Les transports en commun à Cuba : guide pratique complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Voyager à Cuba, c’est accepter que le trajet fasse partie de l’aventure. L’archipel dispose de routes, de bus, de trains, de taxis, de ferries… mais l’offre est marquée par les pénuries de carburant, les infrastructures fatiguées et une organisation très loin des standards européens. Avec un peu d’anticipation, un bon sens pratique et quelques outils numériques adaptés, se déplacer en transports en commun à Cuba reste pourtant tout à fait possible, et souvent passionnant.

Bon à savoir :

Ce guide détaille l’utilisation des bus, trains, taxis collectifs et autres transports publics à Cuba. Il aborde également l’impact spécifique de la situation monétaire et de l’accès à Internet sur les déplacements des voyageurs.

Comprendre le contexte des transports à Cuba

Le système de transports cubain a été façonné par des décennies d’embargo, de manque d’investissements et de pénuries chroniques de carburant. Résultat : les infrastructures existent, mais fonctionnent au ralenti.

Les routes relient l’ensemble du pays, avec un réseau de plus de 60 000 km, dont près de la moitié non pavés. La principale autoroute, l’Autopista Nacional, relie La Havane au centre de l’île, complétée par d’anciens axes comme la Carretera Central. Sur le papier, tout se tient. Dans la pratique, les nids-de-poule, l’absence d’éclairage nocturne, les animaux sur la chaussée et des véhicules vieux de plusieurs décennies rallongent considérablement les temps de trajet.

Attention :

À Cuba, la faible possession de voitures privées rend la population massivement dépendante d’un système de transport collectif diversifié (bus, camions, taxis, ferries, etc.). Les touristes utilisent ce même système, conçu prioritairement pour les résidents, ce qui peut créer des incompatibilités comme des services ou des ventes de billets réservés aux Cubains.

Le carburant, quand il manque, perturbe l’ensemble de la chaîne : bus moins fréquents, taxis à l’arrêt, files d’attente interminables aux stations-service. Dans ce contexte, un seul mot d’ordre : anticiper, réserver dès que possible, garder des plans B, C et D, et ne jamais caler une correspondance serrée.

Internet, applis et information : voyager presque hors-ligne

Autre particularité cubaine : l’accès au numérique. Le wifi n’est ni généralisé, ni stable, et certaines applications ou sites populaires sont bloqués. Roaming étranger très cher ou inopérant, débits aléatoires, coupures d’électricité… Impossible de compter sur son smartphone comme à Barcelone ou Lisbonne.

Avant de partir, il est vital de télécharger et configurer tous les outils utiles en mode hors-ligne, car une fois sur place, vous risquez de ne pas pouvoir installer grand-chose.

Applis de cartographie hors-ligne

Deux solutions se détachent pour préparer vos trajets en transports :

Bon à savoir :

L’application Maps.me permet de télécharger la carte détaillée de Cuba (environ 25 Mo) pour une utilisation totalement hors ligne. Elle propose des itinéraires à pied, en voiture ou à vélo, et indique de nombreux points d’intérêt comme les gares Viazul, les terminaux de taxis collectifs, les arrêts de bus, les restaurants et les casas particulares. Son utilisation répandue par les Cubains eux-mêmes facilite la discussion sur un trajet en montrant la carte au chauffeur.

Google Maps en mode hors-ligne Fonctionne à Cuba à condition de télécharger à l’avance les zones nécessaires (La Havane, Varadero, Trinidad, Santiago, etc.). Une fois la zone enregistrée, le GPS vous localise même sans connexion, et vous pouvez consulter rues et lieux. Vos listes de lieux favoris restent accessibles, tout comme les itinéraires enregistrés.

D’autres applis plus spécialisées sur Cuba, comme Cuba Offline Map and Travel Guide ou Map of Cuba offline, complètent utilement ces deux géants, en offrant recherche d’adresses, catégories (gares, hôtels, aéroports) et partage de position, le tout basé sur des données OpenStreetMap.

Outils de communication et d’organisation

La langue et la faible pénétration de l’anglais hors zones touristiques rendent utile un minimum d’outillage :

Astuce :

En téléchargeant au préalable le pack de langue espagnole, l’application Google Translate fonctionne sans connexion internet. Elle permet de traduire des textes courts et de prononcer des phrases utiles, par exemple pour négocier un prix de taxi ou demander un arrêt de bus. Sa fonction de traduction instantanée via l’appareil photo est également disponible et très efficace pour déchiffrer en temps réel des panneaux, des menus ou toute autre annonce écrite.

WhatsApp reste l’outil numéro un pour joindre hôtes, chauffeurs et agences. Problème : il faut une connexion. Pensez à acheter une eSIM (par exemple via GigSky) ou une SIM touristique locale si vous avez besoin d’être joignable pour des transferts ou des taxis.

Telegram peut servir pour suivre les informations de l’opérateur aéroportuaire ECASA sur les vols intérieurs, pratique si vous combinez avion et bus.

Habana Trans est une appli locale gratuite qui affiche les itinéraires et horaires des bus urbains à La Havane. Un véritable outil de survie si vous comptez utiliser les guaguas havanaises.

Un dernier conseil : sauvegarder en mode hors-ligne toutes les infos critiques (captures d’écran, PDF dans Pocket ou équivalent) : horaires de Viazul, adresse de votre hébergement, plan de la gare routière, etc.

Monnaie, cartes et paiement des transports

Le fonctionnement des transports publics à Cuba est intimement lié au système monétaire. Depuis l’unification de la monnaie, le peso cubain (CUP) est la seule devise officielle, mais en réalité, les services de transport jonglent entre CUP, euros et dollars.

Les bus locaux, les ferries et les trains nationaux se paient en CUP. Les compagnies orientées vers les touristes (Viazul, Transtur, transferts privés, taxis modernes) préfèrent euros ou dollars, ou des paiements par carte sur des terminaux cubains.

Plusieurs points sont cruciaux pour les déplacements :

Bon à savoir :

Les cartes bancaires américaines ne fonctionnent pas. Les cartes Visa/MasterCard non-américaines sont partiellement acceptées (ex: réservations Viazul). Les bus locaux et taxis collectifs se paient uniquement en espèces (CUP ou devises au taux informel). Privilégiez le change au marché informel, car les taux officiels sont moins avantageux et influencent directement le coût de vos trajets en pesos cubains (CUP).

Pour les transports du quotidien (bus urbains, guaguas, ferries, bicitaxis, camiones), il est prudent de garder un assortiment de billets en CUP de faible valeur. Pour les longs trajets (Viazul, colectivos interurbains, taxis privés, transferts aéroport), disposer de billets en euros ou dollars propres et de petite coupure facilite nettement les négociations.

L’appli elTOQUE permet de suivre les taux du marché informel, ce qui vous aide à comprendre le vrai coût, en monnaie locale, d’un billet de bus ou d’un taxi.

Les bus longue distance : Viazul et les autres

Pour traverser le pays en transports en commun, le bus reste l’option de base. Cuba compte plusieurs réseaux, mais ils ne sont pas tous ouverts aux étrangers.

Viazul : le réseau interprovincial des touristes

Viazul est la grande colonne vertébrale des déplacements longue distance pour les voyageurs. Il s’agit d’une compagnie d’État opérant une flotte de cars modernes, climatisés, le plus souvent de marque chinoise Yutong. Les bus disposent de toilettes, d’espaces bagages et de deux conducteurs se relayant au volant.

Viazul relie pratiquement toutes les grandes villes et destinations touristiques : La Havane, Varadero, Viñales, Trinidad, Cienfuegos, Santa Clara, Camagüey, Holguín, Santiago de Cuba, Baracoa (ligne parfois suspendue), mais aussi les aéroports de La Havane et de Varadero.

Un aperçu de quelques liaisons et tarifs typiques (en euros, indicatifs) :

Trajet Viazul (exemples)Prix indicatif (aller simple)Durée approximative
La Havane – Varadero10–15 €3 h
La Havane – Viñales16 €3 h 30
La Havane – Trinidad24–26 €7 h
La Havane – Cienfuegos20 €5 h 30
La Havane – Santa Clara22 €7 h 30
La Havane – Santiago de Cuba57–60 €16–20 h
Santiago de Cuba – Baracoa15 €5–6 h
Aéroport José Martí – centre de La Havane10 €45–60 min

Les prix peuvent varier selon la saison et les mises à jour tarifaires, mais restent, à l’échelle européenne, très abordables pour des distances parfois énormes.

Le fonctionnement présente toutefois des spécificités :

Astuce :

La réservation des billets de bus Viazul à Cuba est obligatoire et se fait plusieurs jours à l’avance via leur site officiel, souvent accessible uniquement avec un VPN depuis l’île. Le paiement s’effectue exclusivement par carte bancaire internationale (en euros). Après la réservation en ligne, un check-in physique à la gare est nécessaire au moins 1h avant le départ pour récupérer le coupon d’embarquement. Notez que les sièges ne sont pas attribués : l’embarquement se fait en file et les places sont prises dans l’ordre d’arrivée.

La politique bagages est plutôt généreuse :

Type de bagageInclus dans le billetPoids max.Supplément
Bagages en soute2 pièces23 kg chacuneOui, si pièce supplémentaire ou excédent
Vélo / objet encombrantPossible, sur réservation ou envoi comme bagage non accompagnéVariableEnviron 15 € par vélo (indicatif)
Bagage cabine1 pièceGratuit

À bord, les bus s’arrêtent environ toutes les deux heures dans des cafés routiers ou petites stations. Chaque pause dure de 20 à 30 minutes, parfois 45 minutes aux heures de repas. Les toilettes à ces arrêts sont payantes (prévoir quelques pesos ou petites pièces étrangères).

Les avis voyageurs évoquent souvent quelques désagréments : climatisation glaciale, sièges fatigués, odeurs de toilettes, trajets cahoteux, pannes occasionnelles. Malgré tout, Viazul reste la solution la plus structurée et lisible pour qui veut traverser Cuba en transport public.

AstroBus, Transtur, Transgaviota et autres

À côté de Viazul, plusieurs autres réseaux existent.

AstroBus (aussi appelé Omnibus Nacional) est le réseau interprovincial grand public, opéré également avec des autocars modernes, mais vendu en CUP et réservé prioritairement aux Cubains. Dans la pratique, les étrangers s’y voient souvent refuser des billets et renvoyés vers Viazul. Quelques places peuvent être théoriquement accessibles, mais les procédures passent par des applications ou des bureaux destinés à la population locale.

Exemple :

Transtur et Transgaviota sont des compagnies touristiques cubaines qui exploitent des cars pour desservir les hôtels, le tourisme balnéaire et certains transferts interurbains.

des navettes entre l’aéroport de La Havane et les grandes zones hôtelières,

des liaisons type Varadero – La Havane,

des circuits organisés.

Ces billets se réservent généralement via les agences d’État comme Cubanacán, souvent installées dans les halls d’hôtels. Les horaires sont rarement publiés en ligne de manière fiable, ce qui impose de se renseigner sur place ou par l’intermédiaire de votre hébergement.

Camiones : les camions-bus des Cubains

Plus rustiques encore, les camiones sont des camions transformés en autobus, parfois avec bancs de bois, parfois totalement ouverts. Ils servent de transport ultra‑bon marché entre villes, voire de transport local. On y voyage serré, au milieu de bagages, de volailles et parfois d’animaux, pour un prix dérisoire en CUP.

Pour un visiteur, c’est une immersion totale dans le quotidien cubain, mais c’est aussi inconfortable, imprévisible et sans aucune garantie de sécurité ou de ponctualité. Ce mode de transport s’adresse plutôt aux voyageurs très aguerris, parlant espagnol, et qui ne sont pas pressés.

Se déplacer en ville : guaguas, taxis, colectivos et alternatives

Dans les grandes villes, La Havane en tête, l’offre de transport urbain est à la fois dense et chaotique. L’essentiel repose sur les bus, les taxis sous toutes leurs formes et, dans une moindre mesure, les ferries.

Les bus urbains (guaguas)

Les bus urbains, appelés guaguas, sont la colonne vertébrale de la mobilité pour les habitants. À La Havane, le réseau, géré par la compagnie provinciale, compte une trentaine de lignes structurantes (lignes principales et secondaires), toutes opérées avec des bus modernes Yutong.

En théorie, le service ressemble à un réseau classique : lignes numérotées, arrêts espacés, passage toutes les 10 à 30 minutes selon l’heure. En pratique, les pénuries de carburant et de pièces détachées provoquent :

des files d’attente très longues aux heures de pointe,

des bus surchargés, où l’on monte au chausse-pied,

une forte irrégularité de fréquence.

Le prix, lui, est imbattable : quelques CUP par trajet, soit une somme quasi symbolique pour un voyageur étranger. Le paiement se fait en espèces, directement à bord, souvent à un contrôleur qui circule dans le bus. Le billet matérialisé est parfois inexistant : votre paiement se résume au geste de donner la monnaie.

Une difficulté pour le visiteur est de comprendre l’organisation informelle des arrêts. Devant un poteau, une foule disperse se constitue en file tacite. La règle locale consiste à demander « ¿El último? » (qui est le dernier ?) pour répertorier sa place dans la queue. C’est le sésame pour ne pas passer pour un intrus malpoli.

À La Havane, l’application Habana Trans donne une vision synthétique des lignes et horaires, ce qui permet au moins de savoir quelle guagua prendre d’un quartier à l’autre.

La Havane Bus Tour : les bus touristiques à arrêts multiples

Pour parcourir La Havane sans se plonger dans la mêlée des bus locaux, le Havana Bus Tour propose des circuits hop-on hop-off sur des bus à impériale ou des autocars touristiques. Deux principales lignes existent :

Circuits de Bus Touristiques

Découvrez La Havane à votre rythme grâce à ces deux lignes de bus conçues pour les visiteurs, reliant les principaux points d’intérêt de la ville.

Ligne Circulaire Centre-Ville

Parcourez les principaux quartiers touristiques (Vieille Havane, Centro Habana, Vedado, Miramar) avec des arrêts stratégiques à proximité des sites clés.

Ligne vers les Plages de l’Est

Quittez le centre-ville pour une excursion côtière. Ce circuit longe les forteresses historiques et conduit directement aux célèbres Playas del Este.

Les billets sont valables à la journée et tournent autour de 10 dollars. Les départs se font environ toutes les 20 à 30 minutes depuis le Parque Central, en face de l’Hotel Inglaterra. La particularité, dans le contexte cubain, est que le paiement se fait à l’embarquement, généralement par carte bancaire non américaine, pas en espèces.

C’est une option simple, prévisible et confortable pour les premiers jours à La Havane, surtout si l’on veut repérer la ville sans s’angoisser des correspondances.

Les taxis : du moderne au plus vintage

L’univers des taxis à Cuba est très foisonnant. On peut distinguer plusieurs grandes catégories, qui ne se valent ni en confort, ni en prix, ni en usage.

D’un côté, les taxis officiels d’État (souvent appelés Cubataxi ou Grancar) : voitures récentes, le plus souvent jaunes, équipées de compteurs, climatisées, opérant à partir de stations identifiées devant les hôtels, les gares routières, l’aéroport. Ils sont fiables, confortables, mais plus chers. Le trajet aéroport – centre de La Havane tourne autour de 25–30 dollars ou euros.

5-15

Fourchette tarifaire en dollars pour une course en taxi privé entre quartiers touristiques à La Havane

S’ajoute une catégorie hybride, très emblématique : les taxis collectifs ou almendrones. Ces voitures américaines des années 50, mythiques, sillonnent les mêmes trajets plusieurs fois par jour, de façon quasi fixe, en prenant des passagers au fur et à mesure le long de la route.

Colectivos urbains : l’art du taxi à la place

Pour se déplacer en ville au tarif local, le taxi collectif, appelé aussi máquina ou almendrón, est l’outil idéal, à condition de comprendre le système.

Le principe : chaque voiture suit un itinéraire déterminé (par exemple, une grande avenue reliant deux quartiers). Vous vous placez sur ce tronçon, faites signe, indiquez « colectivo » pour préciser que vous souhaitez un transport partagé, et vous donnez au chauffeur le nom du carrefour où vous voulez descendre. Le prix est fixé à l’avance pour le trajet type (anciennement autour de 10–20 CUP, désormais plus élevé avec l’inflation) et doit être payé en monnaie locale ou en petite devise en fonction des accords.

Ce type de transport est :

très bon marché,

extrêmement fréquent sur les grands axes,

authentique et plein de rencontres.

Il impose en revanche de connaître un minimum la géographie urbaine et de parler quelques mots d’espagnol pour ne pas demander un détour privatif qui ferait exploser la note.

Bicitaxis, cocotaxis et classiques décapotables

Pour les petites distances, les alternatives « pittoresques » abondent.

Bon à savoir :

Les bicitaxis sont des tricycles à propulsion humaine, idéaux pour de courts trajets dans les rues étroites ou les centres historiques. Le prix du trajet, généralement modeste (quelques euros en zone touristique), doit être négocié avant le départ. Bien que ne constituant pas un transport de masse, ils sont une solution pratique pour se déplacer facilement sur une courte distance.

Les cocotaxis sont des tricycles motorisés, couverts d’une coque jaune en forme de noix de coco. Rapides, très visibles, ils ciblent d’abord le visiteur. On les croise surtout à La Havane, Trinidad ou Varadero. Ils sont plus abordables que les taxis classiques pour de courtes distances, avec des courses de quelques dollars et des tours d’une heure autour de 20 dollars. En revanche, les normes de sécurité sont minimales : pas de ceinture, structure fragile, vitesse non négligeable.

Les voitures américaines décapotables proposées en tours panoramiques constituent un transport davantage touristique qu’utilitaire. À La Havane, ils stationnent autour du Parque Central et offrent des circuits d’une à deux heures dans les quartiers clés. Les tarifs annoncés tournent autour de 30 unités de devise par heure pour la voiture entière. On peut aussi les privatiser pour de longs trajets (par exemple, une journée à Viñales), moyennant une négociation plus substantielle.

La Nave : une appli façon Uber, mais à la cubaine

À La Havane, une application locale, La Nave, fonctionne comme une plateforme de transport à la demande proche d’Uber ou Lyft. Elle permet de commander une voiture pour des trajets urbains, le paiement se faisant ensuite en espèces. Reste que l’inscription nécessite un numéro de téléphone local (les numéros américains ne fonctionnent pas), et que la fiabilité des courses planifiées à l’avance est jugée inférieure aux trajets sollicités en temps réel.

Pour un séjour court, il est souvent plus simple de compter sur les taxis traditionnels, négociés au départ, surtout si votre casa particular peut vous les réserver via les groupes WhatsApp de chauffeurs.

Les colectivos interurbains : alternative souple aux bus

Entre les grandes villes, les taxis collectifs longue distance (colectivos interprovinciales) offrent une alternative très utilisée à Viazul. Le principe est le même que pour les colectivos urbains, mais sur des trajets de plusieurs heures.

Prenons quelques exemples courants de tarifs par personne, en sièges partagés :

Relation en colectivo interurbainPrix indicatif par personne (aller)
La Havane – Viñales25 € / 25 $
La Havane – Varadero25–30 € / $
La Havane – Trinidad35–40 € / $
La Havane – Cienfuegos30 € / $
La Havane – Playa Girón30 € / $

Ces montants sont par siège. Si vous souhaitez privatiser la voiture, l’ensemble du véhicule est facturé, et le prix se négocie directement avec le chauffeur ou via votre hébergement. Dans ce cas, pour un groupe de trois ou quatre, le coût par personne peut devenir compétitif par rapport à Viazul, avec l’immense avantage du porte-à-porte et de la souplesse des horaires.

Bon à savoir :

Les points de départ et d’arrivée des véhicules ne sont pas toujours des terminaux officiels. Ils peuvent être des places ou carrefours servant de points de rendez-vous informels. Pour les localiser, il est conseillé de demander à votre hôte ou de vous renseigner près des gares routières, où les chauffeurs attendent souvent les voyageurs arrivant en bus.

Il faut garder à l’esprit que ces taxis collectifs partent en général quand ils sont pleins. Débuter le trajet tôt le matin augmente les chances de trouver rapidement des compagnons de route. Pour les trajets vers les cayos ou certaines destinations très touristiques, les colectivos ne sont pas toujours autorisés à utiliser les digues ou routes d’accès ; là encore, un chauffeur local saura ce qui est possible.

Les trains : un réseau réel, mais capricieux

Cuba est le seul pays des Caraïbes doté d’un vaste réseau ferroviaire fonctionnel. La compagnie nationale, Ferrocarriles de Cuba, exploite une ligne principale reliant La Havane à Santiago de Cuba et des embranchements vers Cienfuegos, Sancti Spíritus, Holguín, Guantánamo, Pinar del Río, etc.

Depuis 2019, des trains flambant neufs fabriqués en Chine circulent sur certains services longue distance. Ils offrent deux classes :

Classe à bord des nouveaux trainsCaractéristiques principales
Seconde classeSièges inclinables en tissu, fenêtres ouvrantes, ventilateurs, eau potable froide, audio
Première classeSièges en cuir rouge, climatisation, TV, audio, mêmes dimensions de sièges, voiture-bar sur certaines rames

Les prix sont remarquablement bas, payés en CUP. À titre indicatif, un aller simple La Havane – Santiago de Cuba coûte, d’après des grilles récentes, l’équivalent de quelques euros seulement, même en première classe climatée.

Attention :

Bien que le train cubain présente des atouts, il reste une option à utiliser avec prudence.

– Les fréquences sont faibles : certains trains ne circulent qu’une fois tous les trois ou quatre jours.

– Les retards et annulations de dernière minute sont fréquents, aggravés par les pénuries de carburant et les problèmes techniques.

– Les réservations se font uniquement en personne, dans les bureaux de l’agence étatique Viajero ou aux guichets des gares, sur présentation du passeport.

– Les billets pour les trains neufs s’ouvrent généralement 30 jours avant le départ, et se vendent très vite.

Bon à savoir :

Les voyages se font uniquement en places assises, sans voitures-lits. Le confort peut être inégal sur les vieilles rames et des vols de bagages sont signalés sur certaines lignes. Il n’existe pas de site officiel complet ni de système de réservation en ligne pour les étrangers ; l’application Viajando est réservée aux résidents disposant d’un compte bancaire en CUP.

L’expérience peut néanmoins séduire les passionnés de rail, surtout sur la grande diagonale La Havane – Santiago, où circulent les trains les plus récents avec voiture‑bar. Pour un simple besoin de déplacement fiable, la plupart des voyageurs préfèrent toutefois Viazul ou les colectivos.

Ferries et liaisons maritimes

Le transport par bateau joue un rôle limité dans les transports en commun cubains, mais il existe quelques liaisons très utiles, en particulier à La Havane.

Bon à savoir :

Le ferry relie la Vieille Havane aux quartiers de Regla et Casablanca. La traversée dure moins de dix minutes et les départs ont lieu toutes les 15 à 20 minutes. Le tarif est très économique (quelques centimes de dollar en CUP) et il est possible d’embarquer avec un vélo. À noter : un contrôle sommaire des sacs peut être effectué à l’embarquement.

Ailleurs, des catamarans desservent l’Isla de la Juventud depuis Surgidero de Batabanó. Les billets se réservent à l’avance et ces liaisons sont sensibles aux conditions météo, particulièrement pendant la saison cyclonique.

L’aéroport de La Havane et les transferts

Le principal point d’entrée international, l’aéroport José Martí, se situe à une vingtaine de kilomètres de la Vieille Havane. Pour rejoindre la ville, plusieurs solutions se présentent :

Options de transport depuis l’aéroport de La Havane

Différents moyens pour rejoindre le centre-ville depuis l’aéroport international José Martí, avec leurs caractéristiques principales.

Taxis officiels

La solution la plus simple et fréquente. La course vers le centre coûte environ 25–30 unités de devise par véhicule. Ils sont postés à la sortie des terminaux.

Transferts en autocar (Transtur)

Relient l’aéroport aux grands hôtels de Vedado, Miramar et au Parque Central. Billet à environ 5–10 $/€, payé généralement par carte étrangère à bord. Inconvénient : attente potentielle pour le remplissage du bus.

Bus publics

Pour les voyageurs indépendants au budget très serré. Lignes P12 ou P16 près des terminaux domestiques. Peu pratique avec des bagages (navette interne ou marche >1 km possible).

Il n’y a pas de métro ni de RER. À Cuba, l’aéroport se connecte essentiellement par la route.

Sécurité, accessibilité et réalités quotidiennes

Sur le plan sécuritaire, Cuba jouit d’une réputation de relative sûreté par rapport à d’autres pays de la région. Les vols à la tire, les arnaques aux taxis, l’insistance de pseudo‑intermédiaires autour des gares ou dans les zones touristiques existent, mais les agressions violentes restent rares. La prudence reste toutefois de mise dans les transports bondés et à proximité des grands nœuds (gares de bus, Parque Central, aéroport).

Attention :

En cas d’accident de la route avec blessures ou décès, le conducteur, même étranger et assuré, risque une longue détention pendant l’enquête. Cette sévérité du régime juridique incite de nombreux voyageurs à préférer les transports en commun ou les chauffeurs locaux à la conduite autonome.

L’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, elle, est très limitée. Même si certains hôtels et sites touristiques disposent d’équipements adaptés, les bus urbains, les trottoirs dégradés, les marches omniprésentes et l’absence de normes systématiques rendent les déplacements compliqués pour les personnes en fauteuil ou utilisant des aides à la marche. Les transports équipés (taxis adaptés, véhicules avec rampes) sont rares et doivent être réservés longtemps à l’avance, souvent via des agences spécialisées.

Pour les voyageurs ayant des besoins particuliers (sensoriels, cognitifs, moteurs), la préparation doit être minutieuse : listes de contacts, vérification des possibilités d’assistance, anticipation des pauses (toilettes, accès à l’eau), en gardant à l’esprit que les horaires publiés ne sont pas toujours respectés.

Budgets transports : combien prévoir ?

Le poste transports peut peser significativement dans un budget de voyage à Cuba, surtout si l’on multiplie les grandes distances en peu de temps. Des estimations de dépenses quotidiennes de transport autour de 10 à 20 dollars par personne circulent parmi les retours d’expérience, avec de grandes variations selon le style de voyage.

On peut donner quelques repères :

Voyageur très économe, privilégiant guaguas, camiones, marche, quelques Viazul réservés à l’avance : un budget transports de 7 à 10 dollars par jour peut suffire, au prix d’un confort limité et de beaucoup de temps passé dans les files d’attente.

15-20

C’est le budget quotidien moyen en dollars pour un voyageur standard à Cuba, incluant transports longue distance et transferts.

Voyageur orienté confort, faisant appel surtout à des transferts privés, des colectivos privatisés et parfois des vols intérieurs : la note peut grimper à 30–40 dollars et plus par jour, selon les distances et la durée.

La clé est de réserver au maximum à l’avance ce qui peut l’être (Viazul, transferts interurbains via des plateformes comme Daytrip ou Civitatis, taxis d’aéroport via votre hébergement) pour éviter d’avoir à payer des surcoûts de dernière minute dans un contexte de pénurie.

Conseils pratiques pour utiliser les transports en commun à Cuba

Au fil des pratiques, quelques réflexes se détachent pour fluidifier les déplacements :

Anticiper systématiquement tout ce qui est longue distance. Les billets Viazul, les places dans les colectivos interurbains et les transferts pour l’aéroport doivent être prévus plusieurs jours à l’avance. Les jours de départ ne sont pas extensibles ; les véhicules, si.

Toujours confirmer et reconfirmer les horaires. Les tableaux d’horaires peuvent changer, parfois du jour au lendemain. Entre ce qui est inscrit sur un panneau, ce qui est annoncé à la radio locale et ce que le chauffeur crédite, la réalité se trouve souvent à mi-chemin. Passer au guichet la veille, envoyer un message WhatsApp au chauffeur ou vérifier auprès de votre hôte permet de limiter les mauvaises surprises.

Astuce :

Il est conseillé d’avoir toujours un petit stock de monnaie locale (pesos cubains) pour les dépenses quotidiennes : prendre le bus, les ferries, les bicitaxis, payer les toilettes lors des arrêts de bus Viazul, ou faire de petites courses à la station-service. Réservez vos gros billets en devises étrangères pour les taxis sur de longues distances et les transferts dont le prix a été négocié à l’avance.

Négocier clairement le prix avant chaque trajet en taxi. À défaut de compteur, le seul moyen d’éviter les malentendus reste de préciser la somme, la devise et la nature du service (trajet simple, aller‑retour, attente sur place).

À La Havane, se familiariser avec les grands nœuds de transport : Parque Central, Viazul Nuevo Vedado, Parque de la Fraternidad, embarcadère du ferry de Regla. La plupart des modes de transport urbains gravitent autour de ces points, qui deviennent vite des repères.

Bon à savoir :

Avant votre voyage, téléchargez et testez les applications indispensables : Maps.me, Google Maps (mode hors-ligne), Habana Trans, Google Translate (avec pack espagnol) et un VPN fonctionnel. Une fois sur place, la connexion internet est souvent aléatoire, rendant ces téléchargements et leur prise en main difficiles.

Ne pas sous-estimer l’importance du langage corporel et de quelques phrases d’espagnol. Savoir dire d’où vous partez, où vous voulez aller, et demander le prix avec politesse simplifie considérablement les échanges avec les chauffeurs de colectivos, de camiones ou les contrôleurs de bus.

Enfin, accepter que le temps cubain n’est pas le temps occidental. Les retards, les détours, les pauses imprévues font partie du voyage. Profiter de ces moments pour discuter avec les voisins de siège, observer la vie alentour et recueillir des conseils locaux transforme souvent un simple trajet en expérience marquante.

Conclusion

Les transports en commun à Cuba forment un système hybride, à la fois fragile et incroyablement résilient. Entre les autocars climatisés de Viazul, les trains rénovés mais capricieux, les guaguas surchargées, les almendrones à la mécanique bricolée et les ferries de la baie de La Havane, il est possible de rejoindre pratiquement chaque coin de l’île sans jamais toucher à un volant.

Bon à savoir :

Préparez-vous à des pénuries de carburant, des horaires indicatifs, une monnaie locale cohabitant avec des devises étrangères et une connexion Internet non garantie. En contrepartie, vous découvrirez une société où la débrouille et la solidarité sont les principales ressources logistiques.

Avec de la patience, un peu de flexibilité et les bons outils hors‑ligne dans la poche, les transports en commun deviennent non pas un obstacle, mais l’un des meilleurs moyens de comprendre la vie quotidienne cubaine, bien au-delà des plages et des cartes postales.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cuba, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Cuba pour son coût de vie nettement inférieur à la France, certaines opportunités immobilières et touristiques en développement, et un cadre permettant une planification fiscale internationale en combinant conventions fiscales, structurations en Europe et résidence sur place. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un statut de résident à Cuba, détachement ou réorganisation de la couverture santé (CNAS/CPAM + assurances privées internationales), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, comptable) et intégration patrimoniale (analyse, diversification géographique, structuration successorale).

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :