Lancer ou développer une activité en Serbie passe très vite par une même question concrète : où installer son entreprise, et dans quel type de local ? Bureau moderne à Belgrade, boutique de quartier, entrepôt logistique près d’une autoroute ou usine dans un parc industriel : l’offre est de plus en plus large, mais les règles du jeu restent très spécifiques. Comprendre le marché, les prix, le cadre légal et les différences de régions est indispensable pour signer un bail ou acheter un bâtiment en limitant les risques.
Cet article fournit une analyse pratique et structurée des marchés des bureaux, commerces et entrepôts en Serbie. Il s’appuie sur des données récentes provenant des principaux acteurs du secteur (CBS International, CBRE, Colliers, agences spécialisées) et d’institutions publiques, tout en intégrant le cadre juridique en vigueur.
Un environnement d’affaires attractif pour implanter son local
La Serbie s’est imposée comme une destination compétitive pour les entreprises industrielles, de services, de logistique ou du numérique. Située au cœur de la péninsule balkanique, à la croisée des corridors paneuropéens X et VII, elle offre un accès direct aux marchés de l’Union européenne, tout en bénéficiant d’accords de libre-échange avec de nombreux pays.
Le taux unique de l’impôt sur les sociétés en Serbie, pouvant être réduit pour les projets industriels ou innovants.
Cette combinaison de fiscalité modérée, de salaires moyens plus bas que dans l’UE et d’incitations à l’emploi se traduit par un coût global de main‑d’œuvre proche de la moitié de celui observé dans les pays d’Europe de l’Est membres de l’UE. Pour un entrepreneur qui cherche un local commercial, un bureau ou un entrepôt, cela signifie que le poste « loyers + salaires + charges » reste compétitif, à condition de bien arbitrer entre emplacement, performance énergétique et niveau de service.
Comprendre le marché immobilier d’entreprise en Serbie
Le marché immobilier professionnel serbe s’est considérablement structuré au cours de la dernière décennie. Il est désormais alimenté à la fois par des investisseurs institutionnels internationaux, de grands groupes de construction, des banques locales et des développeurs nationaux.
Belgrade domine largement, concentrant plus de 70 % de la demande pour les bureaux de qualité, les locaux commerciaux prime et une part significative de la logistique. L’offre de bureaux modernes dans la capitale dépasse 1,2 million de m² de surface locative, dont environ 65 % de classe A, et continue de croître avec de nouveaux projets à New Belgrade, dans le centre-ville et le long des principaux axes.
Le modèle économique serbe évolue d’une concentration sur Belgrade vers un réseau de villes secondaires (Novi Sad, Niš, Kragujevac, etc.) structuré le long des grands corridors de transport. Cette dynamique crée des opportunités pour implanter des entrepôts, ateliers et locaux commerciaux à moindre coût tout en bénéficiant d’une bonne connectivité.
Le secteur le plus dynamique est celui des entrepôts et de la logistique, dopé par l’e‑commerce, la montée des exportations industrielles et la position de hub régional. Les surfaces logistiques modernes dépassent déjà 6 millions de m², avec un pipeline de plusieurs centaines de milliers de m² supplémentaires.
Bureaux, commerce, industrie : des dynamiques différentes
Les bureaux modernes de Belgrade affichent une demande forte, tirée par l’IT, l’ingénierie, la finance et les services partagés. La vacance des immeubles de classe A tourne autour de 2 %, celle des bâtiments de classe B restant sous 4 %. Les loyers prime se stabilisent autour de 18 €/m²/mois pour les meilleurs actifs, tandis que des solutions flexibles ou de coworking complètent l’offre, avec plus de 70 000 m² d’espaces partagés.
Le commerce suit une trajectoire distincte. Dans la capitale comme dans les villes moyennes (Čačak, Kraljevo, Leskovac, Zaječar, Valjevo, Pančevo), la croissance passe par les retail parks et les formats hybrides. Si les zones hyper‑centrales restent très chères, la demande pour des locaux de proximité dans les quartiers résidentiels est en pleine croissance, sous l’effet du slogan qui résume bien la nouvelle réalité du marché : « le centre est partout où se trouvent les consommateurs ».
Analyse du marché immobilier commercial serbe
L’immobilier industriel et logistique, enfin, est l’axe stratégique le plus porteur, avec une demande forte pour des entrepôts modernes, bien desservis par les autoroutes E‑70 et E‑75, le périphérique de Belgrade et les ports fluviaux.
Choisir sa localisation : Belgrade, Novi Sad, Niš et les corridors
La première étape pour trouver un local consiste à choisir la ville et le type de zone adapté à son modèle économique. En Serbie, la logique de « corridors » est déterminante, surtout pour la logistique et l’industrie.
Belgrade : vitrine, marché et nœud logistique
Belgrade concentre environ 1,7 million d’habitants et constitue à la fois le plus grand marché de consommation du pays, le centre financier et le principal pôle tertiaire. La ville est à la croisée des autoroutes E‑70 et E‑75, dispose d’un aéroport international (Nikola Tesla) à 20–30 minutes des principaux quartiers d’affaires, d’un port fluvial et d’un réseau de transports urbains dense.
Les principaux secteurs pour implanter un bureau ou un commerce sont les municipalités centrales (Stari grad, Vračar, Savski venac, Palilula, Zvezdara) et New Belgrade sur la rive gauche de la Save, qui devient le centre financier du pays. Presque toutes les municipalités, y compris les zones périphériques comme Surčin, Borča ou Batajnica, disposent de populations denses et d’un marché de proximité intéressant.
Pour un bureau, New Belgrade reste la référence, avec des parcs d’affaires comme GTC Fortyone, Navigator, USCE, GTC 19 Avenue, ou des immeubles de classe A offrant parkings, restaurants, salles de réunion et connexion internet très haut débit. Les loyers y sont compétitifs par rapport aux capitales d’Europe de l’Ouest, tout en offrant une qualité technique conforme aux standards internationaux (planchers techniques, climatisation centralisée, sécurité 24/7, certifications environnementales LEED ou BREEAM de plus en plus fréquentes).
Pour un commerce, la logique de micro‑localisation prime. Une petite boutique de 15–20 m² dans une rue très passante de Stari grad ou de Vračar se loue typiquement entre 200 et 600 € par mois, alors qu’une surface de 100 m² en emplacement n°1 peut atteindre 2 000 €, voire davantage si la vitrine est exceptionnelle. À New Belgrade et Zemun, les niveaux sont un peu plus bas mais restent sensibles à la micro‑localisation au sein des blocs résidentiels.
Novi Sad : ingénieurs, Danube et logistique
Novi Sad, seconde agglomération du pays, combine un fort bassin d’ingénieurs, une université dynamique, un port sur le Danube et une position stratégique sur l’axe Belgrade–Hongrie. Elle se positionne de plus en plus comme un hub logistique, notamment grâce à des parcs industriels modernes comme CTPark Novi Sad, CTPark Novi Sad East, CTPark Novi Sad City ou Industrial Park Pobeda.
Ces parcs offrent des surfaces de production et de stockage flexibles, de 2 500 à plus de 100 000 m², avec toutes les infrastructures nécessaires (électricité haute capacité, gaz, eau, fibre, accès poids lourds). La proximité des frontières croate, hongroise et roumaine renforce l’intérêt de la zone pour les industriels exportateurs.
Niš, Kragujevac et les autres pôles régionaux
Niš, troisième ville du pays, se situe au croisement des routes vers la Bulgarie, la Macédoine du Nord et la Grèce. CTPark Niš, à moins de 5 km du centre-ville et à proximité de l’aéroport Konstantin Veliki, cible précisément les entreprises qui souhaitent couvrir le sud de la Serbie et les Balkans du Sud. La ville bénéficie d’une main‑d’œuvre abondante et compétitive, et la possibilité de créer une zone franche further renforce l’attrait pour certains types d’activités industrielles.
Kragujevac, Kraljevo, Čačak, Subotica, Pančevo, Smederevo, Zrenjanin ou encore Ruma, Inđija et Stara Pazova s’inscrivent dans un maillage de zones industrielles en pleine expansion, souvent connectées directement aux autoroutes et bénéficiant d’incitations régionales (subventions à l’emploi, cofinancement d’équipements, foncier à prix réduit).
Niveaux de loyers : bureaux, commerces et entrepôts
Les niveaux de loyers varient fortement selon la ville, la qualité du bâtiment, sa classe (A, B ou C), sa localisation et les services inclus (charges, parkings, sécurité, etc.). Il est essentiel de comparer non seulement le loyer facial, mais le coût complet d’occupation (loyer + charges + énergie + aménagement).
Fourchettes de loyers pour les commerces à Belgrade
Pour se repérer, les données disponibles permettent d’établir des fourchettes indicatives pour les locaux commerciaux à Belgrade :
| Zone de Belgrade | Surface typique | Loyer mensuel moyen (fourchette) |
|---|---|---|
| Centre‑ville (Stari grad, Vračar, etc.) | 15–20 m² | 200–600 € |
| Centre‑ville | 30–40 m² | 400–800 € |
| Centre‑ville | 50–60 m² | 500–1 000 € |
| Centre‑ville | 100 m² | 1 000–2 000 € |
| New Belgrade | 15–20 m² | 200–500 € |
| New Belgrade | 30–40 m² | 400–700 € |
| New Belgrade | 50–60 m² | 500–1 000 € |
| New Belgrade | 100 m² | 800–2 000 € |
| Zemun | 15–20 m² | 200–400 € |
| Zemun | 30–40 m² | 350–700 € |
| Zemun | 50–60 m² | 400–800 € |
| Zemun | 100 m² | 800–1 500 € |
Ces chiffres masquent d’importantes variations à la micro‑localisation. Certains blocs de New Belgrade voient de petites cellules commerciales de moins de 30 m² se louer entre 300 et 800 € par mois, tandis que dans des communes périphériques, de grands locaux en emplacement stratégique peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, attirant les grandes enseignes alimentaires, de bricolage ou d’équipement.
Bureaux : coûts, charges et aménagement
Pour les bureaux, les loyers mensuels en Serbie oscillent généralement entre 5 et 35 €/m². Les meilleurs immeubles de Belgrade (classe A) se situent autour de 18 €/m², tandis que les bâtiments plus anciens ou moins bien placés offrent des tarifs compris entre 8 et 14 €/m².
En complément du loyer, les charges d’exploitation couvrent les services et frais communs du bâtiment. Leur montant varie significativement selon le type de bien.
Les charges se situent généralement entre 4 et 6 €/m²/mois. Elles incluent le gardiennage, l’entretien des parties communes, le chauffage ou la climatisation collective, le nettoyage, etc.
Ces biens bénéficient de charges d’exploitation nettement plus faibles, souvent comprises entre 0,5 et 1 €/m².
L’aménagement intérieur représente un poste de coût non négligeable. Les benchmarks couramment utilisés par les conseils comme Colliers indiquent des coûts de fit‑out de l’ordre de :
| Type de bâtiment | Coût d’aménagement indicatif |
|---|---|
| Bureau classe A | ~ 1 300 €/m² |
| Bureau classe B | ~ 900 €/m² |
| Bureau classe C | ~ 650 €/m² |
| Entrepôt / industriel | 300–500 €/m² |
Ce fit‑out inclut généralement cloisons, sols, mobilier, câblage IT, éclairage, salles de réunion, etc. Il peut être en partie pris en charge par le propriétaire sous forme de « contribution d’aménagement » (70 à 250 €/m² selon les cas), en échange d’un bail de plus longue durée ou de loyers plus élevés. Les périodes de franchise de loyer (1 à 2 mois pour un bail de bureaux, 0 à 1 mois pour un entrepôt) font aussi partie des leviers de négociation.
Entrepôts et espaces industriels : louer au bon prix
Sur le segment logistique, les loyers restent très compétitifs à l’échelle européenne, mais les écarts entre villes existent :
| Ville / Région | Loyer mensuel moyen entrepôt (€/m²) |
|---|---|
| Belgrade + périphérie | 4,5 – 5,0 |
| Novi Sad | 3,8 – 4,8 |
| Niš | 3,5 – 4,2 |
| Kragujevac | ~ 7,1 |
| Belgrade (fourchette large selon classe & localisation) | 4 – 15 |
Les grands parcs industriels (CTPark, VGP, BHM Industrial Park, etc.) proposent des surfaces modulaires de 2 000 à plus de 100 000 m², souvent avec la possibilité de contrats flexibles (3 à 12 mois) pour les petites surfaces, ou de modèles Build‑To‑Suit et Build‑To‑Own pour les grandes installations sur mesure.
L’énergie et les charges : un coût à ne pas sous‑estimer
L’énergie représente en moyenne autour de 20 % des coûts d’exploitation d’un immeuble de bureaux. La Serbie, historiquement avantagée par des tarifs électriques bas, a vu ses prix remonter, notamment pour les industriels, ce qui impose de regarder de près la performance énergétique des locaux.
Pour les entreprises, le prix moyen de l’électricité industrielle tourne autour de 0,1356 €/kWh, avec des variations selon la région et la structure tarifaire (puissance appelée, heures pleines/creuses, volume total). Dans certaines zones industrielles de Vojvodine, des fourchettes de 0,09 à 0,12 €/kWh sont observées, tandis que dans d’autres cas, les contrats commerciaux ont pu être proposés entre 105 et 109 €/MWh.
Pour mettre ces coûts en perspective, les comparaisons d’usage domestique donnent un ordre de grandeur : charger un véhicule électrique coûterait environ 6,31 €, une machine à laver 0,11 €, un aspirateur 10 minutes 0,05 €. À l’échelle d’un entrepôt de 10 000 m², la facture annuelle dépendra en grande partie de la qualité de l’isolation, du système de chauffage (gaz, électricité, réseau de chaleur) et de la gestion des consommations.
C’est la consommation énergétique annuelle moyenne, en kWh par mètre carré, des bâtiments commerciaux.
De plus en plus de propriétaires intègrent des systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB), de l’éclairage intelligent, des capteurs d’occupation, voire des panneaux photovoltaïques et des batteries pour lisser la consommation en heures de pointe. Pour un locataire, demander les rapports énergétiques annuels et les certifications environnementales (green building certificate, « energy passport ») permet d’anticiper les charges et d’intégrer le coût de l’énergie dans la décision de localisation.
Zones industrielles et parcs logistiques : des solutions clé en main
Pour les entreprises industrielles ou logistiques, s’implanter dans un parc industriel ou une zone logistique structurée offre des avantages importants : délais de raccordement plus courts, coûts d’infrastructure mutualisés, accès immédiat aux autoroutes, à la main‑d’œuvre et parfois à des incitations spécifiques.
Parmi les sites les plus représentatifs, on peut citer :
Présentation des principaux parcs d’activités stratégiques en Serbie, offrant des infrastructures adaptées à la logistique, à la distribution et à la fabrication.
Situé près de l’autoroute Belgrade–Zagreb et de l’aéroport Nikola Tesla. Vise les activités logistiques régionales.
Positionné entre Belgrade et Novi Sad, visible depuis l’A1. Cible e‑commerce, distribution et fabrication, avec des unités de 2 500 à plus de 120 000 m².
À 15 km de Belgrade et 4 km de l’aéroport, à la jonction E‑70/E‑75 et du périphérique. Adapté aux opérateurs logistiques paneuropéens.
Complexe industriel et logistique à 3 km du centre de Novi Sad. Surfaces de 1 000 à 110 000 m², relié aux grandes routes de l’Europe du Sud‑Est.
Directement sur l’A1, à mi‑chemin entre Belgrade et Niš. Idéal pour couvrir tout le corridor central.
Offre plus de 39 000 m² de stockage couvert et 100 000 m² en plein air. Inclut des solutions de dépôt sous douane et un terminal poids lourds sur le Danube.
Ces parcs sont généralement dimensionnés pour accueillir des bâtiments conformes aux standards internationaux (hauteurs de 6 à 12 m, dalles supportant des charges élevées, quais de chargement multiples, sprinklers, vidéosurveillance, fibre), avec des services d’accompagnement (douane, gestion de projet, sécurité, maintenance). Ils permettent aux entreprises de démarrer leurs opérations en quelques semaines plutôt qu’en plusieurs mois, dans une logique « plug‑and‑play ».
Le cadre légal : urbanisme, construction et énergie
Au‑delà du marché, l’implantation dans un local commercial, un bureau ou un entrepôt est encadrée par un corpus de lois que les investisseurs étrangers doivent maîtriser, au moins dans leurs grandes lignes.
Urbanisme et planification
La loi centrale est la Loi sur l’aménagement et la construction. Elle définit les règles de zonage, d’usage du sol, de hauteur, de densité bâtie, et régit l’ensemble du cycle de construction : conditions de localisation, permis de construire, certificat d’occupation, raccordement aux réseaux.
Les documents d’urbanisme se déclinent en plans spatiaux (pour l’État, les régions et certaines zones spéciales) et plans urbains (plans généraux d’urbanisme, plans de régulation, plans de détail). Chaque parcelle est affectée à un ou plusieurs usages (résidentiel, commercial, industriel, mixte), avec des indices réglementaires comme :
| Terme clé | Définition synthétique |
|---|---|
| Usage du sol | Destination autorisée de la parcelle (habitation, commerce, industrie…) |
| Coefficient d’occupation | Rapport entre l’empreinte au sol du bâtiment et la surface de la parcelle |
| Coefficient de construction | Rapport entre la surface de plancher brute et la surface de la parcelle |
| Ligne de construction | Limite jusqu’où l’on peut amener l’enveloppe principale du bâtiment |
Avant d’acquérir un terrain pour construire un entrepôt ou un immeuble de bureaux, il est indispensable de vérifier le zoning, les hauteurs admissibles, les obligations de stationnement, la proportion d’espaces verts ou les contraintes spécifiques (patrimoine, environnement, « Seveso », etc.).
Procédure unifiée de permis
La Serbie a mis en place une procédure intégrée largement dématérialisée pour les autorisations d’urbanisme. Un même guichet gère :
Pour votre projet de construction en Serbie, vous devez impérativement obtenir plusieurs autorisations administratives. Cela inclut les conditions de localisation (équivalent au certificat d’urbanisme), le permis de construire et le permis d’occupation. De plus, il faut prévoir et organiser les raccordements aux réseaux publics : électricité (EPS), gaz (Srbijagas) et eau.
La loi fixe des délais indicatifs : 5 jours ouvrables pour délivrer les conditions de localisation une fois toutes les contributions reçues, 15 à 30 jours pour les opérateurs publics qui doivent fournir leur avis, 5 jours pour délivrer un permis de construire ou d’occupation après dépôt du dossier complet. En pratique, ces délais peuvent s’allonger en fonction de la complexité du projet, mais la base légale offre un cadre utile pour exiger un suivi.
Un permis de construire perd sa validité si les travaux ne commencent pas dans les deux ans ou si le permis d’occupation n’est pas obtenu dans les cinq ans. Pour les dépendances de moins de 50 m², une dispense de permis peut s’appliquer.
Efficacité énergétique et « energy passport »
La réduction de la consommation énergétique est érigée en principe légal. Tout bâtiment neuf doit faire l’objet d’un certificat de performance énergétique (energy passport), qui est exigé pour le permis d’occupation et, depuis la nouvelle loi de 2023, pour la notarisation de tout contrat de vente ou de location portant sur un bâtiment, si le certificat a plus de dix ans.
Les délais de mise en conformité varient : immédiats pour les constructions neuves, 5 ans pour les bâtiments commerciaux existants, 10 ans pour le résidentiel. Les immeubles doivent aussi, à terme, intégrer des dispositions spécifiques pour masquer les unités extérieures de climatisation, ce qui aura un impact sur les façades commerciales et les bureaux.
Pour un entrepreneur, ces obligations se traduisent par des coûts de mise aux normes pour les propriétaires, mais aussi par des économies potentielles sur les charges : les locaux bien classés énergétiquement coûteront moins cher à exploiter, un critère à ne pas négliger lors du choix d’un entrepôt ou d’un bureau.
Baux commerciaux : ce que doit contenir votre contrat
En Serbie, les baux – qu’ils concernent un local commercial, un bureau ou un entrepôt – sont régis par la Loi sur les obligations. Le texte ne distingue pas formellement bail d’habitation et bail commercial, ce qui laisse une grande liberté contractuelle mais exige d’être particulièrement rigoureux dans la rédaction.
Contenu essentiel d’un bail
Un bail commercial bien structuré doit au minimum couvrir : les conditions de location, la durée du bail, le montant du loyer, les modalités de renouvellement, les obligations du locataire et du bailleur, ainsi que les dispositions en cas de résiliation.
Les éléments contractuels fondamentaux à inclure dans un bail commercial pour sécuriser la relation entre le bailleur et le locataire.
L’identification complète des parties (personne physique ou morale, numéro d’identification, adresse, représentant légal) et la description précise du bien (adresse, numéro de parcelle, surface, destination autorisée).
La durée (déterminée ou indéterminée), les conditions de renouvellement, le montant du loyer, ses modalités de paiement, la devise (euros ou dinars) et son indexation éventuelle.
Le dépôt de garantie (souvent un mois de loyer) et la répartition des charges : électricité, chauffage, eau, taxes foncières, entretien, gardiennage.
Les responsabilités en matière de réparations (gros œuvre vs entretien courant) et les règles de sous‑location ou de cession de bail.
Les conditions de résiliation anticipée, les délais de préavis, les pénalités, ainsi que l’état des lieux d’entrée et la restitution des locaux (remise en état, conservation des aménagements).
Le bail n’a pas besoin, légalement, d’être écrit ni notarié pour être valable, mais dans la pratique il est fortement recommandé de signer un contrat écrit détaillé. La notarisation, bien que facultative, donne au bail la force d’un titre exécutoire, facilitant la récupération des loyers impayés ou l’expulsion en cas de litige.
Durée, renouvellement et sortie
Les baux peuvent être conclus pour une durée déterminée ou indéterminée. Il n’existe pas de durée minimale ou maximale imposée. Pour les bureaux et les commerces, on voit fréquemment des engagements de 3 à 5 ans, tandis que les entrepôts peuvent être loués sur des durées plus longues, notamment lorsqu’un aménagement significatif est réalisé.
À l’issue d’un bail à durée déterminée, si le locataire reste en place sans opposition du propriétaire, le contrat se transforme automatiquement en bail à durée indéterminée aux mêmes conditions. Pour ce type de bail, en l’absence de clause spécifique, le préavis légal minimum est de 8 jours. Il est cependant recommandé de négocier des délais plus longs (par exemple 3 ou 6 mois), notamment lorsque des investissements d’aménagement ont été réalisés, afin de sécuriser les deux parties.
Le bailleur peut résilier le contrat en cas de non‑paiement persistant des loyers après mise en demeure (délai de 15 jours), d’usage non conforme du local ou de sous‑location non autorisée. Le locataire, lui, peut mettre fin au bail si la jouissance du bien est gravement altérée (défauts structurels, réparations majeures non réalisées, revendication d’un tiers, etc.).
Sous‑location, cession et vente du bien
Sauf stipulation contraire, le locataire peut en principe sous‑louer le local, à condition de ne pas porter préjudice au propriétaire et de respecter la destination du bien. Dans de nombreux baux, le consentement écrit du propriétaire est exigé pour toute sous‑location, consentement qui ne peut être refusé sans raisons valables. La sous‑location prend automatiquement fin lorsque le bail principal se termine.
En cas de vente, le bail en cours continue de lier le nouvel acquéreur, protégeant ainsi le locataire. Celui-ci peut résilier le bail si une clause le prévoit contractuellement en cas de changement de propriétaire. Il n’existe pas de droit de préemption légal pour le locataire ; pour acquérir le bien, il est conseillé de négocier une clause de priorité à l’achat dans le bail.
Fiscalité des loyers et TVA
Les loyers commerciaux sont soumis à la TVA au taux de 20 %. Selon le statut des parties, les obligations fiscales diffèrent :
– Si le bailleur est une personne physique et le locataire une société ou un entrepreneur, c’est le locataire qui doit déclarer et payer l’impôt sur le revenu du bailleur (20 % sur une base imposable égale à 75 % du loyer brut).
– Si les deux parties sont des personnes physiques, le bailleur assume lui‑même l’impôt.
– Si les deux sont des personnes morales ou entrepreneurs, le loyer est intégré dans le résultat imposable du bailleur.
Les loyers peuvent être fixés en euros, mais les règlements locaux obéissent aux règles de change, avec souvent une conversion en dinars pour les paiements. Les charges (service charges) indexées en euros doivent en général être payées en RSD, selon les règles de la Banque nationale.
Acheter plutôt que louer : propriété et acquisition par des étrangers
Certains projets, notamment industriels ou de siège social, justifient l’achat d’un terrain ou d’un bâtiment plutôt que la location. En Serbie, les personnes et sociétés locales peuvent acquérir la plupart des biens immobiliers, tandis que les étrangers bénéficient d’un droit d’achat sous conditions de réciprocité.
Propriété par les sociétés étrangères
Les personnes physiques et morales étrangères peuvent acheter des appartements, des maisons et des biens commerciaux, mais se heurtent à des restrictions sur les terres agricoles et certaines zones frontalières ou stratégiques. En pratique, les investisseurs étrangers créent souvent une société serbe (sous forme de DOO – société à responsabilité limitée) pour acquérir terrains constructibles, bâtiments industriels et entrepôts plus librement.
Le transfert nécessite un contrat de vente écrit, signé devant notaire dans la municipalité du bien. Il doit contenir une clause d’intabulation autorisant l’inscription au cadastre. La taxe de transfert (2,5% pour l’ancien, TVA pour le neuf) est due, mais sa preuve de paiement n’est plus obligatoire pour l’inscription.
Une due diligence complète est recommandée : vérification du titre de propriété et des hypothèques, conformité urbanistique, situation environnementale, raccordements aux réseaux, statut juridique du vendeur, risques d’expropriation ou de restitution.
Financer l’acquisition ou l’aménagement de ses locaux
Le système bancaire serbe et les institutions européennes offrent un large éventail de produits pour financer l’achat ou la rénovation de bureaux, commerces et entrepôts.
Les banques locales proposent :
– Des prêts d’investissement de long terme pour l’achat de locaux, l’acquisition d’équipements ou la rénovation,
– Des crédits de trésorerie (découverts, lignes de crédit revolving) pour couvrir les besoins de fonds de roulement,
– Des prêts de refinancement pour restructurer des dettes existantes.
Des lignes de crédit cofinancées par la BEI ou d’autres programmes européens (InnovFin, Apex, garanties pour les Balkans occidentaux) proposent des conditions bonifiées aux PME et ETI. Ces conditions incluent des taux d’intérêt plus bas, des durées de remboursement allongées jusqu’à 10-15 ans et des exigences de garantie assouplies. Ces financements sont destinés aux investissements dans des actifs immobilisés et dans l’efficacité énergétique.
Parallèlement, l’État serbe a mis en place des schémas de garantie publique pour soutenir les prêts aux micro, petites et moyennes entreprises, avec des montants garantis pouvant aller jusqu’à plusieurs milliards d’euros et des couvertures pouvant atteindre 80 à 100 % du crédit. Ces mécanismes facilitent l’accès au financement pour équiper un entrepôt, aménager un bureau ou acheter un local commercial, en réduisant le risque pour les banques.
Pour un investisseur étranger, travailler avec un conseiller local ou une banque expérimentée sur ces programmes permet souvent de réduire significativement le coût du capital immobilisé dans l’immobilier d’entreprise.
Quel type de local pour quel type d’activité ?
Au‑delà des chiffres, la clé est de choisir un type de local adapté à la nature du business, à la clientèle et aux besoins opérationnels.
Pour une activité de services ou IT, un bureau moderne à Belgrade ou Novi Sad, proche des transports et doté d’un bon ratio parking/employés, d’une connectivité internet redondante et d’espaces collaboratifs est souvent stratégique pour recruter et garder les talents.
Pour un commerce de proximité (pharmacie, coiffeur, petite alimentation, services), un local en rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation, doté d’une bonne vitrine et d’une visibilité piétonne dans un quartier dense, peut offrir un meilleur rapport coût/bénéfice qu’un emplacement hyper-centrale où les loyers sont élevés en raison de la présence des grandes enseignes.
Pour un restaurant ou un bar, la proximité des axes très fréquentés, des places et zones touristiques reste clé, mais la concurrence et les loyers y sont violents ; des emplacements légèrement décalés mais accessibles peuvent constituer un meilleur compromis, notamment pour les nouveaux concepts.
Pour une activité logistique ou industrielle, la hiérarchie des critères change : distance aux autoroutes, capacité de manœuvre des poids lourds, hauteur libre, résistance des sols, nombre de quais, puissance électrique disponible, facilité de recruter sur place, coûts d’énergie et d’eau, possibilités d’extension sur du foncier attenant.
Réduire les risques : agences, conseils et bonnes pratiques
Trouver un local en Serbie sans connaissance préalable du marché ni du droit local peut être périlleux. Plusieurs types d’acteurs peuvent accompagner le processus :
Un panorama des principaux acteurs spécialisés pour vous accompagner dans votre recherche de locaux, votre négociation et la sécurisation juridique de vos opérations à Belgrade et en Serbie.
Des groupes comme CBS International, CBRE, Colliers et iO Partners offrent une expertise globale : données de marché détaillées, accès à des portefeuilles de bureaux, commerces et entrepôts, et des équipes locales pour négocier baux et acquisitions.
Des acteurs tels que Mentor, Eurorent, VOS Mediator, REAL Consulting, Smart UP et Solis Consult sont très actifs à Belgrade et dans les grandes villes, idéaux pour les locaux de taille moyenne ou les biens plus spécifiques.
Des cabinets d’avocats renommés comme Karanovic & Partners, CMS et NCR Lawyers assurent la rédaction et l’analyse des contrats, le due diligence et les formalités cadastrales pour sécuriser vos baux et acquisitions.
Trois précautions pratiques s’imposent systématiquement :
Avant de signer un bail commercial, il est crucial de ne pas accepter un modèle standard sans relecture attentive. Il faut notamment clarifier les clauses de sortie, les obligations de maintenance, les indexations de loyer, la répartition des risques en cas de sinistre et encadrer les travaux d’aménagement. Parallèlement, une vérification minutieuse de l’état technique du bien est indispensable : installations électriques, chauffage, isolation, conformité aux règles de sécurité incendie, hauteur sous plafond, capacité de charge des planchers et qualité des accès pour les camions dans le cas d’un entrepôt. Enfin, il est essentiel d’intégrer les coûts d’énergie et de service en demandant les factures énergétiques des dernières années, les rapports ESG ou de performance énergétique, et en simulant le coût global d’occupation sur 3 à 5 ans.
Pour les entrepreneurs au démarrage ou les structures très légères, les bureaux flexibles (Regus, opérateurs locaux) et les bureaux virtuels – qui fournissent une adresse administrative, un traitement du courrier et éventuellement des salles de réunion ponctuelles – peuvent constituer une solution transitoire judicieuse, limitant l’engagement financier initial.
En résumé
Trouver un local commercial, un bureau ou un entrepôt pour son entreprise en Serbie suppose de combiner une lecture fine du marché (villes, corridors, parcs industriels, niveaux de loyers) avec une solide compréhension du cadre légal (baux, urbanisme, énergie) et des paramètres de coût (charges, énergie, aménagement, fiscalité). Dans un pays où le marché de l’immobilier d’entreprise est à la fois en pleine croissance et encore en phase de maturation, les opportunités sont nombreuses pour qui sait bien choisir sa localisation, négocier son bail et s’appuyer sur les bons partenaires locaux.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Serbie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au dinar/à l’économie balkanique. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Belgrade, Novi Sad, Niš), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite unité résidentielle dans un quartier en croissance de Belgrade ou Novi Sad, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 8–10 % (« plus le rendement est élevé, plus le risque est important ») et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure d’investissement la plus adaptée et définition d’un plan de diversification dans le temps.
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