S’installer en France fait rêver : qualité de vie, patrimoine, gastronomie, système de santé solide… Mais une expatriation réussie repose aussi sur une bonne compréhension de la sécurité, au quotidien comme en ligne. Entre pickpockets dans le métro, arnaques aux locations, cyberfraudes sophistiquées ou simples imprudences domestiques, les risques existent, sans pour autant transformer le pays en zone dangereuse. L’enjeu, pour un expatrié, n’est pas de vivre dans la peur, mais d’adopter les bons réflexes pour profiter de la vie française en toute sérénité.
Cet article fournit un panorama concret pour une installation sereine : fonctionnement de la police, numéros d’urgence, arnaques courantes visant les étrangers, sécurisation du logement et des données bancaires, et précautions dans les grandes villes comme Paris ou Lyon.
Comprendre le niveau de sécurité en France
La France est généralement considérée comme un pays sûr, y compris pour les femmes seules et les familles. Les agressions violentes visant les étrangers restent rares. Les autorités disposent d’un appareil sécuritaire dense, avec des forces de l’ordre visibles dans les rues, notamment à Paris et dans les grandes villes.
Le sentiment global de sécurité est bon, notamment dans les campagnes où certaines portes restent ouvertes en journée. Cependant, il est essentiel de rester prudent face aux risques principaux : vols à la tire, cambriolages opportunistes (en hausse dans les résidences secondaires isolées), fraudes bancaires, phishing et arnaques ciblant spécifiquement les nouveaux arrivants.
Il faut garder une chose en tête : statistiquement, un logement a plus de chances d’être endommagé par un incendie ou une tempête que par un cambriolage. De la même façon, la plupart des visiteurs ou expatriés ne rencontrent jamais de problèmes de sécurité graves. L’objectif, donc, n’est pas de dramatiser, mais de se préparer intelligemment.
Terrorisme, manifestations et climat sécuritaire
Les autorités étrangères, comme les États-Unis ou le Canada, recommandent de faire preuve d’une « vigilance accrue » en France, principalement à cause de la menace terroriste et des épisodes de violences en marge de manifestations. Le pays a renforcé son dispositif, avec le plan Vigipirate et l’opération Sentinelle : militaires en patrouille, contrôles de sacs à l’entrée des grands sites, surveillance accrue des gares, aéroports, centres commerciaux et lieux religieux.
Pour un expatrié, le contexte sécuritaire se traduit surtout par une présence policière et militaire visible, des contrôles réguliers et parfois des files d’attente plus longues à l’entrée des sites comme les musées ou les stades. Bien que cette situation puisse impressionner, elle vise précisément à réduire les risques et à assurer la sécurité de tous.
Le plus sage est de :
– éviter les grandes manifestations, surtout si le climat est tendu ;
– suivre les consignes officielles (affichages, messages gouvernementaux, alertes sur les réseaux des autorités) ;
– rester informé via les sites d’ambassade et de ministères.
Qui vous protège ? Comment fonctionne la police en France
Pour un nouvel arrivant, le paysage policier français peut sembler complexe. En réalité, deux grandes forces dominent, complétées par des polices municipales.
Police nationale et Gendarmerie nationale : qui fait quoi ?
La Police nationale est une force civile, rattachée au ministère de l’Intérieur. Elle couvre principalement les grandes villes et agglomérations. Elle compte environ 149 000 agents. Ses missions vont du maintien de l’ordre aux enquêtes criminelles, en passant par la lutte contre l’immigration irrégulière ou la sécurisation des frontières.
La Gendarmerie nationale compte environ 100 000 personnels pour assurer la sécurité sur 95 % du territoire français.
Le partage est simple pour un expatrié : en ville, vous verrez surtout la Police nationale ; à la campagne, ce sera la gendarmerie. Dans les deux cas, le numéro d’urgence reste le même.
Voici un tableau récapitulatif utile :
| Force | Statut | Zone principale | Effectifs (approx.) | Missions clés |
|---|---|---|---|---|
| Police nationale | Civile | Grandes villes, Paris | 149 000 | Ordre public, enquêtes, frontières, CRS, anti-terrorisme (RAID, BRI) |
| Gendarmerie nationale | Militaire | Campagnes, petites villes, zones périurbaines | ~100 000 | Sécurité rurale, routes, sites sensibles, GIGN, mobile, garde républicaine |
À ces forces s’ajoutent des polices municipales, créées par les mairies. Elles gèrent surtout la tranqu Illité publique locale : stationnement, nuisances, petites infractions, parfois vidéo-surveillance. Elles n’ont pas les mêmes prérogatives qu’un policier national ou qu’un gendarme, mais participent au maillage sécuritaire.
Quand et comment appeler les secours
Pour une expatriation sereine, mémoriser les bons numéros est indispensable. En France, plusieurs numéros cohabitent, mais vous pouvez parfaitement vous contenter d’en retenir deux :
Deux numéros essentiels à connaître pour obtenir une aide urgente des services de secours ou des forces de l’ordre.
Numéro d’urgence unique fonctionnant dans toute l’Europe, accessible gratuitement depuis un téléphone fixe ou mobile. Les opérateurs peuvent faire appel à des interprètes dans une quarantaine de langues.
Numéro à composer pour signaler une agression, un vol ou un trouble grave à l’ordre public. Permet d’être mis en relation directe avec les forces de l’ordre.
D’autres numéros peuvent s’avérer utiles :
| Service | Numéro |
|---|---|
| SAMU (urgence médicale) | 15 |
| Police / Gendarmerie | 17 |
| Pompiers (incendies, accidents, secours) | 18 |
| Urgence européenne | 112 |
| Urgence sourds/malentendants (SMS, visio) | 114 |
En pratique, pour un expatrié, le réflexe le plus simple reste le 112. Lorsque vous appelez, les opérateurs vous demanderont :
– votre nom ;
– votre numéro de téléphone ;
– votre localisation précise (l’application what3words peut aider) ;
– la nature de l’urgence (accident, malaise, agression, incendie, etc.).
Il est conseillé de ne pas raccrocher avant qu’on vous le demande. Même avec un français limité, essayez quelques mots simples ; sur le 112, un interlocuteur anglophone est souvent disponible.
Grandes villes, transports et petits risques du quotidien
L’immense majorité des expatriés s’installent dans des zones urbaines : Paris, Lyon, Marseille, la Côte d’Azur… On y trouve un très bon niveau d’infrastructures, mais aussi les inconvénients classiques des grandes villes : vols, arnaques, incivilités ponctuelles.
Paris : belle, touristique… et aimée des pickpockets
Paris attire toujours les fraudeurs qui ciblent les touristes et, par extension, les nouveaux arrivants encore peu familiers des lieux.
Les zones les plus exposées sont :
– autour de la tour Eiffel, du Louvre, de Notre-Dame, de Montmartre / Sacré-Cœur, des Champs-Élysées, des bords de Seine ;
– les grandes gares : Gare du Nord, Gare Saint-Lazare notamment ;
– les stations de métro très fréquentées et les RER vers aéroports ou banlieue.
Les vols à la tire sont omniprésents : un sac ouvert dans le dos, un téléphone posé sur une table de terrasse, un portefeuille dans la poche arrière suffisent à tenter les voleurs.
Plusieurs arnaques bien rodées y prospèrent :
Plusieurs escroqueries sont fréquemment rencontrées dans les lieux touristiques parisiens. Le ‘bracelet d’amitié’ consiste à nouer un fil autour du poignet d’une personne près du Sacré-Cœur avant de réclamer de l’argent. La ‘fausse pétition caritative’ voit des individus, souvent près de la tour Eiffel, demander une signature pour une cause puis exiger un don de manière agressive. L’arnaque de la ‘bague en or par terre’ implique qu’un inconnu prétende trouver un bijou précieux pour tenter de le vendre, alors qu’il est sans valeur. La ‘rose offerte’ est un leurre où l’on tend une fleur en guise de cadeau avant de réclamer un paiement. Enfin, les ‘fausses aides aux distributeurs’ proposent une assistance pour acheter un ticket de métro, mais vendent un titre périmé, gardent la différence ou tentent de mémoriser les codes bancaires.
La règle d’or, pour un expatrié comme pour un touriste, est très simple : ne jamais s’arrêter pour ce type d’approche et répondre un « Non, merci » en continuant à marcher.
Lyon : ville agréable, criminalité modérée
Lyon, troisième ville du pays, est généralement perçue comme sûre pour les expatriés. La criminalité y est jugée modérée, et les crimes violents y restent moins fréquents que dans d’autres grandes métropoles européennes. Les expatriés s’y installent volontiers pour son dynamisme économique, ses universités et son patrimoine.
Les risques principaux (vols, vandalisme, cambriolages) nécessitent une vigilance accrue dans certains secteurs comme une partie de la Guillotière, des 8e et 9e arrondissements et quelques zones de Villeurbanne, surtout tard le soir. À l’inverse, des quartiers comme la Presqu’île, Vieux Lyon, la Croix-Rousse ou le 6e arrondissement sont réputés pour leur ambiance et leur bon niveau de sécurité, et sont très prisés des expatriés.
Les transports lyonnais (métro, tram, bus) sont jugés sûrs et bien surveillés. La vigilance de base reste de mise aux heures de pointe ou dans les grandes stations comme Part-Dieu.
Transports publics : sûrs, mais à surveiller
La France dispose d’un réseau de transport public dense et globalement fiable : TGV, TER, métros dans plusieurs villes (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Rennes), tramways dans de nombreuses agglomérations. Dans la plupart des cas, voyager en métro, bus ou tram reste sûr, y compris pour les femmes seules.
Les principaux risques :
– pickpockets dans les rames bondées et les couloirs de correspondance ;
– vols de sac à main près des portes (arrachement au moment où elles se ferment) ;
– rares cas de harcèlement, surtout sur certaines lignes et aux heures tardives.
À Paris, environ 43 % des violences graves vécues par des femmes l’ont été dans les transports.
– sur le métro, éviter de rester près des portes avec un sac ouvert ;
– porter le sac serré devant soi ;
– choisir un wagon fréquenté, idéalement proche du conducteur la nuit ;
– éviter de s’assoupir visiblement avec son téléphone dans la main.
Taxis, VTC et faux chauffeurs
Dans les grandes gares et les aéroports, les faux taxis sont un classique : chauffeurs non déclarés proposant « taxi » ou « Uber » à la sortie des terminaux, facturant des prix excessifs ou détournant le trajet.
Pour éviter cela : évitez les situations à risque et prenez des mesures préventives.
– utilisez uniquement les files de taxis officiels (véhicule muni d’un lumineux sur le toit, d’un compteur) ou des applications reconnues comme G7 ou Uber ;
– vérifiez toujours que la plaque du VTC correspond à celle indiquée sur l’application ;
– refusez les offres non sollicitées dans le hall d’aéroport ou de gare.
Les taxis officiels ont des tarifs réglementés depuis les aéroports parisiens vers la capitale ; un chauffeur qui réclame une somme très au-dessus doit vous alerter.
Arnaques les plus fréquentes visant les expatriés
Au-delà des petits larcins touristiques, certains montages ciblent plus spécifiquement les nouveaux arrivants, souvent encore peu aguerris au système local.
Locations et logement : le piège des annonces trop belles
Les arnaques à la location touchent particulièrement les étudiants étrangers et les expatriés cherchant un appartement depuis l’étranger. Le schéma est souvent le même :
– annonce très attractive sur une plateforme type Leboncoin ou Facebook, avec un loyer anormalement bas (par exemple environ 400 € pour un appartement à Paris, largement en dessous du marché) ;
– prétendu propriétaire très arrangeant, parfois avec pièce d’identité volée ou contrat falsifié ;
– demande de virement de dépôt ou de garantie via des systèmes de transfert d’argent avant la visite (Ria, Western Union, etc.) ;
– impossibilité de voir le bien autrement qu’en photos ; refus de vidéo en direct.
Pour vous protéger :
En France, ne versez jamais d’argent avant d’avoir signé le bail et vérifié l’identité du bailleur. Exigez une visite physique ou, à défaut, une visite en vidéo en direct. Méfiez-vous des loyers anormalement bas et privilégiez, pour un premier logement, les plateformes reconnues ou les agences immobilières.
Fausse police, faux contrôleurs et usurpation d’identité
Parmi les arnaques visant les étrangers :
– faux policiers en civil : un individu montre une « carte » de police et prétend contrôler vos papiers, votre portefeuille, voire votre carte bancaire. Le but est de subtiliser de l’argent ou de relever les numéros de carte.
– faux contrôleurs dans le métro ou le train : personnes sans uniforme crédible, qui vous réclament une amende en liquide sur le quai.
Rappel utile : un vrai policier ou gendarme peut être en civil, mais il présentera une carte professionnelle officielle et, en cas de doute, vous pouvez exiger de vous rendre au commissariat le plus proche. Les vrais contrôleurs de transport portent des uniformes ou des badges clairs, et les paiements d’amende peuvent se faire par carte.
Arnaques « institutionnelles » : faux mails, faux SMS, faux appels
Les fraudeurs exploitent la confiance dans les institutions françaises : Sécurité sociale, impôts, ambassade, compte de formation, etc. Le principe : un message (mail, SMS, parfois appel) imitant parfaitement la charte graphique d’une administration et vous incitant à cliquer sur un lien ou à donner des informations.
Parmi les plus fréquents :
– faux messages d’ANTAI (agence des amendes de stationnement) affirmant que vous avez une amende impayée et qu’il faut régler en ligne : en réalité, l’ANTAI ne contacte pas par mail ni SMS mais par courrier postal ;
– faux remboursements de l’Assurance maladie (Ameli), réclamant vos coordonnées bancaires ;
– appels se faisant passer pour une ambassade afin de « régulariser » un dossier de visa contre paiement ;
– démarchage agressif au sujet de votre Compte Personnel de Formation (CPF) pour récupérer vos données bancaires.
La règle : ne jamais cliquer sur un lien reçu par message non sollicité. Si un doute subsiste, allez directement sur le site officiel (en tapant l’adresse vous-même) ou appelez le numéro officiel figurant sur les documents officiels ou les sites gouvernementaux.
Sécurité financière et cybercriminalité : un enjeu clé pour les expatriés
Les données montrent une explosion mondiale de la cybercriminalité, et la France n’y échappe pas. Les banques françaises et la Fédération bancaire française ont mené plusieurs études révélant à quel point le sujet est sensible pour la population.
Ce que révèlent les études françaises
Les enquêtes menées pour le Mois européen de la cybersécurité dressent un tableau instructif :
– en 2023, 87 % des Français considèrent leurs données bancaires comme les plus sensibles de toutes ;
– 85 % craignent l’usurpation d’identité, autant redoutent une attaque sur leurs données bancaires ;
– plus de la moitié de la population dit avoir été confrontée à une tentative de fraude sur données bancaires, et environ 8 % reconnaissent avoir déjà été effectivement escroqués.
Et pourtant, les comportements prudents reculent légèrement : moins de personnes vérifient que le site est sécurisé, lisent les conditions générales ou se renseignent sur un site avant d’acheter. Près d’un Français sur cinq admet encore cliquer sur des liens dans des messages prétendument envoyés par sa banque.
Pour un expatrié, il est essentiel d’adopter de bonnes pratiques dès l’ouverture d’un compte, notamment pour payer son loyer en ligne et gérer ses abonnements français depuis l’étranger.
Bonnes pratiques numériques à adopter
Les recommandations des banques et autorités françaises convergent :
– ne jamais communiquer vos identifiants bancaires, codes PIN, mots de passe ou codes à usage unique (OTP), même à quelqu’un prétendant être votre conseiller ;
– votre banque ne vous demandera jamais par téléphone ou email de valider une opération en lisant un code reçu par SMS ;
– taper vous-même l’adresse de la banque dans votre navigateur au lieu de cliquer sur des liens dans des mails ;
– privilégier l’accès à vos comptes depuis vos propres appareils, sur un réseau privé ou via un VPN plutôt que sur un Wi-Fi public gratuit ;
– utiliser des mots de passe longs, uniques par service, idéalement gérés par un gestionnaire de mots de passe ;
– activer, dès que possible, l’authentification à deux facteurs (MFA) sur vos comptes sensibles (banque, email, réseaux sociaux).
Près de 80 % des Français déclarent utiliser un mot de passe unique pour leur banque en ligne, selon les études.
Wi-Fi publics, applications douteuses et phishing
Les outils que les expatriés utilisent le plus – Wi-Fi de cafés, applis de covoiturage, réseaux sociaux – sont aussi exploités par les cybercriminels :
– les Wi-Fi gratuits d’aéroports, hôtels, bars peuvent être non chiffrés, voire falsifiés (faux réseau portant le nom de la ville ou de la mairie, par exemple) pour intercepter vos données ;
– des applications mobiles frauduleuses peuvent contenir des malwares (adwares, chevaux de Troie) et se retrouvent parfois même sur des boutiques officielles ;
– les emails ou SMS de phishing copient logos et chartes graphiques de grandes entreprises ou administrations.
Un réflexe simple et efficace pour un nouvel arrivant : acheter une carte SIM française ou une eSIM locale et utiliser la data mobile plutôt que les Wi-Fi ouverts pour toute opération sensible (banque, achats, accès mail). Et, bien sûr, maintenir vos appareils à jour et protégés par un code, un schéma, voire une biométrie, avec verrouillage automatique.
Sécuriser son logement : l’autre pilier d’une expatriation sereine
Qu’il s’agisse d’un studio loué à Lyon, d’un appartement parisien ou d’une maison en province, la protection de votre domicile conditionne largement votre tranquillité d’esprit.
Cambriolages : une réalité gérable
Les statistiques rappellent que les cambriolages augmentent, surtout dans les résidences secondaires isolées et lors de périodes clés (été, Noël, Pâques). Mais la probabilité d’en être victime reste globalement faible, à plus forte raison si vous vivez dans un immeuble occupé à l’année.
Les cambrioleurs sont souvent des opportunistes qui privilégient :
– les maisons manifestement inoccupées (jardin laissé à l’abandon, courrier qui déborde, volets constamment fermés ou… toujours ouverts) ;
– les fenêtres ou portes mal fermées, les garages ouverts, les échelles ou outils laissés dehors.
Un cambriolage dure en moyenne une dizaine de minutes ; toute mesure qui complique la tâche ou prend du temps joue en votre faveur. D’où une série de conseils concrets.
Bonnes pratiques physiques simples
Quelques réflexes, peu coûteux, peuvent fortement réduire le risque :
Pour sécuriser votre domicile, fermez systématiquement portes et fenêtres à clé, même lors d’une courte absence. Investissez dans des serrures de qualité, idéalement certifiées A2P. Inspectez et renforcez les zones vulnérables comme les portes vitrées anciennes ou les fenêtres cachées par une végétation dense. Éliminez les points d’escalade potentiels en élaguant les arbres proches des ouvertures et en rangeant chaises, poubelles et treillis. Installez des éclairages extérieurs à détecteur de mouvement et rangez toujours les échelles et outils de jardin dans un abri fermé à clé.
Pour un appartement, il est souvent conseillé : de bien vérifier l’état général du logement, de se renseigner sur les charges et les taxes, et d’examiner la situation géographique pour s’assurer de la proximité avec les transports, les commerces et les services.
– d’équiper la porte d’un judas et d’une chaîne ;
– d’éviter les portes avec grandes surfaces vitrées faciles à briser ;
– de faire poser, si besoin, un verrou multipoints par un professionnel.
Les assurances habitation françaises fixent parfois des exigences minimales (serrure de sécurité, volets au rez-de-chaussée, voire deux points de fermeture dans certaines zones jugées plus à risque comme l’Île-de-France ou les Alpes-Maritimes). Vérifier ce qui figure dans votre contrat est essentiel : en cas de sinistre, le non-respect de ces exigences peut compliquer l’indemnisation.
Alarmes, vidéosurveillance et « maison habitée »
Pour les expatriés possédant une résidence secondaire ou s’absentant longtemps (missions à l’étranger, voyages prolongés), des solutions plus poussées existent :
Découvrez les principales solutions technologiques pour protéger votre domicile, dissuader les intrusions et surveiller votre propriété à distance.
Optez pour une sirène locale simple ou un système surveillé 24h/24 qui envoie une alerte à une centrale en cas d’intrusion.
Connectez des caméras à une application mobile pour visualiser et vérifier les activités de votre domicile à distance, en temps réel.
Programmez l’éclairage, la télévision ou les volets pour simuler une présence et dissuader les cambriolages en votre absence.
Certains systèmes sophistiqués (comme des packs caméras + enregistrement distant, ou domotique très complète) peuvent coûter plusieurs milliers d’euros, mais des solutions plus accessibles existent. Les assureurs peuvent, dans certains cas, accorder une réduction de prime si une alarme homologuée est installée.
Au-delà de la technologie, quelques astuces très simples permettent de donner l’illusion d’une maison occupée :
– utiliser des minuteries pour allumer des lampes le soir, voire une radio ou un téléviseur ;
– confier les clés à un voisin de confiance pour ouvrir et fermer des volets régulièrement ;
– demander à un proche de tondre la pelouse ou d’entretenir un minimum le jardin ;
– mettre un autocollant « Maison sous surveillance » ou « Chien méchant » (même sans chien…) ;
– afficher une plaque de société de sécurité, même si vous utilisez un système différent.
Opération Tranquillité Vacances : un service gratuit méconnu
Un atout très pratique pour un expatrié propriétaire ou locataire longue durée est le dispositif Opération Tranquillité Vacances. Il s’agit d’un service gratuit proposé par la police et la gendarmerie : vous signalez vos dates d’absence (quelques jours à plusieurs mois selon votre type de résidence), et votre logement est intégré à leurs rondes de surveillance.
Concrètement :
– pour une résidence principale, on peut demander une surveillance pendant une période de 3 à 90 jours ;
– pour une résidence secondaire, la gendarmerie peut étendre la vigilance jusqu’à 12 mois ;
– après chaque passage, les forces de l’ordre laissent souvent un avis dans la boîte aux lettres, attestant de leur visite.
Pour vous inscrire, il suffit de se rendre au commissariat ou à la brigade de gendarmerie, ou de remplir un formulaire en ligne selon les départements. Ce service, encore peu connu des expatriés, est pourtant un outil de tranquillité très simple.
En cas de cambriolage : quoi faire (et ne pas faire)
Si, malgré toutes ces précautions, vous découvrez un cambriolage :
1. Appelez immédiatement le 17 ou le 112. 2. Ne touchez à rien : les policiers ou gendarmes ont besoin de préserver les traces et indices. 3. Déposez plainte (plainte) au commissariat ou à la gendarmerie. 4. Prévenez votre assureur dans les 48 heures (délai fréquemment mentionné dans les contrats). 5. Conservez les factures, photos, certificats de vos objets de valeur pour faciliter l’indemnisation.
Les associations de consommateurs recommandent de photographier régulièrement les objets importants (œuvres, bijoux, matériel coûteux) et de conserver ces images dans un endroit séparé (cloud, coffre fort, etc.). En l’absence de facture, ces photos peuvent servir d’élément de preuve.
Arnaques et fraudes du quotidien : comment rester maître de la situation
Au-delà du logement, la vie quotidienne d’un expatrié confronte à toute une palette de petites arnaques, parfois déroutantes pour qui ne maîtrise pas encore bien la langue.
Restaurants, cafés et note salée
Dans les zones ultra-touristiques, certains établissements peu scrupuleux pratiquent :
– surfacturations ;
– ajout de produits non commandés (bouteille de vin entière au lieu d’un verre, eau minérale au lieu de carafe gratuite) ;
– prix différents entre l’ardoise à l’extérieur et la note finale.
En France, l’eau du robinet est gratuite au restaurant : il suffit de demander « une carafe d’eau ». Vérifier la carte et l’addition avant de payer est un réflexe sain. En cas de litige sérieux, il est possible de saisir la Direction départementale de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Arnaques au paiement : billets et échanges d’espèces
Certaines combines consistent à :
– échanger discrètement un billet de forte valeur contre un billet de faible valeur puis prétendre que vous vous êtes trompé ;
– vous rendre de la monnaie avec un billet contrefait.
Limiter au minimum l’usage de grosses coupures, privilégier la carte (avec un terminal visible) et compter la monnaie devant le commerçant restent les meilleurs moyens de réduire ces risques.
Marchés, vendeurs à la sauvette et jeux de rue
Sur certains spots touristiques, jeux de rue type « bonneteau » (gobelet sous lequel se cache une balle) prospèrent. Ces jeux sont truqués et animés par une équipe (faux gagnants, rabatteurs) ; il est impossible de gagner sur le long terme.
Les vendeurs à la sauvette (souvent de souvenirs, gadgets lumineux, tours de manège, etc.) peuvent devenir insistants, surtout si vous touchez la marchandise. Là encore, mieux vaut éviter tout contact avec les objets si vous n’avez pas l’intention d’acheter et simplement refuser poliment.
Santé, urgence et système médical : sécuriser aussi son bien-être
La sécurité, ce n’est pas seulement éviter les voleurs : c’est aussi savoir comment réagir en cas d’accident, de malaise ou de besoin urgent de soins.
Numéros, services et premiers réflexes
En France :
– pour un malaise grave, une détresse vitale : appeler le 15 (SAMU) ou le 112 ;
– pour un incendie, un accident de la route, un sauvetage urgent : 18 (pompiers) ou 112.
Le SAMU dispose de centres d’appels hospitaliers, capables de réguler l’urgence : un médecin évalue la gravité et envoie, si nécessaire, une ambulance ou une équipe de réanimation mobile (SMUR). Les pompiers interviennent également très souvent pour des secours à victimes, surtout en zones rurales.
En zone urbaine, le service SOS Médecins propose des visites à domicile 24 heures sur 24, selon la disponibilité dans votre secteur géographique.
Assurance maladie, expatriation et cyberrisques
Le système de santé français est réputé pour sa qualité. Pour un expatrié non européen :
– une assurance privée complète est nécessaire pour obtenir un visa de long séjour ;
– après trois mois de résidence régulière, il est en principe possible de demander l’affiliation au régime public (PUMa).
Parallèlement, les autorités sanitaires mettent en garde contre les phishing se faisant passer pour la Sécurité sociale (Ameli), prétendant offrir des remboursements immédiats en échange de vos coordonnées bancaires. Ne jamais saisir de données sensibles via un lien reçu par SMS ou email dans ce contexte.
Discriminations, harcèlement et sécurité des femmes et minorités
La France dispose d’un arsenal juridique contre les discriminations (sexe, orientation sexuelle, handicap, origine, etc.). Le pays est souvent perçu comme relativement accueillant pour les personnes LGBTQ+, et le mariage pour tous y est légal depuis plusieurs années.
Les femmes expatriées peuvent être confrontées à du harcèlement de rue (sifflements, commentaires déplacés, drague insistante), particulièrement dans certains quartiers et tard le soir. Bien que ces comportements soient socialement rejetés, ils existent. Des conseils sont fréquemment donnés pour y faire face.
– garder une attitude assurée, un « non merci » ferme suffit souvent à mettre fin aux avances ;
– éviter l’alcoolisation excessive dans des contextes inconnus ;
– surveiller sa boisson dans les bars et clubs ;
– privilégier taxi ou VTC pour rentrer tard, surtout si l’on est seul.
En cas de violence sexuelle ou de situation de détresse, une ligne nationale spécialisée existe : Viols Femmes Informations, au 0 800 05 95 95 (appel gratuit). Des associations comme la Maison des Femmes à Paris peuvent aussi accompagner les victimes.
S’installer durablement : visas, intégration et nouvelles exigences
Une expatriation sereine passe aussi par une situation administrative claire. Pour les non-Européens, plusieurs types de visas de long séjour existent : visas « visiteur », titres de séjour talents, regroupement familial, etc. Certains dispositifs, comme le Passeport Talent, sont destinés aux profils qualifiés ou investisseurs, avec des cartes pouvant aller jusqu’à quatre ans.
Les autorités françaises exigent désormais des niveaux de français (A2, B1 ou B2 selon le titre) et la réussite d’un examen de connaissances civiques pour obtenir certaines cartes de séjour pluriannuelles, la carte de résident longue durée ou la nationalité. Ces exigences font partie du parcours d’intégration. Une exemption des tests linguistiques est généralement accordée aux personnes de plus de 65 ans pour la carte de résident.
Pour un expatrié, anticiper ces exigences linguistiques a aussi une dimension sécuritaire : plus votre français est solide, plus vous pouvez :
– comprendre les consignes de sécurité ;
– dialoguer avec la police, les médecins ou les administrations ;
– éviter les malentendus contractuels (bail, assurances, abonnements).
En résumé : une expatriation sereine repose sur quelques piliers
Vivre en France de manière sereine n’implique pas de se transformer en expert en sécurité. En revanche, intégrer quelques principes-clés permet de réduire l’essentiel des risques :
Pour un séjour en sécurité, il est crucial de connaître les numéros d’urgence (112, 17, 15, 18) et de comprendre le rôle de la Police et de la Gendarmerie nationales. Soyez vigilant dans les lieux touristiques et les transports, méfiez-vous des approches insistantes, des cadeaux spontanés et des collectes douteuses. Pour un logement, ne versez aucun fonds sans bail signé, visite réelle et vérification d’identité. Adoptez de bons réflexes numériques (mots de passe uniques, méfiance face au phishing, usage limité du Wi-Fi public). Sécurisez votre domicile (serrures, éclairage) et utilisez le service Opération Tranquillité Vacances si besoin. Enfin, apprendre quelques phrases de base en français peut être précieux pour demander de l’aide.
Avec ces bases, la France se révèle pour ce qu’elle est pour la majorité des expatriés : un pays où l’on peut vivre confortablement, profiter d’un système de santé performant, d’un riche patrimoine culturel, d’un réseau de transport dense et d’un environnement globalement sûr, à condition d’y apporter une vigilance raisonnable. En d’autres termes, la sécurité n’est pas un frein à l’expatriation, mais un volet à intégrer lucidement pour savourer pleinement cette nouvelle vie.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait revenir en France comme résidence fiscale tout en optimisant sa charge imposable et en diversifiant ses investissements. Il voulait maintenir certains liens économiques à l’étranger. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs scénarios (maintien à l’étranger, Italie, Portugal, Espagne), la stratégie retenue a consisté à cibler la France en combinant les dispositifs favorables aux nouveaux résidents fiscaux, l’accès à un vaste réseau bancaire et financier et la possibilité de structurer une résidence principale en zone à fiscalité locale modérée. La mission a inclus : audit fiscal pré-résidence (exit tax éventuelle, conventions fiscales), choix du régime de retour, obtention de la résidence et inscription auprès des organismes sociaux, organisation de la résidence bancaire, plan de sécurisation vis-à-vis de l’administration fiscale française (183 jours, centre des intérêts économiques, preuve de non-double résidence), mise en relation avec un réseau local (avocat fiscaliste, notaire, experts en investissement) et intégration patrimoniale globale (optimisation revenus, immobilier, transmission).
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