Les soins de santé pour les expatriés en Belgique : comprendre, s’inscrire, utiliser le système

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

La Belgique est régulièrement citée parmi les pays disposant des meilleurs systèmes de santé au monde. Dans plusieurs classements récents, elle figure dans le top 10 pour la qualité, l’accessibilité et l’efficacité des soins, avec plus de 10 % de son PIB consacrés à la santé depuis 2009. Pour un expatrié, c’est rassurant… à condition de comprendre comment ce système fonctionne et ce qu’il implique en pratique, du visa jusqu’à la première consultation chez le médecin généraliste.

Bon à savoir :

Les expatriés doivent s’inscrire à la sécurité sociale et à une mutualité pour bénéficier des remboursements. L’assurance privée peut compléter cette couverture. L’accès aux médecins, hôpitaux, dentistes et urgences est détaillé, avec des informations spécifiques pour la santé mentale et selon les profils (étudiants, familles, ressortissants non-UE).

Un système universel, obligatoire, mais pas « gratuit »

Le système belge repose sur une assurance maladie obligatoire combinée à une large offre de prestataires publics et privés. L’État fixe les grandes règles, encadre les tarifs de base et délègue la gestion des remboursements à des organismes d’assurance maladie, tout en laissant une certaine liberté aux prestataires (médecins, hôpitaux, dentistes) et aux assureurs privés.

Attention :

Tous les résidents en Belgique doivent être assurés, principalement via le système public (mutualité/ziekenfonds), souvent complété par une assurance privée. Le système n’est pas gratuit : il implique le paiement de cotisations et de tickets modérateurs, suivis d’un remboursement partiel.

Le système offre en contrepartie un accès très large : liberté de choix du médecin, pas d’obligation stricte de passer par le généraliste avant un spécialiste, très bonne densité hospitalière, pharmacies nombreuses, prise en charge de base des soins dentaires et psychiatriques, et dispositifs de plafonnement des dépenses pour les ménages à revenus modestes.

Sécurité sociale, ONSS et INAMI : qui fait quoi ?

La sécurité sociale belge est administrée par l’Office National de Sécurité Sociale (ONSS/RSZ). C’est lui qui centralise les cotisations sociales prélevées sur les salaires des travailleurs, les revenus des indépendants et certaines allocations. L’assurance maladie‑invalidité est pilotée par l’INAMI/RIZIV (Institut National d’Assurance Maladie‑Invalidité), qui fixe les règles de remboursement, reconnaît les prestataires et finance les mutualités.

Astuce :

Pour les expatriés, l’outil en ligne « Coming2Belgium » permet de vérifier ses droits sociaux selon sa nationalité, son statut (salarié, indépendant, pensionné, étudiant, etc.) et les accords bilatéraux entre la Belgique et le pays d’origine. Le portail officiel de la sécurité sociale, www.socialsecurity.be, centralise également les informations techniques nécessaires.

Le financement repose sur plusieurs sources : cotisations sociales sur les revenus du travail, impôts, TVA, cotisations obligatoires aux mutualités et participation directe des patients (tickets modérateurs).

L’obligation d’assurance maladie pour les expatriés

La loi belge impose à toute personne qui s’installe de s’assurer pour les soins de santé. Les nouveaux résidents disposent en principe de 90 jours après leur arrivée pour se mettre en règle. Ignorer cette obligation n’est pas anodin : des amendes pouvant aller jusqu’à 2 500 € et un paiement rétroactif des cotisations peuvent être réclamés, sans compter l’absence de remboursement en cas de problème de santé.

Bon à savoir :

Pour les citoyens de l’UE/EEE/Suisse et les Britanniques munis d’une GHIC, la carte européenne d’assurance maladie (CEAM/EHIC) permet d’accéder temporairement aux soins nécessaires au tarif résident. Elle ne remplace pas l’inscription au système belge dès que l’on devient résident. Les ressortissants de pays tiers doivent généralement justifier d’une assurance d’au moins 30 000 € pour obtenir un visa Schengen, puis intégrer le système belge une fois installés.

Étape 1 : s’enregistrer à la commune et obtenir un numéro national

La première démarche après l’arrivée en Belgique consiste à s’inscrire auprès de la commune (commune/gemeente) de son lieu de résidence. Cette inscription doit en principe se faire dans les huit jours. On remet son passeport ou sa carte d’identité, son titre de séjour ou visa, ainsi qu’une preuve d’adresse (bail, attestation d’hébergement, facture d’énergie…).

Bon à savoir :

Après une vérification de résidence par un agent de quartier, la commune attribue un numéro de registre national (RRN/NRN). Ce numéro est indispensable pour s’enregistrer à la sécurité sociale et pour adhérer à une mutualité.

Étape 2 : affiliation à la sécurité sociale et cotisations

Pour les salariés, l’employeur se charge normalement des formalités : inscription à l’ONSS, déclaration des salaires, versement des cotisations sociales. Sur le bulletin de paie, une retenue de 13,07 % environ du salaire brut couvre l’ensemble des branches de la sécurité sociale (santé, chômage, pension, etc.). L’employeur ajoute à cela une contribution patronale d’environ 25–27 %. Sur ce total, une part importante (plusieurs pourcents du brut) finance effectivement l’assurance maladie.

20.5

Pourcentage du revenu net que les indépendants doivent verser en cotisations sociales trimestrielles.

Les demandeurs d’emploi indemnisés et certains bénéficiaires d’allocations sont également couverts, leurs cotisations étant prises en charge via d’autres mécanismes. Les étudiants belges ou résidents qui travaillent à temps partiel cotisent à des taux réduits.

Étape 3 : choisir une mutualité (mutualité/ziekenfonds)

C’est l’étape centrale pour accéder concrètement aux soins : s’affilier à une mutualité, c’est‑à‑dire à un organisme d’assurance maladie agréé par l’INAMI. Ces caisses, appelées mutualités en français et ziekenfondsen en néerlandais, sont juridiques privées mais à but non lucratif, très encadrées par l’État.

Elles proposent toutes le même socle de couverture obligatoire (consultations, hospitalisation, médicaments essentiels, soins dentaires de base, maternité, etc.), car ce volet est défini au niveau fédéral. En revanche, elles se distinguent par leurs assurances complémentaires, leurs services et parfois leur couleur « philosophique » (chrétienne, socialiste, libérale, neutre…).

Parmi les grands groupes, on retrouve :

Type de mutualitéExemplesParticularités mentionnées
ChrétienneCMPlus grand réseau, couverture complémentaire étendue
SocialisteSolidaris, FSMBFortement implantée en Wallonie et Bruxelles
LibéraleMutualité LibéraleOrientation plus « neutre » politiquement
IndépendantePartenamut, Mutualité NeutrePositionnement apolitique
PubliqueCAAMI/HZIVOffre uniquement le socle obligatoire, sans extra

L’adhésion nécessite généralement le numéro de registre national, une copie du titre de séjour, un justificatif d’emploi ou de cotisations et des coordonnées bancaires. L’affiliation est gratuite pour le volet obligatoire, mais une cotisation annuelle (par exemple 64 € en 2025, avec parfois un tarif réduit) est exigée pour l’adhésion comme membre, à laquelle se rajoutent, si on le souhaite, les primes des assurances complémentaires (souvent 8 à 12 € par mois pour certains packs).

Bon à savoir :

De nombreuses mutualités en Belgique appliquent un délai de carence pouvant aller jusqu’à six mois avant de rembourser certains soins, le temps de vérifier le paiement des cotisations sociales. Pour couvrir cette période d’installation, il est vivement conseillé de souscrire une assurance privée internationale.

Carte ISI+, eID et dossier médical global

Une fois affilié, l’assuré reçoit une carte liée à son dossier : l’ISI+ (pour ceux qui n’ont pas encore ou plus de carte d’identité électronique belge) ou l’eID (carte d’identité électronique). Cette carte sert de preuve d’assurance et permet le lien avec le Dossier Médical Global (DMG ou Global Medical Dossier), c’est‑à‑dire l’historique des soins, prescriptions, vaccinations, etc.

Bon à savoir :

Présenter votre carte de mutualité chez un professionnel de santé (médecin, hôpital, pharmacie) active le tiers payant ou la télétransmission des attestations de soins, évitant l’avance des frais. De plus, à partir de 2025, les facturations électroniques obligatoires des médecins et dentistes pour les soins ambulatoires rendront les procédures de remboursement encore plus simples et rapides.

Comment sont remboursés les soins : tickets modérateurs, MAF et tarifs conventionnés

Le système belge fonctionne principalement sur la base du remboursement : le patient paye (ou une partie), et la mutualité rembourse la part prévue par la réglementation. On parle de ticket modérateur pour la partie restant à la charge du patient.

Pour une consultation chez un généraliste conventionné, le tarif officiel tourne autour de 27–30 €. La mutualité rembourse environ 75 % du tarif de référence. La quote‑part à charge du patient est généralement inférieure à 6 € pour un assuré standard, voire moins pour les personnes bénéficiant d’un statut préférentiel (revenus modestes, certaines allocations).

50

Tarif de base pour une consultation chez un spécialiste, avec une quote-part patient d’environ 12 € pour un acte conventionné.

Afin d’éviter que les dépenses s’envolent pour les ménages à faibles revenus ou en cas de maladie chronique, un système de « Maximum à facturer » (MAF, Maximum Billing) existe. Au‑delà d’un plafond annuel de tickets modérateurs qui dépend du revenu du ménage, les coûts médicaux supplémentaires pris en charge par l’assurance sont quasiment intégralement remboursés. Ce mécanisme est particulièrement important pour les expatriés avec enfants ou maladie chronique.

87

En 2021, environ 87 % des médecins généralistes en Belgique étaient conventionnés avec l’INAMI, s’engageant ainsi à appliquer les tarifs officiels.

Public vs privé : pourquoi presque tout le monde a une assurance complémentaire

L’assurance publique couvre l’essentiel des soins indispensables : consultations, hospitalisation en chambre commune, médicaments vitaux, kinésithérapie dans certains cadres, soins dentaires de base, suivi de grossesse, accouchement, etc. Toutefois, la prise en charge n’est que partielle, et certains actes sont très peu, voire pas du tout remboursés (chambre particulière à l’hôpital, chirurgie esthétique, certaines prothèses dentaires ou oculaires, médecines alternatives, etc.).

80

Pourcentage de la population belge disposant d’une assurance hospitalisation privée en complément de la couverture de base.

Ces assurances privées peuvent être souscrites :

soit directement auprès d’une compagnie (Cigna Global, AXA, Allianz Care, APRIL International, DKV Belgium, AG Insurance, Business & Expats Health Insurance…) ;

soit via sa mutualité, qui propose des produits hospitalisation et dentaire ;

– soit via son employeur, de plus en plus d’entreprises offrant une assurance hospitalisation collective aux salariés.

150

Le coût mensuel maximum d’une assurance santé complémentaire en Belgique pour une couverture complète.

Pour un expatrié, l’assurance internationale joue un rôle clé au début du séjour, le temps de s’inscrire et de « faire ses droits » dans le système belge, mais aussi pour couvrir des soins dans d’autres pays (retours au pays natal, voyages professionnels, etc.) et prévoir le rapatriement en cas de problème grave.

Qui est couvert et à quelles conditions ?

La Belgique couvre presque toute la population résidente via l’assurance maladie obligatoire, mais les modalités varient selon les catégories.

Les salariés cotisants sont couverts ainsi que leurs personnes à charge, à condition que ces dernières aient peu ou pas de revenus propres et résident généralement au même domicile (avec des exceptions, par exemple pour des enfants étudiants de moins de 25 ans). Les indépendants assurent également leurs ayants droit.

Bon à savoir :

Les étudiants peuvent choisir entre rester couverts par l’assurance de leur pays d’origine (via la CEAM) ou s’affilier au système belge. Les enfants sont couverts gratuitement en tant qu’ayants droit de leurs parents jusqu’à 18 ans, et jusqu’à 25 ans s’ils poursuivent des études supérieures à temps plein.

Les chômeurs indemnisés, les pensionnés résidant en Belgique, les bénéficiaires de certaines allocations sociales sont eux aussi couverts, leurs droits étant liés au paiement de cotisations dans le passé ou à des accords européens de coordination. Les demandeurs d’asile ont accès à une aide médicale urgente, mais l’affiliation à une mutualité intervient en général après la reconnaissance du statut de réfugié.

Bon à savoir :

Pour les citoyens de l’EEE et de la Suisse, les Règlements européens coordonnent les systèmes de sécurité sociale. On ne cotise en principe que dans un seul pays à la fois. Les périodes de cotisation dans d’autres États membres peuvent être prises en compte pour l’ouverture de droits en Belgique. Des formulaires comme le S1 permettent de transférer des droits de santé d’un pays à l’autre, ce qui est utile par exemple pour les retraités européens qui s’installent en Belgique.

La Belgique a aussi conclu des conventions bilatérales de sécurité sociale avec environ 25 pays non européens, dont les États‑Unis, le Canada, le Japon, la Corée du Sud ou encore le Royaume‑Uni (via les accords post‑Brexit). Ces accords organisent la coordination des cotisations et des droits, mais leurs détails varient : pour certains pays non couverts par un tel accord, l’accès à la sécurité sociale belge reste partiel (pas de chômage ni, parfois, de pension).

Coût concret d’une consultation ou d’un médicament

Pour un expatrié nouvellement arrivé, il est utile de se faire rapidement une idée du coût réel des soins courants, avant et après remboursement. Le tableau ci‑dessous résume quelques chiffres indicatifs pour un assuré affilié au système public, chez des prestataires conventionnés :

Type de soinTarif indicatif totalPart remboursée publiqueTicket modérateur typique
Consultation chez un généraliste~ 27–30 €~ 75 %~ 5–6 €
Consultation spécialiste~ 50 €~ 60–70 %~ 12 €
Passage aux urgences (hors actes)100–150 €part variable25–40 €
Hospitalisation chambre commune (par jour)~ 20 € de forfait patientreste facturé à la mutualité20 € + suppléments éventuels
Ambulance (trajet simple)60–600 € selon distance et soins~ 75 % pour assurés50–100 € de reste possible

Pour les médicaments, la Belgique fonctionne par catégories :

Catégorie de médicamentType de produitTaux de remboursement public
AMédicaments vitaux (ex. anticancéreux)100 %
BThérapeutiquement essentiels75–85 %
CTraitement symptomatique50 %
CxContraceptifs20 %
DNon remboursables (OTC, confort, etc.)0 %

À la pharmacie, en présentant sa carte d’assurance, la part remboursée est directement déduite. Le patient ne paye que sa contribution personnelle. Les médicaments en vente libre (antalgiques simples, vitamines, certains sirops…) ne sont pas remboursés.

Hôpitaux, médecins et langue : trouver un prestataire adapté aux expatriés

Le réseau hospitalier belge est dense, avec plus d’une centaine d’hôpitaux, dont de nombreux CHU et cliniques universitaires (UZ Leuven, UZ Brussel, UZ Gent, Cliniques universitaires Saint‑Luc, CHU de Liège, etc.). La plupart fonctionnent sous statut non lucratif. Les expatriés à Bruxelles, Anvers ou Gand ont la possibilité de se tourner vers des hôpitaux ou centres médicaux habitués à une patientèle internationale, souvent dotés de services linguistiques.

Bon à savoir :

Les médecins généralistes sont la porte d’entrée du système de santé. Il est conseillé de désigner un médecin traitant pour une meilleure coordination des soins et des remboursements optimisés via le Dossier Médical Global. Leurs horaires habituels sont du lundi au vendredi, de 8h à 17h30. En dehors de ces heures, un service de garde est accessible en composant le 1733 ou 1773 (selon la région) ou le 1710 à Bruxelles pour joindre un médecin de garde.

Pour les consultations spécialisées, aucun courrier du généraliste n’est légalement exigé, mais s’y référer peut améliorer le niveau de remboursement et la cohérence du suivi médical. Beaucoup de spécialistes exercent à la fois en hôpital et en cabinet privé.

Exemple :

Dans les grandes villes comme Bruxelles, des centres médicaux tels que Schuman Medical Practice ou Berlaymont GP Group ciblent spécifiquement la communauté internationale. Ils disposent d’équipes pluridisciplinaires parlant couramment anglais, français, néerlandais, ainsi que d’autres langues comme l’allemand, l’italien, le suédois, le polonais et l’arabe. Pour faciliter la recherche, des plateformes en ligne comme Doctoranytime, Doctena, Ordomedic et Air Doctor permettent de filtrer les praticiens selon la langue parlée.

Urgences, numéros d’appel et ambulances

En cas d’urgence vitale, le numéro à composer en Belgique et dans l’UE est le 112. Cet appel est gratuit et accessible à tous, y compris aux touristes sans assurance. Il donne accès aux services d’ambulance, de pompiers et de police. Le 101 est réservé aux urgences policières, tandis que le 1733 permet, dans beaucoup de régions, de joindre une garde médicale hors urgence vitale.

Bon à savoir :

Le pays dispose d’un système de secours gradué comprenant des ambulances de base, des équipes paramédicales (PIT) et des unités mobiles avec médecin urgentiste (MUG/SMUR). Après stabilisation, le patient est transporté vers l’hôpital le plus adapté en fonction de la distance et des soins requis. Tout hôpital avec un service d’urgences est tenu d’accepter les patients pris en charge par ces secours.

La course en ambulance n’est pas gratuite : pour un assuré belge, une partie du coût est remboursée, mais un ticket modérateur, de l’ordre de 50 à 100 €, reste généralement à charge. Sans affiliation, la facture complète est due, avec la possibilité ensuite de solliciter un remboursement via son assurance voyage ou privée.

Une application mobile officielle, « 112 BE », disponible sur iOS et Android, facilite les appels d’urgence avec géolocalisation automatique et options pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Soins pour les enfants et vaccination

Les enfants d’expatriés qui résident en Belgique bénéficient en principe des mêmes droits que les enfants belges, dès lors que leurs parents sont affiliés à une mutualité. Ils sont repris comme personnes à charge, sans cotisation supplémentaire, jusqu’à 18 ans (et souvent jusqu’à 25 ans s’ils poursuivent des études à plein temps).

La prévention infantile est largement organisée par des organismes régionaux :

Structures d’accompagnement en Belgique

En Belgique, l’accompagnement de l’enfant et de la jeunesse est organisé par les communautés. Voici les principaux organismes selon votre région de résidence.

En Flandre

Pour les enfants de 0 à 3 ans, l’organisme de référence est Kind en Gezin.

En Wallonie et à Bruxelles

Pour les enfants de 0 à 6 ans, l’organisme de référence est l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance).

En Communauté germanophone

Pour les enfants et jeunes de 0 à 20 ans, l’organisme de référence est Kaleido Ostbelgien.

Ces services publics offrent gratuitement bilans de santé, pesées, vaccinations, conseils de parentalité, et tiennent le carnet de santé de l’enfant (Carnet de l’enfant). Les vaccins de base (diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, rougeole, etc.) sont fournis gratuitement. La vaccination antipolio est obligatoire.

En cas de maladie, les parents peuvent consulter un pédiatre libéral ou un omnipraticien. Certains hôpitaux, comme l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola à Bruxelles, disposent de services spécialisés pour les enfants.

Soins dentaires : ce qui est couvert, ce qui ne l’est pas

La Belgique intègre les soins dentaires dans son système d’assurance, mais de manière limitée. Une visite annuelle de contrôle, les détartrages, les caries simples ou les extractions sont en général partiellement remboursés. Dans le cadre d’un programme spécifique de soins bucco‑dentaires, une visite de contrôle annuelle est fortement recommandée, voire indispensable, pour conserver un bon niveau de remboursement sur l’année suivante : ignorer ce contrôle peut entraîner une réduction significative de la prise en charge.

Bon à savoir :

Pour les adultes, les actes dentaires lourds (couronnes, bridges, implants, orthodontie tardive) sont souvent très coûteux avec une prise en charge publique faible ou nulle. Pour les enfants de moins de 18 ans, certains soins, dont une partie de l’orthodontie, sont bien mieux remboursés, à condition que le traitement débute avant un âge limite (ex. : avant 15 ans pour un traitement classique, avec possibilité de prolongation jusqu’à 22 ans).

Les coûts varient d’un dentiste à l’autre, et la convention avec l’INAMI joue à plein : un praticien totalement conventionné applique le tarif officiel ; un non conventionné peut facturer des compléments importants. Quelques repères :

Acte dentaire (adultes)Coût indicatif totalRemboursement public courantReste possible à charge
Consultation + examen annuel~ 70–80 €~ 70–75 €quelques euros
Détartrage/filling simple~ 30–40 €60–75 %10–15 € ou plus
Canal radiculaire~ 90 €~ 80 €10–15 €
Couronne, bridge, implant400–1 300 € et plusfaible ou nulquasi totalité

Face à ces montants, beaucoup d’expatriés optent pour une assurance dentaire complémentaire (souvent sous forme d’option chez un assureur comme DKV, Helan, Solidaris, etc.). Mais ces produits prévoient presque toujours des délais d’attente (six mois pour les soins curatifs, douze mois pour orthodontie et implants) et des plafonds annuels de remboursement.

Santé mentale : un volet souvent méconnu mais bien structuré

Le système belge inclut une offre assez large en santé mentale : psychologues, psychothérapeutes, psychiatrés, centres de santé mentale, services hospitaliers spécialisés. Un avantage pour les expatriés : l’accès direct à un psychologue ou à un psychiatre est possible, il n’est pas obligatoire de passer par un généraliste pour obtenir un rendez‑vous, même si c’est souvent conseillé pour coordonner les traitements, notamment si des médicaments sont envisagés.

28

Nombre total de séances de psychologie pouvant être remboursées par an pour un adulte, sous conditions, avec une participation personnelle modique.

Pour les jeunes de moins de 23 ans, l’accès est encore plus favorable : plusieurs programmes prévoient un certain nombre de séances (jusqu’à 10 ou 20 par an) largement, voire totalement, prises en charge, notamment pour la prévention du mal‑être, la gestion de la dépression, de l’anxiété ou des troubles du comportement.

Bon à savoir :

Les expatriés peuvent trouver un soutien auprès d’organismes communautaires comme le Community Help Service (CHS) à Bruxelles, offrant un centre de santé mentale et une ligne d’écoute 24h/24 en anglais, ainsi que des cabinets privés spécialisés dans les transitions culturelles. Les séances chez un psychologue privé coûtent généralement entre 70 et 80 € pour 45 à 60 minutes. Ces frais sont rarement entièrement remboursés par l’assurance maladie publique, sauf si le thérapeute est conventionné. Une assurance privée peut couvrir une partie des coûts.

Cas particuliers : travailleurs, indépendants, étudiants, pensionnés, touristes

La situation d’un expatrié n’est pas la même selon qu’il travaille, étudie, cherche un emploi ou passe seulement quelques mois en Belgique.

Affiliation au système de santé belge

Guide par statut pour comprendre vos obligations et options d’assurance maladie en Belgique.

Salariés d’employeurs belges

Affiliation automatique à la sécurité sociale belge et obligation de rejoindre une mutualité. La famille à charge est couverte via le même organisme.

Salariés détachés ou employés d’entreprises étrangères

Selon les accords, possibilité de rester couvert par le système d’origine (avec formulaire A1, S1) ou de basculer vers le système belge en cas de cotisations locales.

Indépendants et freelances

Obligation de s’enregistrer auprès d’une caisse d’assurances sociales, de payer des cotisations trimestrielles et d’adhérer à une mutualité. Étudier les assurances complémentaires est recommandé.

Étudiants internationaux

Étudiants UE/EEE/UK : la CEAM/GHIC est utile, mais une inscription à une mutualité belge est conseillée pour un long séjour. Étudiants hors UE : assurance santé requise pour le visa, puis inscription possible au système belge.

Retraités

Pensionnés européens : éligibles via le formulaire S1. Ressortissants de pays tiers : vérifier les accords bilatéraux ou souscrire une assurance internationale robuste.

Touristes et visiteurs de courte durée

CEAM (UE) ou GHIC (UK) pour soins nécessaires. Une assurance voyage complémentaire est recommandée. Pour les visas Schengen, une assurance d’au moins 30 000 € est obligatoire.

Pharmacies, ordonnance et médicaments pour les expatriés

Les pharmacies belges, facilement repérables grâce à leur croix verte lumineuse, jouent un rôle central dans le système. Le pharmacien est légalement responsable de la sécurité des délivrances : il doit s’assurer de l’absence d’interactions dangereuses et peut remplacer, sauf mention contraire, un médicament de marque par son générique moins coûteux.

Bon à savoir :

Pour les médicaments sur ordonnance, une prescription d’un médecin autorisé en Belgique est généralement requise. Une ordonnance d’un autre pays de l’UE peut être acceptée, à condition que le médicament existe sur le marché belge (éventuellement sous un nom commercial différent). Il est conseillé aux expatriés sous traitement chronique d’arriver avec une réserve initiale suffisante et de connaître la dénomination commune internationale (nom générique) de leurs médicaments.

À la pharmacie, le système du tiers payant est largement utilisé : en présentant sa carte eID ou ISI+ et son ordonnance, le patient ne règle que la part non remboursée. Les médicaments de catégorie D (confort, OTC) restent à charge intégrale. En garde de nuit ou le week‑end, des suppléments peuvent être facturés. Ils ne sont remboursés que si l’on dispose d’une assurance privée le prévoyant.

Attention :

Les achats en ligne de médicaments sans prescription sont autorisés uniquement via une pharmacie agréée par l’AFMPS, identifiable par un logo spécifique de l’UE. Les médicaments sur prescription, quant à eux, ne peuvent pas être livrés ; ils doivent être réservés en ligne et retirés en pharmacie.

Assurance privée internationale : pourquoi elle reste stratégique pour les expatriés

Même si le système belge est très protecteur, un expatrié a de bonnes raisons d’envisager une assurance privée internationale ou complémentaire :

Pourquoi souscrire une assurance santé privée en Belgique ?

Une complémentaire santé permet de combler les lacunes du système public belge et d’accéder à des services étendus pour une protection optimale.

Couverture de la période de latence

Prend en charge les frais pendant la période d’attente avant l’activation complète des droits publics (souvent jusqu’à six mois).

Prise en charge des suppléments

Rembourse les tickets modérateurs et les suppléments élevés des prestataires non conventionnés ou des chambres individuelles à l’hôpital.

Soins peu remboursés

Finance des soins comme les implants dentaires, les lunettes, les médecines alternatives, la psychothérapie intensive ou la rééducation longue durée.

Protection à l’étranger

Assure une couverture en dehors de la Belgique (voyages, retours au pays), avec assistance rapatriement et évacuation médicale.

Services additionnels

Offre des services comme les consultations vidéo 24/7, un deuxième avis médical, un accompagnement santé mentale et une relation client multilingue.

Les primes varient en fonction de l’âge, de l’étendue géographique (Europe, monde hors USA, monde incluant USA), des franchises choisies et des exclusions éventuelles. Des acteurs comme Cigna Global, Allianz Care, AXA, APRIL International, Business & Expats Health Insurance ou DKV proposent des formules spécifiquement pensées pour les expatriés.

Conseils pratiques pour bien démarrer son parcours de soins en tant qu’expatrié

Au‑delà des aspects purement juridiques et financiers, quelques réflexes facilitent la prise en main du système belge :

Astuce :

Pour une installation sereine en Belgique, anticipez votre couverture santé avant le départ en souscrivant une assurance internationale compatible visa. Scannez et traduisez vos principaux documents médicaux. Dès votre arrivée, enregistrez-vous rapidement à la commune, puis auprès de la sécurité sociale et d’une mutualité pour limiter la période sans remboursement. Identifiez un médecin généraliste et, si nécessaire, un pédiatre près de chez vous. Repérez la pharmacie et l’hôpital avec urgences les plus proches. Enregistrez dans votre téléphone les numéros d’urgence (112, 1733/1773) et ceux de votre assureur. Vérifiez les procédures de facturation et de remboursement avec votre assureur, et privilégiez les prestataires conventionnés INAMI pour maîtriser les coûts. Pour la santé mentale, tournez-vous vers des structures multilingues affiliées à la Commission des psychologues.

En résumé

Les soins de santé pour les expatriés en Belgique reposent sur un équilibre subtil : un système public obligatoire, complet et largement accessible, mais qui ne couvre pas tout et laisse une place importante à l’assurance privée. La qualité des soins, la liberté de choix des prestataires, l’ampleur du réseau hospitalier et pharmaceutique en font une destination particulièrement confortable du point de vue médical.

Astuce :

Pour bénéficier pleinement du système de santé belge, un expatrié doit : s’enregistrer rapidement auprès des autorités, comprendre le rôle essentiel des mutualités, anticiper les délais de carence des assurances, distinguer les prestataires de soins conventionnés des non‑conventionnés, et évaluer avec lucidité la nécessité d’une assurance complémentaire. Une fois ces mécanismes intégrés, le système se révèle lisible, efficace et offre un haut niveau de sécurité sanitaire.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belgique, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Belgique pour son régime favorable aux revenus mobiliers, l’absence d’impôt sur la fortune, une fiscalité plus douce sur certains revenus de capitaux et la proximité géographique et culturelle avec la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale (ex. Bruxelles, Anvers), détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture ou réorganisation des liens fiscaux français (séjour >183 jours/an en Belgique, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocats, fiscalistes, notaires) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire) afin de profiter de la convention fiscale FR‑BE tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôle.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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