Gestion financière à l’international : comment organiser ses services bancaires d’expatrié en France

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en France sans anticiper sa banque, sa monnaie et ses transferts internationaux, c’est accepter de perdre du temps… et souvent beaucoup d’argent. Le système bancaire français est solide, très développé, mais aussi réglementé et parfois déroutant pour un nouvel arrivant. Pour un expatrié, la question n’est pas seulement « quelle banque choisir ? », mais « comment organiser l’ensemble de ma gestion financière entre plusieurs pays et plusieurs devises en utilisant au mieux les banques, les néobanques et les prestataires spécialisés ? ».

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide concret pour les expatriés, couvrant la structure bancaire, les types de comptes, les conditions d’ouverture pour résidents et non-résidents, les frais, les transferts internationaux, la sécurité, l’investissement immobilier, la fiscalité de base, et l’impact des nouveaux acteurs (Wise, Revolut). L’objectif est d’aider à construire une stratégie financière cohérente plutôt que de subir les règles établies.

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Le paysage bancaire français : un système puissant mais très codifié

Le système bancaire français est l’un des plus développés au monde, encadré par un cadre légal dense (Code monétaire et financier) et surveillé par la Banque de France et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Plus de 330 établissements bancaires ou de crédit y opèrent, des grands groupes internationaux aux banques régionales coopératives, en passant par une galaxie de banques en ligne et de néobanques.

On y trouve à la fois des géants mondiaux comme BNP Paribas ou Crédit Agricole, des banques mutualistes régionales comme Crédit Mutuel ou Banque Populaire, des acteurs publics comme La Banque Postale, mais aussi des banques 100 % en ligne comme Boursorama Banque, Fortuneo ou Monabanq, et des néobanques telles que N26, Revolut ou Nickel.

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Nombre d’agences bancaires pour 100 000 habitants en France, illustrant un maillage territorial dense malgré la progression du numérique.

Une monnaie unique : l’euro, au cœur de la stratégie de change

La France utilise l’euro (€), monnaie partagée avec la majorité de ses voisins européens. Les billets existent en sept coupures (5 à 500 €) et les pièces en huit valeurs (1 centime à 2 €). Dans les faits, les billets au‑dessus de 100 € sont rarement acceptés dans les commerces de rue. La loi limite par ailleurs les paiements en espèces à 1 000 € pour lutter contre le blanchiment.

Astuce :

Pour un expatrié rémunéré en devise étrangère, le coût réel d’un salaire, d’un loyer ou d’un achat immobilier en France dépend directement du taux de change au moment de la conversion. Une variation de quelques points sur la parité EUR/USD ou EUR/GBP peut représenter des dizaines de milliers d’euros de différence sur une acquisition. Il est donc crucial d’utiliser des outils de couverture, tels que les contrats à terme, les ordres à seuil ou les comptes multi-devises, proposés par des spécialistes du change et certaines banques.

Institutions, régulateurs et enregistrement des comptes

Tous les comptes bancaires ouverts en France, y compris ceux des étrangers, sont recensés dans un fichier national, FICOBA. Les autorités fiscales et les notaires peuvent y accéder en cas d’enquête ou de succession, mais pas au détail des mouvements sans procédure. Les banques ont en outre l’obligation de surveiller les opérations et de signaler celles jugées suspectes à l’ACPR ou à Tracfin.

Les établissements étrangers souhaitant exercer en France doivent être autorisés par l’ACPR et justifier d’au moins 5 millions d’euros de fonds propres, preuve que le marché français est très protégé. Pour l’expatrié, cela se traduit par un niveau de sécurité élevé, mais aussi par des contrôles KYC (Know Your Customer) rigoureux, en particulier pour les non‑résidents et certaines nationalités comme les Américains (FATCA).

Pourquoi un compte en France devient vite indispensable pour un expatrié

Théoriquement, on peut vivre en France avec un compte étranger. En pratique, cela complique presque tout : versement du salaire, paiement du loyer, abonnements, prélèvements, achat d’un bien immobilier, voire obtention ou renouvellement d’un titre de séjour.

Un compte français devient vite un outil central pour :

Attention :

Pour s’installer et vivre en France, disposer d’un RIB (Relevé d’Identité Bancaire) français est indispensable pour de nombreuses démarches essentielles. Cela permet de recevoir son salaire, de payer son loyer (souvent exigé par les bailleurs), de régler les factures courantes (électricité, gaz, internet, assurance) par prélèvement automatique, de souscrire une assurance habitation (obligatoire légalement), d’obtenir un crédit, d’acheter un véhicule, de souscrire un forfait mobile et de percevoir les remboursements de santé.

Pour certains expatriés, le compte français joue aussi un rôle dans l’intégration administrative, par exemple lors du renouvellement d’un titre de séjour ou de l’examen de la résidence fiscale.

Les grandes familles de banques et services financiers disponibles en France

Le choix ne se résume pas à « choisir une banque » : il s’agit d’assembler plusieurs briques complémentaires (banque de détail, néobanque, prestataire de change) pour optimiser coûts, flexibilité et sécurité.

Banques traditionnelles : la base pour les besoins « lourds »

Les grands réseaux de détail restent incontournables pour les services complexes (crédit immobilier, prêts, produits d’épargne réglementés, assurance, banque pro). Parmi les plus présents :

Type d’acteurExemples principauxAtouts pour expatriés
Grandes banques nationalesBNP Paribas, Société Générale, LCL, CICOffre complète, agences nombreuses, services en anglais dans les grandes villes
Groupes coopératifs régionauxCrédit Agricole, Crédit Mutuel, BPCE (Banque Populaire, Caisse d’Épargne)Forte présence locale, produits adaptés aux particuliers et PME
Banque publiqueLa Banque Postale, Caisses de Crédit MunicipalAccessibilité, frais modérés, missions d’inclusion bancaire

Certaines de ces banques affichent une puissance internationale impressionnante :

BNP Paribas compte environ 60 millions de clients et une capitalisation boursière de plus de 70 milliards d’euros.

– Crédit Agricole, surnommée « la banque verte », fédère 39 caisses régionales, opère dans 46 pays et revendique 53 millions de clients.

– Société Générale, fondée en 1864, sert environ 25 millions de clients et figure parmi les plus grandes banques françaises.

Ces acteurs proposent généralement des offres dédiées aux expatriés ou aux non‑résidents, avec accompagnement en anglais dans les grandes villes, packs de services et parfois procédures d’ouverture à distance.

Banques en ligne : coûts réduits, mais exigences parfois plus strictes

Les banques en ligne françaises (Boursorama Banque, Fortuneo, Monabanq, Hello bank!, BforBank, ING…) offrent souvent :

Les avantages des banques en ligne

Découvrez les principaux atouts des banques en ligne qui facilitent votre gestion bancaire au quotidien.

Frais réduits

Des frais de tenue de compte très bas, voire nuls, pour une gestion économique.

Cartes bancaires accessibles

Des cartes bancaires gratuites ou peu chères, adaptées à tous les budgets.

Ouverture de compte simplifiée

Une ouverture de compte accélérée, principalement en ligne, rapide et pratique.

Boursorama Banque (filiale de Société Générale), par exemple, a été élue deuxième meilleure banque de France par Forbes en 2023. Fortuneo, Monabanq ou Hello bank! s’appuient sur de grands groupes (Crédit Mutuel Arkéa, Crédit Mutuel Alliance Fédérale, BNP Paribas).

Limite importante pour l’expatrié : beaucoup de ces banques exigent que le client soit déjà résident fiscal en France, avec justificatif de domicile, voire un autre compte français pour vérifier l’identité. Il existe des exceptions (certaines acceptent des non‑résidents), mais le dossier est alors plus scruté.

Néobanques et prestataires de paiement : flexibilité internationale

Les néobanques et établissements de paiement – Wise, Revolut, N26, Nickel, bunq, etc. – ne sont pas toujours des « banques » au sens juridique français, mais des établissements de monnaie électronique ou de paiement, régulés (FCA au Royaume‑Uni, BaFin en Allemagne, ACPR en France…). Elles offrent généralement :

des comptes multi‑devises

des cartes internationales à faibles frais

des transferts transfrontaliers rapides et peu coûteux

une ouverture 100 % en ligne en quelques minutes

Exemple :

La plateforme Wise propose un compte multi-devises permettant de détenir plus de 40 monnaies, avec des coordonnées bancaires locales dans plusieurs devises majeures (EUR, USD, GBP, AUD, etc.). Elle facture ses conversions au taux du marché (taux interbancaire) avec une marge explicite. Plus de 80 % de ses transferts internationaux sont effectués en moins de 24 heures, et son service est très bien noté par les utilisateurs sur Trustpilot.

Revolut, de son côté, permet de détenir plus de 25 devises, de les convertir en semaine sans frais supplémentaires (dans les limites de chaque formule) et de dépenser dans plus de 150 pays avec une seule carte. Les offres Premium et Metal donnent accès à des réductions sur les frais de virement international et à des plafonds de change plus élevés.

Ces acteurs ne remplacent pas toujours un compte bancaire français classique (ils ne donnent pas accès à tous les produits locaux, et certaines administrations ou bailleurs veulent un RIB français émis par une banque locale), mais ils sont extrêmement utiles pour :

gérer plusieurs devises à moindre coût

transférer de gros montants (achat immobilier, apport de fonds) en évitant les marges cachées des banques

voyager, payer et retirer dans le monde entier

Autres prestataires de transfert d’argent

Pour envoyer ponctuellement de l’argent vers ou depuis la France, d’autres services peuvent être pertinents : Western Union, MoneyGram, Remitly, WorldRemit, Xoom (PayPal), Moneycorp, XE, OANDA, etc. Ils se distinguent par :

l’étendue de leur réseau physique (Western Union compte plus de 8 500 points en France)

la diversité des modes de réception (cash, virement, mobile money)

leurs structures de frais, plus ou moins compétitives selon le montant et la destination

Pour des montants importants (achat immobilier, gros placement), les spécialistes du change ou les plateformes comme Wise obtiennent en général de bien meilleurs taux que les banques de détail ou les bureaux de change d’aéroport.

Quels types de comptes bancaires pour un expatrié en France ?

Le système français propose une palette de comptes plus large que dans beaucoup de pays. L’expatrié doit donc savoir dans quelle catégorie il se situe (résident, non‑résident, étudiant, entrepreneur…) pour choisir les bons produits.

Compte courant : le cœur du dispositif

Le compte courant (compte courant, compte à vue ou compte de dépôt) est le compte de base pour :

domicilier son salaire

régler ses dépenses quotidiennes

effectuer virements et prélèvements

disposer d’une carte bancaire et, éventuellement, d’un chéquier

C’est ce compte qui donne accès au précieux RIB (Relevé d’Identité Bancaire), document indispensable pour mettre en place un prélèvement d’électricité, un loyer ou un abonnement internet.

Comptes d’épargne : du Livret A aux plans plus sophistiqués

Plusieurs couches coexistent :

Produits d’épargne et de placement en France

Présentation des principaux supports d’épargne disponibles, de leurs caractéristiques et de leurs considérations spécifiques pour les résidents et non-résidents.

Livret A

Épargne réglementée et défiscalisée, avec un plafond de 22 950 € (45 900 € pour un couple). Accessible même aux non‑résidents. Offre un taux modeste mais une sécurité maximale.

LDDS

Livret de Développement Durable et Solidaire. Autre livret défiscalisé, réservé aux résidents fiscaux en France, avec un plafond de dépôt plus bas que le Livret A.

Comptes à terme

Placements bloqués sur une durée allant de 1 mois à 5 ans. Proposent généralement un taux plus élevé que les livrets, mais avec une liquidité réduite pendant la durée du contrat.

Produits boursiers et d’épargne

Plans (PEA, PER) et supports (assurance vie, comptes-titres) intéressants pour un investissement durable en France. Peuvent être complexes pour les expatriés, notamment les Américains soumis aux règles PFIC.

Comptes non‑résident, comptes jeunes, comptes joints, comptes professionnels

Pour répondre à la diversité des situations, les banques proposent :

Bon à savoir :

Plusieurs types de comptes existent pour répondre à des situations spécifiques : le compte non-résident pour les personnes ne vivant pas fiscalement en France, avec des conditions moins avantageuses mais souvent ouvert à distance ; le compte joint, idéal pour les couples, avec un fonctionnement au choix « ou » ou « et » ; le compte jeune/étudiant pour les moins de 26 ans, proposant des frais réduits et des offres compétitives ; et le compte professionnel, indispensable aux entrepreneurs pour gérer les finances de leur structure et déposer le capital social.

Pour un expatrié salarié, la combinaison la plus fréquente sera : compte courant résident (ou non‑résident au départ), un livret d’épargne simple, et éventuellement un compte multi‑devises chez un néobanquier ou un spécialiste de change.

Ouvrir un compte en France : démarches, documents, cas particuliers

Les démarches varient beaucoup selon le profil (UE/hors UE, résident/non‑résident, étudiant, salarié, entrepreneur) et le type d’établissement (banque traditionnelle, banque en ligne, néobanque).

Le socle de documents généralement demandés

Dans la plupart des banques, il faut prévoir : une pièce d’identité, un justificatif de domicile, un revenu et un apport personnel selon le type de compte ou de crédit demandé.

une pièce d’identité valide : passeport ou carte nationale d’identité (pour les citoyens UE)

un justificatif de domicile récent (moins de 3 mois) : facture d’électricité, de gaz, d’eau, avis d’imposition, quittance de loyer ou attestation d’assurance habitation

– un justificatif de statut de séjour pour les non‑Européens : visa long séjour, carte de séjour

– un justificatif de revenus ou d’activité : contrat de travail, fiches de paie, attestation d’inscription universitaire pour les étudiants, éventuellement derniers avis d’imposition

– un échantillon de signature manuscrite

Pour les non‑résidents, s’ajoutent souvent :

un justificatif d’adresse à l’étranger

des relevés bancaires récents de la banque d’origine

– parfois une lettre de référence bancaire

déclaration de numéro fiscal étranger

Attention :

Si les documents ne sont pas en français, une traduction assermentée et/ou une apostille peut être exigée, ce qui rallonge le temps de traitement.

Compte résident ou compte non‑résident : une question de jours et de fiscalité

La frontière juridique importante est celle de la résidence fiscale. En France, on est en principe résident fiscal si :

on y séjourne plus de 183 jours par an, ou

on y a son foyer principal (conjoint, enfants), ou

le centre de ses intérêts économiques (revenus, investissements) y est localisé.

Les résidents fiscaux peuvent ouvrir des comptes « résidents » classiques, avec accès à l’épargne réglementée et à une panoplie de services. Les non‑résidents ont droit à un compte non‑résident, mais avec davantage de frictions : dossiers plus lourds, frais souvent plus élevés, plafonds et services plus restreints.

Procédure type et délais

Dans une banque de réseau traditionnelle, l’ouverture se fait en général ainsi :

1. Prise de rendez‑vous avec un conseiller (rarement le jour même). 2. Constitution d’un dossier avec tous les justificatifs. 3. Signature de la convention de compte (contrat) si le dossier est accepté. 4. Délai de quelques jours à quelques semaines pour l’activation, la réception du RIB, puis l’envoi séparé de la carte et du code PIN.

Exemple :

Dans une banque en ligne ou une néobanque, la démarche d’ouverture de compte est beaucoup plus rapide que dans une banque traditionnelle, car elle se fait entièrement à distance, sans rendez-vous physique ni délai d’attente.

inscription en ligne, prise de photos ou scan des pièces d’identité, éventuellement selfie vidéo pour vérification

signature électronique

validation en quelques minutes à quelques jours selon les cas

Les néobanques comme N26, Revolut ou Wise peuvent ainsi fournir un IBAN et une carte virtuelle quasi instantanément, ce qui est précieux en arrivant en France sans justificatif de domicile local. En revanche, ce ne sera pas toujours suffisant pour un bailleur ou pour certains organismes publics qui exigent un compte d’une banque française de plein exercice.

Droit au compte : une protection en cas de refus

Une banque française est en droit de refuser une ouverture de compte, mais doit motiver son refus. Si plusieurs établissements disent non, toute personne (y compris étrangère) peut saisir la Banque de France pour faire valoir son « droit au compte » (article L312‑1 du Code monétaire et financier).

Après étude du dossier (lettre de refus, justificatif d’identité et de domicile, déclaration de ne posséder aucun autre compte en France), la Banque de France désigne alors d’office un établissement qui sera tenu d’ouvrir un compte assorti de services bancaires de base (carte de paiement, dépôts, retraits, encaissement de virements, etc.).

Frais bancaires, moyens de paiement et coûts cachés pour les expatriés

En France, la structure tarifaire est plus complexe que dans certains pays anglo‑saxons. Les frais peuvent se cumuler : tenue de compte, carte, retraits, incidents, virements internationaux, etc. Pour un expatrié, qui combine souvent compte français et transferts transfrontaliers, bien lire les brochures tarifaires est une nécessité.

Tenue de compte, cartes, retraits

Les frais de gestion de compte courant vont en gros de 0 à une dizaine d’euros par an pour les offres de base les plus simples, mais certains packs et comptes « premium » facturent entre 15 et 35 € par mois, en contrepartie de garanties, plafonds plus élevés, assistance, assurances voyage, etc.

Les cartes bancaires (débit immédiat ou différé) coûtent en moyenne :

30 à 40 € par an pour une carte classique,

40 € à plus de 100 € pour une carte haut de gamme (Gold, Premier, Platinum, Infinite, World Elite…).

Bon à savoir :

Les retraits aux distributeurs de votre propre réseau bancaire sont généralement gratuits. En revanche, des frais (souvent 1 à 4 % du montant) peuvent être appliqués sur les DAB dits « indépendants » ou pour les retraits effectués hors de la zone euro.

Virements et paiements internationaux : le vrai sujet pour un expatrié

Au sein de la zone SEPA (Union européenne + quelques pays associés), les virements en euros sont souvent gratuits ou très peu chers (moins de 5 €), avec un délai de 1 à 2 jours ouvrés.

Dès que l’on sort de cette zone (virement vers États‑Unis, Royaume‑Uni, Asie, Afrique…), les frais explosent souvent côté banques traditionnelles :

frais fixes de 10 à 30 € par opération, parfois plus

taux de change avec marge intégrée (souvent 3 à 4 % au‑dessus du taux interbancaire)

coûts éventuels supplémentaires prélevés par les banques intermédiaires

Sur un achat immobilier ou un transfert de patrimoine, ces « petits pourcentages » représentent des sommes importantes. C’est précisément là que les prestataires spécialisés (Wise, Revolut, Moneycorp, etc.) se différencient :

utilisation du taux interbancaire (mid‑market rate)

frais affichés clairement, souvent bien inférieurs à ceux d’une banque classique

– délais parfois de quelques secondes à 24 heures

plusieurs milliers

Pour un expatrié, l’économie réalisée sur les transferts d’argent, le paiement de prêts ou la réception de loyers à l’étranger peut atteindre ce montant par an.

Paiements au quotidien : carte, espèces, chèques, mobile

En France, la carte bancaire (CB) domine les paiements :

plus de 94 % de la population de plus de 15 ans en possédaient déjà une il y a une dizaine d’années

– la majorité des achats en ligne passent par la carte de débit/crédit

– le sans contact est généralisé, pour des montants unitaires jusqu’à environ 30 € (plafond pouvant évoluer)

Les chèques restent utilisés, surtout pour certains loyers ou dépenses ponctuelles, mais leur usage décline et il n’existe plus de garantie de paiement. Émettre un chèque sans provision est un délit qui peut valoir une interdiction bancaire pour plusieurs années.

Les paiements mobiles (Apple Pay, Google Pay, PayPal) progressent, mais ne remplacent pas toujours la carte physique, notamment dans les petites structures.

Gérer le risque de change quand on vit en France avec des revenus étrangers

Pour beaucoup d’expatriés, le cœur de la gestion financière internationale n’est pas la banque en elle‑même, mais la gestion du risque de change. Salaire en dollars, loyer et dépenses en euros, épargne ou retraite en livres sterling : chaque flux se heurte à la volatilité du marché des changes (Forex), marché électronique mondial ouvert 24h/24, 5 jours sur 7.

Comment fonctionne le change devises dans la vie d’un expatrié

Les taux de change sont cotés en paires (EUR/USD, EUR/GBP, etc.) et varient en fonction de nombreux facteurs : statistiques économiques, décisions de banques centrales, crises politiques, catastrophes naturelles, etc.

Le « meilleur » taux qui apparaît sur les sites financiers (taux interbancaire) n’est accessible qu’aux grands acteurs financiers. Les particuliers reçoivent un taux majoré d’une marge (markup) par leur banque ou leur opérateur de change, en plus de frais fixes.

Explication sur les taux de change

La question à se poser n’est donc pas « quel est le taux aujourd’hui ? », mais « combien vais‑je payer dans ma devise de départ pour que X € arrivent réellement sur mon compte en France, une fois toutes les marges et frais inclus ? ».

Outils pour lisser le risque : contrats à terme, ordres, transferts réguliers

Les grandes banques et les courtiers en devises proposent plusieurs instruments utiles, surtout lors d’un achat immobilier ou d’un engagement à long terme :

Outil de gestion de changePrincipeIntérêt pour l’expatrié en France
Contrat à terme (forward)Fixer aujourd’hui un taux pour un transfert futur (jusqu’à 2 ans)Sécuriser le coût d’un achat immobilier ou d’un apport
Ordre à seuil / ordre limitéExécuter un transfert automatiquement dès qu’un taux cible est atteintProfiter d’un taux favorable sans surveiller le marché
Plan de paiements réguliersMettre en place des virements automatiques mensuels à taux préférentielPayer un prêt, une pension, des loyers à l’étranger
Compte multi‑devisesDétenir plusieurs monnaies et convertir au moment jugé opportunArbitrer le moment de conversion, réduire les frais

Dans la pratique, il est fréquent de combiner : un compte bancaire français pour les dépenses locales, un compte multi‑devises (Wise, Revolut, etc.) pour gérer les conversions au meilleur coût, et éventuellement un contrat à terme pour verrouiller le taux d’un gros achat.

À éviter : bureaux de change d’aéroport et conversion dynamique

Deux pièges classiques pour les nouveaux arrivants :

Attention :

Les bureaux de change en aéroport ou en zone touristique appliquent souvent des taux très défavorables, même avec une commission affichée faible. De plus, méfiez-vous de la « conversion dynamique » (DCC) proposée par certains terminaux de paiement et distributeurs : elle permet de payer dans votre monnaie d’origine au lieu de l’euro, mais avec un taux de change gonflé et des frais pouvant atteindre 15 à 20 %.

La règle d’or pour un expatrié est simple : payer et retirer dans la monnaie locale (euro) et refuser autant que possible la conversion dans sa devise d’origine proposée par les terminaux.

Sécurité, fraudes et recours : ce qu’un expatrié doit connaître

La France figure parmi les pays européens où les fraudes à la carte bancaire sont les plus nombreuses en valeur absolue. Sans être alarmiste, il est utile de connaître les réflexes de base :

Bon à savoir :

En cas de perte ou de vol de votre carte bancaire, contactez immédiatement le numéro d’urgence interbancaire unique : 0892 705 705. Les banques appliquent des mesures de sécurité comme le 3D Secure et l’authentification forte, mais vous devez protéger votre code PIN et vérifier vos plafonds d’opérations. Les néobanques sérieuses (Wise, Revolut, N26…) complètent ces mesures avec l’authentification à deux facteurs, des notifications en temps réel et des équipes antifraude dédiées.

En cas de litige avec sa banque, le client doit d’abord saisir le service de réclamation de l’établissement, qui dispose de deux mois pour répondre. En l’absence de solution, il est possible de saisir un médiateur bancaire puis, en dernier recours, d’engager une action en justice ou d’alerter le régulateur (ACPR).

Cas particuliers : acheter un bien immobilier en France en tant qu’expatrié

L’immobilier français attire beaucoup de non‑résidents, qu’il s’agisse de résidences secondaires, de projets de retraite ou d’investissements locatifs. Sur le plan bancaire, cela soulève deux types de problématiques :

l’obtention d’un prêt immobilier en tant que non‑résident ou nouvel arrivant

la gestion des flux de devises (apport, remboursement, loyers)

Accès au crédit : faisable, mais plus encadré pour les non‑résidents

Les banques françaises prêtent régulièrement à des non‑résidents, y compris ressortissants américains ou britanniques. Il n’existe pas, en droit, d’interdiction générale, mais les conditions sont plus strictes :

Astuce :

Pour les non-résidents, l’apport personnel requis est généralement de 25 à 50 % du prix du bien, soit plus élevé que pour un résident. Le ratio d’endettement total (tous crédits confondus) est le plus souvent limité à 33‑35 % des revenus bruts du ménage. Les travailleurs indépendants doivent constituer un dossier plus complet, exigeant fréquemment trois ans de bilans ou de déclarations de revenus. Par ailleurs, il peut être exigé de déposer l’équivalent de plusieurs mensualités de crédit sur un compte d’épargne domicilié en France, à titre de garantie supplémentaire.

Les durées de prêt vont classiquement de 6 à 25 ans, le prêt amortissable à taux fixe restant la norme. Les taux d’intérêt français, historiquement bas par rapport à d’autres pays, sont remontés depuis 2022 mais demeurent souvent inférieurs aux taux observés en Amérique du Nord.

Transferts internationaux et change dans un projet immobilier

Pour un acheteur dont l’épargne est en devise étrangère, l’enjeu majeur est de maîtriser :

Aspects financiers et calendrier d’un achat immobilier à l’étranger

Points clés à anticiper concernant la gestion des fonds et le déroulement des étapes pour un investissement à l’international.

Coût de conversion des devises

Frais liés au change de la monnaie nécessaire pour constituer votre apport personnel. Un élément à budgétiser en amont.

Calendrier des versements

Séquence des paiements : dépôt de garantie, signature du compromis de vente, puis règlement final lors de l’acte authentique chez le notaire.

Fluctuations des taux de change

Risque d’évolution du taux de conversion entre la promesse d’achat et la signature définitive de l’acte, pouvant impacter le coût total.

L’usage d’un spécialiste de change ou d’une plateforme comme Wise, combiné à un contrat à terme pour verrouiller le taux, est souvent recommandée pour éviter les mauvaises surprises.

Fiscalité, résidence et impact sur la gestion financière

Sans entrer dans le détail des conventions fiscales et des régimes particuliers, un expatrié doit comprendre quelques principes clefs.

Résidence fiscale : France, pays d’origine, ou les deux ?

La France détermine la résidence fiscale en fonction de critères objectifs (foyer, durée de séjour, centre des intérêts économiques). Il est possible d’être considéré résident en France et dans un autre pays selon leurs législations respectives. Dans ce cas, c’est la convention fiscale bilatérale qui désigne un pays de résidence « prioritaire » pour éviter la double imposition.

En règle générale :

Bon à savoir :

Un résident fiscal français est imposé sur l’ensemble de ses revenus mondiaux, avec des mécanismes de crédit d’impôt pour éviter la double imposition sur les revenus déjà taxés à l’étranger. À l’inverse, un non-résident n’est imposable en France que sur ses revenus de source française (ex: salaires pour une activité exercée en France, revenus immobiliers situés en France), et ce, selon des taux d’imposition spécifiques et minimums.

Pour certains expatriés (notamment américains), la complexité s’ajoute car le pays d’origine impose la citoyenneté au‑delà des frontières. D’où l’importance de coordonner banque, placements et transferts avec un conseil fiscal adapté.

Impact sur les produits bancaires et d’investissement

La fiscalité française offre de nombreux produits avantageux (Livret A, PEA, assurance vie, PER, etc.), mais ceux‑ci ne sont pas toujours compatibles avec la situation dans le pays d’origine :

Bon à savoir :

Un produit fiscalement attractif dans un pays, comme un fonds en France, peut être lourdement imposé ou pénalisé dans un autre (exemple typique : les PFIC pour les Américains investissant dans des fonds français). À l’inverse, les conventions fiscales internationales peuvent offrir des avantages spécifiques, comme l’imposition unique des pensions de retraite dans un seul pays.

Avant de se lancer dans des produits « maison » proposés par une banque française, il est conseillé à l’expatrié de vérifier avec un conseiller compétent dans les deux systèmes fiscaux.

Construire une stratégie bancaire d’expatrié : combiner les bons outils

Face à la complexité des règles, la meilleure protection d’un expatrié reste une stratégie claire, articulée autour de quelques axes simples.

1. Un compte français pour l’intégration locale

Qu’on soit salarié, étudiant ou retraité, disposer rapidement d’un compte français avec RIB, carte et accès aux prélèvements automatiques facilite grandement la vie quotidienne : logement, abonnements, santé, impôts, etc.

Pour cela, on choisira en général :

une banque de réseau « classique » si l’on prévoit d’y rester plusieurs années, avec éventuellement projets de crédit

une banque en ligne ou une néobanque française si l’on privilégie les faibles coûts et qu’on maîtrise le français écrit

2. Un compte multi‑devises pour optimiser le change

Ensuite, la plupart des expatriés gagnent à garder un compte multi‑devises auprès d’un acteur comme Wise ou Revolut pour :

recevoir des revenus en devise étrangère

convertir au moment opportun

envoyer des fonds vers la France (ou en sortir) à coût réduit

Il est ainsi possible de :

faire virer son salaire sur un compte USD ou GBP local,

le conserver tant que le taux n’est pas favorable,

puis convertir en euros et transférer vers le compte français quand nécessaire.

3. Des règles claires pour les transferts importants

Pour les gros montants (apport immobilier, rachat de portefeuille, donation), il est pertinent de :

Astuce :

Pour optimiser les coûts et la sécurité de vos transferts de devises, il est recommandé de comparer systématiquement les offres de votre banque, d’un courtier spécialisé et de plateformes en ligne comme Wise ou Moneycorp. Si l’opération est certaine à un horizon de quelques mois, envisagez un contrat à terme pour fixer le taux de change à l’avance. Enfin, pour lisser le risque de change, privilégiez des versements échelonnés plutôt qu’un transfert unique à une date donnée.

4. Anticiper les besoins futurs (crédit, retraite, retour au pays)

Enfin, la gestion financière d’un expatrié ne se limite pas à l’année en cours :

– si l’on envisage d’acheter un bien en France, construire tôt une relation avec une banque locale (épargne, comptes bien tenus) peut faciliter l’accès au crédit plus tard

– si l’on garde des comptes et placements dans le pays d’origine, il faut anticiper les conséquences d’un changement d’adresse à l’étranger (certaines banques anglo‑saxonnes ferment les comptes des non‑résidents de l’UE)

– si un retour au pays est possible, il est prudent de conserver, lorsque c’est légalement possible, une capacité bancaire minimale dans les deux juridictions

Conclusion : gérer ses finances d’expatrié en France comme un « projet »

Être expatrié en France, ce n’est pas seulement changer de langue et de culture, c’est aussi entrer dans un écosystème bancaire et réglementaire très spécifique. Le réflexe le plus courant – ouvrir un compte dans la première grande banque rencontrée – suffit rarement à optimiser coûts, flexibilité et sécurité.

Une approche plus stratégique consiste à :

Bon à savoir :

Pour une gestion financière optimale à l’étranger, il est recommandé de conserver une banque française pour les opérations domestiques (salaire, logement, factures, crédit) et d’utiliser des solutions internationales (Wise, Revolut, etc.) pour les transactions multi-devises. Il est crucial de comprendre les mécanismes fiscaux et de résidence. Pour les situations complexes (achat immobilier, double fiscalité, gros patrimoine), le recours à un conseil professionnel maîtrisant les réglementations des deux pays est essentiel.

En combinant intelligemment ces outils, un expatrié peut transformer la gestion bancaire internationale – souvent perçue comme source de tracas – en véritable levier d’optimisation financière et de sérénité dans sa vie en France.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait revenir s’installer en France tout en optimisant sa charge imposable et en diversifiant ses investissements. Objectif : réintégrer la fiscalité française dans les meilleures conditions, conserver certains atouts de l’étranger (comptes, contrats, sociétés) et organiser sa transmission. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs options (maintien de la résidence fiscale à l’étranger, retour en France sous différents régimes, éventuelle installation dans un DOM), la stratégie retenue a consisté à requalifier clairement la résidence fiscale en France, en profitant des conventions fiscales et des dispositifs favorables aux revenus mobiliers et à la transmission. La mission a inclus : audit fiscal pré-retour (exit tax, plus-values latentes, risques de double imposition), organisation du transfert de résidence principale en France, sécurisation du statut fiscal français (183 jours, centre des intérêts économiques et familiaux), coordination CNAS/CPAM, transfert bancaire, mise en relation avec notaire et avocat fiscaliste, et intégration patrimoniale globale (réorganisation des placements, préparation succession/donation).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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