Créer une start-up en Serbie : mode d’emploi d’un écosystème en pleine accélération

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Au cœur des Balkans, à mi-chemin entre l’Europe de l’Ouest et l’Asie, la Serbie s’est discrètement imposée comme l’un des terrains de jeu les plus intéressants pour les entrepreneurs, en particulier dans la tech. Fiscalité attractive, coûts maîtrisés, réservoir massif de développeurs, politique publique volontariste, tissu d’incubateurs et d’accélérateurs en expansion : tous les ingrédients sont réunis pour créer une start-up en Serbie et la projeter rapidement à l’international.

Bon à savoir :

Derrière une image de pays encore peu connu se cache un environnement bancaire stable et une stratégie étatique claire faisant de l’ICT un secteur prioritaire. Le niveau de vie y est bien inférieur à celui des capitales d’Europe occidentale, mais la qualité des talents est comparable à celle de Berlin ou Paris.

Un environnement macroéconomique étonnamment solide

Sans être membre de l’Union européenne, la Serbie coche plusieurs cases recherchées par les fondateurs et les investisseurs. Le pays a attiré plus de 5 milliards d’euros d’investissements directs étrangers, a obtenu la catégorie « investment grade » chez Standard & Poor’s, et les autres grandes agences de notation (Fitch, Moody’s) envisagent également des rehaussements.

35

Les dépôts en dinars ont augmenté de 35 % sur un an, témoignant d’une forte confiance dans le système financier.

La fiscalité des entreprises est l’un des gros atouts du pays. L’impôt sur les sociétés est fixé à 15 %, l’un des taux les plus bas d’Europe, quand la TVA standard s’établit à 20 % (10 % pour certains biens et services, 0 % pour les exportations). Dans le même temps, la Serbie entretient plus de 60 conventions de non-double imposition, ouvrant un accès optimisé à de nombreux marchés.

Un aperçu de quelques paramètres clés résume l’attrait du pays pour un créateur de start-up :

IndicateurValeur / Situation en Serbie
Impôt sur les sociétés15 % (taux standard, parmi les plus bas d’Europe)
TVA standard / réduite / zéro20 % / 10 % / 0 % (notamment sur les exportations)
Conventions de non-double imposition60+ pays couverts
Taux d’imposition sur les dividendes (personnes physiques)15 %
Taxe sur les plus-values sociétés15 % (20 % pour non-résidents, sauf traité)
Statut bancaireSecteur très développé, dynamique, numérisé
MonnaieDinar serbe (RSD)

Pour un fondateur international, la combinaison « stabilité macro + fiscalité douce + monnaie indépendante de l’euro » crée un terrain intéressant pour structurer une société technologique qui facture en devise forte tout en supportant des coûts locaux.

Une scène tech qui explose, portée par un vivier de talents exceptionnels

Le véritable moteur de l’attractivité serbe tient dans son secteur IT. Désormais, l’ICT pèse environ 10 % du PIB et se place parmi les quatre principaux postes d’exportation, aux côtés de l’acier, de l’automobile et de l’agriculture. Les exportations de services ICT ont atteint 4,3 milliards de dollars en 2024, soit une multiplication par dix en une douzaine d’années, et les projections évoquent 8 milliards d’ici 2030.

125000

Le nombre de professionnels IT dans le pays est passé d’environ 40 000 à 125 000 en une décennie.

L’écosystème repose sur un socle éducatif massif : programmation obligatoire dès la cinquième année de primaire, plus de 45 000 étudiants IT, quelque 3 500 diplômés ICT par an issus des grandes universités de Belgrade, Novi Sad, Niš ou Kragujevac. À cela s’ajoutent de nombreux masters et doctorats spécialisés (notamment en IA), des programmes de reconversion et des ateliers gouvernementaux dédiés aux nouvelles technologies.

Exemple :

Pour une start-up tech, l’environnement économique permet de constituer une équipe à des coûts largement inférieurs à ceux de l’Europe de l’Ouest, sans sacrifier la qualité. Les salaires des développeurs se situent généralement entre 1 000 et 2 000 dollars nets par mois, selon la ville et l’expérience. En comparaison, le même profil coûte deux à trois fois plus dans des villes comme Berlin, Londres ou Paris.

Un simple coup d’œil à la structure du talent et des coûts donne la mesure de l’opportunité :

VilleSalaire net développeur (moyenne)Nombre d’entreprises IT principalesTaux horaire freelance moyen
Belgrade1 000 – 2 000 USD200+~35 USD / h
Novi Sad1 000 – 2 000 USD200+~30 USD / h
Niš900 – 2 000 USD40+~31 USD / h
Subotica900 – 2 000 USD80+~20 USD / h

Pour un fondateur qui facture en dollars ou en euros, la Serbie permet donc de monter une équipe technique compétitive avec un rapport coût/productivité particulièrement attractif.

Un écosystème start-up déjà riche et en structuration

La Serbie n’est plus une terre vierge côté innovation. On estime le nombre de start-up entre 200 et 400, pour une valorisation d’écosystème supérieure à 1 milliard de dollars et une croissance annuelle proche de 20 %. Belgrade concentre à elle seule plus de 200 start-up actives, mais Novi Sad et Niš émergent aussi comme pôles majeurs.

Les success stories locales sont loin d’être anecdotiques. On peut citer :

Acquisitions récentes dans la tech

Panorama de plusieurs acquisitions significatives réalisées par des acteurs majeurs du secteur technologique.

Nordeus rejoint Take-Two

Le studio derrière le jeu mobile « Top Eleven » a été racheté par Take-Two pour près de 378 millions de dollars.

3Lateral acquis par Epic Games

Le spécialiste de la capture et de l’animation 3D rejoint le géant des moteurs de jeu et du métavers.

Frame repris par Nutanix

La plateforme de virtualisation d’applications a été acquise pour environ 200 millions de dollars.

ManageWP acheté par GoDaddy

L’outil de gestion de sites WordPress rejoint l’écosystème de l’hébergeur web.

CarGo : la super-app belgradoise

Application mêlant mobilité, livraison et bientôt paiement, comptant plus de 850 000 utilisateurs.

Dans la fintech, des acteurs comme 1stMobi Banka (banque 100 % mobile), Yettel Bank ou encore des jeunes pousses financées par la BERD ou l’Union européenne participent à la modernisation d’un secteur bancaire pourtant déjà très développé.

Les investisseurs spécialisés ne manquent pas : South Central Ventures, TS Ventures, ICT Hub Venture, Omorika Ventures, SEAF Serbia Impact Fund ou encore des business angels réunis au sein du Serbian Business Angel Network (piloté par la Digital Serbia Initiative). Plusieurs fonds étrangers – Eleven, Credo Ventures, Point Nine, SMOK Ventures, etc. – ont déjà pris des participations dans des start-up serbes.

Investisseurs et fonds spécialisés en Serbie

Les accélérateurs structurent aussi de plus en plus le paysage : Katapult (programme public phare), ICT Hub, Impact Hub Belgrade, Startit, StartLabs, NINJA (programme avec le Japon), EIT Digital Venture Program, ou encore les parcs scientifiques et technologiques de Belgrade, Novi Sad, Niš, Čačak. Beaucoup combinent financement (souvent en equity ou quasi-equity) et accompagnement intensif.

Un tableau permet de visualiser quelques programmes clés de l’écosystème :

Programme / OrganisationType de soutienTicket financier typique
Katapult (Innovation Fund)Accélération, coaching, financement non dilutifJusqu’à ~300 000 € (scale-up track)
ICT Hub VentureFonds early stage tech50 000 – 500 000 €
TS VenturesFonds VC100 000 – 1 000 000 €
Omorika VenturesVC Balkans100 000 – 1 500 000 €
Impact Hub BelgradeAccélération + coworking~20 000 € + services pour 7 % equity
StartLabsAccélérateur seed (US + Belgrade)Jusqu’à 50 000 $

Pour un fondateur étranger, ce maillage de structures d’appui est précieux : il offre du capital, du réseau local, une compréhension fine du marché, et souvent un accès privilégié aux premières grandes références clientes.

Choisir la bonne forme juridique pour sa start-up

Juridiquement, la Serbie offre un éventail de structures assez classique, avec quelques nuances importantes pour qui vise une start-up à fort potentiel.

Les principales formes sont :

la société à responsabilité limitée, la DOO (društvo s ograničenom odgovornošću), forme la plus répandue pour les start-up ;

– la société par actions (AD), ouverte ou fermée, plus rare au démarrage ;

– les sociétés de personnes (partenariat général OD, partenariat limité KD) ;

– l’entrepreneur individuel (preduzetnik) ;

– la succursale ou le bureau de représentation d’une société étrangère.

Astuce :

Pour un projet technologique avec des investisseurs, la forme juridique de la Société à responsabilité limitée (DOO) est généralement l’option la plus pertinente. Elle offre une responsabilité limitée pour les associés, une grande flexibilité au niveau du capital social (le minimum légal peut être de seulement 100 RSD, soit environ 1 €), la possibilité d’avoir plusieurs associés et une bonne ouverture aux marchés internationaux.

À titre de comparaison :

Forme juridiqueCapital minimumNombre d’associésResponsabilitéUsage typique
DOO (SARL)~100 RSD (≈ 1 €)1 à 50Limitée aux apportsStart-up tech, PME, filiales étrangères
AD (SA) fermée10 000 €≤ 100Limitée aux apportsGrandes entreprises, IPO, banques
AD (SA) ouverte25 000 €≥ 1 (pas de max réel)Limitée aux apportsCotation, levées publiques
OD (partenariat général)Aucun≥ 2Illimitée et solidairePetites structures, activités locales
KD (partenariat limité)Aucun (flexible)≥ 2 (commandités / commanditaires)MixteProjets avec investisseur passif
Preduzetnik (entrepreneur)Aucun1 personne physiqueIllimitéeFreelance, micro-activité

Pour une start-up orientée croissance, la DOO présente plusieurs avantages : formalités allégées, possibilité d’ouvrir le capital à de nouveaux investisseurs, compatibilité avec les plans d’intéressement (parts de fondateurs, stock-options structurées via participations), et reconnaissance par les banques et les acteurs publics.

Enregistrer sa société : un processus largement digitalisé

L’enregistrement d’une société en Serbie s’effectue auprès de l’Agence des registres des entreprises (APR / SBRA), véritable guichet unique créé avec le soutien de la Banque mondiale et de partenaires comme Microsoft ou USAID. La procédure est en grande partie électronique et peut être réalisée à distance via une procuration.

Les grandes étapes pour créer une DOO sont les suivantes (en pratique, elles s’enchaînent en 5 à 10 jours ouvrés pour un dossier bien préparé) :

Attention :

Le processus comprend : la réservation du nom (valable 60 jours), la définition de l’activité principale, la rédaction des statuts en serbe, la préparation des documents d’identité des fondateurs (avec apostille et traduction si nécessaire), la désignation d’un directeur légal, le dépôt du capital social, le dépôt du dossier auprès de l’APR (frais d’environ 50-60€ pour une DOO, délai de 3-5 jours), et enfin la récupération des numéros d’immatriculation, fiscal (PIB) et de sécurité sociale.

Les formalités post-enregistrement incluent l’ouverture d’un compte bancaire professionnel (avec dépôt de capital si ce n’est pas déjà fait), la souscription d’une signature électronique qualifiée pour le directeur, l’enregistrement des bénéficiaires effectifs (UBO) dans le registre dédié, et le dépôt de la première déclaration d’acompte d’impôt dans les 15 jours.

300-600

Le coût global de création d’une DOO, incluant frais de notaire, traductions, honoraires et première mise en place comptable, se situe généralement entre 300 et 600 €.

Fiscalité et incitations : un arsenal très favorable aux start-up

Au-delà du taux d’IS à 15 %, la Serbie a mis en place un ensemble d’outils qui rendent la création d’une start-up particulièrement attractive, en particulier dans l’innovation.

Plusieurs dispositifs méritent d’être connus dès la phase de structuration :

Incentifs fiscaux pour les entreprises en Serbie

La Serbie propose un ensemble de mesures fiscales attractives pour soutenir l’investissement, l’innovation et la création d’emplois.

Déduction majorée R&D

Les dépenses de R&D réalisées en Serbie sont déductibles pour le double de leur montant du résultat imposable (hors industries extractives).

Régime IP Box

80 % des revenus qualifiés provenant de la propriété intellectuelle enregistrée en Serbie peuvent être exclus de la base imposable.

Crédit d’impôt innovation

Un investisseur peut déduire 30 % de son investissement dans une start-up innovante, dans la limite de 100 millions de dinars.

Vacances fiscales

Exonération totale d’impôt sur les sociétés pendant 10 ans pour un investissement > 1 milliard RSD (~8,5 M€) et création d’au moins 100 emplois.

Allègements de charges pour l’emploi

Réduction des impôts et contributions salariales de 65% à 75% pour le recrutement de personnes inscrites longtemps au chômage.

Dispositif pour fondateurs de start-up

Exonération d’impôt sur le revenu et de contributions sociales sur un salaire jusqu’à 150 000 RSD/mois pendant 36 mois, sous conditions.

Pour les dépenses éligibles, ces mesures peuvent abaisser très sensiblement la charge fiscale effective d’une jeune entreprise technologique. Combinées à la possibilité de reporter les déficits fiscaux pendant cinq ans et au régime IP Box, elles permettent d’optimiser la structure de revenus issus de logiciels, de licences, de plateformes SaaS ou d’algorithmes d’IA.

Bon à savoir :

Les investisseurs bénéficient de plusieurs mesures fiscales : un crédit d’impôt de 30 % pour les apports dans le capital de start-up innovantes, une possible exonération des plus-values de cession d’actifs numériques si elles sont réinvesties dans des sociétés serbes, et la déduction des impôts payés à l’étranger sur les dividendes.

Emploi, charges sociales et coûts salariaux

Sur le marché du travail, la Serbie offre un compromis intéressant pour un fondateur : charges élevées sur le papier, mais efficacement comprimées par les incitations à l’embauche.

En régime standard, les contributions sociales s’élèvent à 15,15 % côté employeur et 19,9 % côté employé, sur une base mensuelle encadrée par des plafonds minimum et maximum. L’impôt sur le revenu du travail est de 10 %, auquel s’ajoute un impôt complémentaire pour les très hauts revenus.

Mais une série de mesures atténue fortement ce poids pour les start-up qui créent des emplois qualifiés :

Bon à savoir :

Plusieurs dispositifs fiscaux avantageux existent pour les employeurs en Serbie : une réduction de 70% de l’impôt sur le salaire pour les emplois en R&D ; une exonération totale des impôts et contributions pendant trois ans pour l’embauche en CDI d’une personne handicapée ; et des allègements pour les « newly settled individuals » (talents étrangers ou rapatriés), avec des réductions de la base imposable pouvant atteindre 70% pour des salaires supérieurs à 300 000 RSD.

La conséquence concrète est qu’une jeune pousse peut ramener son coût total de main-d’œuvre à un niveau extrêmement compétitif, souvent estimé à environ 50 % de celui observé dans les pays d’Europe centrale membres de l’UE. Pour certaines combinaisons de dispositifs (emploi de chômeurs de longue durée, profils R&D, retours de l’étranger), le coût total chargé peut être réduit à l’équivalent d’environ 20 % du salaire brut théorique.

Se financer : fonds publics, VCs, business angels et hubs

Créer une start-up en Serbie ne se résume pas à profiter d’une fiscalité avantageuse : l’accès au financement progresse nettement, même si le marché reste plus petit que ceux de Berlin ou Londres.

Sur le versant public, plusieurs instruments sont disponibles :

Soutiens financiers pour les entreprises en Serbie

Principaux dispositifs publics d’aide aux entreprises, du démarrage à l’export.

Fonds pour l’innovation (Innovation Fund)

Finance les projets innovants via des programmes d’amorçage, des bons d’innovation et l’accélérateur Katapult.

Fonds de développement de la République de Serbie

Propose des prêts d’investissement et des crédits d’exploitation, notamment dans les zones moins développées.

Agence de développement de Serbie (RAS)

Gère des subventions pour les projets industriels et les services tournés vers l’export.

Ministère de l’Économie & Agence nationale pour l’emploi (NES)

Accordent des subventions pour la création d’entreprise, l’achat d’équipements ou les premières embauches.

Les tickets publics combinent souvent subventions et prêts à taux préférentiels. Des appels ont par exemple permis de distribuer plus de 3,5 millions de dollars à une centaine de petites entreprises pour des projets de digitalisation et d’innovation, avec le soutien d’acteurs privés comme Philip Morris.

Côté privé, les fondateurs peuvent se tourner vers : les investisseurs privés, les fonds de capital-risque, les business angels et les plateformes de crowdfunding.

Écosystème d’investissement en Serbie

Panorama des principaux acteurs financiers soutenant les startups et l’innovation en Serbie, des fonds locaux aux investisseurs internationaux.

Fonds de capital-risque locaux

Incluent South Central Ventures, TS Ventures, ICT Hub Venture, Omorika Ventures et le SEAF Serbia Impact Fund.

Réseau de Business Angels

Le Serbian Business Angel Network, ayant déjà investi plus d’un million d’euros dans des startups.

Investisseurs internationaux

Actifs en Serbie : Eleven Ventures, Point Nine, SMOK Ventures, Credo Ventures et SeedBlink.

Programmes corporate

Comme Elevator Lab (Raiffeisen Bank International) spécialisé dans la fintech.

Les montants levés par les start-up serbes restent encore modestes en comparaison des grandes capitales tech, mais la tendance est clairement à la hausse : 70 millions de dollars environ en 2023, un record de 846 millions de dollars investis par la BERD dans le pays la même année, et des tours de table conséquents pour des acteurs comme Tenderly (12,8 M€ en série A) ou d’autres jeunes pousses IA, gaming ou blockchain.

S’installer en Serbie en tant que fondateur étranger

Un des aspects les plus singuliers du pays tient à la facilité avec laquelle un fondateur étranger peut obtenir un droit de séjour. La création d’entreprise est l’un des moyens les plus simples d’accéder à un titre de résidence temporaire.

Il existe plusieurs voies :

Bon à savoir :

Plusieurs voies existent pour obtenir un titre de séjour en Croatie : la création d’une société active (DOO ou entrepreneur individuel) sans seuil d’investissement minimal légal ; l’investissement immobilier, sans montant officiel minimal mais soumis à l’appréciation des autorités et aux accords de réciprocité ; un permis combiné travail-résidence pour les travailleurs hautement qualifiés ou fondateurs ; ainsi que des dispositifs spécifiques pour les entrepreneurs, freelances et nomades numériques via un permis de « self-employment ».

La procédure classique consiste à entrer en Serbie (de nombreux pays, dont l’UE, les États-Unis, la Russie, la Chine ou l’Inde, bénéficient d’une exonération de visa de court séjour), à immatriculer sa société, puis à déposer une demande de résidence temporaire auprès du ministère de l’Intérieur. Les premiers titres sont souvent délivrés pour une durée d’un an, renouvelable, avec possibilité d’extension jusqu’à trois ans pour certains types de permis.

Bon à savoir :

Après trois années de résidence temporaire ininterrompue, il est possible de demander la résidence permanente. Trois années supplémentaires de résidence permanente permettent ensuite de solliciter la naturalisation, sous réserve de maîtriser la langue serbe et de faire preuve d’intégration.

Pour un entrepreneur international, cela signifie qu’en construisant une activité réelle depuis la Serbie, il est envisageable, à terme, d’obtenir un passeport serbe tout en continuant, pour beaucoup, à conserver sa nationalité d’origine (le pays admet la double nationalité dans de nombreux cas).

Un marché intérieur modeste mais très dynamique dans le numérique

Si l’objectif premier de beaucoup de start-up est l’export, il serait réducteur de sous-estimer le marché intérieur serbe, notamment dans l’e-commerce et les services digitaux.

Le commerce en ligne a connu une croissance spectaculaire : plus de 1,8 million de personnes ont acheté en ligne en 2019, contre 1,2 million l’année précédente, et en 2020 on comptait déjà 3,3 millions de clients e-commerce. Les estimations indiquent que 70 % de la population ont effectué au moins un achat en ligne en 2021. Les revenus du secteur étaient évalués à plus de 700 millions de dollars en 2022, avec une projection vers 1,65 milliard en 2027, soit un taux de croissance annuel à deux chiffres.

plusieurs dizaines de millions

Les grandes plateformes de commerce en ligne en Serbie, comme Gigatron.rs ou Tehnomanija.rs, réalisent chacune un chiffre d’affaires de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Le paiement à la livraison reste culturellement très ancré, mais la pandémie a accéléré l’adoption des paiements électroniques et du mobile banking. Plus de 4,45 millions de clients avaient déjà souscrit un service de banque mobile fin 2024, soit une hausse de plus de 15 % en un an. Le système de paiement instantané IPS NBS via QR code, piloté par la Banque nationale de Serbie, s’impose comme un standard.

Pour une start-up, ce contexte crée des fenêtres d’opportunité sur :

la logistique et la livraison urbaine ;

les solutions de paiement, de lutte contre la fraude et d’open banking ;

les services SaaS à destination des e-commerçants (marketing automation, CRM, analytics, etc.) ;

les services B2B liés à la conformité (facturation électronique, gestion de la TVA, RGPD local) .

Le tout dans un cadre réglementaire relativement moderne : loi sur le commerce électronique, loi sur la protection des données inspirée du RGPD européen, lois spécifiques sur les actifs numériques, les paiements, la consommation et la publicité. De quoi rassurer les partenaires internationaux soucieux de conformité.

Un cadre réglementaire fintech et paiement déjà aligné sur l’UE

Pour les start-up de la finance, la Serbie offre un terrain particulièrement intéressant, avec un régulateur unique, la Banque nationale de Serbie (NBS), très active sur la digitalisation.

Le pays a mis en œuvre une loi sur les services de paiement qui introduit la banque ouverte (open banking), les services d’initiation de paiement et les services d’information sur les comptes, sur le modèle des textes européens. Les prestataires de services de paiement peuvent obtenir deux grands types de licences :

350000

Le capital minimum requis pour obtenir une licence d’établissement de monnaie électronique (EMI) en France est de 350 000 euros.

Le processus d’autorisation est encadré : la NBS dispose de trois mois pour statuer sur une demande complète, et peut demander des compléments si le dossier est insuffisant. Les dirigeants doivent justifier d’une bonne réputation et d’une expérience adéquate. La protection des fonds des clients (assurance, garantie bancaire ou compte séquestre) est obligatoire, de même que l’authentification forte des clients pour les paiements.

Pour une fintech qui cherche une juridiction plus souple qu’un État membre de l’UE, mais déjà alignée sur les standards européens, la Serbie représente un compromis intéressant, d’autant que le pays n’applique pas encore les échanges automatiques d’informations type CRS dans les mêmes conditions que la plupart des pays occidentaux.

Incubateurs, accélérateurs et hubs : comment se faire accompagner

L’un des points forts de la Serbie est la densité croissante de structures de soutien aux entrepreneurs. Elles couvrent à la fois l’idéation, l’amorçage, la croissance et l’internationalisation.

On peut distinguer plusieurs types de dispositifs :

les incubateurs académiques et technologiques, comme le Business Technology Incubator of Technical Faculties Belgrade (BITF) ou les parcs scientifiques et technologiques (STP) ;

– les hubs d’innovation multi-thèmes (ICT Hub, Impact Hub Belgrade, Startit, Nova Iskra, etc.) ;

– les accélérateurs structurés (Katapult, StartLabs, NINJA, EIT Digital Venture Program, Founder Institute Serbia) ;

– les programmes sectoriels, par exemple dans les jeux vidéo, l’agritech, le blockchain/Web3, la medtech/biotech.

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C’est la valorisation agrégée, en millions de dollars, des start-up accompagnées par le programme Katapult.

Impact Hub Belgrade, de son côté, propose un package combinant coworking, mentorat, investissement (environ 20 000 €) et services d’accélération valorisés 30 000 € contre 7 % du capital, dans la lignée des grands réseaux internationaux d’impact hubs.

Pour un fondateur étranger, ces structures représentent un point d’entrée naturel dans l’écosystème : elles ouvrent les portes du réseau local, fournissent des retours rapides sur le produit et aident à naviguer dans l’administration serbe.

Accord de libre-échange et zones franches : une porte vers un milliard de consommateurs

Bien que non membre de l’UE, la Serbie compense largement cette situation par une mosaïque d’accords commerciaux qui donnent accès à un marché global estimé à plus d’un milliard de consommateurs.

Le pays bénéficie de :

l’accord de stabilisation et d’association avec l’UE (régime douanier préférentiel) ;

– des accords bilatéraux de libre-échange avec la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, la Turquie, l’EFTA (Suisse, Norvège, Islande, Liechtenstein) ;

– un accord avec l’Union économique eurasiatique (EAEU), en vigueur depuis 2021 ;

– l’appartenance à la CEFTA (accord de libre-échange centre-européen) ;

– l’intégration dans le dispositif GSP de plusieurs pays, dont le Japon, offrant des droits de douane réduits.

À cela s’ajoutent 15 zones franches douanières réparties sur le territoire (Pirot, Subotica, Novi Sad, Belgrade, Kragujevac, etc.) où les sociétés peuvent importer, transformer et réexporter des biens sans acquitter de droits ni de TVA. Pour une start-up industrielle ou une scale-up hardware, ces zones représentent un outil puissant pour optimiser sa supply chain.

Qualité de vie, coûts et ancrage local : un facteur d’attraction pour les fondateurs

Enfin, créer une start-up en Serbie, c’est aussi faire le choix d’un cadre de vie agréable à des coûts contenus.

Belgrade, avec ses 1,4 million d’habitants, offre une vie culturelle riche, un tissu de bars, de cafés et de restaurants, une scène artistique et une réputation nocturne bien établie. Le coût de la vie y reste bien inférieur à celui des grandes capitales occidentales : selon diverses estimations, jusqu’à 50 à 60 % moins cher que Londres sur certains postes. Un fondateur peut y vivre confortablement avec 800 à 1 500 € par mois hors loyer selon son style de vie.

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Le loyer mensuel minimum pour un appartement correct en s’éloignant du centre-ville en Serbie.

L’infrastructure quotidienne est fonctionnelle : eau potable au robinet, transports publics récemment rendus gratuits à Belgrade, réseaux internet rapides (95 % de pénétration du haut débit, débits moyens supérieurs à 50 Mbps), couverture mobile stable. La population est globalement accueillante, anglophone dans les grandes villes, et plutôt curieuse vis-à-vis des étrangers.

Pour un fondateur qui souhaite s’installer physiquement dans le pays, ce facteur « qualité de vie/cout de vie » est loin d’être négligeable, d’autant qu’il contribue à attirer des talents étrangers dans les équipes (développeurs de l’UE, d’Inde, des États-Unis, etc.), déjà nombreux à s’être installés à Belgrade.

En pratique : pourquoi et comment choisir la Serbie pour lancer sa start-up

Au moment d’arrêter un choix de juridiction, un fondateur se pose généralement quelques questions simples : où trouver les meilleurs talents à coût raisonnable ? Où puis-je structurer mon entreprise avec une fiscalité prévisible et compétitive ? Où l’environnement réglementaire restera-t-il aligné sur l’UE, même hors Union ? Où puis-je obtenir un titre de séjour en construisant mon activité ?

La Serbie apporte des réponses crédibles à chacune de ces questions :

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Talents

125 000 professionnels IT et 3 500 diplômés ICT par an. Salaires 40 à 70 % moins élevés qu’en Europe de l’Ouest. Forte maîtrise de l’anglais.

Fiscalité

IS à 15 %, IP Box et super-déduction R&D. Crédit d’impôt innovation, vacances fiscales possibles. Charges salariales fortement réduites par les incitations à l’emploi.

Régulation

Lois modernes (e-commerce, paiements, actifs numériques, données personnelles, signatures électroniques). Alignement sur le RGPD et standards européens (open banking, SCA).

Accès au marché

Réseau dense d’accords de libre-échange et 15 zones franches. Position géographique centrale entre l’UE, la Russie et le Moyen-Orient.

Vie quotidienne

Coût de la vie modéré, environnement urbain agréable, facilité de déplacement et climat tempéré.

Résidence

Procédures claires via création de société, self-employment ou investissement. Trajectoire lisible vers la résidence permanente puis la citoyenneté.

À ces éléments s’ajoute une dynamique d’écosystème très lisible : superclusters sectoriels (blockchain/Web3, agritech, gaming & VR, medtech & biotech), événements d’ampleur régionale (SPLET Tech, Webiz, GITEX sous bannière « Serbia creates tech »), structures associatives comme la Digital Serbia Initiative ou Startit, et un gouvernement qui assume désormais clairement sa volonté de faire du pays un « hub » technologique régional.

Bon à savoir :

Créer une start-up en Serbie présente des défis typiques des marchés émergents : accès limité aux gros financements, marché domestique modeste, bureaucratie pesante et nécessité d’une expansion internationale rapide. Cependant, pour les fondateurs prêts à saisir les opportunités d’un écosystème en décollage, le pays offre un rapport risque/opportunité difficile à égaler en Europe.

En résumé, la Serbie s’impose progressivement comme une base stratégique : on y crée sa structure, on y bâtit son équipe produit et R&D, on exploite les dispositifs fiscaux et les coûts avantageux, et l’on part conquérir l’UE et le reste du monde depuis un hub balkanique encore sous le radar de la plupart des concurrents. Pour beaucoup de créateurs de start-up, c’est exactement le type d’arbitrage qui peut faire la différence entre une idée prometteuse et une entreprise réellement scalable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français de 45 ans, expérimenté, avec un patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait diversifier ses activités en créant une société en Serbie pour optimiser sa fiscalité et développer une activité de holding ou de services numériques (IT/tourisme).

Budget alloué : 50 000 à 100 000 €, couvrant capital initial, frais de création et mise en place opérationnelle, sans recours au crédit. Après analyse de plusieurs juridictions (Chypre, Estonie, Serbie), la stratégie retenue a consisté à opter pour une DOO (société à responsabilité limitée), forme la plus courante et flexible pour les non-résidents, avec un impôt sur les sociétés à 15 % et une fiscalité avantageuse sur les dividendes via la convention fiscale franco-serbe, combinant coûts faibles et accès facilité au marché régional. La mission a inclus : choix du secteur porteur (IT, immobilier, tourisme), vérification du nom et rédaction des statuts en serbe, dépôt du capital en banque serbe, enregistrement au registre du commerce en 5–10 jours, obtention éventuelle du numéro TVA, mise en relation avec un réseau local (avocat, comptable, domiciliation ~3000 €/an) et choix de la structure (gérant français ou serbe).

Ce type d’accompagnement permet de profiter des coûts de création réduits (~1500–2000 €), d’une main-d’œuvre qualifiée et compétitive, tout en maîtrisant les risques (barrière linguistique, conformité fiscale France–Serbie via convention anti-double imposition) et en intégrant cette entité dans une stratégie patrimoniale globale d’expatriation ou de diversification.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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