Les soins de santé pour les expatriés en France : guide pratique complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en France est souvent synonyme de qualité de vie, mais pour beaucoup d’expatriés, la grande inconnue reste le système de santé. Entre démarches administratives, jargon médical, assurances obligatoires et recherche de médecins parlant anglais, la courbe d’apprentissage peut être raide. Pourtant, la France dispose d’un des systèmes de soins les plus performants au monde, et bien compris, il peut être à la fois accessible, efficace… et financièrement très avantageux.

Bon à savoir :

Cet article détaille le fonctionnement concret du système de santé français pour les expatriés, en fournissant des explications, des conseils pratiques et des exemples chiffrés pour une compréhension complète.

Comprendre la logique du système de santé français

Le cœur du dispositif, c’est la Protection Universelle Maladie (PUMA), souvent appelée Assurance Maladie ou la Sécu. Il s’agit d’un système public universel, financé par les cotisations sociales et les impôts, qui couvre environ 96 % des résidents. La France y consacre plus de 10 % de son PIB, ce qui contribue largement à la qualité de l’offre de soins et à son accessibilité.

Astuce :

Le système public de santé en France ne rembourse qu’une partie des dépenses, sur la base de tarifs officiels. La majorité des résidents, y compris les expatriés, souscrivent donc une assurance privée complémentaire, appelée *mutuelle*, pour couvrir tout ou partie du reste à charge.

Plutôt qu’un système « tout gratuit » ou « tout privé », la France fonctionne donc sur un modèle mixte : un socle public très large, complété par des assurances privées, et un réseau de professionnels libéraux (médecins, dentistes, kinés, etc.) installés en ville, en parallèle des hôpitaux publics et des cliniques privées.

Qui a droit à la couverture publique quand on s’installe en France ?

Pour bénéficier de PUMA, la règle générale est simple sur le papier : il faut résider légalement en France de manière « stable et régulière ». En pratique, cela signifie y vivre au moins trois mois consécutifs, et au moins six mois par an (183 jours).

Les cas de figure les plus fréquents pour les expatriés peuvent se résumer ainsi :

Situation d’expatriéAccès à l’Assurance Maladie
Salarié d’une entreprise françaiseCouverture immédiate dès le début du contrat
Expatrié avec visa long séjour « visiteur »Demande possible après 3 mois de résidence stable
Étudiant inscrit dans un établissement reconnuDroit à l’affiliation au régime étudiant / général
Retraité de l’UE/EEE avec formulaire S1Droits transférés depuis le pays d’origine
Non-EU jobseeker sans activité en FranceEn général, pas de droit à la couverture gratuite, besoin de couverture privée
Enfants résidant en FranceCouverture automatique, quelle que soit la nationalité

Les ressortissants de l’UE/EEE/Suisse peuvent utiliser la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) pour de courts séjours, tandis que les Britanniques disposent de la GHIC. Mais dès qu’il s’agit de s’installer durablement, il faut passer par la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) de son département.

Attention :

À partir de 2026, certains détenteurs de visa long séjour visiteur non-européens devront s’acquitter d’une « contribution minimale de santé », d’un coût estimé entre 300 et 600 € par an, pour accéder à la Protection Universelle Maladie (PUMA).

Obtenir son numéro de sécurité sociale et sa Carte Vitale

L’entrée réelle dans le système passe par l’obtention d’un numéro de sécurité sociale (NIR) puis d’une Carte Vitale, cette carte verte à puce que les Français tendent machinalement chez le médecin ou à la pharmacie.

La procédure standard consiste à envoyer un dossier à la CPAM de votre lieu de résidence. Elle demande généralement :

Pièces justificatives pour une demande de titre de séjour

Liste des documents essentiels à fournir pour constituer un dossier de demande de titre de séjour en France.

Documents d’identité

Passeport en cours de validité ou carte d’identité (pour les ressortissants de l’UE/EEE). Visa ou titre de séjour valable.

Justificatifs de domicile

Justificatif de domicile en France (bail, facture d’électricité, etc.) et preuve de trois mois de résidence (relevés bancaires, quittances).

Acte de naissance

Acte de naissance avec filiation, traduit en français par un traducteur assermenté si nécessaire.

Situation en France

Justificatif de situation (contrat de travail, attestation d’inscription pour les étudiants, etc.).

Coordonnées bancaires

RIB (Relevé d’Identité Bancaire) d’un compte ouvert auprès d’une banque française.

Une fois le dossier enregistré, la CPAM attribue d’abord un numéro provisoire, qui donne déjà droit aux remboursements. Le numéro définitif est ensuite délivré par la CNAV après vérification des documents d’état civil. La Carte Vitale arrive en général quelques semaines plus tard, mais les délais peuvent atteindre plusieurs mois (6 à 9 mois dans certains cas).

En attendant, il faut conserver toutes les feuilles de soins (formulaires papier donnés par les médecins) et les factures pour demander un remboursement manuel.

À quoi sert concrètement la Carte Vitale ?

La Carte Vitale est l’outil qui matérialise votre affiliation. Chez le médecin, à la pharmacie, à l’hôpital, elle permet d’enregistrer électroniquement vos soins et de déclencher le remboursement automatique par l’Assurance Maladie et, le cas échéant, par votre mutuelle.

Bon à savoir :

Sans la carte Vitale, vous devez avancer l’intégralité des frais médicaux et envoyer les feuilles de soins papier à la CPAM pour être remboursé. Avec elle, la plupart des remboursements sont automatiques et ne nécessitent aucune démarche. Il est crucial de mettre à jour régulièrement votre carte dans une borne dédiée (comme en pharmacie) en cas de changement de situation personnelle.

Une version numérique de la Carte Vitale via une application mobile est en cours de déploiement.

Que rembourse vraiment l’Assurance Maladie ?

Le système français ne rembourse jamais « 70 % de tout » de manière indistincte. Il rembourse un pourcentage d’un tarif de référence, appelé tarif de convention ou base de remboursement. C’est ce détail qui fait la différence sur la facture finale.

Quelques repères utiles pour un expatrié :

Type de soinTarif de base (exemple)Taux de remboursement standardPart remboursée par la Sécu
Consultation médecin généraliste (secteur 1)30 €70 %21 € (moins 1 € de participation forfaitaire)
Consultation spécialiste (secteur 1)Variable (ex. 35 € gynéco)70 %Environ 24,50 €
Hospitalisation (hors forfait journalier)Variable80 % (100 % après 30 jours)80 % des frais médicaux
Kinésithérapie (paramédical)Variable60 %60 % du tarif de convention
Transports médicauxVariable65 %65 %
MédicamentsVariable15 %, 30 %, 65 % ou 100 % selon l’utilité médicale

À cela s’ajoutent des participations forfaitaires : 1 € par boîte de médicament et 2 € par consultation, plafonnées à 50 € par an et par personne, ainsi qu’un forfait de 18 € pour certains actes coûteux réalisés en hôpital sans hospitalisation complète.

Bon à savoir :

Pour les affections de longue durée (ALD), les soins liés à la pathologie sont intégralement remboursés sur la base des tarifs de la Sécurité sociale.

L’hospitalisation, elle, entraîne systématiquement un forfait journalier (environ 18–20 € par jour), que la Sécu ne couvre pas, mais que beaucoup de mutuelles remboursent.

Des secteurs de tarifs qui compliquent la donne

En France, beaucoup de médecins en ville exercent en secteur 1 : ils appliquent les tarifs conventionnels et ne pratiquent pas ou très peu de dépassements d’honoraires. D’autres exercent en secteur 2, avec honoraires libres : ils facturent au-dessus du tarif de base, parfois très largement, surtout dans les grandes villes.

La Sécurité sociale continue de rembourser sur le même tarif de base, ce qui laisse une facture importante si l’on n’a pas une mutuelle haut de gamme. Pour un expatrié habitué à choisir un spécialiste simplement sur la réputation, ce point est crucial.

Pourquoi presque tout le monde a une mutuelle

Face à ce système de co-paiement, environ 95 % des résidents français ont souscrit une complémentaire santé, appelée mutuelle ou assurance complémentaire santé. Elle vient couvrir tout ou partie :

du ticket modérateur (la part non remboursée par la Sécu)

– des forfaits (forfait journalier hospitalier, certains actes en urgence)

– des dépassements d’honoraires

– de soins peu ou mal remboursés (dentaire, optique, audition, certaines médecines complémentaires, etc.)

Pour un expatrié salarié, la bonne nouvelle est que l’employeur en France a l’obligation légale de proposer une mutuelle d’entreprise et d’en payer au moins 50 % de la cotisation. C’est souvent la solution la plus économique pour démarrer.

Bon à savoir :

Les travailleurs indépendants, retraités, visiteurs, conjoints sans activité et autres catégories non-salariées doivent souscrire une complémentaire santé directement auprès d’un organisme mutualiste ou d’un assureur privé, et non par le biais de leur employeur.

Ordre de grandeur des coûts :

ProfilFourchette de prix mensuelle d’une mutuelle
Étudiant15–20 € pour une couverture de base
Actif standardEnviron 40 € en moyenne (peut varier de 30 à 100 €)
Couverture très complète (dentaire/optique renforcés, chambre particulière, etc.)Jusqu’à 200 € et plus

À l’horizon 2026, les primes de mutuelle devraient augmenter en moyenne de plus de 4 %, en raison notamment d’un nouveau prélèvement de solidarité et de transferts de charges depuis l’Assurance Maladie.

Pour les plus modestes, un dispositif spécifique, la Complémentaire Santé Solidaire (CSS), permet d’obtenir une complémentaire quasi gratuite ou très peu chère, financée par l’État.

Et l’assurance privée internationale dans tout ça ?

Les expatriés qui ne remplissent pas encore les critères pour entrer dans PUMA — par exemple durant les trois à six premiers mois de séjour, ou ceux qui viennent avec un visa qui impose une couverture privée — se tournent souvent vers une assurance santé internationale.

Ce type de contrat, proposé par des acteurs comme Cigna Global, Allianz Care, APRIL International, AXA ou d’autres, offre presque toujours :

une prise en charge à 100 % des frais médicaux dans la zone couverte

des services en anglais

la possibilité de soins dans plusieurs pays, voire dans le monde entier

des réseaux de médecins partenaires et un système de prise en charge directe

Les primes sont nettement plus élevées qu’une simple mutuelle locale : de l’ordre de 50 € à plus de 300 € par mois selon l’âge, la couverture choisie et la zone géographique. Pour un expatrié qui n’a pas encore accès à la Sécu, ou qui souhaite une flexibilité maximale (notamment s’il voyage beaucoup), cela peut toutefois être la solution la plus simple, quitte à basculer vers la combinaison PUMA + mutuelle une fois installé durablement.

Comment se déroule l’inscription quand on arrive ?

Pour un expatrié qui s’installe en France, la séquence typique ressemble à ceci :

Astuce :

Pour les Européens, il est nécessaire de demander une carte EHIC/GHIC ou un formulaire S1 avant le départ. Les non-Européens doivent souscrire une assurance privée d’au moins 30 000 € pour un visa Schengen ou long séjour. Après trois mois de résidence stable, les personnes éligibles doivent déposer un dossier à la CPAM avec le formulaire S1106 (Cerfa 15763) et les pièces justificatives. Durant le délai de traitement (4 à 12 semaines en moyenne), il est crucial de conserver toutes les factures de soins pour un remboursement rétroactif une fois les droits ouverts. Enfin, après affiliation, il faut choisir et déclarer un médecin traitant à l’Assurance Maladie, généralement avec la Carte Vitale.

Pour les salariés, une partie de ces démarches est souvent automatisée : l’employeur, via ses déclarations à l’Urssaf, enclenche l’affiliation à la Sécurité sociale. Pour les travailleurs indépendants, les étudiants ou les retraités, le processus est à gérer soi-même.

Le rôle central du médecin traitant

Le médecin généraliste joue un rôle clé dans ce qu’on appelle le parcours de soins coordonné. Pour bénéficier des meilleurs niveaux de remboursement, il est fortement conseillé de désigner un médecin traitant, qui sera votre référent et, en principe, la porte d’entrée vers les spécialistes.

Dans la pratique :

Bon à savoir :

Vous êtes libre de choisir votre médecin traitant, qu’il exerce en cabinet individuel, en maison de santé ou en centre de santé. La désignation s’effectue à l’aide de votre Carte Vitale ou via un formulaire papier. Une fois désigné, c’est ce médecin qui vous orientera vers la plupart des spécialistes, comme un cardiologue, un rhumatologue ou un endocrinologue.

Ne pas passer par lui (sauf exceptions) entraîne une baisse de remboursement sur de nombreuses consultations spécialisées. En revanche, certains spécialistes restent accessibles en accès direct sans pénalité : gynécologues, ophtalmologues, pédiatres, et psychiatres pour les moins de 26 ans.

Les délais d’obtention d’un rendez-vous varient fortement selon les régions et les spécialités. Les études disponibles indiquent par exemple :

SpécialitéDélai moyen rapporté
Médecin généralisteEnviron 6 jours
Pédiatre / radiologueEnviron 3 semaines
DentisteEnviron 17 à 30 jours
GynécologueEnviron 6 semaines
CardiologueEnviron 50 jours
DermatologueEnviron 2 mois
OphtalmologueJusqu’à 80 jours

Cette tension sur certains spécialistes pousse beaucoup de patients à recourir à la télémédecine ou à des cliniques privées pour gagner du temps, surtout dans les grandes villes.

Trouver un médecin (et, si possible, un médecin anglophone)

Vous ne verrez jamais en France une plaque « English-speaking doctor » placardée sur une vitrine : la publicité est strictement encadrée, et les médecins n’ont pas le droit de mettre en avant leur maîtrise des langues étrangères.

Pour identifier un praticien, Français ou expatriés se tournent donc vers :

l’annuaire Ameli (annuaire officiel de l’Assurance Maladie)

des plateformes de rendez-vous en ligne comme Doctolib, Maiia ou Keldoc

– les Pages Jaunes (Médecins Généralistes pour les généralistes, Médecins Qualifiés + spécialité pour les spécialistes)

– le site de l’Ordre National des Médecins

Pour trouver un médecin anglophone, les expatriés utilisent surtout :

Exemple :

Plusieurs ressources existent pour identifier des professionnels de santé anglophones en France. On peut consulter les listes publiées par certaines ambassades (États-Unis, Australie, Royaume-Uni, etc.), qui répertorient des médecins ayant déclaré parler anglais. Les cliniques privées tournées vers une clientèle internationale, comme l’American Hospital of Paris ou l’Institut Hospitalier Franco-Britannique, sont également une option. Enfin, le bouche-à-oreille au sein des communautés d’expatriés, via des forums ou des groupes Facebook, constitue une source d’information pratique.

Il existe aussi des structures explicitement orientées vers les anglophones, comme l’American Medical Center Paris, qui propose des consultations de médecine générale et de spécialités avec une équipe multilingue (anglais, français, espagnol, arabe). Ce type de centre offre souvent des rendez-vous rapides, des certificats pour les assurances internationales, une assistance pour les examens complémentaires, mais facture des honoraires en conséquence.

Urgences médicales : qui appeler, où aller ?

En cas d’urgence vitale, la règle est la même pour tous, Français ou étrangers : on compose le 15 pour le SAMU, ou le 112, numéro d’urgence européen. Les pompiers, joignables au 18, interviennent également sur de nombreux secours, tout comme le 17 pour la police. Un numéro spécifique par SMS ou fax, le 114, existe pour les personnes malentendantes.

Les services d’urgence hospitaliers (les urgences) accueillent toute personne, même non assurée, sans condition de nationalité ni de situation administrative. La facturation vient ensuite, et la part non couverte par l’Assurance Maladie doit être réglée par le patient ou son assurance privée. En région parisienne, des établissements comme l’Hôpital Hôtel-Dieu ou la Pitié-Salpêtrière sont des références.

2/3

Seulement deux tiers des appels au SAMU donnent lieu à l’envoi d’une ambulance, après filtrage par un médecin régulateur.

En dehors des situations de danger immédiat, il est déconseillé d’utiliser les urgences comme cabinet de consultation. Les maisons médicales de garde (MMG) et SOS Médecins prennent le relais en soirée, la nuit et le week-end, avec des visites à domicile possibles (compter autour de 70 € la visite, partiellement remboursée si l’on est affilié).

Pharmacies, médicaments et remboursements : ce qu’il faut savoir

Les pharmacies, reconnaissables à leur croix verte, sont le deuxième pilier du système de soins au quotidien. En France, même les produits les plus banals (vitamines, pansements, paracétamol) ne se vendent qu’en pharmacie, jamais en supermarché.

Le fonctionnement est très encadré :

tous les médicaments sont derrière le comptoir

le pharmacien, hautement formé, conseille, vérifie les ordonnances et peut orienter vers un médecin

pour un médicament prescrit, il faut présenter l’ordonnance et, idéalement, la Carte Vitale

Les prix sont très régulés, ce qui fait de la France un des pays les moins chers d’Europe pour de nombreux traitements. À titre d’illustration :

Produit (prix avant remboursement)Fourchette indicative
Amoxicilline (antibiotique)3–5 € avec ordonnance
Ibuprofène 200 mg (30 comprimés)2–4 €
Paracétamol (Doliprane 1000 mg, 8 comprimés)≈ 2 €
Pilule contraceptive (1 mois)2–10 € selon la marque
Spray nasal / décongestionnant3–7 €
Contraception d’urgence5–20 €

Le niveau de remboursement d’un médicament par la Sécu dépend de sa catégorie médicale, identifiable par une vignette de couleur sur la boîte :

100

Pourcentage de prise en charge par l’Assurance Maladie pour les médicaments vitaux ou liés à des Affections Longue Durée (ALD).

Avec la Carte Vitale, le tiers payant s’applique fréquemment : vous ne payez que la partie non remboursée. Si vous avez en plus une mutuelle, le reste peut être couvert totalement, notamment pour les médicaments à 65 %.

Astuce :

Pour les touristes ou nouveaux expatriés sans couverture sociale locale, les médicaments sont payés intégralement, mais leur prix reste souvent raisonnable. Il est conseillé de demander systématiquement au pharmacien la version générique (générique), moins chère. De plus, il est important de conserver toutes les factures afin de pouvoir potentiellement se faire rembourser par une assurance privée.

Ordonnances étrangères : une zone grise pour les non-Européens

Les prescriptions délivrées dans un pays de l’UE ou de l’EEE sont en principe valables dans les autres États membres. Un pharmacien français peut donc délivrer un médicament sur la base d’une ordonnance allemande ou italienne, à condition qu’elle contienne les informations nécessaires (nom, date de naissance, nom du médicament en dénomination commune internationale, dosage, etc.).

Pour les ordonnances venant de pays hors UE/EEE (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, etc.), rien n’oblige le pharmacien à les accepter. Beaucoup apprécieront au cas par cas, notamment si le traitement est indispensable et clairement identifié, mais dans tous les cas, ces délivrances ne donneront pas droit à remboursement par la Sécurité sociale. La solution recommandée consiste à faire réécrire l’ordonnance par un médecin en France.

Dentaire, optique, lunettes : les pièges budgétaires classiques

Comme dans beaucoup de pays, les dépenses dentaires et optiques sont celles qui génèrent le plus de mauvaises surprises si l’on n’a pas une bonne mutuelle.

Sur le plan dentaire, la Sécurité sociale couvre généralement 60 % du tarif conventionné pour les actes simples comme un détartrage, une carie ou une extraction. Les tarifs de base tournent autour de :

29 € pour un détartrage

26 à 45 € pour le traitement d’une carie

33 € pour une extraction

120

Base de remboursement officielle très basse pour une couronne céramique, alors que son prix réel se situe entre 600 et 1000 €.

Pour corriger ces dérives, la réforme 100 % Santé a établi un panier de prothèses entièrement remboursables (si l’on a une mutuelle compatible), avec des plafonds de prix : par exemple, certaines couronnes de molaires métalliques sont plafonnées à 500 € et remboursées intégralement Sécu + mutuelle. Mais en dehors de ce panier, les restes à charge peuvent rester élevés.

Bon à savoir :

La consultation chez l’ophtalmologue secteur 1 est remboursée à 70% par la Sécurité sociale. Pour les lunettes, la réforme 100% Santé propose un panier de montures à moins de 30€ et des verres de classe A, intégralement remboursables avec une mutuelle adaptée. Pour des montures de marque ou des verres haut de gamme, le remboursement de la Sécurité sociale est faible (quelques dizaines d’euros) et le reste dépend de votre complémentaire santé.

Pour un expatrié, la morale est claire : si vous savez que vous aurez besoin de soins dentaires lourds ou de lunettes progressives, il est rentable de souscrire une mutuelle avec de bons plafonds sur ces postes, voire une surcomplémentaire dédiée.

Prévention, vaccins, grossesse : des postes très bien couverts

Un des atouts du système français est l’importance accordée à la prévention. Le calendrier vaccinal, mis à jour chaque année par le ministère de la Santé sur avis de la Haute Autorité de Santé, s’applique à tous les résidents, expatriés compris.

Chez l’adulte, il prévoit notamment : les examens de santé réguliers, l’évaluation de l’état nutritionnel, l’importance d’une activité physique régulière, et le suivi des maladies chroniques.

Bon à savoir :

Pour les adultes, plusieurs rappels et vaccinations sont recommandés : rappels diphtérie-tétanos-polio à 25, 45, 65 ans puis tous les 10 ans ; rappel coqueluche vers 25 ans (essentiel pour les proches de nourrissons) ; deux doses de vaccin ROR pour les personnes nées après 1980 non vaccinées ; vaccination annuelle contre la grippe pour les plus de 65 ans, femmes enceintes et personnes à risque ; campagnes ciblées COVID-19, notamment à l’automne pour les personnes âgées ou fragiles ; et enfin, vaccination contre le pneumocoque et le zona recommandée à partir de 65 ans.

Beaucoup de ces vaccins sont partiellement ou totalement remboursés par la Sécurité sociale, et leur administration peut être réalisée non seulement par les médecins, mais aussi par les pharmaciens, les infirmiers ou les sages-femmes à partir de 11 ans, ce qui simplifie grandement l’accès.

5000

Dépassements d’honoraires possibles en clinique privée pour un accouchement sans couverture complémentaire.

Santé mentale : un maillon plus complexe pour les expatriés

La France investit historiquement beaucoup plus dans le somatique que dans la santé mentale, et le paysage des soins psychiques est souvent déroutant pour les nouveaux arrivants.

Globalement, on trouve :

– des structures publiques comme les Centres médico-psychologiques (CMP), gratuits mais avec de longs délais

– des psychiatres, médecins spécialistes prescripteurs, partiellement pris en charge par la Sécu

– des psychologues et psychothérapeutes, en grande partie hors remboursement, sauf via des dispositifs spécifiques comme Mon Soutien Psy

– une offre privée variée (thérapeutes, coachs, psychanalystes) sans cadre de prise en charge par la Sécu, mais parfois remboursée par certaines mutuelles

12

Nombre maximum de séances annuelles chez un psychologue partenaire remboursées par l’Assurance Maladie et la mutuelle sur orientation médicale.

Pour les expatriés, la barrière de la langue complique évidement l’accès. Beaucoup se tournent vers des praticiens privés anglophones, notamment dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Nice, où l’on trouve des psychologues et psychothérapeutes formés à l’international. Des structures dédiées aux anglophones, comme certaines cliniques privées ou centres de psychologie, proposent des consultations en ligne et sur place.

Pour les situations de crise (idées suicidaires, détresse aiguë), un numéro national d’urgence, le 3114, fonctionne 24h/24 en français, et des lignes comme SOS Help proposent un soutien émotionnel en anglais.

Télémédecine et consultations en ligne : une bouffée d’air pour les anglophones

Les services de télémédecine ont explosé ces dernières années, et ils représentent une ressource précieuse pour les expatriés, surtout les premiers mois, quand ils ne connaissent pas encore de médecins de confiance ou qu’ils ont du mal avec le français médical.

Plusieurs plateformes internationales proposent des consultations vidéo avec des médecins parlant anglais, pour des problèmes non urgents : infections bénignes, renouvellements d’ordonnances, petits problèmes dermatologiques, questions de santé générale, etc. Des acteurs comme TravelDoctor EU, Doctorsa ou Mobi Doctor offrent par exemple :

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Accessibilité permanente

Des consultations médicales disponibles 7 jours sur 7, à des tarifs maîtrisés (à partir de 20 € pour certaines).

Médecins qualifiés

Des médecins inscrits dans l’Union Européenne, habilités à délivrer des ordonnances valables en pharmacie française.

Suivi personnalisé

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Données protégées

Une conformité stricte au RGPD garantissant la protection et la confidentialité de vos données personnelles.

Ce type de service ne remplace pas un passage aux urgences en cas de symptômes graves (douleurs intenses, difficultés respiratoires, perte de connaissance, etc.), mais il peut déclencher des ordonnances pour analyses, orienter vers des spécialistes, ou simplement rassurer sur un souci bénin.

Certains centres physiques orientés vers les expatriés, comme l’American Medical Center Paris, privilégient encore les consultations présentielles pour garantir la qualité de l’examen clinique, mais offrent une prise de rendez-vous très flexible (WhatsApp, plateformes en ligne) et des créneaux en urgence.

Contrôles médicaux liés aux visas et à l’immigration

Beaucoup d’expatriés découvrent le système de santé français… par la porte de l’immigration. Les détenteurs de certains visas long séjour doivent en effet passer par une visite médicale organisée par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), après validation en ligne de leur VLS-TS.

Cette visite a pour objectif de vérifier que le séjour est compatible avec les exigences sanitaires françaises, sans pour autant chercher à exclure les personnes fragiles. Elle comporte généralement :

Bon à savoir :

La visite médicale obligatoire pour l’immigration comprend généralement un examen médical général, un entretien (parfois complété par un questionnaire sur la santé mentale) et la vérification du statut vaccinal. Jusqu’à récemment, une radiographie pulmonaire était aussi systématique, mais cette exigence a été supprimée depuis mi-2024.

À la fin, un certificat attestant que la personne est « conforme aux exigences sanitaires » est délivré, document indispensable pour finaliser certains titres de séjour. Sauf pathologies extrêmement graves et contagieuses (peste, choléra, fièvre jaune, tuberculose non contrôlée), la découverte d’un problème de santé n’empêche pas le séjour en France ; au contraire, l’Ofii peut orienter vers des structures de soins adaptées.

Parallèlement, d’autres pays exigent en France des examens médicaux spécifiques pour leurs visas d’immigration : les États-Unis et l’Australie ont par exemple des médecins agréés à Paris, qui pratiquent des bilans complets (examens cliniques, radiographies, analyses) non pris en charge par la Sécurité sociale française.

Cas particuliers : touristes, étudiants, retraités

Tous les expatriés n’ont pas le même rapport au système de santé français. Trois profils reviennent souvent.

Les touristes, pour des séjours de moins de 90 jours, ne sont pas éligibles à PUMA. Ils doivent absolument disposer d’une assurance voyage couvrant les soins et le rapatriement, même si, en cas d’urgence vitale, un hôpital français les prendra en charge et facturera ensuite. Les Européens peuvent utiliser leur carte EHIC/GHIC, mais elle ne couvre pas tout, notamment pas les soins privés.

Bon à savoir :

Les étudiants internationaux inscrits dans un établissement reconnu doivent s’enregistrer sur la plateforme dédiée etudiant-etranger.ameli.fr, auprès de la Sécurité sociale étudiante ou du régime général. Les cotisations sont modestes et il est courant de souscrire une mutuelle étudiante complémentaire à bas coût.

Les retraités, enfin, constituent une catégorie à part. Les ressortissants de l’UE/EEE/UK peuvent transférer leurs droits via un formulaire S1 délivré par leur pays d’origine. Les retraités non européens doivent, eux, se renseigner auprès du Cleiss pour connaître les accords bilatéraux éventuels. Beaucoup choisissent de souscrire une assurance santé internationale, au moins les premières années, avant d’entrer dans PUMA, puis conservent cette couverture pour voyager régulièrement entre plusieurs pays.

Quelques repères de coûts pour se situer

Pour mesurer concrètement l’impact du système sur un budget d’expatrié, on peut synthétiser quelques ordres de grandeur :

Poste de dépenseFourchette indicative
Cotisation Sécu (via cotisations sociales, pour un salarié)Environ 6,5–8 % du salaire net au-dessus d’un seuil
Mutuelle de base pour un adulte30–50 €/mois
Mutuelle très complète100–200 €/mois
Assurance santé internationale50–300+ €/mois
Consultation médecin généraliste secteur 130 €
Consultation spécialiste secteur 1 (gynéco, psychiatre…)35–52 € selon la spécialité (tarifs 2026 annoncés)
Accouchement en clinique privée sans assuranceJusqu’à 5 000 €
Couronne dentaire (hors 100 % Santé)600–1 000 € (dont 75–100 € remboursés par la Sécu)
Implant dentaire1 200–2 500 € (non remboursé par la Sécu)
Lunettes progressives complètes300–600 € (remboursement Sécu faible, dépend fortement de la mutuelle)

Pour un expatrié standard affilié à PUMA, avec une mutuelle correcte, la combinaison « sécurité sociale + complémentaire » permet souvent de ramener les frais de santé à un niveau très bas, très inférieur à ce que l’on connaît dans de nombreux pays anglo-saxons.

Comment réduire les mauvaises surprises en tant qu’expatrié

La principale difficulté quand on arrive en France n’est pas tant le niveau de protection que la complexité des règles. Quelques réflexes permettent d’éviter la majorité des écueils :

Astuce :

Pour une transition médicale sereine en France, il est recommandé de : sécuriser une couverture privée solide pour les premiers mois, le temps que l’affiliation PUMA soit effective ; se renseigner sur les modalités de remboursement avant une dépense lourde (dentaire, chirurgie, lunettes) ; choisir une mutuelle adaptée à son profil (jeune actif, famille avec enfants, porteur de pathologies chroniques, etc.) ; repérer à l’avance les services d’urgence locaux et les numéros d’appel (15, 112) ; garder sur soi une liste en français de ses allergies, traitements et antécédents médicaux ; identifier quelques médecins et structures anglophones (hôpitaux internationaux, cabinets privés) pour les cas délicats ou les explications complexes ; et utiliser les plateformes en ligne (Doctolib, Ameli) pour s’orienter dans le maquis des spécialistes.

Au-delà des démarches administratives parfois fastidieuses, la réalité est que la France offre aux expatriés un niveau de soins très élevé, des délais globalement raisonnables (malgré des tensions dans certaines spécialités) et des coûts de santé qui, une fois le système maîtrisé, restent remarquablement contenus.

S’approprier ce système demande un peu de temps, de patience et de vocabulaire, mais l’effort est largement récompensé : être bien assuré et bien orienté dans les soins de santé pour les expatriés en France, c’est poser l’un des fondements les plus concrets d’une installation sereine et durable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait s’installer fiscalement en France pour optimiser sa charge imposable, sécuriser son cadre juridique et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec son pays d’origine. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, installation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Espagne, Italie, France), la stratégie retenue a consisté à cibler la France pour la stabilité de son cadre juridique, ses conventions fiscales étendues, ses dispositifs d’optimisation (statut de résident impatrié, structuration en assurance-vie, PEA, immobilier) et la qualité de vie (Paris, Côte d’Azur, régions viticoles). La mission a inclus : audit fiscal pré‑installation (risques d’Exit Tax, conventions fiscales), choix du lieu de résidence, démarches auprès de l’Assurance Maladie, transfert de résidence bancaire, plan de gestion des liens fiscaux avec l’ancien pays, mise en relation avec un réseau local (avocat, notaire, expert-comptable, réseau bilingue) et intégration patrimoniale globale. Cela permet de bénéficier des atouts de la France tout en maîtrisant les risques fiscaux et successoraux.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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