S’installer en Belgique séduit de plus en plus d’expatriés, qu’ils soient diplomates, salariés d’institutions européennes, familles internationales ou travailleurs du numérique. Qualité de vie élevée, système de santé performant, écoles de bon niveau, sécurité globalement bonne et ouverture aux étrangers en font une destination très convoitée. Mais une fois le pays choisi, une question revient toujours : dans quel quartier vivre ?
L’offre de logement pour les expatriés en Belgique est vaste et contrastée, allant des communes verdoyantes du sud de Bruxelles aux docks branchés d’Anvers, en passant par les ruelles médiévales de Bruges et les quartiers étudiants de Louvain et Gand. Ce panorama détaillé s’appuie sur des données récentes de marché concernant les loyers, les prix au mètre carré, le profil des habitants et la sécurité.
Comprendre la carte belge des expatriés
Avant d’entrer dans le détail des villes et quartiers, il est utile de comprendre quelques lignes de force du pays. La Belgique est divisée en trois grandes régions : la Flandre néerlandophone au nord, la Wallonie francophone au sud (avec une petite zone germanophone) et la Région de Bruxelles-Capitale, officiellement bilingue. L’anglais est largement parlé, surtout dans les grandes villes et les environnements professionnels internationaux.
La majorité des expatriés se concentrent dans et autour de Bruxelles, capitale du pays mais aussi siège de nombreuses institutions européennes et de l’OTAN. Antwerp, Ghent, Bruges, Leuven, Liège, Waterloo, Tervuren ou encore Louvain-la-Neuve apparaissent aussi régulièrement dans les radars des nouveaux arrivants.
Le coût de la vie est élevé à l’échelle européenne, mais reste en moyenne inférieur au Royaume‑Uni et relativement comparable à d’autres pays d’Europe occidentale. Côté logement, les prix les plus élevés se trouvent dans la Région de Bruxelles-Capitale, suivie par les grandes villes flamandes, tandis que la Wallonie reste globalement plus abordable.
Pour situer rapidement quelques repères de coût, voici une synthèse des loyers moyens dans les principales villes belges (tous types de quartiers confondus) :
| Ville | Loyer moyen mensuel (appartement) | Prix moyen appartement (€/m²) | Commentaire général |
|---|---|---|---|
| Brussels | ≈ 1 415 € | ≈ 3 483 € | Ville la plus chère du pays |
| Antwerp | ≈ 1 051 € | ≈ 2 882 € | 2ᵉ ville la plus chère |
| Ghent | ≈ 986 € | ≈ 3 470 € | Forte demande étudiante |
| Bruges | ≈ 770 € | ≈ 3 065 € | Centre historique très cher |
| Liège | ≈ 824 € | ≈ 2 318 € | Plus abordable, mais plus risqué |
| Charleroi | ≈ 667 € | ≈ 1 651 € | Parmi les moins chers |
| Namur | ≈ 1 226 € (pers. seule, total) | n.d. | Ville réputée la moins chère |
Ces moyennes masquent évidemment d’énormes différences entre quartiers. C’est précisément là que se joue le choix des expatriés.
Bruxelles : capitale européenne et mosaïque de quartiers
Bruxelles concentre l’essentiel de la population expatriée du pays. Environ 37 % des résidents y sont non belges et certains quartiers comptent plus de 40 % d’étrangers. La ville est compacte : depuis la plupart des communes, rejoindre le centre prend moins de 30 minutes. Mais chaque commune — on en compte 19 — possède sa propre identité, son marché immobilier, son ambiance et son degré de verdure.
Globalement, les prix à l’achat dans la Région bruxelloise tournent autour de 3 296 € par mètre carré en 2025, avec une progression annuelle d’environ 3 %. Le loyer moyen pour un appartement une chambre se situe vers 1 200 €. Pour les expatriés, quelques communes se détachent nettement.
Ixelles : le quartier « cool » par excellence
Ixelles (1050) est sans doute le nom qui revient le plus souvent lorsqu’on interroge les expatriés installés à Bruxelles. Ce vaste secteur au sud‑est du centre combine quasiment tous les atouts : ambiance cosmopolite, offre culturelle abondante, proximité des institutions européennes, nombreux parcs et étangs, et une importante communauté internationale.
Le quartier est décrit comme dynamique, verdoyant et haut de gamme. Les résidents étrangers y représenteraient environ la moitié de la population, avec une forte présence de Français, de jeunes actifs et d’étudiants, grâce à la proximité des universités ULB et VUB. On y trouve aussi des ONG, des sociétés internationales et des bureaux liés à l’UE.
Côté immobilier, Ixelles figure parmi les secteurs les plus chers de la capitale. Le prix d’achat moyen dépasse 4 250 € par mètre carré, avec une croissance annuelle d’environ 3,7 %. Pour une location, un appartement une chambre coûte en moyenne 1 374 € par mois, et les studios oscillent souvent entre 670 € et 900 €, tandis que les deux chambres atteignent facilement 1 900 € à 3 000 €.
Les sous‑quartiers emblématiques sont Châtelain (rues arborées, marché du mercredi, boutiques indépendantes), Flagey (bars, restaurants, vie nocturne, étangs), Matongé (quartier africain animé), ainsi que les abords des étangs d’Ixelles et de l’abbaye de la Cambre. L’avenue Louise, à cheval entre Ixelles et la Ville de Bruxelles, concentre boutiques de luxe et bureaux.
Pour les expatriés, l’attrait principal tient à ce mélange de vie de quartier très locale (marchés, cafés de coin de rue) et de densité de services internationaux : écoles, bureaux européens, commerces spécialisés. La commune est aussi considérée comme l’une des plus sûres de Bruxelles.
Uccle : la banlieue verte et aisée
Uccle (1180) s’impose comme un aimant pour les familles expatriées à la recherche de maisons spacieuses et de jardins, tout en restant à portée de la ville. Située au sud de Bruxelles, cette commune combine un caractère résidentiel affirmé, une densité de population relativement basse et un environnement extrêmement verdoyant, grâce à la proximité du Bois de la Cambre et de la Forêt de Soignes.
Le prix d’achat immobilier dans le quartier dépasse 4000 € par mètre carré.
Le revers de la médaille : peu de métro (les habitants ont refusé son extension), des embouteillages fréquents et une vie nocturne moins développée que dans Ixelles ou Saint‑Gilles. Mais pour les familles en quête de calme, de sécurité (la commune figure parmi les plus sûres de la capitale) et d’accès rapide aux écoles internationales (British School of Brussels ou International School of Brussels à proximité), Uccle reste l’une des adresses les plus recherchées.
Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert : les « Woluves » très famille
À l’est de Bruxelles, Woluwe-Saint-Pierre (1150) et Woluwe-Saint-Lambert (1200) constituent un autre pôle d’attraction majeur pour les expatriés, notamment ceux qui travaillent dans les institutions européennes ou dans les sièges d’entreprises installées le long de l’avenue de Tervuren.
Woluwe-Saint-Pierre est une commune résidentielle cossue, constellée de villas avec jardin, d’ambassades et de grands parcs comme le parc de Woluwe ou les étangs Mellaerts. La sécurité y est très élevée. Le loyer pour un appartement une chambre oscille entre 1 300 € et 1 600 €, ce qui place la commune dans le haut du panier. Elle abrite ou jouxte plusieurs écoles internationales, dont le British School of Brussels et des écoles européennes.
Woluwe-Saint-Lambert, voisine immédiate, offre un cadre tout aussi tranquille et verdoyant, avec un léger avantage côté budget. Elle accueille le grand centre commercial Woluwe Shopping Centre, diverses infrastructures sportives et reste bien desservie par le métro. Sa population compte une forte proportion de résidents étrangers (près de 38 % dans l’ensemble des Woluves).
Pour les familles expatriées, il est conseillé de privilégier les communes offrant un accès rapide à l’aéroport, aux grands axes routiers et à la zone européenne. Ces lieux doivent également proposer un large choix d’écoles et conserver une atmosphère de banlieue calme.
Etterbeek et le Quartier européen : au plus près des institutions
Etterbeek (1040) et le Quartier européen, qui s’étend sur la Ville de Bruxelles et une partie d’Etterbeek, forment l’épicentre de la vie professionnelle de nombreux expatriés. C’est ici que se concentrent la Commission européenne, le Conseil, le Parlement et une myriade de cabinets, ONG et lobbys.
Etterbeek présente un visage très résidentiel, avec des rues arborées, des maisons de maître et des immeubles d’appartements. Les expatriés y représentent près de la moitié de la population. L’offre scolaire y est dense : écoles européennes, établissements internationaux, écoles publiques bilingues. Les loyers pour une chambre se situent vers 1 100–1 300 €; l’achat tourne autour de 3 950 € le mètre carré, avec une progression annuelle proche de 3 %.
Le Quartier européen lui-même, autour de Schuman et de la place du Luxembourg, attire surtout les jeunes actifs : immeubles modernes, appartements récents, cafés débordants après le travail, une vie sociale très rythmée par le calendrier européen. Ce n’est pas le secteur le plus authentique de Bruxelles, mais pour qui souhaite vivre à deux pas de son bureau, l’efficacité prime.
Saint-Gilles et Forest : l’option artistique et plus abordable
Juste à l’ouest d’Ixelles, Saint‑Gilles (1060) est devenue en quelques années l’un des terrains de jeu préférés des artistes, des jeunes créatifs et des expatriés à la recherche d’un quartier vivant mais un peu plus abordable que son voisin. On y trouve une architecture Art nouveau remarquable, des cafés originaux, des restaurants du monde entier et une vie de quartier foisonnante autour du Parvis de Saint‑Gilles.
Les loyers y sont nettement plus doux que dans Ixelles : 900 à 1 100 € pour un appartement une chambre, avec un prix d’achat autour de 3 700 € le mètre carré. La sécurité est jugée moyenne : la gentrification a fait reculer certains problèmes, mais les abords de la gare du Midi ou certaines rues restent à aborder avec prudence la nuit.
La commune de Forest, voisine de Saint-Gilles, combine une vie de quartier animée avec la présence de grands parcs comme le parc de Forest et le parc Duden. Son territoire très vallonné offre de belles vues sur Bruxelles. On y trouve des maisons de style bruxellois, souvent à des prix plus accessibles, ce qui attire les familles souhaitant être proches des zones dynamiques tout en bénéficiant d’un cadre vert.
Schaerbeek, Anderlecht, Evere : les paris « budget »
Pour les expatriés au budget plus serré, plusieurs communes bruxelloises offrent encore des opportunités intéressantes, au prix de quelques compromis.
Schaerbeek (1030), au nord‑est, est une véritable mosaïque culturelle, avec plus de 140 nationalités. Autour du parc Josaphat, de belles maisons Art nouveau, des rues calmes et une vie de quartier très appréciée. Les loyers pour une chambre tournent entre 850 € et 1 000 €, avec un prix au mètre carré aux environs de 3 200 €. Certaines zones restent plus délicates, mais la commune connaît un fort mouvement de rénovation et les prix y progressent rapidement (+4,8 % par an).
Anderlecht (1070), à l’ouest, fait souvent figure de « bon plan » pour ceux qui cherchent à se loger en dessous de 1 000 € par mois pour un appartement une chambre (environ 800–950 €). Longtemps perçue comme plus populaire, la commune se transforme, avec un canal en pleine reconversion immobilière, des espaces de coliving et une bonne desserte en transports. Comme dans Schaerbeek, la perception de la sécurité varie beaucoup d’un quartier à l’autre.
Evere (1140), au nord‑est, reste méconnue des nouveaux arrivants mais attire déjà les salariés de l’OTAN. On y trouve encore des maisons de petite taille et des logements à prix plus accessibles : 800–950 € pour une chambre, autour de 3 050 € le mètre carré à l’achat, avec une progression annuelle d’environ 3,9 %.
Les communes ultra‑vertes : Watermael-Boitsfort, Auderghem
Autre catégorie très appréciée par les expatriés, notamment les familles : les communes qui bordent directement la Forêt de Soignes, comme Watermael‑Boitsfort (1170) et Auderghem (1160). Dans la première, plus de la moitié du territoire est couvert de forêts et de réserves naturelles. La densité de population y est la plus faible de Bruxelles, avec une ambiance de village à quelques minutes de tram du centre.
Les loyers (1 100–1 400 € pour une chambre) et les prix à l’achat (environ 3 800 € le mètre carré) restent élevés mais légèrement inférieurs à ceux d’Ixelles et Uccle. La criminalité est parmi les plus basses de la région. Auderghem, voisine, partage ce caractère mi‑urbain mi‑forestier, avec l’avantage d’être bien connectée et de compter des écoles comme l’International Montessori School. Là encore, la clientèle expatriée est essentiellement familiale.
Pour résumer le panorama bruxellois, on peut dresser un tableau comparatif de quelques communes phares auprès des expatriés :
| Commune | Loyer 1 ch. (moy.) | Prix achat (€/m²) | Profil dominant | Sécurité perçue |
|---|---|---|---|---|
| Ixelles | ≈ 1 374 € | ≈ 4 257 € | Jeunes pros, diplomates | Élevée |
| Uccle | 1 200–1 500 € | ≈ 4 013 € | Familles aisées, diplomates | Très élevée |
| Woluwe-St-Pierre | 1 300–1 600 € | n.d. | Familles, cadres EU | Très élevée |
| Etterbeek | 1 100–1 300 € | ≈ 3 956 € | EU workers, familles | Modérée à élevée |
| Saint-Gilles | 900–1 100 € | ≈ 3 691 € | Artistes, jeunes créatifs | Moyenne |
| Schaerbeek | 850–1 000 € | ≈ 3 224 € | Budget, très multiculturel | Moyenne, contrastée |
| Anderlecht | 800–950 € | n.d. | Budget, quartier en mutation | Variable selon zones |
| Watermael-Boitsfort | 1 100–1 400 € | ≈ 3 815 € | Familles nature / écoles | Très élevée |
| Auderghem | 1 050–1 350 € | ≈ 3 721 € | Familles, proximité forêt | Bonne |
Antwerp : la métropole créative et portuaire
Deuxième ville du pays, Antwerp (Antwerpen) attire de nombreux expatriés, notamment dans les secteurs du diamant, de la pétrochimie, de la logistique et de la mode. Près de 57 % de la population y a un background international et au moins 166 nationalités y cohabitent. La ville est réputée plus abordable que Bruxelles tout en offrant une vie culturelle et nocturne très riche.
Le coût de la vie reste cependant élevé à l’échelle mondiale : Antwerp figure parmi les villes les plus chères d’Europe de l’Ouest, même si elle reste nettement moins coûteuse que Londres, Amsterdam ou New York. Côté logement, le loyer moyen d’un appartement tourne autour de 1 000 à 1 500 € par mois, avec un prix d’achat en ville de l’ordre de 3 100–3 900 € par mètre carré selon l’emplacement.
Plusieurs quartiers se détachent pour les expatriés.
Het Eilandje : les docks branchés
Au nord du centre historique, Het Eilandje (« le petit îlot »), ancien quartier portuaire, s’est mué en emblème de la reconversion urbaine. Les docks industriels ont laissé place à des immeubles contemporains, des lofts et des penthouses avec vue sur l’eau, des musées, des galeries et une myriade de restaurants, souvent spécialisés en fruits de mer.
Le quartier attire particulièrement les expatriés freelances et créatifs grâce à son atmosphère moderne, ses espaces de coworking et son ambiance locale et vivante, moins touristique que le centre historique. Cependant, le coût de la vie y est légèrement plus élevé que la moyenne de la ville.
Berchem et Zurenborg : Art nouveau et ambiance familiale
Berchem, au sud du centre, est l’un des secteurs les plus populaires auprès des familles internationales. On y trouve de nombreuses maisons Art nouveau, des parcs comme le parc de sculptures du Middelheim et une forte vie de quartier. Le mélange de logements modernes et de maisons familiales, combiné à la proximité d’écoles de qualité (publiques, privées ou internationales), en fait une valeur sûre pour les expatriés avec enfants.
Un quartier d’Anvers à cheval sur Berchem et la ville-centre, réputé pour son architecture exceptionnelle de la fin du XIXᵉ siècle et son atmosphère raffinée.
Concentre certains des plus beaux exemples d’architecture de la fin du XIXᵉ siècle, avec des façades richement décorées.
Rues très soignées, animées par des cafés et restaurants raffinés, créant un cadre très prisé.
Quartier particulièrement apprécié par les jeunes actifs et les familles aisées.
Considéré comme l’un des quartiers les plus chers de la ville d’Anvers.
‘t Zuid et Nieuw Zuid : art, restaurants et vie nocturne
Au sud du centre, ‘t Zuid est le quartier culturel et festif par excellence. On y trouve de grands musées (Photo Museum FOMU, musée d’art contemporain), des galeries, des bars branchés et une offre gastronomique très fournie. Les jeunes professionnels expatriés affectionnent particulièrement ce secteur, qui combine ambiance urbaine, accès aux services et proximité du centre.
Nieuw Zuid, juste au‑delà, représente la nouvelle vague : un développement urbain pensé autour de la durabilité, avec de nombreux immeubles récents, des espaces verts intégrés et des logements prisés par les startups et les cadres du numérique. Pour ceux qui souhaitent un appartement moderne dans un environnement planifié, ce secteur constitue une alternative intéressante.
Merksem, Deurne, Hoboken : plus verts et plus abordables
Pour des loyers plus raisonnables et davantage d’espace, plusieurs districts périphériques d’Antwerp séduisent les expatriés.
Merksem, situé au nord, est réputé pour son immense parc Rivierenhof, l’un des plus grands de la région, offrant sentiers, concerts en plein air et équipements sportifs. Le quartier se caractérise par un fort esprit communautaire, une bonne réputation de ses écoles et un environnement considéré comme accueillant pour les familles.
Deurne, à l’est, est décrit comme la partie la plus verte d’Antwerp, à seulement 15 minutes de vélo du centre. Les expatriés qui cherchent un compromis entre nature et accès à la ville y trouvent souvent leur compte.
Hoboken, au sud, a conservé un esprit de village, avec un grand espace naturel (le Hobokense Polder) offrant de vastes possibilités de randonnée, de pique‑nique et d’observation des oiseaux. Les infrastructures sportives y sont nombreuses, tout comme les commerces de proximité et un marché hebdomadaire réputé.
Quartiers centraux et prudence
Le centre historique d’Antwerp, très touristique, est spectaculaire mais pas forcément le plus pratique pour les résidents de long terme : beaucoup de logements y sont orientés vers la location courte durée, les prix sont plus élevés et l’animation nocturne peut gêner certains. Les expatriés privilégient plutôt les quartiers cités plus haut.
Certains secteurs, comme le quartier rouge (Schipperskwartier) ou la zone de Seefhoek autour de De Coninckplein et Sint‑Jansplein, sont signalés comme moins sûrs, surtout la nuit. Sans être des « no‑go zones », ils demandent davantage de vigilance.
Ghent : la ville universitaire médiévale
Ghent combine une vieille ville médiévale remarquablement préservée, des canaux, deux sites classés à l’UNESCO et une vie étudiante très dynamique (près de 30 % de la population). Le centre historique est largement piétonnier et la ville est extrêmement favorable aux cyclistes, avec de nombreuses zones sans voitures.
La communauté internationale y reste plus modeste qu’à Bruxelles ou Antwerp (un peu plus de 15 % de résidents non belges), mais elle progresse, portée par l’université, la recherche en ingénierie et sciences de la vie, et la réputation de la ville comme destination de qualité de vie.
Les loyers à Gand sont légèrement inférieurs à ceux d’Anvers, avec un studio autour de 1 500 € par mois et une colocation entre 900 € et 1 200 €. La criminalité y est relativement basse, ce qui en fait l’une des villes les plus sûres de Belgique, notamment pour la communauté LGBTQ+.
Pour les expatriés, plusieurs quartiers du centre se distinguent :
– Muinparkwijk, apprécié pour ses maisons abordables avec jardin, souvent occupées par de jeunes familles.
– Coupure, le long de l’eau, où d’anciennes maisons se sont transformées en logements de charme.
– Patershol et Prinsenhof, avec leurs ruelles pavées, restaurants et musées, très prisés de ceux qui veulent vivre au cœur du Ghent pittoresque.
– Visserij, au sud‑est du centre, plus calme, avec des chemins arborés le long de l’eau et des maisons en rangée.
Quelques zones, comme Brugse Poort, Nieuw Gent ou même le parc de la Citadelle, sont déconseillées tard le soir, mais la ville reste globalement rassurante.
Bruges : la carte postale médiévale, du centre historique aux quartiers familiaux
Bruges (Brugge) est l’archétype de la ville « carte postale » avec son centre médiéval, ses canaux et ses rues pavées. Le cœur historique est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et attire des foules de touristes. Mais derrière cette façade, la ville devient aussi un petit hub pour les technologies et les services bancaires, attirant certains nomades digitaux.
Le coût de la vie à Bruges est relativement élevé pour la taille de la ville, particulièrement pour le logement dans le centre historique. Les quartiers autour du Markt (grande place) et de la Burg concentrent les attractions, les restaurants et les hébergements les plus onéreux, qui sont peu adaptés à une installation familiale de longue durée.
Pour les expatriés qui souhaitent s’installer dans un environnement plus calme, plusieurs districts au‑delà des canaux retiennent l’attention : Sint‑Jozef, Sint‑Pieters, Sint‑Andries et Sint‑Michiels. Ces secteurs offrent des maisons plus grandes, des rues plus tranquilles, tout en restant à courte distance à vélo du centre. Ils plaisent particulièrement aux familles et aux retraités qui apprécient le rythme plus lent, la sécurité et la proximité de la mer.
Leuven et Louvain-la-Neuve : les deux villes étudiantes
Leuven, en Flandre, et Louvain‑la‑Neuve, en Wallonie, incarnent deux visages complémentaires de la vie universitaire belge.
Leuven : jeune, internationale et très cyclable
Leuven abrite l’une des plus anciennes et plus réputées universités d’Europe, KU Leuven, classée dans le top 50 mondial. La ville compte un peu plus de 100 000 habitants, dont une grande part d’étudiants, près de la moitié des inscrits étant internationaux. Le centre est compact, idéal à vélo, et la culture du vélo y est tellement dominante qu’y posséder une voiture est presque considéré comme atypique.
Le loyer mensuel minimum pour une chambre en colocation à Bruxelles, souvent charges incluses.
Pour les expatriés, Leuven est une excellente option si l’on travaille dans l’axe Bruxelles–Leuven (25 minutes de train) ou si l’on vient étudier. L’ambiance y est internationale, avec un nombre croissant de résidents de diverses nationalités.
Louvain-la-Neuve : ville nouvelle et piétonne
Louvain‑la‑Neuve, bâtie ex nihilo pour accueillir l’université francophone UCLouvain, est devenue au fil des décennies un pôle de vie propre, avec une population mêlant étudiants, chercheurs, jeunes familles et expatriés. La ville, en grande partie piétonne et organisée autour de quartiers comme Baraque, Biéreau, Bruyères, Hocaille et Lauzelle, se veut durable, avec beaucoup d’espaces verts.
La présence du Musée Hergé et d’un parc scientifique attire les professionnels de la recherche et des technologies. Pour les familles, le cadre est sécurisé avec des écoles et une ambiance de petite ville étudiante, mais il faut accepter l’atmosphère très « campus » des lieux.
Waterloo, Tervuren, Rixensart : la couronne verte des expatriés autour de Bruxelles
Autour de Bruxelles, plusieurs villes et communes wallonnes ou flamandes se sont imposées comme terres d’accueil privilégiées des familles expatriées qui veulent plus d’espace, un environnement très vert et des maisons avec jardin, tout en restant à distance raisonnable des institutions européennes ou des grands sièges d’entreprise.
Waterloo : bastion des familles internationales
À une vingtaine de minutes au sud de Bruxelles, Waterloo est une petite ville wallonne dont la notoriété historique (la bataille de 1815) masque parfois son rôle actuel de bastion expatrié. Environ 20 % de la population est non belge, avec une forte présence d’Américains et de Scandinaves.
Le prix moyen d’achat d’une maison dans cette zone avoisine les 400 000 euros.
Waterloo séduit par son autonomie (bons commerces, centres commerciaux, restaurants, infrastructures sportives importantes) et surtout par son offre d’écoles internationales, notamment St. John’s International School ou ISF Waterloo. Pour de nombreuses familles expatriées, le choix de Waterloo se fait d’abord via celui de l’école.
Tervuren : campagne chic aux portes de Bruxelles
À l’est de Bruxelles, mais officiellement en Flandre, Tervuren propose un cadre presque rural à quelques minutes de tram (ligne 44) du métro bruxellois. Ses atouts principaux : un immense parc entourant le AfricaMuseum, de grands jardins, des maisons spacieuses souvent sur de grandes parcelles, et un environnement très vert. La commune compte parmi les plus aisées du pays.
Les prix immobiliers reflètent cette réputation : les maisons y sont souvent très chères, mais pour les familles expatriées qui en ont les moyens, le compromis est idéal : air de campagne, proximité du British School of Brussels et accès assez direct à Bruxelles. La population y est fortement internationale; l’anglais s’entend autant que le néerlandais et le français.
Rixensart et Genval : entre lac, train et calme
Rixensart, en Brabant wallon, fait figure de petit havre francophone dans la ceinture flamande. Son quartier de Genval, en particulier, au bord d’un lac avec installations de sports nautiques, est l’un des secteurs les plus prisés—et les plus chers—de la région. La vue sur le lac et l’ambiance de villégiature en font une destination prisée des familles à la recherche de calme.
La commune est très bien reliée à Bruxelles par le train : une vingtaine de minutes suffisent pour rejoindre la capitale, ce qui permet à de nombreux expatriés de travailler à Bruxelles tout en vivant dans un environnement beaucoup plus détendu et verdoyant.
Liège, Namur, Mons : les options wallonnes plus abordables
Si Bruxelles et les grandes villes flamandes concentrent l’essentiel des expatriés, certaines villes wallonnes attirent ceux qui recherchent des coûts plus faibles, une ambiance plus francophone ou des environnements plus provinciaux.
Liège, en reconversion post-industrielle, est une ville étudiante dynamique avec une forte proportion d’étrangers. Les expatriés privilégient les boulevards Frère-Orban et Piercot, ainsi que le quartier culturel d’Outremeuse. Les loyers y sont abordables (environ 900 €/mois en moyenne), mais le taux de criminalité, élevé pour la Belgique, nécessite un choix de quartier attentif.
Namur, capitale de la Wallonie, est souvent citée comme la ville la moins chère de Belgique pour une personne seule, avec un coût mensuel moyen tournant autour de 1 226 €. Son centre historique, au bord de la Meuse, attire des retraités et des familles qui privilégient une vie plus tranquille. Mons, autre ville wallonne, est réputée pour ses festivals et son calendrier culturel dense, avec un coût de vie également plus doux que dans les métropoles du nord.
Comment choisir son quartier en tant qu’expatrié ?
Face à la richesse de l’offre belge, le choix du quartier pour un expatrié ne peut pas se résumer à une simple question de prix. Plusieurs critères se combinent, souvent de façon très personnelle.
La proximité de l’emploi reste déterminante pour les salariés des institutions européennes ou d’entreprises précises : vivre à Etterbeek, Woluwe-Saint-Pierre ou Ixelles lorsqu’on travaille au Quartier européen raccourcit drastiquement les trajets quotidiens. À l’inverse, ceux qui télétravaillent peuvent viser des communes plus éloignées — Rixensart, Tervuren, Waterloo, voire des villes comme Leuven ou Mechelen — pour bénéficier de jardins plus grands et de loyers plus raisonnables.
Pour les familles expatriées, la localisation des écoles internationales est un critère déterminant pour le choix du logement. Les principaux pôles se situent à Bruxelles (Ixelles, Uccle, Woluwe, Watermael-Boitsfort), ainsi qu’à Anvers, Waterloo, Mons, Gand et Mol. S’inscrire dans une École Européenne peut notamment orienter l’installation vers les quartiers proches de ses campus à Bruxelles.
Le budget, lui, oriente vers des options très différentes. À Bruxelles, un même niveau de revenu ne permet pas la même chose à Ixelles qu’à Schaerbeek ou Anderlecht. À l’échelle nationale, louer à Charleroi, Namur ou Liège coûte nettement moins cher qu’à Brussels ou Antwerp. Il faut aussi compter les frais annexes : dépôt de garantie de deux à trois mois de loyer, charges communes, assurance obligatoire contre l’incendie, et factures de gaz, électricité, eau et internet qui atteignent souvent autour de 200 € par mois pour un appartement de taille moyenne.
La Belgique est globalement sûre, mais des écarts existent au sein des villes. Des communes comme Uccle ou Watermael-Boitsfort ont une criminalité très basse, tandis que les abords des gares principales et certains quartiers populaires nécessitent plus de vigilance, particulièrement de nuit.
Enfin, il y a la question du style de vie souhaité. Certains expatriés chercheront avant tout un environnement vibrant, avec bars, restaurants et vie nocturne — ils privilégieront alors le centre de Brussels, Ixelles, Saint‑Gilles, ‘t Zuid à Antwerp ou le cœur de Ghent. D’autres donneront la priorité aux espaces verts et à la tranquillité, et regarderont plutôt du côté d’Uccle, Watermael‑Boitsfort, Tervuren, Rixensart, Merksem ou Hoboken.
Une géographie mouvante, des tendances claires
Les données de marché montrent que les quartiers préférés des expatriés sont souvent ceux où les prix augmentent le plus vite : Ixelles, Schaerbeek, Saint‑Gilles, Auderghem, Evere enregistrent tous des hausses de prix au‑delà de 3 % par an, parfois près de 5 %. L’arrivée d’une population internationale, souvent dotée de budgets plus confortables que la moyenne locale, tire mécaniquement les loyers vers le haut, en particulier dans les zones proches des institutions et des écoles internationales.
De nouvelles dynamiques résidentielles émergent : le coliving se développe dans le centre de Bruxelles, des projets modernes fleurissent dans les quartiers de docks à Anvers, et les villes étudiantes deviennent des hubs cosmopolites. Parallèlement, le télétravail rend attractives des zones périphériques pour les expatriés recherchant plus d’espace tout en restant proches de la capitale.
Pour les futurs arrivants, l’enjeu est de concilier ces tendances avec leurs propres priorités. La bonne nouvelle, c’est que la Belgique, malgré la pression sur le marché locatif (les loyers ont globalement augmenté de plus de 18 % entre 2021 et 2025), reste plus accessible que certaines grandes métropoles d’Europe de l’Ouest. La diversité de ses quartiers permet à chacun — célibataire, famille, étudiant, retraité — de trouver un compromis entre budget, confort et environnement.
Pour les expatriés, il est utile de connaître les quartiers déjà prisés, ceux concentrant écoles, institutions et services internationaux. Cependant, la décision finale doit se prendre sur place, en explorant les différentes communes et atmosphères (comme Ixelles, Uccle, Anvers ou Gand), car le bon quartier est avant tout celui où l’on se sent chez soi.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belgique, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Belgique pour son cadre fiscal plus favorable sur certains revenus (notamment l’absence d’impôt sur la fortune, la fiscalité avantageuse sur de nombreux revenus mobiliers via précompte libératoire et la possibilité d’optimiser la taxation des plus-values privées), tout en restant au cœur de l’UE et à proximité immédiate de la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence via inscription communale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre intérêts économiques…), mise en relation avec réseau local (avocat, fiscaliste, agents immobiliers) et intégration patrimoniale globale. Ce type d’accompagnement permet de sécuriser l’optimisation fiscale (économies significatives sur revenus de placements et transmission) tout en maîtrisant les risques de double imposition via la convention FR‑BE.
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