Les soins de santé pour les expatriés à Monaco

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en tant qu’expatrié en Principauté fait rêver pour son cadre de vie, sa sécurité et son climat fiscal. Mais derrière les façades luxueuses et les yachts, une question très terre à terre se pose vite : comment fonctionne concrètement le système de santé pour les étrangers qui vivent à Monaco, et combien cela coûte-t-il en pratique ?

Bon à savoir :

La Suisse possède l’un des systèmes médicaux les plus performants au monde, mais il est également très onéreux sans une assurance adéquate. Il est crucial de comprendre son fonctionnement, incluant les caisses sociales, les assurances privées, les hôpitaux publics et les cliniques haut de gamme, avant de s’installer dans le pays.

Un système de santé compact mais ultra-performant

Pour un territoire minuscule, Monaco affiche des indicateurs de santé impressionnants. La densité médicale frôle les 8,9 médecins pour 1 000 habitants – l’une des plus élevées d’Europe – et l’espérance de vie dépasse largement la moyenne européenne, autour de 86 ans pour les hommes et plus de 93 ans pour les femmes selon les cohortes étudiées. La population est souvent décrite comme parmi les plus en bonne santé du continent.

Attention :

Cette performance repose sur un système mixte public‑privé. Le socle est la protection sociale gérée par les Caisses Sociales de Monaco (CSM), aussi appelées Caisse de Compensation des Services Sociaux (CCSS) ou, pour certaines catégories, Service des Prestations Médicales de l’État (SPME). Autour de ce socle gravitent plusieurs hôpitaux et cliniques privés, très spécialisés et largement tournés vers une clientèle internationale et aisée.

Les infrastructures médicales sont modernes, bien équipées et orientées vers la haute technicité : cardiologie de pointe, chirurgie thoracique, oncologie, gériatrie, médecine du sport, dialyse… La Principauté attire d’ailleurs une part non négligeable de patients étrangers, à tel point qu’environ 20 % de la patientèle relève du tourisme médical selon certaines estimations.

L’autre caractéristique clé, que les expatriés doivent avoir en tête : Monaco ne fait pas partie de l’Union européenne. Cela signifie que les cartes européennes d’assurance maladie (EHIC) ou leurs équivalents britanniques (GHIC) n’y ont aucune valeur. De même, la célèbre carte vitale française ne fonctionne pas dans la Principauté.

Caisses Sociales de Monaco : le pilier public

Pour tout résident qui travaille à Monaco, la porte d’entrée du système de santé est la CSM. L’adhésion y est obligatoire pour tous les salariés et travailleurs indépendants autorisés à exercer en Principauté, qu’ils soient monégasques, frontaliers ou expatriés.

Le financement repose sur une logique de cotisations sociales. Côté chiffres, les bases évoquées par les différents textes sont les suivantes : l’employeur supporte une part importante de la charge sociale (environ un quart de la masse salariale pour l’ensemble des risques), tandis que la contribution du salarié pour l’assurance maladie avoisine les 15 % du salaire brut, via la fiche de paie. Dans les faits, lorsque l’on ramène cela au coût individuel, la couverture publique revient en moyenne entre 100 et 300 € par mois selon la situation.

L’inscription n’est pas automatique du point de vue du salarié : l’employeur doit enregistrer chaque nouveau collaborateur auprès de la CSM. Une fois affilié, l’assuré se voit attribuer un numéro et une carte de Sécurité sociale monégasque, qui sera utilisée pour tous les remboursements.

Qui peut bénéficier de la couverture publique ?

La philosophie est proche de celle du système français, mais avec des particularités importantes pour les étrangers.

Ont droit à la prise en charge par les caisses sociales :

Bénéficiaires du système de santé monégasque

Le système de santé de Monaco offre une couverture à un large éventail de personnes résidant ou travaillant en Principauté, garantissant un accès aux soins.

Salariés et travailleurs indépendants

Les salariés employés en Principauté (y compris expatriés) et les travailleurs indépendants affiliés au régime monégasque.

Résidents et fonctionnaires

Les résidents de longue durée qui cotisent, ainsi que les fonctionnaires et agents de l’État et de la Commune via le SPME.

Retraités et bénéficiaires de fonds

Les retraités de la fonction publique résidant à Monaco et les bénéficiaires de certains fonds (accidents du travail, chômage…).

Personnes en situation vulnérable

Les personnes vulnérables (retraités modestes, chômeurs, personnes atteintes de pathologies lourdes, femmes en congé maternité), même avec des ressources limitées.

Les ayants droit sont également couverts : conjoint sans activité ni droits propres, enfants à charge, dans la limite d’âge fixée (21 ans, voire 28 ans pour des études supérieures, sous conditions d’occupation du foyer). Particularité utile pour certains expatriés frontaliers : les enfants peuvent être résidents soit à Monaco, soit dans les Alpes‑Maritimes françaises, tant que l’assuré reste chef de foyer.

Les Français et Italiens bénéficient d’accords bilatéraux : ils peuvent accéder à la prise en charge publique en Principauté, à condition de prouver qu’ils cotisent régulièrement au régime obligatoire de leur pays d’origine. À l’inverse, un visiteur non assuré devra régler intégralement ses soins, même dans le public.

Étendue des soins pris en charge

Le panier de soins couvert par les caisses sociales est large. Il inclut notamment :

Exemple :

La Sécurité Sociale prend en charge une large gamme de soins, incluant les consultations de médecine générale et spécialistes (cardiologie, dermatologie, etc.), les hospitalisations et interventions chirurgicales, ainsi que les médicaments prescrits. Elle couvre également le suivi de grossesse et l’accouchement, la rééducation, certains traitements dentaires, et de nombreux examens de prévention comme les dépistages du cholestérol, du diabète, des cancers, du VIH, des hépatites, de l’ostéoporose ou des addictions.

Le fonctionnement est de type remboursement. Dans la grande majorité des cas, le patient règle d’abord la facture au médecin, au laboratoire ou à la pharmacie, puis se fait rembourser tout ou partie par la CSM. Le taux standard s’établit à 80 % du tarif de référence, laissant à la charge de l’assuré un ticket modérateur de 20 %.

Ce taux peut toutefois monter à 100 % dans plusieurs situations : certains bénéficiaires (fonctionnaires remplissant des conditions d’ancienneté, retraités de la fonction publique résidents, etc.), actes lourds dépassant un certain montant, hospitalisation pour des pathologies graves, grossesse à partir du sixième mois, soins liés à des accidents du travail, prise en charge de certains handicaps, traitements orthodontiques spécifiques, vaccins (grippe pour les plus de 65 ans), transports en ambulance pour des soins reconnus, etc.

Cartes verte, rose et « bulle » : des tarifs modulés

Pour les expatriés, la notion la plus déroutante est souvent celle des cartes de santé délivrées par la CCSS. Il ne s’agit pas de niveaux de remboursement différents, mais de niveaux de tarifs autorisés chez les praticiens conventionnés.

On distingue trois grands types de carte, attribués en fonction des ressources, de la situation familiale et de l’âge :

Type de cartePolitique de tarifs chez le praticienExemple de prix consultation généralisteExemple de prix consultation spécialiste
Carte verteTarifs conventionnels obligatoires34,10 €45,60 €
Carte roseJusqu’à +20 % au‑dessus du tarif40,92 €54,72 €
Carte « bulle »Honoraires libresVariable, libreVariable, libre

Dans tous les cas, le remboursement se calcule en pourcentage du tarif de référence, pas des dépassements d’honoraires. La carte influe donc surtout sur le reste à charge pour le patient. Cette mécanique explique l’importance, pour les expatriés, de coupler la CSM avec une assurance complémentaire solide.

Hospitalisation : tiers payant, co‑paiement et exceptions

En cas d’hospitalisation en secteur public à Monaco ou dans les hôpitaux publics des Alpes‑Maritimes (Nice, par exemple), le système est plus souple : pour les séjours de moins de 30 jours, le patient n’avance pas la totalité des frais. Il ne règle généralement que le ticket modérateur et, s’il le souhaite, un supplément pour chambre privée. Les détenteurs de carte verte peuvent même être dispensés de ce co‑paiement pour certains séjours.

Astuce :

Pour les séjours plus longs ou les interventions lourdes, des régimes de prise en charge à 100 % existent. Cependant, ils requièrent souvent des démarches spécifiques, telles que l’obtention d’un accord préalable du médecin‑conseil et la codification correcte de l’acte médical.

Dès que l’on bascule dans le secteur privé, la logique change : hors accords de tiers payant, la clinique exige un règlement intégral en amont – frais médicaux, nuitées, bloc opératoire – puis l’assuré cherche lui‑même le remboursement auprès de la CSM et de sa mutuelle. Comme les tarifs des cliniques peuvent être bien supérieurs aux bases de remboursement, l’addition finale pour le patient mal assuré peut se révéler spectaculaire.

L’hôpital public : le Centre Hospitalier Princesse Grace

Au cœur du dispositif se trouve le Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG), seul grand hôpital public de la Principauté. Cette structure, fondée au début du XXe siècle, est aujourd’hui un établissement généraliste ultramoderne d’environ 600 lits, doté d’un plateau technique complet :

service d’urgences ouvert 24 h/24, 7 j/7,

– réanimation et soins intensifs,

– chirurgie générale et spécialisée,

cardiologie et chirurgie cardiaque (en lien avec le Centre cardio-thoracique),

– obstétrique et maternité,

– pédiatrie et néonatologie,

– oncologie et radiothérapie,

– gériatrie (avec le Centre Rainier III),

– médecine du sport, imagerie avancée (IRM, scanner, radiologie interventionnelle), etc.

24

Le CHPG assure une prise en charge médicale urgente pour toute personne, 24 heures sur 24.

L’établissement héberge aussi un service de check‑up VIP très couru auprès d’une clientèle internationale. Des bilans complets y sont proposés, avec des tarifs avoisinant les 2 000 à 4 000 € selon la formule, et un service très personnalisé.

Le CHPG travaille en étroite liaison avec les grands centres de Nice et Marseille ; la restructuration de l’hôpital vise d’ailleurs à renforcer ces complémentarités, par exemple pour certains types de chirurgie ou de cancérologie.

Un tissu dense de cliniques privées haut de gamme

Pour des expatriés fortunés habitués aux standards des meilleures cliniques internationales, Monaco offre un réseau privé particulièrement développé compte tenu de sa taille. On y retrouve plusieurs établissements emblématiques :

Établissements de santé à Monaco

Monaco abrite plusieurs centres médicaux et cliniques privés de renommée internationale, spécialisés dans des domaines variés allant de la chirurgie de pointe aux soins de confort.

Cardiothoracic Center of Monaco

Centre mondialement reconnu pour la chirurgie cardiaque et thoracique, y compris sur les enfants atteints de cardiopathies congénitales.

Rainier III Centre de gérontologie clinique

Référence pour la prise en charge globale des personnes âgées, avec une forte dimension de soins de longue durée et de mémoire.

Monaco Institute for Sports Medicine and Surgery (IM2S)

Haut lieu de la médecine du sport et de la chirurgie orthopédique, très fréquenté par les athlètes professionnels et amateurs fortunés.

Polyclinique de Monaco

Centre médical privé proposant consultations de généralistes, spécialistes et examens de diagnostic.

Cliniques spécialisées

Cliniques de Monte‑Carlo, du Louvre, Mère et Enfant, du Métropole, de la Colline, de la Costa, du Parc, etc., souvent positionnées sur des créneaux de chirurgie programmée, obstétrique, soins esthétiques ou médecine de confort.

Ces structures offrent en général :

Bon à savoir :

L’hospitalisation dans un établissement privé offre plusieurs bénéfices majeurs : un environnement hôtelier très confortable avec des chambres individuelles ou des suites, des délais d’attente réduits pour les interventions, une grande discrétion assurée, et un accès facilité à des techniques médicales de pointe comme la chirurgie robotique ou l’imagerie avancée.

Mais ce niveau de prestation a un prix. Quelques ordres de grandeur tirés des différentes sources donnent la mesure :

Type d’acte / séjourOrdre de prix en secteur publicOrdre de prix en secteur privé
Consultation généraliste34,10 – 40,92 € (tarifs CCSS)50 – 100 €, voire jusqu’à ~85 € les 15 min
Consultation spécialiste45,60 – 54,72 € (tarifs CCSS)150 – 400 €
Nuit d’hospitalisation600 – 1 200 € / nuit1 000 – 2 500 € / jour, > 2 800 € parfois
Accouchement (forfait)5 000 – 10 000 €encore plus élevé en clinique haut de gamme
Consultation dentaire~150 €>150 € selon actes
Check‑up privé complet1 850 – 2 200 € (enfants/adultes)~4 000 € pour les bilans VIP CHPG

Pour des chirurgies programmées (prothèse de hanche ou de genou, réparation de la coiffe des rotateurs…), les devis peuvent atteindre entre 6 000 et plus de 11 000 € pour l’acte seul, sans compter le séjour.

En matière de chirurgie esthétique, la Principauté concentre un grand nombre de cliniques spécialisées proposant implants mammaires (3 300–3 800 €), lifting (3 900–4 300 €), rhinoplastie (3 000–3 400 €), chirurgie bariatrique (5 200–6 400 €), etc. Ces interventions, non prises en charge par la CSM, reposent quasi exclusivement sur le paiement privé ou des assurances très haut de gamme.

Assurance santé : une obligation légale et une nécessité financière

Pour un expatrié, la première règle est simple : l’assurance santé est obligatoire pour tout résident. C’est une exigence de la loi monégasque, mais aussi une condition pour l’obtention du titre de séjour.

Deux grands cas de figure se présentent.

Expatriés salariés à Monaco

Le salarié est automatiquement affilié au régime public via son employeur. Ses cotisations et celles de son entreprise alimentent la CSM, qui lui ouvre droit aux remboursements. Sa famille peut être déclarée comme ayant droit si elle ne dépend pas d’un autre régime.

En pratique, une très grande majorité de ces résidents complètent cette protection par une assurance complémentaire – ou mutuelle – privée, souvent incluse dans leur package salarial. Objectif : couvrir les 20 % de ticket modérateur, les dépassements d’honoraires, les frais de chambre particulière, et surtout l’accès plus large au secteur privé.

Expatriés sans emploi local ou inactifs fortunés

Pour les personnes qui viennent s’installer à Monaco sans travailler sur place – rentiers, entrepreneurs gérant leurs affaires à distance, retraités aisés –, la situation est différente. N’ayant pas de contrat de travail ouvrant l’affiliation à la CSM, ils doivent justifier d’une assurance privée valable à Monaco pour obtenir leur carte de résident.

Dans le cadre de la procédure de résidence, les autorités demandent :

– une preuve de ressources suffisantes,

– un justificatif de logement (bail d’au moins 12 mois ou titre de propriété),

– un casier judiciaire vierge,

– et une attestation d’assurance santé couvrant, au minimum, les risques essentiels en Principauté.

Pour ces profils, les assureurs recommandent des contrats d’assurance santé internationale couvrant :

hospitalisation et chirurgie,

soins courants (consultations, examens),

pharmacie,

– parfois dentaire et optique,

évacuation sanitaire et rapatriement,

– et, de plus en plus, prise en charge de la santé mentale.

Les primes varient fortement selon l’âge, l’état de santé et le niveau de garantie choisi. Les données rassemblées indiquent des fourchettes d’environ 200 à plus de 600 € par mois pour un contrat privé de bonne qualité, certaines offres d’entrée de gamme démarrant autour de 74 € mensuels pour des garanties limitées.

Les principaux acteurs de l’assurance pour expatriés

Le marché monégasque est naturellement dominé par des géants de l’assurance internationale. Parmi les noms qui reviennent le plus souvent pour les expats :

April International (plans Emergency, Formule Basic, Essential, Comfort, Premium),

AXA (gammes Foundation, Standard, Comprehensive, Prestige, Prestige Plus),

Allianz Care (Allianz Care, Care Plus, Care Pro),

IMG (niveaux Bronze, Silver, Gold, Platinum),

Mondassur (Gold Nomad Expat, Gold Expat Access, Gold Expat Safe, Gold Expat Premium),

Bupa Global (Major Medical, Select, Premier, Elite),

MSH, Foyer Global Health, et d’autres.

Beaucoup de résidents passent par des courtiers spécialisés comme Pacific Prime ou Mondassur, capables de comparer des dizaines de milliers de combinaisons de garanties selon les besoins (zone géographique, franchises, plafond d’indemnisation, options dentaire/optique, maternité, etc.).

Les critères de choix majeurs pour un expatrié incluent :

la couverture de l’hospitalisation à 100 %,

l’accès au secteur privé monégasque,

– l’option de rapatriement médical,

– la prise en charge de pathologies préexistantes (souvent exclues ou limitées),

– les plafonds pour dentaire et optique,

– la présence ou non de délais de carence.

Naviguer dans le système au quotidien

Une fois installé et assuré, le principal enjeu pour un expatrié est d’apprendre à « lire » un système très performant mais dense sur le plan administratif.

S’inscrire et choisir son médecin traitant

La première démarche consiste à :

1. obtenir sa carte de sécurité sociale monégasque (via l’employeur ou, pour certains profils, via le SPME ou la caisse d’indépendants), 2. choisir un médecin traitant (« médecin référent ») affilié au système.

Ce généraliste sera le premier point de contact pour la plupart des problèmes de santé. Il pourra :

assurer le suivi courant (pathologies bénignes, renouvellement de traitements),

coordonner les examens de prévention,

orienter vers les spécialistes et hôpitaux quand nécessaire.

En théorie, passer par ce canal optimise les remboursements, comme en France, même si le système monégasque est un peu plus souple sur les parcours de soins.

La recherche de médecins peut se faire via :

les listes officielles (sites des autorités, service « Monalis »…),

les annuaires de l’Ordre des médecins,

le bouche‑à‑oreille auprès de la communauté expatriée.

Bon à savoir :

Pour les patients non-francophones, de nombreux médecins parlent anglais et/ou italien, ce qui simplifie la relation de soin et les échanges lors des consultations.

Rendez-vous, urgences et médecine de garde

Les consultations se prennent par téléphone ou via des plateformes en ligne, selon les cabinets. Les délais d’attente sont en général plus courts que dans de nombreux pays européens, en raison de la forte densité médicale.

Pour les urgences vitales, le réflexe reste le même :

– composer le 112 depuis un mobile,

– contacter selon la situation le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 17 (police),

– ou se rendre directement aux urgences du CHPG.

La Principauté dispose aussi d’une organisation de médecins de garde et de pharmacies de garde pour les nuits et week‑ends. Un numéro unique, le 116 117, permet d’être orienté vers un médecin disponible ou de connaître la pharmacie ouverte la plus proche.

Médicaments et pharmacies

Le réseau pharmaceutique est dense pour un si petit territoire : 16 officines, identifiées par la traditionnelle croix verte, couvrent Monaco. Les horaires sont généreux (souvent de 8 h 30 à 12 h 30 puis de 14 h 30 à 19 h en semaine, heures variables le samedi), avec un système de garde permettant une ouverture 24 h/24 à tour de rôle.

Le fonctionnement se rapproche de celui de la France :

– certains médicaments sont en vente libre,

– d’autres exigent une ordonnance d’un praticien habilité,

– les prescriptions sont généralement valables 6 mois,

– un même traitement ne peut être délivré que pour un mois de prise, sauf exception (voyage à l’étranger, etc.),

– des génériques peuvent être substitués au princeps, sauf mention contraire du médecin.

Pour demander un remboursement à la CSM, les patients doivent :

fournir la feuille de soins éditée par le pharmacien,

coller les vignettes des boîtes de médicaments,

joindre l’ordonnance,

puis déposer ou envoyer l’ensemble à la caisse compétente.

Côté prix, Monaco n’est pas forcément plus cher que la Côte d’Azur pour le poste médicament : un traitement pour un rhume tourne autour de 11 €, une boîte d’antibiotiques environ 17 €. Mais, là encore, sans assurance, la répétition de ces dépenses peut peser.

À l’hôpital, les médicaments administrés pendant le séjour sont en revanche pris en charge dans le forfait d’hospitalisation.

Focus coûts : à quoi s’attendre quand on est expatrié ?

Même bien assuré, il est utile d’avoir des ordres de grandeur pour éviter les mauvaises surprises, en particulier si l’on hésite entre public et privé.

Le tableau ci‑dessous synthétise les fourchettes de prix les plus fréquemment citées pour un résident disposant d’une couverture classique :

Poste de dépenseMontant indicatif (avant remboursement)
Consultation généraliste (public, carte verte)34,10 €
Consultation généraliste (public, carte rose)40,92 €
Consultation généraliste (privé)50 – 100 €, voire plus selon notoriété
Consultation spécialiste (public, carte verte)45,60 €
Consultation spécialiste (public, carte rose)54,72 €
Consultation spécialiste (privé)150 – 400 €
Nuit d’hospitalisation public600 – 1 200 €
Nuit d’hospitalisation privé1 000 – 2 500 € / jour, parfois > 2 800 €
Accouchement5 000 – 10 000 €
Consultation dentaireEnviron 150 €
Implant dentaireEnviron 2 000 €
Check‑up complet (adulte)2 200 € environ
Check‑up VIP CHPGAutour de 4 000 €

Pour un expatrié non affilié à la CSM et mal couvert par une assurance internationale, un séjour de quelques jours en clinique privée peut donc très rapidement se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Spécialités médicales et prise en charge des pathologies lourdes

Au‑delà de la médecine générale et des soins courants, Monaco dispose d’un écosystème avancé pour des domaines de pointe qui concernent particulièrement les expatriés plus âgés ou les sportifs de haut niveau.

Cardiologie et chirurgie cardiaque

Le Centre cardio-thoracique de Monaco et les services de cardiologie du CHPG assurent la prise en charge complète :

coronarographie, angioplastie, stenting,

pontages et chirurgies valvulaires,

chirurgie de l’aorte thoracique,

traitement des troubles du rythme,

chirurgie des cardiopathies congénitales chez l’enfant, en lien avec des équipes internationales.

Cette expertise attire une patientèle du monde entier. Pour un expatrié, il est délicat d’imaginer assumer de telles interventions sans couverture robuste : les coûts bruts se chiffrent très vite en dizaines de milliers d’euros.

Oncologie et traitements du cancer

La Principauté a fortement investi dans la cancérologie : programmes de dépistage du cancer du sein, du col et colorectal, unités d’hématologie, d’oncologie médicale et de radiothérapie (y compris radiothérapie stéréotaxique), génétique des tumeurs, etc.

Bon à savoir :

Le Centre de coordination en cancérologie (3C) du CHPG organise une prise en charge pluridisciplinaire avec accès à des protocoles modernes (thérapies ciblées, immunothérapie). La Caisse de Sécurité Sociale de Monaco (CSM) peut assurer un remboursement à 100% de nombreux traitements lourds. Les mutuelles complètent pour les dépassements d’honoraires et le confort (ex: chambre individuelle).

Médecine du sport et orthopédie

Pour une population où l’activité sportive et les loisirs de luxe sont très présents, la chirurgie orthopédique et la médecine du sport sont des piliers du dispositif, avec l’IM2S en vitrine.

On y pratique :

arthroscopies du genou, de l’épaule, de la cheville,

réparations de la coiffe des rotateurs (6 000–6 500 € pour l’acte),

prothèses de hanche et de genou (plus de 11 000 € l’intervention),

prise en charge des lésions ligamentaires et tendineuses chez les sportifs.

Ces prises en charge sont intégrées aux systèmes d’assurance, mais, pour les pratiquants intensifs, la tentation de recourir aux meilleurs chirurgiens en secteur privé est forte, ce qui suppose une mutuelle haut de gamme ou une capacité de paiement direct.

Santé mentale et bien‑être psychologique

Souvent négligée dans les préparatifs d’expatriation, la santé mentale fait pourtant l’objet d’une stratégie nationale structurée à Monaco. Le plan « Santé psychologique et bien‑être » déployé sur cinq ans vise à mieux prévenir, repérer et traiter les troubles, de l’adolescence à la vieillesse.

Les expatriés bénéficient de :

services de psychiatrie et psychologie au CHPG,

– unités spécialisées comme La Roseraie (psychiatrie et psychologie médicale),

– centres privés de conseil psychologique,

– lignes d’écoute (par exemple le numéro de soutien psychologique du CHPG),

– associations comme la Croix‑Rouge monégasque ou Fight Aids Monaco offrant un accompagnement ciblé.

La barrière de la langue est relativement limitée : de nombreux thérapeutes consultent en anglais et parfois dans d’autres langues, ce qui est crucial pour parler de sujets intimes.

Les contrats d’assurance internationale prévoient désormais assez souvent des forfaits de psychothérapie, mais avec des limites (nombre de séances, plafonds annuels, nécessité de pré‑autorisation). Un point à vérifier minutieusement dans tout contrat, d’autant plus que la vie d’expat, même dorée, peut générer stress, isolement et pression sociale.

Spécificités à connaître pour éviter les mauvaises surprises

Le tableau peut sembler idyllique, mais quelques points techniques méritent d’être bien intégrés par tout expatrié.

D’abord, la non‑applicabilité des cartes européennes (EHIC/GHIC) : un citoyen de l’UE ou du Royaume‑Uni qui se rend à Monaco ne peut pas compter sur les mécanismes de réciprocité habituels. Sans assurance voyage incluant la Principauté, la facture tombera intégralement sur ses épaules en cas de souci.

Attention :

La logique d’avance de frais s’applique à la plupart des soins de ville : le patient paie d’abord, puis est remboursé après envoi des feuilles de soins. Cela nécessite une trésorerie suffisante ou une carte bancaire au plafond adapté, particulièrement pour les consultations au tarif du secteur privé.

Les dépassements d’honoraires enfin, en particulier avec la carte rose ou la carte « bulle ». La tentation est grande de consulter « le meilleur spécialiste », mais un expatrié non couvert par une mutuelle adaptée peut se retrouver avec des restes à charge très importants.

Dans tous les cas, il est recommandé :

– de demander des devis détaillés pour tout acte lourd ou toute hospitalisation programmée,

– de vérifier auprès de son assurance les modalités de pré‑autorisation pour les interventions importantes,

– de comprendre si la prise en charge se fait en frais réels ou sur une base tarifaire (avec plafond).

Expatriation, résidence et santé : un trio indissociable

Contrairement à certains pays où la question de la santé peut se régler une fois sur place, Monaco l’intègre au cœur même de la procédure de résidence. Pour obtenir un titre de séjour, il faut non seulement prouver :

un logement stable,

des revenus ou une fortune suffisante (souvent matérialisée par un dépôt conséquent sur un compte bancaire monégasque),

un casier judiciaire vierge,

mais aussi une couverture santé valable sur le territoire.

Dans un contexte où le coût de la vie est élevé (loyers, services, alimentation), ignorer ce paramètre reviendrait à fragiliser tout son projet d’expatriation. Les chiffres des primes d’assurance – de 100–300 € par mois pour le public à 200–600 € pour le privé – peuvent paraître élevés, mais ils doivent être mis en regard de la tarification effective des soins.

En résumé : un système d’exception, à maîtriser avant de s’installer

Les expatriés qui choisissent Monaco bénéficient d’un environnement médical de tout premier plan : densité de médecins exceptionnelle, hôpital public performant, cliniques privées de haut standing, spécialités de pointe en cardiologie, oncologie, orthopédie et gériatrie, sans oublier un effort croissant sur la santé mentale.

Bon à savoir :

Dans un pays sans impôt sur le revenu, la protection sociale repose sur des cotisations et des assurances. Pour les actifs, la CSM (Caisse de Sécurité Sociale de Monaco) offre une base solide, qu’il est nécessaire de compléter par une mutuelle. Pour les inactifs, il est essentiel de souscrire une assurance santé internationale sérieuse, offrant une couverture étendue incluant l’hospitalisation et le rapatriement.

Pour un expatrié, bien se préparer signifie :

intégrer le budget santé (cotisations + mutuelle) dans son plan financier,

– comprendre les mécanismes de remboursement, les cartes CCSS, les différences public/privé,

– anticiper ses besoins spécifiques (maternité, dentaire, optique, santé mentale, maladies chroniques),

– et ne jamais se fier à l’illusion que, parce que la Principauté est riche, les soins seront spontanément gratuits.

Monaco offre un système de soins à la hauteur de sa réputation de luxe et d’excellence. Encore faut‑il, pour en profiter pleinement, en maîtriser les règles et accepter qu’ici, plus qu’ailleurs, la qualité médicale va de pair avec une assurance santé irréprochable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale en s’installant à Monaco afin d’optimiser sa charge imposable et de diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, installation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Monaco), la stratégie retenue consiste à cibler Monaco, attirant pour l’absence d’impôt sur le revenu pour les non-Français d’origine monégasque, l’absence d’ISF local et un cadre de vie haut de gamme, sécurisé et très bien connecté à l’Europe. La mission inclut : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence monégasque (dépôt bancaire, bail ou achat de résidence principale), gestion CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques à Monaco), mise en relation avec un réseau local (avocats, banques privées, family offices) et intégration patrimoniale globale (analyse, sécurisation, diversification internationale).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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