Investir dans l’immobilier à l’étranger quand on est expatrié : le cas de la Belgique

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à l’étranger tout en construisant un patrimoine immobilier est devenu un objectif courant chez les cadres mobiles, les entrepreneurs et les familles expatriées. Dans ce paysage, la Belgique occupe une place singulière. Marché stable, cadre juridique très protecteur, fiscalité particulière, mais aussi coûts de transaction élevés et fortes différences régionales : investir en Belgique peut être une excellente opération à condition d’en comprendre finement les règles.

Bon à savoir :

Cet article est un guide complet destiné aux expatriés souhaitant acheter un bien en Belgique. Il couvre l’investissement à distance, et aide à choisir entre l’acquisition d’une résidence principale et la constitution d’un portefeuille locatif.

Pourquoi la Belgique attire les investisseurs expatriés

La Belgique cumule plusieurs atouts rarement réunis sur un seul marché. Située au cœur de l’Europe, membre de l’UE et de l’OTAN, elle affiche une économie diversifiée (services, industrie, logistique), un PIB d’environ 578 milliards de dollars et une note de crédit S&P AA avec perspective stable. Autrement dit, un environnement macroéconomique robuste, sans excès ni emballement.

2.2

C’est la progression annuelle moyenne des prix de l’immobilier résidentiel en Suisse sur plus de quarante ans.

Autre élément structurant : une culture de la propriété très ancrée. Environ 71 à 72 % des ménages belges sont propriétaires, au-dessus de la moyenne européenne. L’expression locale « chaque Belge naît avec une brique dans le ventre » illustre cette préférence. Les pouvoirs publics ont longtemps encouragé cet appétit via des dispositifs fiscaux comme le « bonus logement » (avantage d’environ 40 % sur certaines dépenses liées au crédit).

Exemple :

Pour un investisseur étranger, la forte culture de la propriété en Allemagne génère un marché locatif tendu dans de nombreuses villes, car une grande partie de la population privilégie l’achat. Cette situation crée une demande locative soutenue, principalement portée par des profils spécifiques : les expatriés européens (fonctionnaires, diplomates, employés de multinationales), les étudiants, et les cadres des secteurs technologiques ou logistiques.

Le pays compte par ailleurs plus de 2,2 millions de résidents nés à l’étranger, et près de 70 % des habitants de la capitale ont des origines étrangères. Résultat : un environnement social très international, où l’anglais circule largement aux côtés du français, du néerlandais et de l’allemand, ce qui facilite les démarches pour un expatrié.

Investir sans être résident : un cadre très ouvert

Pour un investisseur non résident, la première question est souvent celle-ci : ai-je le droit d’acheter sans statut particulier dans le pays ? En Belgique, la réponse est claire : oui.

Bon à savoir :

En Belgique, les étrangers, qu’ils soient citoyens de l’UE ou ressortissants de pays tiers, ont les mêmes droits de propriété que les Belges. Il n’y a aucune restriction basée sur la nationalité, aucune limite sur le nombre de biens possédés, et aucun seuil minimum d’investissement. Il n’est pas nécessaire d’être résident pour acheter, et l’acquisition peut être finalisée sans séjourner sur place, grâce à un notaire et, si besoin, une procuration.

En revanche, la Belgique ne propose pas de « Golden Visa » classique lié à l’achat immobilier. Acheter un appartement à Bruxelles ou une maison en Flandre ne donne pas en soi droit à un permis de séjour. À l’inverse de pays comme le Portugal, la Grèce ou Chypre, la Belgique a opté pour une logique centrée sur l’activité économique plutôt que l’investissement passif.

Le fait de posséder un bien peut toutefois renforcer un dossier de résidence (il démontre un ancrage local et garantit un logement), mais il ne suffit jamais à lui seul. Les voies habituelles de résidence sont l’emploi, la création d’entreprise, la carte bleue européenne, la réunification familiale ou certaines catégories de visa de long séjour.

Panorama des prix et des rendements dans les principales régions

Pour un expatrié, comprendre les écarts de prix entre régions est essentiel pour calibrer son budget et ses attentes de rendement. La Belgique est divisée en trois grandes régions – Flandre, Bruxelles-Capitale et Wallonie – qui ont chacune leurs propres dynamiques de marché et de taxation.

Niveaux de prix par région

Les données récentes montrent des différences marquées, aussi bien entre régions qu’entre types de biens.

Région / VillePrix moyen appartement (€/m²)Prix moyen maison (€/m²)Prix moyen global estimé
Bruxelles (Région)3 423 – 4 3543 308 – 3 396550 000 – 600 000 €
Flandre (ensemble)3 064 – 3 483 (urbain)2 049 – 2 400≈ 350 000 €
Wallonie (ensemble)≈ 2 7201 487 – 1 673200 000 – 250 000 €
Anvers (ville)≈ 2 849
Liège (ville)≈ 2 426 (appart.)≈ 1 790 (maisons)

Pour un budget équivalent, un investisseur obtient donc plus de surface en Wallonie qu’à Bruxelles, et souvent un meilleur rendement brut dans certaines villes wallonnes ou flamandes secondaires. À Bruxelles, le ticket d’entrée est clairement plus élevé, mais la demande internationale et institutionnelle y est aussi très forte.

Rendements locatifs selon les villes

Les rendements bruts restent attractifs pour un marché développé, surtout dans certaines villes étudiantes ou industrielles. Les données disponibles pour le premier trimestre 2026 donnent une bonne image des écarts entre marchés.

VilleRendement locatif brut moyen
Bruxelles≈ 5,75 %
Liège≈ 5,17 %
Anvers≈ 4,77 %
Ostende≈ 4,35 %
Louvain≈ 3,97 %
Malines≈ 3,99 %
Bruges≈ 2,83 %

Dans le détail, les studios et petits appartements offrent souvent les meilleurs rendements bruts, notamment à Bruxelles et Liège, mais avec parfois plus de rotation locative. Il faut aussi garder à l’esprit que les rendements nets sont généralement 1,5 à 2 points inférieurs aux bruts une fois intégrés l’impôt, le précompte immobilier, les charges de copropriété et les travaux.

Astuce :

Pour un expatrié recherchant un équilibre entre rendement et sécurité, les villes comme Bruxelles, Anvers, Gand, Louvain ou Liège offrent des points d’entrée intéressants. Elles bénéficient d’une demande locative diversifiée et stable, portée par des profils variés tels que les eurocrates, les cadres des secteurs portuaires ou logistiques, les étudiants, les chercheurs et les travailleurs transfrontaliers.

Un processus d’achat très encadré par le notaire

L’une des spécificités du système belge est le rôle central et obligatoire du notaire. Aucune vente immobilière ne peut être réalisée sans un acte notarié, ce qui sécurise grandement les transactions, notamment pour un acheteur étranger.

Le processus type se déroule en plusieurs étapes.

Offre, compromis et dépôt

Les discussions commencent en général par une offre écrite mentionnant l’adresse du bien, le prix proposé, la durée de validité de l’offre et la signature de l’acheteur. Si le vendeur accepte, cette offre devient déjà contraignante. C’est souvent à ce moment-là que l’on insère des conditions suspensives (obtention d’un prêt, absence de sinistre ou de pollution majeure, etc.).

Attention :

La signature du compromis de vente engage définitivement les deux parties. Un acompte de 10% du prix est généralement versé, souvent sur un compte séquestre. Renoncer sans motif valable expose à la perte de cet acompte, qui sert de clause pénale.

Acte notarié et délais

La loi impose que l’acte notarié définitif soit signé dans les quatre mois suivant le compromis. Durant cette période, le notaire effectue les vérifications indispensables : titre de propriété sur les 30 dernières années via le registre des hypothèques, urbanisme, servitudes, absence de dettes ou d’hypothèques non signalées, attestations obligatoires (électricité, sol, amiante pour les bâtiments anciens, certificat de performance énergétique).

Bon à savoir :

La signature de l’acte de vente a lieu chez le notaire, en présence des parties ou par procuration si l’acheteur est à l’étranger. Une fois l’acte signé et enregistré, le transfert de propriété devient opposable aux tiers et les droits d’enregistrement (ou la TVA pour un bien neuf) doivent être réglés.

Le délai global entre l’acceptation de l’offre et la remise des clés tourne en pratique autour de 2 à 4 mois, parfois davantage en cas de financement complexe ou de particularités urbanistiques.

Coûts de notaire et frais annexes

Les honoraires notariaux sont réglementés au niveau fédéral, identiques quel que soit le notaire choisi, calculés sur un barème dégressif. À ces honoraires s’ajoutent la TVA de 21 % et divers frais administratifs.

Pour un ordre de grandeur :

PosteFourchette indicative
Honoraires de notaire≈ 0,2 % à 4 % du prix (1–1,6 % en moyenne)
TVA sur honoraires21 %
Frais administratifs (dossier, extraits…)≈ 800 – 900 €
Frais administratifs pour acte de crédit≈ 600 – 800 €

Sur un bien de 330 000 €, les honoraires bruts du notaire se situent par exemple autour de 2 500 €, hors TVA et frais. Les étrangers paient exactement les mêmes montants que les nationaux, aucune surtaxe de nationalité n’existe.

Un environnement fiscal spécifique pour les investisseurs et expatriés

La fiscalité immobilière belge est à la fois protectrice des propriétaires occupants et assez complexe pour les investisseurs, d’autant que chaque région dispose de ses propres réductions et abattements. Pour un expatrié, deux aspects sont cruciaux : la taxation des revenus locatifs et les droits d’enregistrement / TVA à l’achat.

Taxation des loyers : le rôle du revenu cadastral

Contrairement à beaucoup de pays, l’impôt sur les loyers privés n’est pas calculé sur le loyer réellement perçu lorsque le bien est loué à un particulier pour son usage d’habitation. La base est le revenu cadastral (RC), une valeur fictive correspondant au loyer net annuel théorique du bien, fixée historiquement sur des références des années 1970, puis indexée chaque année.

Pour un logement loué à un ménage à des fins strictement privées, la mécanique est la suivante :

1. Le revenu cadastral est indexé (via un coefficient annuel). 2. Le résultat est majoré forfaitairement de 40 %. 3. Ce montant est ajouté aux autres revenus du propriétaire et imposé selon le barème progressif de l’impôt des personnes physiques (25 à 50 %).

Bon à savoir :

La taxation forfaitaire sur la valeur locative cadastrale, plutôt que sur le loyer réel, conduit souvent à une charge fiscale moindre, en particulier pour les biens anciens. Bien que certains économistes proposent une réforme pour taxer les loyers réels, celle-ci n’est pas encore appliquée.

Si le bien est loué à une entreprise ou utilisé à des fins professionnelles (bureau, commerce, cabinet), la logique change : l’impôt se calcule cette fois sur le loyer brut, après une déduction forfaitaire de 40 % pour frais, limitée à deux tiers du revenu cadastral revalorisé. Les revenus de meubles (mobilier, équipement) sont, eux, soumis à un régime distinct avec précompte de 30 % après déduction de 50 %, soit un taux effectif de 15 % sur la partie « mobilier » du loyer en cas de location meublée.

Les non-résidents sont taxés sur leurs revenus immobiliers belges dans le cadre de l’impôt des non-résidents. Au-delà de 2 500 € de revenus imposables, ils doivent déposer une déclaration spécifique. Les conventions contre les doubles impositions, nombreuses, évitent toutefois une double imposition pleine et entière.

Précompte immobilier : la taxe annuelle propriétaire

Tout propriétaire – qu’il réside ou non en Belgique – s’acquitte aussi du précompte immobilier, taxe annuelle régionale calculée, là encore, sur le revenu cadastral indexé, avec des surcharges provinciales et communales. Le taux global représente généralement 30 à 50 % du RC indexé, ce qui se traduit en pratique par l’équivalent de 0,25 à 1,25 % de la valeur réelle pour un logement standard, soit en ordre de grandeur 800 à 2 500 € par an pour une maison classique.

Bon à savoir :

Des dégrèvements de la taxe foncière peuvent être accordés sous conditions, notamment pour les propriétés à faible revenu cadastral, les familles nombreuses, les personnes handicapées, certains immeubles classés ou ceux gérés par des agences immobilières sociales. L’octroi et le montant de ces réductions dépendent toutefois des politiques locales et varient significativement d’une région à l’autre.

Capital gains : cessions et plus-values

La Belgique offre un environnement plutôt favorable aux particuliers sur le plan des plus-values immobilières, à condition de respecter certains délais.

Pour les personnes physiques hors activité professionnelle :

Bon à savoir :

La vente de votre résidence principale est exonérée si vous l’avez occupée au moins 12 mois, dont 6 dans l’année précédant la vente. Pour une seconde résidence ou un investissement locatif, une plus-value est taxée à 16,5 % si la revente a lieu dans les 5 ans suivant l’acquisition, puis devient généralement non imposable. Pour un terrain nu, la taxe est de 33 % si vendu dans les 5 ans, 16,5 % entre 5 et 8 ans, et exonération au-delà. La plus-value est calculée sur la différence entre prix de vente et prix d’achat, majoré de 25 % pour frais d’acquisition et de 5 % par année de détention, les frais de vente étant déduits.

Les plus-values sur biens hérités sont, elles, exonérées d’impôt sur le revenu, mais l’héritage a déjà pu donner lieu à des droits de succession, souvent élevés et très variables selon la région et le degré de parenté.

Pour les sociétés, les plus-values font partie du résultat imposable soumis à l’impôt des sociétés (taux standard de 25 %, réduit à 20 % sur les premiers 100 000 € pour certaines PME), avec des régimes de report ou d’étalement possibles en cas de réinvestissement dans des actifs amortissables situés en Belgique ou dans l’EEE.

Droits d’enregistrement, TVA et coût total d’acquisition

C’est l’un des chocs les plus fréquents pour un expatrié habitué à des coûts de transaction plus faibles : en Belgique, l’ensemble taxes + frais de notaire + frais annexes fait grimper la note de 15 à 25 % au-dessus du prix d’achat dans certains cas. Planifier sa trésorerie et son apport est donc crucial.

Les droits d’enregistrement selon les régions

Les droits d’enregistrement (frais de mutation) sont dus sur l’achat de la plupart des biens existants. Les taux standards par région sont élevés, mais de nombreuses réductions existent pour la résidence principale.

RégionTaux standard (investissement / seconde résidence)Taux réduit résidence principale (conditions)
Flandre12 %3 % (et parfois 2 %)
Bruxelles-Capitale12,5 %Abattement sur une tranche de prix
Wallonie12,5 %3 % pour le « logement familial »

En Flandre, un taux de 3 % (voire 2 % dans certaines configurations) s’applique à l’achat d’une seule et unique résidence principale, sous conditions de prix et de délai pour y habiter. En parallèle, un avantage complémentaire est accordé pour les biens modestes, avec une réduction de plusieurs milliers d’euros.

25000

Économie moyenne sur les droits d’enregistrement grâce à l’abattement pour une première résidence à Bruxelles, pouvant augmenter avec une rénovation énergétique.

En Wallonie, un taux réduit de 3 % est prévu pour la résidence principale, avec un abattement sur une première tranche (environ 20 000 €, correspondant à une économie autour de 2 500 €), et un régime à 6 % pour les logements dits « modestes » sous conditions.

Les investisseurs professionnels, qui achètent et revendent dans un délai déterminé, bénéficient parfois de taux intermédiaires (4 % en Flandre, 5 % en Wallonie, 8 % à Bruxelles). À noter qu’en cas de revente dans les deux ans, une partie des droits payés peut être récupérée (60 % en Flandre et Wallonie, 36 % à Bruxelles) sous conditions.

TVA sur le neuf et rénovations lourdes

Pour les constructions neuves ou certaines rénovations assimilées à du neuf, c’est la TVA qui s’applique, au taux standard de 21 %. Dans ce cas, il n’y a pas de droits d’enregistrement sur la partie bâtiment, mais le terrain est souvent soumis aux droits, sauf si le même vendeur cède simultanément terrain et construction, auquel cas la TVA s’étend parfois à l’ensemble.

Bon à savoir :

Un taux de TVA réduit à 6% peut s’appliquer à certains projets de démolition-reconstruction ou aux logements sociaux. Cependant, ces régimes sont strictement conditionnés et visent principalement l’occupation en résidence principale plutôt que l’investissement locatif pur.

Coût global : un exemple chiffré

En pratique, pour un expatrié qui achète un appartement existant destiné à la location, il est prudent de considérer que :

– pour un bien ancien à Bruxelles ou en Wallonie, les droits d’enregistrement seuls représentent 12,5 % du prix,

– les honoraires de notaire, la TVA sur ces honoraires, les frais de dossier et le précompte sur hypothèque ajoutent 2 à 3 points supplémentaires,

– au total, l’addition peut atteindre 15 à 20 % du prix pour un achat existant, et aller au-delà de 20 % pour un achat neuf soumis à TVA.

Les chiffres globaux cités dans les études situent le « round-trip cost » (achat + revente) entre 10,2 et plus de 20 % du prix, selon le type de bien et la région.

Financement : ce qu’un expatrié peut attendre des banques belges

Un autre volet décisif pour l’investisseur étranger est l’accès au crédit local. Sur ce plan, la Belgique apparaît plutôt ouverte, mais avec des exigences plus strictes pour les non-résidents.

Banques et conditions d’accès

Les grandes banques qui travaillent régulièrement avec des étrangers sont notamment BNP Paribas Fortis, KBC, ING, Belfius, Crelan, voire certains acteurs internationaux. Il n’existe pas de texte interdisant de financer un non-résident, mais les banques ne sont jamais obligées de prêter et se montrent prudentes lorsque le client n’a ni revenu ni historique bancaire local.

Bon à savoir :

Pour être considéré comme résident par une banque belge, il faut généralement détenir un titre de séjour valide (carte A, B, carte bleue européenne…). Les non-résidents, comme les expatriés achetant en Belgique mais travaillant à l’étranger, doivent fournir des justificatifs supplémentaires : preuves de revenus, déclarations fiscales du pays d’origine, relevés bancaires, et parfois des rapports de crédit étrangers traduits et légalisés par apostille.

Apport, ratios et taux

Dans la pratique, les règles de financement se déclinent selon le profil.

Profil d’acheteurFinancement max. typiqueApport minimal usuel
Résident belge / UE80–90 % du prix10–20 %
Non-résident UE≈ 80 %≈ 20 %
Non-résident hors UE60–75 % (souvent 60–80 %)20–40 % (voire 50 %)
Investisseur pur / locatif70 % (parfois 60–70 %)≥ 30 %

Les banques examinent de près le taux d’effort, avec une limite fréquente autour de 33 à 40 % des revenus bruts consacrés aux remboursements. La durée maximale oscille entre 25 et 30 ans, sous réserve que l’emprunteur n’ait pas plus de 65–70 ans à l’échéance.

Les taux ont remonté par rapport aux planchers historiques, mais restent modérés pour un marché européen développé. Les données les plus récentes indiquent :

un taux moyen autour de 3,6 % en 2023 sur l’ensemble du marché,

– des fixes 5–10 ans autour de 3,2 % pour les meilleurs profils,

– des fixes à 20 ans dans une fourchette 3,8–4,2 %,

– des primes de 0,2 à 0,5 point pour les non-résidents.

3.2-4.5

Taux d’intérêt auxquels peuvent prétendre les étrangers très solvables pour un crédit immobilier.

Coûts liés au crédit

Emprunter en Belgique implique aussi des coûts de mise en place spécifiques :

frais de dossier bancaire : souvent entre 300 et 500 €, plafonnés légalement pour les prêts standards,

expertise ou rapport de valeur : environ 200 à 600 € plus TVA,

– droit d’enregistrement sur l’hypothèque : 1 % du montant garanti,

– droit de « mortgage tax » fédéral : 0,3 %,

– frais notariaux pour l’acte de crédit : plusieurs milliers d’euros (par exemple, environ 4 500 € pour un prêt de 170 000 €).

Les banques exigent en outre la souscription d’une assurance incendie (obligatoire de fait) et très souvent d’une assurance solde restant dû (assurance-vie associée au crédit), dont le coût varie fortement selon l’âge, la durée et la couverture, mais se situe fréquemment entre 300 et 700 € par an pour une configuration standard.

Marché locatif : opportunités et contraintes pour un propriétaire expatrié

Pour un expatrié qui envisage de louer son bien, la Belgique offre un mélange d’atouts (demande soutenue, rendements décents, indices de révision automatiques) et de contraintes (forte protection des locataires, régulations régionales).

Profils de locataires et tensions de marché

La demande est particulièrement forte dans les grandes villes et pôles universitaires.

Bon à savoir :

À Bruxelles, la demande est forte pour les appartements 1-2 chambres meublés et bien situés, portée par les institutions internationales. À Anvers, elle est tirée par le port, la logistique, le diamant et les étudiants. Gand et Louvain ont un besoin permanent de petits logements pour étudiants. Liège, Namur et Charleroi offrent des marchés plus abordables avec de bons rendements locatifs dans certains quartiers.

Les études montrent des taux de vacance faibles dans ces pôles, avec parfois plusieurs dizaines de candidats pour un même logement dans des villes comme Gand ou Louvain. La pénurie de logements sociaux (plus de quatre ans d’attente en moyenne) contribue à cette tension.

Règles de location et indexation

Les baux résidentiels sont principalement régis par la législation régionale, mais conservent des caractéristiques communes : durée « standard » de neuf ans, forte protection du locataire, obligation d’enregistrement du bail. Les résiliations par le propriétaire sont encadrées (motifs, préavis, indemnités).

Attention :

Pour les investisseurs, le loyer peut être indexé annuellement à la date anniversaire du bail sur base de l’indice santé. Cependant, cette possibilité est limitée pour les logements à faible performance énergétique. En Région de Bruxelles-Capitale et en Wallonie, les propriétaires de biens classés F ou G voient ainsi leurs droits d’indexation très restreints, voire temporairement suspendus.

Gestion locative : un enjeu clé pour les expatriés

Gérer un appartement loué à Bruxelles ou Anvers à distance, tout en vivant à Singapour ou Dubaï, suppose de déléguer une bonne partie des tâches. Le marché belge s’est adapté à cette demande, avec de nombreuses agences de gestion dédiées aux expatriés.

Astuce :

Les agences ou gestionnaires proposent une prise en charge complète de votre bien locatif. Leurs services incluent la recherche de locataires, la rédaction du bail, la réalisation des états des lieux, l’indexation annuelle du loyer et son encaissement. Ils gèrent également les relances en cas d’impayés et coordonnent les réparations (chauffage, électricité, internet). Certains offrent aussi des services d’ameublement initial et de préparation du logement pour la location meublée ou de courte durée.

La rémunération prend souvent la forme d’un pourcentage des loyers encaissés (modèle « no cure, no pay » pour les impayés chez certains opérateurs) et, pour la mise en location, l’équivalent d’un mois de loyer hors TVA pour couvrir publicité et sélection du candidat.

Pour un expatrié, externaliser la gestion à ces professionnels permet de limiter les risques liés aux contraintes locales (attestations obligatoires, normes énergétiques, relations parfois tendues avec les locataires, contentieux) et de transformer un investissement potentiellement chronophage en placement plus passif.

Résidence, fiscalité mondiale et expatriation : attention au croisement des règles

Enfin, un expatrié qui investit en Belgique doit garder à l’esprit que la Belgique applique, pour ses résidents fiscaux, le principe de la taxation mondiale. Autrement dit, un résident belge doit en principe déclarer tous ses revenus mondiaux, immobiliers compris, avec des mécanismes d’évitement de la double imposition (exemption avec progression ou crédit d’impôt partiel selon les conventions).

Bon à savoir :

Les non-résidents sont imposables en Belgique uniquement sur leurs revenus d’origine belge (loyers, plus-values, précompte immobilier). Selon la plupart des conventions fiscales, le droit d’imposer les revenus immobiliers revient au pays où le bien est situé. Par conséquent, un propriétaire non-résident doit remplir une déclaration fiscale en Belgique si ses revenus immobiliers locaux dépassent un certain seuil.

Ces interactions deviennent encore plus sensibles si l’expatrié envisage de s’installer durablement en Belgique pour y travailler sous un statut d’expat fiscal (nouveau régime spécial d’imposition pour cadres et chercheurs, applicable pour cinq ans prorogeables), ou s’il est concerné par les futures mesures de taxation des plus-values financières et d’« exit tax » sur les actifs financiers en cas de départ. Même si ces dernières ne visent pas directement l’immobilier, elles influencent la stratégie patrimoniale globale.

Conclusion : un marché solide, mais à aborder avec méthode

La Belgique s’impose comme un terrain d’investissement immobilier cohérent pour les expatriés qui recherchent une combinaison de stabilité, de cadre juridique sécurisé, de rendement raisonnable et de demande locative soutenue. L’absence de restrictions pour les étrangers, la solidité des droits de propriété et la présence massive d’institutions internationales constituent des atouts durables.

Attention :

L’investissement immobilier en Belgique présente des coûts d’entrée élevés, une fiscalité morcelée entre trois régions et des protections locatives exigeant une gestion rigoureuse. Son environnement réglementaire très détaillé (urbanisme, performance énergétique, droits de préemption, copropriété) rend quasi indispensable le recours à des professionnels locaux : notaire, avocat, gestionnaire et conseiller fiscal.

Pour un expatrié, la clé est d’aborder la Belgique non comme un marché de « coup » spéculatif, mais comme un écosystème à long terme, où l’on construit progressivement un patrimoine : choisir avec soin sa ville et son quartier, arbitrer entre rendement et sécurité, anticiper les travaux énergétiques, calibrer son financement et déléguer intelligemment la gestion. Dans ce cadre, l’immobilier belge peut devenir le pilier solide d’une stratégie patrimoniale internationale, plutôt qu’un simple pied-à-terre européen.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Belgique pour chercher du rendement locatif et une exposition à un marché stable de la zone euro. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Bruxelles, Anvers, Liège), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou un immeuble de rapport dans un quartier en forte demande locative, par exemple à Ixelles ou près du centre d’Anvers, combinant rendement locatif brut cible de 5–6 % – en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais de notaire + éventuels travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, notaire, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société patrimoniale belge) et définition d’un plan de diversification dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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