Coût de la vie à Monaco pour les expatriés : ce qu’il faut vraiment prévoir

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Monaco fait rêver : climat idyllique, sécurité record, fiscalité ultra favorable et cadre de vie luxueux. Mais derrière la carte postale se cache un fait simple : la principauté est officiellement le pays le plus cher du monde pour y vivre. Pour un expatrié, comprendre le véritable coût de la vie à Monaco n’est pas une option, c’est une condition de survie budgétaire.

Bon à savoir :

Le coût réel de la vie pour un expatrié à Monaco est désormais précisément chiffré grâce au croisement de plusieurs sources : les bases de données Numbeo et Expatistan, les statistiques officielles de Monaco et de la France, ainsi que les données des agences immobilières locales.

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Un niveau de vie parmi les plus élevés de la planète

Monaco est classé 1er sur 197 pays en matière de coût de la vie, avec un niveau de prix environ 6,8 fois supérieur à la moyenne mondiale. Par rapport aux États-Unis, le coût de la vie hors loyer est déjà environ deux fois plus élevé, et si l’on inclut le logement, l’écart grimpe à près de 2,5 fois.

Les estimations globales donnent une première idée de l’ordre de grandeur :

ProfilCoût mensuel total (avec loyer)Coût hors loyerSource / remarque
Célibataire (Monaco City)~6 400 € – 7 600 €~1 000 – 2 300 €Données croisées, montants variables
Famille de 4 personnes~9 400 € – 10 000 €~3 850 – 8 400 €Fort impact du type de logement choisi

Les écarts entre les estimations proviennent des différences de méthodologie et du faible nombre de réponses locales, mais toutes convergent sur un point : vivre à Monaco exige un revenu net très élevé. De nombreux spécialistes considèrent qu’un salaire net mensuel d’au moins 7 000 € est un minimum pour s’y installer sans être constamment sous tension financière.

7400

Le salaire net mensuel moyen après impôts, qui ne couvre pourtant qu’un mois de dépenses.

Le logement, poste de dépense numéro un (et de loin)

Pour un expatrié, le loyer ou le prix d’achat d’un logement représente, de très loin, la charge la plus lourde. Les comparaisons avec la France sont éloquentes : les loyers y sont environ dix fois plus élevés qu’en France, et plus de cinq fois plus élevés qu’aux États-Unis.

Loyers : du très cher au stratosphérique

Les données issues de plusieurs sources se recoupent : un simple appartement d’une chambre atteint des niveaux que l’on retrouve rarement ailleurs dans le monde.

Type de logement (location)Prix mensuel moyen à MonacoPrix mensuel moyen en FranceÉcart approximatif
1 chambre centre-ville~7 355 €~756 €+ ~874 %
1 chambre hors centre~6 981 €~606 €+ ~1 050 %
3 chambres centre-ville~40 900 €~1 410 €+ ~2 800 %
3 chambres hors centre~13 000 €~1 098 €+ ~1 080 %

Certaines estimations plus « basses » évoquent des moyennes autour de 5 900 € pour un T2 en centre et 13 500 € pour un T4 hors centre, mais même ces chiffres illustrent une réalité : louer à Monaco coûte plusieurs milliers d’euros par mois, y compris pour des surfaces relativement modestes.

Pour un expatrié, il est courant d’entendre qu’« un une-pièce correct » tourne facilement à 3 000 € par mois, et dans des quartiers prisés comme Monte-Carlo, un T1 de 40 m² franchit sans difficulté les 7 000 à 9 000 € de loyer mensuel.

Quartiers : le prix au m², un indicateur clé

Le niveau de loyer varie fortement selon les quartiers. Les données par mètre carré permettent de mieux comparer.

Quartier1 pièce (€/m² /mois)2 pièces3 pièces4 pièces5+ piècesMoyenne
Carré d’Or160145165185230190
Larvotto100115115115115
Fontvieille95951301158595
Monte-Carlo809585909590
Condamine80808012080100
Jardin Exotique8585908010585
Moneghetti707080757575

Le Carré d’Or domine clairement, avec un loyer moyen proche de 190 €/m² par mois, et des biens familiaux (5 pièces et plus) qui montent à 229–230 €/m². À l’autre bout du spectre, Moneghetti offre les loyers les plus « abordables » autour de 75 €/m². Pour un 70 m² là-bas, on dépasse malgré tout 5 000 € mensuels.

150000

Des villas ou grands appartements dans le Carré d’Or à Monaco peuvent se louer au-delà de 150 000 € par mois.

Marché très tendu, forte demande, rendement locatif limité

Malgré ces montants élevés, les rendements locatifs restent relativement modestes. Les données officielles montrent un rendement brut moyen de 3,26 % au quatrième trimestre 2025 (2,87 % au deuxième trimestre). La rareté du foncier, la pression de la demande internationale et les réglementations strictes maintiennent les prix d’achat très hauts, ce qui compresse les rendements.

Quelques ordres de grandeur illustrent ce paradoxe :

Type de bien (achat)Prix d’achat approximatifLoyer mensuel estiméRendement brut
Studio1 790 000 €3 300 €~2,21 %
1 chambre3 500 000 €6 500 €~2,23 %
2 chambres5 800 000 €14 000 €~2,90 %
3 chambres12 500 000 €30 000 €~2,88 %
4+ chambres29 500 000 €150 000 €~6,10 %

Ces rendements sont en brut : une fois déduits charges, travaux, frais d’agence, éventuelles taxes et vacance locative, le rendement net tombe généralement 1,5 à 2 points plus bas. Pour les expatriés achetant pour habiter plutôt que pour investir, l’enjeu n’est donc pas tant la rentabilité que l’accès à un marché ultra exclusif.

Prix d’achat : un des m² les plus chers du monde

Les chiffres de 2024 donnent un prix moyen d’environ 52 000 € par m² dans la principauté, avec une moyenne de revente autour de 6 millions d’euros par bien. Certaines bases de données internationales, converties en dollars, affichent même des niveaux proches de 78 000 à 82 000 $/m² au centre.

LocalisationPrix moyen au m² (approx.)
Centre de Monaco~78 000 $ (≈ 72 000 €)
Périphérie / « banlieue » monégasque~68 000 $
Centre de Paris (comparaison)~13 400 $

En pratique, dans les secteurs les plus recherchés (Carré d’Or, front de mer), les annonces dépassent régulièrement 50 000 € au m², et peuvent flirter avec les 100 000 € pour des biens d’exception.

Astuce :

Pour un expatrié souhaitant acheter un bien immobilier, il est essentiel de bien se préparer en amont. Cela implique de prévoir et d’anticiper plusieurs aspects cruciaux, notamment les démarches administratives spécifiques au pays, la faisabilité financière (budget, épargne, capacité d’emprunt), la compréhension du marché local et de la réglementation, ainsi que les implications fiscales tant dans le pays d’accueil que dans le pays d’origine.

un apport initial conséquent (classiquement 10 % à la signature du compromis),

des frais de notaire et d’enregistrement autour de 4,5 % à 7,5 % du prix (selon la structure d’achat),

– éventuellement une commission d’agence proche de 3 %.

Les taux de crédit immobilier restent relativement attractifs : autour de 2,8 % à 3,2 % pour des emprunts sur 20 ans selon les sources.

Charges et factures : chères, mais pas délirantes par rapport au logement

Comparé au choc des loyers, les charges courantes paraissent presque raisonnables, même si elles restent largement supérieures aux standards français.

180-330

Pour un appartement d’environ 85 m², les factures mensuelles moyennes d’électricité, chauffage, eau et ordures se situent entre 180 € et 330 €.

L’accès à internet haut débit impliquera un budget supplémentaire non négligeable :

ServiceFourchette mensuelle à MonacoMoyenne observée
Internet fixe ≥ 60 Mbps (illimité)49 – 150 €~68 – 75 €
Forfait mobile (appels + 10 Go+)32 – 80 €~59 €

En résumé, un ménage expatrié doit s’attendre à un « pack » mensuel d’environ 250–400 € pour l’énergie, l’eau et la connectivité (internet + mobiles), niveau nettement plus élevé qu’en France, mais qui pèse bien moins que le loyer.

Se nourrir à Monaco : panier garni, addition salée

L’alimentation fait partie du trio de tête des postes de dépense, surtout si l’on fréquente beaucoup les restaurants. Les comparaisons montrent que les prix de la restauration sont environ 70 % plus élevés qu’en France, et que les courses coûtent 30 à 50 % de plus en moyenne.

Restaurants : du déjeuner simple au dîner gastronomique

Sur place, le déjeuner « de base » dans le quartier d’affaires tourne autour de 23–30 €. Un repas dans un restaurant bon marché se facture souvent entre 15 et 50 €, la moyenne s’établissant vers 25–27 €. Pour un dîner pour deux dans un établissement de gamme moyenne, avec trois plats, il faut compter environ 150 € en moyenne, avec des fourchettes allant facilement jusqu’à 300 € sans les boissons.

Exemple :

Quelques repères : la Révolution française de 1789, la Première Guerre mondiale de 1914-1918, la chute du mur de Berlin en 1989, et la création de l’euro en 1999. Ces dates clés servent de points de référence pour structurer la compréhension des périodes historiques et des évolutions majeures.

Consommation sur placePrix moyen indicatif
Menu midi simple (boisson incluse)~23–30 €
Repas bon marché~26–27 €
Dîner 3 plats pour 2 (mid-range)~150 €
Menu fast-food type McDonald’s~11–12 €
Bière pression (0,5 L)~9–10 €
Cappuccino~4,5–5 €
Soda en café (petite bouteille)~5,5–6 €

Dans les établissements de prestige – dont la principauté ne manque pas – l’addition grimpe selon la créativité du chef. Dans certains gastronomiques, dépasser 250 € par personne est courant.

Courses au supermarché : un surcoût systématique

Les supermarchés (SPAR, Carrefour, Casino, Intermarché, etc.) affichent des prix bien supérieurs à ceux de la grande distribution française.

Comparaison simplifiée sur quelques produits de base :

Produit (environ 1 kg ou unité standard)France (moyenne)Monaco (moyenne)Surcoût approximatif
Pain blanc (500 g – 1 lb)~1,60 €~4,08–4,50 €+150–180 %
Lait (1 L)~1,10–1,20 €*~1,9–2,3 €+60–90 %
Douzaine d’œufs~3,8 €~4,5–6 €+20–60 %
Poulet (filets, 1 kg)~5,5 €~8–17 €+50–200 %
Fromage local (1 kg)~10–12 €~15–20 €+30–80 %
Bouteille de vin milieu de gamme~7 €~12 €+70 %
Eau minérale (1,5 L)~0,7 €parfois > 2–3 €+200–300 %

Conversion approximative de prix au gallon.

Au final, les estimations de dépenses alimentaires mensuelles convergent :

– pour une personne seule : autour de 770–800 $/mois (environ 720–760 €),

– pour une famille de quatre : environ 2 050–2 120 $/mois (près de 1 950–2 000 €).

Pour un couple expatrié sans enfant, un budget courses de 700 à 1 000 € par mois est une base réaliste, hors restaurants.

Transports : poste étonnamment « raisonnable »

Surprise agréable : les transports publics à Monaco sont loin de refléter la flambée des loyers. Le territoire est minuscule (2,8 km²) et on peut le traverser à pied en 45 minutes. Un réseau de bus efficace, des ascenseurs publics, des escalators et des pistes cyclables électriques réduisent la nécessité d’avoir une voiture.

Transports en commun : bus et bateau-bus

Le réseau de bus (Compagnie des Autobus de Monaco) propose des tarifs très doux par rapport au reste du coût de la vie :

Titre de transportTarif indicatif
Ticket simple bus~1,70–2,00 €
Carnet 10 trajets~6,00 €
Pass journalier illimité~3,00 €
Abonnement mensuel~22–27 €

Le bateau-bus électrique qui traverse le port coûte autour de 1–2 € le trajet, avec également des formules à 10 trajets. Pour un expatrié travaillant et vivant dans la principauté, un budget transport en commun de 25–30 € par mois est donc suffisant.

Les dépenses de transport à Monaco sont nettement inférieures à celles de grandes métropoles comme Paris, malgré un carburant plus cher.

Comparaisons internationales

Voiture : l’addition grimpe vite

Posséder une voiture coûte cher, surtout à cause du stationnement, du carburant et de l’achat à l’origine.

essence : environ 2,0–2,2 € le litre (plus cher qu’en France),

Golf ou berline compacte neuve : autour de 38 000–48 000 €,

Toyota Corolla équivalente : entre 35 000 et 42 000 €,

parking résidentiel : souvent 200–400 € par mois,

taxi : prise en charge légèrement supérieure à 5 €, tarif au km entre 1,6 et 2,1 €, avec un minimum de 7,5 à 8,5 €.

Les trajets vers l’aéroport de Nice-Côte d’Azur offrent une bonne illustration des coûts : en taxi, il faut compter environ 82,5 € la course (péage inclus), tandis que le bus express coûte autour de 16–17 € l’aller simple, et l’hélicoptère environ 100–120 € par personne pour un vol de 7 minutes.

École et garde d’enfants : un budget colossal pour les familles

Pour les expatriés avec enfants, la question de la scolarité est centrale. Le système public monégasque est de très bonne qualité et suit le modèle français, mais il est francophone. De nombreux expats optent donc pour une scolarisation internationale, souvent à l’International School of Monaco (ISM) ou dans des établissements voisins de Nice, Valbonne ou Mougins.

Crèche, maternelle et primaire internationale

Les chiffres sont sans appel :

Type de structureFrance (moyenne)Monaco (moyenne)Écart
Crèche privée (mois)~710 €~2 370 €x3,3
École primaire internationale (an)~10 400 €~30 900 €x3

Pour Monaco City, des estimations font état de frais de crèche autour de 2 250 $/mois et de frais de primaire internationale dépassant 38 000–46 000 $ par an.

Attention :

Les frais annuels à l’ISM pour 2024/2025 varient de ~8 900 € (maternelle après-midi) à ~32 800 € (classes 10 à 13). S’y ajoutent des frais d’inscription (250 €), d’enregistrement (1 500 €) et une contribution obligatoire au fonds de développement de 7 000 €, applicable dès la maternelle.

Enseignement supérieur : moins extrême, mais non négligeable

L’International University of Monaco facture, par exemple, autour de 14 800–15 150 € par an pour un BBA, plus diverses contributions (frais associatifs, « IUM for Life Fee »). Les masters et programmes MBA flèchent plus haut (jusqu’à plus de 40 000 € pour certains programmes).

Pour une famille expatriée avec deux enfants en âge scolaire, la scolarité internationale peut rapidement dépasser 60 000 € par an, sans compter les activités périscolaires, les transports et le matériel.

Santé : système performant, coûts élevés et assurance indispensable

Monaco dispose d’un système de santé public performant, étroitement lié au système français, complété par un secteur privé très développé. Pour un expatrié, la santé a deux implications financières majeures :

des cotisations sociales obligatoires si l’on est salarié ou indépendant à Monaco,

la nécessité quasi systématique d’une assurance complémentaire ou internationale pour couvrir les co-paiements, les soins privés et le rapatriement.

Bon à savoir :

Le régime public (Caisses Sociales de Monaco) rembourse généralement 80% des frais médicaux de base, les 20% restants étant à la charge du patient. Les tarifs conventionnés sont élevés : une consultation généraliste coûte environ 34–41 €, tandis qu’un praticien privé peut facturer jusqu’à 85 € pour 15 minutes. Un séjour en secteur privé à l’hôpital dépasse souvent 2 000 € par nuit.

Les primes d’assurance santé privée internationale pour un expatrié varient fortement selon l’âge, l’étendue des garanties et la zone couverte, mais des fourchettes de 200 à 600 € par mois sont fréquentes pour des couvertures correctes. Côté chiffres globaux, certaines analyses estiment que l’assurance santé peut peser autour de 675 $ par mois en moyenne à Monaco, contre 70 $ en France.

Pour un couple d’expatriés, il est raisonnable de prévoir 400 à 1 000 € par mois pour la santé (cotisations, complémentaire, reste à charge), en fonction de la situation professionnelle et de l’état de santé.

Loisirs, sport et style de vie : le luxe a un prix

Monaco mise fortement sur la qualité de vie : restaurants, bars, yachts, casinos, spas, clubs de sport. Pour un expatrié, les dépenses « discrétionnaires » peuvent exploser si l’on adopte spontanément le train de vie ambiant.

Quelques repères tarifaires :

360–480

C’est le coût mensuel moyen d’un abonnement dans un club de fitness à Monaco, bien au-dessus de la moyenne française.

Pour qui fréquente spas, restaurants chics, bars à cocktails et événements mondains, il n’est pas difficile de dépasser plusieurs centaines d’euros par semaine.

Fiscalité : un paradis sur les impôts, mais un enfer sur les prix

La grande force de Monaco pour les expatriés à hauts revenus est sa fiscalité personnelle presque inexistante :

pas d’impôt sur le revenu pour les résidents (hors ressortissants français, soumis au fisc français),

pas d’impôt sur la fortune,

– pas de taxe foncière ni de taxe d’habitation annuelle sur la propriété,

– pas de taxe sur les plus-values immobilières pour les résidents.

20

Taux standard de la TVA appliqué en principauté, aligné sur celui de la France.

Du point de vue d’un expatrié très fortuné, la logique financière est souvent la suivante : accepter un coût de la vie extrêmement élevé, en particulier sur le logement, en échange d’une absence presque totale d’impôt direct sur le revenu et le patrimoine. Pour des revenus très importants (dirigeants, entrepreneurs, fortunes familiales), le gain fiscal annuel peut largement compenser un budget logement de plusieurs centaines de milliers d’euros par an.

Comparaisons avec d’autres grandes villes

Pour mesurer ce que représente Monaco, les comparaisons parlent d’elles-mêmes. En incluant le logement, le coût de la vie y est :

Exemple :

Monaco est souvent citée comme l’une des villes les plus chères au monde. Par exemple, son coût de la vie est environ 30 % plus élevé qu’à Paris, mais la principauté elle-même est évaluée à plus de 260 % plus chère que Paris dans certaines études basées sur des loyers extrêmes. Elle est également plus de 50 % plus chère que Dubaï, et 11 à 13 % plus chère que des villes déjà très coûteuses comme Berne ou Honolulu. Enfin, elle est plusieurs fois plus chère que de nombreuses grandes villes émergentes telles que Jakarta, Hangzhou ou Tunis.

Pour un expatrié venant de France, l’effet de choc est particulièrement net : pour retrouver à Monaco le niveau de vie procuré par 10 000 € à Paris, il faudrait disposer d’environ 13 000 € nets. Et encore, en se contentant de surfaces et de prestations souvent plus modestes.

Résidence et exigences financières : un filtre naturel

Accéder au statut de résident monégasque implique non seulement de supporter le coût de la vie, mais aussi de répondre à des critères financiers préalables. Les autorités exigent de démontrer des ressources suffisantes, un logement dans la principauté (achat ou location), une assurance santé et un casier judiciaire vierge. Dans la pratique, les banques monégasques demandent fréquemment un dépôt d’au moins 500 000 €, parfois davantage, pour délivrer l’attestation bancaire utilisée dans les dossiers de résidence.

Bon à savoir :

L’exigence de ressources pour s’installer durablement à Monaco crée un effet de sélection : la majorité des expatriés appartiennent déjà à une catégorie de revenus ou de patrimoine très élevée. Cela explique en partie pourquoi environ un tiers des résidents seraient millionnaires et pourquoi le taux de pauvreté officiel y est nul.

Comment un expatrié peut-il structurer son budget à Monaco ?

Même pour un foyer disposant de revenus élevés, la clé est d’anticiper et de hiérarchiser les postes de dépenses. À partir des données disponibles, on peut esquisser ce que pourrait être un budget mensuel « typique » pour différents profils, en restant raisonnablement à l’aise.

Célibataire cadre supérieur

Loyer (studio ou 1 chambre dans un quartier « moyen ») : 4 000–7 000 €

Charges (eau, électricité, chauffage, internet, mobile) : 250–350 €

Nourriture (courses + quelques restaurants) : 800–1 000 €

Transport (bus, déplacements, taxi occasionnel) : 50–150 €

Santé (complémentaire + reste à charge) : 200–400 €

Loisirs, vêtements, sorties : 500–1 500 €

5800-10000

Le budget mensuel moyen pour un couple retraité en France, selon le niveau de confort, hors épargne.

Couple sans enfant

Loyer (T2 ou petit T3) : 6 000–10 000 €

– Charges + internet + mobiles : 300–450 €

– Nourriture : 1 000–1 400 €

– Transport : 80–200 €

– Santé : 400–800 €

– Loisirs et sorties : 800–2 000 €

Total : 8 500–14 000 € mensuels.

Famille avec deux enfants scolarisés en international

Loyer (T3 ou T4) : 13 000–25 000 € (voire plus selon le quartier)

– Charges : 350–500 €

– Nourriture : 1 800–2 200 €

– Transport : 150–250 €

– Santé : 600–1 200 €

École internationale : 50 000–65 000 €/an, soit 4 200–5 400 €/mois

– Loisirs, vêtements, activités enfants : 1 000–3 000 €

Total : 21 000–37 000 € par mois, pour un niveau de vie confortable mais pas nécessairement ostentatoire.

Ces ordres de grandeur montrent qu’à Monaco, même un revenu net de 20 000 € par mois pour un foyer familial n’offre pas une marge aussi large qu’on pourrait l’imaginer vu de l’extérieur.

Faut-il être riche pour vivre à Monaco ?

La réponse, au vu de tous les chiffres disponibles, est clairement oui. Monaco n’est pas seulement plus cher que Paris, Londres ou New York : c’est un environnement conçu pour des ménages à très hauts revenus ou à très haut patrimoine, qui viennent précisément pour optimiser la fiscalité de ces revenus.

Exemple :

Un expatrié bénéficiant d’une rémunération correcte peut tout à fait vivre dans un pays au coût de la vie élevé, sous certaines conditions. Par exemple, s’il opte pour un logement en périphérie plutôt qu’au centre-ville, s’il adapte son mode de vie aux prix locaux (comme privilégier les transports en commun ou une alimentation locale), ou s’il bénéficie d’avantages complémentaires de son employeur comme une prise en charge partielle du loyer ou des frais de scolarité.

son employeur prend en charge une partie du logement,

– il n’a pas d’enfants à scolariser en international,

– il adopte un style de vie relativement sobre (peu de sorties de luxe, maîtrise des dépenses courantes).

Mais pour la majorité des profils, le cœur du sujet reste le même : la combinaison loyers + scolarité des enfants absorbe très rapidement des sommes considérables.

En résumé : un paradis fiscal, un luxe quotidien

Monaco offre un cocktail rare : sécurité exceptionnelle, climat doux, services publics de qualité, système de santé performant, multiculturalisme, fiscalité quasi inexistante sur les revenus et le patrimoine. Mais ce privilège a un prix, et il se paie au quotidien, dans chaque mètre carré loué ou acheté, dans chaque repas, chaque abonnement, chaque place de parking.

Pour un expatrié, préparer son installation à Monaco suppose donc :

Astuce :

Pour établir un budget d’expatriation fiable, il est crucial : de bâtir un budget extrêmement précis en s’appuyant sur les ordres de grandeur disponibles ; de réfléchir à la taille de logement réellement nécessaire et au choix du quartier ; de mesurer l’impact massif de la scolarité internationale si l’on a des enfants ; d’intégrer le coût de la santé et des assurances privées ; et, surtout, de mettre ces coûts en regard des gains fiscaux potentiels et de la qualité de vie recherchée.

La principauté n’est pas seulement un lieu où l’on paye peu d’impôts : c’est un endroit où l’on paye cher pour à peu près tout le reste. Pour les expatriés qui peuvent s’offrir ce choix, la question n’est donc pas tant « Combien ça coûte ? » que : « Est-ce que le style de vie, la sécurité, le climat et la fiscalité de Monaco valent, pour moi et ma famille, ce prix-là ? ».

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et profiter d’un cadre de vie haut de gamme, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Monaco, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Monaco pour l’absence d’impôt sur le revenu pour les non-Français d’origine, l’absence d’ISF/IFI et un environnement financier stable, à proximité immédiate de la France. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour monégasque via location ou achat d’une résidence principale, preuve de moyens financiers suffisants, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocats, banquiers privés, family office) et intégration patrimoniale internationale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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