Créer son Entreprise à l’Étranger : le Guide de l’Expat Entrepreneur en France

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à l’étranger et lancer son propre projet est un rêve pour beaucoup d’expatriés. Lorsque la destination est la France, ce rêve s’accompagne d’un environnement économique puissant, d’un écosystème tech extrêmement dynamique… mais aussi d’une bonne dose de réglementation, de codes culturels précis et de paperasse. Ce guide a pour objectif de vous donner une vision claire et réaliste de ce qui vous attend en France lorsque vous voulez y créer une entreprise en tant qu’expat, sans noyer le sujet dans le jargon juridique.

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Comprendre le terrain de jeu : pourquoi la France attire les entrepreneurs étrangers

Avant de parler de formulaires et de statuts, il faut comprendre le décor. La France est la sixième puissance économique mondiale, la deuxième de l’Union européenne, avec un PIB autour de 3 200 milliards de dollars et un tissu de grandes entreprises impressionnant, dont près de 40 groupes du Fortune 500. Le pays s’appuie sur un secteur des services ultra-dominant (près de 80 % du PIB), une industrie encore solide et la première agriculture de l’UE.

La France, c’est aussi le pays le plus visité au monde, plus de 70 millions de touristes chaque année, un e‑commerce parmi les plus importants d’Europe, et des secteurs d’excellence dans l’aéronautique, le luxe, la mode, le tourisme, la finance, l’assurance, les vins et spiritueux, ou encore l’IA, la fintech et la biotech.

Pour un entrepreneur expatrié, cela signifie un marché domestique de 67 millions d’habitants, une porte d’entrée directe vers le marché unique européen de 450 millions de consommateurs, des infrastructures de transport de premier plan et une main-d’œuvre globalement bien formée. En 2024, plus de 1,1 million de nouvelles entreprises y ont été créées : le pays est donc loin d’être figé.

Un écosystème startup très structuré

L’autre atout de la France, c’est la structuration de son écosystème tech. Sous la bannière « La French Tech », l’État et les collectivités ont mis en place un réseau de hubs dans 13 grandes villes et 4 régions, des programmes d’accompagnement, des accélérateurs, et un ensemble de visas simplifiés pour les talents étrangers. On y compte déjà plus d’une dizaine de licornes, et Paris est régulièrement classée meilleure ville européenne pour les startups.

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Milliards d’euros de capital-risque levés par la région parisienne depuis 2015.

Un environnement fiscal exigeant… mais truffé d’incitations

La réputation de la France en matière de charges et d’impôts n’est plus à faire. Pourtant, pour un créateur d’entreprise, la réalité est plus nuancée. Le taux d’impôt sur les sociétés a été ramené à 25 %, avec un taux réduit à 15 % sur la première tranche de bénéfices pour les petites et moyennes entreprises respectant certaines conditions de chiffre d’affaires et d’actionnariat. S’ajoute un arsenal de crédits d’impôt et d’exonérations extrêmement généreux, surtout pour l’innovation et l’industrie.

Bon à savoir :

Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) permet de récupérer 30% des dépenses de R&D jusqu’à 100 millions d’euros. Les jeunes entreprises innovantes peuvent bénéficier d’exonérations d’impôts, de charges sociales ou de taxes locales sous conditions. De nouveaux crédits d’impôt, comme celui pour l’industrie verte, soutiennent les investissements dans les batteries, l’éolien, le solaire ou les pompes à chaleur.

Pour se faire une idée synthétique, il est utile de comparer quelques grands paramètres fiscaux et sociaux que tout expat entrepreneur va croiser.

Élément cléSituation en France (principales lignes)
Impôt sur les sociétés standard25 % du bénéfice
Taux réduit PME15 % jusqu’à ~38–42 k€ de bénéfice selon conditions
TVA standard20 %
Charges sociales employeurEnviron 45–50 % du brut (selon taille de l’entreprise)
Charges sociales salariéEnviron 25–28 % du brut
Crédit d’impôt recherche (CIR)30 % des dépenses éligibles jusqu’à 100 M€, puis 5 % au‑delà
Crédit d’impôt innovation (CII)30 % des dépenses d’innovation (plafond 400 k€/an pour les PME)
Zones aidées (ZRR, FRR, etc.)Exonérations d’impôt et de taxes locales sur plusieurs années

Pour un expatrié, l’enjeu n’est pas de devenir fiscaliste, mais de comprendre que le système est complexe, structuré, très protecteur pour les salariés, et qu’il récompense clairement les projets innovants et les implantations dans certaines zones prioritaires.

Choisir la bonne ville et la bonne région pour son projet

Créer son entreprise en France ne signifie pas forcément s’installer à Paris. L’Hexagone est particulièrement contrasté : chaque grande métropole a ses domaines de spécialisation, ses coûts, son style de vie et son positionnement international. Bien choisir sa base de départ est un levier stratégique majeur.

Paris et l’Île-de-France : la vitrine mondiale

Paris concentre à elle seule plus de 23 % des emplois du pays, un tiers des cadres dirigeants et 40 % d’actifs diplômés de l’université. Le niveau de qualification des ingénieurs et développeurs y est très élevé, avec une très forte proportion de masters et plus de 10 ans d’expérience pour beaucoup d’entre eux. Les secteurs dominants vont de la tech à la finance, en passant par la mode, l’aéronautique, les machines‑outils, la chimie, l’automobile, le textile, l’électronique ou l’agroalimentaire.

C’est aussi l’une des villes les plus chères. Un appartement une chambre au centre débute souvent autour de 1 200–1 300 € par mois, et des prix de l’immobilier dépassant facilement 10 000 € le m². Le salaire moyen y tourne autour de 3 200 € mensuels, supérieur à la moyenne nationale. Pour un expat fondateur, l’équation est claire : un accès incomparable aux investisseurs, partenaires, talents et clients, mais au prix d’un coût de vie et de salaires plus élevés.

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Quelques repères chiffrés permettent de comparer rapidement entre grandes villes.

Ville / RégionLoyer moyen 1 ch. centre*Salaire moyen mensuel approx.Secteurs phares
Paris1 200–1 300 €+~3 230 €Tech, finance, luxe, mode, industrie, services avancés
Lyon700–850 €+~3 460 €Tech, banque, pharma, biotech, jeux vidéo
Montpellier650 €+~2 830 €Numérique, jeux vidéo, santé, R&D
Nice / Côte d’Azur900 €+~3 440 €Tourisme, SaaS, fintech, électronique, biomed
Toulouse700 €+~3 240 €Aéronautique, espace, IT
Bordeaux800 €+~3 320 €Vin, tech, tourisme, aéronautique
Marseille615–1 360 €~3 080 €Port, tourisme, logistique, santé, télécoms
Rennes530–1 270 €~3 030 €IT, cybersécurité
Angers500–1 550 €~2 910 €Tech, green city, agro, innovation numérique

Ordres de grandeur, variables selon quartier et période.

Lyon : deuxième poumon économique

Lyon, deuxième agglomération du pays, cumule statut de métropole d’affaires, de hub industriel et de capitale gastronomique. Elle se distingue par l’intensité de sa R&D : plus de 13 000 chercheurs, 5 400 doctorants, un volume de dépôts de brevets la plaçant au deuxième rang national, et une forte collaboration entre universités et entreprises.

La ville a développé un énorme pôle numérique avec plusieurs milliers d’entreprises digitales, dont des studios de jeux vidéo de renommée mondiale. L’innovation est soutenue par des structures comme Novacité, centre d’affaires spécialisé qui accompagne environ 150 projets par an avec un taux de succès supérieur à 90 %. Les loyers y restent bien inférieurs à Paris, ce qui en fait une cible intéressante pour les expats cherchant un bon compromis entre qualité de vie, coûts et potentiel business.

Montpellier, Toulouse, Nice, Bordeaux, Marseille : les autres pôles à connaître

Montpellier affiche l’une des plus fortes croissances démographiques du pays et une population très jeune (plus de la moitié des habitants ont moins de 35 ans). Sa faculté de médecine est la plus ancienne d’Europe encore en activité, et le numérique y prospère avec plusieurs milliers d’entreprises digitales et une forte présence de La French Tech.

Exemple :

Toulouse, surnommée « la Ville Rose », est historiquement et économiquement liée à Airbus et au secteur aéronautique. Autour de cet industriel majeur s’est constitué un écosystème technologique dynamique, spécialisé dans les domaines du spatial, des technologies de l’information et de l’ingénierie de pointe. Un de ses atouts majeurs est d’offrir un coût de la vie plus accessible comparé à des métropoles comme Paris ou Nice.

Nice et la Côte d’Azur, au‑delà de l’image carte postale, possèdent Sophia Antipolis, premier technopôle européen, souvent décrit comme la Silicon Valley française. Plus de 2 000 entreprises y emploient plusieurs dizaines de milliers de personnes, avec un focus sur le SaaS, la fintech, les télécoms, l’électronique et les biotechs.

Bordeaux capitalise sur sa notoriété viticole, mais développe aussi un écosystème tech et services, avec un immobilier intermédiaire entre province et grandes métropoles.

Marseille, plus ancien port de France, est tournée vers le commerce méditerranéen, la logistique et un tissu de PME très orientées tourisme.

Enfin, des villes comme Nantes, Rennes, Grenoble ou Angers misent sur la tech durable, la cybersécurité, les énergies renouvelables, les micro et nano‑technologies ou encore les industries créatives. Pour un expat, ces métropoles régionales offrent une alternative crédible à la capitale, avec des coûts plus modérés et des niches très spécialisées.

Le cadre juridique et fiscal : choisir la bonne structure pour votre projet

La question du « type de société » est centrale dès le départ, car elle conditionne votre responsabilité, vos charges sociales, votre fiscalité, votre capacité à lever des fonds et à faire entrer de nouveaux associés.

Panorama rapide des principales formes

En France, plusieurs grandes familles de structures coexistent :

l’entreprise individuelle (EI), éventuellement avec un régime micro‑entreprise ;

les sociétés à responsabilité limitée (SARL et sa version unipersonnelle EURL) ;

les sociétés par actions (SAS et leur version unipersonnelle SASU, puis SA pour les grandes structures).

Micro‑entreprise / auto‑entrepreneur : la porte d’entrée la plus simple

Le régime de micro‑entreprise n’est pas une société à proprement parler, mais un statut fiscal et social simplifié, rattaché à une entreprise individuelle. Il convient aux freelances, consultants, artisans et petits commerces qui démarrent avec un chiffre d’affaires limité.

Les formalités sont minimales : inscription en ligne, tenue simplifiée des comptes, absence d’obligation de bilan comptable, charges calculées par pourcentage du chiffre d’affaires, pas de TVA à facturer ni à récupérer tant qu’on reste sous des seuils déterminés. En contrepartie, il est impossible de déduire ses frais réels, ni de structurer un tour de table avec des investisseurs.

Attention :

Le statut d’indépendant pour expatriés, bien qu’utile pour tester un marché, reste soumis au droit du travail. Il présente un risque de requalification en salariat caché si le travail s’effectue en dépendance économique vis-à-vis d’un seul client.

SARL / EURL : la structure classique pour PME et business familiaux

La SARL est l’équivalent français de la « limited liability company » (LLC). Elle convient bien aux petites et moyennes entreprises à l’actionnariat stable. La responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports, le nombre de partenaires est encadré (jusqu’à 100) et le fonctionnement est largement défini par la loi, ce qui sécurise les relations internes mais laisse moins de flexibilité contractuelle.

La direction est assurée par un ou plusieurs gérants. Le statut social de ce dirigeant dépend de sa part au capital : un gérant majoritaire est affilié au régime des travailleurs non‑salariés (TNS), avec des charges sociales moindres mais l’absence de bulletin de salaire classique ; un gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé salarié, affilié au régime général, avec des charges plus lourdes mais une meilleure protection sociale.

Astuce :

La SARL est généralement soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) au taux normal de 25 %. Elle peut bénéficier du taux réduit de 15 % sur la première tranche de ses bénéfices, sous conditions de chiffre d’affaires et de composition de son capital. Par ailleurs, dans des cas spécifiques (SARL familiale ou jeune société), il est possible d’opter temporairement pour une imposition directe des associés à l’impôt sur le revenu (IR).

L’EURL en est la version unipersonnelle. C’est un bon compromis pour un entrepreneur solo qui veut limiter sa responsabilité, garder un cadre juridique connu des banques et des partenaires, et faciliter plus tard la transformation en SARL à plusieurs associés.

SAS / SASU : la forme chouchou des startups et des investisseurs

La SAS est devenue la forme la plus utilisée pour les créations récentes, notamment parmi les startups. La raison tient à sa grande souplesse : beaucoup de règles peuvent être définies librement dans les statuts, qu’il s’agisse des pouvoirs du dirigeant, des droits de vote, des clauses d’agrément, des mécanismes de sortie, des BCE (stock‑options) ou des tours de table successifs.

La direction est assurée par un président (personne physique ou morale), éventuellement épaulé par des directeurs généraux. Ce président est assimilé salarié et relève du régime général, avec des charges sociales plus élevées qu’un TNS, mais une protection plus confortable et une image plus lisible pour les investisseurs et les employés.

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Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) applicable aux dividendes distribués aux associés d’une SAS est de 30 %.

La version unipersonnelle, la SASU, est très prisée des expats qui veulent monter une structure flexible, éventuellement accueillir des investisseurs plus tard, ou se verser un mix salaire/dividendes. En contrepartie, les coûts sociaux sur la rémunération du dirigeant sont nettement plus élevés qu’en SARL à gérant TNS.

SA : l’outil des grands groupes et des projets cotés

La SA (société anonyme) sert surtout pour les grandes entreprises, les sociétés destinées à être cotées ou celles qui ont un actionnariat éclaté. Avec un capital minimum de 37 000 €, l’obligation de nommer un commissaire aux comptes et un conseil d’administration, elle est rarement la première option pour un entrepreneur expatrié.

Comparer les formes sous l’angle de l’expat

Vu de l’étranger, le choix se joue souvent entre micro‑entreprise, EURL/SARL et SASU/SAS. Une vue synthétique aide à se repérer.

FormeResponsabilitéFlexibilité statutaireStatut du dirigeantAttractivité pour investisseurs
MicroIllimitée (patrimoine EI séparé depuis 2022 mais sans société)FaibleTravailleur individuelTrès faible
EURL / SARLLimitée aux apportsMoyenne (fort cadre légal)Gérant TNS ou assimilé salariéMoyenne
SASU / SASLimitée aux apportsTrès élevéePrésident assimilé salariéÉlevée
SALimitée aux apportsÉlevée mais très codifiéePrésident / DG, assimilés salariésTrès élevée

Pour un expatrié qui vise une startup tech financée par du capital‑risque, la SAS ou la SASU s’impose généralement. Pour un commerce, une agence ou une petite activité de services avec peu de salariés, une SARL ou EURL reste très adaptée. La micro‑entreprise peut faire office de tremplin, mais doit être pensée comme une étape, pas comme un mode de structuration durable d’un projet ambitieux.

Le volet immigration : visas et titres de séjour pour créer en France

La question du droit au séjour et au travail est déterminante pour un entrepreneur non européen. Le statut dont vous bénéficierez va dépendre de votre nationalité, de votre projet (innovation, investissement, profession réglementée ou non), et de votre situation personnelle (diplômes, ancienneté dans un groupe, famille).

UE / EEE / Suisse : une situation très simplifiée

Si vous êtes ressortissant d’un pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de Suisse, vous avez la possibilité de vous installer et de mener une activité professionnelle en France sans visa ni permis de travail spécifique. Vous devrez néanmoins vous enregistrer, ouvrir une structure et respecter les formalités sociales et fiscales comme tout résident.

Pour les non‑Européens : panorama des principaux visas entrepreneuriaux

Plusieurs dispositifs existent pour permettre à un étranger de créer ou reprendre une activité en France. Ils prennent la forme de visas de long séjour valant titre de séjour (VLS‑TS) ou de cartes de séjour pluriannuelles. Le point commun : il faut démontrer un projet économique viable, un niveau de ressources suffisant (au moins équivalent au salaire minimum français, le SMIC) et un casier judiciaire compatible.

Statuts pour l’Expat Entrepreneur

Les principaux statuts juridiques adaptés aux entrepreneurs expatriés en France, offrant chacun des avantages spécifiques en termes de fiscalité, de responsabilité et d’administration.

Entreprise Individuelle (EI)

Statut simple et rapide à créer, idéal pour démarrer une activité en nom propre. L’entrepreneur et l’entreprise sont une seule et même personne.

Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL)

Société à associé unique avec une responsabilité limitée aux apports. Bénéficie d’un régime fiscal flexible (impôt sur le revenu ou sur les sociétés).

Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU)

Société commerciale avec un seul associé. Responsabilité limitée aux apports et grande liberté d’organisation statutaire.

Société à Responsabilité Limitée (SARL)

Société pluripersonnelle (2 associés minimum) à responsabilité limitée. Structure courante et bien adaptée aux petites et moyennes entreprises.

Société par Actions Simplifiée (SAS)

Société pluripersonnelle offrant une grande souplesse de fonctionnement et une responsabilité limitée aux apports. Très prisée par les startups.

Auto-Entrepreneur (Micro-Entrepreneur)

Régime simplifié pour les petites activités. Démarches administratives allégées, fiscalité et cotisations sociales forfaitaires basées sur le chiffre d’affaires.

– le VLS‑TS « entrepreneur / profession libérale » pour une activité commerciale, artisanale, industrielle ou libérale indépendante ;

– la carte « passeport talent » pour les créateurs d’entreprise, investisseurs, salariés hautement qualifiés et fondateurs de startups innovantes ;

– le dispositif « French Tech Visa » décliné pour les fondateurs, les investisseurs et les salariés de startups innovantes ;

– les visas de recherche d’emploi ou de création d’entreprise pour les diplômés récents d’un établissement français.

Bon à savoir :

Pour les projets innovants ou à fort potentiel, les voies du passeport talent et de la French Tech offrent des procédures simplifiées. Elles permettent d’obtenir un titre de séjour d’une durée allant jusqu’à quatre ans, renouvelable, et incluent des facilités de regroupement familial.

Conditions générales à anticiper

Au‑delà du type de visa, les autorités françaises regardent quelques points clés :

la viabilité économique du projet, attestée par un business plan argumenté et des projections financières réalistes ;

– la capacité du projet à générer un revenu au moins égal au SMIC annuel (plus de 21 000 € par an selon les dernières références) pour le fondateur ;

– la contribution attendue à l’économie française (création d’emplois, investissement, innovation, implantation dans une zone prioritaire, etc.) ;

– l’absence de menace pour l’ordre public et un casier judiciaire compatible ;

– une couverture santé valable et des preuves de logement pour le séjour.

Les démarches se font d’abord au consulat de France de votre pays de résidence, puis, une fois arrivé, via une plateforme en ligne pour la validation du visa de long séjour, avant un éventuel passage à la préfecture pour renouvellement ou changement de statut.

Créer et immatriculer sa société : la mécanique administrative française

La France a engagé une simplification de ses procédures, mais pour un œil étranger, le parcours reste dense. L’avantage : si vous vous faites accompagner par un avocat ou un expert‑comptable, la plupart des étapes peuvent être gérées de manière très structurée.

Les grandes étapes de la création

Les démarches varient selon la forme juridique, mais suivent en général un canevas commun lorsqu’il s’agit d’une société (SARL, SAS, etc.) :

D’abord, vous vérifiez si votre activité est réglementée (santé, transports, restauration avec alcool, sécurité, professions juridiques ou médicales, etc.) et, le cas échéant, vous obtenez les autorisations ou diplômes nécessaires. Ensuite, vous choisissez une dénomination sociale et vérifiez sa disponibilité auprès de l’INPI. C’est aussi le moment de définir votre objet social, c’est‑à‑dire la description officielle de votre activité, qui déterminera notamment votre convention collective et certains risques assurantiels.

Attention :

Après avoir obtenu un siège social (via un bail commercial, une domiciliation professionnelle ou l’adresse personnelle du dirigeant sous conditions), vous pouvez rédiger les statuts. Une distinction cruciale existe entre la SARL, dont de nombreuses règles sont prévues par le Code de commerce, et la SAS, où les statuts définissent librement l’organisation. Pour cette dernière, un accompagnement professionnel est fortement recommandé pour éviter les écueils.

La banque intervient à ce stade pour ouvrir un compte de capital bloqué, y déposer les apports en numéraire, puis délivrer une attestation de dépôt des fonds. Vous devez aussi publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales, étape formelle mais obligatoire pour la publicité de votre société.

Enfin, vous déposez un dossier de création sur le guichet unique des formalités d’entreprises, qui se charge de transmettre vos éléments au greffe du tribunal de commerce compétent. À l’issue, vous recevez votre extrait Kbis, véritable « carte d’identité » de votre société, avec votre numéro SIREN, votre SIRET (identifiant de l’établissement) et votre code APE.

Le compte bancaire professionnel : un passage obligé délicat pour les expats

Toutes les sociétés françaises ont l’obligation d’ouvrir un compte bancaire professionnel. Pour un entrepreneur non résident, c’est souvent l’étape la plus délicate, en particulier avec les grandes banques traditionnelles qui exigent des rendez‑vous physiques, un faisceau de justificatifs souvent traduits et légalisés, et se montrent prudentes face aux dossiers internationaux.

Exemple :

La séquence type est la suivante : la banque procède à un entretien (en agence ou en visio), examine le business plan, les statuts, les pièces d’identité, les justificatifs d’adresse et, quand il s’agit d’une filiale ou d’une succursale, les documents de la maison mère. Si elle accepte, elle ouvre un compte de capital bloqué, sur lequel vous versez vos apports. Ce n’est qu’après l’immatriculation de la société (et l’obtention du Kbis) que les fonds sont débloqués sur le compte courant de l’entreprise.

Si votre dossier est refusé par plusieurs banques, il existe un « droit au compte » : la Banque de France peut désigner d’office un établissement qui devra vous ouvrir un compte, mais c’est une procédure lourde à réserver aux impasses. De plus en plus d’expats se tournent vers des néobanques professionnelles ou des prestataires spécialisés, qui permettent une ouverture à distance, même si toutes ne peuvent pas délivrer les attestations de dépôt nécessaires à la phase de constitution.

Recruter et gérer une équipe : naviguer dans le droit du travail français

L’un des chocs culturels majeurs pour un entrepreneur étranger qui commence à embaucher en France, c’est la densité du droit du travail. Le Code du travail, épaulé par des centaines de conventions collectives, fixe un cadre très protecteur pour les salariés, avec une logique claire : lorsqu’il existe plusieurs textes, c’est la règle la plus favorable au salarié qui prime.

Contrats de travail : la norme, c’est le CDI

En France, la relation de travail est censée être formalisée par un contrat écrit. Il peut être à durée indéterminée (CDI), forme de référence, ou à durée déterminée (CDD), strictement encadré et réservé à des cas précis (remplacement, surcroît temporaire d’activité, saisonnier, etc.). Un CDD conclu sans motif valable ou hors des conditions légales risque d’être requalifié en CDI, avec des conséquences financières importantes.

Le contrat doit être rédigé en français, même si vous proposez une version traduite dans la langue maternelle du salarié. En cas de conflit entre versions, la version française fait foi, sauf cas particulier où l’employeur a expressément accepté que la version étrangère soit la seule opposable au salarié.

Rédaction du contrat de travail

Les périodes d’essai sont aussi encadrées par la loi et les conventions collectives : on tourne autour de 2 mois pour les employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 4 mois pour les cadres, avec parfois la possibilité de renouveler une fois si c’est prévu.

Temps de travail, droits sociaux et coûts salariaux

Le temps de travail légal est fixé à 35 heures hebdomadaires. Au‑delà, on entre dans le champ des heures supplémentaires, rémunérées avec une majoration (en général 25 % pour les 8 premières, 50 % au‑delà), ou compensées en repos. Le maximum hebdomadaire reste encadré (48 heures absolues, 44 heures en moyenne sur 12 semaines successives), avec des règles spécifiques pour le travail de nuit ou les forfaits jours des cadres.

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C’est le nombre minimum de semaines de congés payés auxquelles un salarié a droit chaque année en France.

Pour un expat entrepreneur, ce qui compte surtout, c’est l’ordre de grandeur du coût total d’un salarié. À salaire brut égal, il faut intégrer environ 45–50 % de charges patronales pour une structure de plus de 10 salariés (un peu moins en‑dessous), et 25–28 % de charges salariales. Autrement dit, un salarié payé 60 000 € brut par an peut coûter autour de 86 700 € à l’entreprise.

Ce niveau de charges finance en contrepartie un système de protection sociale réputé pour sa qualité (l’Assurance maladie française est régulièrement classée parmi les meilleurs systèmes de santé du monde), avec une espérance de vie moyenne de 83 ans et des dépenses de santé élevées en part de PIB.

Licenciement, rupture et prud’hommes : anticiper plutôt que subir

Contrairement à des pays anglo‑saxons, l’emploi « à volonté » n’existe pas en France. Pour rompre un CDI, l’employeur doit justifier d’une cause réelle et sérieuse : motif personnel (faute, insuffisance professionnelle, inaptitude) ou motif économique (difficultés financières, mutations technologiques, réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité, etc.). La procédure impose un entretien préalable, une notification écrite, le respect de délais et le versement d’indemnités légales ou conventionnelles.

Astuce :

En cas de litige, le conseil de prud’hommes est compétent pour trancher. Depuis les réformes dites « Macron », un barème légal encadre le montant des indemnités dues par l’employeur en cas de licenciement jugé sans cause réelle et sérieuse. Ce barème apporte plus de prévisibilité aux entreprises. Toutefois, il ne s’applique pas dans certains cas particuliers, comme les litiges liés à une discrimination, un harcèlement ou une atteinte à des droits fondamentaux, où les indemnités peuvent être fixées librement par les juges.

Pour éviter les conflits, beaucoup d’entreprises recourent à la « rupture conventionnelle », une séparation amiable encadrée par la loi, avec indemnité minimale et validation administrative, plébiscitée par les salariés comme par les employeurs.

Culture business française : ce que tout expat fondateur doit intégrer

Au‑delà des règles juridiques, ce qui fera la réussite d’un entrepreneur expatrié en France, c’est sa capacité à comprendre et respecter les codes implicites du milieu professionnel local.

Une culture hiérarchique, intellectuelle et attachée au débat

Le monde des affaires en France reste marqué par la hiérarchie et la formalité. On accorde une grande importance aux titres, aux diplômes, à la rigueur intellectuelle et à la qualité des arguments. Les réunions et négociations sont souvent vues comme des espaces de débat structuré, où l’on teste la solidité des idées, où l’on contredit, où l’on relance, sans que cela soit nécessairement le signe d’un conflit ou d’un blocage.

Il est courant que les décisions ne soient pas prises en séance, mais après coup, par des niveaux supérieurs hiérarchiques qui n’ont pas toujours assisté à la réunion. D’où l’importance de produire des notes de synthèse écrites, bien structurées, pour nourrir ces circuits décisionnels.

Communication : le poids des nuances

Les échanges professionnels commencent presque toujours par un « vous » formel, et l’usage du prénom ou du « tu » n’est proposé qu’après un certain temps ou dans des milieux plus décontractés (startups, agences, etc.). L’éloquence, la clarté du raisonnement, la capacité à articuler une thèse, une antithèse, une synthèse sont très valorisées.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, préparer ses présentations par écrit et faire traduire ses supports est très utile. Investir dans des cours de français est également recommandé, car la maîtrise de la langue est un marqueur fort de respect et d’intégration. Bien que de nombreux professionnels, notamment dans l’écosystème tech, parlent anglais, connaître le français reste un atout majeur.

Négocier avec des partenaires français

Les négociations peuvent paraître longues, parfois théâtrales, avec des jeux de rôle « gentil flic / méchant flic » dans les équipes en face. Les partenaires vont challenger vos hypothèses, questionner votre business model dans le détail, demander des preuves, des comparaisons. Le prix affiché n’est presque jamais perçu comme intangible ; une marge de manœuvre est souvent attendue.

Bon à savoir :

Mettre la pression pour accélérer une décision est souvent contre-productif. Il est préférable de respecter le rythme local, de faire preuve de patience, de fournir les documents demandés et de maintenir une position cohérente. La confiance se bâtit dans la durée grâce à la constance des comportements, plutôt que par un enthousiasme superficiel.

Travail et vie privée : une séparation nette

En France, la frontière entre vie professionnelle et personnelle reste relativement marquée, surtout dans les premières années de relation. On socialise moins entre collègues en dehors du travail que dans certains pays anglo‑saxons, même si cela dépend des secteurs. Le droit à la déconnexion, inscrit dans la loi, illustre cette volonté de limiter les sollicitations hors temps de travail.

En été, et plus particulièrement en août, un grand nombre d’entreprises tournent au ralenti, voire ferment complètement. Pour un entrepreneur étranger, c’est un point à intégrer dans son planning de lancement, de levée de fonds ou de signatures de contrats.

Fiscalité d’entreprise : savoir où sont les zones de risque et les opportunités

Une fois votre société créée, elle s’inscrit dans un environnement fiscal particulièrement détaillé. Vous n’êtes pas obligé d’entrer dans tous les méandres, mais il est utile de distinguer ce qui relève du « coût normal » et ce qui peut devenir un avantage comparatif.

Impôt sur les sociétés, TVA et taxes locales

Les bénéfices des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés sont taxés à 25 %. Les petites et moyennes structures peuvent bénéficier d’un taux réduit de 15 % sur une première tranche de bénéfices, si leur chiffre d’affaires ne dépasse pas un certain seuil et si leur capital est détenu majoritairement par des personnes physiques.

Attention :

La TVA s’applique principalement au taux de 20 %, avec des taux réduits pour des biens spécifiques comme l’alimentation ou les livres. Il est impératif de respecter les dates de dépôt et de paiement déclarées, sous peine de pénalités financières importantes en cas de retard.

Se rajoutent des taxes locales comme la contribution économique territoriale (CET), qui agrège la cotisation foncière des entreprises (CFE, basée sur la valeur locative des locaux) et, pour les entreprises d’une certaine taille, une cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE), appelée à disparaître progressivement dans les prochaines années. Des exonérations partielles ou totales existent pendant plusieurs années pour les nouvelles entreprises implantées dans certaines zones rurales ou urbaines prioritaires.

Incitations puissantes pour l’innovation et la réindustrialisation

L’un des leviers les plus intéressants pour un expat fondateur dans la tech, l’industrie ou l’énergie, ce sont les crédits d’impôt et régimes de faveur. Outre le CIR et le CII déjà évoqués, la France a mis en place un régime de « patent box » taxant à 10 % les revenus provenant de certains droits de propriété industrielle (brevets, logiciels, etc.), sous réserve de respecter des conditions de substance et de documentation.

Bon à savoir :

Les jeunes entreprises innovantes consacrant une part significative de leurs dépenses à la R&D peuvent bénéficier d’exonérations de cotisations sociales sur les salaires des chercheurs et de taxes locales. Par ailleurs, des dispositifs spécifiques offrent des exonérations d’impôt sur les bénéfices, pouvant durer plusieurs années, pour les investissements réalisés dans les territoires ruraux, les quartiers en reconversion ou les zones d’aide à finalité régionale.

Le nouveau crédit d’impôt dédié à l’industrie verte, quant à lui, vient booster les projets de production d’équipements liés à la transition énergétique, avec des taux pouvant grimper pour les PME et dans certaines régions.

Pour un entrepreneur étranger, l’enjeu est d’identifier dès la phase de business plan si son projet coche les cases de ces régimes, afin d’intégrer ces aides dans son modèle financier et de choisir le bon lieu d’implantation.

S’intégrer dans l’écosystème : réseaux, hubs et accompagnement pour expats

Créer en France ne se résume pas à aligner des formulaires. Les réseaux jouent un rôle clé, d’autant plus pour quelqu’un qui arrive sans carnet d’adresses. Plusieurs couches d’acteurs peuvent vous aider à accélérer votre intégration.

Hubs French Tech, incubateurs et grandes écoles

Dans les grandes villes, les hubs labellisés French Tech fédèrent incubateurs, accélérateurs, espaces de coworking, fonds d’investissement et administrations dédiées à l’accueil des entrepreneurs. À Paris, Station F concentre des milliers de fondateurs, mais Lyon, Montpellier, Toulouse, Nice ou Nantes disposent aussi de structures d’accompagnement portées par les métropoles, les chambres de commerce ou des opérateurs privés.

Exemple :

Les universités et grandes écoles françaises, telles que PSL, Paris‑Saclay, Sorbonne, Polytechnique, les INSA et des écoles de commerce comme emlyon, soutiennent activement l’entrepreneuriat. Leur implication se concrétise par la mise en place d’incubateurs internes, l’organisation de concours et le développement de programmes d’accompagnement dédiés aux étudiants entrepreneurs.

Agences publiques, cabinets privés et plateformes en ligne

Au niveau national, des organismes comme Business France ou Bpifrance jouent un rôle clé pour attirer et soutenir les investissements étrangers. Business France propose des ressources détaillées en anglais, des contacts dans les régions, et, avec la mission French Tech, des dispositifs d’accueil des talents internationaux.

Les administrations fiscales et sociales disposent aussi de services de rescrits et de partenariats pour aider les entreprises à sécuriser certaines positions (par exemple sur les prix de transfert ou l’éligibilité à des crédits d’impôt).

Services d’implantation d’entreprises

Un marché dense de cabinets spécialisés propose des solutions complètes pour faciliter l’établissement d’entreprises étrangères en France.

Constitution de filiale

Prise en charge des démarches juridiques pour la création légale de votre entité en France.

Obtention de l’adresse de siège

Assistance pour l’acquisition d’une adresse officielle et conforme pour le siège social de votre entreprise.

Ouverture de compte bancaire

Accompagnement dans les démarches bancaires pour ouvrir un compte professionnel français.

Gestion de la paie

Solutions externalisées pour la gestion administrative et comptable de la rémunération de vos employés.

Assistance visa

Conseil et soutien dans les procédures d’obtention de visas pour les collaborateurs étrangers.

Tisser son propre réseau

Pour un expatrié, rejoindre des communautés professionnelles et des réseaux plus informels – anglophones comme francophones – est une manière efficace de décoder les usages, de trouver des partenaires ou de faire ses premiers recrutements. Les grandes métropoles hébergent des groupes de networking business, des chambres de commerce bilatérales, des clubs de dirigeants internationaux, des associations d’entrepreneurs, des événements sectoriels réguliers.

Se rendre visible sur LinkedIn (outil très répandu en France pour le networking pro), participer à des meetups tech ou à des conférences comme VivaTech à Paris, ou s’engager dans des structures associatives et de mentorat peut faire une grande différence dans la rapidité d’intégration.

Stratégie d’entrée sur le marché : adaptation, qualité et patience

Lancer son entreprise en France, c’est aussi se confronter à des consommateurs particuliers, attachés à la qualité, à la provenance, au design et de plus en plus à l’impact environnemental. Quelques principes aident à bâtir une stratégie crédible.

Les études de marché sérieuses sont indispensables, que ce soit par vous-même ou via un cabinet. La France dispose de sources publiques riches, comme l’INSEE, l’INC ou les agences sectorielles (santé, alimentation, logement, énergie…) qui produisent des données exploitables. Pour un expat, c’est une bonne manière de s’affranchir des idées reçues touristiques et de comprendre les réalités de consommation par région, âge, revenus.

Astuce :

L’adaptation locale est cruciale et va au-delà de la simple traduction. Elle comprend la traduction professionnelle des interfaces, l’ajustement des offres et des prix, ainsi que la prise en compte des habitudes de paiement, des certifications obligatoires (comme le marquage CE) et des spécificités des circuits de distribution. De plus, valoriser le « Made in France » nécessite une cohérence absolue entre le discours marketing, l’origine réelle des produits et les pratiques commerciales pour répondre aux attentes de la clientèle française.

Sur le plan opérationnel, il est crucial de planifier avec réalisme les délais administratifs : obtention de visa, rendez‑vous bancaires, immatriculation, demandes d’aides, recrutement. Le cycle de décision des grandes entreprises et des administrations est plus lent que dans certaines cultures anglo‑saxonnes, ce qui oblige à prévoir un matelas de trésorerie suffisant pour tenir les premiers mois.

En résumé : un environnement exigeant, mais très porteur pour les expatriés préparés

Créer son entreprise en France en tant qu’expatrié, c’est accepter de composer avec un État très présent, un droit du travail dense, une fiscalité détaillée et une administration encore largement francophone. Mais c’est aussi profiter d’un marché riche, d’infrastructures solides, d’un système de santé et de protection sociale de haut niveau, et d’un écosystème entrepreneurial particulièrement dynamique, notamment dans la tech, l’industrie de pointe, les services sophistiqués et les activités tournées vers la transition écologique.

Astuce :

Pour transformer les démarches administratives en tremplin international, il est crucial de sélectionner les statuts juridiques adaptés (SAS/SASU ou SARL/EURL), d’anticiper les questions de visa et bancaires, de s’entourer dès le départ d’un binôme avocat/expert-comptable, et d’investir du temps dans l’apprentissage des codes culturels et de la langue.

La France est parfois résumée à une plaisanterie célèbre attribuée à Charles de Gaulle : « Comment voulez‑vous gouverner un pays où il existe tant de variétés de fromages ? ». Pour un entrepreneur expatrié, cette diversité est surtout une immense palette d’opportunités : à condition de venir armé de patience, de rigueur et d’une réelle envie de s’inscrire dans la durée.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait revenir fixer sa résidence fiscale en France pour sécuriser sa situation, optimiser sa charge imposable dans un cadre connu et préparer la transmission, tout en conservant une ouverture internationale. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs configurations possibles (maintien à l’étranger, retour en France, résidence alternée), la stratégie retenue a consisté à cibler la France comme État de résidence fiscale principale, en s’appuyant sur les dispositifs favorables aux retraités (abattements, gestion des plus-values, conventions fiscales). La mission a inclus : audit fiscal pré-retour (exit tax ou non, report d’imposition), choix de la région d’installation (coût de vie en province pouvant être ~30–40% inférieur à Paris), coordination avec l’Assurance Maladie (CPAM), transfert de résidence bancaire, plan de gestion des liens fiscaux étrangers, mise en relation avec un réseau local (notaire, avocat fiscaliste, gestionnaire de patrimoine) et ajustements patrimoniaux (donations, assurance-vie, immobilier). Ce type d’accompagnement permet de sécuriser le retour en France, de limiter les risques de double imposition et de repositionner le patrimoine dans une logique de transmission et de diversification raisonnée.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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