Comment rester en contact avec ses proches depuis le Venezuela

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Rester proche de sa famille et de ses amis quand on vit ou qu’on voyage loin est déjà un défi. Depuis Venezuela, cela peut sembler encore plus compliqué, entre qualité inégale de l’internet, restrictions politiques et coût du roaming international. Pourtant, avec un peu d’anticipation et les bons outils, il est tout à fait possible de garder un lien régulier, fiable et abordable avec ses proches, qu’ils soient en Europe, en Amérique du Nord ou ailleurs.

Bon à savoir :

Cet article fournit des conseils pratiques pour maintenir une connexion internet au quotidien, recommande des applications pour téléphoner à moindre coût, explique comment gérer les coupures de réseau et la censure, et présente des solutions pour échanger des messages, transférer de l’argent ou envoyer du courrier depuis le Venezuela.

Avoir de la connexion : la base pour rester joignable

Sans connexion, impossible de passer un appel WhatsApp, d’envoyer une vidéo, de participer à une visio familiale ou même d’utiliser un service de transfert d’argent en ligne. La première question, avant toutes les autres, est donc : comment être connecté de manière relativement stable au Venezuela ?

Le pays compte environ 61,6 % d’internautes, avec une couverture 4G qui atteint 88 % de la population, mais les écarts sont énormes entre Caracas et les zones rurales, où les débits peuvent tomber sous les 5 Mbps, avec des coupures électriques fréquentes. Il faut donc combiner plusieurs solutions pour sécuriser son accès.

eSIM, SIM locale ou pocket WiFi : que choisir pour communiquer ?

Les mobiles sont omniprésents (22,5 millions de connexions mobiles pour 28,5 millions d’habitants début 2025), et la quasi‑totalité de ces connexions sont « broadband » (3G/4G). Pour rester en contact avec ses proches, la solution la plus efficace reste d’avoir une connexion data mobile stable via une SIM locale ou une eSIM.

Une eSIM est une carte SIM numérique intégrée au téléphone. Elle permet d’activer un forfait data sans carte physique, simplement en scannant un QR code envoyé par le fournisseur. La plupart des smartphones sortis après 2019 sont compatibles : iPhone XR, XS et modèles ultérieurs (dont les iPhone 14 et 15 vendus aux États‑Unis qui fonctionnent uniquement en eSIM), ainsi que les Samsung Galaxy S20 et plus récents, les Note 20, les Google Pixel 3 et suivants, ou certains Huawei et Motorola. Il faut aussi que le téléphone soit « désimlocké ».

Fournisseurs d’eSIM pour le Venezuela

Plusieurs acteurs internationaux proposent des eSIM avec connexion aux réseaux locaux 4G. Ces forfaits sont généralement data-only, idéaux pour les appels via applications VoIP.

Connexion aux réseaux locaux

La plupart des fournisseurs se connectent aux opérateurs vénézuéliens Movistar, Digitel ou Movilnet.

Forfaits data-only

Pas de numéro local inclus, mais connexion suffisante pour WhatsApp, FaceTime, Zoom, Google Voice et autres apps VoIP.

Principaux fournisseurs

Maya Mobile, Nomad, SimOptions, eSIMFOX, Yesim.app, GlobaleSIM, eSIM.net, Saily, Airalo, Instabridge, aloSIM, BNESIM.

Il est possible d’acheter et d’installer l’eSIM avant le départ, puis de ne l’activer qu’à l’arrivée à l’aéroport Simón Bolívar, à Caracas, ou dans une autre ville. L’installation se fait sur une connexion Wi‑Fi (chez soi, à l’aéroport, dans un café), simplement en scannant le QR code ou en passant par l’application du fournisseur. L’activation démarre généralement dès que le téléphone accroche un réseau local compatible.

Parallèlement, on peut choisir une SIM prépayée physique des opérateurs locaux, disponibles dans les boutiques Movistar, Digitel ou Movilnet, ou encore via certains sites spécialisés (SimOptions livre par DHL, UPS, FedEx ou Aramex avant le départ). Les packs de base sont peu chers (entre 1 et 10 dollars le kit), et les options voix/SMS/data tournent autour de 5 à 30 dollars. C’est souvent la solution la plus économique pour ceux qui restent longtemps, ou qui ont besoin de recevoir des appels locaux (banque, administration, employeur, etc.).

Astuce :

Pour les familles ou groupes, les routeurs WiFi portables (pocket WiFi ou MiFi) sont une solution pratique : un petit boîtier 4G crée un réseau Wi‑Fi partagé pour 5 à 15 appareils, avec une portée de 10 à 15 mètres. Des services comme MIOWIFI ou XOXO WiFi les livrent à l’hôtel ou au domicile avant le voyage, avec un forfait illimité (souvent 500 Mo par jour en 4G puis débit réduit) à tarif journalier fixe. Cela évite d’acheter plusieurs cartes SIM et permet de conserver son numéro WhatsApp, ses applications et ses cartes hors ligne. Cependant, il faut prévoir un coût quotidien non négligeable.

Un résumé des grandes options peut aider à choisir selon sa situation.

SolutionAvantages principauxInconvénients principaux
eSIM voyageurAchat en ligne, pas de carte physique, évite le roaming, activation rapideData‑only, pas de numéro local, nécessite téléphone compatible et désimlocké
SIM prépayée localePrix bas, appels/SMS locaux possibles, bon pour séjours longsNécessite de se rendre en boutique, parfois KYC (pièce d’identité, enregistrement)
Pocket WiFi / MiFiPartage entre plusieurs appareils, forfait illimité jour, pas de changement de SIMLocation coûteuse, appareil à recharger et à renvoyer, dépend aussi du réseau local
Roaming de l’opérateur d’origineAucune démarche, numéro habituel conservé pour toutGénéralement très cher, débits parfois réduits et mauvaises surprises sur la facture

Dans les faits, combiner une eSIM data (ou une SIM locale) et, en cas de besoin, un pocket WiFi pour un groupe peut couvrir la majorité des situations.

eSIM au Venezuela : offres, prix et optimisation

Les offres eSIM pour Venezuela sont nombreuses : plus de 50 fournisseurs de voyage et plus de 700 plans prépayés seraient disponibles, souvent adossés aux réseaux 4G de Movistar, Digitel et Movilnet.

Quelques exemples de structure de prix permettent d’y voir plus clair :

Fournisseur (exemples)Plans typiques pour VenezuelaPrix indicatifs*Particularités notables
Maya MobileForfaits illimités, 1–50 Go, validité variabledépend du volume (garantie 180 jours)Partage de connexion inclus, 4G local
Nomad1 Go/7 j ; 3, 5, 10, 20 Go/30 jex : 1 Go/7 j ≈ 7–8 $ ; 20 Go ≈ 35–90 $Connexion possible à Movistar
Airalo (Aragua eSIM)1, 2, 3, 5 Goà partir de 9,50 $Reputation de bon rapport qualité/prix
Saily1, 3, 5 Goà partir de 8,49 $Couverture dans plus de 200 pays
Instabridge1, 3, 10, 20 Goà partir de 9 $Positionné comme « solide » fournisseur
aloSIM1, 5 Go et plusà partir d’environ 9,50 $Parfois avec numéro international Hushed inclus
BNESIMPlans à l’usage et mensuelsdès 6,66 $Nom complet : « Best Network Ever », options pay‑as‑you‑go

Les montants sont indicatifs d’après les fourchettes observées et peuvent varier.

Certaines offres illimitées existent, mais il faut lire les petites lignes : elles incluent souvent une « fair use policy » avec réduction de débit au‑delà d’un certain volume. Des plans illimités pour 1 à 15 jours tournent autour de 17,60 à 116,13 dollars ; pour 5 à 30 jours, entre 30 et 120 dollars.

Attention :

Pour optimiser son forfait, il est crucial d’estimer sa consommation : un usage texte (WhatsApp, e-mails) consomme très peu, tandis que les appels vidéo, TikTok ou le streaming peuvent utiliser 3 à 5 Go. Utiliser les outils des applications (comme réduire la consommation en appels sur WhatsApp ou limiter les téléchargements automatiques au Wi-Fi) permet de prolonger la durée d’un petit forfait.

Wi‑Fi gratuit et cartes de hotspots : un complément bien utile

Même avec un forfait data, pouvoir basculer sur le Wi‑Fi est précieux, surtout pour les appels vidéo longs vers l’étranger. Au Venezuela, on trouve du Wi‑Fi gratuit dans de nombreux hôtels, restaurants, cafés, centres commerciaux et dans certains espaces publics, en particulier dans les grandes villes comme Caracas, Maracaibo ou Valencia.

Des plateformes collaboratives comme WiFi Map, Wiman, Wi‑Fi Space ou WiFi SPC recensent des millions de hotspots, avec mots de passe et commentaires partagés par les utilisateurs. WiFi Map revendique par exemple 100 millions de points d’accès dans plus de 200 pays, dont plus de 1 100 hotspots répertoriés à Caracas. L’application permet de télécharger des cartes hors ligne, pratique dans un pays où la connexion peut être lente ou intermittente.

Wiman propose également des cartes hors connexion et une fonction de connexion automatique aux meilleurs réseaux ouverts à Caracas, à Santa Teresa et dans d’autres villes. Ces solutions reposent sur la communauté : chacun peut ajouter un réseau Wi‑Fi d’un café ou d’un coworking, ce qui s’avère particulièrement utile pour les étudiants, expatriés ou digital nomads.

Pour autant, il faut garder à l’esprit que les Wi‑Fi publics (y compris dans les aéroports ou gares) imposent souvent un formulaire de connexion avec des données personnelles et peuvent être lents ou instables. Pour les communications sensibles (banque, documents professionnels), il est plus prudent de passer par sa propre connexion data ou d’utiliser un VPN de confiance, même si, comme on le verra, ces derniers font aussi l’objet de restrictions croissantes.

Appels internationaux : quelles applis utiliser depuis Venezuela ?

Une fois la connexion assurée, la question devient : comment appeler ses proches au meilleur coût ? Entre les applis qui exigent que tout le monde ait la même interface et celles qui peuvent joindre un téléphone fixe ou mobile classique, le paysage est vaste.

App‑to‑app : WhatsApp, FaceTime, Viber et consorts

Les applications de type « app‑to‑app » permettent de passer des appels complètement gratuits, tant que les deux interlocuteurs utilisent la même appli et disposent d’une connexion internet : WhatsApp, FaceTime (pour les appareils Apple), Viber entre utilisateurs, WeChat, etc.

WhatsApp est de loin l’outil le plus répandu dans la région. L’application fonctionne sur Android, iOS et ordinateur (via WhatsApp Web ou l’appli de bureau), à condition que le téléphone principal reste connecté à internet. Elle chiffre de bout en bout les messages, les photos et les appels, ce qui garantit que seuls l’émetteur et le destinataire peuvent les lire ou les écouter.

Sur le plan de la consommation, envoyer du texte ne coûte presque rien en data ; un appel vocal d’une minute tourne autour de 400 à 450 Ko, alors qu’une minute de vidéo peut coûter entre 3,25 et 5 Mo. Pour préserver son forfait, on peut activer dans les réglages de WhatsApp l’option « utiliser moins de données pour les appels » et limiter le téléchargement automatique des médias au Wi‑Fi.

Exemple :

L’application permet d’écrire et d’envoyer un message hors ligne (par exemple en activant le mode avion). Le message reste en file d’attente et est automatiquement expédié dès que le téléphone retrouve une connexion Internet. Cependant, les appels vocaux et vidéo ne fonctionnent pas sans connexion, et un appel manqué pendant une coupure n’est pas notifié ultérieurement.

FaceTime, limité aux appareils Apple, offre une très bonne qualité de son et d’image, mais suppose que vos proches disposent d’un iPhone, iPad ou Mac. Viber, lui, combine appels gratuits entre utilisateurs et service « Viber Out », payant, vers des lignes fixes et mobiles.

Dans la grande majorité des cas, pour un vénézuélien ou un expatrié au Venezuela, WhatsApp reste l’outil de base pour joindre sa famille à l’étranger, car il est déjà installé sur presque tous les smartphones de la région, et il s’intègre bien avec les habitudes locales (groupes familiaux, partages de photos, messages vocaux).

App‑to‑phone : joindre un fixe ou un mobile sans que l’autre ait l’appli

Le problème des solutions « app‑to‑app », c’est qu’elles supposent que tous vos proches aient un smartphone, internet et l’application en question. Or, une partie importante de la population mondiale – plus de 41 % – n’a pas d’accès internet fiable. De plus, certaines personnes âgées ou des proches dans des zones rurales ne sont pas à l’aise avec les applis.

C’est là qu’interviennent les applications d’appels internationaux de type « app‑to‑phone », comme Talk360, BOSS Revolution, Yolla, KeepCalling, Rebtel, ou encore Viber Out, Google Voice, etc. Elles permettent, depuis une connexion internet (Wi‑Fi ou data) au Venezuela, d’appeler n’importe quel numéro fixe ou mobile dans le monde, même si la personne en face n’a ni internet ni smartphone.

60

Talk360 propose plus de 60 moyens de paiement pour recharger du crédit d’appel.

BOSS Revolution (branche télécom du groupe IDT) fonctionne de manière proche, avec des tarifs très faibles vers Venezuela (depuis les États‑Unis, par exemple) et une intégration directe avec les opérateurs locaux (Digitel, Movilnet, Movistar). L’application propose en plus la possibilité d’envoyer des recharges mobiles à l’international, pratique pour créditer le téléphone d’un parent resté au pays. Elle applique des tarifs très compétitifs, de l’ordre de quelques centimes par minute selon la destination et le type de ligne (fixe ou mobile).

Yolla, quant à elle, utilise la VoIP pour se connecter aux réseaux locaux de plus de 190 pays. L’interlocuteur n’a pas besoin de l’application ni d’internet. Les tarifs vers Venezuela peuvent démarrer à des fractions de centime pour les lignes fixes, et quelques centimes pour les mobiles. Un système de parrainage permet même de gagner du crédit pour des appels gratuits, ce qui peut intéresser les familles très dispersées.

Bon à savoir :

Les services comme KeepCalling et Rebtel peuvent router vos appels via des numéros d’accès locaux et des lignes téléphoniques traditionnelles. Cela permet de maintenir la connexion et d’améliorer la qualité de l’appel, notamment dans les zones où la connexion internet mobile est faible ou instable.

L’avantage de ces applis, pour une personne située au Venezuela, est double : d’abord, elles contournent les tarifs prohibitifs du roaming ou des plans internationaux traditionnels. Ensuite, elles offrent une relative résilience : même si un service est temporairement bloqué ou instable, on peut basculer vers un autre, ce qui n’est pas possible avec un abonnement classique d’opérateur.

Comparaison rapide : méthodes traditionnelles vs applis

Pour mesurer l’intérêt de ces solutions, il suffit de regarder les tarifs généralement pratiqués par les opérateurs historiques. Certains grands opérateurs nord‑américains ou européens facturent encore plus de 2 ou 3 dollars la minute vers l’Amérique latine, parfois assortis de frais de mise en relation ou de forfaits mensuels peu flexibles.

Les cartes téléphoniques, autrefois très utilisées, sont souvent truffées de frais cachés : dates d’expiration courtes, taxes par appel, facturation par palier de plusieurs minutes, etc. Résultat : beaucoup de familles à cheval entre Venezuela et l’étranger ont migré vers des solutions de VoIP, plus transparentes, avec un suivi en temps réel de la consommation via l’application.

En pratique, pour quelqu’un qui vit à Venezuela, la meilleure combinaison consiste souvent à utiliser les applis gratuites (WhatsApp, FaceTime) pour les contacts qui en disposent, et de recourir à une appli de type Yolla, Talk360, BOSS Revolution ou Rebtel pour les proches moins connectés, qui n’ont qu’un téléphone classique ou un vieux smartphone sans data.

Naviguer dans les coupures, la censure et les restrictions

Rester en contact avec ses proches depuis Venezuela ne dépend pas seulement de la qualité technique de la connexion ou du prix des appels. Le contexte politique et réglementaire pèse aussi lourd, surtout ces dernières années.

Un internet de plus en plus restreint

Le pays est désormais l’un de ceux qui imposent le plus de restrictions internet dans les Amériques. L’opérateur historique CANTV, propriété de l’État, domine une bonne partie du marché, et les fournisseurs privés sont souvent contraints de se conformer aux directives du régulateur, CONATEL. Résultat : blocages temporaires de réseaux sociaux, filtrage de sites d’information, ralentissements ciblés lors de périodes de tension politique.

En 2019, lors de la crise présidentielle, 33 des 36 restrictions recensées consistaient en des blocages partiels ou totaux de l’accès à internet ou aux plateformes sociales. Plus récemment, en 2024 et début 2025, la situation s’est encore durcie : TikTok a été sanctionné par la Cour suprême, X (ex‑Twitter) a été temporairement interdit, plus de 20 sites de VPN et une trentaine de services DNS publics ont été bloqués, et l’application Telegram s’est retrouvée injoignable pour la plupart des fournisseurs à partir du 10 janvier 2025.

51000

L’usage des VPN a bondi de plus de 51 000 % pendant les élections controversées de 2024 par rapport à la normale.

L’utilisation d’un VPN reste légale, mais opérée sous forte pression : les sites web de nombreux fournisseurs ont été bloqués, obligeant les utilisateurs à chercher les applications via les stores officiels (Google Play, App Store) ou via des plateformes alternatives comme GitHub sur ordinateur. Les pouvoirs publics peuvent utiliser différentes techniques (blocage IP ou DNS, inspection profonde de paquets) pour repérer et gêner le trafic chiffré.

Pour un expatrié ou un voyageur, cette réalité a une conséquence pratique directe : pour rester en contact avec ses proches par les réseaux sociaux, la messagerie, la visio ou même pour accéder simplement à des informations fiables, il vaut mieux préparer des solutions de contournement avant le départ. Installer à l’avance une ou deux applications de VPN reconnues, télécharger leurs fichiers d’installation, se doter de plusieurs méthodes de connexion (Wi‑Fi, data, eSIM de secours) peut faire la différence en cas de blocage soudain d’une plateforme clé.

Le cas particulier de WhatsApp et des proxys

WhatsApp reste pour l’instant largement accessible, mais l’entreprise a anticipé le risque de blocage total dans certains contextes (comme en Iran) en développant une fonction officielle de connexion via proxy. Concrètement, quand l’accès direct aux serveurs WhatsApp est coupé, il est possible de rediriger le trafic via un serveur proxy mis en place par des volontaires ou des organisations de défense des droits numériques. Le chiffrement de bout en bout demeure actif, et Meta assure que l’hébergeur du proxy ne peut pas lire les messages.

Bon à savoir :

Sur Android et iPhone, la configuration d’un proxy se fait dans les paramètres (section Stockage et données > Proxy). Il faut activer l’option et y coller l’adresse d’un serveur. En cas d’échec de connexion, il est recommandé d’essayer une autre adresse. Des ONG comme Access Now ou Digital Defenders Partnership diffusent parfois des adresses de proxys fiables.

Pour les utilisateurs au Venezuela, cette fonction, couplée à un VPN, peut constituer une seconde ligne de défense pour continuer à échanger avec leurs proches, même en cas de blocage ciblé sur les services de messagerie les plus populaires.

Quand il n’y a plus ni réseau ni internet : messageries « hors‑grille »

Dans certaines situations extrêmes – catastrophes naturelles, pannes électriques massives, troubles graves – il peut ne plus y avoir du tout d’accès internet ni de réseau mobile dans une zone donnée. Ce type de scénario n’est pas théorique : le Venezuela a déjà connu des coupures électriques d’ampleur nationale, entraînant des baisses brutales de connectivité, y compris à Caracas.

Dans ces cas‑là, les applications dites « off‑the‑grid » ou « mesh » peuvent jouer un rôle local limité, par exemple pour rester coordonné dans un même quartier ou un même bâtiment. Elles utilisent le Bluetooth et le Wi‑Fi Direct pour former un réseau de proche en proche entre téléphones, un peu comme des talkies‑walkies numériques, sur des distances de l’ordre de 100 à 200 mètres.

Expert en résilience numérique

Des applis comme Bridgefy, Briar, Signal Offline Messenger, White Mouse, Near Peer, Meshenger ou d’autres ont été conçues pour des contextes de manifestations, de séismes ou de zones rurales isolées. Elles ne permettent évidemment pas d’envoyer un message de Caracas à Paris sans internet, mais peuvent servir à garder le contact au sein d’un groupe de voisins, d’une famille rassemblée sur un même site ou de volontaires en intervention. Elles consomment en revanche davantage de batterie et nécessitent un minimum de préparation (installation préalable, tests avec ses proches).

Pour une personne installée au Venezuela, les messageries mesh ne sont donc qu’un filet de secours local, complémentaire mais loin de remplacer les canaux classiques. Elles rappellent néanmoins une évidence : pour garder le contact, il est utile de prévoir des solutions hiérarchisées, du plus sophistiqué (vidéo HD sur fibre) au plus rustique (appel radio ou lettre papier).

Le rôle du courrier, des colis et des transferts d’argent

Rester en contact avec ses proches, ce n’est pas seulement parler ou s’écrire ; c’est aussi envoyer de l’aide financière, des colis, des documents, parfois même des lettres à l’ancienne. Depuis Venezuela, ces aspects se heurtent aussi à des contraintes logistiques et réglementaires.

Courrier et colis : une logistique à géométrie variable

Le service postal national, IPOSTEL (Instituto Postal Telegrafico de Venezuela), gère le courrier interne et une partie du courrier international. Il dessert la plupart des régions, mais avec une fiabilité très fluctuante : certaines lettres arrivent vite, d’autres mettent des semaines voire des mois, quand elles ne se perdent pas. Des grèves répétées, des problèmes de sécurité et des difficultés d’infrastructure compliquent la donne, notamment dans les zones rurales.

Bon à savoir :

Pour les envois internationaux, les transporteurs privés (DHL, FedEx, UPS) sont plus fiables et rapides mais plus coûteux, surtout pour les gros colis. Pour le transport national, des réseaux locaux comme Tealca, Liberty Express, Zoom, MRW ou Lear Express desservent les grandes villes, avec de nombreux points de collecte à Caracas, Barquisimeto, Maracaibo, Valencia, Maracay et Ciudad Guayana.

Les règles d’envoi vers le Venezuela sont strictes : une longue liste de produits est interdite (pièces de monnaie, billets, métaux précieux, pierres précieuses, certains documents bancaires, certaines denrées ou substances biologiques, etc.), et la plupart des denrées alimentaires, plantes ou produits pharmaceutiques exigent des autorisations spécifiques des autorités vénézuéliennes. Il est crucial de vérifier les listes officielles avant tout envoi.

Par ailleurs, certains services postaux étrangers ont suspendu tout ou partie de leurs échanges avec le pays. Le service postal américain, par exemple, a interrompu, fin 2025 et début 2026, l’acceptation de plusieurs types d’envois vers le Venezuela pour cause de manque de capacité de transport et de perturbations. Les colis déjà déposés sont renvoyés à l’expéditeur, avec remboursement des frais sur demande.

Pour autant, le courrier garde un rôle symbolique : envoyer une lettre ou un petit paquet, même si l’arrivée est incertaine, peut représenter un geste fort pour des proches éloignés et peu connectés. Mais dans la pratique, pour transmettre des documents importants ou des objets de valeur, les familles privilégient les transporteurs privés ou les intermédiaires spécialisés, malgré le coût.

Envoyer de l’argent : un lien invisible mais vital

Pour beaucoup de familles vénézuéliennes, surtout celles qui ont des proches à l’étranger, les transferts d’argent sont un pilier de la survie économique. Là encore, la connectivité joue un rôle clé : la plupart des services de transfert modernes fonctionnent via des sites web ou des applis mobiles.

Des entreprises comme Western Union, MoneyGram, Ria, Remitly, Xoom (PayPal), BOSS Money, Small World, Fonmoney, MAJORITY et d’autres permettent d’envoyer de l’argent depuis les États‑Unis, l’Europe ou d’autres pays vers des banques vénézuéliennes, avec différentes options de réception : dépôt sur compte bancaire, versement via des solutions de paiement mobile (comme Pago Móvil), voire retrait en espèces dans certains cas, même si les contraintes locales limitent parfois cette dernière formule.

Bon à savoir :

Pour effectuer un transfert d’argent, il est généralement nécessaire de fournir le nom complet du destinataire (tel qu’il figure sur sa pièce d’identité), son adresse, son numéro de téléphone, ainsi que, pour un dépôt bancaire, le nom de sa banque et son numéro de compte. De nombreux services de transfert travaillent avec des partenaires bancaires locaux, tels que 100% Banco, Bancamiga, Bancaribe, Banco Mercantil, Banco Nacional de Crédito (BNC), Banplus, BBVA Banco Provincial et BFC Banco Fondo Común.

Les frais et les taux de change varient fortement selon le service, le pays d’envoi, le montant, le moyen de paiement (compte bancaire, carte, espèces) et la rapidité souhaitée. De nombreuses plateformes proposent un premier transfert sans frais ou avec un taux de change promotionnel, puis appliquent un modèle classique mêlant frais fixes et marge sur le taux de change. Certaines, comme Remitly, offrent une garantie de délai, avec remboursement des frais si l’argent arrive en retard.

Pour les familles dispersées, la combinaison « appel vidéo ou audio régulier + transferts d’argent dématérialisés » est devenue un mode de contact à part entière : on discute de la situation, des besoins, on trace ensemble l’utilisation des sommes envoyées. Cela suppose non seulement une connexion internet, mais aussi un minimum de confiance dans les infrastructures bancaires et dans les plateformes, qui chiffrent généralement les données, disposent de dispositifs anti‑fraude et se conforment aux réglementations internationales.

Gérer les décalages horaires et organiser son quotidien à distance

Au‑delà des questions techniques, la vie à distance impose aussi une gymnastique temporelle : savoir quand appeler sans réveiller tout le monde, organiser des visios de famille, participer à une réunion de travail depuis Caracas avec des collègues à Amsterdam ou à Londres.

La bonne nouvelle, c’est que Venezuela n’applique pas l’heure d’été et n’a qu’un seul fuseau horaire : la Hora Legal de Venezuela (HLV), correspondant à UTC‑4. Cela simplifie au moins la coordination interne : de Caracas à Maracaibo ou Valencia, tout le monde est sur la même heure, toute l’année.

18

Le décalage horaire maximal avec la France peut atteindre 18 heures, notamment avec certaines régions d’Océanie.

Des outils comme World Time Buddy, WorldTimeServer ou Every Time Zone permettent de visualiser ces décalages et de trouver des créneaux compatibles pour des réunions ou des appels de famille, sans obliger quelqu’un à se connecter à 3 heures du matin. Étant donné que les règles de changement d’heure peuvent évoluer dans certains pays, il est recommandé de vérifier régulièrement et d’éviter de planifier trop longtemps à l’avance sans reconfirmation.

Exemple :

Un Vénézuélien travaillant à distance pour une entreprise de New York (heure de l’Est) trouve le meilleur créneau pour les réunions entre le matin à Caracas et la fin d’après-midi à New York. Pour appeler sa famille en Europe (Amsterdam ou Londres), les fins d’après-midi ou débuts de soirée en Europe correspondent à la fin de matinée ou au début d’après-midi au Venezuela, tandis que la nuit en Europe tombe en pleine soirée au Venezuela.

Construire une stratégie de communication durable depuis Venezuela

À la lumière de tous ces éléments, rester durablement en contact avec ses proches depuis Venezuela suppose de combiner plusieurs briques complémentaires plutôt que de miser sur un seul outil.

Sur le plan technique, cela signifie :

une solution principale de connexion (eSIM voyageur, SIM locale, box fibre privée en ville si accessible, ou combinaison de ces options) ;

des solutions de repli : hotspots Wi‑Fi connus et testés (café, coworking, domicile d’amis), cartographies de Wi‑Fi communautaires (WiFi Map, Wiman) ;

– éventuellement, un routeur de poche pour les déplacements en groupe ou les zones très mal couvertes.

Sur le plan des services, il s’agit de :

Astuce :

Privilégiez WhatsApp et, occasionnellement, FaceTime ou d’autres applications similaires, pour les communications quotidiennes gratuites avec les contacts qui les utilisent. Maintenez également un compte actif sur une ou deux applications spécialisées dans les appels internationaux (comme Talk360, Yolla, BOSS Revolution ou Rebtel) pour joindre les proches non connectés aux réseaux sociaux ou en cas de blocage de ces plateformes. Enfin, anticipez les restrictions en installant et configurant à l’avance un VPN fiable, et renseignez-vous sur les proxys WhatsApp ainsi que d’autres outils de contournement.

Sur le plan humain, enfin, rester en contact signifie aussi :

– s’accorder sur des horaires d’appel réalistes en tenant compte des fuseaux horaires et des contraintes locales (pannes fréquentes d’électricité, accès irrégulier à la data dans certaines régions) ;

– accepter qu’il y ait des périodes de silence imposé par des coupures, des événements politiques ou des problèmes de réseau, et prévoir des canaux alternatifs (un appel traditionnel payé via une appli, une lettre, un colis de secours, un voisin qui prête sa connexion, etc.) ;

– garder des copies (numériques et parfois papier) des documents importants, numéros de téléphone, adresses, informations bancaires, pour pouvoir reconstituer un réseau de contact après une perte de téléphone ou une panne prolongée.

Bon à savoir :

Malgré des défis d’infrastructure, de censure et d’accès inégal, la connectivité s’améliore au Venezuela. Les débits mobiles et fixes progressent, et l’usage des réseaux sociaux explose. Pour rester connectés, les habitants utilisent des outils comme les eSIM, VPN, applications d’appel, cartes Wi-Fi et services de transfert d’argent en ligne.

Pour ceux qui vivent à Venezuela comme pour ceux qui y voyagent, rester en contact avec leurs proches est donc à la fois une affaire de technologie, de stratégie et d’anticipation. Bien préparé, un séjour ou une installation dans le pays n’empêche pas de continuer à partager les petites choses du quotidien, à soutenir financièrement sa famille, à participer à des réunions de travail ou à souffler des bougies à distance. La distance géographique reste, mais le fil des communications, lui, peut rester étonnamment solide.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer au Venezuela afin d’optimiser sa charge imposable, diversifier vers des actifs en Amérique latine et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités migratoires, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations (Portugal, Uruguay, Colombie, Panama), la stratégie retenue a consisté à cibler le Venezuela pour profiter de régimes fiscaux attractifs pour les non‑résidents, d’un coût de vie très inférieur à la France (Caracas nettement moins chère que Paris) et d’opportunités dans l’immobilier et l’énergie. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑VE), obtention du visa de résident et achat d’une résidence principale, adaptation de la couverture santé, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (règle des 183 jours, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, gestionnaires bilingues) et restructuration patrimoniale internationale ciblée.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube