité de la société distributrice :

Activité de la société distributriceTaux d’imposition du dividende
Activité “générale” (hors pétrole/mines)34 %
Activité pétrolière50 %
Activité minière (redevances)60 %

Ces taux s’appliquent généralement via une retenue à la source au moment de la distribution. Les dividendes provenant de sociétés étrangères et perçus par un résident vénézuélien sont imposés au taux de 34 %, avec possibilité de crédit d’impôt pour les taxes payées à l’étranger.

Bon à savoir :

Les plus-values sont généralement soumises au régime ordinaire. Cependant, une exception notable s’applique : la cession d’actions cotées à la Bourse de Caracas est imposée à un taux forfaitaire de 1 % sur le montant brut de la vente. Il n’est pas possible de déduire des pertes subies sur d’autres revenus pour réduire cette imposition.

Charges sociales et droit du travail

La main-d’œuvre coûte, en nominal, beaucoup moins cher qu’ailleurs en Amérique latine, mais il faut intégrer les contributions sociales et les avantages obligatoires :

contributions patronales à la sécurité sociale : entre 9 et 11 % du salaire ;

cotisations à l’INCES (formation professionnelle) : environ 2 % de la masse salariale pour les entreprises de plus de cinq salariés ;

– contributions logement (BANAVIH) ;

– 13e mois obligatoire (aguinaldo) correspondant à un mois de salaire ;

– congés payés : à partir de 15 jours après un an d’ancienneté, plus des jours supplémentaires avec l’ancienneté ;

– semaine de travail standard : 40 heures sur cinq jours, avec encadrement strict des heures supplémentaires.

La loi du travail exige en principe que 90 % des effectifs soient des nationaux vénézuéliens, et plafonne les rémunérations des étrangers à 20 % de la masse salariale. Il existe cependant des aménagements possibles pour des secteurs nécessitant une expertise étrangère.

Visa, Résidence et Parcours d’Investisseur pour Expatriés

Travailler et entreprendre légalement au Venezuela impose de disposer du bon statut migratoire. Plusieurs catégories de visas existent pour les entrepreneurs et investisseurs étrangers.

Le visa d’affaires (TR-N)

Pour des séjours ponctuels liés à des réunions, négociations, prospection, le visa d’affaires TR-N est l’outil de base. Il est, en principe :

valable un an,

avec plusieurs entrées possibles,

autorisant des séjours cumulés jusqu’à 180 jours sur la période.

Il ne permet pas d’être salarié d’une entité locale, mais il couvre les activités de représentation, négociation et coordination.

Visas de travail (TR-L) et court séjour

Pour exercer une activité salariée au Venezuela (y compris comme dirigeant d’une filiale locale), il faut en principe un visa de travail TR-L, ou un visa de court séjour de travail (90 jours) pour des missions temporaires.

L’obtention d’un TR-L repose sur deux étapes :

1. Permis de travail auprès du ministère du Travail. 2. Visa auprès des services migratoires (SAIME), sur la base de ce permis.

Le salaire doit respecter un seuil minimal, mis à jour régulièrement. Après cinq années de résidence continue sous couvert de visa de travail, l’étranger peut en principe demander la résidence permanente.

Le visa investisseur (TR-I) : une voie clé pour l’entrepreneur expatrié

Pour un expatrié qui souhaite installer une entreprise avec un investissement substantiel, le visa investisseur (TR-I) est souvent la voie la plus cohérente. Les grandes lignes sont les suivantes :

100000

Le montant minimal d’investissement pour ce visa est de 100 000 USD dans une entreprise vénézuélienne, avec une détention d’au moins 20% des actions.

Les membres de la famille proche (conjoint, enfants de moins de 18 ans, parents, beaux-parents) peuvent obtenir un visa familial (TR-F) rattaché au visa investisseur.

L’obtention du visa investisseur suppose de démontrer :

la réalité du projet d’investissement (lettre d’invitation de la société vénézuélienne, documents d’entreprise, approbation de l’investissement par l’organisme compétent type SIEX ou Centre International d’Investissement Productif) ;

la provenance licite des fonds (relevés bancaires, attestations notariales) ;

– l’absence de casier judiciaire et un certificat médical.

Banques, Comptes et Gestion de Devises : un Casse-Tête Structurant

Le système bancaire vénézuélien reste profondément marqué par la crise, les contrôles de changes et l’hyperinflation passée. Même si certains contrôles ont été assouplis, ouvrir et gérer un compte, surtout comme étranger, exige de la préparation.

Difficultés d’accès aux comptes locaux

En théorie, les non-résidents peuvent ouvrir un compte dans une banque vénézuélienne, mais en pratique :

de nombreux établissements exigent une cédula (carte d’identité nationale) ou un titre de séjour pour ouvrir un compte ;

des expatriés rapportent avoir essayé, sans succès, pendant des années faute d’être citoyens ;

– des conditions plus souples existent parfois pour les étrangers sponsorisés par une entreprise locale ou disposant d’un visa de travail/investisseur.

8h30-15h30

C’est la plage horaire d’ouverture typique des banques majeures au Venezuela, du lundi au vendredi.

Pour une société, l’ouverture d’un compte professionnel nécessite généralement :

l’acte constitutif et les statuts enregistrés,

le RIF (identification fiscale),

– les documents d’identification des actionnaires et administrateurs,

des preuves d’adresse et, parfois, des références bancaires.

Multi-devises, dollarisation et solutions offshore

Dans un pays où la monnaie officielle, le bolívar, a perdu 99,9 % de sa valeur en quelques années, la dollarisation de fait est très avancée. Les transactions en USD ou en euros sont largement utilisées dans les grandes villes. On doit toutefois tenir compte de plusieurs contraintes :

écart souvent important entre le taux de change officiel et le marché parallèle ;

risques juridiques liés à l’utilisation de circuits non officiels ou à la détention de grosses sommes en liquide ;

faible fiabilité de certains services bancaires domestiques (pannes, manque de liquidités, restrictions techniques).

Exemple :

De nombreux entrepreneurs optent pour une structure financière mixte, combinant par exemple un financement par fonds propres pour assurer la stabilité à long terme et un prêt bancaire pour financer des investissements spécifiques ou le besoin en fonds de roulement. Cette approche permet de diversifier les sources de capitaux, d’optimiser les coûts de financement et de répartir les risques.

un compte local en bolívars (et éventuellement en devises, si possible) pour les opérations courantes, le paiement des salaires, des charges locales ;

des comptes offshore ou dans des juridictions plus stables pour sécuriser les excédents de trésorerie, facturer des clients internationaux et gérer les encaissements en devises ;

– éventuellement, des solutions fintech internationales (Wise, Payoneer, banques en ligne multi-devises) pour faciliter les paiements transfrontaliers, tant que les règles de sanctions et de conformité sont respectées.

Le recours à des cryptomonnaies (USDT, USDC, Bitcoin, etc.) s’est fortement développé comme moyen de contournement des restrictions bancaires et de protection contre l’inflation. Les estimations évoquent plus de 40 milliards de dollars de flux annuels via crypto pour des paiements ou des transferts au Venezuela. Pour un expatrié, cela peut constituer un outil de gestion de trésorerie intéressante, à condition de bien maîtriser les risques de conformité, de volatilité et la perception des autorités.

Opportunités Sectorielles : Où un Expatrié Peut-il Créer de la Valeur ?

Dans un contexte aussi complexe, tous les secteurs ne se valent pas. Certains domaines nécessitent des capitaux colossaux et une relation politique très fine (pétrole, grande mine, bancaire). D’autres se prêtent davantage à des initiatives entrepreneuriales d’expatriés, notamment dans les services, le numérique, l’agroalimentaire ou le tourisme.

Une économie encore très primaire… mais un secteur des services dominant

La structure du PIB vénézuélien illustre bien ces contrastes :

SecteurPart estimée du PIBPart de l’emploi
Agriculture≈ 5 %≈ 10,6 %
Industrie (incl. pétrole, manufacture)≈ 37,2 %≈ 18,5 %
Services≈ 51,7 %≈ 70,9 %

Pour un entrepreneur étranger, la priorité est d’identifier des niches où :

la demande intérieure solvable existe (classe moyenne dollarisée, entreprises privées, export) ;

l’offre locale est insuffisante ou obsolète ;

la dépendance à l’égard de l’État et des entreprises publiques est limitée.

Secteurs prometteurs pour un expatrié

Plusieurs domaines apparaissent comme particulièrement porteurs :

1. Technologies de l’information et services numériques Le pays dispose d’un vivier de développeurs, d’ingénieurs et de designers, dont beaucoup travaillent déjà à distance pour des clients étrangers. L’écosystème start-up se structure autour de la fintech, des solutions de paiement, de la blockchain, de la cybersécurité, du marketing digital, du design UX/UI. Un expatrié peut créer :

Structures d’Entreprises Tech

Trois modèles d’organisation clés pour soutenir et développer des projets technologiques, avec un accent particulier sur l’export et le marché vénézuélien.

Agence ou Studio Tech Export

Une structure spécialisée dans le développement et la prestation de services technologiques destinés principalement aux marchés internationaux.

Plateforme de Services Numériques

Une solution en mode SaaS proposant des outils spécialisés, tels que des systèmes de paiement ou des plateformes e-commerce.

Incubateur/Accélérateur avec Fonds

Un programme de soutien couplé à un fonds d’investissement dédié spécifiquement au financement de projets entrepreneurs vénézuéliens.

2. Agroalimentaire, cacao, fruits tropicaux, pêche Le pays importe encore près de 60 % de sa nourriture, alors même qu’il dispose de terres fertiles et d’un climat favorable à de nombreuses cultures (maïs, riz, café, cacao, bananes, légumes, élevage, pêche côtière). Des opportunités existent dans :

la production sous contrat (contract farming) de cacao premium, fruits tropicaux, crevettes pour l’export vers l’Europe ou l’Amérique du Nord ;

– la transformation agroalimentaire (produits à plus forte valeur ajoutée à partir de matières premières locales) ;

– les intrants et technologies agricoles (irrigation, serres, agro-tech).

3. Tourisme et hospitalité Malgré les alertes sécuritaires, le pays reste doté de paysages spectaculaires : Andes, plages caraïbes, îles, Amazonie, tepuis. À moyen terme, une amélioration du climat politique pourrait relancer la demande touristique. En amont, les entrepreneurs peuvent :

Développement de l’offre touristique

Stratégies clés pour diversifier et professionnaliser l’offre touristique en ciblant des marchés spécifiques et en améliorant les services.

Préparer des offres ciblées

Développement d’offres spécialisées dans l’écotourisme, le tourisme d’aventure et le tourisme scientifique pour attirer une clientèle spécifique.

Développer des structures d’hébergement

Création de structures d’hébergement de petite capacité, haut de gamme et sécurisées pour une expérience premium.

Concevoir des services B2B

Mise en place de services pour tour-opérateurs étrangers incluant guides, logistique et plateformes de réservation dédiées.

4. Santé, éducation, services privés Le système public de santé et d’éducation est en grande difficulté. Une clientèle solvable se tourne vers des solutions privées pour l’enseignement, la formation professionnelle, la télémédecine, les cliniques spécialisées, la fourniture de médicaments. Des sociétés indiennes ou multinationales opèrent déjà dans la distribution pharmaceutique. Un expatrié peut envisager :

des centres de formation technique ou managériale,

– des plateformes de e-learning adaptées aux contraintes locales,

– des services médicaux privés ciblant les entreprises (check-ups, médecine du travail, télémédecine).

5. Logistique, entreposage, distribution La détérioration des infrastructures et les restrictions d’importation créent une forte demande pour des services de logistique internes efficaces, de gestion d’entrepôts, de distribution sous température contrôlée, d’optimisation de flux entre ports (La Guaira, Puerto Cabello, Maracaibo) et grands centres urbains.

Bon à savoir :

Dans un contexte réglementaire et fiscal complexe, avec des enjeux de sanctions internationales, il existe un marché porteur pour les services de conseil, d’audit, de conformité, de cybersécurité et de gestion des risques destinés aux entreprises.

Zones Économiques Spéciales et incitations

Pour attirer des investissements dans certains territoires stratégiques (La Tortuga, Paraguaná, La Guaira, Nueva Esparta…), le gouvernement a créé des Zones Économiques Spéciales offrant des régimes avantageux, notamment pour :

les projets orientés export (remboursement total de l’impôt sur les bénéfices pendant les quatre premières années d’activité) ;

les opérations nécessitant des importations d’intrants (remboursement complet des droits de douane sur les composants réexportés).

La Loi pour la Promotion et le Développement des Nouveaux Entreprises prévoit par ailleurs des allègements pour les micro-entreprises et startups, comme :

exonérations partielles ou totales de certains impôts directs pour les petites structures en dessous d’un seuil de chiffre d’affaires,

– exemption de frais d’enregistrement auprès du SAREN,

– accès à des financements publics via un Fonds National de l’Entrepreneuriat.

Près de 1,4 million de projets se seraient inscrits au Registre National de l’Entrepreneuriat, signe d’un dynamisme entrepreneurial malgré le contexte.

Culture d’Affaires : le Relationnel avant le Contractuel

Tout expatrié qui réussit au Venezuela insiste sur un point : rien ne fonctionne sans relations personnelles solides. Aucune présentation PowerPoint, aucun business plan, même brillant, ne remplace la confiance humaine que l’on tisse au fil de déjeuners, de visites et de coups de téléphone.

Construire la confiance

La culture vénézuélienne est chaleureuse, expressive, à forte orientation relationnelle. Dans le monde des affaires :

les relations se construisent entre individus, pas entre sociétés abstraites ;

les recommandations et introductions via des tiers (ambassades, chambres de commerce, cabinets locaux, réseaux familiaux) sont décisives pour accéder aux décideurs ;

– la famille occupe une place centrale ; parler de ses proches, de sport, de gastronomie constitue une bonne entrée en matière.

Les premières réunions servent rarement à “conclure” un deal. Elles visent plutôt à sentir la personne, son sérieux, sa loyauté, sa capacité à tenir parole. Le ton est d’abord formel (titres académiques, costume, sobriété), puis peut devenir plus détendu au fil des rencontres.

Négociation et prise de décision

Les négociations tendent à être :

Exemple :

Les négociations commerciales avec la Chine sont souvent longues et séquencées, impliquant plusieurs rendez-vous et parfois plusieurs voyages pour les interlocuteurs étrangers. Elles sont centrées sur le long terme et la construction d’une relation durable plutôt que sur l’obtention de gains rapides. Bien qu’elles puissent paraître coopératives, elles se caractérisent par une grande difficulté à faire des concessions sans obtenir une contrepartie significative.

Il est couramment admis que le prix peut évoluer de 25 à 35 % entre la première offre et l’accord final. Il faut donc prévoir une marge de manœuvre pour les concessions et exiger systématiquement une contrepartie à chaque mouvement.

La structure des entreprises reste fortement hiérarchique, souvent familiale. Le décideur ultime se situe au sommet de la pyramide, et il peut être difficile d’y accéder sans passer par des intermédiaires influents. Les subalternes sont parfois réticents à prendre des responsabilités, préférant renvoyer aux supérieurs.

Astuce :

Les accords verbaux et les promesses personnelles ont une réelle importance en France, même s’il est essentiel de formaliser les engagements par un contrat écrit. Il convient de noter qu’un contrat signé n’implique pas nécessairement une exécution rigide et immuable. Une certaine flexibilité dans l’interprétation et l’application des termes est souvent attendue culturellement, notamment si la relation entre les parties évolue ou si le contexte change.

Étiquette, communication et codes

Dans les échanges professionnels :

ponctualité : mieux respectée qu’on ne le croit souvent en Amérique latine pour les affaires, même si la “hora venezolana” reste une réalité sociale. Arriver à l’heure, voire légèrement en avance, est une marque de respect ;

– salutations : poignée de main ferme, contact visuel direct, sourire, usage du titre (Señor, Doctora, Ingeniero + nom de famille) ;

– cartes de visite : idéalement bilingues, avec les qualifications professionnelles, à présenter côté espagnol visible ; on les lit avec attention avant de les poser sur la table ;

– style de communication : très non verbal, expressif, peu conflictuel en apparence. On évite les confrontations frontales, les critiques directes, les sujets sensibles (politique, religion, orientation sexuelle, rôle des États-Unis en Amérique latine).

L’usage de l’espagnol, même rudimentaire, est un atout considérable pour instaurer la confiance. Beaucoup d’acteurs économiques parlent un anglais correct, en particulier dans les milieux technologiques, mais montrer l’effort de parler la langue locale sera immédiatement apprécié.

Sécurité, Conformité et Gestion des Risques pour Expatriés

Aucun projet entrepreneurial au Venezuela ne devrait être envisagé sans une réflexion profonde sur la gestion du risque, tant personnel que juridique et opérationnel.

Sécurité personnelle et mobilité

Les alertes officielles de plusieurs pays, dont les États-Unis, déconseillent tout voyage non essentiel au Venezuela. Les raisons sont connues :

taux d’homicides parmi les plus élevés au monde ;

enlèvements (y compris avec involvement ponctuel de faux policiers ou militaires) ;

– criminalité armée dans les zones urbaines, y compris aux abords de banques, distributeurs et centres commerciaux ;

– tensions accrues dans la zone frontalière avec la Colombie, où opèrent des groupes armés (FARC-EP, ELN, dissidences) impliqués dans le narcotrafic, les extorsions et le contrôle de territoires.

Concrètement, pour un expatrié :

Attention :

Les déplacements doivent être limités aux zones nécessaires avec un accompagnement local fiable. Les trajets de nuit, notamment depuis ou vers l’aéroport de Maiquetía, sont fortement déconseillés. Il est préférable d’utiliser des services de chauffeur privés de confiance plutôt que des taxis de rue.

Conformité, sanctions et droit international

Le Venezuela fait l’objet de sanctions internationales, en particulier américaines, centrées sur certaines entités publiques (PDVSA, Banque centrale, responsables politiques, etc.). Des licences générales et spécifiques existent néanmoins pour permettre certains types de transactions, notamment dans les domaines humanitaires, des télécommunications, de la santé ou pour des restructurations financières.

Les entrepreneurs issus de pays appliquant ces sanctions doivent :

vérifier systématiquement que leurs partenaires, fournisseurs ou clients ne figurent pas sur les listes de sanctions ;

consulter des avocats spécialisés pour structurer leurs flux financiers, leurs contrats de prestation et leurs relations avec des entités publiques ou parapubliques ;

– documenter les justifications économiques et de conformité de leurs opérations en cas de contrôle ultérieur.

Bon à savoir :

Le droit vénézuélien étant territorial, des activités exercées depuis l’étranger mais bénéficiant à des clients au Venezuela peuvent être considérées comme générant un revenu de source vénézuélienne, ce qui entraîne des implications fiscales.

Comptabilité, audits et documentation

La rigueur documentaire est une assurance précieuse dans un environnement où l’administration fiscale peut décider de contrôler intensément certains contribuables :

obligation de tenir des livres comptables (journal, grand livre, inventaire) et de les conserver au moins dix ans ;

– désignation obligatoire d’un commissaire aux comptes pour les sociétés, chargé de surveiller la production des états financiers annuels ;

– sanctions importantes en cas de non-tenue des livres (amendes calculées sur la base de multiples de l’unité de change de référence de la Banque centrale).

Pour un expatrié, s’appuyer sur un cabinet local reconnu (type Big Four ou cabinet membre de réseaux internationaux) est un investissement qui limite fortement les risques, notamment pour des sujets sensibles comme la TVA, les retenues à la source, les prix de transfert ou les flux avec des juridictions à fiscalité privilégiée.

Trouver un Local ou un Bureau : Panorama du Marché à Caracas

Le choix du lieu d’implantation physique est un autre paramètre stratégique, particulièrement à Caracas, principal centre économique.

Les offres de bureaux à la location vont de petits espaces de moins de 20 m² à des plateaux de plus de 600 m² dans des tours modernes. Les loyers sont généralement libellés en dollars.

Type de local à CaracasSurface approximativeLoyer mensuel (USD)Quartier
Petite bureautique~19–45 m²350 – 1 200El Rosal, Bello Monte
Bureau moyen~55–150 m²500 – 1 800Chacao, Las Mercedes, CCCT
Plateau complet360–600 m²3 500 – 25 000La Castellana, Chacao, tours corporatives
Grand ensemble aménagé>1 000 m²7 000 et pluszones corporatives à l’est de la ville

Les annonces mettent souvent en avant :

Avantages de l’immobilier d’entreprise

Découvrez les principaux atouts qui garantissent un environnement professionnel sécurisé, accessible et entièrement équipé.

Sécurité et sûreté

Gardiennage 24h/24, contrôle d’accès strict, générateurs électriques de secours et réserve d’eau dédiée.

Accessibilité et transport

Proximité immédiate des stations de métro et des principaux axes autoroutiers urbains.

Services inclus

Climatisation centrale, salles de réunion équipées, parkings privés, mobilier de bureau et connexion internet haut débit.

Pour un expatrié qui démarre, il peut être plus pertinent d’opter pour : des solutions adaptées à ses besoins spécifiques, notamment en matière de logement, de fiscalité et d’intégration dans le pays d’accueil.

un espace de coworking (type Impact Hub Caracas, autres centres répertoriés sur des plateformes comme Coworker) ;

un petit bureau meublé dans un centre d’affaires incluant réception, salles de réunion, et services administratifs partagés.

Cela permet de réduire les coûts fixes, de gagner en flexibilité et de s’intégrer plus vite à un réseau local de professionnels.

Stratégie d’Implantation : Tester, Sécuriser, Puis Accélérer

Créer une entreprise au Venezuela n’a rien à voir avec un lancement dans une économie stable. Il est essentiel d’adopter une logique progressive, en plusieurs phases.

1. Exploration à distance et partenariats locaux Avant de se déplacer, il est possible de :

tester le marché à travers des études, des sondages en ligne, des collaborations pilotes avec des freelances ou des prestataires locaux (par exemple dans l’IT ou le marketing) ;

identifier un partenaire de confiance (cabinet d’avocats, chambre de commerce, consultant local) qui jouera le rôle de “guide” dans le paysage administratif et relationnel.

2. Implantation légère : EOR, bureau de représentation, coworking Plutôt que de créer d’emblée une filiale avec une équipe importante, un entrepreneur peut :

Bon à savoir :

Pour valider votre proposition de valeur et développer une clientèle à l’étranger, deux approches sont recommandées : recourir à un Employer of Record pour embaucher légalement des collaborateurs-clés (développeurs, commerciaux, chef de projet), et opter pour un espace de travail flexible comme un coworking ou un petit bureau partagé.

3. Formalisation : constitution de la société, visa investisseur, comptes bancaires Une fois le modèle validé et un flux de revenus suffisant établi, vient le moment de :

constituer une S.A. ou une S.R.L., en choisissant soigneusement la structure du capital entre partenaires étrangers et locaux ;

déposer un plan d’investissement qui permettra d’ouvrir la voie à un visa TR-I pour le fondateur expatrié ;

– organiser une structure bancaire multi-juridictions pour sécuriser la trésorerie.

4. Montée en puissance : industrialisation et diversification Avec un socle solide, la société peut :

investir dans des installations plus lourdes (usine, entrepôt, centre de services partagé) ;

étendre ses activités à d’autres régions du pays, en bénéficiant éventuellement des incitations des Zones Économiques Spéciales ;

– explorer des synergies d’export vers d’autres marchés latino-américains via la position géographique du pays (accès Caraïbes, canal de Panama, Brésil et Colombie).

À chaque étape, l’élément critique reste la gestion du risque. Cela implique de :

diversifier les sources de revenus (clients locaux et étrangers, contrats en devises et en bolívars) ;

maintenir des réserves de trésorerie suffisantes en devises fortes hors du pays ;

– procéder à des revues régulières de conformité et de sécurité.

En Conclusion : un Marché pour Entrepreneurs Ultra-Résilients

Créer son entreprise au Venezuela en tant qu’expatrié n’a rien d’un projet “clé en main”. C’est une démarche réservée à des profils très aguerris, capables de conjuguer :

Compétences Clés pour les Marchés Complexes

Ensemble de capacités essentielles pour naviguer et réussir dans des environnements économiques et réglementaires difficiles.

Analyse des Risques

Capacité d’analyse froide des risques macroéconomiques, politiques et sécuritaires.

Patience et Réseautage

Patience dans les démarches administratives et la construction de réseaux de confiance.

Créativité et Adaptation

Créativité pour adapter les modèles économiques à un environnement très volatil.

Exigence de Conformité

Exigence absolue en matière de conformité juridique et fiscale.

En échange, le pays offre quelque chose de rare : la possibilité de bâtir des positions fortes dans des marchés encore loin d’être saturés, d’accéder à un capital humain technique solide, et de participer à la reconstruction d’une économie aux ressources naturelles hors normes.

Pour un expatrié prêt à adopter une stratégie prudente, à tester progressivement, à s’entourer des bons partenaires locaux et à penser long terme, le Venezuela peut devenir bien plus qu’un pari risqué : un laboratoire entrepreneurial unique en son genre.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français de 45 ans, expérimenté, avec un patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait diversifier ses activités en créant une société au Venezuela pour optimiser sa fiscalité internationale et développer une activité de holding ou de services numériques (IT/tourisme) tournée vers l’Amérique latine.

Budget alloué : 50000 à 100000 €, couvrant capital initial, frais de création, conseil juridique local et mise en place opérationnelle, sans recours au crédit. Après étude de plusieurs juridictions régionales (Panama, Uruguay, Venezuela), la stratégie retenue a consisté à créer une SRL (société à responsabilité limitée), forme la plus courante et flexible pour les non-résidents, avec une fiscalité locale optimisable via conventions internationales et accès facilité au marché latino-américain. La mission a inclus : choix du secteur porteur (IT nearshore, immobilier touristique, services externalisés), vérification du nom, rédaction des statuts en espagnol, dépôt du capital en banque locale, enregistrement au registre du commerce, obtention du RIF et immatriculation TVA, mise en relation avec un réseau (avocat, comptable, domiciliation ~3000 €/an) et structuration de la gouvernance (gérant français ou local), tout en gérant les risques spécifiques (instabilité réglementaire, contrôle des changes, sécurité juridique) dans une stratégie patrimoniale globale de diversification internationale.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :