S’installer en France sans parler français, c’est un peu comme randonner avec de mauvaises chaussures : on avance, mais chaque pas est plus compliqué qu’il ne devrait l’être. Pour un expatrié, la langue n’est pas un « plus », c’est l’outil central pour trouver un travail, comprendre l’administration, se faire des amis, suivre la scolarité des enfants ou tout simplement discuter avec le voisin.
Cet article présente une méthode structurée pour apprendre le français en France, en s’appuyant sur le cadre officiel des niveaux (CECR), les écoles, les applications, les ressources en ligne, l’immersion, le français professionnel et les tandems linguistiques. L’objectif est de faire de la langue un levier d’intégration plutôt qu’un obstacle.
Comprendre où l’on va : les niveaux du CECR et ce qu’ils changent pour un expatrié
Avant de choisir un cours ou une appli, il est utile de savoir ce que signifie vraiment “parler français”. En Europe, tout tourne autour du CECR (Cadre européen commun de référence pour les langues), utilisé par les écoles, les universités, les employeurs et les administrations.
Le CECR découpe la progression en six niveaux (plus un niveau de départ A0) :
| Niveau CECR | Catégorie | Capacité globale (résumé) | Usage typique en France pour un expatrié |
|---|---|---|---|
| A0 | Grand débutant | Aucun ou quasi aucun contact avec le français | Démarrage en école ou appli, survie minimale |
| A1 | Utilisateur élémentaire 1 | Phrases très simples, se présenter, besoins concrets si l’autre parle lentement | Demander son chemin, faire de petites courses avec aide |
| A2 | Utilisateur élémentaire 2 | Phrases fréquentes du quotidien, routine, environnement proche | Gérer les démarches simples, petits échanges avec collègues/voisins |
| B1 | Utilisateur indépendant 1 | Comprendre les points essentiels, gérer les situations de voyage, raconter son vécu | Être autonome dans la vie quotidienne, début de travail en français |
| B2 | Utilisateur indépendant 2 | Comprendre des textes plus complexes, interagir avec aisance, argumenter | Travailler en France, suivre des études, fonctionner sans gros blocages |
| C1 | Utilisateur expérimenté 1 | Longs textes exigeants, implicite, langue souple et efficace socialement et pro | Postes qualifiés, études avancées, exposés, réunions complexes |
| C2 | Utilisateur expérimenté 2 | Compréhension quasi totale, nuances fines, précision maximale | Maîtrise proche d’un natif dans la plupart des contextes |
Pour un expatrié, certains seuils sont particulièrement stratégiques :
Les niveaux du CECRL illustrent une progression vers l’autonomie : au niveau A2, on survit sans interprète mais l’effort est constant. Le B1 permet de vivre sans être perdu. Au B2, on peut travailler, se former et gérer les situations courantes. Les niveaux C1 et C2 sont requis pour les métiers exigeants comme la diplomatie, l’enseignement, la rédaction, le haut management ou la médecine de pointe.
De nombreuses universités ou formations en France demandent B2 ou C1 pour une admission sur cursus francophone, et nombre de professions qualifiées exigent des preuves de niveau (DELF, DALF, TCF, TEF…).
Combien de temps faut‑il pour « bien » parler français en vivant en France ?
Les heures d’étude nécessaires varient selon les sources et les profils, mais on retrouve une fourchette cohérente. Il s’agit d’heures cumulées de travail, en cours et en autonomie.
| Passage de niveau | Fourchettes d’heures observées (cumulées) |
|---|---|
| A0 → A1 | ≈ 60 à 100 h |
| A1 → A2 | ≈ 100 à 200 h |
| A2 → B1 | ≈ 200 à 400 h |
| B1 → B2 | ≈ 300 à 650 h |
| B2 → C1 | ≈ 700 à 950 h au total depuis A0 |
| C1 → C2 | ≈ 1 000 à 1 200 h au total depuis A0 |
En France, avec l’immersion du quotidien, ces chiffres sont souvent plus favorables, à condition de ne pas rester enfermé dans une bulle anglophone ou autre.
Quelques repères réalistes dans un contexte d’expatriation :
C’est le nombre de mois nécessaires, avec un rythme d’environ 20 heures par semaine, pour atteindre le niveau B2 en français.
Ces chiffres ne sont pas des promesses mais des ordres de grandeur. La vitesse dépend aussi de la langue maternelle (un hispanophone progresse souvent plus vite qu’un sinophone), de l’âge, de l’expérience en langues et surtout… de la régularité.
Fixer des objectifs utiles quand on vit en France
Vivre sur place n’empêche pas de tourner en rond si l’on ne sait pas où l’on veut aller. Les recherches sur l’apprentissage montrent que des objectifs clairs augmentent nettement la motivation et la persévérance.
Une approche efficace pour expatrié consiste à :
1. Clarifier son objectif ultime Exemples : « travailler dans mon domaine dans un an », « scolariser les enfants dans le système français sans traducteur », « passer le DELF B2 », « exercer comme médecin en milieu hospitalier ».
– 2. Découper cet objectif en étapes concrètes, liées à la vie réelle en France Par exemple, pour un nouvel arrivant :
– ouvrir un compte bancaire sans aide,
– gérer seul un rendez-vous chez le médecin,
– prendre la parole en réunion d’équipe.
Plutôt qu’un objectif vague comme ‘apprendre 1000 mots’, il est plus efficace de formuler des micro-objectifs thématiques précis sur 1 à 3 mois. Par exemple : ‘D’ici 8 semaines, je veux pouvoir expliquer clairement mon travail en français à un collègue’ ou ‘En 4 semaines, je dois être capable d’appeler l’école de mon enfant pour justifier une absence’.
4. S’appuyer sur les descripteurs “je peux…” du CECR Ce sont des phrases du type « je peux expliquer mes projets », « je peux décrire un problème de santé », très utiles pour construire un plan d’action aligné avec les réalités françaises (administration, travail, santé…).
5. Réviser ses objectifs tous les mois La vie d’expatrié bouge vite : un nouveau poste, un déménagement de Paris à Lyon, une naissance… Les priorités linguistiques changent, mieux vaut ajuster le tir régulièrement.
Choisir sa ville et son type de cours de français en France
La bonne nouvelle : la France compte plus de 100 écoles de langue spécialisées en FLE (français langue étrangère). Certaines villes concentrent l’offre et permettent de mixer cours, vie culturelle et opportunités professionnelles.
Les grands pôles de cours de français
Selon les comparateurs de séjours linguistiques, 113 écoles sont recensées dans le pays. Quelques villes clés :
| Ville | Nombre d’écoles | Note moyenne des étudiants | Atouts pour un expatrié |
|---|---|---|---|
| Paris | 20 | 4,8 / 5 (≈ 900 avis) | Offre immense, vie culturelle, réseaux pro, universités |
| Nice | 13 | 4,6 / 5 | Climat, Côte d’Azur, tourisme, emplois saisonniers |
| Montpellier | 9 | 4,6 / 5 | Ville étudiante, ambiance jeune, coût de vie plus doux |
| Lyon | 7 | 4,7 / 5 | Métropole dynamique, industrie, gastronomie |
| Bordeaux | 7 | 4,7 / 5 | Vin, tourisme, économie en développement |
D’autres villes plus petites – Annecy, Biarritz, Tours, Nantes, Vichy, etc. – proposent des écoles bien notées, intéressantes si l’on cherche un environnement plus calme ou de plein air (Alpes, Atlantique…).
Quel format de cours pour quel profil d’expatrié ?
Les écoles françaises déclinent généralement leurs offres selon plusieurs formats :
– Cours standard Environ 20 leçons par semaine, quatre leçons par jour, axées sur les quatre compétences (compréhension et expression orales et écrites), la grammaire et le vocabulaire. Idéal si l’on travaille à temps partiel ou si l’on vient en France spécifiquement pour la langue.
Les cours intensifs ou super-intensifs, avec jusqu’à 30 leçons par semaine ou plus, sont le meilleur choix pour atteindre rapidement un niveau linguistique requis par un employeur ou une université, particulièrement lorsque l’on dispose de quelques mois entre l’arrivée dans le pays et la prise de poste.
– Cours combinés (groupe + individuel) Mélange entre cours en groupe (dynamique, écoute d’accents variés) et leçons privées ciblées sur ses besoins (français juridique, présentation de projet, vocabulaire de son métier…).
– Cours du soir ou à temps partiel Précieux pour ceux qui travaillent déjà en journée. Le rythme est plus lent mais plus durable, à condition d’ajouter du travail personnel.
Pour une préparation sérieuse aux examens comme le DELF, DALF, TCF ou TEF, optez pour un format intensif d’au moins 30 leçons par semaine. Ce rythme est nécessaire pour maîtriser les stratégies d’examen spécifiques, s’entraîner aux productions écrites longues et développer des compétences solides en argumentation.
– Cours pour familles, au pair ou seniors Plusieurs écoles structurent leurs programmes par âge ou profil, avec par exemple des cours « au pair » à horaires adaptés, ou des séjours « 50+ » incluant plus d’activités culturelles.
Les tarifs varient fortement selon la ville, la taille de l’école, le nombre de leçons et les accréditations, mais une semaine de cours standard en France démarre autour de 170 €, hors hébergement.
Zoom sur quelques écoles parisiennes aux profils très différents
Pour illustrer l’éventail de styles, voici des exemples d’écoles à Paris, avec leurs grandes caractéristiques :
| École (Paris) | Format standard (ex.) | Classe max | Prix 3 semaines (cours standard) | Particularités pour un expatrié |
|---|---|---|---|---|
| L’Atelier 9 | 20 leçons / semaine (50 min) | 10 | 940 € (≈ 18,80 €/60 min) | Atmosphère « appart parisien », très communicatif, sans frais cachés |
| Les ateliers FL | 20 leçons / semaine (45 min) | 14–18 | 1 110 € + 80 € inscription | École réputée, nombreuses accréditations, gros réseau international |
| Bayswater Paris | 20 leçons / semaine (45 min) | 15 | 754 € + 85 € inscription | Bon rapport qualité/prix, valeurs sociales, infrastructures modernes |
| LSI Paris | 20 leçons / semaine (50 min) | 16 | 1 200 € + 105 € inscription | Technologie avancée, cours variés, centre d’examen TEF |
| Elfe | 15 leçons / semaine (60 min) | 10 (15 en au pair) | 1 350 € + 90 € + 30 € matériel | Axé sur petits groupes, options thématiques (vin, art, cuisine…) |
On voit que certaines écoles misent sur la convivialité et la taille réduite des groupes, d’autres sur la technologie, les accès examens ou la diversité des cours spécialisés. Pour un expatrié, des critères comme l’emplacement, la flexibilité des horaires, la préparation à certains tests ou encore la possibilité de cours soir/entreprise peuvent peser plus lourd que la seule ambiance.
Immersion totale ou cours en ligne : comment combiner les deux en vivant en France
Il est tentant de penser que vivre en France suffit à apprendre « naturellement ». Dans la réalité, beaucoup d’expatriés passent des années sans dépasser un A2-B1 car ils vivent et travaillent dans des bulles anglophones, espagnoles, arabophones, etc.
L’expérience montre que la progression la plus rapide vient de la combinaison :
– d’un cadre structuré (école, tuteur en ligne, programme intensif),
– et d’une immersion volontaire dans le quotidien français (logement, loisirs, médias, échanges).
Cours en présentiel + tuteur en ligne : le duo gagnant
Les plateformes comme Preply, italki, LanguaTalk, Lingoda, Verbling, Live-French, ou encore les cours en ligne de l’Alliance Française permettent de :
Nos cours vont au-delà de la salle de classe pour vous préparer aux situations concrètes de la vie d’expatrié.
Travaillez la conversation réelle avec des francophones en dehors des cours pour une immersion authentique.
Pratiquez des situations spécifiques : entretien d’embauche, réunion Zoom, appel à la CAF, rendez-vous médical, etc.
Bénéficiez de corrections instantanées sur votre prononciation, votre grammaire et le registre de langue utilisé.
Quelques repères de coûts :
| Plateforme | Fourchette de prix horaire (approx.) | Spécificités intéressantes pour expatriés en France |
|---|---|---|
| Preply | Dès ~3 $, moyenne ~21 $ | > 5 100 tuteurs, profils variés, préparation DELF/DALF/TCF/TEF |
| italki | ≈ 4–70 $ (beaucoup entre 10–20 $) | Immense choix, professeurs natifs de France, Canada, Afrique, etc. |
| LanguaTalk | ≈ 14–40 $ | Plateforme sélective (≈10 % des candidatures acceptées) |
| Lingoda | Abonnement ≈ 45–56 €/mois | Cours de groupe structurés 24/7, idéal si horaires variables |
| Verbling | Dès 4–5 $ | Cours individuels, filtrage par accent, spécialité, disponibilité |
Par rapport à des cours en présentiel classiques (20–60 €/h en France), ces solutions restent souvent plus abordables, flexibles (annulation 24 h avant chez certains) et complémentaires du contact direct avec la société française.
Applis et auto‑apprentissage : un filet de sécurité permanent
Sur le smartphone de l’expatrié, certaines applis deviennent vite indispensables :
Une sélection d’outils et de plateformes numériques pour progresser en français, organisée par type d’apprentissage.
Applications utilisant des systèmes de répétition espacée pour mémoriser du lexique : Duolingo, Babbel, Busuu, Memrise, MosaLingua, Lingvist, Clozemaster.
Anki : des flashcards très puissantes et efficaces pour atteindre une masse critique d’environ 1 500 mots de base.
Outils pour vérifier un mot ou une tournure dans de vraies phrases et éviter les faux amis : Reverso Context, WordReference, Linguee.
Pratiques en déplacement, ces méthodes sont centrées sur la compréhension et l’expression orale : Pimsleur, Rocket French, FrenchPod101, Glossika.
Idéaux pour les niveaux intermédiaires afin d’améliorer la compréhension orale : Français Authentique, innerFrench, Coffee Break French.
Plateformes proposant des vidéos et émissions avec sous-titres, ralentis et exercices : Yabla, Lingopie, FluentU, TV5MONDE, Radio France.
Le coût moyen d’un abonnement tourne autour de 10 à 15 €/mois, avec fréquemment des essais gratuits (7 à 14 jours) et des remises importantes.
Hébergement et immersion : pourquoi le choix du logement change tout
Pour un expatrié qui arrive avec un niveau faible ou moyen, le lieu de vie est un facteur majeur de progression – ou de stagnation.
– Famille d’accueil (homestay) Solution privilégiée par les écoles de langue. On partage le quotidien d’une famille française, on pratique la langue au petit déjeuner, au dîner, lors des sorties. C’est la forme d’immersion la plus directe, très efficace si l’on ose parler et écouter.
Pour un long séjour, notamment dans une ville étudiante comme Montpellier, Lyon, Toulouse ou Bordeaux, la colocation avec des francophones est une alternative intéressante. Elle permet d’échapper à un environnement entièrement anglophone et d’être exposé à un français plus informel, souvent parsemé d’argot courant (ex: boulot, coloc, boîte).
– Résidence d’étudiants ou appartement indépendant Plus confortable et parfois nécessaire pour une famille, mais attention au risque de se retrouver entouré uniquement d’étrangers avec qui l’on parle anglais.
Pour exploiter pleinement l’immersion :
– saluer systématiquement (« Bonjour », « Bonne journée », « Au revoir ») ses voisins, commerçants, collègues,
– accepter les activités sociales francophones (apéros, clubs sportifs, associations de parents d’élèves, associations culturelles),
– privilégier les commerces de quartier où l’on retrouve les mêmes visages, plutôt que les grandes surfaces anonymes.
Les tandems linguistiques et échanges : parler avec de « vrais gens » sans ruiner son budget
Même avec un bon cours et un tuteur, un expatrié gagne beaucoup à multiplier les conversations informelles avec des Français. Les plateformes d’échange linguistique facilitent ce type de rencontre :
Découvrez les principales plateformes et événements pour pratiquer une langue avec des locuteurs natifs, en ligne ou en présentiel en France.
Application très populaire avec plus de 54 000 membres en France et 500 000 visiteurs mensuels. Filtres par ville, langue, âge et format (texte, audio, vidéo, rencontre).
HelloTalk, Speaky, My Language Exchange, Conversation Exchange et InterPals. Ces plateformes regroupent des millions d’utilisateurs et sont en grande partie gratuites.
Organisés via Meetup, BlaBla Language Exchange, les Alliances Françaises, Instituts Français ou cafés linguistiques dans de nombreuses villes françaises.
Pour éviter les échanges bancals où l’on parle surtout anglais, il est utile de poser quelques règles simples :
– minuter le temps dans chaque langue (par ex. 30 min uniquement en français, puis 30 min dans la langue de l’autre),
– préparer à l’avance des thèmes liés à la vie en France (logement, école, travail, transports, actualité locale),
– noter après chaque séance quelques expressions utiles rencontrées dans la bouche d’un natif.
Les recherches pédagogiques montrent que ce type de pratique active est bien plus efficace que de simples révisions passives.
Français général, français de survie, français pro : adapter sa stratégie à son projet
Un point souvent négligé : tous les expatriés n’ont pas les mêmes besoins. Un ingénieur en télécoms, une infirmière, un étudiant en design ou un conjoint « suiveur » n’ont pas besoin du même français au même moment.
Français de la vie quotidienne : priorité absolue les premiers mois
Les premiers mois, l’urgence est souvent la même pour tous :
– se présenter, parler de sa famille, expliquer d’où l’on vient,
– lire un courrier de la mairie ou de l’assurance maladie,
– faire des démarches simples : abonnement téléphonique, médecin généraliste, école des enfants,
– comprendre les annonces dans les transports, au travail, à l’école.
Les niveaux A1-A2 du CECR ciblent déjà ces besoins. On y voit la mise en place :
– des temps de base (présent, passé composé, futur proche),
– des structures essentielles (il y a, c’est, j’ai besoin de…, je voudrais…),
– de la négation (« je ne comprends pas », « je n’ai pas reçu le courrier »),
– du vocabulaire de la famille, du logement, des achats, de la santé de base.
Un objectif réaliste pour un nouvel arrivant motivé est de viser A2 en 6 mois, en combinant :
C’est le nombre de minutes par jour minimum à consacrer à l’écoute ou la lecture en français pour progresser efficacement.
Français professionnel : santé, business et autres secteurs
Une fois la base posée, beaucoup d’expatriés doivent rapidement se spécialiser dans un français sur objectif spécifique (FOS) : santé, business, droit, tourisme, etc.
Santé : un domaine où l’approximation n’est pas permise
Médecins, infirmiers, pharmaciens, thérapeutes, dentistes, vétérinaires… s’exposent à des situations où la précision linguistique est critique (pré‑opératoire, consentement éclairé, urgence, suivi de maladie chronique). Pour eux, il existe :
– des cours dédiés de français médical (souvent à partir d’A2/B1),
– des manuels spécialisés (par ex. Le Français Médical, Communication en Médecine, Manuel de Français Médical),
– des certifications comme TCF Santé ou des DFP Médical,
– des méthodes recommandées comme le shadowing (répéter à voix haute des dialogues médicaux), le jeu de rôle (consultation, passage aux urgences), l’analyse de cas patients en français.
Les cours intensifs pour soignants tournent souvent autour de 100 à 120 heures, modulaires, pour couvrir l’anamnèse, l’examen clinique, l’explication des traitements, les consignes de sécurité, les dossiers.
Business French : codes culturels et vocabulaire du bureau
Pour les cadres, commerciaux, consultants, ingénieurs, juristes ou responsables RH, le français professionnel ne se résume pas à quelques mots techniques.
Il faut appréhender :
– la culture d’entreprise française : hiérarchie, séparation vie pro/vie privée, importance du formel dans les mails et les réunions, codes vestimentaires plus marqués qu’ailleurs,
– le système contractuel : CDI, CDD, temps plein, temps partiel, période d’essai,
– les interactions courantes : réunion (ordre du jour, compte‑rendu, relance), entretien d’embauche, négociation, gestion de conflit.
Un faux pas fréquent : passer trop vite au tutoiement. En France, le « vous » reste la norme dans beaucoup de environnements professionnels, surtout avec sa hiérarchie ou des partenaires externes. Observer les collègues est crucial, tout comme demander explicitement quand basculer au tutoiement.
Des formations spécialisées en français des affaires proposent souvent :
– des scénarios réalistes (appels téléphoniques, présentation PowerPoint, pitch projet, visite client),
– un lexique structuré (types d’entreprises, services, postes, comptabilité, RH, marketing),
– des modules sur la rédaction professionnelle (mails, rapports, propositions commerciales).
Pour qui vise un poste à responsabilité en France, un niveau B2 solide est considéré comme un minimum, un C1 offrant un vrai confort.
Officiellement prouver son niveau : DELF, DALF, TCF, TEF
Pour une inscription universitaire, un projet d’immigration secondaire (Canada, Québec) ou certaines professions réglementées, il ne suffit pas de dire « Je parle bien français ». Il faut un score officiel aligné sur le CECR.
Les principaux examens :
| Examen | Niveaux couverts | Particularités utiles pour expatriés |
|---|---|---|
| DELF | A1 à B2 | Diplômes officiels, très reconnus, avec version Junior pour les ados |
| DALF | C1 et C2 | Pour les niveaux avancés, précieux pour université, postes qualifiés |
| TCF | A1 à C2 | Test standardisé utilisé par administrations, parfois modules spécifiques |
| TEF & TEF Canada | A1 à C2 | Indispensable dans certaines démarches d’immigration, notamment Canada |
Les écoles françaises proposent des préparations dédiées, souvent intensives, pour se familiariser avec :
L’examen évalue les compétences en compréhension orale/écrite et en expression écrite/orale individuelle. La correction se base sur la cohérence, la richesse lexicale et la précision grammaticale. Une bonne gestion du temps est cruciale pour réussir toutes les parties.
Certains établissements exigent un volume horaire minimum (par ex. 30 leçons par semaine). Pour des candidats déjà B2 qui cherchent juste à se préparer au format, il existe aussi des stages courts plus légers.
Apprendre gratuitement ou à petit budget : ressources publiques et autoformation
Vivre en France donne accès à toute une galaxie de ressources gratuites ou quasi gratuites :
Pour pratiquer et améliorer votre français, tournez-vous vers les médias francophones (Radio France, France 24, TV5MONDE, journaux gratuits, sites comme 1jour1actu). Utilisez les bibliothèques et médiathèques municipales pour accéder à des livres, BD et DVDs. Explorez les plateformes institutionnelles comme QIOZ (selon votre région) ou les sites éducatifs de TV5MONDE et RFI. Enfin, profitez de l’offre abondante de chaînes YouTube pédagogiques (Français Authentique, Easy French, etc.) et de podcasts adaptés à tous les niveaux.
Le vrai défi n’est pas le manque de matériel, mais le tri. Pour ne pas se perdre, une bonne stratégie est de se construire un petit écosystème fixe :
– 1 appli de vocabulaire (Memrise / Anki / MosaLingua),
– 1 ou 2 chaînes YouTube adaptées à son niveau,
– 1 podcast régulier,
– 1 dictionnaire/outil de contexte (WordReference, Reverso),
– 1 tuteur ou cours hebdomadaire pour corriger la trajectoire.
Construire une routine quotidienne (réaliste) quand on travaille ou qu’on a une famille
Les recherches en didactique des langues et en psychologie cognitive convergent : la régularité prime sur la quantité ponctuelle. Pour un expatrié pris par le travail, la famille et l’administratif, il est souvent plus efficace d’installer de petits rituels quotidiens que de viser de grandes plages d’étude irréalistes.
Exemple de routine de 20–30 minutes par jour : 1. Échauffement (5 minutes) : étirements et exercices légers. 2. Cardio (10 minutes) : course, vélo ou saut à la corde. 3. Renforcement musculaire (10 minutes) : pompes, squats et abdos. 4. Refroidissement (5 minutes) : étirements pour détendre les muscles.
– 5 minutes Tenir un mini‑journal en français : trois phrases sur sa journée ou ses objectifs. On consolide la grammaire de base et le vocabulaire personnel.
Pour pratiquer la compréhension orale, écoutez un podcast comme innerFrench, Français Authentique ou Coffee Break French, ou une vidéo YouTube, avec ou sans sous-titres en français. L’objectif principal est de se concentrer sur la compréhension globale du contenu, sans chercher à tout saisir dans le détail.
– 5–10 minutes Réviser du vocabulaire via Anki, Memrise ou une autre appli SRS. On consolide les mots rencontrés dans la journée ou lors des cours.
Au‑delà, chaque expatrié peut « franciser » ses temps morts :
– écouter la radio en voiture (France Inter, France Info…),
– mettre les sous‑titres français sur Netflix ou YouTube,
– suivre quelques créateurs de contenus francophones sur les réseaux (humour, voyage, cuisine, histoire…),
– bascule son téléphone et ses applis en français dès que possible.
Les obstacles classiques de l’expatrié… et comment les contourner
Même motivé, on se heurte à des difficultés typiques :
– La peur de parler et de faire des fautes Très fréquente chez les adultes, surtout en contexte professionnel. Le CECR insiste pourtant sur l’approche actionnelle : le but est de faire des choses avec la langue, pas d’être parfait. Il est utile de se rappeler qu’un français approximatif mais actif permet davantage d’intégration qu’un français « parfait sur papier » jamais utilisé.
– La grammaire qui paraît « sans fin » Conjugaisons, accords, subjonctif, conditionnel, discours indirect… La clé est de hiérarchiser :
– d’abord les temps utiles au quotidien (présent, passé composé, futur proche, imparfait),
– puis, quand le besoin apparaît, les structures plus avancées (subjonctif, conditionnel, discours rapporté).
Pour surmonter les difficultés de compréhension lors de conversations rapides, même en immersion en France, il est recommandé d’utiliser régulièrement des ressources spécifiques. Des méthodes comme Pimsleur, Rocket French ou Speechling, ainsi que des plateformes vidéo proposant un ralenti et des sous-titres (comme Yabla, Lingopie ou FluentU), sont particulièrement efficaces pour entraîner l’oreille et s’habituer au rythme naturel de la langue.
– Le plateau de progression Après A2/B1, nombreux sont ceux qui ont l’impression de « ne plus progresser ». C’est souvent le moment de :
– diversifier les entrées (lire des romans simples, écouter des émissions, suivre une série),
– augmenter la part de production (écrire plus, parler plus, se lancer des défis publics : présentations, explications à des collègues),
– se fixer un nouvel objectif clair (DELF B2, changement de poste, animation d’une réunion, etc.).
Cas particulier : étudier ou travailler en France à l’université ou dans un secteur très qualifié
Pour les étudiants internationaux, un passage par le B2 ou C1 est souvent obligatoire pour intégrer un cursus francophone. La même exigence touche de nombreux métiers hautement qualifiés : enseignement, diplomatie, négociation internationale, certaines fonctions juridiques ou médicales.
En pratique, cela signifie :
Atteindre le niveau C1 depuis un niveau débutant nécessite un investissement substantiel, estimé entre 700 et 950 heures de travail cumulé. Ce niveau se caractérise par la maîtrise de compétences académiques et professionnelles avancées, notamment la compréhension de textes longs et denses (articles scientifiques, rapports, essais), la rédaction argumentative (dissertations, mémoires, rapports) et la prise de parole structurée (exposés, soutenances, réunions complexes).
Dans ces cas, un simple cours général ne suffit plus. Il est recommandé de : s’adapter aux besoins spécifiques des apprenants.
– suivre des modules ciblés (écrit académique, présentation orale, discours argumenté),
– faire corriger régulièrement des textes par des professeurs ou tuteurs spécialisés,
– s’entraîner aux formats d’examens universitaires français (commentaire composé, dissertation, exposé structuré).
Intégration culturelle : la langue comme porte d’entrée, pas comme fin en soi
Apprendre le français en vivant en France, ce n’est pas seulement accumuler des mots et des points de grammaire. C’est aussi comprendre ce qui se joue derrière certaines pratiques :
– La longueur des déjeuners au travail, les congés et jours fériés, la valeur accordée à la vie privée.
– Les formes de politesse : dire « Bonjour » en entrant dans un commerce, « Au revoir » en sortant, remercier systématiquement.
– Le fonctionnement des associations, des parents d’élèves, des voisinages (fêtes d’immeuble, fêtes de village…).
Participer à cette vie locale – clubs de sport, associations culturelles, ateliers cuisine, bénévolat, fêtes de quartier – donne au français une fonction vivante et accélère l’ancrage de la langue.
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Apprendre la langue locale en France est un projet exigeant mais profondément structurant pour la vie d’expatrié. Le CECR offre une boussole claire pour se situer et avancer. Les écoles de FLE, les tuteurs en ligne, les applis et les échanges linguistiques donnent les outils. Reste à les assembler en un système cohérent, aligné sur ses objectifs concrets (travailler, étudier, soigner, élever ses enfants ici) et nourri par une immersion volontaire dans la société française.
Ce n’est pas la France qui manque de ressources pour apprendre le français. Ce qui fait vraiment la différence, c’est la combinaison de trois éléments : un cap précis, une pratique quotidienne, et une présence réelle dans la vie locale. Avec ces trois piliers, la langue cesse d’être une barrière pour devenir votre principale alliée dans votre nouvelle vie en France.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait s’installer fiscalement en France après plusieurs années passées à l’étranger, afin d’optimiser sa charge imposable tout en sécurisant ses revenus et en conservant ses liens familiaux. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs schémas de retour (résidence en région parisienne, littoral atlantique, Sud-Est), la stratégie retenue a consisté à cibler une région à fiscalité locale modérée et coût de vie inférieur à Paris, tout en tirant parti des conventions fiscales françaises et des dispositifs favorables aux retraités (arbitrages entre pensions, rentes, assurance-vie, PEA). La mission a inclus : audit fiscal pré-réinstallation (risques de double résidence, régularisation d’avoirs étrangers), choix du lieu de résidence principale, affiliation au régime français d’assurance maladie, transfert de la résidence bancaire, plan de reconstitution ou de rupture des liens fiscaux avec l’ancien État de résidence, et restructuration patrimoniale (donations, démembrement, assurance-vie). Cet accompagnement lui permet de réduire sensiblement sa fiscalité globale, de préparer sa transmission, tout en maîtrisant les risques de contrôle et de double imposition.
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