Tisser son réseau professionnel à l’étranger : comment s’y prendre en tant qu’expatrié au Venezuela

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Venezuela pour travailler, entreprendre ou lancer une carrière internationale, c’est entrer dans un environnement à la fois complexe, instable et extraordinairement relationnel. Dans ce pays où les liens personnels pèsent parfois plus lourd que les contrats, développer un réseau solide n’est pas un « plus » mais une condition de survie professionnelle.

Bon à savoir :

Pour réussir son networking au Venezuela, il faut combiner les codes locaux, caractérisés par la chaleur humaine et le respect de la hiérarchie, avec les outils du networking digital mondial comme LinkedIn et les communautés virtuelles de la diaspora. L’activité se déroule aussi bien en présentiel (bureaux, déjeuners) qu’en ligne.

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Comprendre le terrain : culture du lien et réalités du pays

Avant de penser stratégie, il faut saisir l’esprit du pays dans lequel on s’installe. Le Venezuela est une société à très forte intensité relationnelle. La famille y est la structure de base, la confiance se construit lentement, et les « enchufes » – ces connexions et intermédiaires qui ouvrent les portes – jouent un rôle clé dans la vie professionnelle.

Attention :

Dans un contexte de crise profonde, l’accès à une information fiable et l’intégration dans des cercles de confiance, souvent plus déterminants que les qualifications formelles, deviennent un avantage décisif et un filet de sécurité.

Dans le même temps, le pays reste connecté aux grandes dynamiques mondiales. Les grandes compagnies pétrolières, les groupes internationaux, les institutions binationales, les ONG et les réseaux d’expatriés s’appuient massivement sur LinkedIn, sur des communautés comme InterNations, ou sur des plateformes dédiées comme VzlaVirtual pour identifier des partenaires, recruter et mener leurs projets.

S’adapter aux codes relationnels locaux

Arriver avec ses habitudes nord-américaines ou européennes et appliquer, tel quel, son style de networking est le meilleur moyen de se heurter à un mur invisible. La culture professionnelle locale est à la fois formelle et chaleureuse, hiérarchique et profondément personnelle.

Une société « high context » où tout ne se dit pas

La communication repose largement sur le non-dit, la gestuelle, le contexte. Une négociation ne se résume pas à un échange de données chiffrées : le ton de la voix, le regard, la manière de saluer, le respect des titres académiques comptent autant que le contenu.

Exemple :

Dans certaines cultures, comme au Venezuela, il est essentiel de consacrer quelques minutes à une conversation informelle (small talk) avant d’aborder les sujets professionnels. Parler de la famille, de la ville, de la cuisine locale (par exemple, le plat national *pabellón criollo*) ou du baseball est perçu comme une marque de respect et de chaleur humaine. À l’inverse, entrer directement dans le vif du sujet sans ces préliminaires peut être interprété comme de la froideur. Un expatrié qui montre un intérêt sincère pour le pays et sa culture, par exemple en commentant positivement un plat local, gagne rapidement la considération de ses interlocuteurs.

Hiérarchie, statut et importance du « face »

Le respect du rang et de l’âge structure beaucoup de situations professionnelles. Les titres comme Doctor, Ingeniero ou Licenciado, associés au nom de famille paternel, ne sont pas des détails protocolaires : ils structurent la façon dont on vous perçoit.

Sauter trop vite au tutoiement ou à l’usage des prénoms peut créer un malaise. Tant que l’interlocuteur ne l’a pas proposé, il est prudent de rester dans un registre formel, en particulier avec les seniors ou les dirigeants.

Astuce :

La notion de « face », c’est-à-dire le prestige et l’honneur d’une personne, est primordiale. Il est crucial d’éviter d’exposer quelqu’un à une perte de prestige devant ses pairs, que ce soit par une critique, une contradiction ou une remarque sur une erreur. Un réseau solide se construit sur la capacité à ne pas humilier et à régler les désaccords en privé, avec tact.

Le temps relationnel n’est pas le temps des agendas européens

La fameuse « hora venezolana » résume une réalité : les horaires sont souples, les réunions démarrent souvent en retard, tout en restant paradoxalement exigeants sur la ponctualité des étrangers. Un expatrié qui arrive systématiquement en avance et s’énerve de tout retard risque de se marginaliser.

Les premières rencontres sont rarement décisives sur le fond. Elles servent surtout à « se sentir » mutuellement, à tester la confiance. Les décisions se prennent plus tard, après plusieurs échanges, autour d’un déjeuner, au fil de discussions WhatsApp ou lors d’événements professionnels.

Pour un expatrié, cela implique d’accepter de « perdre du temps » au début, sans chercher à conclure trop vite. Le réseau se bâtit sur la durée, bien davantage que dans des cultures plus transactionnelles.

Construire son socle : LinkedIn, colonne vertébrale du réseau international

Dans ce paysage très incarné, LinkedIn joue un rôle de pont entre le monde local et le monde global. La plateforme rassemble plus d’un milliard d’utilisateurs, dans plus de 200 pays, et concentre plus de 55 millions de pages d’entreprise et 1,2 million de groupes. C’est l’outil standard pour se présenter, chercher des contacts, nouer des alliances à distance.

Soigner un profil lisible pour des interlocuteurs locaux et internationaux

Un profil complet, précis et régulièrement actualisé a statistiquement 30 % de visibilité en plus. Pour un expatrié au Venezuela, ce profil doit être lisible à la fois pour un recruteur d’une multinationale à Houston, un entrepreneur de Caracas, un consultant colombien ou un responsable d’ONG à Madrid.

La photo professionnelle, au format carré de bonne résolution (autour de 400 x 400 pixels), avec le visage occupant l’essentiel du cadre et un sourire ouvert, n’est pas un détail cosmétique : c’est votre carte de visite dans un pays où l’on accorde une grande importance à la première impression.

La ligne de titre doit résumer en quelques mots votre fonction actuelle, vos expertises et, idéalement, votre ancrage géographique. Par exemple : « Ingénieur pétrole & gaz | Gestion de projets | Basé au Venezuela – expérience Amérique latine ». Le résumé joue le rôle de pitch : il doit raconter un parcours, mettre en avant des réalisations concrètes et souligner votre capacité d’adaptation interculturelle.

Conseil en rédaction de profil professionnel

Compléter minutieusement vos expériences, vos compétences, vos formations et certifications permet d’alimenter les recherches via mots-clés, en particulier quand des recruteurs filtrent par secteur, langue ou pays.

Un aperçu synthétique de l’importance de LinkedIn pour l’expatrié :

Indicateur LinkedInDonnée cléImpact pour l’expatrié au Venezuela
Utilisateurs globaux> 1 milliardAccès à un marché d’opportunités véritablement mondial
Entreprises référencées> 55 millionsIdentification rapide de partenaires, employeurs, prestataires
Groupes existants> 1,2 millionPossibilité de cibler des communautés par secteur et par pays
Visibilité d’un profil actif+30 %Un profil entretenu est beaucoup plus souvent vu par des recruteurs
Rôle du networking dans le recrutement85 % des postes pourvus via le réseauConfirme que le réseau prime sur la candidature « froide »

Utiliser le contenu pour exister dans le flux

LinkedIn n’est pas seulement un annuaire géant. L’algorithme met en avant les profils qui publient, commentent et interagissent. Pour un expatrié, c’est une façon d’exister aux yeux de son marché cible sans être physiquement présent.

Les données sont claires : une publication qui intègre une image obtient environ trois fois plus d’interactions qu’un texte brut, et les contenus qui racontent une histoire personnelle doublent l’engagement moyen. Un ingénieur qui raconte comment il a adapté une procédure de sécurité à un contexte local difficile, ou une cheffe de projet qui décrit les défis d’un déploiement digital à Caracas, ont plus de chances d’être lus qu’un simple partage d’article sans commentaire.

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Cinq domaines clés pour établir sa crédibilité et sa compréhension d’un pays en publiant des analyses pertinentes.

Chercher les bonnes personnes, au bon endroit

Les outils de recherche avancée de LinkedIn – qui permettent de filtrer par secteur, titre de poste, entreprise, localisation – sont précieux pour cibler des directeurs de filiales, des DRH de groupes internationaux, des responsables d’ONG ou des acteurs de chambres de commerce liés au pays.

Les données globales sur le recrutement sont très favorables à cette stratégie : environ 70 à 80 % des emplois ne sont jamais publiés, et une proportion similaire de postes est pourvue via recommandations, réseaux sociaux et contacts personnels. Les candidats cooptés ont plus de 50 % de chances supplémentaires d’être recrutés, et 30 % de probabilité en plus d’obtenir un entretien.

Pour l’expatrié, il s’agit donc moins d’envoyer des CV à la chaîne que de :

repérer qui, dans une entreprise donnée, a la main sur les décisions de recrutement ou de partenariat ;

comprendre son profil, ses enjeux, ses contenus publiés ;

engager d’abord via des commentaires intelligents et utiles ;

– seulement ensuite envoyer une demande de connexion personnalisée.

Les campagnes hybrides – combinant e-mail et LinkedIn – montrent d’ailleurs des taux impressionnants lorsque la démarche est ciblée : un scénario type (deux e-mails d’introduction, une demande de connexion, deux messages de suivi) peut générer plus de 55 % d’acceptation et près de 46 % de réponses.

Entrer dans les cercles locaux : chambres de commerce, réseaux d’expats, événements

La stratégie digitale prend toute sa valeur lorsqu’elle se connecte à des structures bien ancrées sur le terrain. Au Venezuela, plusieurs institutions jouent un rôle de hubs relationnels.

VenAmCham, VACC et les réseaux binat ionaux

La Chambre de commerce vénézuélienne-américaine (VenAmCham), fondée en 1950, compte plus de 500 entreprises membres, représentées par 3 500 cadres dirigeants. Elle anime plus de 30 comités sectoriels et propose séminaires, conférences, analyses économiques, informations sur les visas, publications et facilitation de contacts.

Elle agit comme un carrefour entre le monde des affaires local et les intérêts économiques américains. Pour un expatrié qui travaille avec des flux États-Unis–Venezuela, ou dans des secteurs couverts par ces comités (pétrole, infrastructures, télécoms, biens de consommation, logistique, etc.), c’est un point de passage quasi obligé.

Chambre de Commerce Vénézuélienne-Américaine (VACC)

Ressource clé pour les entrepreneurs vénézuéliens aux États-Unis facilitant les connexions et le développement d’affaires transnationales.

Événements de Networking

Organisation de mixers et de forums stratégiques pour renforcer les réseaux professionnels.

Annuaire des Entreprises

Maintien d’un répertoire des entreprises membres pour favoriser la visibilité et les collaborations.

Support à la Diaspora

Renforcement de l’influence et de la visibilité de la communauté économique vénézuélienne aux États-Unis.

Carrières Bi-Pays

Ressource majeure pour les expatriés envisageant des projets professionnels ou entrepreneuriaux entre le Venezuela et les États-Unis.

Une synthèse de ces acteurs :

OrganisationAncrage principalRôle dans le networking
VenAmChamCaracasConnecter entreprises US–Venezuela, organiser comités & séminaires
VACCÉtats-UnisStructurer la diaspora entrepreneuriale vénézuélienne
Global Chamber CaracasGlobal / CaracasRéseau de CEOs et dirigeants sur 525 zones métropolitaines

InterNations et les communautés d’expatriés

InterNations, présent dans 420 villes, dispose d’une communauté active au Venezuela. L’adhésion passe par une validation, avec un code de conduite orienté vers la courtoisie et l’ouverture culturelle. Sur place, les expatriés témoignent y avoir trouvé aussi bien des contacts professionnels utiles que des services du quotidien (comme une baby-sitter à Caracas).

Les événements organisés – dîners autour de plats locaux, sorties dans des lieux emblématiques, excursions de week-end – sont des opportunités discrètes mais puissantes pour créer des connexions. L’avantage, c’est que ces contacts comprennent intuitivement les défis d’un expatrié : démarches administratives, adaptation linguistique, compréhension des risques sécuritaires.

Ces communautés se prolongent en ligne via des forums où poser des questions très pratiques (logement, santé, scolarisation, sécurité), mais aussi repérer des employeurs ouverts aux profils internationaux, des consultants locaux, des coachs de carrière.

Conférences, fora et culture de l’événementiel

Malgré les difficultés, le pays accueille de nombreux événements professionnels : conférences internationales, fora sectoriels, journées techniques, formations. Des thématiques aussi variées que la qualité (Foro Calidad FONDONORMA), les financements en devises, les nouvelles technologies ou encore la sécurité et la prévention des risques font l’objet de rencontres régulières.

Ces rendez-vous ont plusieurs utilités pour un expatrié :

repérer les acteurs qui « comptent » vraiment dans un secteur donné, au-delà des noms officiels ;

prendre le pouls des priorités du moment (fiscalité, devises, digitalisation, conformité réglementaire) ;

– se faire connaître par des interventions, des questions pertinentes, ou simplement via les temps informels (pauses café, déjeuners).

Dans une société où les décisions se prennent souvent après « avoir vu la personne », la présence sur ces événements a un effet de crédibilisation que LinkedIn seul ne peut pas produire.

Naviguer dans la crise : sécurité, contraintes et posture professionnelle

Parler de networking au Venezuela sans évoquer le contexte sécuritaire serait irresponsable. Les gouvernements américain, canadien, britannique et d’autres encore déconseillent formellement tout voyage dans le pays, citant une insécurité élevée, une instabilité politique et des infrastructures fragilisées.

Pour les expatriés déjà sur place, cette réalité doit structurer la manière de réseauter.

Sécurité d’abord : un paramètre permanent

Les risqueshomicides, enlèvements, vols violents, rackets – existent dans les grandes villes et sur certaines routes. Des incidents sont régulièrement signalés autour de l’aéroport international de Maiquetía, sur la route entre l’aéroport et Caracas, dans les transports collectifs.

Dans ces conditions, plusieurs principes guident la pratique du réseau :

Attention :

Pour des rencontres professionnelles en toute sécurité, privilégiez les lieux sûrs comme les hôtels de bon niveau, les clubs d’affaires, les espaces de coworking sécurisés ou les centres d’affaires reconnus. Évitez les déplacements de nuit et les quartiers réputés risqués. Pour vos trajets, utilisez des taxis de confiance ou des services organisés par votre entreprise ou votre hôtel, plutôt que des taxis de rue.

Cela ne tue pas le networking, mais l’oblige à se professionnaliser, à se déplacer vers des environnements plus contrôlés. D’où l’importance accrue de la dimension virtuelle.

La montée en puissance du networking virtuel

L’instabilité du pays, la fermeture de certaines représentations consulaires, les coupures d’électricité et d’Internet, les restrictions aériennes ont poussé entreprises, ONG et réseaux d’expatriés à s’appuyer davantage sur les outils digitaux.

Bon à savoir :

Des plateformes spécialisées proposent des solutions de visioconférence sécurisées, avec chiffrement de bout en bout et conformité RGPD, permettant d’organiser des cafés virtuels, ateliers ou réunions de travail transfrontalières. Ces outils incluent également des fonctionnalités d’analyse de l’engagement des participants.

Pour un expatrié, cela signifie que : les défis d’adaptation à une nouvelle culture, la gestion de l’éloignement familial et l’intégration dans un nouvel environnement professionnel sont des éléments clés à considérer.

de nombreux premiers contacts peuvent se faire par appel vidéo, limitant les déplacements physiques ;

des communautés professionnelles fonctionnent en mode hybride : réunions à distance, puis rencontres physiques ponctuelles dans des lieux sûrs ;

– des plateformes dédiées à la diaspora vénézuélienne servent à la fois de relais d’information, de bourse d’emplois, d’espace de mentorat et de réseau social professionnel.

Miser sur la diaspora et les plateformes dédiées : VzlaVirtual, mentors et alumni

Au-delà des grands réseaux mondiaux, un expatrié gagne à se brancher sur les communautés spécifiques liées au pays, qu’il soit lui-même vénézuélien ou non.

VzlaVirtual : une place de marché relationnelle pour la diaspora

VzlaVirtual, portée par la Fundación Código Venezuela, illustre bien cette nouvelle génération de plateformes faites « par et pour » les Vénézuéliens à l’étranger. Disponible sur Google Play et l’App Store, cette application rassemble déjà plus de 39 000 membres.

Elle offre à la fois :

un accès à des offres d’emploi et de bourses d’études ;

– des contenus de formation (webinaires, « école des migrants ») ;

– des informations pratiques sur les visas, la santé, la bancarisation ;

– des communautés thématiques ou géographiques.

Bon à savoir :

Cette plateforme offre un double avantage aux expatriés installés dans le pays. Elle permet de se connecter à une diaspora souvent très qualifiée et déjà intégrée dans d’autres marchés internationaux, comme l’Espagne ou les États-Unis. Elle donne également accès à des personnes ayant une connaissance intime des réalités locales, mais opérant depuis l’extérieur, ce qui apporte un point de vue précieux sur les risques, les opportunités et les bonnes pratiques.

Le mentorat comme accélérateur d’intégration

Les études sur la carrière internationale convergent : près de 93 % des mentees déclarent devoir une partie de leur progression professionnelle au mentorat, et la satisfaction de carrière augmente d’environ 70 % lorsqu’on bénéficie de ce type d’accompagnement.

Pour un expatrié, le mentor idéal n’est pas seulement un expert technique, mais souvent :

Exemple :

Un intermédiaire culturel idéal pour faciliter les échanges internationaux peut être : un professionnel ayant déjà navigué entre plusieurs cultures, ce qui lui confère une adaptabilité unique ; une personne connaissant bien les codes relationnels locaux, essentielle pour éviter les malentendus ; ou un membre de la diaspora capable de « traduire » le pays, ses usages et ses attentes pour un acteur étranger, servant ainsi de pont de compréhension.

Des organisations comme InterNations, certaines universités (programmes d’alumni), ou des structures dédiées comme MENTORA dans le champ éducatif, démontrent que les dispositifs structurés de mentorat produisent des résultats tangibles : augmentation des opportunités, meilleure compréhension des marchés locaux, accès facilité à des cercles restreints.

Un aperçu chiffré de l’effet du mentorat et des réseaux alumni, utile à garder en tête :

DomaineIndicateur clé
Rôle du mentorat93 % des mentees attribuent à un mentor leur progression
Impact sur la satisfaction de carrière+70 % de satisfaction déclarée avec mentorat
Rôle des réseaux alumni30 % des premiers emplois de diplômés via ces réseaux
Poids des événements alumni50 % des embauches de jeunes diplômés via événements (NACE)
Appétence pour mentorer> 70 % des alumni prêts à conseiller ou recommander

Pour un expatrié au Venezuela, cela se traduit par deux axes concrets : chercher un mentor connecté au pays (local ou de la diaspora) et participer activement aux réseaux d’anciens de ses écoles ou entreprises, en les utilisant comme tremplin vers les acteurs présents sur le terrain.

Faire du numérique un allié : LinkedIn, VzlaVirtual, mais aussi numéros virtuels et événements hybrides

Le networking reste une affaire de personnes, mais la technologie fournit le tissu conjonctif qui permet de maintenir ces liens dans un contexte aussi fragmenté que celui du Venezuela.

Créer une présence professionnelle cohérente

Il est utile de penser son écosystème numérique comme un ensemble :

un profil LinkedIn optimisé, en français, en anglais et idéalement en espagnol, avec des mots-clés pertinents pour le marché régional ;

– une présence dans les groupes LinkedIn qui réunissent professionnels du pays et de la région (pétrole, éducation, ONG, tech, logistique, etc.) ;

– une inscription dans les communautés InterNations locales et dans les plateformes de diaspora comme VzlaVirtual.

Astuce :

Pour développer sa présence en ligne, il est essentiel de participer de manière régulière sans verser dans le spam. Cela implique de commenter, partager des contenus pertinents, répondre à des questions techniques ou pratiques, et offrir ponctuellement son aide de façon constructive.

Humaniser les échanges digitaux

Dans un pays où la communication est très expressive, les messages trop froids ou formatés peuvent paraître distants. Les recherches sur LinkedIn montrent qu’une note personnalisée augmente fortement le taux d’acceptation des invitations. Il est donc préférable de :

mentionner explicitement ce qui vous relie à la personne (même secteur, même événement, article lu) ;

– adopter un ton courtois mais décontracté, évitant les formules trop rigides ;

– proposer un échange court et précis (un appel de 20 minutes, un café virtuel).

Bon à savoir :

Pour personnaliser et renforcer votre présence en ligne, privilégiez des formats multimédias comme une courte vidéo, un message vocal (disponible sur certaines plateformes de messagerie) ou une invitation à un webinaire que vous animez.

Gérer les barrières linguistiques

Même si l’anglais circule largement dans certains milieux, l’espagnol reste la langue dominante. Les différences de registre et de vocabulaire peuvent créer des malentendus.

Les bonnes pratiques pour limiter ces barrières :

utiliser un espagnol simple, éviter les expressions idiomatiques de votre pays d’origine ;

reformuler les points importants à l’oral comme à l’écrit ;

confirmer la compréhension en demandant à l’interlocuteur de résumer les prochaines étapes, sans le mettre en défaut.

Les outils de traduction automatisés peuvent aider pour des échanges simples, mais ne remplacent pas l’effort d’apprendre les bases de la langue et les nuances culturelles. C’est aussi un puissant signal de respect, très apprécié localement.

Entretenir son réseau : de la première connexion au partenariat durable

Construire une base de contacts est une première étape. La transformer en un réseau vivant, utile et fiable exige une attention continue. Les études suggèrent qu’il est plus efficace de consacrer environ 80 % de son temps de networking à nourrir les relations existantes et 20 % à en créer de nouvelles.

De la connexion à l’échange de valeur

Les cadres de réflexion les plus efficaces décrivent le développement d’une relation professionnelle en plusieurs phases :

Les 4 étapes pour construire un réseau professionnel solide

Un processus structuré pour transformer une simple connexion en une relation professionnelle durable et mutuellement bénéfique.

Connexion initiale

Rencontre lors d’un événement, ajout sur LinkedIn, introduction via un tiers.

Échange de valeur

Partage de ressources, recommandations, mise en relation, réponse à une question technique.

Alliance stratégique

Collaboration régulière, projet en commun, co-animation d’événements.

Partenariat à long terme

Relation de confiance profonde, co-création, investissements croisés.

Dans un contexte comme le Venezuela, où les risques sont élevés et l’incertitude permanente, les personnes se fient beaucoup au comportement observé dans le temps. Répondre rapidement, tenir ses engagements, faire preuve de loyauté quand un interlocuteur traverse une difficulté, tout cela pèse lourdement dans la balance.

Rituels d’entretien du réseau

Quelques gestes simples, mis en place de manière systématique, permettent de garder un réseau « chaud » :

Astuce :

Pour entretenir efficacement son réseau professionnel, il est conseillé d’envoyer périodiquement (par exemple tous les quelques mois) un message bref à ses contacts clés pour prendre de leurs nouvelles, partager un article pertinent ou les féliciter pour une promotion. Il est également bénéfique d’organiser des cafés virtuels récurrents, particulièrement avec ses mentors, ses partenaires stratégiques ou ses relais locaux de confiance. Enfin, pour un suivi structuré, tenir un tableau récapitulatif de ses relations prioritaires, incluant les dates des derniers échanges, les thèmes abordés et des idées d’actions de suivi futures, s’avère très utile.

Les outils de CRM social ou de suivi des interactions en ligne (certains logiciels de social selling ou de gestion de relations) peuvent automatiser une partie de ce travail, mais l’essentiel reste la qualité de l’intention.

Se protéger des dérives : ce qu’il vaut mieux éviter

Dans un pays où l’insécurité, la méfiance et la saturation communicationnelle sont fortes, certaines erreurs peuvent coûter cher en réputation, voire en sécurité.

Ne pas confondre insistance et harcèlement

Les plateformes comme LinkedIn ou e-mail rendent techniquement facile l’envoi massif de messages. Mais les effets sont négatifs lorsque les sollicitations sont :

génériques, sans personnalisation ;

trop fréquentes ;

trop orientées « vente » ou demande unilatérale.

Attention :

Les données de LinkedIn indiquent qu’un compte dont les invitations sont souvent signalées comme spam risque un blocage temporaire. Dans un environnement où la recommandation personnelle est cruciale, être perçu comme importun peut nuire durablement à vos opportunités professionnelles.

Éviter les discussions sensibles

Les sujets politiques locaux, les jugements sur la situation interne du pays, les commentaires sur les relations avec les États-Unis ou d’autres puissances sont à manier avec une extrême prudence, surtout au début d’une relation. Les recommandations culturelles insistent sur le fait d’éviter ces thèmes, sauf si votre interlocuteur les aborde spontanément, et même dans ce cas avec beaucoup de retenue.

Préférer des sujets fédérateurs – gastronomie, sport, culture, innovations, famille – contribue à installer un climat de confiance sans risques inutiles.

Gérer les invitations et les connexions avec discernement

Sur LinkedIn, on peut théoriquement accepter jusqu’à 30 000 connexions de premier niveau. Mais le conseil officiel de la plateforme reste de se connecter surtout à des personnes que l’on connaît ou que l’on a des raisons crédibles de connaître. Dans un environnement sensible, cela prend tout son sens :

Bon à savoir :

Pour sécuriser votre compte et votre réseau, il est recommandé de : limiter l’accès direct à vos informations personnelles, réduire les risques de tentatives de fraude ou de manipulation, et préserver la qualité de votre réseau professionnel, ce qui garantit la pertinence de vos futures recommandations.

Accepter une invitation peut être précédé d’une vérification rapide du profil, des contacts communs, des contenus publiés. Et rien n’interdit d’envoyer un message de bienvenue pour clarifier ce qui motive la connexion.

En résumé : une stratégie à double ancrage

Développer son réseau professionnel en tant qu’expatrié au Venezuela, c’est accepter de jouer simultanément sur plusieurs tableaux.

D’un côté, il faut s’immerger dans une culture où l’on serre la main avec chaleur, où les repas durent longtemps, où les engagements oraux pèsent et où la famille occupe le centre de la scène. De l’autre, il faut se doter d’un profil LinkedIn impeccable, rejoindre les bons groupes, exploiter les plateformes de la diaspora, participer à des conférences virtuelles, planifier des cafés en visioconférence avec des interlocuteurs répartis entre Caracas, Miami, Madrid et Bogotá.

70-85

C’est le pourcentage des postes qui se jouent via le réseau et le marché caché, où les recommandations augmentent de moitié les chances d’être recruté.

La bonne nouvelle, c’est que les outils existent : VenAmCham, VACC, InterNations, VzlaVirtual, les communautés alumni, LinkedIn et les solutions de visioconférence offrent un maillage dense, pour peu qu’on soit prêt à investir du temps, de la curiosité et de la générosité.

Le fil conducteur reste toujours le même : commencer par donner – de l’attention, des informations utiles, des mises en relation – avant de demander. Dans un environnement difficile, les expatriés qui construisent patiemment des liens de confiance finissent souvent par transformer un pays perçu comme à très haut risque en un terrain d’opportunités rares, mais réelles, pour qui sait s’y insérer avec lucidité, humilité et constance.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Venezuela, Panama, République dominicaine, Portugal), la stratégie retenue a consisté à cibler le Venezuela pour son coût de vie très bas, certaines opportunités de rendements élevés dans l’immobilier et l’économie locale en devise forte (USD), ainsi que sa capacité à diversifier géographiquement le risque hors UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence via investissement et bail longue durée, structuration des flux en euros et dollars, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, banque internationale) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), tout en gérant les risques de double imposition via la convention FR‑VE et la forte instabilité locale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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