S’installer au Venezuela avec son chien ou son chat n’a rien d’un déménagement classique. Entre les règles sanitaires d’INSAI, les contraintes de transit, l’état du marché local de l’alimentation animale et la réalité économique du pays, partir mal préparé peut vite tourner au casse‑tête. À l’inverse, un projet anticipé, documents en ordre et itinéraire bien choisi permet de traverser les formalités sans drame pour vous… ni stress excessif pour votre compagnon.
Comprendre le cadre général avant d’embarquer son animal
Le Venezuela autorise l’importation d’animaux de compagnie, mais dans un cadre étroitement contrôlé pour des raisons sanitaires et de sécurité publique. L’organisme clé s’appelle l’Instituto Nacional de Salud Agrícola Integral (INSAI), qui supervise aussi bien l’entrée que la sortie des animaux.
Le Venezuela est classé à haut risque rabique par l’OMS animale. Le pays traverse une crise économique avec hyperinflation, pénuries et un marché de l’alimentation animale fragilisé. Pour les animaux de compagnie, la seule porte d’entrée aérienne est l’aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía, desservant Caracas.
Autrement dit, la question n’est pas seulement “comment faire entrer mon animal ?”, mais aussi “comment assurer sa santé et sa nourriture une fois installé sur place ?”.
Quelles espèces peut‑on importer au Venezuela ?
Les règles vénézuéliennes visent d’abord les chiens et les chats, y compris les animaux d’assistance et de service. Pour ces derniers, les exigences sanitaires restent similaires, même si des facilités existent parfois côté compagnies aériennes.
Pour les oiseaux, poissons tropicaux, reptiles, amphibiens, rongeurs et lapins, la vaccination antirabique n’est pas exigée. Cependant, un certificat sanitaire reste obligatoire et certaines de ces catégories animales sont strictement interdites d’entrée sur le territoire.
Le tableau suivant résume les grandes lignes des autorisations par type d’animal.
| Type d’animal | Statut général d’entrée au Venezuela |
|---|---|
| Chiens domestiques | Autorisés sous conditions sanitaires strictes |
| Chats domestiques | Autorisés sous conditions sanitaires strictes |
| Chiens d’assistance / d’appui émotionnel | Autorisés, soumis aux mêmes règles sanitaires |
| Oiseaux de compagnie (non rapaces) | Possible, certificat sanitaire + vérification CITES |
| Poissons d’aquarium | Possible, avec certificat sanitaire |
| Reptiles de compagnie (tortues, lézards…) | Possible, sous conditions + éventuels permis CITES |
| Petits mammifères (rongeurs, lapins) | Importation généralement interdite pour raisons sanitaires |
| Oiseaux de proie et hybrides | Interdits |
| Bats (chauves‑souris) | Interdits |
À ces restrictions par espèce s’ajoutent les limites liées aux espèces protégées. Le Venezuela applique la convention CITES, qui encadre le commerce international de nombreuses espèces sauvages, dont certaines tortues, oiseaux exotiques ou reptiles. Si votre animal peut relever de cette convention, il est impératif de vérifier au cas par cas les permis nécessaires.
Chiens catégorisés et races sensibles : ce qu’il faut savoir
Le cadre juridique vénézuélien est flou sur la question des races interdites. D’un côté, certaines sources officielles expliquent que le pays ne publie pas de liste de races proscrites et que le propriétaire reste seul responsable du comportement de son chien. De l’autre, plusieurs textes et compagnies de transport font référence à une série de races réputées dangereuses, dont l’importation serait, au minimum, fortement découragée.
Certaines races de chiens, comme l’American Pit Bull Terrier, le Bull Terrier, le Staffordshire Bull Terrier, l’American Staffordshire Terrier, le Dobermann, le Rottweiler, le Dogue argentin, le Fila brasileiro et le Tosa japonais, sont souvent considérées comme problématiques pour le transport. Malgré une réglementation nationale parfois imprécise, de nombreuses compagnies aériennes imposent des conditions strictes (caisses renforcées, muselières) ou refusent catégoriquement leur transport en soute.
Par ailleurs, les hybrides issus de loups ou de chats sauvages (type Savannah ou Bengal) ne sont acceptés qu’à condition d’être éloignés d’au moins cinq générations de l’ancêtre sauvage, ce qui doit être démontré.
Dans ce contexte, voyager avec un chien de grand gabarit ou réputé dangereux nécessite de recouper les informations avec l’ambassade ou le consulat vénézuélien, mais aussi avec chaque compagnie aérienne empruntée. L’anticipation est ici la meilleure protection contre un refus d’embarquement.
Microchip, identification et “passeport” vénézuélien
Le Venezuela ne rend pas le microchip systématiquement obligatoire, mais le recommande fortement. Pour tout trajet impliquant l’Union européenne ou certains pays tiers, la puce devient de fait indispensable.
Pour garantir une identification fiable, la puce électronique doit être aux normes ISO 11784/11785 et comporter un numéro à 15 chiffres. Son implantation doit être effectuée exclusivement par un vétérinaire ou un professionnel spécifiquement formé. La documentation délivrée doit clairement indiquer le numéro de la puce et les coordonnées de son fabricant. En cas de puce non conforme à la norme ISO, le propriétaire a l’obligation de fournir un lecteur adapté lors de tout contrôle d’identification.
En pratique, le “passeport” pour le Venezuela n’est pas un livret officiel comme pour l’UE, mais un dossier de documents à présenter à l’arrivée : certificat antirabique, certificat de santé international, justificatifs de traitements, preuves de propriété, et, le cas échéant, résultats de titrage rabique et permis CITES. Le terme de pet passport utilisé par certains prestataires privés renvoie à ce dossier complet.
Vaccinations obligatoires et recommandées
L’exigence centrale pour les chiens comme pour les chats reste la vaccination antirabique. L’animal doit être âgé d’au moins trois mois pour recevoir ce vaccin et le délai légal d’entrée se situe entre 30 jours et 12 mois après l’injection.
Le tableau ci‑dessous résume les principales obligations et recommandations vaccinales.
| Espèce | Obligatoire pour l’entrée au Venezuela | Vaccins fortement recommandés |
|---|---|---|
| Chien | Rage (injection entre J+30 et J+365 avant l’arrivée) | Distemper, hépatite, leptospirose, parvovirose |
| Chat | Rage (mêmes délais) | Rhinotrachéite virale féline, panleucopénie, leucose |
La preuve de vaccination peut figurer sur un certificat antirabique spécifique, un carnet de vaccination officiel du pays d’origine ou, pour les animaux venant de l’UE, sur le passeport européen. Dans tous les cas, la mention du numéro de lot, de la date d’injection et de la durée de validité du vaccin doit être lisible et tamponnée par le vétérinaire.
Âge minimum en mois requis pour qu’un chiot ou un chaton non vacciné puisse être admis à l’embarquement, incluant le délai post-vaccination contre la rage.
Test sérologique antirabique : utile même s’il n’est pas exigé
Contrairement à l’Union européenne, le Venezuela ne demande pas de titrage antirabique aux chiens et chats à l’entrée. Pourtant, la situation sanitaire du pays, classé à haut risque rabique, et la perspective d’un éventuel retour dans le pays d’origine rendent ce test fortement conseillé.
Pour les animaux provenant ou transitant par l’UE, un test d’anticorps antirabiques effectué dans un laboratoire agréé OIE peut être exigé par la réglementation européenne. Cette exigence ne s’applique pas si l’animal est déjà en possession d’un passeport européen valide et conforme.
Le titrage ne dispense jamais de la vaccination elle‑même, mais il constitue une assurance en cas de changement de projet, de retour anticipé ou de renforcement soudain des exigences du pays d’accueil ou du pays de retour.
Certificat de santé international : cœur du dossier
Tous les animaux entrant au Venezuela doivent être accompagnés d’un certificat de santé international (Certificate of Veterinary Inspection). Ce document reprend l’identité de l’animal (espèce, race, âge, sexe, couleur, numéro de microchip), la liste des vaccinations, les traitements antiparasitaires éventuels et, surtout, l’attestation du vétérinaire indiquant que l’animal est sain, apte au voyage et ne présente pas de signes de maladies contagieuses.
Plusieurs caractéristiques techniques sont cruciales :
Pour importer un animal au Venezuela, un certificat vétérinaire spécifique est requis. Celui-ci doit être établi ou contresigné par un vétérinaire officiel de l’autorité vétérinaire du pays d’origine. Le document doit être rédigé en double exemplaire, les deux copies devant être signées. Sa validité est limitée à 30 jours après la date de signature. Enfin, le certificat doit être authentifié par le consulat ou l’ambassade du Venezuela situé dans le pays de départ de l’animal.
Pour les voyageurs en provenance des États‑Unis, le document doit être rempli par un vétérinaire accrédité USDA, puis validé par un bureau régional d’APHIS. Un système électronique (VEHCS) permet aujourd’hui de soumettre le certificat en ligne pour endorsement, ce qui réduit les délais mais impose une grande rigueur dans la complétude du dossier.
Traitements antiparasitaires et autres précautions sanitaires
Les autorités vénézuéliennes ne rendent pas les traitements antiparasitaires obligatoires à l’entrée, mais la plupart des guides et vétérinaires les recommandent fortement. Il s’agit à la fois de protéger l’animal et de limiter la dissémination de certains parasites sur le territoire.
On distingue généralement deux catégories :
– les traitements internes, notamment contre Echinococcus multilocularis, un ténia pouvant être transmis à l’humain ;
– les traitements externes, visant puces et tiques, fréquentes dans les zones tropicales.
Les soins administrés à l’animal doivent être inscrits sur son certificat de santé, avec la date et le nom du produit utilisé. Ces mentions sont souvent exigées par les compagnies de transport ou les pays de transit pour autoriser l’embarquement.
Formalités à l’arrivée : contrôle vétérinaire et permis sanitaire
Tous les animaux doivent arriver par voie aérienne à l’aéroport de Maiquetía. À l’atterrissage, ils sont soumis à un contrôle documentaire et sanitaire par un vétérinaire mandaté par l’INSAI. Il est recommandé d’avoir signalé à l’avance l’arrivée de l’animal, en particulier si le vol opère hors des heures de bureau.
Lors de ce contrôle, le vétérinaire vérifie : les signes de maladie, l’état général de l’animal, les vaccinations, le poids, la peau et le pelage.
– la conformité des certificats de santé et de vaccination ;
– l’identité de l’animal (apparence, éventuellement microchip) ;
– l’absence de signes de maladie transmissible à l’humain.
Si l’animal importé semble en mauvaise santé, les autorités peuvent exiger un examen approfondi ou une mise en quarantaine. Les frais liés à ces contrôles supplémentaires sont intégralement à la charge du propriétaire de l’animal.
Un permis sanitaire de mobilisation des animaux est par ailleurs requis pour la circulation sur le territoire. Il se matérialise par une formalité à l’aéroport et le versement d’un montant basé sur l’Unité Fiscale (UT) sur un compte d’INSAI. Ce permis est distinct du certificat de santé international et dépend du droit interne vénézuélien.
Quarantaine : quand le risque devient réalité
Le Venezuela n’applique pas de quarantaine systématique pour les animaux qui respectent l’ensemble des conditions d’entrée. En revanche, trois situations peuvent entraîner une mise à l’isolement :
– documents manquants, incomplets ou périmés ;
– suspicion de maladie contagieuse à l’arrivée ;
– non‑respect manifeste des exigences de vaccination.
Dans les cas les plus graves, la réglementation prévoit la possibilité de renvoyer l’animal vers son pays d’origine, voire d’ordonner son euthanasie. Ce scénario extrême n’est envisagé qu’en cas de risques sanitaires majeurs et d’impossibilité de solutions alternatives, soulignant l’importance cruciale d’un dossier parfaitement tenu.
Choisir son vol et sa compagnie : un enjeu majeur pour les animaux
Les règles nationales ne suffisent pas : chaque compagnie aérienne applique ses propres contraintes de poids, de taille, de race et de type de transport (cabin, soute ou fret). Or plusieurs compagnies majeures desservent le Venezuela et proposent, avec plus ou moins de souplesse, des services pour animaux.
Le tableau ci‑dessous donne un aperçu synthétique de quelques grandes lignes, qui peuvent évoluer et doivent donc être confirmées au moment de la réservation.
| Compagnie | Transport cabine (chiens/chats) | Transport en soute | Particularités pour le Venezuela |
|---|---|---|---|
| Avianca | Oui, jusqu’à 10 kg (conteneur inclus), >4 mois | Oui, jusqu’à 70 kg (cage incluse) | Vers le Venezuela : animaux en soute seulement, sauf chiens d’assistance |
| Copa Airlines | Chiens/chats de petite taille seulement | Pas de programme fret standard vers tous pays | La cage remplace un bagage cabine |
| Iberia | Chiens, chats, poissons, tortues, certains oiseaux | Soute possible sauf races brachycéphales et dites dangereuses | Réservation 48 h à l’avance, liste de races interdites en soute |
| LATAM | Cabine ou soute selon poids | Limite de 32 kg vers le Venezuela | Races brachycéphales exclues de la soute |
| Venezolana / RAV | Cabine jusqu’à 6 kg, soute jusqu’à 32 kg | Oui, avec caisse étanche et absorbante | Exclut de nombreuses races brachycéphales, exige documents originaux + copies |
| Conviasa, Avior… | Politiques variables, souvent proches des acteurs régionaux | Généralement oui, sous conditions | Vérification impérative avant achat des billets |
Deux contraintes reviennent systématiquement : les chiens et chats brachycéphales (nez écrasé) sont rarement acceptés en soute, en raison des risques respiratoires, et le nombre d’animaux par vol est limité. Il est donc prudent de réserver très tôt, d’autant plus que certains appareils des flottes régionales disposent de capacités cargo modestes.
Pour le transport d’un animal, il est recommandé de choisir un vol direct ou avec une escale courte sans changement de compagnie aérienne. Cette option limite le stress de l’animal et évite de devoir refaire des formalités administratives dans les pays de transit, ce qui est particulièrement avantageux pour les voyages au sein de l’Union européenne.
Voyager avec son animal depuis ou via l’Union européenne
Une partie des expatriés rejoignent le Venezuela depuis l’UE ou via un hub européen. Dans ce cas, les exigences de l’UE s’ajoutent à celles du pays d’arrivée. L’animal devra alors :
Pour voyager dans l’Union européenne, votre animal doit obligatoirement être identifié par une puce électronique conforme aux normes européennes et être vacciné contre la rage selon la réglementation communautaire. Selon votre destination, il peut également être nécessaire de présenter un certificat de transit équivalent à celui exigé pour une entrée définitive dans l’espace UE.
Si l’escale se fait dans un pays appliquant strictement la législation européenne, les mêmes règles que pour une importation classique peuvent s’appliquer, même si le Venezuela est la destination finale. Cette complexité pousse de nombreux spécialistes à recommander, lorsque c’est possible, un itinéraire sans escale en Europe.
Conditions de vie et alimentation animale au Venezuela
Même parfaitement en règle à l’entrée, un animal de compagnie ne vivra pas dans le même contexte que dans la plupart des pays occidentaux. L’économie vénézuélienne est frappée par une inflation très élevée et par des pénuries chroniques de matières premières, ce qui pèse directement sur la filière de la nourriture pour animaux.
Pour un salarié au salaire minimum, un kilo de croquettes pour chien représente l’équivalent de dix à vingt jours de travail.
Conséquence directe, une grande partie des ménages se tournent vers des solutions de substitution : restes de table, préparations maison à base de bas morceaux de poulet, voire aliments destinés au bétail. Cette situation a un impact tangible sur la santé animale : la ration calorique moyenne pour les animaux de compagnie est estimée à seulement 25 grammes par jour, l’une des plus basses d’Amérique du Sud, et les cas de malnutrition comme les abandons se multiplient.
Pour les expatriés ayant un pouvoir d’achat élevé, trouver des marques internationales ou premium est possible, mais l’approvisionnement peut être complexe. Il faut anticiper des ruptures de stock fréquentes, des délais de plusieurs mois pour des produits spécifiques, et une dépendance aux circuits d’importation parallèle ou à la vente en ligne.
Le tableau suivant permet de visualiser quelques tensions structurelles du marché.
| Aspect du marché de la petfood au Venezuela | Situation actuelle résumée |
|---|---|
| Production locale | Fonctionne au minimum, pénuries récurrentes de matières premières |
| Prix relatifs | Très élevés au regard des revenus moyens, hyperinflation |
| Offre en marques | Quelques marques nationales ou sous licence dominent |
| Accès aux marques premium/importées | Possible pour les ménages aisés, très irrégulier et coûteux |
| Conséquence sur la nutrition animale | Rations réduites, substitution par restes de table et aliments non adaptés |
| Impact sur la population animale | Baisse du nombre de chiens et chats, hausse des abandons et décès liés à la malnutrition |
Ces éléments incitent à une double prudence pour les nouveaux arrivants :
– prévoir une réserve initiale de nourriture adaptée à son animal, pour amortir les premiers mois ;
– se renseigner rapidement sur les points de vente fiables, qu’il s’agisse de grandes surfaces, d’animaleries spécialisées ou de plateformes comme MercadoLibre.
Soins vétérinaires et réseau de cliniques
L’accès aux soins vétérinaires dépend fortement de la ville d’installation. Dans les grands centres urbains comme Caracas, Maracaibo ou Valencia, on trouve des cliniques bien équipées, capables de fournir de la médecine préventive, des chirurgies, des soins dentaires et parfois des services spécialisés (cardiologie, dermatologie, ophtalmologie).
Des structures disposant de personnel parlant anglais existent, ce qui peut faciliter les premiers contacts pour les expatriés. Des établissements comme certaines cliniques de Caracas ou Valencia se sont faits connaître pour accompagner une clientèle internationale, notamment via des forums ou des annuaires d’expatriés.
Dans les zones rurales ou les petites villes, l’offre de soins vétérinaires est limitée et les équipements peuvent être rudimentaires. Pour des problèmes complexes, il est souvent nécessaire de se déplacer vers une grande ville, ce qui implique d’anticiper la logistique et les coûts liés au transport de l’animal.
Par ailleurs, la présence importante d’animaux errants, en particulier dans les grandes agglomérations, augmente le risque de maladies infectieuses (dont la rage) et de traumatismes lors de bagarres. La vaccination à jour et l’usage de la laisse en milieu urbain ne relèvent pas uniquement du civisme, mais bien d’une stratégie de prévention.
Logement, lieux “pet friendly” et vie quotidienne
Malgré les difficultés économiques, les animaux de compagnie restent très présents dans les foyers vénézuéliens, où ils sont souvent considérés comme des membres à part entière de la famille. Le secteur de l’hébergement s’est progressivement adapté à cette réalité, notamment à Caracas et dans les grandes destinations touristiques (Mérida, Isla de Margarita, certaines zones de montagne ou de plage).
Plusieurs centaines de logements en location courte durée acceptent les animaux, souvent bien équipés. Certains hôtels de chaîne les autorisent aussi, avec un supplément et des restrictions de taille. Les règles communes incluent la laisse dans les espaces partagés, l’accès limité à certains équipements (restaurants, piscines) et des frais de ménage majorés.
Dans la pratique, les petites posadas, lodges de montagne ou auberges de bord de mer sont souvent plus souples que les grandes chaînes : jardins clos, accès facile aux espaces extérieurs, ambiance familiale où la présence d’animaux est mieux intégrée. Chaque établissement définit toutefois ses propres limites de poids, de nombre d’animaux par chambre et de zones autorisées.
Pour un projet d’expatriation, il est prudent de vérifier noir sur blanc la politique “pet friendly” du logement de longue durée ou temporaire, en s’assurant que les voisins et la copropriété ne posent pas de restriction particulière.
Sécurité, risques sanitaires et obligations locales
La législation vénézuélienne en matière de protection animale repose sur une loi spécifique adoptée en 2010. Elle consacre le principe d’un traitement respectueux des animaux et prévoit des sanctions en cas de maltraitance avérée, même si, dans les faits, l’application peut être inégale.
Les propriétaires d’animaux doivent les vacciner (notamment contre la rage), les tenir en laisse ou dans un enclos sécurisé dans l’espace public, et les enregistrer auprès des autorités locales en présentant le carnet de vaccination, même si le contrôle de ce dispositif varie selon les municipalités.
Dans un environnement où coexistent animaux de compagnie bien intégrés, chiens de garde et population errante, respecter ces règles élémentaires de sécurité permet de limiter les accidents et les morsures. Les expatriés ont tout intérêt à se rapprocher rapidement d’un vétérinaire local pour se faire expliquer les codes implicites du quartier : parcs à éviter, horaires plus sûrs pour promener son chien, précautions à prendre en présence de meutes de chiens libres.
Faut‑il recourir à un professionnel de la relocation animale ?
Au regard de la complexité du dossier – combinaison de règles du pays de départ, du pays de transit, du Venezuela et des compagnies aériennes –, de nombreuses familles choisissent de confier tout ou partie des démarches à des sociétés spécialisées. Plusieurs acteurs internationaux opèrent sur le marché latino‑américain, certains depuis plusieurs décennies, avec des services allant du simple conseil documentaire à la prise en charge “porte à porte” incluant caisse de transport, démarches vétérinaires et réservation cargo.
Ces prestataires sont conformes aux standards IATA et à la législation sur le bien-être animal. Ils connaissent les interlocuteurs de l’INSAI et maîtrisent les exigences variables des compagnies aériennes. Leur expertise est particulièrement précieuse pour les cas complexes (grands chiens, races sensibles, itinéraires à escales multiples, familles en mutation professionnelle), car elle réduit significativement les risques de blocage de dernière minute.
Le recours à ces services a évidemment un coût, généralement de plusieurs milliers de dollars pour une liaison intercontinentale, mais il peut être mis en balance avec le prix d’un aller‑retour d’urgence, de nuits supplémentaires à l’hôtel et, surtout, avec le stress évité pour l’animal comme pour le propriétaire.
Anticiper le retour ou un futur déménagement
Un point souvent négligé par les expatriés concerne le “sens retour”. Une fois installé au Venezuela avec un animal, il devient plus complexe de repartir vers certains pays, notamment ceux qui considèrent le Venezuela comme à haut risque rabique.
Pour ramener un chien depuis un pays à risque vers les États‑Unis, celui-ci doit avoir au moins six mois, être identifié par une puce électronique, et présenter des preuves vaccinales complètes incluant un titrage antirabique. Une réservation dans un centre d’accueil agréé à l’arrivée est également obligatoire. Des réglementations tout aussi rigoureuses s’appliquent pour l’UE, le Royaume‑Uni et certains pays d’Asie.
Dès lors, il est judicieux, au moment même de l’installation, de prendre des décisions compatibles avec un éventuel retour : conserver un suivi vaccinal sans interruption, réaliser un titrage antirabique dès que possible, archiver soigneusement tous les documents vétérinaires et certificats, et vérifier régulièrement l’évolution des règles du futur pays de destination.
Construire un plan de route réaliste pour son animal
Réussir une expatriation avec un animal au Venezuela revient, en fin de compte, à combiner quatre dimensions :
1. la conformité stricte aux règles d’importation (certificats, vaccins, délais, identification) pour éviter toute mesure de quarantaine ou de refoulement ; 2. la maîtrise de la chaîne de transport, du choix de la compagnie aux caractéristiques de la caisse de transport, en passant par la gestion des escales ; 3. l’anticipation des conditions locales de vie : accès à la nourriture adaptée, au vétérinaire, à un logement acceptant les animaux ; 4. la préparation d’un éventuel scénario de retour ou de réexpatriation.
L’exportation d’un animal nécessite une préparation longue. Il faut compter plusieurs mois, en raison de la vaccination antirabique initiale, du délai légal de 30 jours qui suit, de la prise de rendez-vous vétérinaire officiel, de l’authentification consulaire, de la réservation d’un transport cargo adapté, et éventuellement des démarches auprès d’organismes comme CITES ou INSAI.
Dans un pays où la situation économique reste volatile et où l’offre vétérinaire varie fortement selon les villes, cette marge de manœuvre offre un atout précieux : la possibilité de corriger la trajectoire, de s’adapter aux changements de règle de dernière minute et, surtout, d’offrir à son compagnon à quatre pattes une transition la plus douce possible vers sa nouvelle vie au Venezuela.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Venezuela, Panama, Portugal, Uruguay), la stratégie retenue a consisté à cibler le Venezuela pour sa fiscalité relativement avantageuse sur les revenus extérieurs, l’absence d’impôt sur la fortune et des possibilités d’investissement immobilier à bas coût en devise locale, tout en prévoyant une sécurisation en devises fortes (USD/EUR). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat d’une résidence principale dans une zone sécurisée de Caracas, détachement CNAS/CPAM, transferts bancaires adaptés au contrôle des changes, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, sécurité, famille d’accueil bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration internationale des placements).
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