Les démarches administratives pour vivre en France

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en France ne se résume pas à faire ses valises. Dès que l’on dépasse un simple séjour touristique, la vie quotidienne se construit sur une série de démarches administratives très encadrées : visa, titre de séjour, santé, logement, compte bancaire, permis de conduire, impôts… L’ensemble peut paraître intimidant, mais une fois la logique comprise, chaque étape s’enchaîne assez clairement.

Bon à savoir :

Ce guide détaille les démarches nécessaires pour vivre en France à long terme. Il se base à la fois sur la réglementation officielle en vigueur et sur les pratiques concrètes observées sur le terrain, offrant ainsi une vue d’ensemble structurée et pratique.

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Comprendre le cadre général : qui a besoin de quoi ?

Avant de remplir le moindre formulaire, il faut savoir dans quelle catégorie on se situe. Les obligations ne sont pas les mêmes selon la nationalité, la durée du séjour et le projet (travail, études, retraite, regroupement familial, etc.).

Attention :

Les citoyens de l’UE, de l’EEE, de la Suisse, de Monaco, d’Andorre, de Saint-Marin et du Vatican peuvent s’installer en France sans visa ni titre de séjour, quelle que soit la durée. Pour toutes les autres nationalités, un séjour dépassant 90 jours sur 180 nécessite obligatoirement un visa de long séjour puis un titre de séjour.

On peut résumer ce premier tri dans un tableau synthétique.

Profil de la personneBesoin de visa pour > 90 jours ?Besoin de titre de séjour sur place ?Particularités notables
Citoyen UE / EEE / Suisse / Monaco / etc.NonNon (facultatif)Libre installation, carte de séjour possible mais non requise
Citoyen britannique arrivé après le BrexitOuiOuiTraitement comme ressortissant de pays tiers
Citoyen britannique couvert par l’accord de retraitNon (droits acquis)Carte WARP obligatoireRégime dérogatoire, pas soumis aux nouvelles exigences linguistiques pour le renouvellement
Citoyen algérienOuiCertificat de résidence spécifiqueRégime conventionnel franco‑algérien, cartes de 1 ou 10 ans
Autres ressortissants hors UE / EEE / SuisseOuiOuiDémarches classiques visa + carte de séjour

À partir du moment où l’on tombe dans la catégorie « pays tiers », la séquence standard est la suivante : visa de long séjour, validation par l’OFII, premières années avec cartes temporaires, puis éventuellement carte pluriannuelle, carte de résident de 10 ans, voire citoyenneté.

Obtenir le droit de rester : visas, VLS-TS et cartes de séjour

Sauf pour les Européens et quelques cas particuliers, tout commence donc au consulat ou à l’ambassade de France du pays de résidence, via le portail France‑Visas.

Les grandes familles de visas de long séjour

Les visas de long séjour (type D) sont émis pour des séjours de plus de trois mois. Ils se déclinent en plusieurs sous-catégories, chacune avec ses conditions.

Le visa de long séjour « valant titre de séjour » (VLS‑TS) est la formule la plus courante : il permet de rester jusqu’à un an sans carte de séjour physique, à condition d’être validé en ligne dans les trois mois suivant l’arrivée. Il existe aussi des visas longs séjours temporaires (VLS‑T), non renouvelables depuis la France et qui n’ouvrent pas droit à la protection sociale française.

Dans la pratique, la majorité des nouveaux arrivants passent par quelques grands types de visas :

Types de visas pour la France

Présentation des principaux visas permettant de séjourner en France, adaptés à différentes situations personnelles et professionnelles.

Visa « Visiteur »

Pour les retraités, rentiers ou travailleurs à distance payés à l’étranger, avec engagement de ne pas travailler pour un employeur français.

Visa « Étudiant »

Pour les personnes inscrites dans un établissement français reconnu, donnant droit à un emploi limité (environ 964 heures par an).

Visa « Salarié » ou « Travailleur temporaire »

Pour les employés disposant d’un contrat de travail avec un employeur français.

Visa « Passeport Talent »

Pour les profils qualifiés : chercheurs, investisseurs, créateurs d’entreprise, artistes, etc.

Visa « Famille »

Dans le cadre du regroupement familial ou pour les conjoints et proches de Français ou de résidents.

Programme « Vacances-Travail »

Pour certains jeunes ressortissants (ex: Canada, Australie, Japon), combinant séjour et droit au travail limité.

Les exigences financières varient sensiblement selon la catégorie. Un visiteur doit par exemple justifier de ressources d’au moins l’équivalent du SMIC net, avec des montants de référence autour de 1 430 € nets par mois pour une personne seule et des seuils plus élevés pour un couple ou une famille. Certains dispositifs « visiteur » orientés retraités ou inactifs mentionnent une base d’environ 1 800 € par mois et/ou un capital d’au moins 30 000 € pour rassurer sur la capacité à se loger et se soigner sans recourir au travail.

Le rôle central du VLS‑TS

Le VLS‑TS occupe une place particulière dans les démarches pour vivre en France. Une fois délivré, il fait à la fois office de visa d’entrée et de premier titre de séjour pour une période de 3 à 12 mois. Mais cette fonction n’est effective qu’après validation en ligne.

Astuce :

Pendant les trois premiers mois, le visa seul suffit à justifier la régularité du séjour. Au‑delà, l’absence de validation transforme de facto la situation en séjour irrégulier, avec risque d’amende, difficultés pour revenir dans l’espace Schengen et blocage d’accès à nombre de droits (santé, prestations, etc.). D’où l’importance de se pencher sur cette étape dès l’arrivée.

De la première année aux cartes pluriannuelles

À l’issue de la validité du VLS‑TS, la balle passe du consulat à la préfecture. Selon le motif du séjour et la situation personnelle, plusieurs types de cartes peuvent être demandés :

Exemple :

Le système français de titres de séjour comprend plusieurs catégories. La carte de séjour temporaire, d’une durée d’un an, constitue souvent le premier titre obtenu après un visa pour les statuts tels que salarié, visiteur, vie privée et familiale, ou étudiant. Après une première année réussie, une carte de séjour pluriannuelle (valable jusqu’à quatre ans) peut être délivrée sous conditions de stabilité, d’intégration et de ressources. La carte de résident de 10 ans est accessible dans certains cas dès la première admission, par exemple pour les conjoints de Français ou les réfugiés, ou après plusieurs années de résidence régulière. Enfin, la carte de résident longue durée-UE, également valable 10 ans, est accordée après cinq ans de séjour ininterrompu avec des titres éligibles, et est soumise à des conditions renforcées en matière de ressources, d’assurance maladie et d’intégration.

Dans la plupart des cas, la demande de renouvellement doit être déposée entre deux et quatre mois avant l’expiration du titre en cours. Un récépissé ou une attestation de prolongation d’instruction permet de rester légalement pendant le traitement, qui peut durer de six à dix semaines, parfois plus selon les préfectures.

Des exigences linguistiques et d’intégration de plus en plus fortes

La France a durci ses critères d’intégration pour l’accès aux cartes longues durées et à la citoyenneté : le niveau A2 est exigé pour beaucoup de cartes pluriannuelles, le B1 pour de nombreuses cartes de résident, et le B2 est annoncé pour la naturalisation par décret à partir de 2026. Ces niveaux doivent être prouvés par des tests officiels (TCF, DELF…) dont la durée de validité est limitée à deux ans pour les démarches de séjour.

En parallèle, une épreuve de connaissances civiques sous forme de QCM est introduite dans le cadre du Contrat d’intégration républicaine. Elle porte sur les valeurs républicaines, les institutions, les droits et devoirs, ainsi que des repères culturels et historiques. La réussite à cette épreuve et, le cas échéant, la participation à des formations linguistiques et civiques conditionnent le passage de la première année à une carte pluriannuelle dans plusieurs cas de figure.

Valider son arrivée : l’étape OFII et le contrat d’intégration

Sitôt en France, les détenteurs d’un VLS‑TS doivent accomplir une suite de formalités auprès de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) et via la plateforme numérique ANEF.

La validation en ligne : un geste obligatoire dans les trois mois

Depuis la dématérialisation du dispositif, la première étape consiste à se connecter sur le portail dédié et à renseigner :

numéro de visa,

date d’entrée en France,

adresse en France,

coordonnées de contact,

– et à s’acquitter de la taxe de validation.

Le règlement se fait par carte bancaire ou via un timbre fiscal électronique acheté chez un buraliste ou sur le site dédié. Les montants varient selon le type de visa : un long séjour « visiteur » se situe par exemple autour de 250 €, alors que certains statuts étudiants paient des montants plus réduits (de l’ordre de 60 €).

Bon à savoir :

À l’issue de la validation, un justificatif PDF est généré. Il est important de le conserver précieusement, de l’imprimer et de l’archiver, car il vous sera demandé ultérieurement, notamment lors de votre premier renouvellement en préfecture.

Convocation, visite médicale et parcours d’intégration

Une fois le visa validé, l’OFII prend le relais. L’organisme convoque le nouvel arrivant pour une série de rendez‑vous qui peuvent s’étaler sur plusieurs semaines : visite médicale, tests linguistiques, signature du contrat d’intégration républicaine et journées de formation civique.

Les délais de convocation oscillent selon les territoires : certains témoignages évoquent un à deux mois d’attente, d’autres trois à quatre mois. Les convocations sont généralement envoyées par courrier, mail et parfois SMS. Il est possible de demander un report en cas d’impossibilité majeure, mais ignorer ces courriers complique considérablement la suite du séjour.

La visite médicale vérifie l’aptitude générale et inclut couramment :

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Le bilan de santé gratuit proposé comprend quatre examens principaux : une radiographie pulmonaire, des mesures anthropométriques et tensionnelles, un test de vision et un point sur les vaccinations.

Une attestation médicale est délivrée en deux exemplaires : l’un pour les archives personnelles, l’autre destiné à la préfecture au moment de la première demande de carte de séjour. L’absence de ce document peut entraîner des délais supplémentaires.

Parallèlement, un test de français écrit et oral évalue le niveau du nouvel arrivant. Ceux qui atteignent d’emblée un niveau suffisant sont dispensés de cours obligatoires, les autres se voient proposer jusqu’à plusieurs centaines d’heures de formation. Quatre journées de formation civique complètent le dispositif. La participation effective à ce parcours est examinée lors du passage à la carte pluriannuelle : un engagement négligé se traduit souvent par un renouvellement limité à un an.

Se loger légalement : bail, dossier de location et garanties

Pour vivre en France, disposer d’une adresse stable est à la fois une nécessité pratique et une condition presque systématique pour les autres démarches (banque, titre de séjour, santé). Louer un logement suppose de maîtriser quelques spécificités françaises.

Meublé, vide, colocation : des cadres juridiques distincts

Le marché locatif distingue très clairement les locations nues, destinées au long terme avec un bail de trois ans minimum (six ans si le bailleur est une société), et les locations meublées (bail d’un an, neuf mois pour les étudiants). Le logement meublé doit respecter une liste légale d’équipements : literie, plaques de cuisson, ustensiles, réfrigérateur, table, sièges, éclairage, rangements, etc.

Bon à savoir :

Les appartements sont classés (T1, T2, T3…) selon le nombre de pièces principales, hors cuisine, salle de bains et WC. Un studio est une pièce unique avec cuisine intégrée d’au moins 9 m². Le coliving propose des chambres individuelles d’environ 10 m² dans de grandes colocations avec services (ménage, espaces communs), pour des séjours moyens de dix mois.

Le « dossier » locatif : une quasi‑procédure d’enquête

En France, il est presque impossible de signer un bail sans fournir un « dossier de location ». Ce dossier, accepté aujourd’hui largement en format numérique, regroupe les pièces permettant au propriétaire de vérifier l’identité, la situation professionnelle et la solvabilité du candidat :

pièce d’identité,

titre de séjour ou visa long séjour si l’on est étranger,

– justificatif de domicile récent (quittance de loyer, facture d’énergie, avis d’imposition),

– preuve de revenus (trois dernières fiches de paie, relevés de pension, bilan pour indépendants, avis d’imposition),

– justificatifs spécifiques selon le statut (carte d’étudiant, statuts d’entreprise, retraite, etc.).

Un décret encadre strictement la liste des documents pouvant être exigés : un bailleur n’a par exemple pas le droit de demander des relevés bancaires détaillés ou un extrait de casier judiciaire. Mais dans les faits, un dossier incomplet est souvent écarté immédiatement, surtout dans les grandes villes.

Bon à savoir :

Pour les étrangers sans historique en France (CDI, avis d’imposition, garant local), l’État propose la Garantie Visale, gérée par Action Logement. Elle se porte caution gratuitement pour les jeunes de moins de 31 ans ou les adultes aux revenus modestes (jusqu’à environ 1 500 € nets/mois), sous condition de plafonds de loyer.

Élément du dossierExemples de pièces acceptées
IdentitéPasseport, carte nationale d’identité, titre de séjour
Situation en FranceVisa long séjour, récépissé, carte de séjour
Adresse actuelleFacture d’électricité, quittance de loyer, taxe d’habitation (le cas échéant)
RessourcesTrois fiches de paie, pension, dernières déclarations de revenus
Statut spécifique (étudiant, indépendant, retraité)Certificat de scolarité, Kbis/SIRET, notification de pension
Garant / dispositif VisaleEngagement écrit, justificatifs du garant ou attestation Visale

Les bailleurs peuvent, en complément, exiger un garant – souvent basé en France – qui s’engage à payer le loyer en cas de défaillance du locataire. Ce garant doit fournir un dossier similaire. Certains locataires, surtout étrangers, se tournent vers des sociétés spécialisées qui se portent garantes moyennant des frais.

Contrat de bail, dépôt de garantie et congé

Le contrat de location (bail) est obligatoire pour une résidence principale. Il doit détailler la description du logement, la durée du bail, le montant du loyer et du dépôt de garantie, les charges locatives et les délais de préavis. Il est accompagné d’un Dossier de Diagnostic Technique (DDT), comprenant notamment le diagnostic de performance énergétique (DPE), qui classe le logement de A à G selon sa consommation et ses émissions.

Attention :

Le dépôt de garantie est d’un mois de loyer hors charges pour un logement vide et de deux mois pour un meublé. Il doit être restitué dans les deux mois après le départ, déduction faite des réparations locatives éventuelles. Tout paiement en ‘argent au noir’ (comme pour une clé en main ou un pas-de-porte non justifié) est illégal.

Les durées de préavis varient : un locataire d’un logement meublé peut partir avec un mois de préavis, et celui d’un logement vide avec trois mois (réduit à un mois dans certaines zones tendues ou situations particulières : perte d’emploi, mutation, entrée dans le premier emploi, bénéficiaires de certains minima sociaux, etc.). Le propriétaire, lui, doit respecter des délais plus longs (trois ou six mois) et ne peut donner congé que pour quelques motifs limités : reprise du bien pour y habiter, vente ou manquement grave du locataire.

L’« état des lieux » à l’entrée et à la sortie, éventuellement réalisé par huissier, est crucial pour fixer l’état initial du logement. Toute anomalie non signalée à l’arrivée pourra être imputée au locataire sortant.

Ouvrir un compte bancaire français : clé des autres démarches

En France, le compte bancaire local n’est pas un luxe mais presque une condition de fonctionnement normal : pour percevoir un salaire, régler un loyer, souscrire un abonnement téléphonique ou internet, ou encore obtenir des remboursements de santé.

Résident, non-résident : deux régimes bancaires différents

Les banques distinguent les résidents fiscaux, qui vivent plus de 183 jours par an en France et y payent leurs impôts, et les non‑résidents. Ces derniers peuvent ouvrir un « compte non‑résident », souvent plus cher et plus limité (plafonds de retrait plus bas, contraintes sur les virements et moyens de paiement, dépôt minimum plus élevé).

Bon à savoir :

Les banques traditionnelles (BNP Paribas, HSBC France, Crédit Agricole, Crédit Mutuel…) proposent des services dédiés aux nouveaux arrivants. Les banques en ligne et néobanques (Boursorama, N26, Wise, Nickel…) offrent des solutions plus flexibles, mais peuvent être moins adaptées pour les démarches liées aux titres de séjour ou aux prélèvements administratifs. Les citoyens américains doivent noter que la réglementation FATCA oblige les banques étrangères à déclarer les comptes des ‘US persons’, ce qui peut compliquer l’ouverture d’un compte.

Quel que soit le statut, l’ouverture implique une batterie de justificatifs.

Document généralement demandéDétails et remarques
Pièce d’identitéPasseport, parfois complété par un second justificatif
Titre de séjour / visaCarte de séjour, VLS‑TS validé, récépissé
Justificatif de domicile en FranceFacture d’énergie, attestation d’hébergement + pièce d’identité de l’hébergeant
Justificatif de revenusContrat de travail, fiches de paie, relevés bancaires, avis d’imposition
Justificatif de domicile à l’étranger (pour non‑résident)Facture d’énergie, relevé bancaire, acte notarié
RIB d’un autre compteSouvent utile pour les premières opérations

L’obtention d’un rendez‑vous avec un conseiller est presque toujours nécessaire, et rarement immédiate. Une fois le dossier accepté, la banque transmet la convention de compte, puis la carte bancaire et le code PIN, souvent par envois séparés. En cas de refus injustifié, il est possible de saisir la Banque de France pour qu’elle désigne une banque tenue d’ouvrir un compte de base.

Bon à savoir :

Les frais de tenue de compte peuvent aller de quelques euros à plus de 20 € par mois. Des suppléments s’appliquent souvent pour la carte bancaire, les virements internationaux ou certains services spécifiques. Les comptes destinés aux non-résidents sont généralement plus chers.

Se couvrir en santé : sécurité sociale, carte Vitale et mutuelle

Une fois installé avec un titre de séjour valide, la santé devient un volet central des démarches pour vivre en France. Le pays dispose d’un système d’assurance maladie universelle, la PUMA, qui couvre les résidents stables (au moins trois mois de présence continue) ou toute personne exerçant une activité professionnelle.

S’affilier à l’assurance maladie : CPAM et formulaires

L’inscription à l’assurance maladie se fait auprès de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du lieu de résidence. La procédure et le formulaire varient selon la situation :

employés avec contrat de travail français,

étudiants,

chercheurs,

inactifs résidents,

membres de famille.

Astuce :

Bien que l’affiliation des salariés soit généralement automatique via la déclaration préalable à l’embauche (DPAE) effectuée par l’employeur auprès de l’URSSAF, les intéressés doivent compléter leur dossier en fournissant plusieurs documents. Ce dossier comprend le formulaire S1106, accompagné du contrat de travail, de la première fiche de paie, d’un titre de séjour (le cas échéant), d’un justificatif de domicile, d’un relevé d’identité bancaire (RIB) et d’un acte de naissance. Pour ce dernier, une traduction assermentée est souvent requise.

Les étudiants étrangers, eux, passent par un portail dédié, qui génère un numéro de sécurité sociale provisoire, puis définitif après traitement. Les chercheurs titulaires d’un « Passeport Talent Chercheur » ont un canal centralisé, géré par la CPAM de Paris, ce qui permet d’optimiser l’accès aux droits dès le premier jour de travail.

Les résidents sans activité professionnelle, enfin, peuvent solliciter l’affiliation au titre de la résidence stable au bout de trois mois. Ils doivent démontrer leur présence continue (par des factures, un bail, etc.) et déclarer leurs ressources, car une cotisation subsidiaire peut s’appliquer sur certains revenus du patrimoine.

Dans tous les cas, la demande donne lieu à la création d’un numéro de sécurité sociale, définitif et unique, et à l’édition d’une attestation d’affiliation, utilisée en attendant la carte Vitale.

La carte Vitale et le choix du médecin traitant

La carte Vitale est la clé du parcours de soins : une carte verte avec puce électronique qui permet au professionnel de santé de télétransmettre immédiatement les informations de remboursement à la CPAM. On la demande via le site ameli.fr ou par formulaire papier, après la réception du numéro définitif. Elle doit ensuite être régulièrement mise à jour dans une pharmacie ou à un guichet.

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Taux de remboursement standard par la Sécurité sociale pour une consultation de médecin généraliste ou la majorité des médicaments.

Pour bénéficier des meilleurs remboursements, il est nécessaire de déclarer un médecin traitant, c’est‑à‑dire un médecin généraliste référent. Sans cette déclaration, les consultations sont encore remboursées, mais à un taux moins favorable. Le médecin traitant oriente, si besoin, vers les spécialistes : consulter un spécialiste en dehors de ce parcours (sauf exceptions comme les gynécologues, ophtalmologues, dentistes) entraîne une réduction du remboursement.

Mutuelle, complémentaire santé solidaire et assurances annexes

Comme l’assurance maladie ne couvre pas 100 % des frais, la quasi‑totalité des résidents souscrivent une mutuelle, c’est‑à‑dire une assurance complémentaire santé. Certaines entreprises proposent une mutuelle collective obligatoire pour leurs salariés ; les indépendants, étudiants et inactifs doivent la choisir eux‑mêmes.

Bon à savoir :

Les niveaux de couverture et de cotisations varient considérablement. Une complémentaire haut de gamme peut rembourser intégralement les dépassements d’honoraires, l’optique ou le dentaire, tandis qu’une formule de base se limite au ticket modérateur sur les prestations standards. Pour les personnes aux revenus modestes, la Complémentaire santé solidaire (CSS) peut prendre en charge tout ou partie des frais, après examen de la situation par la CPAM.

À côté de la santé proprement dite, la France impose une assurance responsabilité civile (dommages causés aux tiers) pour toute personne résidant sur son territoire. Elle est souvent incluse dans les contrats d’assurance habitation, eux‑mêmes généralement exigés par les bailleurs.

Conduire en France : permis étranger, échange et permis français

Pour ceux qui entendent vivre en France avec une voiture, la question du permis de conduire arrive rapidement. Contrairement à une idée répandue, il n’est pas toujours nécessaire de repasser les examens ; tout dépend du pays d’origine du permis, du statut de séjour et de la durée de résidence.

Utiliser un permis étranger : durée limitée et traduction

Un adulte de plus de 18 ans peut conduire en France avec un permis étranger valide, sous conditions. Pour un simple séjour touristique ou un voyage d’affaires de moins de 90 jours, il suffit de présenter son permis, idéalement accompagné d’une traduction en français certifiée ou d’un permis international. Pour un séjour plus long, la situation se complexifie.

Les titulaires d’un titre de séjour (carte de séjour, carte de résident) peuvent continuer à conduire avec leur permis non européen pendant un an à compter du début de validité de leur premier titre (hors étudiants). Pendant cette période, le permis doit être en cours de validité, non suspendu ni annulé, avoir été délivré par le pays de résidence normale précédente (avec au moins six mois de séjour dans ce pays), et être accompagné d’une traduction officielle si ce n’est pas un permis français.

Bon à savoir :

Les étudiants étrangers peuvent conduire en France avec leur permis d’origine pendant toute la durée de leurs études, sans avoir à l’échanger, tant qu’ils conservent leur statut étudiant. De même, les diplomates bénéficient d’une exemption similaire pour la durée de leur mission.

À l’inverse, un Français revenu au pays avec un permis non européen ne peut pas l’utiliser librement pendant ses études : il doit se conformer aux règles de droit commun.

Échanger son permis : accords réciproques et délais

Au‑delà du délai de reconnaissance, la seule façon de continuer à conduire sera soit d’échanger le permis étranger contre un permis français, soit de repasser les examens en France. L’échange n’est possible que si la France dispose d’un accord de réciprocité avec le pays (ou l’État fédéré) émetteur du permis.

Dans le cas des États‑Unis, par exemple, la France reconnaît des accords avec un nombre limité d’États, et souvent seulement pour certaines catégories (classe B, parfois A). Un permis délivré dans un État non listé ne pourra pas être échangé : le titulaire devra repasser le code et la conduite après un an de résidence.

L’échange doit être demandé avant l’expiration du permis d’origine et généralement au moins trois mois avant la fin de la période de reconnaissance d’un an. Depuis 2017, pour les permis non européens, les demandes sont centralisées à Nantes (CERT) pour les résidents hors Paris, tandis que la Préfecture de police traite les dossiers des Parisiens. Une procédure en ligne a été ouverte pour simplifier les démarches, mais les délais de traitement peuvent encore se compter en mois.

Pendant l’instruction, le conducteur reste autorisé à rouler avec son permis initial ou, le cas échéant, avec un certificat sécurisé de dépôt valable quatre mois.

Repasser le permis en France : code, conduite et auto‑école

Si l’échange est impossible, l’obtention d’un permis français passe par le même processus que pour un primo‑apprenant :

inscription via le site de l’ANTS pour obtenir un numéro NEPH,

préparation et passage de l’examen théorique général (Code de la route),

formation pratique en auto‑école, avec un minimum légal d’heures,

examen pratique en circulation.

L’épreuve théorique se compose de 40 questions à choix multiples, avec une note minimale de 35 bonnes réponses requise. Le coût du passage est de 30 €, renouvelable sans limite après un délai de deux jours en cas d’échec. Une fois acquis, le code reste valable cinq ans pour présenter l’épreuve pratique.

L’examen de conduite dure une trentaine de minutes : conduite en circulation, manœuvres (freinage d’urgence, marche arrière), questions sur le véhicule et la sécurité routière. Lui aussi est facturé 30 €, avec possibilité de repasser autant de fois que nécessaire, sous réserve de disponibilité des places d’examen.

Bon à savoir :

La plupart des candidats utilisent une auto‑école, notamment pour disposer d’un véhicule à double commande. La loi impose un minimum de 20 heures de conduite pour les boîtes manuelles (13 heures pour les automatiques). Les conducteurs déjà expérimentés venant de l’étranger peuvent souvent se contenter de quelques heures de mise à niveau pour s’adapter aux règles spécifiques françaises, comme la priorité à droite, les panneaux et les limitations de vitesse.

Le coût total de la formation, pour un débutant sans expérience, oscille fréquemment entre 1 500 et 2 000 €, parfois plus.

Permis français, points et période probatoire

Le permis français est un document plastifié au format carte de crédit, de couleur rose, valable jusqu’à 15 ans selon l’âge et la catégorie de véhicule. Il est émis par l’ANTS et reconnu dans tous les pays de l’UE et de l’espace économique européen.

Il fonctionne sur un système de points : 12 points pour un conducteur confirmé, mais seulement 6 points pendant la période probatoire. Cette période dure trois ans (réduite en conduite accompagnée), avec une augmentation de deux points par an en l’absence d’infraction pour atteindre 12. Les nouveaux titulaires d’un permis par échange, lorsque leur permis étranger a moins de trois ans, sont eux aussi soumis à ce régime probatoire.

Perdre tous ses points entraîne une annulation ou suspension administrative du permis, pouvant aller jusqu’à six mois, voire plus dans les cas graves. La récupération partielle est possible en suivant un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou en évitant tout retrait pendant deux à trois ans selon la gravité des infractions.

En parallèle, des règles spécifiques s’appliquent aux nouveaux conducteurs : limites de vitesse réduites (110 km/h sur autoroute au lieu de 130, 100 km/h sur voie rapide, 80 km/h sur les autres routes), obligation d’apposer un disque « A » à l’arrière du véhicule, difficultés à louer une voiture auprès de certaines agences dans les premières années.

Déclarer ses revenus : la fiscalité comme étape de l’intégration

S’installer durablement en France implique aussi d’entrer dans le système fiscal. La notion de résidence fiscale ne coïncide pas toujours avec le statut migratoire : on peut devenir résident fiscal français sans avoir encore un titre de séjour longue durée, et inversement.

Devenir résident fiscal français

Selon le droit interne, une personne est considérée comme résidente fiscale française lorsqu’elle remplit au moins un des critères suivants :

elle a son foyer (conjoint, enfants à charge) en France,

– ou son principal lieu de séjour en France (au moins 183 jours par an),

– ou son activité professionnelle principale en France,

– ou le centre de ses intérêts économiques (investissements, source principale de revenus).

Les conventions fiscales internationales viennent ensuite trancher en cas de double résidence potentielle. Un contribuable résident au sens français est imposé en France sur l’ensemble de ses revenus mondiaux. Un non‑résident, lui, n’est imposable que sur ses revenus de source française, avec des taux minimaux spécifiques (20 % puis 30 % au‑delà d’un certain seuil, sauf option pour le taux moyen effectif).

Statut fiscalRevenus imposables en France
Résident fiscalRevenus de source française + revenus de source étrangère
Non‑résidentUniquement revenus de source française (salaires, pensions, revenus fonciers, etc.)

Les couples mixtes (un conjoint résident, l’autre non‑résident) relèvent de calculs particuliers : l’administration tient compte des revenus du conjoint non‑résident pour fixer le taux (taux effectif), tout en n’imposant que ses revenus de source française lorsqu’une convention l’autorise.

Déclaration annuelle, prélèvement à la source et contrôles

Le système français repose sur une déclaration annuelle de revenus, généralement au printemps (mai‑juin), par voie électronique pour la plupart des contribuables. C’est le formulaire 2042 qui sert de base, complété par des annexes pour les revenus étrangers, les revenus fonciers, les plus‑values, les réductions et crédits d’impôt.

Bon à savoir :

Le prélèvement à la source est un acompte mensuel prélevé sur les salaires, pensions et autres revenus réguliers, selon un taux personnalisé, neutre ou adapté. La déclaration annuelle des revenus sert ensuite à ajuster ce prélèvement, ce qui peut entraîner un remboursement pour le contribuable ou, au contraire, le paiement d’un complément.

La France applique un barème progressif par tranches, avec un taux allant actuellement de 0 % à 45 %, auquel peuvent s’ajouter une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et diverses contributions sociales (CSG, CRDS) sur les salaires, revenus du patrimoine et plus‑values.

Attention :

Pour les nouveaux arrivants, les premières démarches fiscales sont l’obtention d’un numéro SPI et le dépôt d’une première déclaration. L’administration peut ensuite procéder à des redressements en cas d’erreur ou d’omission, avec des pénalités pouvant aller de 10 % à 80 % du montant dû selon la gravité de la situation (retard, mise en demeure ou activité dissimulée).

Articulation avec le pays d’origine

Les conventions fiscales bilatérales priment sur le droit interne et évitent normalement la double imposition. Mais dans des pays comme les États‑Unis, où l’obligation déclarative pèse sur les citoyens où qu’ils vivent, les expatriés doivent jongler entre deux systèmes, en utilisant des crédits d’impôt ou des régimes d’exonération.

Même sans aller dans ce niveau de détail, un nouvel arrivant a intérêt à se renseigner très tôt sur les incidences fiscales de la détention de biens à l’étranger, de comptes bancaires ou de placements (par exemple l’impôt sur la fortune immobilière si le patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d’euros, même en partie à l’étranger pour les résidents).

Articuler toutes ces démarches : une feuille de route réaliste

Pris isolément, chaque pan administratif – immigration, logement, santé, banque, permis de conduire, fiscalité – dispose de règles précises, de formulaires et d’interlocuteurs identifiés (préfecture, OFII, CPAM, banque, auto‑école, service des impôts). La difficulté réside surtout dans l’enchaînement et les dépendances entre eux.

En pratique, un projet d’installation en France s’organise souvent autour d’une chronologie proche de la suivante :

Astuce :

1. Avant l’arrivée, constituez un dossier de visa solide sur France‑Visas, en insistant sur les preuves de ressources, d’assurance et de logement (même provisoire). 2. À l’arrivée, validez votre VLS‑TS en ligne, ouvrez un compte bancaire français et cherchez un logement durable avec un dossier complet (garant ou Garantie Visale si besoin). 3. Contactez l’OFII, respectez les convocations pour la visite médicale et le contrat d’intégration, et commencez des cours de français si nécessaire. 4. Après trois mois, déposez un dossier à la CPAM pour l’assurance maladie, demandez la carte Vitale et souscrivez une mutuelle. 5. Organisez l’échange de votre permis de conduire si possible, ou préparez-vous à passer le permis français en auto‑école. 6. Deux à quatre mois avant l’expiration de votre titre de séjour, demandez son renouvellement sur ANEF, en démontrant une vie ancrée en France (logement, famille, activité, fiscalité). 7. L’année suivante, effectuez votre première déclaration fiscale française, éventuellement avec une aide professionnelle, surtout en cas de revenus à l’étranger.

Ce parcours demande patience et rigueur documentaire. Mais chaque étape franchie facilite les suivantes : une carte de séjour pluriannuelle allège le rapport aux préfectures, une affiliation complète à la sécurité sociale et une mutuelle limitent les dépenses de santé, un permis français ou échangé simplifie les déplacements, une bonne insertion fiscale ouvre la voie à la carte de résident puis, pour ceux qui le souhaitent, à la nationalité.

Au‑delà des formalités, ces démarches administratives finissent par devenir le socle d’un quotidien stabilisé en France, où l’on ne se vit plus comme simple visiteur mais comme résident à part entière, avec des droits, des devoirs et une place reconnue dans le paysage institutionnel français.

Résident en France
Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait s’installer en France tout en optimisant sa charge fiscale et en diversifiant ses investissements, sans rompre totalement ses liens avec son pays d’origine. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, installation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs régimes attractifs au sein de l’UE et hors UE, la stratégie a consisté à cibler la France via un schéma optimisé (choix de la région, statut fiscal, conventions internationales) : prise en compte de la fiscalité sur les pensions, de l’absence d’impôt sur la fortune immobilière en dessous de certains seuils, et du fort réseau de conventions fiscales. La mission a inclus : audit fiscal pré‑installation (exit tax éventuelle, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, coordination des organismes de santé, transfert de résidence bancaire, plan de limitation des risques de double résidence fiscale, mise en relation avec un réseau local (avocat, expert-comptable, notaire) et optimisation de la transmission. Cet accompagnement permet de bénéficier de la qualité de vie française tout en maîtrisant les risques fiscaux et patrimoniaux.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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